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et Itinéraire Individuel
(Ceci est la reproduction
d’un article paru dans le N° 65 d’Octobre 1985 de la revue «
Le Monde Inconnu » auquel j’ai apporté quelques retouches,
certaines de mes idées ayant évolué depuis. Mais rien n’a
changé sur l’essentiel quant à ma conception de l’astrologie.)
Quelle
est donc la place de l'astrologie dans la découverte de notre itinéraire
individuel ? En effet, on ne s'intéresse pas à une discipline
aussi riche par jeu, par simple curiosité, pour disposer d'un outil intellectuel
original et « branché ».
Encore que toutes ces attitudes
soient possibles mais elles ne mènent pas loin car la pratique astrologique,
pour se révéler efficace et réellement gratifiante, demande
un engagement de tout l'être, de toutes les forces actives de l'esprit
et non un seul travail d'apprentissage de règles, de recettes, ou de
définitions toutes faites. Et cet engagement s'accommode mal du seul
besoin de jouer, ou d'une simple curiosité. L'effort faiblit vite, la
curiosité suit rapidement le chemin de la facilité puis de l'abandon.
L'astrologie donne d'autant plus qu'on y met plus de soi. Nous verrons pourquoi
par la suite.
Pourra-t-on alors découvrir les secrets de la réussite au Loto
ou les moyens de dénicher l'âme-sœur ? Ce n'est pas sûr.
Il vaut mieux renoncer à ce travail que de partir sur une vision aussi
fausse avec des centres d'intérêt totalement puérils.
Le seul objet de l'astrologie
est la rencontre avec soi-même. La rencontre avec la vie qui s'exprime
à travers nous. La rencontre avec sa propre existence non pas telle qu'elle
est déterminée une fois pour toutes peut-être ; non pas
telle que nous la rêvons non plus, mais telle qu'il nous est demandé
de la comprendre, de l'organiser pour lui donner son sens et son but véritables.
La carte du ciel d'une personne
n'est sans doute pas un « avenir » ou un « destin »
tout tracés inéluctablement. Elle est d'abord la figure symbolique
de l'héritage qui nous est transmis à la naissance : héritage
familial ou généalogique, héritage génétique,
culturel, dépôt de toutes les expériences vécues
par la lignée dont nous sommes issus. Comme tel cet héritage présente
sans doute un passif (ce que d'aucuns appelleraient un « karma »
négatif) mais aussi un immense capital de richesses accumulées
qu'il nous faudra exploiter et faire fructifier dans le sens le plus adapté
à la vie. A cette vie qui tend, à travers les règles de
l'harmonie universelle, à une expression toujours plus unifiante et épanouissante.
Le thème natal est donc une succession acceptée et une promesse
à réaliser, jamais un acquis définitif. Un passé
et un devenir, jamais un présent figé ou un avenir tout construit.
Nous naissons au moment précis où « l'état du ciel
» exprime qui nous sommes et indique les voies que la vie à l'œuvre
dans le cosmos attend de nous voir emprunter, en déjouant les pièges
que l'hérédité astrale nous a tendus sur le parcours de
notre destinée individuelle.
Ces voies sont les plus
satisfaisantes pour elle, les plus réalisatrices pour nous dans l'ordre
des moyens dont nous avons été dotés. Etant entendu que
d'autres, dotés de moyens différents, la serviront autrement,
par d'autres voies individuelles. Mais aucune de ces voies n'est préférable
ou supérieure aux autres au regard des besoins de la vie et de la providence.
Aucune carte du ciel n'est meilleure ou supérieure à une autre
dans le sens ou nous l'entendons couramment, c'est à dire dans un sens
social, ou mieux : dans un sens mondain ; sens qui n'ont rien à voir
avec les voies profondes de la réalisation. Car aucun thème de
naissance ne place l'individu dans un statut privilégié par rapport
à un autre dans l'ordre cosmique qui seul nous intéresse ici.
Autant ce genre de distinction
est sans doute utile dans la vie sociale, autant il n'a que faire sur le plan
où nous nous plaçons. Malheureusement nous sommes dans un monde
où tous les plans se mélangent et se confondent.
Une des distinctions essentielles
possibles entre les hommes serait celle qui donne à certains le désir
d'entrer dans leur thème de naissance avec courage et persévérance,
comme Thésée s'est enfoncé dans le labyrinthe pour y affronter
le Minotaure. Le Minotaure ici, a prospéré des innombrables erreurs
et illusions purement terrestres qui tiennent l'âme captive dans les chaînes
de ses fausses motivations, source de ses limitations et contraintes actuelles....et
du cycle infini de ses réincarnations, ajouterait un Hindouiste ou un
Bouddhiste. Ce que, personnellement, je ne suis pas.
Ou dans celui de ces « scénarios de vie » que font peser
sur lui l'héritage transgénéalogique si bien mis en lumière
par les différents travaux de cette nouvelle branche des sciences humaines
qu'est la psychogénéalogie.
Le seul objet et le seul
projet de l'astrologie pourraient consister à aiguiser ce « regard
intérieur » évoqué par le psychologue et symboliste
Paul Diel, pour retrouver le contact avec le sens de la vie, de notre vie, en
remettant de l'ordre dans notre esprit, dans nos fantasmes, dans nos projections,
ou dans la fausse appréciation de nous mêmes.
Le ciel est le miroir de
l'homme, comme la psyché humaine est le reflet vivant et actif dont le
cosmos s'est doté pour réaliser un plan de création de
plus en plus complexe et élaboré.
L'homme est donc reflet
et outil, agissant et agi, déterminé et libre dans le déroulement
mystérieux d'un projet auquel il doit participer de moins en moins comme
exécutant et de plus en plus comme associé actif, comme partenaire
conscient et créatif, parce que sa nature réelle, éternelle,
spirituelle en fait le dépositaire du projet cosmique en son entier.
Ce projet est en lui et
il ne le sait pas. Pas toujours en tout cas, car ce plan divin ne se révèle
à lui que pour autant qu'il veuille le chercher avec sincérité,
lucidité et responsabilité. Quand ce travail de recherche intérieure
n'est pas fait, il se révèle alors par ce que nous appelons le
« destin ». Destin qui prend quelquefois des formes redoutables.
Mais quelque mauvaise grâce
qu'il y mette, il ne peut pas ne pas le réaliser, car l'homme est l'étape
indispensable, le maillon incontournable de cet immense et mystérieux
processus cyclique d'involution de l'esprit dans sa propre création à
travers la matière (phase de Révélation) et d'évolution,
de retour du créé au Créateur, de l'âme à
l'esprit (Ascension ou Assomption).
S'il existe un déterminisme
auquel l'homme ne puisse échapper, c'est bien celui-ci : devenir de plus
en plus libre, détaché de tous les déterminismes, de tous
les conditionnements héréditaires, socio-éducatifs, idéologiques,
mais aussi charnels, matériels et sexuels, pour épouser et retrouver
son identité cosmique, spirituelle, divine, suivant le langage qu'on
préfère.
C'est à dire pour devenir réellement ce qu'il est en puissance
: image et ressemblance de Dieu. « Chaque homme dans sa nuit s'en va vers
sa demeure » disent les Ecritures, reprises par Julien Green dans un de
ses romans. Le thème natal d'une personne, permet de jeter quelque lueur
dans cette nuit et constitue souvent le fanal qui indique la sortie du tunel.
Se libérer, dans
cette optique, n'est par rejeter, nier ou refouler névrotiquement sa
nature instinctive, puisque justement les instincts nous adaptent au courant
de la vie que nous devons assumer. Il s'agit bien plutôt d'assumer et
de maîtriser harmonieusement les conditionnements et contraintes purement
humains inévitables pour les assujettir à nos fins dernières,
spirituelles, dans un long effort et un lent travail d'apprivoisement ou d'autoconstruction
qui n'exclut ni la bonne humeur, ni l'ouverture et la bienveillance aux autres,
ni la disponibilité à la vie affective, sexuelle, sociale et professionnelle,
ni surtout l'humour et la patience attentive à l'égard de soi-même.
Je serais même tenté de dire : « au contraire ».
Tout au long de cet itinéraire qui enchaîne notre destinée
aux innombrables expériences humaines qui l'ont précédée
et qui la suivront, les indications et encouragements ne nous manquent pas.
Les différents grands Maîtres spirituels : Bouddha, Jésus,
Mahomet par exemple, les différentes grandes philosophies et écoles
de sagesse en Inde, en Chine, en Egypte, en Grèce, puis en Occident,
les grandes pensées scientifiques elles-mêmes lorsqu'elles se rattachent
à une vision proprement spirituelle de la connaissance [même si
elles sont rares en notre époque de technologie et d'utilitarisme forcenés
; à ce propos je vous recommande la lecture du dernier livre de Jea-Claude
Guillebaud : « Le principe d'humanité » qui dénonce
ce qu'il appelle la « chosification » de la vie, la perte de la
notion d'humanité dans l'homme, sous les coups de la techno-science]
tous ces courants donc, toutes ces sources vives auxquelles l'âme assoiffée
de connaissance et de sagesse peut se désaltérer, orientent très
efficacement nos cheminements collectifs et individuels. Sauf - ainsi que l'observe
Ramakrishna - « quand l'homme confond Dieu et le chemin pour arriver à
Dieu », c'est à dire quand il devient sectaire ou dogmatique, recroquevillé
sur sa vérité et nie celle de l'autre qui devient alors le diable
à exorciser, l'homme à abattre.
Dieu seul sait quels appétits
de puissance se cachent derrière de si pieuses et farouches convictions
dont l'actualité récente nous donne d'effroyables exemples. Mais
en plus de tous ces moyens, l'Intention Créatrice, celle que les Stoïciens
et les Néo-platoniciens appelaient la Providence (pohoia) dans sa générosité
infinie, a comme le souci de nous éclairer personnellement sur ses attentes
et ses projets à notre égard. Elle nous donne donc, dans une symbolique
évidence, l'image même ou le plan de notre démarche raccordés
à la sienne. Elle nous dévoile le bilan des expériences
ancestrales s'inscrivant en ellipses fulgurantes et en scintillements d'étoiles
dans le ciel qui nous voit naître.
Par le biais de notre carte
du ciel, elle nous indique le schéma symbolique de ce que nous pouvons
attendre de nous-mêmes, et plus encore peut-être, de ce que nous
nous sommes engagés à faire, à expérimenter, à
réaliser et à devenir pour cette étape si courte de notre
passage terrestre. Car, pas plus que je ne considère que la vie s'arrête
à la mort, je ne crois qu'elle commence à la naissance. Je crois
que nous venons de beaucoup plus profond et que nous devons aller bien plus
haut.
Ce cadeau extraordinaire
que la Providence dépose au faîte de notre berceau, c'est notre
Carte du Ciel et tout ce qu'on peut en tirer pour se connaître, s'exprimer
et s'épanouir. Représentatif de notre héritage généalogique,
c'est à dire des schémas de comportement que nous ont légués
tous ceux qui nous ont précédés, donc de nos conditionnements
physiques et biologiques, psychiques et psychologiques, des contenus de notre
inconscient, de notre destinée potentielle, cette Carte du Ciel ou Thème
Natal, indique excellemment les voies et moyens pour aboutir à la réalisation
de soi - du Soi dirait C.G Jung - en fonction des déterminations intérieures
dont nous sommes dotés et que nous devrons rencontrer, élaborer,
expérimenter, enrichir ou corriger suivant le cas.
Et c'est là où il faut bien comprendre le rôle de l'astrologie
dans la conduite d'un itinéraire individuel. Rôle qui peut s'avérer
insurpassable si on veut bien faire l'effort de ne pas céder à
la facilité.
L'astrologie n'est pas un
système de prédictions toutes faites qui ne serviraient qu'à
baliser des événements de toute façon inéluctable
de notre avenir et totalement indépendants de notre volonté.
Elle est essentiellement l'occasion d'une rencontre intérieure où
nous nous dévoilons à nous-mêmes et où nous entrevoyons
notre origine et notre fin, le plan cosmique de notre itinéraire.
C'est pourquoi elle ne peut nous apporter que par rapport à nos centres
d'intérêt et nos efforts personnels. C'est pourquoi elle nous rend,
en intuitions quelquefois éblouissantes sur nous même et sur les
autres, le heures de travail, de méditation, de rumination que nous avons
consacrées à la délicate, patiente et respectueuse approche
des symboles où elle s'exprime.
L'astrologie n'étant
que miroir et révélateur, il est évident que le travail
intellectuel sur une carte du ciel, s'accompagne, s'efface même, derrière
une animation dans notre conscience des contenus de ces symboles universels
- qu'on peut désigner sous le nom d'archétypes - qui y sont déposés
depuis toujours. Ce travail aboutit à une interrogation souvent douloureuse
sur la signification en nous et pour nous, dans le tissu palpitant de notre
vie psychique, affective et spirituelle, de l'ensemble de ces symboles.
Un thème natal n'est
pas un ensemble d'équations abstraites, c'est un réseau de relations
vivantes où pulsent la chaleur de nos émotions, le sang généreux
de nos espoirs, l'acide des déceptions, des rancoeurs, des échecs
; le venin des souvenirs paralysants, des doutes et aussi des illusions.
On ne fait pas d'astrologie
comme on fait de la tapisserie, les doigts s'activant et la tête ailleurs
ou vide. On ne peut pas rester à l'extérieur d'un thème
natal pour l'interpréter - comme le font les ordinateurs qui, en fait
d'interprétation, se contentent de mutilation. Pour entrer dans un thème
il faut s'y identifier, le rejouer, l'accoucher. Comme le musicien pour la musique
ou l'acteur pour le personnage qu'il a à incarner.
L'objet de l'astrologie
n'est pas de faire entrer la personne dans le cadre de définitions toutes
faites et valables une fois pour toutes ou de la dépecer sous les coups
des tests classificateurs de la psychologie clinique ou de la caractérologie
moderne. Encore que ces disciplines puissent être d'une aide précieuse,
mais partielle, pour prêter leur langage à l'astrologie.
Il est, tout au contraire,
de révéler au sujet ce qui n'est valable que pour lui et par lui,
ce en quoi justement il est totalement étranger à toutes les classifications,
les définitions, les sigles et les étiquettes. Ce qui fait son
unité et son identité. Ce que personne d'autre que lui ne peut
vivre ou expérimenter. Il consiste bien à révéler
à l'être « son nom propre » comme le dit de façon
si juste l'astrologue franco-américain Dane Rudhyar.
Vous voyez qu'on est loin
d'une astrologie considérée comme une simple et vulgaire «
mancie » chargée de vous donner la date probable de l'héritage
de la tante Adèle....encore que, dans sa grande générosité,
elle puisse souvent faire cela pour nous, en plus !
Quel est le but de la vie
? Pouvons-nous tenter une réponse ? Tentons là : ne serait-il
pas la rencontre avec soi-même, avec le centre créateur de notre
identité, la redécouverte de nos origines véritables et
du chemin de retour vers la patrie perdue ?
Si nous acceptons cette
réponse, nous pourrions peut-être suggérer que ce but agit
comme par-devers nous, à notre insu, contre nous quelquefois. Il va alors
provoquer toutes les occasions nécessaires à sa prise en compte
et à sa révélation. Plus l'aveuglement de l'être
par rapport à lui-même est profond, plus cette « révélation
» va se manifester dans ce que nous appelons fort naïvement «
les événements », ou le « hasard », ou encore
le « destin » ou la « fatalité ».
Et je ne résiste pas à l'envie de vous donner quelques citations
qui éclairent parfaitement ce que j'essaie de vous faire sentir dans
mes dernières phrases :
La première citation est dûe au penseur Arthur Addington, philosophe
des sciences :
« Les événements » - nous dit-il - « ne nous
arrivent pas, ils sont déjà là et nous les rencontrons
sur notre passage ».
A quoi le philosophe Jacques Rivière ajoute :
« A chacun arrive, non pas ce qu'il mérite, mais ce qui lui ressemble.
Même l'imprévu le plus abrupt, il se découvre à la
fin qu'il tenait à l'avance par quelque endroit à notre âme
et qu'elle l'appelait. Les événements nous sont donnés
heureux ou malheureux, non pas suivant ce que nous valons, mais suivant ce que
nous sommes ».
Et le dernier, Robert Aron, dans un merveilleux petit ouvrage (sans doute introuvable
aujourd'hui) intitulé « Ce que je crois » (Grasset 1955)
résume la situation de l'homme face à sa destinée de façon
encore plus explicite :
« C'est un des faits les plus bouleversants et les plus mystérieux
à constater que la façon dont chaque homme fait lui-même
sa destinée, est l'artisan de son destin.
On dirait que l'homme est une sorte d'aimant autour de qui les événements
se rassemblent et s'ordonnent pour constituer son destin, comme font les grains
de limaille de fer au sein d'un champ magnétique. On dirait que l'homme
influence autour de lui non seulement les enchaînements de faits qui,
logiquement, dépendent de lui, mais aussi les hasards qui, logiquement,
sont indépendants de lui. Pouvoir mystérieux et certain que chacun
de nous constate pour lui-même, s'il est lucide, et que des existences
exceptionnelles permettent de manifester à tous. »
Cela signifie que - pour
une très large part - nous structurons l'expérience que nous entretenons
avec le monde, avec les autres et plus encore avec nous même, en fonction
de ce que nous portons en nous à notre insu. Ainsi, nous provoquons,
nous suscitons ou nous sélectionnons, de manière obscure mais
efficace, ce qui nous arrive pour nous révéler à nous même,
pour nous connaître et pour évoluer. (on pourrait mettre ici la
citation de Robert Aron)
Par conséquent il
faut inverser la proposition communément admise pour trouver la voie
de la responsabilité et de l'authentique liberté : notre vie n'est
pas la conséquence (pas totalement en tout cas) des événements
inévitables ou imprévisibles que nous sommes forcés de
traverser, mais au contraire, c'est notre vie intérieure qui détermine,
pour une bonne part, ces événements extérieurs par lesquels
elle nous fait signe. Par exemple la consultation nous a souvent démontré
que celui qui porte la violence en lui - fût-il doux comme un mouton en
apparence - rencontre souvent sa violence sous forme d'événement.
L'expérience extérieure est malheureusement le moyen le plus courant,
le plus commun, mais aussi le plus brutal, de nous révéler à
nous même.
Mais, Dieu merci, il en existe un autre beaucoup plus créatif et tout
aussi efficace : c'est celui de la découverte de soi et de son itinéraire
de vie, à travers l'étude bien comprise de son Thème Natal.
Etude d'abord statique,
celle du bilan qui constitue le point de départ de notre identité
lorsqu'elle vient au monde. Ensuite étude dynamique qui va déterminer,
recenser, ce qu'elle doit et peut faire ou devenir par la prise en compte de
ce quelle a à corriger, surveiller, améliorer, intégrer
et maîtriser et qu'elle porte déjà en elle. Mais aussi bien
sûr, vision projective de tout ce que les moyens d'expression latents
lui ouvrent de possibilités de réalisation, création, développement,
épanouissement, quelquefois exemplaires.
Cette étude dynamique
n'est plus « prédiction » contraignante, mais « prévision
» libératrice par l'étude des cycles et des rythmes qui
organisent la courbe de notre existence, de nos expériences et que nous
devons connaître dans la perspective de notre accomplissement.
Dans cette optique, l'astrologie
devient la discipline idéale pour corriger la démarche infantile
qui consiste à courir toutes les extra lucides de France et de Navarre
à la recherche de prédiction « stupéfiantes »
et « miraculeuses ».
La conscience de soi, la
lucidité, la volonté et la responsabilité sont au cœur
d'une existence humaine authentique et sont donc aussi au cœur d'une pratique
bien comprise de l'astrologie, car cette discipline n'est rien d'autre que le
livret et la partition où s'inscrit le grand drame cosmique de la vie
dans lequel chacun doit jouer sa partition.
La Carte du Ciel est le
miroir des rapports que nous entretenons avec la Vie. Un mauvais aspect, un
mauvais transit, c'est encore une partie de nous pour qui le temps est venu
de s'affronter à elle-même, de mourir à elle-même
quelquefois, pour mieux répondre aux objectifs que la Providence a sur
nous et qui ont présidé à notre venue au monde. Nous sommes
donc largement - mais souvent inconsciemment - responsables de ce qui nous arrive
ou plutôt de ce à quoi nous arrivons ou aboutissons, car nous l'avons
inconsciemment mais inéluctablement élaboré, entretenu
et encouragé tout au long de la fausse délibération que
nous avons engagée avec nous même, au moyen des petits et grands
mensonges, des illusions fallacieuses et des fuites discrètes que nous
inventons pour échapper aux réalités intérieures
qui ne nous plaisent pas. Jung nous affirme que « il est souvent tragique
de voir la façon dont un homme gâche sa vie et celles de autres,
sans pour autant se douter un seul instant que toute la tragédie vient
de lui, qu'il ne cesse de l'alimenter et de l'entretenir ».
Se méconnaître,
c'est laisser le poids des anciennes déterminations décider et
agir pour nous et en nous. C'est obéir tout naturellement à la
partie la plus contraignante de notre nature instinctive, déformée
par l'imagination et les désirs vains. C'est laisser nos motivations
inconscientes mener la barque jusqu'à l'écueil qui la fera immanquablement
chavirer pour une nouvelle noyade psychologique, affective, sociale ou spirituelle.
Etudier l'astrologie, travailler
sur des cartes du ciel, et surtout sur la sienne propre, c'est travailler d'abord
et avant tout sur soi. C'est obéir à la responsabilité
essentielle que nous avons envers nous même et envers l'existence. c'est
descendre au fond de ce qui en nous est le plus opaque pour un apporter un peu
de lumière. C'est fuir les illusions que nous entretenions sur nous même,
c'est détruire peu à peu le masque que nous nous collions à
la face pour faire bonne figure devant les autres, et enfin rencontrer notre
vérité intérieure qui nous effraie tant quelquefois.
Mais c'est aussi découvrir
toutes les richesses accumulées qui ne demandaient qu'à fructifier,
une fois les peurs, les angoisses, les rancoeurs et les frustrations dissoutes
par l'effort d'élucidation mené à bonne fin ; avec conscience,
confiance et patience. L'astrologie devient alors un outil authentique et particulièrement
efficace sur le chemin de ce que les junguiens appelleraient l'individuation
; et cet outil appliqué à nous même, nous devons nous efforcer
de le maîtriser pour nous même et, à tout le moins, ne pas
l'abandonner aux mains de la première liseuse ou du premier liseur de
marc de café venus.
On comprend alors, dans
cette optique illuminatrice et transformatrice de l'astrologie, comment son
véritable rôle prévisionnel peut se déployer.
La Carte du Ciel devient
alors une sorte de plan de navigation pour l'âme qui veut accéder
à plus de lumière ou de sagesse. De même qu'une carte marine,
elle nous indique parfaitement les écueils et les passages, les havres
protecteurs et les lieux de croisière dangereux. Elle nous indique aussi
le temps ! Le temps des tempêtes dévastatrices et celui où
la voile se gonfle au vent du succès ou de la réussite; celui
où il faut absolument jeter l'ancre et fermer les écoutilles,
et celui où sortir toute la toile, envoyer le couleurs....
Qu'y-a-t'il de « fatal
» ou de « déterminé » dans tout cela ?
L'état du bateau,
la conscience professionnelle du pilote et la bonne connaissance des lois de
la navigation. Le tout en fonction de la réussite de ce grand voyage
que nous entreprenons vers le centre de nous même en communion avec le
centre de toute chose et que j'appelle « itinéraire individuel
».
Et notre tâche, celle
que nous ne pouvons abdiquer entre les mains de quiconque, est justement de
piloter : c'est à dire orienter et maîtriser notre navigation en
fonction des buts judicieusement choisis mais aussi des paramètres qui
nous échappent et qu'il nous faut accepter.
Rien n'est plus contraire au véritable esprit de l'astrologie, me semble-t-il,
rien n'est plus affligeant pour un consultant, que de lui traduire un mouvement
quelconque du ciel affectant son thème - transit, progression, révolution
solaire ou autre - en événements déterminés et inéluctables
; même si la possibilité de tels événements doit
elle aussi être examinée.
D'abord parce que chacun
des symboles (planétaires et autres) du Thème, pouvant et devant
s'exprimer à des niveaux de conscience différents et hiérarchisés,
il peut et doit exprimer des expériences très différentes
dans la vie de la personne, mais analogiques sur le plan de la « tonalité
» essentielle : heureux ou malheureux, constructeur ou destructeur, éprouvant
ou réalisateur, etc.
Ensuite parce que le tissu
événementiel d'une vie ne surgit pas du vide et du néant,
mais il est comme enfanté par et solidaire de tout le vécu qui
a précédé. Et la réponse que nous allons donner
à chacun des événements, à chacune des expériences
de notre vie, tout en étant liée aux orientations déjà
installées par le passé, doit avoir un effet auto correcteur,
auto constructeur pour les expériences suivantes. C'est le sens même
d'une vie lucide et responsable. L'astrologue doit alors permettre à
son consultant de trouver, au moment de leur rencontre, ce que la configuration
de son Ciel de naissance signifie pour lui, en lui, pour une période
donnée dans l'itinéraire général de son évolution.
Pour prendre un exemple
concret, le même rapport de Jupiter sur Vénus peut se traduire
par un courant extrêmement positif sur le plan affectif pour untel, matériel
ou professionnel pour l'autre, et purement artistique ou spirituel pour le troisième.
De plus, ces trois possibilités peuvent se concrétiser successivement
chez le même individu à différentes époques de sa
vie, pour peu qu'il veuille bien s'abandonner à des types d'expériences
de plus en plus ouverts sur les richesses qu'il porte en lui même.
Enfin, les expériences
et les événements d'une vie, sont déterminés par
cette intention spécifique de la Providence qui a présidé
à la venue dans ce monde et que l'astrologue doit s'efforcer - dans la
limite de ses moyens - de rendre consciente pour son consultant et avec son
consultant.
Nous comprenons alors combien l'étude de l'astrologie peut servir à
nos fins les plus hautes dans le souci de la responsabilité que nous
devons accepter à l'égard de nous même concernant la réussite
de notre vie. Responsabilité que nous ne pouvons laisser à personne
d'autre - gourou, maître spirituel, homme providentiel....astrologue -
le soin d'assumer.
Nous faire aider et conseiller,
oui. Nous faire assumer en transférant le centre de décision chez
l'autre, aussi bien intentionné soit-il (et il ne l'est pas toujours)
c'est inacceptable. Nous avons la même responsabilité dans l'accomplissement
de notre vie spirituelle, morale, voire dans la bonne utilisation de nos moyens
psychologiques et mentaux, que dans la direction de notre vie sociale, conjugale,
professionnelle ou physique.
Il n'y a pas de Sécurité
Sociale de l'âme qui puisse nous affranchir des conséquences de
toutes les sottises que nous faisons, comme il y en a dans le domaine de l'hygiène
et de la santé où nous faisons supporter par l'ensemble de la
collectivité le coût de nos laisser-aller : alcool, tabac, drogue,
vagabondage sexuel, et j'en passe. Il n'y a aucune possible de prise en charge
du côté de l'âme.
Il n'y a aucune assurance
« tous risques » dans le domaine de l'Esprit, comparable à
celle qui nous permet de décimer toute une famille sur une route de vacances
parce que nous avons voulu épater la galerie ou que nous n'avons su refuser
le verre de trop.
D'autant que nous ne sommes ni désarmés, ni démunis, ni
aveugles pour accomplir le voyage de notre vie.
Nous avons un moyen extraordinaire
qui balise admirablement la somme d'expériences, de transformations intérieures,
de morts et de renaissances qu'il nous faudra savoir accepter pour naître
et renaître vraiment à nous même et à la vie. Pour
savoir aussi quels sont les moyens à mettre en oeuvre, les domaines dans
lesquels nous pouvons le mieux nous exprimer et réussir notre vie terrestre
et matérielle.
Ce moyen admirable, c'est
l'astrologie qui n'exige rien d'autre qu'un peu de sincérité,
de confiance, de persévérance et de rigueur ...quelques connaissances
et une solide intuition en plus.
La seule chose à
faire est avant tout d'accepter ce travail que nul autre ne peut accomplir pour
nous. Les moyens nécessaires nous sont toujours donnés par surcroît,
car l'astrologie a ceci d'inestimable qu'elle nous enrichit plus par le travail
qu'elle exige que par les réponses pratiques qu'elle arrive très
souvent à nous donner.
Ce parcours, cette découverte il vous est possible de les vivre avec
moi, si vous le souhaitez. Tel « l'Aurige » (conducteur de char)
qui sert d'emblème à notre centre de recherches et de formation,
je vous guiderai du mieux possible sur la voie de cet itinéraire qu'il
ne tient qu'à vous de parcourir.
Louis SAINT MARTIN
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