Il n’est pas question ici d’étudier la personnalité de Sébastien LOEB, certainement plus complexe que ne le suggère la réduction de sa personne au personnage de super champion de rallye.

Je veux seulement montrer ici comme l’organisation exceptionnelle d’un thème de naissance, conduit souvent à une personnalité et une destinée non moins exceptionnelles, quelle que soit l’orientation qu’elles aient prises.

Les personnes formées à la prise en compte globale d’un thème, remarqueront tout de suite que toutes les fonctions/planètes du thème s’inscrivent dans des structures et sous structures précises parfaitement identifiables : un « cer-volant » et deux « carrés en T ».

  • D’abord une sorte de « cerf-volant » dont l’axe vertical est constitué par un rapport Lune/Bélier culminante au MC, opposée à Uranus/Balance au FC.

Voilà une combinaison à la fois contradictoire et déjà très révélatrice.

  • La Lune en Bélier (c’est aussi le signe qu’elle occupe chez Nicolas Sarkozy) n’est jamais très heureuse chez un homme, puisqu’elle associe la virilité à la dépendance, la force à la soumission. Nombreux sont les personnages de notre Histoire qui furent à la fois des conducteurs d’hommes (Bélier) et, dans le même temps, soumis à leurs passions, à leurs impulsivités, à leur réactivité intempestive et enfantine…mais aussi à une femme (leur mère, leur femme, leur maîtresse, l’exemple le plus fameux peut-être,  étant celui d’Henri II, souverain impulsif et d’humeur instable, soumis à Diane de Poitiers, son aînée de vingt ans qui le « déniaisa » lorsqu’il avait onze ans et à laquelle il resta attaché toute sa vie!).

  •  De l’autre côté Uranus en Balance, évoque, comme toujours, le besoin d’émancipation, d’identification, de mise en exergue, mais aussi les goûts d’apprenti-sorcier. S’agissant de sa présence au FC en Maison IV, cela confirmerait peut-être le besoin de s’émanciper d’une autorité familiale (maternelle) rigide et peu gratifiante sur le plan affectif (carré à Vénus dans le signe froid et introverti du Capricorne).

Mais cela introduit aussi l’idée de l’effort pour passer en force sur des affects violents (Lune/Bélier) bloqués (Vénus/ Capricorne) pour acquérir une maîtrise de soi, celle de sa propre destinée (comme on conduit son bolide peut-être) mais plus dans le sens d’un courant qui nous porte (la Lune évoque bien ici, me semble-t-il, la nécessaire adaptation du pilote de rallye aux aléas de la route qu’il faut « épouser » au plus près pour mieux la dominer) que dans un effort d’opposition quelconque à un destin (comme chez les héros romantiques).

 On pourrait presque dire que cet effort pour exister par soi, pour échapper à une tutelle trop forte, pour sortir de l’anonymat et mériter une reconnaissance affective qu’il semble si difficile d’obtenir dans le contexte général du thème,  résume – à un certain niveau d’approche puisque nous laissons de côté le niveau transcendant pour lequel nous n’avons pas assez d’éléments – résume donc, toute l’orientation du thème.

  •  Cet axe vertical du cerf-volant s’appuie sur deux ailes constituées

  • l’une par un amas de trois fonctions/planètes : Soleil et Mercure en Poissons (qui renforcent la composante affective, émotive, plastique déjà signalée par la culmination de la Lune) et Jupiter en Verseau, qui, lui, renforce le désir d’émancipation, le besoin de se dépasser dans une aventure accomplissante, d’aller au bout de ses possibilités et, sans doute, le goût pour les techniques d’avant-garde.

  • L’autre aile du cerf-volant repose sur Saturne à la fin des Gémeaux, harmonique au trio Jupiter/Mercure (et Soleil, dans une vision synthétique des forces en présence).

Saturne harmonique à Jupiter évoque avant tout la stabilité, la capacité d’un effort soutenu dans le temps pour atteindre à une position dominante, à une situation de pouvoir ou de responsabilité, mais il incarne aussi la compétence et le sens de l’organisation. Qualités précieuses pour quelqu’un qui trouve là les moyens de planifier aussi bien ses courses (qui demandent un gros effort de préparation morale, mentale, physique, technique, logistique, pratique) que sa propre existence. On ne remporte pas neuf victoires et je ne sais combien d’autres récompenses sans une planification rigoureuse de son existence. Et la maîtrise des émotions et affects, signalée plus haut, intervient sans doute pour quelque chose dans cette préparation qui transforme un homme en machine à gagner parfaitement au point.

Sébastien Loeb est certainement aidé par le fait que Saturne, comme Mercure, sont tous deux « rétrogrades »[1]

Saturne, dans le signe ouvert, au champ de conscience très large des Gémeaux, évoque un effort pour discipliner les idées, concentrer l’attention, organiser et hiérarchiser les détails (d’une course par exemple). L’harmonie à Mercure, de ce point de vue, est exceptionnelle qui évoque la réflexion, la présence d’esprit, la rigueur, la capacité à aborder la conception et l’organisation d’une course comme un problème d’algèbre.

Bien sûr l’harmonie au Soleil (par Mercure interposé) y ajoute la détermination intérieure, le sang-froid, la volonté d’aboutir, la maîtrise, la secondarité dans les passions qui seuls peuvent mener quelqu’un à l’accomplissement d’un désir et d’une destinée.

Quand à Mercure, rétrograde lui aussi dans son signe d' »exil » des Poissons, Mercure auquel le Soleil (maître de l’Asc, s’identifie par conjonction), il évoque admirablement les contradictions auxquelles S.L doit faire face en tant qu’homme (dont nous laissons certaines de côté), mais surtout je pense qu’il sert d’interface entre la raison et l’intuition, le calcul et la vision, la réflexion et le flair, la connaissance et l’improvisation qui sont des caractéristiques du champion, puisque j’ai cru comprendre qu’il était capable de rouler dans le brouillard, sans aucune vision réelle, sans ralentir l’allure. Certes la rigoureuse préparation du trajet connu sur le bout des doigts y est pour quelque chose, mais les autres aussi se préparent minutieusement comme lui et pourtant c’est lui qui gagne. Peut-être y-a-t-il donc chez S.L une dimension « visionnaire » qui fait la différence d’avec ses concurrents. En tous les cas une forme aigüe d’intuition polarisée vers son domaine de réalisation : la course.

En même temps, et sur un autre plan, ne manquons pas de remarquer combien la conjonction Soleil/Jupiter (ambition, représentation, autorité, envergure) au sextile d’une Lune/MC/Bélier (désir d’être reconnu, aptitude à la popularité, à séduire et entraîner les foules) et au trigone d’un Uranus angulaire lui aussi (rôle de leader, de référence, de « guide ») explique la carrière exceptionnelle et le prestige mondial dont jouit le coureur automobile.

Mais cela ne suffit pas.

De même que la dissonance Uranus/Lune/Vénus qui forme une des deux figures parfaites de tension du thème, pourrait expliquer les motivations intérieures affectives qui guident les choix personnels de S.L, la conduite de sa vie et de sa carrière, surtout lorsqu’on la complète par le trigone de cette même Vénus à Pluton, qui évoque les passions profondes, viscérales, celles auxquelles on ne renonce jamais,

De même la deuxième grande dissonance qui se présente – comme la première – sous la forme d’un « carré en T »[2] nous explique-t-elle plus précisément les choix de S.L vers le sport mécanique, automobile.

  • Il s’agit de la double dissonance (carrés) que forme l’amas Verseau/Poissons (Jupiter/Mercure/Soleil) à Mars en Taureau d’une part et à Neptune d’autre part.

 Commençons par l’opposition Mars à Neptune en Sagittaire.

Elle me paraît assez claire : il s’agit d’une volonté et d’une action tenaces (rien n’est plus tenace et obstiné qu’un Mars en Taureau) pour réaliser un rêve, un fantasme, un projet qui illumine la vie : Neptune en Sagittaire, signe d’expansion du « moi » dans un dépassement de ses propres limites.

 Notons deux détails qui ont leur importance sans doute.

– Neptune est en Sagittaire comme je viens de le dire. Or, le Sagittaire est le signe des voyages du corps et de l’esprit. Entendez par là que le Sagittaire nous conduit toujours à vouloir élargir notre horizon : physique (par les voyages, l’exploration, l’exotisme) intellectuelle et spirituelle (en ouvrant notre esprit à une dimension qui échappe aux considérations pratiques et prosaïques du quotidien ou à nos enfermements névrotiques et conduit souvent aux rêves un peu « excessifs »)

– Mars est en Taureau, certes, mais sur le dernier degré de ce signe. Il est donc à la jonction des Gémeaux où il se colore du besoin de rivaliser, de dépasser les « égaux », associé à une certaine rapidité et virtuosité physique.

  •  Reste à expliquer le rapport de cette opposition à l’amas en Poissons.

Ceux qui me lisent ou travaillent avec  moi savent combien le signe des Poissons est contradictoire (comme le montre bien son symbole graphique) puisque c’est par lui que nous prenons conscience de notre finitude extrême dans le temps même où nous  aspirons à épouser l’infini.

Je résumerai et caricaturerai en disant ici qu’il y a donc deux choix qui s’offrent à nous pour vivre notre dimension « Poissons« .

– Nous enfermer dans un univers quelconque qui représente l’infini, la totalité pour nous, un univers (mental, social, philosophique, idéologique…) où nous éprouvons le sentiment d’être en communion totale avec. C’est le cas des individus attirés par les sectes par exemple; mais aussi le cas de ceux qui pensent échapper aux contraintes du quotidien, telles qu’elle se présentent dans leur vie particulière, en fuyant dans un paradis artificiel quelconque, nous donnant l’impression d’échapper à notre finitude et d’entrer en communion avec….de « planer » de « faire un grand voyage » dira le drogué, alors même qu’il n’a jamais été plus enfermé qu’au moment où il plane. Sa fuite le menant à la prison, l’asile et la mort : dans l’ordre.

– L’autre choix consiste à nous défaire de toutes les attaches artificielles qui nous tiennent prisonniers de façons de penser, d’a-priori, d’habitudes, de peurs, de contraintes, telles qu’elles se présentent dans notre vie particulière, pour nous ouvrir à cette dimension de nous même qui nous permet d’entrer réellement en communion avec, sans rien perdre de notre individualité : le mystique, l’artiste, le visionnaire, bref tous les personnages qui s’ouvrent, se donnent et trouvent leur plus haute réalisation dans la dépossession d’eux-mêmes. L’amour (qui consiste à s’ouvrir à ce qui nous manque) est l’outil privilégié de ce signe marqué par l’idée de communion, de compassion, de charité, d’ouverture spirituelle.

Ici on est amené à penser que les dissonances, comme les harmonies qui contrôlent l’amas Poissons : carrés à Mars et Neptune (Neptune symbole d’ouverture de la conscience est « rejeté » par l’amas poissons) trigones à Saturne (contrôle) et Uranus (discipline, rigidité) nous mettent sans doute face à un « Poissons » des plus rétractés qui soient : celui qui prend son bocal pour le tout de l’univers…avant qu’on le sorte pour un aquarium plus grand.  Un homme qui a peut-être tout misé sur une seule dimension de lui même et qui s’est (peut-être) tellement identifié à cette figure de coureur automobile qu’il risque de se trouver en grande difficulté quand l’épreuve » de l’âge (les Poissons évoquent les épreuves inévitables de l’existence, grâce auxquelles nous pouvons découvrir la plus haute dimension de nous même) lui demandera de la quitter. Mais sans doute la « conversion » s’est-elle déjà produite puisque je lis que LOEB « est également l’un des ambassadeurs de l’association Rêves, dont l’un des buts est de réaliser des souhaits d’enfants malades« . Nous sommes là tout à fait dans la dynamique « Poissons », oblatifs et compatissants, toujours attirés par le monde de la santé/maladie.

– L’autre dissonance, celle à Mars, montrent l’obstination jusqu’à l’entêtement, l’agressivité – sans doute rentrée la plupart du temps, mais bien réelle – quand on s’oppose à lui ou qu’on essaie de lui tenir tête, elle souligne la volonté de dépassement déjà signalé ainsi qu’un côté « colérique » et un conflit avec l’autorité, soit pour l’exercer soit surtout pour la subir….excellent aspect pour donner la « gnaque« , l’esprit de compétition, le besoin de l’emporter sur les autres…mais à contrôler dans le domaine des relations humaines où n’entre pas la notion de compétition.

Enfin, et même si j’en parle à la fin de ces réflexions, l’importance de cette disposition natale n’en est pas moins très réelle : Sébastion LOEB a un Ascendant Lion : force, éclat, générosité mais aussi fierté, insoumission, affirmation personnelle, autorité, égocentrisme souvent, sont au rendez-vous. Certes cet Ascendant ne suffit pas pour expliquer à lui seul l’éblouissante carrière du champion, mais il y contribue très certainement, tandis que sa combinaison avec les Poissons, soulignent la générosité et la chaleur affective (discrète sans doute mais réelle) du personnage dans son intimité.

Enfin, sur le plan pratique commun à l’astrologie prévisionnelle, ces dissonances martiennes soulignent les risques accidentels qui menacent physiquement le sujet, notamment sur la route (axe Gémeaux/Sagittaire, celui des  voyages petits et grands + carré de Mars à Soleil/Mercure en Maison VIII – celle des accidents – et en Poissons, avec leur univers carcéral ou hospitalier).

Ainsi :

– sensibilité très vive mais contrôlée, voire refoulée et canalisée dans une passion dominante,

– besoin d’émergence et de reconnaissance,

– esprit de compétition et de rivalité,

– hyper-concentration, focalisation et spécialisation touchant à l’obsession.

sont sans doute à l’origine d’une réussite aussi extraordinaire dans un domaine spécifique (le rallye automobile en l’occurrence) mais on souhaite qu’un jour les parois de la « prison » (sans doute confortable) dans lesquelles le sujet s’est enfermé pour se réaliser, puissent s’ouvrir sous la poussée d’autres besoins plus essentiels, sans attendre que des circonstances contraires n’obligent à cette conversion du regard à laquelle le signe des Poissons nous oblige à un moment ou un autre.

C’est en tout cas ce que moi je souhaite de tout cœur à ce sympathique champion.

 

 

 

 


[1] Une planète dite « rétrograde » est une planète qui semble reculer dans le ciel à certains  moment de l’année. Ce n’est qu’un effet d’optique bien sûr, lié au propre mouvement de translation de la terre, mais l’AnthropoCosmologie y attache une certaine importance symbolique.

[2] Groupe de trois planètes dont l’une se trouve au double carré des deux autres reliées par une opposition : combinaison des plus dynamiques qui soient.

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