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COMMENT L’ASTROLOGIE FIT ELIRE JACQUES CHIRAC EN 1995 !

 

La publication du témoignage qui va suivre nécessite quelques explications.

1. Avant tout je dois préciser que cette correspondance est étrangère au cadre du secret professionnel et c’est la raison pour laquelle je me permets de la publier.
Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de consultations que j’ai offertes spontanément et gratuitement à Jacques Chirac sans qu’il les ait sollicitées. Il ne m’a rien demandé, ne me doit donc rien…et réciproquement. Je ne suis pas tenu par le secret professionnel puisqu’il n’est pas mon consultant et qu’il ne le sera probablement jamais.

Il en serait tout autrement si j’avais eu l’occasion d’être consulté par lui, à titre officiel ou à titre privé. Même une seule fois. Devenant mon client, il aurait eu droit à ma discrétion absolue et définitive, et cette correspondance n’aurait jamais été publiée.
J’ai trop de mépris pour ceux qui, bénéficiant de la confiance de personnages publics qui leur font confiance, se précipitent sur leur plume dès qu’ils ont retiré leur tablier et déposé leur plumeau, pour les imiter en quoi que ce soit.

2. La raison profonde de cette publication pourrait se résumer à cet adage bien connu : petite cause grands effets et doit nous amener à réfléchir sur les moyens que la providence met en œuvre pour atteindre à ses fins.

 

Voici les faits.

En 1993, un ami très proche qui avait eu de nombreuses occasions de vérifier la pertinence de mes conseils et de mes prévisions au fil des ans, me demanda à brûle-pourpoint :

- « D’après toi, qui sera élu en 1995 ?
- « A priori, et sous réserve d’une étude plus approfondie, je pense que ce sera « Jacques  Chirac, lui répondis-je.

Il en resta bouche bée, s’attendant à ce que je lui réponde « Edouard Balladur ».

Je dois préciser ici que cet ami était président d’un parti politique qui eut son heure de gloire sous la quatrième et au début de la cinquième république mais qui, pour des raisons historiques parfaitement honorables, était devenu un parti de notables.
Il faut se souvenir qu’en 1993 et tout au long de 1994 Edouard Balladur était au plus haut dans les sondages et apparaissait comme le nouveau leader charismatique de la droite alors que J. Chirac devait se situer quelque part autour de 10%, si ce n’est moins.
Jusqu’au dernier moment, ses « amis » ne se gênaient pas pour le traiter de « has been » et lui demander de se retirer au profit d’Edouard – « l’ami de trente ans » ! - et je me souviens encore de quelques interviews acides et méprisantes de députés RPR - sur France Inter et autres radios nationales - qui valaient leur pesant de cacahuètes quand on sait ce qu’il advint par la suite de la destinée de Balladur et de Chirac. Et de la leur.

D’où la stupéfaction de mon ami, pourtant très bon observateur de la chose politique.
Stupéfaction et inquiétude….car son propre parti était majoritairement balladurien !

- « Pourrais-tu affiner ton étude » ? me demanda-t-il.
- « Je vais essayer ».

Et je me mis au travail.

Quelques semaines plus tard je lui fis le rapport suivant (je résume) :

1. Balladur restera haut dans les sondages tout au long de 1994 mais son thème ressemblant à un électroencéphalogramme plat en 1995, il ne sera probablement pas élu.

2. Jacques Delors (très populaire comme candidat de gauche) sera battu ou, plus vraisemblablement, ne se présentera pas, car il ne se passe plus rien de significatif dans son thème natal à partir de Décembre 1994 où toutes les correspondances positives s’effondrent.

3. Le Pen fera un bon score mais ne sera pas élu


4. Jacques Chirac restera bas dans les sondages tout au long de 1994 à cause d’un long transit de Saturne dissonant à son Soleil natal. Ce doit être pour lui l’occasion d’une profonde remise en question. La dissonance saturnienne se terminant en Janvier, il remontera dans les sondages à partir du 13 et sera élu en Mai au moment même où Jupiter viendra couronner son Soleil natal.

Et j’ajoutai imprudemment :

- « Je suis tellement sûr de mon pronostic que, si j’osais, je lui écrirai pour le féliciter. Avec tout ce qu’il entend actuellement cela lui remonterait peut-être le moral ».
- « Très bonne idée » me dit mon ami, « écris-lui ta lettre et je me fais fort de la lui faire remettre ».

Ce que je fis. C’est la lettre du 08/11/1993, assez courte et très simple où je me borne à féliciter quelqu’un qui n’est pas encore candidat officiel pour sa réussite à une élection difficile où il est donné perdant par toute la classe politique et médiatique !

[En écrivant cela, je ne peux m’empêcher de penser à ce « dossier » que l’Express avait consacré à l’Astrologie quelques mois après l’élection (dossier habituel au genre et analyses tellement convenues et ressassées qu’on a l’impression que tous les grands titres se les refilent les uns aux autres quand ils ne savent plus quoi écrire) et dans lequel on pouvait lire la « perle » de deux journalistes qui affirmaient que si les astrologues avaient quelquefois des « prédictions » justes, c’était tout simplement « parce qu’ils choisissaient la solution la plus probable après avoir consulté tous les pronostics, statistiques et sondages publiés ici ou là » !
Mon anticipation de l’élection de Jacques Chirac, deux ans avant l’événement, et en pleine contradiction avec l’ensemble des pronostics, statistiques et sondages, est le plus beau démenti que je puisse fournir à ces deux journalistes dont les propos en disent long sur la validité des études journalistiques]

Tout au long de l’année 1994, Jacques Chirac ne remontant pas dans les sondages, mon ami me relançait environ tous les deux mois sans manquer de me demander à chaque fois :

- « Alors, tu es toujours sûr pour Jacques Chirac ? »
- « Que veux-tu que je te réponde d’autre ? Je n’ai aucun action sur les correspondances planétaires. JC restera bas dans les sondages jusqu’en Janvier 95 et sera élu en Mai. Je ne peux rien te dire de plus »

Vint le délicat moment (au début de l’Automne, je crois) du congrès annuel de son parti qui (je vous le rappelle) était majoritairement balladurien et on devait se prononcer définitivement sur le choix du candidat à soutenir. Qu’allait donc préconiser le président en titre et derrière lequel des deux candidats-frères-ennemis de la droite allait-il ranger ses troupes en ordre de bataille ? Tout le monde pensait que les jeux étaient faits et que le président proclamerait son allégeance à Edouard Balladur avec lequel il entretenait les meilleurs rapports.
Et bien non. Il se prononça sans équivoque pour Jacques Chirac (stupéfaction !) et il fut ainsi le premier homme de droite à se rallier à la candidature du « has been ».

Ce fut aussi une des plus belles preuves de confiance qu’on ait jamais manifestée à l’égard de mon travail, car il faut bien voir que la carrière politique de cet homme (et bien plus encore) allait se jouer sur un choix dramatique qui n’était fondé que sur un pronostic astrologique complètement démenti par les faits du moment.

Vint le mois de Décembre 1994 et la fameuse intervention de Jacques Delors à la télé, ( « 7 jours sur 7 » le 7 Décembre si mes souvenirs sont bons).
Et, comme je l’avais prévu, Delors de dégonfla comme une baudruche et renonça à se présenter. La première partie de mon pronostic se réalisait.
Joie et excitation de mon ami car désormais l’enjeu du 1er tour devenait crucial : qui de Jacques ou d’Edouard allait affronter un Jospin, candidat beaucoup moins dangereux que ne l’était Delors ? Je pensai que le moment était alors venu de se livrer à une analyse plus approfondie de cette campagne électorale du point de vue astro-politique et je proposai à mon ami de fournir à Jacques Chirac une étude détaillée complétant ma lettre-pronostic de Novembre 1993.
Ce qu’il accepta d’enthousiasme en m’affirmant que, cette fois-ci, il la remettrait lui-même en main propre à l’intéressé qui était en pleine campagne électorale.

Cette lettre est datée du 14/01/1995 au moment où Jacques Chirac n’a pas encore commencé à décoller dans les sondages. Elle se suffit à elle-même et je vous laisse la découvrir sans rien y ajouter.

Elle dut avoir un certain impact car, cette fois-ci, le candidat ne se contente pas de me faire répondre par un de ses lieutenants, mais il y répond lui-même, sur un papier à en-tête personnel et l’inscription SP 6916 qu’on peut lire sous son nom, signifie « Secrétariat particulier ».

Les choses se déroulant comme l’astrologie permettait de le deviner, Jacques Chirac devança Balladur au 1er tour. Il devint candidat de toute la droite et, au 2ème tour, l’emporta sur le candidat de Gauche avec un écart qui, en ces domaines, s’avéra significatif.

Et je retournai à mon train-train quotidien.

Quelques temps après l’élection, au cours d’une conversation téléphonique à bâtons rompus, mon ami me tint le raisonnement suivant :

- « Et dire que tout s’est joué avec ce malheureux point qui a permis à JC de devancer EB au 1er tour ! Or, nous avons calculé que nous avons dû lui apporter environ 2 à 3 points. C’est donc nous qui avons fait élire JC…. »

Je ne pus m’empêcher de lui répondre :

- « Dis moi, cher ami, si je ne t’avais pas seriné et affirmé pendant deux ans que JC serait élu, si je ne l’avais pas assuré au président dans deux lettres que toi-même lui a remises, il me semble que ton parti et toi étiez bien décidés à faire voter Balladur ? Est-ce que je me trompe ? Par conséquent, ce n’est pas vous qui avez apporté ces deux points fatidiques à JC, deux points qui auraient dû aller à Balladur…si l’astrologie n’avait pas été là.
C’est moi qui les lui ai apportés. C’est moi, par le truchement de mes pronostics astrologiques »

Et nous éclatâmes de rire tous les deux.

L’anecdote est amusante et on peut en tirer de multiples enseignements au goût de chacun.
Mais au delà de la légitime satisfaction d’un pronostic réalisé, ce témoignage n’aurait pas grand intérêt s’il n’ouvrait notre réflexion à des considérations d’ensemble.

L’Astrologie n’a pas fait élire JC. Il devait être élu. Et mes pronostics n’ont représenté que le moyen – original, inattendu - de faire advenir ce qui devait l’être. Elle n’a pas été cause efficiente – pour parler comme Aristote – mais cause matérielle, conjoncturelle, accidentelle mais suffisante. La providence (puisque c’est d’elle qu’il s’agit pour moi et quelque réalité que vous mettiez derrière le mot suivant vos propres croyances) aurait trouvé d’autres moyens d’action si le moyen astrologique lui avait manqué, car on peut penser que, dans cette logique providentialiste, à ce moment là, en cette année là, JC devait être élu et nul autre. Etant donc entendu que les événements sont dépendants d’une pensée ordonnée, d’un ordre, d’un plan et non du hasard. Seule conception du monde qui puisse s’accorder avec la réalité astrologique dont elle est à la fois la manifestation et la conséquence logique.

Cela amène à mieux faire comprendre le jeu permanent qui unit liberté et déterminisme et à les hiérarchiser l’un par rapport à l’autre. S’il est vrai qu’en toute circonstance notre intelligence et notre volonté peuvent toujours exercer leur libre jeu sur nos choix, il n’en demeure pas moins que nous n’avons aucune possibilité d’action sur les circonstances elles-mêmes dans lesquelles nous sommes placés et qui répondent à un plan d’ensemble dans lequel chacun doit jouer sa partie, consciemment et/ou inconsciemment.
En fait être libre consiste essentiellement à faire en toute lucidité ce que la place que nous occupons dans les multiples réseaux où la vie nous a placés, exige que nous fassions. Et rien d’autre. Cela paraît simple mais, en fait, demande un énorme effort de compréhension de soi-même, de découverte du sens sous-jacent à sa propre existence, d’exercice de la volonté qu’il nous faut appliquer à nous maintenir dans les choix justes et à éliminer d’autres choix possibles – quelquefois plus agréables – qui nous éloigneraient de la portée réelle de notre destinée et des buts auxquels elle concourt.

Je me suis comporté en homme parfaitement libre en posant mon pronostic.
J’aurais été tout aussi libre en décidant de me taire et probablement JC aurait été élu. S’il devait l’être.
Lui, mon ami et moi, avons fait ce que nous devions faire dans les circonstances où nous étions placés, en fonction de nos compétences et de notre appréhension de la situation. Et nous pourrions penser que nous sommes responsables de ce qui est arrivé, soit pour nous en réjouir et nous en glorifier, soit pour nous en attrister après coup.
Aucune de ces deux attitudes n’est la bonne.
Nous avons concouru à réaliser un plan d’ensemble qui s’est exprimé par l’exercice de nos libres choix mais qui, en aucun cas, n’y était assujetti ou n’en était dépendant. Le contraire de ce qu’on nous apprend généralement, notamment dans le domaine de la « science » où chaque élément d’un ensemble logique est déterminé par l’ensemble des éléments précédents dont il dépend.

Ici, la cause (insaisissable dans ses choix ultimes car, qui peut connaître les plans de Dieu) est placée devant nous : une pensée et une volonté s’expriment et déterminent un enchaînement. Dans ce plan JC doit être élu. Ce qui entraîne que mon ami se rallie à sa candidature et fasse pencher la balance en sa faveur au 1er tour. Intervention qui entraîne à son tour l’irruption intempestive d’un conseiller qui oriente son choix : un astrologue ! Horesco referens !

Belle leçon de modestie pour tous ceux qui se croient à l’origine de la marche du monde alors qu’ils ne sont que les exécutants d’une volonté qui les utilise et les dépasse sans atteindre à leur liberté mais en la faisant concourir à Ses fins.

Je vous laisse méditer sur cette inversion de l’ordre des raisons et découvrir maintenant cette correspondance dans son intégralité (sauf quelques lignes personnelles détachées de la première lettre).

Correspondance :

Lettre du 8 novembre 1993
Réponse 27 janvier 1994
Lettre du 15 janier 1995 [ 1 2 3 4 ]
Réponse du 3 février 1995