En chemin vers la Lumière…

Cette année je n’ai pas voulu sacrifier  à ce triste [1] devoir d’avoir à échanger des souhaits de « nouvel an ». Coutume plus ou moins païenne et trop convenue pour signifier quoique ce soit, comme vous l’avez sans doute constaté vous même. Combien de fois vous êtes vous entendu souhaiter « …et surtout la santé, hein ! c’est le plus important… » avec la mimique ad hoc, de la part de gens à qui vous êtes parfaitement indifférent et qui s’efforcent, par ces vœux stériles, de vous convaincre de l’importance que vous avez à leurs yeux [2] !

Cette comédie n’a peut-être de sens que pour ceux qui en tirent profit : les confiseurs. Et c’est le seul mérite du « nouvel an » que de mettre à l’honneur le travail et le talent de ces artisans, maîtres et ouvriers, acharnés à mettre un peu de plaisir et de beauté dans notre vie, et tellement méprisés par l’oligarchie en place, bien plus préoccupée de concocter quel nouveau coup elle pourra porter à notre héritage social, culturel, moral et spirituel commun – pour fabriquer de toute pièce un homme et un monde nouveaux -, que de servir le Bien Commun d’une communauté nationale bourrée de talents qui ne demandent qu’à éclore comme les fleurs et les fruits produits sur les solides rameaux d’une tradition, éprouvée et fortifiée par deux mille ans d’intelligence, de courage et de foi en ses destinées providentielles. Un arbre que la techno-ploutocratie européiste, voudrait bien abattre,  débiter en bois de chauffage et passer par pertes et profits.
Ce à quoi s’évertuent les loges bruxelloises, new-yorkaises et « davosiennes », puissamment secondées par nos ministres qui ont vendu leur âme grise pour un plat de lentilles plouto-technocratiques.

Que nous dit l’Epiphanie ?

Épiphanie nous vient du latin ecclésiastique Epiphania, lui-même issu du grec ancien Ἐπιφάνεια / Epipháneia qui signifie « manifestation » ou « apparition ». On rattache ce substantif au verbe φαίνω / phaínō : « se manifester, apparaître, être évident ».
La célébration de l’Épiphanie, qui intervient douze jours (retenez le chiffre) après la naissance du Christ, période nécessaire pour que Melchior, Gaspard et Balthazar parviennent aux pieds de l’Enfant-Dieu, manifeste (epiphania) la nécessité pour toute forme de sagesse (ce sont des « mages ») et pour toute forme de puissance terrestres (ce sont des « rois ») d’honorer la toute sagesse et la toute puissance de l’Esprit. L’Étoile (symbole solaire donc divin),  qui a guidé les représentants de ce que la nature humaine peut produire de meilleur vers la Lumière christique, 
nous « révèle » (epihphania) par la même occasion, nous qui ne sommes ni mages ni rois,  vers Qui nous tourner si nous voulons réellement accéder à la orienter nos efforts pour laisser l’Esprit éclairer nos consciences.

C’est pourquoi nous lamenter sur la situation humiliante et profondément suicidaire dans laquelle se complaît notre pays et à laquelle j’ai fait allusion un peu plus haut, ne saurait constituer la bonne attitude. Celle-ci consiste à mesurer le poids de nos responsabilités collectives dans ce qui semble nous « arriver » pour commencer à réagir si nous voulons survivre.  Il s’agit donc d’arrêter de nous voiler la face, d’enfouir la tête dans le sable en « attendant que ça se passe » et en espérant ne pas être atteint par les malheurs, peut-être irréparables, qui se profilent à l’horizon, du fait de l’incompétence et surtout de la forfaiture généralisée de notre personnel politique.
La dernière conférence publique donnée par Patrick Buisson, quelques jours avant sa mort inattendue, sous les heureux auspices de Renaissance Catholique (https://renaissancecatholique.fr/) peut constituer un exemple à suivre en matière de lucidité et de courage intellectuel. Je vous la communique dans son intégralité dans un article qui complètera celui-ci ultérieurement.
Nous ne devons jamais oublier que l’ombre n’est jamais qu’une occultation de la lumière et qu’entreprendre de déchirer les voiles opaques dans lesquels nous nous sommes enveloppés  depuis quarante ans et plus, constitue le premier de ces actes de courage qui nous sont demandés : ouvrir les yeux, observer le réel et surtout, dénoncer à chaque fois que nous le pouvons, les mensonges officiels et médiatiques, les enfumages sophistiques, les discours idéologiques et autres méthodes mises en œuvre, avec un cynisme désarmant, pour occulter le logos (la raison, l’intelligence du réel). Ce qui voudrait nous faire voir blanc ce qui est noir, profitable ce qui nous ruine, amical ce qui nous hait, respectable ce qui est ignoble, providentiel ce qui nous détruit. En un mot le courage, pour le moment, consiste à détruire à chaque fois que possible, les illusions d’optique dont radio, télé, pub, propagandes diverses et variées nous abreuvent à longueur de temps en les confrontant aux faits, aux réalités observables et souvent quantifiables. Peut-être un jour faudra-t-il faire preuve d’un courage bien plus exigeant, mais nous en reparlerons le moment venu.
En attendant, Dieu, qui a beaucoup d’humour, a permis que les moyens techniques qui favorisent la diffusion de la pensée unique concoctée dans toutes sortes d’officines nationales et internationales enragées à détruire la France, – sa culture, sa religion, son identité, en fait son existence même -, soient les mêmes qui permettent d’échapper à la pression totalitaire des médias professionnels, tous aux mains de l’entreprise mondialiste et anti-patriotique à la manœuvre en Europe. Ces moyens sont internet et les réseaux sociaux dont la bonne utilisation constitue le contre-poids efficace à l’entreprise d’enfumage généralisé que nous subissons. Elon Musk l’a d’ailleurs bien compris lorsqu’il a dénoncé les méthodes maffieuses mises en œuvre par tweeter. Trump, grand tweeter devant l’Éternel, l’avait compris lui aussi en son temps et à sa façon. Il n’est qu’à voir comment les médias officiels traitent l’un et l’autre pour comprendre qu’ils ont mis le doigt là où ça fait mal. Quelle que soit leur propre part d’ombre par ailleurs.

Chez nous, des exemples à suivre, très convaincants se sont manifestés (épiphania encore)  ces derniers temps, dont celui de la Maire de Romans en Isère qui n’a pas hésité  à dénoncer le fléau qui ronge un pays de plus en plus « occupé » par une population non seulement largement inactive et parasitaire, mais qui hait – chose inouïe – le pays qui la nourrit, son histoire, ses institutions, sa religion, son modèle social, et plus encore sa population d’origine -« européenne, blanche et chrétienne ». Cette même population dont le travail et les sacrifices – impôts, taxes, contributions et prélèvements de toute sorte – financent les avantages sociaux sur lesquels les nouveaux vandales prospèrent. A-t-on vu une « tique » désirer la mort du chien dont le sang la nourrit ? C’est pourtant ce qui se produit chez nos occupants – véritables shadocks en l’occurrence – à longueur d’année. Je pourrais en donner de multiples illustrations en d’autres occasions.

Revenons à l’Épiphanie.

Je voudrais prolonger l’évocation de cette fête de l’Épiphanie, en évoquant des sujets plus positifs et réjouissants. Ceux qui concernent ma propre pratique professionnelle et le rapport de l’Astrologie à la « Lumière ».
Cela consiste à faire remarquer combien, justement, la nature de l’Astrologie peut être qualifiée d’épiphanique. J’ai évoqué les « douze jours » nécessaires aux Rois Mages pour accomplir leur périple. Il n’est pas très difficile d’y voir la métaphore d’une vie, certes terrestre dans son déroulement, mais tournée vers le Ciel en vue de son propre accomplissement, du fait même que le zodiaque (roue de la vie) illustre ou manifeste exactement ce processus en douze étapes existentielles.

Intéressons nous maintenant à l’Étoile dont la Lumière « guide » les Rois-Mages vers l’Enfant-Roi de l’Univers.
Ne peut-on rapprocher sa course du processus solaire annuel associé aux différents processus planétaires [4] considérés dans leur fonction iconique ? Icône dont la lecture et le déchiffrement constituent l’essence même du travail astrologique ? Ce processus universel étant considéré à partir d’un moment et d’un lieu uniques : ceux où une nouvelle conscience, un nouveau « porteur de l’Esprit » apparaît  dans le monde. Nouvelle conscience, nouvelle âme, en affinité profonde avec ce que la structure cosmique, envisagée d’un point de vue qualitatif, analogique, symbolique, peut nous révéler concernant la mission qu’elle aura à remplir dans ce vaste ensemble ? Mission qui  participe de la place que nous occupons  dans le déploiement de l’acte créateur et qu’il nous est demandé de comprendre pour l’assumer librement. C’est ce qui explique que nous puissions déchiffrer dans une carte du ciel,  les dispositions intérieures que nous devrons développer, les circonstances et les environnements dans lesquels nous aurons à évoluer, les difficultés que nous aurons à résoudre sur un parcours existentiel plein de sens.

N’est-ce pas, en fait, le rôle que l’Étoile symbolisa pour les Rois Mages quand elle les conduisit à entreprendre le voyage qui permettrait de satisfaire le désir qui les tenaillait, sans doute depuis longtemps ? Désir qui consistait à venir reconnaître, contempler et honorer la Source de toute Lumière. Voyage couronné par une expérience spirituelle inouïe  qui manifeste, à coup sûr, le sommet de toute expérience humaine souhaitable : découvrir l’origine de cette aspiration fondamentale à la Lumière (amour, vérité, sagesse, paix, joie, etc…) qui nous habite; comprendre que cette aspiration qui se présente toujours comme manque, attente, désir, (même dans l’âme la plus noire), ne fait que révéler l’empreinte indélébile que l’Esprit, source de toute Lumière, a imprimé dans notre cœur façonné à l’image et à la ressemblance de Dieu ; décider d’entreprendre le voyage intérieur qui permettra à cette Lumière de prendre toute la place et réaliser ainsi notre identité divine ?
Voilà ce que doit être, en fait et en vérité, le programme de toute existence humaine. Tout le reste devant y être ordonné.

De ce point de vue exigeant, l’Astrologie en nous révélant quelque chose de ce parcours qui s’ouvre à nous dès notre naissance sous la forme du système solaire considéré dans sa fonction iconique en un moment donné et pour un lieu donné, peut être considérée comme une précieuse manifestation épiphanique.

A condition de la mettre à la place qui lui convient car je voudrais affirmer avec vigueur quelques petites choses :

1/ Il n’y a pas de compréhension possible de la nature spécifique de l’Astrologie, si on ne considère pas le cosmos comme un des moyens  que Dieu a choisi pour exprimer quelque chose de Ses intentions. Le cosmos porte une information écrite une langue spécifique; l’Astrologie est l’herméneutique qui permet de traduire ce langue et de mettre le message à notre portée pour nous éclairer.
C’est en cela qu’on peut la qualifier d’épiphanique : elle révèle, elle reflète, elle montre le chemin, c’est tout. Elle n’agit pas et nous ne devons jamais la ranger dans la catégorie des « influences actives » sur nous.

2/ Il n’y aucune réelle possibilité de tirer quelque chose de vrai, de sain et d’utile de l’Astrologie, si on ne la comprend pas dans sa vocation véritable. Si on se refuse à reconnaître en elle le reflet d’une Intelligence ou d’un Esprit animant les réalités célestes qui lui permettent de se manifester. Intelligence qui intervient aussi bien dans le fonctionnement physique de la « mécanique céleste » à travers les lois naturelles certes, mais, plus encore, intelligence qui se révèle d’une tout autre façon dans la richesse sémantique, iconique de ce dispositif nécessaire à sa manifestation sensible.

En d’autres termes le ciel (le système solaire) est l’analogue de la presse et des caractères de plomb que Gutenberg utilisa pour rendre le message de la Bible manifeste. Le ciel pour l’Astrologue, est l’analogue de la partition écrite, avec toutes ses notes et indications graphiques, pour le musicien. L’acte créateur  chez Mozart ou quelque autre génie musical, n’avait nul besoin de partitions pour naître et exister, mais seulement d’un esprit et d’un cœur où se manifester. Un chef-d’œuvre qui serait resté à tout jamais enfermé dans l’esprit de Mozart et ignoré de tous, n’en resterait pas moins un chef-d’œuvre dans le domaine potentiel ou virtuel. Mais pour que cette création  puisse se manifester et être communiquée à tous, répondre aux exigences du monde sensible (terrestre ou corporel comme l’appelle Wolfgang Smith) et nous charmer, elle doit forcément pouvoir être symbolisée (la partition musicale) et réalisée (les instruments de musique et les voix humaines).
Ainsi aucune partition musicale n’aurait pu exister si l’Esprit n’avait d’abord inspiré l’esprit musical du compositeur. De même qu’aucune montre ou pendule au monde, aussi sophistiquée soit-elle, n’aurait jamais été pensée et fabriquée si l’intuition du temps n’était pas première, c’est à dire constitutive de l’esprit humain. Et on pourrait prendre beaucoup d’autres exemples.

Conclusion : de même que, pour Pasteur « un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène« , de même l’astrologue conséquent, – c’est à dire protégé de toute forme d’idéologie scientiste ou mécaniste (il y en a) peut-il dire : un peu d’Astrologie peut éloigner de Dieu mais beaucoup d’Astrologie ne peut que contribuer à y ramener » … Et à Lui rendre grâce d’avoir mis un si bel outil à sa disposition non seulement pour nous conseiller dans notre parcours, mais aussi, d’une certaine façon, pour nous inciter à nous convertir.
C’est saint Thomas d’Aquin (de plus en plus redécouvert par des scientifiques sortis de leur long sommeil matérialiste) qui démontrait l’existence de Dieu à travers les Cinq Preuves de nature purement rationnelle. Je pense que s’il s’était intéressé à l’Astrologie il y aurait ajouté une Sixième.

Néanmoins, ne confondons le moyen et la fin. L’Astrologie, – comme les raisons objectives de saint Thomas -, peut conduire à accepter l’idée d’une présence et d’une intention divine dans les phénomènes naturels en tant que ceux-ci représentent un des moyens que la Création a de nous dire : ouvre les yeux, regarde et comprends. Mais ce n’est qu’un bout du chemin. Car c’est la façon dont nous concevons et conduisons notre existence à partir de ce que nous avons vu et compris, qui compte absolument. Qu’allons nous faire de cette révélation ? De cette Épiphanie ? Comprendre n’est pas se convertir et de loin.
Nous savons que les Rois Mages, pour leur part, empruntèrent, pour rentrer chez eux, un tout autre chemin qu’à l’aller. Ce qui signifie (entre autres significations possibles) que quelque chose avait si profondément changé en eux, que, s’il les conduisait à emprunter de nouvelles voies terrestres, il les les incitait aussi, fort probablement, à adopter de nouvelles orientations existentielles et spirituelles. Il y a certains voyages dont on ne revient jamais tel que nous étions avant de les entreprendre.

C’est l’expérience que je nous souhaite à tous et à toutes de faire un jour.

[1] Et de plus en plus tristes au fur et à mesure que notre patrie et notre civilisation s’abîment dans les boues fétides du « progressisme » du « wokisme » de « l’islamisme » importés à grands frais (avec nos impôts) par les fourriers du mondialisme attalo-macronien … entre autres comparses)
[2] Comme me le disait une de mes anciennes élèves douée de beaucoup d’humour et de franc-parler : Ça ne coûte pas cher et ça fait plaisir ! Pour ma part, cela m’a toujours prodigieusement agacé.
[3] Qu’on peut assimiler au Logos grec ou au Verbe latin, tels qu’on les trouve évoqués dans la Bible.
[4] Ce que nous appelons une Carte du Ciel ou un Thème Natal. Le terme « horoscope » très utilisé dans les périodes antérieures possède une connotation trop limitée, déterministe, et trop péjorative (c’est souvent le terme des illuminés et des mercantis) pour que je conseille de l’utiliser encore.

 

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