© Copyright 2010 CorbisCorporationJ’ai entrepris dans le premier volet de cette étude l’analyse d’un cas emblématique – celui de Hitler, le Gay-Führer – qui permet de réagir à la manœuvre de culpabilisation et de terrorisme intellectuel qui va permettre à l’infime lobby homomilitant (infime mais super bien introduit (si on peut dire) dans les milieux médiatiques, culturels, avec de puissants relais dans les Loges et l’appareil gouvernemental) de culbuter les fondements mêmes de l’anthropologie et de détruire notre culture humaniste et chrétienne quinze fois centenaire. Vous avouerez que de se faire « culbuter » par quelques agités sodomites sans réagir, ce n’est pas très sérieux de la part de notre vieille civilisation…

Il s’agit donc, dans cet essai, de réagir d’une certaine façon à la méthode du mouvement homosexuel et de la retourner contre lui. Eric Letty dans l’excellent article qu’il consacre à ces méthodes – « Le lobby homosexuel et la tentation totalitaire » (Monde & Vie – N° 871 – février 2013) écrit : « Pour se structurer le mouvement homosexuel a eu recours à des méthodes éprouvées : en premier lieu la victimisation, qui correspond sémantiquement à la diffusion du concept d' »homophobie » calqué sur celui de « raciste » ». Homophobe égale raciste, égale extrême droite : c’est tout simple. [….]. Avec les années, la pression qu’exerce le lobby homosexuel sur les esprits, sous prétexte de lutte contre « l’homophobie », par le biais des médias, le poids du politiquement correct et même par la loi, est devenue totalitaire, comme celle que font peser les lobbies antiracistes en pratiquant les mêmes méthodes. Et le plan contre « l’homophobie » annoncé par Najat Vallaud-Belkacem ne fera qu’aggraver la situation« .

Le cas emblématique que j’ai choisi est donc celui de Herr Adolf Hitler, ex-Chancelier d’Allemagne démocratiquement élu, puis Führer du IIIe Reich, dont la pensée politique est d’abord inspirée par le socialisme (il a failli adhérer au parti communiste en sa jeunesse) dont les méthodes de gouvernement ne sont rien moins que totalitaires et violentes et dont les mœurs l’apparentent plus à Néron et Tibère qu’à Henri IV….

Comme quoi les qualités supposées des froufroutantes victimes de gauche et les tares supposées des fascistes de droite se trouvent entièrement inverties – pardon – inversées chez un homme qui a semé l’horreur, la haine, le sadisme et la mort sur tout un continent.

Ce qui devrait quand même inciter à réfléchir et à remettre en question un certain nombre de catégories intellectuelles qui n’ont d’autre intérêt que de donner bonne conscience aux uns, de semer le doute chez les autres. Pour la plus grande satisfaction de ceux qui tirent bénéfice de cette immense duperie : les enragés de l’antichristianisme d’un côté (athées et francs-mac) les rois du tiroir-caisse de l’autre (ce sont souvent les mêmes, n’est-ce pas M. Bergé ?) qui vont déborder l’activisme « gay » « par une récupération consumériste et médiatique des comportements homosexuels, notamment portée par Radio FG, le mensuel Têtu, Pink TV…Associée à la fête et au monde de la nuit, l’homosexualité devient, pour quelques petits malins, le moyen de gagner beaucoup d’argent » (cf. Jacques Cognerais, in le même numéro de Monde & Vie, dont je recommande vivement la lecture mensuelle).

Et je n’évoque que pour mémoire, cette longue succession d’empereurs païens, presque tous homo-frappa-dingues, hallucinés pour les uns, allumés pour les autres, mais tyranniques, violents et sanguinaires pour presque tous.

Voilà des figures historiques que les futures manifestations homo-déjantées pourraient inscrire sur leurs étendards comme références et modèles, au lieu de s’évertuer à y représenter pour les insulter Benoît XVI, la Vierge Marie ou le Christ à qui, en fait, ils font de la pub sans même s’en rendre compte.

Mais quand on a un anus à la place du ciboulot, il faut s’attendre à quelques imbécillités, n’est-il pas ?

J’en reviens donc à mon sombre héros.

Après la passion contrastée qui l’a uni un temps avec Kubizek, commence pour Adolf une période assez obscure. C’est ainsi que, par exemple, il disparaît du fichier des déclarations domiciliaires (obligatoires à son époque) pendant cinq mois à partir de septembre 1909…

Puis on le retrouve logeant dans le foyer de la Meldemannstrasse (asile relativement moderne et confortable pour l’époque) un univers exclusivement masculin. Or, Machtan écrit que « les asiles de nuit municipaux et les foyers pour hommes n’étaient pas seulement des lieux d’accueil destinés aux exclus, mais également des lieux de rencontres homosexuelles. [….] Dans ces établissements populaires, les « événements homosexuels » constituaient « un sujet de conversation privilégie, qui n’avait rien de purement théorique » affirme à son tour le sexologue Marcus Hirschfeld sur lequel nous reviendrons. « 70% de la population du foyer avait moins de trente-cinq ans; certains occupants…compensaient la non-mixité par le commerce sexuel avec leurs pairs; d’autres se maintenaient à flot grâce à la prostitution« . Et un des amis qu’Adofl va y fréquenter assidûment et par lequel il remplacera Kubizek sera :

 

HANISCH Reinhold - 27.01.1884 - H.I - Grunwald-Reinhold Hanish (thème N° 2) 

Ce nouveau personnage affirmera que « celui-ci n’avait rien d’un solitaire; au contraire, il se liait très facilement et une sorte de cercle amical se constitua rapidement autour de lui« .

On avouera qu’un « homophobe » comme le sera plus tard Hitler, plongé pendant trois ans dans un univers aussi imprégné d’homosexualité que celui qui nous est décrit et qui devient le centre d’un cercle amical tant il se lie facilement avec son entourage…a de quoi surprendre. Ou il n’est pas homophobe du tout ou il est aveugle et sourd. Chacun choisira.

Bref, Hanisch et Hitler vont se lier d’amitié et même travailler ensemble (le premier se chargeant de commercialiser la production du second). Mais Hanisch va filouter Adolf et leur belle amitié va voler en éclat. Plus tard il sera même arrêté et condamné pour négocier de faux tableaux de Hitler. C’est à cette occasion qu’on « trouva chez lui deux textes manuscrits dans lesquels il racontait les quelques mois qu’il avait passés avec Hitler et dont nous ignorons malheureusement  le contenu« …d’autant qu’après son arrestation en février 37, ce pauvre Hanisch aura la bonne idée de mourir d’une « défaillance cardiaque » (médecin légiste dixit) à 53 ans ! (p.64)

Mais, voyez comme les choses sont bien faites, après sa mort, en avril 1939 trois articles posthumes paraissent de lui aux USA, intitulés « J’étais le copain d’Hitler« …

On y découvre quelques précisions sans importance (déjà connues) sur les rapports de Dolfie avec les femmes et sur ses modèles politiques.

« Un jeune homme très excentrique et sur lequel on ne pouvait pas compter, mais qui avait été – pendant un temps du moins – un de ses meilleurs amis : « Nous savions tout l’un de l’autre« . Et un de leurs anciens compagnons confirmera : Hanisch et Hitler avaient « entretenu des relations très étroites » (p.65).

La rupture entre Hanisch et Hitler interviendra pour des raisons financières certes mais aussi parce que entretemps Adolf s’est entiché d’un homme charmant (un Juif !) qui appréciait beaucoup Hitler lequel le lui rendait bien (d’après Hanisch) :

 

Josef Neumann (pas de thème)

L’amitié entre les deux hommes sera si vive qu’ils partent ensemble visiter Vienne et ses musées pendant une semaine…au grand dam de Hanisch comme on peut le deviner. Et Machtan écrit : « Ces quelques jours sont la seule période connue où Hitler ne logea pas au foyer pour hommes. Mais on a peine à croire qu’il n’ait quitté l’asile avec son compagnon que pour visiter, toute une semaine durant, les hauts lieux culturels et artistiques de la ville. On a plutôt l’impression que Neumann représentait pour Hitler davantage qu’une « amitié normale« . Hélas cette belle amitié se termine lorsque le beau Josef s’expatrie en Allemagne, insistant pour qu’Hitler l’accompagne, mais en vain.

« Dans ces conditions on ne peut exclure que la rixe entre Hitler et Hanisch, consignée dans des dossiers de police, n’ait pas eu un détournement de fonds et une usurpation d’identité, mais la rivalité, la jalousie et la vengeance »  (p.66)

Il semblerait que Hitler ait vécu dans l’inquiétude pendant longtemps étant donné les relations de Hanisch avec la presse étrangère. Aussi cette « défaillance cardiaque » (comme ces appendicites aigües qui frappaient les malades mentaux dans les hôpitaux à la même époque) intervint-elle fort à propos….

Avant de passer à l’ami suivant (Rudolf Häuser, dix neuf ans…Hitler en a vingt quatre) il convient de résumer un sous-chapitre du livre qui me paraît indispensable pour comprendre les évolutions ultérieures de Hitler.

  • Il s’agit de « L’Affaire Eulenburg » qui occupe les p. 59 à 62 du livre et qu’il ne faut pas rater.

Je schématise : Le prince Philip Zu Eulenburg – ex ambassadeur à Vienne – est un ami intime de l’empereur d’Allemagne, il a une influence politique certaine sur lui …et il est homo ! Le journaliste Maximilan Harden le dénonce dans la presse et le scandale est énorme car on juge alors que les fonctions publiques ne peuvent être assumées par des « personnes aux dispositions anormales » car cela nuit à l’intérêt national de l’Allemagne. De quoi se taper sur les cuisses quand nous observons notre monde politique d’aujourd’hui et les voyages nombreux de nos Eminences en Thaïlande, au Maroc, en Tunisie par exemple,  lieux très prisés pour le tourisme culturel comme on sait.

Mais les choses s’enveniment du fait que Harden est juif !

Un véritable chiffon rouge devant les yeux des « nationalistes purs et durs » de l’époque. Ce n’est, à leurs yeux, qu’une « campagne de calomnies juives » destinée à souiller l’honneur impérial et, au-delà, l’honneur de l’Allemagne tout entière. (p.59)

La presse viennoise, ravie de l’aubaine, en fait des gorges chaudes et…déclenche un mouvement de curiosité envers ce qui se passe en Autriche même à ce sujet. Et on en découvre de belles bien sûr. ! Kubizek (le premier petit ami) écrira même qu’il régnait alors à Vienne « une ambiance générale d’un érotisme importun » (quel faux cul!) qui se faisait « sentir à chaque pas« .

Mutisme, dissimulation, chantage caractérisaient jusqu’alors la sous-culture homosexuelle viennoise.

Et voilà que l’affaire vient donner l’idée de s’intéresser de près à ce « milieu suspect » : ses lieux de rencontre, les cafés et hôtels où il se retrouvait, ses mœurs, ses « frasques de pédérastes » et la « situation abominable » qui transforme la Vienne impériale en « porcherie, eldorado de débauchés impardonnables et de maîtres-chanteurs« . Malgré certains appels à la tolérance, les milieux intéressés commencent à se sentir menacés. (p.60)

Hitler (il le confessera dans Mein Kampt) suit l’affaire avec attention car c’est un lecteur passionné des journaux. Il n’approuve pas les attaques menées contre Guillaume II, il est indigné par le comportement de la presse viennoise contre l’empereur d’Allemagne – « le sang m’en montait au cerveau » – écrira-t-il. Seul le Deutsches Volksblatt – journal antisémite – trouve grâce à ses yeux car il « observait beaucoup plus de tenue en pareilles occasions« .

Mais voilà, le journal, en défendant l’empereur d’Allemagne, en rajoute du côté de l’antisémitisme : « Maximilian Harden, alias Isidor Witowski [….] était le « porcher » de la presse viennoise juive, qui faisait lors le même tapage que les cochons lorsqu’on verse leur pâtée dans l’auge« 

On devine la suite. Hitler se sent personnellement atteint au vif de son identité : ses propres mœurs sont celles là mêmes qui permettent au juif Harden de traîner dans la boue l’ami et conseiller de l’empereur d’Allemagne.

De plus, Harden s’appuie sur le témoignage du sexologue Magnus Hirschfeld (déjà évoqué) : « Ce vieux cochon de Juif est la honte de notre peuple » dira-t-il plus tard. Et il ajoutera ensuite : « Autrefois on ne tarissait pas d’indignation morale à propos d’Eulenburg et aujourd’hui, ces mêmes imposteurs font l’éloge d’un Magnus Hirschfeld, qu’ils présentent désormais comme un pionnier des mœurs »  (p.61)

C’est que l’Allemagne a changé, la guerre de 14/18 est passée par là et les mœurs se sont corrompues avec les années folles puis la crise de 29. On brûle ce qu’on a adoré et on adore ce que l’on avait brûlé. Comme aujourd’hui chez nous.

Désormais, en bon paranoïaque qu’il se révèlera de plus en plus, Hitler se sent menacé sur deux fronts (ou deux postérieurs, comme on veut) :

  • d’un côté la crainte d’une dénonciation publique de mœurs dont il a honte (pensez, quand on se prend pour le nouveau Siegfried !)  angoisse qui se cristallise sur le rôle de Harden et Hirschfeld dans la dénonciation et qui aboutira plus tard, dans son délire psychotique du complot de la « juiverie internationale« . Ce qui ne fera que renforcer des préjugés qui ne demandaient qu’à s’exalter : « J’ai pris conscience du danger juif avant d’avoir atteint mes dix-huit ans » écrira-t-il dans un journal en 1929. D’autant que l’affaire Eulenbourg fut le prétexte à tout un déchainement d’insultes contre l’Allemagne et les Allemands en Italie et en Autriche même où on dénonçait le « vice allemand« . Courant qui se conjuguait à la xénophobie ambiante de l’époque qui baigna toute la jeunesse d’Adolf

  • de l’autre côté (et je regrette que Macthan n’ait pas insisté sur ce point) cela ne pouvait qu’exacerber la haine que Hitler ne pouvait que se porter à lui même, tant le déphasage entre ses idées de force, de virilité, de grandeur, etc…., pouvait s’avérer contradictoire avec ses tendances véritables qu’il devait ressentir comme particulièrement humiliantes. Il faut avoir la force d’âme d’un César pour pouvoir se comporter ouvertement comme « le mari de toutes les femmes et la femme de tous les maris » (d’après Suétone). Ce n’était pas le cas de Hitler qui avait honte de ce qu’il était vraiment.

  • et tout naturellement, lorsque le moment fut venu et qu’il eut les moyens d’exercer sa psychose paranoïaque :

  • il s’attaqua aux Juifs pour « l’avoir dénoncé » en la personne d’Eulenburg à qui  il s’identifiait

  • et il s’attaqua aux homosexuels, en apparence pour leurs mœurs, en réalité, pour se défouler sur eux de ses propres déviances, pour les punir de ce qu’il était comme eux, pour faire disparaître les traces de « son crime » comme l’infortuné Macbeth. Mais en plus tragique pour l’Europe et le monde.

Ceci posé, reprenons l’odyssée de ce personnage pitoyable….et qui pourtant est en train de devenir un maître à penser du XXIe siècle français en son aurore grâce aux « réformes » entreprises par l’équipe au pouvoir et que le Führer aurait sans doute  approuvées pour la plupart.

Nous l’avions quitté se partageant entre Hanisch et Neumann.

Et voici qu’un autre jeune homme arrive au foyer pour hommes et dans la vie d’Adolf.

 

HAUSLER Rudolf - 15.12.1893 - H.I - ASPANG - ALL.Rudolf Häusler (thème N° 3)

Il arrive dans le dit foyer en février 1913 et devient l’intime d’Hitler. (p.66)

Pourtant ils se connaissent déjà puisqu’il indiquait dans un questionnaire d’embauche en 1939 : « En 1911, j’ai fait la connaissance d’Adolf Hitler qui m’a pris en charge……En 1912, il m’a emmené à Munich où nous avons logé ensemble et avons vécu de petits travaux« ‘. C’est l’histoire de Mimi qu’il nous raconte là.

En rupture de ban avec sa famille à la suite d' »une bêtise de gamin » (?) il rejoint donc Hitler au foyer en février 1913, il a vingt ans. Ils s’appellent « Adi » et « Rudi », se rendent ensemble à l’opéra, partagent la même passion pour Wagner…Rudi présente Hitler à sa mère et « Rudi » convainc la brave dame que son fils a « tout à gagner à s’installer [avec lui] à Munich….où ils partageront une chambre pendant presque neuf mois ». Puis, « las de la logorrhée d’Hitler, de son irascibilité et de sa volonté opiniâtre d’avoir le dernier mot, Häusler se chercha bientôt un logement indépendant« . (p.68)

Voilà une histoire qui lorsqu’on la regarde de près, présente « d’étonnants parallèles » avec l’épisode Kubizek.

Au printemps 1912 Hitler s’installe définitivement à Munich (c’est ce qu’il déclarera quand il demandera la nationalité allemande en 1925). Pourquoi cette demande ?

Deux raisons sont invoquées par Machtan :

1/ Il veut éviter de faire son service militaire en Autriche dont l’armée royale et impériale punit « la fornication avec des personnes du même sexe« .

2/ Munich (capitale du royaume de Bavière) était alors un « véritable eldorado pour les homosexuels » et Hitler, accompagné du jeune Rudolf s’installe dans le quartier de Schwabing, « qui incarnait alors comme nul autre la culture bohême » (p.69)……Quartier d’artistes où « l’homosexualité était moins réprouvée qu’ailleurs, et [où] ses adeptes pouvaient se donner des allures à la Oscar Wilde ou se poser en disciples de Stefan George« .

Et là se pose une question cruciale : de quoi Adolf vivait-il ? Lorsqu’on sait que des artistes bien plus talentueux que lui avaient du mal à vivre dans la Munich de l’époque; quand on sait qu’il devait faire face à la concurrence de plus de trois mille peintres locaux, on se demande comment il pouvait atteindre un revenu de 1200 marks annuels, ainsi qu’il le déclara à un magistrat de Linz. (p70/71)

Il est tout simplement aidé par de généreux « commanditaires » : apparaissent ainsi un certain Dr Hans Schirmer, médecin munichois qui prend le jeune homme en pitié, puis un Dr Schnelle (fabricant de savons) qui lui commande quelques tableaux, puis survient Ernst Hepp, magistrat débutant, qui devient son ami et protecteur, l’invite souvent à manger chez lui (il vit avec sa sœur Martha), l’accueille dans leur maison de campagne, le recommande auprès de ses amis, lui offre des billets d’opéras ou de théâtre…et l’aide puissamment à faire son service dans l’armée bavaroise…sans doute plus tolérante que l’armée autrichienne sur certains points depuis l’odyssée de Louis II.

Et Machtan écrit :  » A Munich comme à Vienne, Hitler était donc passé maître dans l’art de faire des rencontres et de cultiver les relations qu’il avait ainsi nouées. Il s’agissait de toute évidence d’hommes auxquels il plaisait, et qui n’agissaient pas par simple pitié. Il savait s’insinuer dans leurs bonnes grâces, il était obséquieux, empressé, opiniâtre peut-être. La qualité douteuse de ses tableaux était probablement étrangère à ses succès (….] Il est probable qu’Hitler ne cherchait pas un simple mécène. Et ses relations avec Schirmer, Schnelle et Hepp donnent à penser qu’il arriva à ses fins et put, grâce à ces hommes sérieux, instruits, bien établis socialement et financièrement, accéder à ce que l’on appelait alors la « bonne société« .

C’est là aussi qu’il rencontre un certain Alfred Schuler (rien à voir avec l’Oréal, je pense). Ce « spécialiste de mythologie….En quête de contacts homosexuels, ce « partisan érotique » – comme il se qualifiait lui même – du culte du svastika et de « la mère », (….) antisémite ésotérique […] annonçait avec éloquence l’avènement de temps nouveaux [ce qui amène Hitler] à renouer avec les théories confuses des idéologues racistes auprès desquels il lui était déjà arrivé de chercher le salut à Vienne. (p.72/73)……

Cet environnement lui [à Hitler] faisait miroiter la possibilité de mener une existence plus noble et plus esthétique, où il pourrait vivre sa différence sexuelle sans entraves ». (p.73)

 

Adolf « le rouge » ou « le repos des guerriers »

En 1948 apparaît publiquement un document qui sera ensuite versé à l’Institut d’histoire contemporaine de Munich (avec quarante ans de retard !) document pourtant déjà parfaitement connu à la fin des années 30 au sein de l’armée allemande et qui a joué un rôle important dans le mouvement de résistance qui s’y est développé contre Hitler . Une copie s’en trouve aux Archives nationale de Bavière. Je passe sur les détails multiples de l’itinéraire par les mains de hauts personnages de l’époque, de ce rapport qu’on appelle « le procès-verbal Mend« .

  • MEND

Il s’agit de renseignements livrés par un certain Mend au cours d’un interrogatoire officiel par de hauts gradés allemands………et qui porte principalement sur les années 1914-1919, années pendant lesquelles [le dit] Mend, estafette à l’état-major du régiment List, eut l’occasion de fréquenter de près le camarade Hitler, affecté à la même unité.

Je n’extrais de ce rapport que ce qui peut servir à notre propos – l’homosexualité avérée de Hitler – en soulignant aussi certains traits complémentaires de son caractère et le cheminement de ses orientations politiques radicalement contradictoires avant, pendant et après la grande guerre.

En voici l’essentiel :

Hitler avait été refusé pour inaptitude physique à son incorporation dans l’armée bavaroise. Jouant de culot, il a fait intervenir le roi Ludwig pour être incorporé.

Il n’a jamais touché une arme; il n’était que planton et son rôle se bornait à celui d’un agent de liaison en seconde ligne à l’état-major du régiment. Il avait un message à transmettre tous les deux ou trois jours et passait le reste de son temps à peindre, discuter politique et chahuter. Tous l’avaient surnommé « Adof le fou ». « J’ai tout de suite trouvé » (nous dit Mend) « qu’il avait l’air d’un psychopathe. Dès que quelqu’un le contrariait, il était pris de rage et se jetait par terre en bavant« . Hitler fréquentait deux autres soldats (dont le nom importe peu). Tous trois étaient agents de liaison à l’état-major et aucun des trois ne s’est porté volontaire pour le front. Hitler faisait sa cour au lieutenant Gutmann, un Juif de Nuremberg à qui il s’adressait à chaque fois qu’il avait une faveur à demander et qui lui a fait obtenir la Croix de fer deuxième classe à Noël 1914. Croix qui ne fut gagnée que parce que le colonel Englehardt ayant été blessé et transporté à l’arrière, Hitler et Bachmann s’étaient occupés de lui. Hitler su faire beaucoup de tapage autour de cet « exploit » commun (déjà le génie de la propagande) il s’est attiré les bonnes grâces du lieutenant Gutmann !

Hitler ne regardait jamais les femmes, nous le soupçonnions d’homosexualité…il était excentrique et très efféminé. Il n’avait jamais d’objectif précis, aucune conviction solide. En 1915….nous couchions dans le foin. Hitler passait la nuit avec « Schmidt sa putain » (sic). Nous avons entendu des bruissements dans le foin, Quelqu’un a allumé sa torche électrique et à bougonné : « Regardez un peu ces deux pédés« .

Autre aspect du personnage qui pourrait faire penser à quelques hautes figures de notre ménagerie politique nationale : « Hitler ne manquait jamais une occasion de prononcer des discours enflammés devant ses camarades. Il se présentait toujours comme un représentant du « prolétariat » et affirmait avoir « une conscience de classe » aiguë. Quand il se croyait en sécurité [on n’est jamais trop prudent] il parlait de ses supérieurs comme d' »une bande d’officiers arrogants », et les traitait de « brigands », de « voleurs d’aristos » ou de « clique d’exploiteurs bourgeois« . On croirait du Mélanchon avant la lettre, non ?

Après la guerre le témoin rencontrera Adolf à Munich toujours flanqué de son « ami Schmidt« , affirmant haut et fort ses conviction prolétariennes…et logeant dans un asile de nuit, puis se réfugiant à la caserne de Traunstein parce qu’il avait faim et qu’il pouvait y être nourri : « Hitler le Rouge » était si miteux que j’ai eu honte de lui« .

Quelques années plus tard, en 1920, Mend apprit que Hitler prononçait des discours publics. Il alla l’écouter en secret : « Tiens, tiens, ai-je pensé. Ce n’est plus le même refrain. Adi le rouge à changé de couleur ! »

Le « communiste » était devenu « fasciste, nationaliste » à  l’instar des chefs historiques des partis fascistes européens, tous socialistes au départ, ce qu’on oublie trop souvent

Autres traits de caractère de notre « héros » glanés dans le rapport de Mend : « il a toujours deux visages…. c’était la tartufferie personnifiée. Devant ses supérieurs et, au besoin, devant ses camarades, il faisait l’important….il jouait aux dénonciateurs insinuants dès qu’il pensait pouvoir en tirer quelque avantage. Aussi les camarades se méfiaient-ils de lui…..Le second visage d’Hitler était celui d’un criminel dissimulé et sinistre. Toute son attitude était celle d’un être sans scrupule, qui sait se cacher derrière une auréole. Depuis que je le connais, il a toujours été…un grand acteur. On ne pouvait pas lui faire confiance. Il mentait dès qu’il ouvrait la bouche, il faisait toujours le contraire de ce qu’il disait !

Quand Hitler est revenu à Munich, durant l’hiver 1918, il a fait des pieds et des mains pour obtenir un poste à responsabilité chez les communistes. Mais il n’est pas parvenu à se caser à la direction munichoise du parti communiste, malgré ses poses extrémistes……..les communistes se sont méfiés de lui, malgré sa haine farouche contre les possédants……en tout cas il s’est vengé en rejoignant le corps franc d’Epp…..c’est là qu’il a rencontré Anton Drexler……Hitler a adhéré au parti de Drexler….mais il a immédiatement cherché à démanteler le parti en évinçant le secrétaire de Drexler, un certain Harrer…..Hitler employa immédiatement sa tactiques de cambrioleur…. c’est ainsi qu’il a réussi à faire sauter le parti de Drexler. Et avec sept hommes, il alors ouvert sa propre boutique« . (p.80/81) [de l’art du noyautage et de la subversion, a-t-on envie de dire. Ce qui nous ramène à ces minorités dévoyées qui, dans notre pays et de nos jours, ont investi l’ensemble des médias, de la culture et font pression sur un gouvernement qui ne demande qu’à leur plaire]

  • A ce stade il convient de faire un petit point.

Hitler, entre vingt cinq et trente ans, apparaît comme un parfait opportuniste sans scrupule. Il a su se faire bien voir de l’armée bavaroise y a fait son chemin tout en accomplissant son temps d’armée à l’arrière, sans combattre. Il y a passé le plus clair de son temps avec ses trois amis dont l' »ami Schmidt » avec qui il entretient des relations intimes et avec qui il cherche un logement commun une fois démobilisés. Hitler n’a embrassé la cause de l’extrême droite qu’après avoir été repoussé par l’extrême gauche. Grâce à sa rouerie et à ses fanfaronnades habituelles, mais aussi à sa « tactique de cambrioleur » il a réussi à se hisser à la tête d’un parti.(p.81)

Nous  ne nous attacherons pas plus longtemps au personnage de Mend, qui, après plusieurs avatars professionnels réussit à se faire verser 100 puis 300 Reichsmarks par Hitler au début des années 20. Quelques années plus tard, on le retrouve parmi les intimes du futur Führer au sein du NSDAP au début des années 30, avant la prise de pouvoir. Poussé par l’entourage d’Hitler, il va même signer un ouvrage « Adolf Hitler im Felde 1914-1918 » (qu’il est incapable d’avoir écrit) pour faire contre-pied à une campagne de presse engagée par le parti social-démocrate qui s’intéressant d’un peu trop près au passé militaire de l’agitateur, veut mettre à jour des « éléments déshonorants« .  Manœuvre à double détente, puisque ce livre permet de désarmer Mend en lui « soutirant un récit flatteur de ses expériences de guerre avec Hitler« . Comment pourrait-il se retourner contre lui et le faire chanter ensuite ?

Livre fort maladroit au demeurant puisque Hitler y apparaît souvent sous des aspects ridicules, « joyeux drille et casse-pieds » « bohème« …et « misogyne » convaincu. Ce qui ne plut pas du tout à l’intéressé qui sentit bien la menace qui planait derrière ce terme.

Mais les choses vont se gâter entre les deux complices car Mend est insatisfait du peu de considération (et de gratification) qu’Hitler lui témoigne. Il menace clairement son ancien compagnon, dans une « lettre ouverte » publiée par un magazine connu « de  mentionner…. tout ce qu’[il a] délibérément passé sous silence [dans son livre] »  et qui risque de ne plus le faire apparaître « sous les traits d’un héros« !

La guerre est ouverte par Mend. Stupidement puisqu’il  contredit le livre qu’il a publié lui même. Et ctte guerre il va la perdre bien sûr.

Après quelques rétractations et tentatives maladroites de « raccrocher les wagons » Mend entre dans une période tourmentée par les surveillances, les pressions, les menaces, les intimidations et une arrestation même (Hitler le faisant libérer) qui vont se succéder et qu’il rapportera dans son fameux rapport en 1939. Toutes ses tentatives de se racheter en proclamant sa bonne foi, en regrettant des malentendus dont il n’était pas responsable, en offrant dévouement et soumission sans condition au dictateur son ancien compagnon et ami, pour l’aider dans sa lourde tâche, n’y feront rien. Il est devenu indésirable au sein du parti.

Et pourtant c’est une période calme qui s’ouvre alors devant lui : il touche les droits d’auteur de son  livre  qui est même devenu un manuel « dans tous les établissements d’enseignements secondaires d’Allemagne » ! Il se spécialise dans la vente des tableaux et dessins au crayon et au fusain d’Hitler…et il utilise à des fins publicitaires, les nombreuses photos originales d’Adolf à l’armée, dont certaines le représentent dans une « intimité suspecte avec certains de ses camarades« .

Mal lui en prend. Au cours de l’été 1936 il est traîné devant les tribunaux pour « un motif insignifiant, une machination« . La Gestapo perquisitionne chez lui et emporte un certain nombre de documents : dessins au fusain et « d’autres choses du Führer, » dont des lettres « qui ne doivent en aucun cas tomber entre des mains non autorisées » écrit-il à la logeuse alors qu’il est en prison. Sont aussi emportées une montre que le Führer lui aurait donnée et des photos qui ne lui seront jamais restituées.

Son livre est alors retiré du commerce et détruit sur ordre de la chancellerie.

Il est ensuite inculpé d' »outrage aux mœurs sur des enfants » : deux ans et demi de travaux forcés et trois années de déchéance civique. Puis il est déclaré « psychopathe  sujet aux actions impulsives » et passe six mois en maison d’arrêt avant d’être envoyé en observation dans un « pavillon psychiatrique » et déclaré comme « représentant indéniablement un grave danger pour la société en raison de ses pulsions criminelles« . Enfermé dans deux camps de concentration successifs, il n’est libéré que le 24 décembre 1938  avec mise à l’épreuve jusqu’au 24 décembre 1942 et autorisé à regagner Munich.

Désormais il apparaît comme un pervers abject, perdu de réputation, considéré comme un dangereux criminel et peut être arrêté à tout moment. On comprend mieux cet acharnement féroce à détruire la réputation de cet homme si on admet que « Mend représentait un danger réel qu’Hitler redoutait manifestement : celui d’un passé qui lui collait à la peau« . D’où la confiscation par Hitler de toutes les lettres, photos et tableaux en possession de Mend et la privation définitive de toute crédibilité en le présentant comme un « pervers sexuel »

C’est ce qui décide alors ce personnage, rendu pugnace, voire détaché par l’adversité, à divulguer ses informations secrètes à un adversaire du régime : Schmid Noerr/Percha qui en établit un procès-verbal « sur instructions de l’Abwehr et s’était assuré, à l’aide de questions précises, que les renseignements qu’il contenait étaient dignes de foi et sans équivoque……..Celui-ci avait été, à l’époque, porté à la connaissance de Canaris[1] et du général Beck[2], ainsi qu’à celle de quelques diplomates étrangers« . (p.81 à 94)

Et à raconter à sa logeuse, qui ne le révèlera qu’en 1958 que :  » Quand ils se baignaient pendant la guerre, ils chahutaient tout nus. Et Hitler leur aurait fait toutes sortes de choses et aurait traîné avec eux dans la nuit »   (p.97)

Laissons Mend et ses révélations circonstanciées que nous avons tenté de résumer au maximum.

Et revenons à un point intéressant concernant le problème qui nous occupe. Pourquoi Hitler a-t-il toujours refusé les propositions d’avancement qu’on lui faisait ? Par attachement pour son unité ? Sans doute. Il y a bénéficiait d’une sorte de vie familiale qui lui avait manqué pendant ses années d’errance viennoise et munichoise.

Mais surtout cela l’aurait séparé de son ami Ernst Schimdt avec il fut inséparable de l’été 1914 à l’été 1919. « Hitler ….n’a jamais vécu d’amitié plus intime ni plus durable » qu’avec ce garçon.

SCHMIDT Ernst - 16.12.1889 - H.I - Wurzbach - All.Ernst SCHMIDT (thème N° 4)

L’un et l’autre rejoignent l’armée bavaroise le 6 août 1914, et dès ce premier jour ils ne se quittent plus. « Ils étaient toujours ensemble » déclarera Schmidt à un journaliste, « et partageaient les mêmes quartiers« . On les voyait perpétuellement ensemble, aussi bien pour transmettre des ordres sur le terrain aux brigades ou aux bataillons, qu’à l’arrière, en dehors du service.

Hitler et Schmidt font partie d’un groupe d’agents de liaison qui forment une bonne équipe. Mais « trois d’entre eux étaient particulièrement proches : Hitler, Bachmann et moi. Personnellement j’étais très attiré par Hitler » confiera Schmidt. Un témoin évoque la « bande d’estafettes » dans laquelle Hitler passa le plus de temps pendant la guerre et dans laquelle son ami «  »Adi » occupait une position particulière« .

C’est dans ce cocon amical qu’Hitler découvrira ce qu’il appellera plus tard « le sens admirable de la communauté masculine » – une communauté dans laquelle il pouvait enfin s’épanouir.

Survient un épisode en 1916 quand Hitler fut blessé par un obus ainsi que Bachmann et Schmidt. Les voila séparés dans des hôpitaux différents. Mais dès que rétablis ils se retrouvent à Munich et « se demandent anxieusement si on les laisserait regagner leur régiment ensemble« . Hitler fera des pieds et des mains et en mars 1917 il est réaffecté à son régiment « sa famille d’élection« .

Le Pr Machtan pense qu’il faut voir là la clé de la question concernant le maintien de Hitler comme simple soldat de première classe (nommé « première classe » comme le furent tous les rescapés de son régiment en reconnaissance des épreuves qui l’avaient décimé dans les combats de 1915. Donc rien de personnel dans cette distinction.). Devenu sous-officier (évolution normale d’une « première classe ») il fût contraint de « renoncer à ce qui lui rendait cette existence si chère : à Ernst Schmidt, ses autres « fidèles partenaires » (comme il les appelait lui même.. sans qu’on sache ce que signifie exactement le mot « partenaires  » en l’occurrence), à la vie relativement préservée qu’il menait à l’arrière et, surtout, à une certaine tolérance à l’égard de ses tendances homosexuelles » (p.101)

Puis on retrouve Hitler et Schmidt passant ensemble une longue permission à visiter des musées dans toute une série de villes (octobre 1917). Après la guerre, en novembre 1918, les deux amis revenus à Munich, sans emploi et sans logis, « cimentèrent leur vieille amitié » et décident de traverser ensemble ces temps difficiles.  Ils travaillent d’abord dans un camp de prisonniers puis dans une compagnie de démobilisation. Adolf s’accroche à l’armée qui lui permet de manger à sa faim mais il continue à solliciter les peintres munichois dont un certain Max Zaeper à qui il confie plusieurs œuvres pour expertise. (p.103)

 

ROHM Ernst - 28.11.1887 - H.I - Munich - all.Ernst RÖHM (Thème N° 5)

Et c’est la rencontre avec le trop fameux capitaine Ernst Röhm, chef d’état-major du général Epp [3] dont nous avons déjà parlé et dont Hitler devient un indicateur au service du corps-franc de contre-révolutionnaires que Röhm vient de créer. Nous laisserons de côté les activités de « mouchard » d’Adolf sur lesquelles Machtan nous donne quelques édifiantes informations. Mais le point à retenir c’est que Röhm, « adepte convaincu des qualités homo-érotiques du nationalisme militaire » et quelles que fussent les basses œuvres auxquelles Hitler se livrait et qui consistait pour l’essentiel à « dénoncer systématiquement les officiers et les soldats politiquement douteux »  en faisant preuve « d’une docilité et d’une soumission extrêmes« ,  Röhm donc désormais, « lui accorda un soutien inconditionnel« . (p.104/105)

Pendant ce temps Hitler et Schmidt se voient tous les jours, prennent leurs repas et passent leurs soirées ensemble.

Et puis la vie suit son cours et à l’été 1922 Schmidt part s’installer à une centaine de kms de Munich, « sans que leur affection mutuelle fût remise en question« .

Schmidt fera toujours preuve d’une fidélité entière envers son ami et d’une discrétion absolue sur leurs relations, se refusant à toute confidence le concernant. Même après 1945, interrogé par les Américains dans le camp où il avait été fait prisonnier, il s’abstint « de tout propos susceptible de nuire à la réputation d’Hitler » avec qui il resta en contact pendant toutes ces années, bénéficiant de nombreuses marques d’estime et de générosité de la part de son ancien « ami« . (p.106/107)

Trente ans d’amitié sans nuage !  « Il est d’autant plus difficile de croire que cette amitié ne fut pas une relation amoureuse que nous ne relevons aucune trace d’aventure féminine de Schmidt ou d’Hitler pendant qu’ils étaient sous les drapeaux. Schmidt ne manifesta pas plus d’intérêt pour les femmes après la guerre, et reste célibataire jusqu’en 1935« . (p.108)

Nous allons laisser là le dossier Schmidt et revenir sur le témoignage de Mend, celui qui, le premier, eut le courage de révéler l’homosexualité de Hitler en déclarant dans un procès-verbal officiel que « Hitler a entretenu une liaison sexuelle avec Ernst Schmidt« .

D’autres documents tirés des archives de Himmler et rendus publics dans les années 70 livrent des détails sur la vie sexuelle d’Hitler à l’armée. C’est ainsi qu’on apprend que, « ‘à l’époque où Hitler se trouvait en France entre 1916 et 1917, il aurait posé nu pour un officier homosexuel du nom de Lammers…et l’aurait ensuite rejoint dans sont lit. Interrogé en 1936, Lammers aurait laissé entendre que le soldat de 1ère classe y aurait pris autant de plaisir que lui même et que ces dessins existaient toujours. » (p.109)

Puis Machtan analyse les motivations qui firent entrer Hitler en politique. Bien que très éclairantes sur la personnalité à la fois « tordue » et essentiellement opportuniste du personnage, ses qualités de menteur et de bluffeur, sa méfiance extrême et son goût prononcé pour la dissimulation, elles ne nous intéressent pas ici.

Et Machtan de nous expliquer  » qu’au début du XXe siècle tous les homosexuels « devaient » posséder ces traits de caractères s’ils voulaient éviter les poursuites judiciaires et la stigmatisation sociale [……] L’intolérance et le rigorisme moral de l’époque contraignaient les homosexuels à passer maîtres dans l’art de la dissimulation. »

Le « génie » de Hitler fut de découvrir que ces « qualités [le bluff, la méfiance, le mensonge, la dissimulation] dictées par la nécessité, pouvaient lui être fort utiles en politique en faisant de lui un démagogue hors pair« . Je suppose qu’on pourrait presque parler de « résilience » si  on voulait faire preuve d’un peu d’humour.0

Et Dieu seul sait si, de nos jours encore et bien que l’homosexualité ne soit plus du tout stigmatisée mais, bien au contraire, proclamée comme « égale » aux mœurs moralement reconnues depuis toujours comme répondant à la loi naturelle, voire lui étant « supérieure » pour certain(e)s, la leçon de la victimisation a été bien apprise et s’est érigée en outil de manipulation de l’opinion, de perversion des mœurs et de transgression – morale et politique – de notre société.

  • Le parallèle entre Hitler et un certain discours politique actuel est encore plus intéressant qu’on ne le pense comme on va le voir.

Hitler est un écorché vif qui utilise l’agitation politique de son époque et la faiblesse du régime de Weimar pour donner libre cours à tous les préjugés qu’il a accumulés au cours de toutes ces années d’humiliation où sa médiocrité ne lui a pas taillé la place éminente que sa mégalomanie lui désignait comme artiste. Rancoeurs contre les milieux artistiques (il a été recalé deux fois à l’examen d’entrée aux Beaux-Arts de Vienne) puis contre ces possédants qui n’achètent pas ses tableaux (mais semblent acheter ses « faveurs ») puis les officiers à l’armée « arrogants » avec lui (on les comprend), sans oublier les Juifs qui sont à l’origine du scandale Eulenburg contre les homos. Et maintenant ces cocos (qui ne ratent jamais une trahison possible pour faire advenir le « grand soir ») et ajoutent encore à l’humiliation de la défaite de l’Allemagne et du peuple allemand. Ce peuple allemand qui offre désormais une caisse de résonance de plus en plus vaste à ses sentiments exacerbés de « brebis galeuse » de « stigmatisé« . Ce peuple allemand ulcéré qui refuse d’admettre la défaite de son pays et auquel, en mégalo digne de ce nom, il s’identifie et qui, à son tour, s’identifie à lui tant il sait le séduire (les homos, en tant que narcissiques, se veulent toujours grands séducteurs…. sans toujours y parvenir) par son indignation patriotique, par l’empathie qu’il exprime pour ses malheurs.

Si bien que la lutte politique de Hitler pour restaurer la grandeur de l’Allemagne humiliée, n’est autre que la lutte pour son avenir personnel. « Il prit en quelque sorte la nation en otage pour échapper définitivement à sa propre stigmatisation [….] C’était le fruit de son ambition : devenir le plus grand, sinon dans le domaine artistique, alors en politique« …et faire ainsi oublier ce qu’il était en réalité : un homosexuel honni par la morale publique de l’époque, un artiste raté essayant de vendre ses croûtes à la terrasse des cafés, un traîne-savates prêt à toutes les veuleries pour s’attirer la sympathie d’un « protecteur » puissant. (p112/113).

Cela nous rappelle certains discours actuels qui polluent notre vie politique et sociale. Certes, il ne s’agit plus d’instrumentaliser les malheurs de la France (comme ceux de l’Allemagne dans les années 20/30) pour donner aux pauvres homos l’occasion d’exhaler leur mal-être, mais à l’inverse d’assurer le destruction de cette société « injuste« , « inégalitaire », « fasciste » (le ridicule ne tue plus, c’est bien connu !) par le biais de lois insanes et absurdes : le « pseudo-mariage homo » qui ferait hurler de rire les chimpanzés s’ils avaient le sens de l’humour; et une « parentalité » sans « père » ni « mère », un parentalité de psychotiques qui fera des petites victimes adoptées, les otages d’agité(e)s du bocal auxquel(le)s je ne confierais même pas mon chien à garder. Non parce qu’ils ou elles sont homosexuel(le)s, ce qui ne me dérange pas dans la mesure où cette « différence » est vécue avec dignité et simplicité, mais parce que ces revendications absurdes auxquelles notre classe politique et médiatique donnent toute la publicité nécessaire (pour des raisons dont elle aura à répondre un jour devant le peuple français) relèvent du dérèglement mental et non d’une approche saine et équilibrée de la réalité et de la dignité humaines.

Revenons à notre héros annonciateur des temps que nous vivons.

« Est-ce le hasard qui lui fit choisir Röhm, homosexuel  ? Est-ce le hasard qui fit de celui-ci son âme damnée ?  Cela paraît peu probable. Le « bagage sexuel » qu’Hitler apporta en politique infléchit dans une certaine mesure la suite de sa carrière » (p.111/112)

« Bien des éléments semblent indiquer que les relations entre Röhm et Epp [son général et « patron »] présentaient un caractère homo-érotique [ah, qu’en termes galants…]. Hitler laissa d’ailleurs échapper plus tard que vers 1920 il avait découvert l’homosexualité de Röhm. Rappelons que dès 1919, Adolf Hitler, encore simple soldat, avait éveillé l’intérêt du général, de vingt ans son aîné, célibataire endurci de surcroît. »

Epp et Röhm vont donc aider et financer le parti que Hitler vient de créer, car ce dernier « réussit effectivement à séduire ce milieu militariste et nationaliste qui plaça bientôt en lui de grands espoirs politiques [….] Röhm a mis le pied à l’étrier à cet homme intelligent, faible mais obsédé…et il l’a mis en marche » dira Gérard Rossbach, « le sinistre commandant des corps francs« .

Un point important apparaît ici qui permet de mieux comprendre la nature des deux intéressés (Hitler et Röhm) et la place éminente que l’homosexualité a tenue (paradoxalement en apparence) dans la philosophie constitutive du nazisme.

Ce point consiste dans la conception exclusivement « militaire » que Röhm avait du monde. Son objectif politique : « Obtenir de haute lutte pour l’ancien combattant allemand la place qui lui revient dans la direction de l’Etat et faire valoir en politique l’esprit idéaliste et réaliste des anciens combattants« . Rien de bien exceptionnel pour un militaire que de considérer les choses du simple point de vue militaire et des rapports de force.

Mais voilà où les choses se corsent : Röhm, nous dit Machtan, éprouvait un mépris ostentatoire pour tout ce qui était étranger à l’armée…et efféminé : « Les déserteurs politiques et les femmes hystériques des deux sexes doivent être débarqués; ils nous retardent et nous dérangent quand il s’agit de se battre« .

Qu’est-ce-à dire ?

On trouve le fondement idéologique de la « philosophie » de Röhm chez  » Hans Blüher, un des plus grands théoriciens du mouvement de jeunesse des Wandervogel [4], qu’il avait présenté dès 1912 comme un « phénomène érotique » dans un essai qui avait fait grand bruit. Il y exposait le rôle culturel de l’amitié telle qu’elle se manifestait principalement dans les collectivités exclusivement masculines. Celles-ci étaient les seules à produire les natures « héroïques et viriles » qui, grâce à leur charisme personnel fortement teinté d’érotisme, pouvaient exercer un pouvoir fort et gagner la loyauté d’adeptes combatifs. L’article à thèse intitulé « Amitié ou homosexualité », signé en 1925 par le Dr Karl-Günther Heimsoth, un ami intime et un camarade de corps franc de Rôhm, révèle la popularité dont jouissaient les idées de Blüher dans les milieux ultra-nationalistes – et montre avec quelle facilité l’idéalisation martiale de l’« éros homosexuel masculin » pouvait prendre des accents racistes et se retourner contre l’« infériorité du féminisme et du sémitisme ». « Le revers négatif du héros masculin positif est l’efféminé », produit du « féminisme homosexuel », c’est-à-dire du mouvement qui réduit honteusement « l’homosexualité » à « la satisfaction des appétits sexuels individuels ». Cette idéologisation des ten­dances homosexuelles en « éros allemand » ne se démarquait pas seulement des conceptions du « pape de l’homosexualité ». Magnus Hirschfeld, que les milieux nationalistes avaient tou­jours abhorré, mais rendait hommage à l’homo-érotisme pour motif politique, si l’on peut dire, permettant l’établissement d’un État nationaliste et raciste, structuré par les hommes » [autant que possible, hétérophobes, serait-on tenté de dire. NDR]

Blüher a établi plus tard un lien direct entre sa théorie et l’hitlérisme :  » Hitler, qui avait lu « Le rôle de l’érotisme », reconnaissait également la nécessité de quelque chose de ce genre » – autrement dit de l’héroïsme masculin homo-érotique. « Hitler, bien entendu, ajoute Blüher, connaissait très bien mes livres, et il savait que son mouvement était un mouvement d’hommes, reposant sur les mêmes forces fondamentales que les Wander­vogell » C’est peut-être aller un peu vite en besogne. Pour­tant, Ernst Rôhm et la socialisation de ses corps francs révèlent sans l’ombre d’un doute l’existence de tels rapports, qui jouèrent certainement un rôle non négligeable dans l’orientation militante du mouvement national-socialiste. De même, on ne peut certainement pas attribuer au hasard les contacts étroits entre un homme comme Heimsoth et plusieurs futurs digni­taires nazis. Bref, un érotisme et des tendances homo­sexuelles à connotation idéologique furent l’une des pierres angulaires de la culture fasciste des associations d’hommes avant 1933.

Tel était donc l’univers de Rôhm, celui dont il soutenait les idéaux et qu’il cherchait à imposer à la société allemande post-révolutionnaire en attaquant avec brutalité les valeurs et les représentants de la culture démocratique ». (p.118/119)

Je devine la perplexité du lecteur qui découvre l’association entre homosexualité revendiquée et érigée comme idéal avec des orientations totalitaires ou simplement hyper-autoritaires assorties du mépris de la femme ou des minorités.

Je ne suis pas psychanalyste mais il me semblerait bien – en admirateur de l’œuvre d’Alfred Adler – qu’il y a là la « surcompensation » délirante d’un sentiment de virilité empêchée, « castrée » (même si ce langage ressortit plus de Freud que de Adler). Il n’y qu’à voir combien le corps masculin et ses attributs (restons polis) sont valorisés, totemisés, idolâtrés dans le discours, les écrits, les productions graphiques de la communauté homosexuelle masculine (un petit tour sur Internet s’avère très instructif sur le sujet).

  • Une des cultures où l’homosexualité est la plus répandue et, dans le même temps, la plus réprimée (officiellement), est celle des pays du  Maghreb, du Moyen-Orient et de certains pays asiatiques de culture musulmane, où elle se combine avec le « machisme » brutal que nous connaissons.  Ce n’est pas pour rien que certaines de nos Eminences ministérielles, parlementaires ou municipales, passent le maximum de leur temps libre dans les stations touristiques du Maroc et de Tunisie (en attendant que l’Algérie s’ouvre au tourisme, ce qui n’est pas demain la veille) où elles peuvent jouer avec délice à papa Hadrien avec de multiples petits Antinoüs.

Je me souviens avec amusement d’un reportage que j’avais lu au détour des années 80 où un journaliste (homosexuel) avait voulu tester les réactions du personnel d’un grand hôtel en Indonésie (le plus grand pays musulman au monde) par rapport à l’homosexualité.

Dans un premier temps il avait attiré sans grand effort un des employés de l’hôtel  dans sa chambre. Puis avait attendu la suite. Elle ne s’était pas fait longtemps attendre. Le dit employé, redescendu auprès de ses collègues s’était écrié à la cantonade : « Pouah ! le client de la 3207 est un infâme pédé. Que la malédiction soit sur lui  » ou quelque chose d’approchant que je vous laisse imaginer.

Message reçu 5/5 par le reste du personnel.

Dans les nuits qui suivirent, le pauvre journaliste ne put arriver à satisfaire toutes les demandes de ceux qui venaient frapper à sa porte avec toute l’insistance….et la discrétion qu’on devine.

Comment cela est-ce possible ?

C’est assez simple. N’est « homosexuel » donc « condamnable et répugnant » dans cette culture qui manie la restriction mentale comme nos politiques manient la langue de bois, que celui qui, dans les jeux érotiques, tient le rôle « passif ». En revanche celui qui « joue l’homme » ne se considère pas comme homosexuel du tout. Il peut même se permettre de mépriser, voire d’insulter (quand ce n’est pas pire) celui qu’il vient « d’honorer » avec conviction !

Ce qui fait que la pratique homosexuelle, quand l’occasion s’en présente, est beaucoup plus répandue qu’elle ne l’est chez nous dans ces sociétés hyper-viriles, machistes et à la fois très matriarcales (on cumule tous les obstacles à l’édification d’une personnalité saine et équilibrée) car  » b….r  un pédé  » ce n’est pas être pédé soi-même. Bien au contraire, c’est manifester sa virilité.

Simple : il fallait y penser.

On commence à entrevoir combien l’accusation de « fascisme » qui est faite à ceux qui – comme moi – tout en tolérant et en respectant bien volontiers les homosexuel(le)s en tant que personnes, quand ils se conduisent avec décence, rejettent avec indignation le pseudo-mariage homo et l’adoption (voire à la fabrication sur commande) d’enfants pour satisfaire les délires de personnalités déboussolées, combien cette accusation donc est parfaitement imbécile puisque ces maladies de la personnalité et de la société que sont le fascisme, le totalitarisme, le nazisme ont eu pour sœur jumelle, une forme d’homosexualité teintée de fanatisme et de violent mépris pour la femme. Je ferai un jour une petite étude du côté de Mussolini et je ne pense pas être déçu par son entourage ou par les principes des mouvements de jeunesse italiens de l’époque…

Ainsi, pour en revenir à Röhm (grand amateur de musique), chez qui « les fantasmes de virilité militante contrastent avec la veine artistique » (p.119) on peut lire sous la plume de cet artiste-soldat que « le contenu essentiel d’une relation amoureuse homosexuelle », n’est pas le « coït per anum, per os ou inter femoras (sic), mais il nuance aussitôt son propos par trop « platonicien » sans doute de la façon suivante :

 » Nous aimons l’éros créateur; nous ne faisons pas campagne pour l’éros du coït, sans le mépriser pour autant. Parce que nous considérons que les pulsions sexuelles sont élémentaires, nous pensons qu’il est possible de sublimer une partie de leur force [c’est du Freud tout craché ou je n’y comprends rien]. Ce qui ne fait pas de nous pour autant des adeptes du refoulement [nous voilà rassurés]. Au contraire. [tiens, tiens ! ]. Simplement, ce qui se passe au  bivouac ne nous intéresse pas au point de le crier sur les toits« .

De l’art d’affirmer une chose tout en prétendant mettre en valeur son contraire. C’est un texte d’une rare hypocrisie qu’eut sans doute apprécié en connaisseur, notre maréchal Lyautey, lui qui, quelques années auparavant, demandait à Cocteau d’expliquer à un jeune officier rétif à ses avances, le sens profond et la beauté de la chose.

Il arrive malgré tout à Röhm, le mentor de Hitler (l’élève dépassera le maître et le liquidera) de se montrer un peu plus franc et direct. C’est ainsi qu’il confie à un se ses amis en 1929 (un certain Heimsoth)  : « Je suis persuadé d’être homosexuel, mais je ne l’ai véritablement « découvert » qu’en 1924. Je me souviens de toute une série de sentiments et d’actes homosexuels qui remontent à mon enfance, mais j’ai aussi fréquenté de nombreuses femmes. Sans plaisir particulier, il est vrai. Cela m’a d’ailleurs valu trois chaude-pisses que j’ai considérées par la suite comme le châtiment de la nature pour des relations contre-nature. Aujourd’hui, toutes les femmes me font horreur, et plus que toutes, celle qui me poursuivent de leur amour; elles sont malheureusement très nombreuses. En revanche, j’aime ma mère et ma sœur de tout mon cœur » (p.120/121)

 Vous avez bien lu : pour Röhm, les relations « contre nature » pour un homme ce sont les relations sexuelles avec une femme. Cela nous ramène à certaines déclarations actuelles où nous avons tout à fait l’impression qu’on finira par mettre en examen tous ceux qui se déclarent « hétérosexuels » convaincus…

En tout cas c’est un texte qui, tant sur le plan moral, comportemental que psychanalytique, se passe de commentaires tant il est clair.

L’importance déterminante de Röhm dans l’évolution de Hitler et son attitude par rapport à sa propre homosexualité peut être comprise à travers à travers ces deux extraits que je vais livrer à votre réflexion.

Le premier est dû à Hans Frank, un ancien camarade du beau capitaine (du moins il paraît qu’il l’était dans sa jeunesse).

  • Que nous dit Franck ?

« Jusque là j’avais toujours considéré l’homosexualité comme un attribut de gringalets efféminés, douillets, de parasites et de sybarites. Or Röhm était l’exemple même du soldat courageux et intrépide. Physiquement, et dans toute son attitude, avec son visage couturé de cicatrices et ses manières brusques et décidées, il faisait l’effet d’un « vrai homme ». Ses yeux bleus brillaient toujours, joyeux et clairs. C’était par ailleurs un camarade fidèle et dévoué, un officier très qualifié, qui avait d’excellentes manières en société« . (p.122)

Inutile d’épiloguer sur les relations Röhm/Hitler qui furent celles que l’on devine. Mais au-delà de l’attirance homo-érotique que le premier exerçait sur le second, il fut surtout une sorte de modèle auquel Hitler voulut s’identifier car il lui permit de s’accepter et de s’estimer lui même dans un premier temps, puis de s’affirmer sans plus aucune inhibition par la suite.

 » Quand Röhm se battait, il manifestait une « virilité » qu’Hitler imitait volontiers. En observant Röhm, il apprit qu’une attitude virile et assurée n’était pas incompatible avec des tendances homosexuelles. Et il ne lui fallut pas longtemps pour manifester une « virilité » si convaincante que des soldats endurcis eux mêmes s’y laissèrent prendre  » (p.123). Les malheureux !

Laissons là Röhm, ses joyeux bivouacs, sa cour de fringants jeunes pseudo-militaires qui devaient avoir pour lui les yeux de Patrocle envers Achille (« cour » si bien décrite dans une scène célèbre des « Damnés » de Visconti qui éclaire d’une lumière crue les mœurs des S.A au moment où ils sont liquidés par les S.S qui ne leur cédaient rien sur le plan du culte des mœurs homo-érotiques, au contraire)

Apparaît alors dans l’étude du Pr Machtan, un nouveau personnage qui, comme les autres, va accompagner un moment de la « résistible ascension » de notre héros chez qui la voile l’emporte décidément sur la vapeur.

 

ECKART Dietrich - 23.03.1868 -  NurembergDietrich ECKART (Thème N° 6)

Âgé d’une vingtaine d’années de plus que Hitler dont il espère faire un disciple,  c’est un ancien étudiant en médecine, morphinomane, qui essaye et a essayé de se faire reconnaître comme journaliste et comme écrivain, mais sans grand succès auprès du grand public. Il a vécu une large partie de sa vie en menant grand train, en bohême, sans feu ni lieu, grâce à la fortune que son père a eu la bonne idée de lui laisser en mourant.

Puis, avant la guerre de 14, il s’essaye au théâtre avec un peu plus de bonheur; et on le retrouve, après différentes pérégrinations, à Munich en 1919 après la chute ignominieuse de l’Empire allemand, où il fait « bientôt la connaissance d’Adolf Hitler » (p125/26).

Il a une grande assurance (ce qui manque tant à Adolf à ce moment là), de la prestance, des relations et une conscience de sa mission (car, entretemps, il s’est découvert une vocation politique).

L’aîné reconnaît aussitôt chez le cadet un certain nombre de qualités :  » il n’est pas seulement tenace, volontaire et excellent orateur; il apprenait vite et volontiers, et appréciait les conseils et les encouragements. Hitler était un homme prometteur, dont les discours séduisaient manifestement le public. Or Eckart se savait incapable d’inspirer aux masses de telles émotions. (p.126).

C’est le coup de foudre. Eckart se sent « attiré par toute la nature » d’Hitler et leurs relations « devinrent plus intimes« . Quant à Adolf, conquis dès la première rencontre, il est particulièrement frappé par « le merveilleux crâne du meilleur des Allemands…Un front puissant, des yeux bleus, une tête de taureau. Et avec cela, un timbre de voix d’une remarquable probité » (où va se nicher la probité ….).

Bref, Eckart a besoin d’un disciple pour défendre ses idées et Adolf a  besoin d’un maître qui le forme. Le premier appelle le second « mon Adolf » et le second appelle le premier « mon étoile Polaire » et Hitler déclara à sa secrétaire que son amitié avec Eckart était « l’une des plus belles choses qui [lui soient] arrivées dans les années 20 « . Un vrai conte de fées

Mais, ce qui importe à notre sujet, c’est que Eckart est misogyne invétéré. D’après Alfred Rosenberg qui écrivit un petit ouvrage d’entretiens avec Eckart, celui-ci « considérait que la tendance à la futilité était l’essence même de la femme, il la jugeait incapable d’accéder à une vraie profondeur et lui déniait même parfois toute volonté de le faire. Il réprouvait tout particulièrement la galanterie et il y voyait la marque de notre époque efféminée…..[dans les pièces d’Eckart] il ….n’est question [chez les femmes] que de lâcheté, de veulerie, de ruse, de lascivité et de trahison…..Plus généralement Eckart voyait dans « l’absence de virilité un signe de décadence »  (p.127) et présentait le renforcement « de la pulsion féminine et poétique d’hommes sans volonté » comme un funeste présage culturel [et encore il n’y avait pas de gay-pride à son époque !!!]

Et, figurez-vous que la  bête noire de ce pauvre Eckart n’est autre que le psychologue juif Magnus Hirschfeld (dont nous avons déjà parlé) qu’il traite « d’apôtre de la sodomie » et qu’il accuse de vouloir « répandre le vice dans la rue; il veut empoisonner la jeunesse  » (aujourd’hui ce n’est pas seulement dans la rue, c’est au sein même des écoles qu’on « forme » nos jeunes âmes à considérer la sodomie et autres gâteries entre « mecs » avec tolérance si ce n’est avec bienveillance). Et il poursuit « le prolétariat doit servir de giton à cette canaille juive galicienne repue » et il se proposait d' »enfoncer le crâne à ce vieux cochon« .

 Mais on comprend mieux cette hargne de Eckart quand on lit sous sa plume le poème qu’il écrivit à vingt sept ans pour un ami de jeunesse :

« Tu m’as vu souvent, abîmé dans les songes

« Et tu m’as vu lutter, me débattre, m’évertuer encor;

« Tu m’as vu exulter souvent, grisé d’amour,

« Et tu as vu ma jeune vie souillée par la haine.

[….]

« En vérité, je n’ai jamais été fidèle à moi-même,

« Sinon par l’amour fidèle qui m’attache à toi pour toujours »

Explicite de ce que les américains appellent, paraît-il,  « mashed fruits » les « fruits écrasés », expression qui désigne les homosexuels en conflit avec eux-mêmes et honteux de l’être. Nous verrons que le thème natal d’Eckart est très significatif à ce sujet.

Plusieurs années après la mort d’Eckart, Guido Karl Bomhard, qui fut un de ses intimes, écrivit à son propos qu’il éprouvait des scrupules à « faire des révélations qui eussent risqué de le montrer sous un faux jour« . Concernant leurs relations il ajoutait qu’il s’agissait de choses très intimes, « issues de notre originalité commune et réservées aux natures bohêmes« .

Et, pour en terminer avec l’homosexualité (qui n’apparaît donc comme « refoulée » que pour la galerie) du maître à penser de notre jeune Adolf, ajoutons que si Eckart avait pu s’affirmer comme dramaturge sur la scène allemande après de longues galères,  c’est grâce à la protection du comte Georg von Hülsen-Haseler, qui fut accusé d’homosexualité à plusieurs reprises.

Si bien qu’on ne sait pas trop pourquoi Eckart épousa à quarante-cinq ans une certaine Rose Marx, si on excepte le fait qu’elle était une riche veuve. Mariage sans enfant, divorce en 1920 (moment où Eckart rencontre Hitler) provoqué par les « fréquentations exclusivement masculines  » du mari.

Du Feydeau à l’envers en quelque sorte…..

Ajoutons pour terminer le portrait de ce mentor dont Hitler parlait avec tant d’affection, voire de vénération et qui lui avait apporté ces soutiens financiers, sociaux et personnels qu’il recherchait depuis si longtemps, qu’à l’hiver 1918-1919, le dit Eckart avait publié la revue Auf gut deutsch  (« En bon allemand »). Pour y dire quoi ? Tout simplement pour mettre en garde contre un « complot juif mondial« , pour y vanter les charmes du vrai socialisme et pour conseiller de n’accorder d’influence qu’aux individus de « pur sang allemand« .

De quoi intéresser le jeune agitateur qui ne sait pas très bien encore à quel chariot accrocher son étoile et qui se liera à son modèle d’une « relation profonde et sincère » (p.128/29)

Et voilà la « paire » animée d’une volonté politique, « support idéal d’un accomplissement personnel qui devait être artistique avant tout. Cette amitié ressuscita le rêve de vie commune de deux artistes qu’Hitler avait si longtemps caressé » (nous le comprendrons mieux encore quand nous analyserons le thème de Hitler qui est effectivement le thème d’un artiste…raté).

« Le théâtre et l’opéra occupaient certainement une place importante dans leur amitié » écrit Machtan. S’ils avaient pu en rester là et ne pas transformer l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe en « Crépuscule – des dieux »…. avec l’aide d’un autre « artiste » : Josef Staline qui écoutait le 23e concerto de Mozart en boucle, adorait Zola et Dostoïevski, écrivait des poèmes et composait des chansons pour les films dont il contrôlait les scenarii…..tout en faisant « liquider » des millions de personnes !!!

Dieu nous garde des artistes en politique…..

  • Mais Dolfi s’il en fait  beaucoup pour se faire reconnaître comme le nouveau « guide » de l’Allemagne, ne trompe pas tout son monde pour autant:

Gerhard Rossbach, commandant de corps France, le décrit de la façon suivante :

« Mou, mais jouant les durs, à demi inculte mais désireux de tout savoir, un bohème qui avait dû se faire soldat pour impressionner de vrais soldats. Un homme qui se méfiait de lui même et de ses capacité, et donc pétri de complexes d’infériorité à l’égard de tous ceux qui étaient déjà arrivés, ou faisaient mine de le surpasser. Humble et hésitant, mais souvent brusque quand il se sentait acculé « 

Toute la dualité et la hargne de ce personnage de « raté » sont là, bien observées et bien rendues par cette brute militaire. (p.132)

Et puis Hitler évolue. Ce « véritable hystérique » (d’après Classe, président de la Ligue pangermanique) apprend à déguiser ses faiblesses et à donner de lui l’image d’un politicien expérimenté.  Il n’a donc plus besoin des conseils d »Eckart. D’après certains il est même devenu « mégalomane« . En fait, il est devenu un « excellent acteur de la scène politique, calculateur et capable d’interpréter différents personnages. Non content de savoir dominer ses émotions, il était capable de les exploiter. Quant à ses relations avec l’establishment politique, elles étaient désormais assez bonnes pour qu’il pût se passer d’Eckart « ‘

Exit donc Eckart dans le courant 1923 après plusieurs épisodes orageux entre les deux amis – Dolfi traitant Dietrich de « débile sénile » auprès d’un ami commun – mais le second malgré tout, croyant toujours en l’étoile de son protégé et affirmant à un de ses amis que « Hitler était l’homme de l’avenir« . En quoi il ne s’était pas trompé, hélas.

Nous laisserons de côté la relation de Hitler avec un certain Ernst Hanfstaengl. Ce grand bourgeois est lui même l’amant occasionnel d’un homme de lettres, aventureux et vagabond,  assez anticonformiste pour parler d’homosexualité et la mettre  en scène avec une franchise assez peu courante dans l’Allemagne de l’époque : Hanns Heinz Ewers qui ne cachait nullement son attirance érotique et sexuelle pour les hommes. Malgré deux mariages ratés (on le comprend aisément) et plusieurs liaisons féminines.

Et ce sont de joyeuses parties où on s’amuse et on rit beaucoup,  qui réunissent les deux compères et le futur Führer du Reich que Hanfstaengl, pour sa part, trouvait « extrêmement attirant sexuellement » d’après la confidence qu’il en fit plus tard à son propre fils Egon…qui était aussi le filleul de Hitler !

Une belle préfiguration de cette « famille » que les lois Hollande/Taubira, – approuvées par une majorité parlementaire qui confond dénaturation, perversion des mœurs,  mépris des citoyen(ne)s, destruction des fondements essentiels sur lesquels notre société s’est édifiée…. et législation – risquent de nous l’imposer demain.

 

(A suivre…)

Dans les deux prochains et derniers article consacré à ce personnage, véritable prophète des temps de profanation et de destruction des valeurs humanistes et chrétiennes que nous vivons, nous en terminerons avec le parcours homo-érotique de Hitler. Nous éclairerons ses relations, entre autres, avec Rudolf Hess son « ex-dauphin » (en fait probablement son giton) avec sa nièce « suicidée », avec  Eva Braun, etc….) et nous pourrons entreprendre alors, pour ceux que cela intéresse, l’analyse comparée des thèmes natals de Hitler (nous essaierons de donner une traduction exhaustive de sa carte du ciel) avec celles de ses amants. Cela pourra, je pense, confirmer, la nature homo-érotique des liens qui l’ont uni à ces « amis » qui jalonnent le parcours de sa vie depuis son adolescence jusqu’à sa transformation en « Führer » où il fut indispensable de couper avec le passé pour donner une nouvelle image de lui.

Au passage nous essaierons de vous faire part de quelques réflexions sur les rapports entre « homosexualité » et anthropocosmologie…..

 

 


[1] Le chef de l’Abwehr, service de renseignements de l’armée allemande jusqu’en 1944  (NDR)

[2] Chef d’état-major général de l’armée allemande sous les ordres du Commandant en chef de l’armée Werner von Fritsch de 1935 jusqu’à sa démission en août 1938. (NDR)

[3] Officier de l’armée impériale avant et pendant la guerre 14/18, puis militant extrémiste nationaliste, et nommé Reichsstatthalter de Bavière par Hitler sous le Troisième Reich.(NDR)

[4] Le mouvement Wandervögel (oiseaux migrateurs) est une organisation apolitique de jeunesse allemande fondée en 1896, à Berlin-Steglitz, et qui visait à affranchir la jeunesse d’une société bourgeoise, répressive et autoritaire. Il s’agit pour cette jeunesse émancipée de toute relation familiale,  d’acquérir des clefs et des repères pour l’avenir par la connaissance de son identité, de son passé et de l’histoire régionale. Côté émergé de l’iceberg : vie de groupe, sport, randonnée sont les activités prédominantes ainsi que les activités culturelles. Côté immergé : initiations à caractère sexuel, sexualité de groupe, homosexualité.  Il faut dire que le principal fondateur des Wandervögel n’est autre que Hans Blüher, « théoricien » de l’homosexualité et de la pédérastie, et maître à penser des Jeunesses hitlériennes.

2 réponses à to “UN GAY-FÜHRER POUR NOTRE MONDE MODERNE – 2ème Episode –”

  • jesuis:

    Homophobe égale facho

    • L’article qui me vaut un si intelligent commentaire de votre part, démontre exactement le contraire : les nazis – en commençant par leur chef suprême et ses comparses – étaient des homos enragés. Si bien que, si je voulais vous imiter, j’écrirais : homophile égale cono…et nous serions bien avancés. Essayez donc de développer une pensée personnelle si vous avez quelque chose entre les deux oreilles, au lieu de vitupérer des slogans imbéciles.
      Bien à vous

      LSM

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