© Copyright 2011 CorbisCorporationDans notre dernier article nous avons essayé de replacer le règne de Benoît XVI dans l’économie providentielle telle qu’elle peut être saisie à travers les fameuses devises de la « prophétie de saint Malachie« . Prophétie qui, très vraisemblablement, n’a rien à voir avec l’évêque irlandais du XIIe siècle mais provient d’une autre source au XVIe siècle qui a cru devoir garder l’anonymat en mobilisant le nom du saint moine. Pourquoi ? Bien malin qui répondra à la question.

Ce qui importe c’est que nous avons ainsi été amené à montrer combien le scepticisme ou le rationalisme satisfait de notre pauvre époque, pouvaient être pris en défaut par ces quelques devises qui expriment si bien, en quelques mots lapidaires, soit la personnalité des pontifes, soit le sens de leur mission, soit les circonstances de leur pontificat.

Et nous avons observé que plus on se rapprochait de notre époque, plus la signification des devises s’avérait riche et profonde.  

Aujourd’hui, je laisserai de côté l’herméneutique et le déchiffrage des sentences prophétiques pour m’intéresser au thème de Benoît XVI et aux mouvements qui, dans cette carte du ciel, peuvent sinon expliquer cette démission au sens de « donner une interprétation logique et rationnelle sur les motivations profondes » du pape, mais du moins l’annoncer et l’accompagner.

Nous aurons donc à observer :

  • le thème natal du pape : 16.04.1927 – 04.15 – Munich (Th. N° 1)

  • le thème de son élection : 19.04.2005 – 17.30 – Rome (Th. N° 2)

  • celui de sa démission : 28.02.2013 – 20.00 (heure officielle) – Rome (Th. N° 3)

Et nous établirons les corrélations nécessaires entre ces trois thèmes y compris entre le thème de l’élection et celui de la démission ce qui n’est pas sans intérêt.

D’abord quelques mots sur le Thème Natal.

BENOIT XVI - Naissance - 16.04.1927 - 04.15 - MunichBélier, Ascendant Poissons. Que peut-on faire de plus (je cherche le bon adjectif) radicalement dissemblable ?

Dissemblable ? Ah bon ! et Pourquoi… ?

Parce que nous sommes aux deux extrêmes du zodiaque.

  • D’un côté, au Bélier, le feu originel qui, au début du printemps, lance tout le processus symbolique de la vie; le dynamisme des commencements que rien ne peut entraver; la flamme de l’énergie qui devra se révéler assez puissante pour animer tout le cycle de la vie; le défi du voyageur, du pionnier, du soldat qui savent qu’ils auront à parcourir une série d’étapes qui mettront leur détermination à rude épreuve et qui préfèreront se briser sur l’obstacle plutôt que de céder un pouce de terrain ou faire des compromis.

Une structure psychologique caractérisée de « primaire » (qui réagit au quart de tour) aux  réactions fortes, immédiates, spontanées; qui a le goût du changement et de l’innovation, la soif de mouvement, le besoin d’agir, de peser sur les événements et dont l’émotivité, très forte, passionnée même, seconde parfaitement ce goût de l’action. Gare cependant si, pour une raison quelconque cette dimension active se trouvait entravée. Nous sombrerions alors dans cette sorte de déprime que Baudelaire (super Bélier « entravé », « introverti » pour des raisons qui appartiennent à son histoire et que nous ne pouvons analyser ici) nomme le spleen.

Le Soleil en Bélier du saint Père (l’action, la passion, la volonté) trouve parfaitement ses voies d’expression dans un grand trigone à Neptune en Lion (l’idéal religieux, la générosité, l’amour universel, les vastes conceptions morales, religieuses, philosophiques propres au Christianisme) et dans un sextile à Mars (maître du Bélier) en Gémeaux : la force du pape s’exerce à plein dans le domaine de l’intellect qui s’avère exceptionnel (Mercure, maître des Gémeaux et donc de Mars, étant lui même exceptionnel dans ce thème) percutant, offensif, jamais en repos.  D’où l’activité du pape qui prime sur toutes les autres, sauf peut-être la prière : la réflexion, la philosophie pratique associée à la recherche de la Vérité. C’est un pape philosophe et non un pape politique ou gestionnaire.

Cependant j’ai évoqué la prière…. Qui dit prière dit souvent contemplation, méditation, retrait, toutes choses qui nous éloignent des valeurs Bélier donc….N’y a-t-il pas contradiction ?

Oui sur le plan logique qui sépare, définit, discrimine et crée des « contradictions » artificielles.

Non sur le plan ontologique où agir et prier, combattre et méditer sont complémentaires et appartiennent en propre aux dispositions fondamentales de la nature humaine.

 Chez le pape, cette « contradiction » parfaitement résolue et assumée, trouve son deuxième volet, complémentaire à celui du Bélier, dans l’Asc Poissons.

Contradiction radicale comme je le disais plus haut, car si le Bélier lance le processus du Zodiaque, les Poissons, dernier signe d’hiver dans lequel nous allons entrer bientôt,  le terminent, Bélier et Poissons étant au début et au terme du cycle.

Mais attention.

Le cycle zodiacal – tant du point de vue astronomique que du point de vue analogique et symbolique – n’est pas un cercle fermé sur lui même, mais un cercle ouvert; en fait une spirale, un enroulement perpétuel à différents niveaux. Il évoque une progression par inclusion et un dépassement par contradictions surmontées. A chaque cycle de la vie humaine et de la vie tout court un certain nombre de processus permettent de conserver et d’intégrer ce qui est essentiel et de s’ouvrir à de nouvelles possibilités en s’y adaptant c’est à dire en rejetant les schémas devenus obsolètes et en en inventant de nouveaux. Ce qui exige souplesse et plasticité.

  • C’est justement le rôle des Poissons, signe de « fin de cycle ».

Non seulement le glyphe qui représente le signe nous montre deux Poissons tête bèche, mais ils les symbolisent se tournant le dos.

On ne peut mieux symboliser cette philosophie du « tiers inclus » dont les plus géniaux représentants ont su réinventer notre vision de l’univers ou de la destinée humaine (suivant leur orientation scientifique ou philosophique) comme Nicolas de Cues, Montaigne, Pascal, Einstein, Bernard d’Espagnac, quelques penseurs de la physique des particules, qui tous à un titre ou un autre, ont vérifié  cette intuition majeure du premier : la « coïncidence des opposés » qu’il développe dans son maître-ouvrage « La docte ignorance« .

Le travail des Poissons dans l’économie de la pensée humaine (tout entière contenue dans le symbolisme des quatre signes dits « doubles » ou « communs ») consiste à désenclaver à dépasser les contradictions apparentes établies par l’activité purement rationnelle, logique de l’esprit humain et qui aboutit à ces « définitions » claires et distinctes si chères à notre cher Descartes (super Bélier) marqué par son Asc Vierge (conjoint à Saturne) dont le travail principal consiste à analyser, classer et utiliser.

Sans la dimension « Poissons » de l’esprit humain, aucune échappée possible vers l’absolu, l’in-défini, l’in-fini, le non-conditionné, le divin, le spirituel, le poétique, le symbolique, le prophétique, l’artistique même car, dans chacune de ces activités il s’agit de libérer les choses du « bocal » logique, rationnel (et, au-delà, culturel, idéologique, bref « référentiel ») dans lequel elles ont été soigneusement rangées.

Aucune possibilité sans la dimension Poissons de l’esprit humain de comprendre ce qu’est une « analogie » ou une « correspondance » donc de comprendre en quoi une planète bien solide et physique se déplaçant dans le ciel peut être considérée comme une composante de la langue anthropocosmologique. La planète resterait planète, les sons ne seraient jamais musique, la musique ne serait jamais une langue universelle, la poésie resterait un assemblage de mots dont la réunion ne signifierait jamais autre chose que ce que chacun signifie dans le langage commun.

Ce sont les Poissons et Neptune (leur planète/maîtresse) qui ont le rôle d’enchanter le monde et de le libérer de sa pesante compacité physique.

Pour le meilleur. Mais quelquefois aussi pour le pire, car de l’inspiration à l’affabulation, de l’intuition à l’illusion, de la prophétie à la divagation, la limite est vite franchie…d’autant plus que les Poissons et Neptune ont pour fonction d’effacer les limites, de briser les enfermements comme on l’aura compris à  la lecture de ce qui précède.

 

Ce petit cours obligé sur les Poissons s’imposait sans doute pour mieux comprendre ce qui différencie le parcours direct, trop direct, rectiligne presque du Bélier qui part à l’assaut du cycle zodiacal et celui des Poissons qui est à la fois chargé d’intégrer toute l’expérience du cycle précédent – ce qui en fait le signe le plus « riche » du zodiaque quand le sujet est à la hauteur de l’enjeu; le plus lamentable, désorganisé, laisser-aller, coincé, bloqué, resserré dans d’autres cas, avec toutes les possibilités intermédiaires bien sûr).

Avant d’en revenir à Benoït XVI et à son thème, rappelons s’il en était besoin que les Poissons qui annoncent le printemps, précédent la plupart du temps les fêtes de Pâques. Or, Pâques est à la fois le rappel de la libération du peuple juif de son esclavage en Egypte qui se concrétise par le « passage » miraculeux de la Mer Rouge, la déambulation pendant quarante an avant l’accès à la Terre Promise (analogie avec le Bélier : les re-commencements) et, surtout, la mort et la résurrection du Christ au 3ème jour.

En quelque sorte le thème de Benoït XVI symbolise à la fois ce temps d’épreuve, d’espoir et de soumission totale à la volonté divine (les Poissons symbolisent l’acceptation à un ordre des choses supérieur qui donne sens à nos épreuves) et à la fois ce temps de joyeux renouveau par la Pâques et le printemps qui accompagnent l’arrivée du Bélier.

On comprend mieux la complexité de cette destinée et le rôle du souverain pontife dans la crise de l’Eglise actuelle.

Jeune prélat déjà remarqué pour ses qualités intellectuelles, il fut un expert au Concile Vatican II dont il était un vigoureux partisan car, en bon Poissons, il sentait que l’Eglise devait procéder à une sorte de « passage » de « carême » d' »épreuve » purificatrice (analogue aux quarante ans du peuple juif au désert déjà évoqués, mais aussi les quarante jours de pénitence du Christ en ce même désert et sa mise en tentation par Satan, avant qu’il n’entreprît Sa mission publique) – phase Poissons d’intégration/purification – avant de s’engager dans un nouveau cycle, se renouveler, donner à son message une vigueur nouvelle…sans rien perdre de son intégrité (phase Bélier).

On comprend mieux alors – à la lumière de l’indestructibilité assurée par le Christ à Son Eglise –

  • Ce qui s’est vraiment joué dans ce Concile et la période de quarante ans qui a suivi,

  • Combien le thème de Benoît XVI en ferait l’homme de la situation, le moment venu.

Comme toute période de trouble et de remise en question, le Concile – non dogmatique, je le rappelle – avait été l’occasion de voir s’affirmer un certain nombre de forces hostiles, de doctrines dissolvantes, de dénaturations théologiques, de fantaisies pastorales qui se sont répandues et se sont épuisées jusqu’à son élection. Toutes les hérésies condamnées depuis des siècles se mirent alors à refleurir et notamment sous notre beau ciel de France dans une Eglise devenue – numériquement et spirituellement – l’ombre d’elle même.

Mais il en est des fausses doctrines comme il en est des objections dans les techniques de vente : il faut les laisser s’exprimer jusqu’au bout avant de leur répondre et de les démonter argument par argument. C’est ce qu’ont fait les Papes (Paul VI – Jean-Paul 1er et Jean-Paul II) pendant les quarante ans qui ont suivi : ils ont maintenu le cap du navire tout au long de la tempête, sauvegardant l’essentiel et laissant ce qui ne pouvait être sauvé.

Les quarante ans symboliques écoulés, il fallait entamer la phase suivante : celle de l’assimilation des expériences passées et celle du renouveau. Ou, si l’on préfère, celle où il fallait séparer le bon grain de l’ivraie.

On comprend mieux alors toute l’action du pape depuis son élection (survenue en 2005 soient précisément quarante ans après la clôture du Concile) qui a consisté à redéfinir l’essentiel de la foi chrétienne, à distinguer définitivement ce qu’il a appelé lui même une « herméneutique de la rupture » d’une « herméneutique de la continuité ou de la tradition » pour préparer les voies du renouveau annoncé par le Concile.

Ce en quoi le pape s’est sans cesse manifesté comme un « Poissons » de haut vol en montrant dans chacune de ses interventions, dans chacune ses encycliques, dans chacun de ses discours (notamment à la Curie ou au Synode des Evêques) qu’il n’y avait pas contradiction entre Eglise Conciliaire et Eglise Traditionnelle, à condition de savoir lire les textes, non dans une optique partisane ou partiale, mais en haussant son esprit à la hauteur de cette lumière de Vérité que l’Eglise enseigne, inchangée, depuis deux mille ans et qui a toujours su, tout au long de l’Histoire, adapter son discours aux nécessités des temps.

Renvoyant « progressistes » et « intégristes » dos à dos, et ouvrant non une voie médiane – car il n’y a pas de voie médiane en matière de Vérité – mais qui permette au monde d’aujourd’hui de s’ouvrir aux vérités de l’Evangile, le pape à pleinement actualisé les  promesses de son thème natal.

Ajoutons, sans trop nous attarder puisque l’objet de cet article n’est pas l’analyse du thème de Benoît XVI comme je le disais plus haut, quelques observations sur d’autres éléments remarquables de son thème :

  • La générosité (déjà signalée mais encore accentuée) par la présence de Jupiter à l’Ascendant dans son propre signe des Poissons: religiosité rayonnante, autorité et force morale intérieure, envergure et profondeur des conceptions, puissance réalisatrice par le trigone à Pluton en Cancer (la famille chrétienne, les sources de la Révélation) 

  • La qualité et la profondeur d’une intelligence (Mercure) intuitive (Poissons) qui intègre

 – aussi bien les qualités intellectuelles de profondeur, de sagesse, d’exigence de Saturne (dans le signe religieux du sagittaire)

– que les exigences novatrices, inventives, progressistes même, et l’intransigeance sur les principes d’Uranus avec lequel Mercure est en conjonction (Uranus étant dans le Bélier et y développant une énergie libératrice et transformatrice). Le trigone Saturne/Uranus dans lequel Mercure est partie prenante évoquant la rigueur, la détermination, la discipline, une intelligence portée à l’abstraction et à l’idéalisme.

Subtil compromis donc entre :

  • la plasticité, la bonne volonté, l’esprit pragmatique et conciliant, libéral de Jupiter/Asc/Poissons, et

  • une intelligence et un sens moral d’une grande rigueur. C’est tout Benoît XVI : compréhensif et conciliant sur le plan humain et personnel – rigoureux et intransigeant sur le plan de la doctrine.

Soulignons aussi le pôle liant, sociable, aimable de la Lune en Balance; il faut peut-être y voir aussi la dilection du pape pour la musique (il joue du piano), disposition sur laquelle nous allons revenir.
En effet, ce portrait ne serait pas complet s’il ne se terminait pas la présence de Vénus particulièrement valorisée dans  son signe du Taureau, en opposition avec Saturne : facteur de renoncement aux joies charnelles et terrestres d’une Vénus pour le moins sensuelle, donc facteur de célibat. Facteur qui joue aussi en faveur des goûts artistiques du pape. C’est ce pape  qui a demandé que les évêques « encouragent l’étude sur le rapport entre musique et liturgie, en veillant aux modalités d’application de la mélodie sacrée et en particulier sur les innovations« . Pour lui, la musique sacrée se présente essentiellement comme partie intégrante de la Liturgie, ayant comme fin « la gloire de Dieu et la sanctification des fidèles » (Concile Œcuménique Vatican II, Constitution sur la Liturgie, « Sacrosanctum Concilium », 120 ). En cela, la musique sacrée se situe au sein d’une tradition vivante, qui plonge ses racines jusque dans les premières communautés chrétiennes, invitées par l’Apôtre Paul « à chanter à Dieu de tout leur cœur et avec gratitude des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels » (Col 3, 16 ; cf Eph 5, 19).
Mais pour que la musique puisse vraiment être qualifiée de « sacrée »,  il faut respecter des caractéristiques bien précisées dans les textes du magistère pontifical. Elle doit exprimer avant tout la sainteté, c’est-à-dire posséder le sens de la prière, et être ainsi à la fois un moyen d’élévation de l’esprit vers Dieu, et une aide pour les fidèles dans la « participation active aux saints mystères et à la prière publique et solennelle de l’Eglise »; elle doit s’inspirer des textes bibliques et des livres de prières anciens, tenir compte des temps liturgiques, et correspondre aux gestes et aux contenus d’une célébration.
D’autre part  Benoît XVI rappelle que ce qui doit la caractériser, réside dans la beauté des formes, raison pour laquelle la musique sacrée doit être « un art authentique », imprégnée de dignité et de beauté capables d’introduire dans les Saints Mystères.

Très belle illustration d’une Vénus de grande qualité (dans le signe du Taureau Vénus favorise particulièrement la voix humaine) encore dignifiée par son harmonie à Uranus (exigence, idéalisme, altitude de l’esprit artistique)

Mais il y a une autre traduction pour une Vénus en Taureau, saturnisée et uranisée (c’est à dire dégagée des orientations purement sensuelles) c’est l’amour de la Vie, le respect de l’Incarnation. Et on peut voir dans cette position les incessants rappels du pape à la loi naturelle en faveur de la famille, du mariage, du respect du don sacré de la Vie nié par le crime de l’avortement.

Signalons aussi la « part de fortune » en Vierge et en Maison VI, qui souligne le sens du service et l’humilité du pape – sa Lune Noire (corrigée) en conjonction exacte avec la Lune natale (relations à la « femme », à la « famille » à la « mère » transposées et sublimées dans la relation à l’Eglise) – Le Nœud Nord en conjonction étroite à Mars et en Cancer : nécessité du combat intellectuel actif, de la parole vive et courageuse pour faire connaître et défendre un héritage à la collectivité).

 

Ces quelques observations posées, venons aux éléments anthropocosmologiques remarquables qui ont accompagné l’élection puis la démission de Benoît XVI afin d’y réfléchir et de tirer quelques enseignements dans la pratique de la prévision anthropocosmologique, domaine important de notre discipline, même s’il n’en est pas le principal.

 

ELECTION DE BENOIT XVI – 19.04.2005 – 17.30 – ROME

BENOIT XVI - Election - 19.04.2005 - 17.30 - Rome[L’heure de l’élection m’est connue grâce au cardinal Barbarin qui, dans une interview, disait son émotion au moment où le nom du cardinal Ratzinger fut tiré. « Mon regard » précisa-t-il « se porta aussitôt vers l’horloge qui se trouvait juste en face de moi et elle marquait 17.30. Je m’en souviendrai toujours« .]

Voici les corrélations remarquables qui se manifestent en ce moment extraordinaire, exceptionnel dans la vie d’un homme, on en conviendra…fût il cardinal !

  • L’Asc de l’Election à 14° Balance, tombe exactement sur la Lune natale du pape : mise en lumière, popularité dans son milieu : le sacré collège des cardinaux, et, au-delà, de l’Eglise apparentée à une grande famille.

  • Cet Asc de l’Election est accompagné de Jupiter à 12° Balance, ce qui renforce les notions de prestige et de popularité, d’autorité reconnue, et rappelle de façon tout à fait étonnante la position de Jupiter dans le thème natal où il est déjà présent à l’Ascendant/Poissons. Rappelons que Jupiter a rétrogradé entre 8) et 18° Balance tout au long de l’année 2005 et signalait les « chances » du cardinal Ratzinger de devenir pape en cas de vacance du saint Siège.

On remarque d’autres mouvements qui précédent l’élection et qui montre combien cette période fut éprouvante pour le cardinal Ratzinger.

  • Il s’agit de du long transit de Saturne entre 7 et 27° Cancer tout au long de l’année 2004 – sa rétrogradation à 27° en novembre 2004 et son « Départ » à 20° de ce même Cancer en mars 2005. Ce qui veut dire que Saturne est resté au carré du Soleil natal du cardinal (25° Bélier) de septembre 2004 à juin 2005.

  • Long transit de deuil qui annonçait l’épreuve que dut être pour lui la longue agonie et la mort de celui qui avait été son ami et son chef (Le Soleil) depuis vingt cinq ans.

  • Déjà au dernier trimestre 2003 Saturne était resté en orbe étroite d’une conjonction à la Lune puis avait formé une conjonction exacte à l’été 2004, assorti d’un passage sur Pluton (maître de la Maison VIII dans le thème natal) aux mêmes périodes puisque Pluton et la Lune sont en carré quasi exact dans ce thème.

  • Longue agonie pour le pape régnant, longue période d’épreuve, de souci et de chagrin pour celui qui allait lui succéder.

  • Seuls les trigones que Saturne lançait à l’Asc, Jupiter et Mercure en Poissons à ces mêmes périodes laissait deviner que l’homme était en matière d’assurer le poids des responsabilités qui s’alourdissaient sur ses épaules au fur et à mesure que les forces de Jean-Paul II déclinaient, puis d’assumer l’héritage quand ce denier ne serait plus là.

  • Dure période donc, éprouvante et lumineuse à la fois. Mais la Passion ne précède-t-elle pas toujours la Résurrection ?

  • D’autres mouvements signalent une phase décisive dans l’itinéraire du sujet :

  • Uranus (le renouveau) est passé au carré de Saturne natal (qui symbolise à la fois les responsabilités officielles bien sûr mais aussi l’ami, puisqu’il est maître de la maison XI…) de mai 2004 à décembre 2005. En mars, au moment de la mort du pape – 02.04.2005 – il vient de repasser au carré exact de Saturne

  • Neptune (et ses connotations religieuses et universelles) au moment de l’élection est passé et continue de passer longuement au trigone de la Lune (excellente position pour un pape, non ?) depuis avril 2004 jusqu’en novembre 2005, avec une rétrogradation exacte au trigone de la Lune entre 14 et 17° Verseau

  • Pluton, enfin, qui marque les grandes crises de l’existence, celles qui accompagnent notre destin personnel lorsqu’il cristallise quelque chose de fondamental dans la destinée humaine, Pluton donc transite le MC du thème natal du cardinal Ratzinger (24° sagittaire) et s’y maintient pendant trois mois de mars à fin mai 2005. Il y restera d’ailleurs, du fait de ses rétrogradations successives, jusqu’en novembre 2006.

 

DEMISSION DE BENOIT XVI – 28.02.2013 – 20.00 – ROME

BENOIT XVI - Démission - 28.02.2013 - 20.00 - ROME Je sais bien que le saint Père a annoncé sa démission le 11 février, mais je ne tiens pas cette date comme significative puisque le pape est toujours en fonction. Dans un autre ordre d’idée, on ne monte pas la carte du ciel d’un enfant pour le moment où la maman annonce à son entourage qu’elle est enceinte, mais pour celui où, effectivement, elle met son enfant au monde.

Comparaison au thème natal

  • Asc 5° Balance    carré (large) à Mars 30° Gémeaux (destruction)

  • Sextile (large) à Saturne à 7° sagittaire (réflexion, prise de distance, arrêt)

  • Lune 17° Balance conjointe à la Lune natale (le cycle est bouclé, la mission est accomplie)

  • Carrée à Pluton (crise, fin de partie)

  • Saturne transite longuement de mars à juin en scorpion. Au moment de la démission il s’installe pour trois mois sur le 12e degré du scorpion, quasi exactement au trigone de Pluton en Cancer (accomplissement)

  • Uranus à 7° Bélier transite au trigone exact de Saturne (il est temps de passer à autre chose)

  • Jupiter, à 7° des Gémeaux, donc à l’opposition exacte de Saturne, engage à changer de voie, à se délester d’une charge devenue trop lourde, à rependre un peu de liberté d’esprit.

  • Pluton sur le 12e degré du capricorne, est exactement opposé à lui même en Maison IV et en Cancer (fin de partie, vocation profonde accomplie).

  • Neptune est étroitement conjointe à Vénus sur le 4e degré des Poissons, au moment de la démission. Or, Neptune et Vénus sont respectivement maîtresses de l’Ascendant natal de Benoît XVI, de son thème d’Election et de son thème de Démission. Comment ne pas y voir, là aussi, une forme d’accomplissement religieux. D’autant que la conjonction survient en Maison XII du thème natal, lieu qui convient parfaitement au retrait dans un couvent pour se livrer à la prière…

  • Enfin, remarquons le tir groupé de Soleil, Mercure et Mars entre le 11e et le 21e degré des Poissons dans le thème de démission, qui viennent coiffer l’Asc (17°) et Jupiter (21°) de ce même signe:

  • La superposition de Mars à Jupiter est exacte. Or Mars, au-delà de ses valeurs éventuelles de destruction ou de conflit, est ici le 2ème maître de l’Asc du Pape (le Bélier est entièrement intercepté en Maison 1) – le maître de son Soleil en Bélier et enfin, le maître de la Maison VIII par le scorpion. Comment ne pas voir dans ces figures l’acte symbolique qui sanctionnera la fin de sa charge et qui se traduira par la destruction (Mars) de l’Anneau du Pécheur qui symbolise le pouvoir du pape et son mariage avec l’Eglise (Jupiter/Poissons) ?

  • Quant à la superposition exacte de Mercure à l’Ascendant elle pourrait passer inaperçue si on ne tenait pas compte que Mercure, dans le thème natal, est le maître de la maison IV et de la maison VII:

  •  La Maison IV signifiant la « fin des choses » en anthropocosmologie dynamique

  • La Maison VII (la IV de la IV en maisons dérivées) redoublant cette dimension de « cessation d’activités » et y ajoutant, en même temps le retrait de la vie publique, fort bien symbolisée par cette Maison qui nous met en contact avec les autres.

  • Ainsi l’ex-pape priera, écrira peut-être, mais il ne prêchera plus ex-cathedra, ne s’adressera plus aux fidèles, urbi et orbi, car il se réduit lui même au silence en quittant sa charge.

On avouera qu’il s’agit d’une vaste collection de « coïncidences » assez remarquables pour que nos sceptiques habituels se posent quelques questions.

Et ce n’est pas fini.

Si ce petit jeu des corrélations vous amuse ou qu’il vous ouvre des perspectives dans votre pratique (professionnelle ou amateur) de cet art si captivant qu’est l’AnthropoCosmologie, je vous propose de l’affiner encore un peu

 

Comparaison ELECTION-DEMISSION

 

Je me contenterai de vous indiquer les corrélation remarquables. A vous de leur trouver la traduction la plus adéquate.

 

  • Même orientation Asc et MC des deux thèmes se superposant presque.

  • Lune démission (17° Balance) conjointe Asc Election (14°)

  • Pluton (D) 11° capricorne carré Jupiter (E) 12° balance

  • Neptune/Vénus (D) 4° Poissons, sextile Vénus (El) 5° taureau (Vénus = maîtresse Asc des deux thèmes) – et sextile, assez large, au Soleil (El) 30° bélier.

  • Soleil (D) opposé quasi exact à Uranus (El) 10° bélier

  •  Mercure (D) 17° Poissons, trigone MC (El) 17° cancer

  • Mars (D) 21° poissons, trigone Saturne (El) 21° cancer

  • Uranus à 7° bélier arrive à l’opposition de Jupiter (El) 12° balance, en juin 2013 !

  • Jupiter (D) 8° gémeaux, carré Uranus (El) 10° poissons.

 

RS 2013  / ELECTION 2005

 BENOIT XVI - RS 2013 Election

Observons maintenant la RS (Révolution Solaire) du thème de l’élection pour 2013, comparons là au thème radical de l’élection et à celui de Benoît XVI et introduisons un petit tableau pour rendre les choses plus claires. Efforcez vous aussi de voir quelles sont les Maisons dont ces planètes sont maîtresses ou dans lesquelles elles résident à l’intérieur de chaque thème.

RS : 19.04.2013 – 14.56 GMT  ROME

ELECTION

Benoît XVI – Thème Natal

Mars 30° Bélier

Conjoint Soleil en M.VIII

Sextile Mars 30° Gémeaux

 

Vénus 5° Taureau

Conjointe Vénus M VIII cuspide MVIII

Demi-carré Jupiter M.1 – M.10 – M.9

Uranus/Mercure 10° Bélier

opposés Jupiter 12° Balance

Vers opposition Lune 14° Bal.

Vers carré Pluton 14°Bal.

Jupiter 15° Gémeaux

Trigone Asc 14° Bal. – Jupiter 12° Bal.

Carré Asc 17° Poissons (conjoint Jupiter)

Pluton 12° Capricorne

 

opposé Pluton 14° Cancer

Neptune 5° Poissons

Sextile Vénus 5° Taureau

Sort du Trigone à Mars à l’entrée des Gémeaux


PROGRESSIONS (encore appelées Directions Secondaires) pour l’année 2013.

 Je ne reviens pas sur le mode de calcul et la philosophie des « progressions ». Tout bon manuel vous renseignera.

 BENOIT XVI - Progressions 2013 -

PROGRESSIONS 2013

THEME NATAL

Ascendant 15° Cancer

Carré Lune 14° Balance

Conjoint Pluton 14° Cancer

Soleil à 18° Cancer

Sort de la Conjonction à Pluton

Lune/Saturne  2°/4° Sagittaire

Conjoints Saturne 7°  Sagittaire

Jupiter/Uranus 4° Bélier

Conjoints Uranus 1° Bélier

Trigone Saturne 7° Sagittaire

MC 17° Poissons

Conjoints Asc 17° Poissons

 

Je ne commente pas ces corrélations parfaitement explicites vous laissant le soin de tirer vos conclusions par vous-mêmes.

Il est bien évident que la destinée du pape, comme chacune des nôtres, réalise un itinéraire qu’il est aisé de suivre et de reconstituer grâce à ces petits cailloux que sont les grosses planètes du Système Solaire et qu’une main secourable veut bien semer dans le ciel à l’intention de ceux qui veulent bien ouvrir les yeux à ces réalités que, pour ma part, j’appellerais méta-naturelles, voire trans-naturelles.

Pour qui se serait intéressé au thème du pape en 2005/2005 puis en 2012/2013 il serait clairement apparu que de profondes tribulations allaient intervenir dans son existence, non pour bousculer son itinéraire mais pour lui permettre de l’accomplir.

Ce n’est d’ailleurs pas terminé car je crains bien que l’année qui vient ne s’avère critique pour celui qui est redevenu le cardinal Ratzinger.

Dans un prochain article, je vais m’intéresser aux « papabili » et je vous donnerai quelques avis sur la question du choix du futur pape, à partir des données de naissance que j’ai pu trouvées ici ou là (sans que leur précision soit garantie).

Et sans aucunement  prétendre sortir le nom du futur pape de mes cogitations, car rien ne dit qu’il se trouvera dans ceux dont j’ai choisi d’examiner le thème, c’est à dire une petite quinzaine.

Tout le monde sait que « qui entre papa au conclave, en ressort cardinal »….Qui sait si « Pierre le Romain » ne se trouvera pas dans les cent deux que j’aurais laissé de côté ???

Sans invoquer Pascal nous savons que le Ciel, lui aussi, a ses raisons…qui peuvent surprendre tous nos pronostics. Nous verrons bien. Pour le moment, prenons cela comme un exercice passionnant sur le plan intellectuel.

 

A très bientôt donc.

 

LSM

2 réponses à to “La démission d’un Vicaire du Christ vue par l’AnthropoCosmologie.”

  • Annabel P.......:

    Bonjour M. Saint Martin

    Depuis peu l’état de ma mère s’est aggravé. Je vous passe les détails. Si elle ne meurt pas d’ici Lundi, ma soeur et mon frère iront discuter avec le médecin traitant de la clinique où elle « vit ». Voilà 3 ans qu’elle ne réagit plus à notre présence et deux ans, à peu près qu’elle ne réagit même plus à la présence d’un bébé. Elle dort plus de 20 h par jour, et reste les yeux dans le vide le reste du temps. Elle n’est plus alimentée que par une sonde dans l’estomac et tenu en équilibre par des sangles. Ma question, la voici: existe-t-il un texte sur la présence d’une âme dans un corps réduit à cet état. Souvent je me dis que son âme est déjà partie. Mais je confonds peut-être avec la personnalité. Il y a un rapport avec l’âme et la personnalité puisque ce que fait, décide l’une affecte l’autre. Mais lequel? Je me suis souvent posé la question, nous en avons discuté avec M….. mais sans approfondir. Maintenant il est question d’enlever la sonde qui nourrit le corps de ma mère. Les médecins se sont même, discrètement, étonnés qu’un des leur ait pratiqué cette opération sur une femme dans l’état végétatif où elle était il y a 3 ans, avec de très brefs éclairs de lucidité cependant (ce qui devait l’horrifier alors). Je suis d’accord pour qu’on enlève cette sonde. Pour moi, il y a eu « acharnement thérapeutique ». Après la pose de cette sonde, si je me souviens bien, il n’y a plus eu d’éclairs de lucidité et les manifestations même émotionnelles ont vite cessé.
    Alors, son âme? Pouvez-vous m’aider dans ma réflexion? Est-ce que je visite une coquille vide, ou y a-t-il « quelqu’un »?
    Merci.

    Annabel P……

    • La réponse la plus simple serait de recourir à Aristote : « L’âme est la forme du corps ». Il faut prendre ici le mot « forme » comme le principe actif de ce qui « ‘anime » le corps, de ce qui donne vie au corps. Le mot VIE évoque irrésistiblement le mot MORT. Or, de toute éternité (ou presque) la mort n’est pas signifiée par un électroencéphalogramme plat comme on nous le fait croire aujourd’hui pour des raisons évidentes relatives au prélèvement d’organes dans le plus grand été de fraicheur possible, mais par l’arrêt du COEUR. Autrement dit : tant que le coeur bat, il y a vie, et, tant qu’il y a vie c’est que « l’âme, forme du corps » fait son boulot.
      D’autant que pour un Chrétien, il n’y a pas l’âme d’un côté et le corps de l’autre comme pour Descartes, mais un indissoluble ensemble corps/âme
      Or, le coeur de votre maman bat toujours, elle est donc toujours en vie et paraît donc toujours disposer d’une âme. CQFD.

      Cependant la question de la sonde dans l’estomac vient fausser le raisonnement car il s’agit d’une vie artificielle dans la mesure où on peut raisonnablement penser que celle-ci aurait vraisemblablement cessé depuis longtemps sans ce dispositif étranger à l’économie du corps tel que Dieu (ou la nature pour les athées irréductibles) l’a conçu.
      « Mais alors » me rétorquerez-vous, « il est donc possible de « forcer » l’âme à animer un corps au-delà de son rôle naturel » ? Il semblerait bien que notre médecine faustienne et prométhéenne puisse répondre « oui« , avec enthousiasme….dans la mesure où elle s’embarrasserait de savoir si nous avons une âme ou non.
      De toute façon ce serait une réponse arbitraire puisque notre médecine est fondamentalement matérialiste.
      Il nous faut donc chercher ailleurs.

      La même doctrine aristotélicienne que j’évoquais plus haut pourrait nous aider à sortir d’embarras. En effet Aristote considère l’âme comme tripartite. Nous aurions ainsi une âme végétale, coiffée par une âme animale et elle même dominée – quoiqu’on en doute pour certains – par une âme rationnelle ou spirituelle.
      Dans le cas de personnes maintenues artificiellement en vie mais dont il est visible que les facultés mentales ont été détruites par la maladie ou la vieillesse, sans espoir raisonnable de récupération ou de retour en arrière, on peut penser que seule l’âme végétale « vit »encore; l’absence d’émotions laissant supposer que l’âme animale (siège des passions et des affects) elle même a été engloutie.
      Dans le cas de morts naturelles on peut penser que les trois âmes ou les trois fonctions de l’âme s’éteignent en même temps. Dans le cas de votre maman on peut accepter l’idée que seule l’âme végétale se maintient encore et permet au corps d’assurer les fonctions vitales minimum alors que tout le reste a été détruit. Une sorte de « mise en sécurité » comme il en existe dans les usines très complexes en cas d’incidents graves.

      D’ailleurs certains partisans de l’avortement évoquent cette théorie traditionnelle (que j’estime très pertinente pour ma part puisque nous sommes des âmes incarnées et non de purs esprits) pour justifier leur position en disant qu’avant trois mois, seule l’âme végétale fonctionnant, nous ne détruisons donc pas une « personne » mais un légume en détruisant un embryon dans le sein de sa mère.
      Ils se trompent. Soit sciemment – mais il faut bien sauver la face. Soit de bonne foi. Or, il faut bien avoir à l’esprit le schéma suivant :

      – Les rapports entre les trois niveaux de l’âme sont olarchiques et non hiérarchiques. Ce qui veut dire que le mouvement qui part de l’âme végétale pour aller vers l’âme rationnelle implique que le niveau inférieur est indispensable pour atteindre au niveau supérieur : il faut disposer d’une âme végétale pour disposer d’une âme animale et d’une âme animale pour disposer d’une âme rationnelle. Ce ne sont pas trois éléments indépendants et superposés les uns aux autres (une hiérarchie) mais des éléments qui s’engendrent les uns les autres (une olarchie).
      En d’autres termes il ne peut exister une âme animale sans l’existence préalable et nécessaire de l’âme végétale; de même l’âme spirituelle ou rationnelle ne peut accéder à l’être sans la présence préalable et nécessaire de l’âme animale.
      Chaque niveau supérieur, je le répète, dépasse et inclut nécessairement (au sens fort) le niveau inférieur…..mais pas l’inverse. On ne peut détruire un niveau inférieur sans détruire corrélativement le niveau supérieur. Ce qui n’est pas le cas dans une « hiérarchie » : vous pouvez supprimer tous les capitaines d’une armée sans porter atteinte aux commandants et aux colonels. Ils bosseront un peu plus, c’est tout…
      L’âme végétale peut très bien subsister par elle-même sans nécessité des deux autres alors qu’elle est indispensable aux deux autres. C’est le drame de l’avortement : vous détruisez le processus de création d’une âme telle qu’il avait été conçu et voulu par son créateur. Vous vous donnez un droit de vie et de mort, de création ou de renvoi au néant, qui appartient à Dieu seul et vous vous instituez « comme des dieux » suivant la promesse du Serpent au jardin de l’Eden. Et, pour ceux qui ont une approche surnaturelle de ces questions morales et religieuses, vous peuplez l’inter-monde, l’éther, d’innombrables âmes errantes, en souffrance de leur inachèvement, désespérées de ne pouvoir ni revenir en arrière ni accéder à la plénitude de leur incarnation.

      En revanche, s’agissant du problème posé par votre maman (et par beaucoup d’autres cas identiques) il ne me semble pas que vous transgressiez quelque règle que ce soit – religieuse, morale, humaine – en décidant de faire cesser cette alimentation artificielle qui n’entretient en vie que ce qui chez elle est d’ordre végétal et ne peut accéder à un niveau supérieur puisque c’est justement le niveau qui a été détruit par la maladie (l’inverse de l’avortement donc).
      La transgression ou l’ubris sont tout entières du côté du médecin qui s’est acharné à aller contre l’ordre naturel des choses, plus par défi technique que par souci de soulager des souffrances qu’il ne fait que prolonger – sinon pour votre maman qui ne peut en prendre conscience – du moins pour son entourage qui souffre depuis trois ans pour rien sans doute.
      Voilà comment je comprends les choses. Si je suis délibérément et totalement opposé à toute forme d’euthanasie, je suis non moins délibérément opposé à toute forme de maintien en survie artificielle quand il est clairement et indubitablement établi que la maladie n’a aucune chance de régresser. Et c’est justement le cas – actuellement – pour la maladie d’Alhzeimer, surtout quand le sujet n’est même plus en état de se nourrir lui-même. Ma femme et moi avons bien connu cela à travers sa maman que nous avons accompagnée jusqu’au bout….

      Le reste est affaire de sensibilité personnelle, d’entente familiale et je sais bien qu si les choses deviennent plus claires pour l’esprit, elles n’en sont pas moins dures à vivre sur le plan affectif.
      J’espère que ces quelques réflexions pourront vous aider, mais vous pouvez être assurée que je ne raisonnerais de même (dans la mesure de mes connaissances actuelles sur le sujet bien sûr) s’il s’agissait de ma propre mère.

      Bien cordialement à vous et bon courage à toute votre famille

      LSM

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