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et Libre-Arbitre
Libre-Arbitre et Astrologie : un « couple »
impossible ?
(Article paru en 3 parties
dans les N° 51 - 52 - 53 de la revue "URANIA-magazine" 3, square
de Terre-Neuve 35200 RENNES)
Introduction.
On ne peut aborder une question aussi
essentielle, non seulement à la pensée astrologique, mais à
la pensée tout court, sans commencer par faire référence
à la façon dont le problème de la liberté (et surtout
du libre-arbitre qui conditionne la liberté véritable) a été
résolu ou non par les siècles qui nous ont précédés.
En effet la question du « libre-arbitre » a fait l'objet d'un long
débat où se sont exprimés philosophes et théologiens
du XIVème au XVIIIème siècle. Débat ranimé
au XXème siècle par l'apparition des idéologies et des
totalitarismes actifs et meurtriers ou larvés et asphyxiants.
Donc dans la première partie de cette réflexion nous esquisserons
quelques solutions proposées par l'histoire de la pensée ; dans
la seconde nous essaierons de définir quelles sont la nature de la liberté
et du libre-arbitre et dans la troisième nous réfléchirons
sur les rapports que ces deux concepts peuvent entretenir avec une vision de
la destinée qui semble, a-priori, tellement frappée de déterminisme.
Je veux parler, comme vous l'avez compris, de l'expérience astrologique.
1.
Esquisse de quelques repères historiques.
Pour Thomas d'Aquin, qui
développe la pensée d'Aristote et l'amène à son
point de perfection logique, les animaux agissent par instinct, l'être
humain d'après un jugement. Ce jugement possède les possibilités
du libre-arbitre,(que je définirai plus avant) sinon il ne pourrait se
conformer aux préceptes énoncés par Dieu. Dieu ne peut
être déterminé par qui que ce soit d'autre que par Son propre
Etre, Il est donc liberté absolue, et, d'une certaine façon, nous
sommes nous-mêmes configurés à Sa liberté puisque
créés « à Sa ressemblance et à Son image ».
Le libre-arbitre en l'homme repose donc sur l'intelligence et la volonté
qui jouent librement parce-que totalement indépendants des sens (c'est
à dire non conditionnés par eux).
Descartes (21/03/1596-16.00 région de Tours et A/K/N/C/P/D en a !!!)
n'est pas très éloigné de l'Aquinate puisqu'il réconcilie
la toute puissance divine et la liberté humaine : l'homme dispose d'une
liberté infinie par laquelle il porte « l'image et la ressemblance
de Dieu ». C'est du bon usage du libre-arbitre « que vient le plus
grand et le plus solide contentement de la vie ». Comme quoi Descartes,
s'il est le bâtisseur de la philosophie moderne, est avant tout l'héritier
de la philosophie classique. C'est pourquoi la Maison VIII (héritages)
en Bélier (élan nouveau) est si importante dans son thème
?
Avant lui, Erasme (?) et Luther (10/11/1483-23.30-Weimar : F/L/D/A h) s'opposent
fortement sur ce thème (il est vrai que nous sommes en pleine guerre
de religions) car, si selon Erasme, l'homme est doté du libre-arbitre,
qui est « la force de la volonté humaine, grâce à
laquelle l'homme peut s'attacher aux choses qui conduisent au salut éternel,
ou s'en détourner » Luther, au contraire, considère que
« le libre-arbitre n'appartient qu'à Dieu » et que de plus,
à la naissance, les jeux sont déjà faits quoi que nous
puissions décider ou faire. On ne pouvait attendre plus d'optimisme de
la part d'un Scorpion saturnisé, il est vrai....
Après Descartes, nous rencontrons Spinoza (A/L culminants en i) le rationaliste
absolu qui rejette l'idée même de libre-arbitre. Il estime que
« la volonté ne peut être appelée cause libre, mais
seulement cause nécessaire ». C'est à dire que la volonté,
pour pouvoir s'exercer, nécessite une « cause » dont elle
dépend. Mais en fait, selon lui, « les hommes se trompent en ce
qu'ils pensent être libres » parce que justement ils ignorent les
causes qui les poussent à agir.
Vous voyez que Spinoza aurait pu faire un excellent astrologue déterministe
ou même « karmique » puisque, par essence, le karma nous est
inconnu....sauf si un gourou ou un(e) astrologue inspiré(e) veulent bien
nous le révéler en analysant notre thème. Doux Jésus
!
Au siècle suivant la réflexion sera enrichie de deux apports majeurs
: celui de Hume (le sceptique moderne) et celui de Kant (criticiste et idéaliste
philosophique). Positions aussi opposées que celles d'Erasme et de Luther,
trois siècles plus tôt.
La philosophie, écrit Hume ( ?) ne nous donne aucune réponse certaine
à nos questions essentielle. Elle doute de tout et doute de son propre
doute. Mais il est impossible d'échapper à ces questions, à
moins de vivre une existence de brute. Nous avons besoin de réponses,
même provisoires. Or, parmi les guides se proposant à nous - (il
en distingue essentiellement trois : la religion, la raison exaltée et
la raison sceptique (la sienne !) - il faut choisir cette dernière (forcément
!). Son incertitude même la recommande, car de ses réponses, au
moins, nous sommes sûrs de pouvoir revenir. Et puis, autre avantage inestimable
(pour lui en tout cas) : les erreurs de la philosophie sont rarement dangereuses,
n'étant le plus souvent que ridicules.
On se demande alors, pourquoi entreprendre quelque réflexion que ce soit,
si, au bout du compte, ne nous attendent que la quasi certitude du « ridicule
» et de « l'erreur ». Bref.
Kant (22/04/1724-03.00-Koenigsberg - A/b oppo N/R- N/R trig Asc k - O b carr
Asc k) a une tout autre vision des choses, qui pense la liberté comme
« autonomie ».
L'autonomie est l'aptitude humaine à respecter des principes (N) moraux
dictés par la raison (pure bien-sûr : N/R obligent !) et la volonté
personnelle (A opp N en b/h). Le respect de la loi morale est donc le signe
par excellence de l'existence de la liberté humaine . Etant entendu que
les critères de fonctionnement de la raison sont « universels »,
c'est à dire insensibles aux conditions concrètes de notre existence
et de notre personnalité singulière.
2.
De quelle liberté s'agit-il en fait ?
Nul d'entre nous n'accepte l'idée
de vivre dans la contrainte. Est-ce à dire que tous les hommes aiment
la liberté ? Certainement pas, répondra le pessimiste, qui nous
donnera maints exemples de la façon dont nos semblables s'accommodent
de situations aliénantes, ou purement passives et complaisantes.
Mais l'asservissement aux puissants, aux autorités auto-proclamées,
à quelque meneur habile ou exalté se réfère à
une liberté autre que celle dont tout homme ressent cruellement la privation
: l'absence de contraintes et l'accord avec soi-même.
On peut qualifier cette liberté de « factuelle ». Non qu'elle
soit toujours présente dans les faits mais parce qu'elle n'implique aucune
vision d'un idéal humain quelconque : la liberté factuelle n'est
pas encore l'autonomie (étymologiquement : se donner sa propre loi).
« L'autonomie » nous dit Marc Neuberg penseur et chercheur contemporain,
spécialiste des questions liées à la responsabilité
« c'est la promesse de toute philosophie. Le souhait des philosophes de
la tradition rationaliste (platoniciens, stoïciens, kantiens) est de prouver
qu'un être rationnel qui prise la liberté désire aussi l'autonomie,
qu'un homme qui se contente de liberté factuelle est, soit en contradiction
avec lui-même, soit dans l'ignorance de sa véritable nature ».
Mais cette position rationaliste « est une pure illusion ! » répondent
sceptiques et empiristes. Nous verrons pourquoi. « La liberté factuelle
» - ajoutent-ils - « manque peut-être de grandeur mais on
ne peut la rejeter comme incomplète et superficielle car il n'y en a
pas d'autre ! ».
Le premier élément de la liberté factuelle est la liberté
de l'action : pouvoir faire ce que l'on veut sans en être empêché
par la volonté d'autrui . Bien-sûr, ce genre de définition
étant impossible à appliquer absolument dans l'état de
société (du moins quand elle est civilisée) amène
l'inévitable problème de la liberté politique : dans quelle
mesure et selon quels critères est-il légitime de contrecarrer
les volontés des individus. Je vous renvoie aux bavardages politiques
actuels, ils sont pleins de cette question à propos « d'incivilités
» « d'insécurité » de « droits-de-l'homme
» et autres circonlocutions intellectuelles (j'ai employé le mot
circonlocutions pour rester poli, mais il ne traduit pas ma pensée véritable)
Il est évident que le concept
commun de liberté ne se limite pas à cet aspect horizontal de
liberté factuelle. Car, en effet, il nous arrive de ne pas être
empêché de faire des choses que - de nous mêmes - nous aurions
préféré ne pas faire. C'est ce qui se passe lorsque nous
commettons volontairement un acte que nous jugeons contestable ou méprisable
et dont nous ne sommes pas fiers . Etrange contradiction. Qui signifie tout
simplement que nous ne pouvons pas séparer l'acte libre et factuel d'un
certain sens des valeurs. Humaines, spirituelles, morales, esthétiques.
Il apparaît alors que l'homme est sensible à un second aspect de
la liberté : la liberté de la volonté (et non plus seulement
de l'agir). C'est à dire de l'accord de la volonté avec elle-même,
l'état de celui qui voulant telle chose, acquiesce à ce vouloir
au lieu d'en ressentir de la honte ou du remords.
La liberté factuelle véritable résiderait donc dans un
double-accord : accord de l'acte avec la volonté, accord de la volonté
avec elle-même. La réflexion philosophique a pour rôle d'éprouver
la consistance interne et la cohérence de ce concept de liberté
avec notre savoir sur l'homme, la nature...le ciel (celui des astrologues bien-sûr)
et elle lui a donné plusieurs réponses qu'il est difficile de
détailler toutes ici même si nous sommes amenés à
les évoquer.
D'ailleurs, s'engager sur le chemin de ces cogitations philosophiques, c'est
courir le risque de se voir démontrer que la liberté que l'on
croyait posséder n'est qu'illusion. Ou bien s'entendre dire que si nous
sommes effectivement libres, ce n'est pas - ou pas seulement - pour les raisons
que nous croyons.
2.1. Le libre-arbitre.
Cette deuxième position (qui
s'oppose à la simple liberté factuelle et qui dépasse l'autonomie
de la raison) est celle des partisans du libre-arbitre . « Vous vous croyez
libres » nous disent-ils « quand vous agissez selon votre vouloir
et en acquiesçant à ce que vous voulez. Or vous n'êtes libres
que si votre vouloir lui-même l'est aussi ».
Soit un couple dont chacun des deux partenaires considère qu'il a choisi
librement l'autre. Le choix était-il vraiment aussi libre qu'on le pense
? Représente-t-il cet accord du vouloir avec lui-même dont se revendique
le partisan du libre-arbitre ?
Ses adversaires affirmeront que les deux conjoints ont été poussés
à se marier par tout un arsenal de raisons, de sentiments et de désirs
qui conditionnent un consentement qui ne peut être autre...que le choix
de l'un par l'autre. Et vice-versa.
Donc, à leurs yeux, ils ne sont plus libres sur le plan de leurs motifs
et raisons d'agir, mais déterminés par leurs propres désirs.
Que leur répondre ?
Pour maintenir malgré tout la liberté de ce choix (non imposé
par quelque donnée intérieure ou extérieure que ce soit)
il va nous falloir admettre, contre ces adversaires, que la volonté n'est
pas la résultante d'un ensemble d'éléments qui lui sont
extérieurs et nous inclinant vers un tel choix ; mieux, il nous faut
affirmer que celui-ci procède, en dernier ressort de l'acte d'une volonté
qui se place au-dessus de nos raisons d'agir, motifs, désirs et autres
penchants.
L'objection classique à cette idée de « libre-arbitre »
(des choix et une volonté totalement indépendants de motifs quelconques)
est qu'elle est absurde (c'est à dire : sans raison au sens fort), car
nous ne pouvons concevoir un choix radicalement indéterminé.
Objection délicate. Mais est-elle
recevable ?
Oui et non comme j'espère le démontrer dans la suite de cette
réflexion.
Car, que la liberté contredise la raison ne constitue pas, pour les partisans
du « libre-arbitre » (dont je suis, bien évidemment) un argument
contre la liberté mais nous montre simplement les limites de la raison.
Position philosophique difficile que celle du « libre-arbitre »
qui a son point faible si voulons absolument nier quelque cause transcendante,
comme le font les rationalistes conséquents. Ce que nous ne sommes pas
puisque nous sommes astrologues et que nous avons une conception beaucoup plus
ouverte de la raison et de ses possibilités.
D'autant plus que les dits partisans
du libre-arbitre ne prétendent aucunement au statut « d'inspirés
», car nous ne serions plus dans en philosophie mais en mystique. Pire
car ils affirment : « La notion de libre-arbitre a beau être incompréhensible
en apparence, nous y sommes cependant conduits par la raison elle-même
dès que nous voulons justifier notre croyance commune en la liberté
de nos choix ». Voilà qu'ils retournent la raison contre les rationalistes.
Quel culot. Nous y reviendrons.
L'amusant c'est que cette affirmation
semble alors conduire tout droit à une sorte d'idiotie morale généralisée.
En effet, être incapable d'expliquer pourquoi, en fin de compte, on a
agi ainsi et pas autrement, c'est idiotie morale. Et c'est pourtant ce qui paraît
s'imposer si nous partons de l'hypothèse d'une volonté non causée
(c'est à dire entièrement libre de ses choix, indépendante
des motifs affectifs, objectifs, émotionnels, matériels et sensibles)
car la conséquence directe en est que fondamentalement, nos choix deviennent
inexplicables.
Certes nous croyons agir et prendre des décisions pour des raisons estimées
les meilleures et nous pensons que ces raisons expliquent nos actions et fondent
notre responsabilité. Cela c'est la partie rationnelle de l'iceberg.
Cependant, la thèse du libre-arbitre implique que cela n'est jamais l'explication
ultime. Qu'il n'y a pas d'explication ultime. Qu'en fait, le choix libre est
synonyme de choix inexplicable. Ce qui nous rend incompréhensible à
nous-même et aux autres.
Mais, qui peut bien croire à cette idiotie morale généralisée,
infirmée par chacun de nos actes, chacune de nos pensées et par
l'ensemble des échanges humaines à l'intérieur de la culture
ou de la civilisation ?
« Nous voilà au rouet ! » comme dirait la belle marquise
de Sévigné.
Alors, au terme de cette première
étape de la réflexion, certains esprits chagrins pourront conclure
de cette façon :
a) notre croyance à la liberté conçue de manière
un peu plus rehaussée que simplement factuelle (j'agis ainsi parce que
rien ne m'empêche d'agir autrement et parce que j'en ai envie), présuppose
le libre-arbitre
b) or, le libre-arbitre est une chimère
c) donc notre liberté est elle-même chimérique.
CQFD.
En quoi ces pessimistes, outre qu'ils ruinent tout effort de réflexion
et s'enferment dans ce nihilisme si propre à la pensée moderne,
s'enferment aussi dans un piège redoutable. Car ils admettent implicitement
- si on les lit bien - que la liberté est inconcevable sans libre-arbitre
et le pose comme condition incontournable de la dite liberté. Tel est
pris qui croyait prendre.
2.2. Liberté
de l'action.
Piège que les « empiristes
» (Voltaire, Hume et consorts) pensent éviter par les réponses
simplistes et grossières qui les caractérisent généralement
et qui font tomber la définition de la liberté un peu plus bas
encore.
Après avoir renoncé au libre-arbitre ils vont qualifier la liberté
factuelle, non plus simplement la liberté d'être en accord avec
nos désirs et nos motivations intérieures (en renonçant
à une « cause » plus relevée, indépendante
de nos satisfactions personnelles) mais : de simple liberté d'agir. Je
m'explique.
Si deux personnes se choisissent l'une l'autre pour former un couple (ex. précédent),
leur consentement est libre...... parce que personne ne les en empêche
ou - inversement - personne ne les y contraint !
Il fallait y penser. Et Voltaire, dans son article « liberté »
du « Dictionnaire philosophique » rapportant le dialogue entre un
empiriste (esprit éclairé comme il se doit) et un philosophe empêtré
de théologie et de métaphysique, fait dire à ce dernier
que si la liberté est uniquement le pouvoir de « faire »,
alors il n'y a plus de différence entre la liberté de l'homme
et celle du chien qui peut courir après un lapin s'il n'est pas blessé
aux pattes ou s'il n'est pas attaché ! Or, lui le théologico-métaphysicien,
« a une âme qui raisonne beaucoup et (...) son chien ne raisonne
guère. Il n'a presque que des idées simples et moi j'ai mille
idées métaphysiques ».
Ce qui ne démontera pas l'empiriste qui sait bien que l'homme a des ressources
intellectuelles infiniment supérieures à celles de l'animal qui
lui permettent de gouverner ses appétits, mais, la différence
de degré entre la liberté de l'animal et celle de l'homme pour
très réelle qu'elle soit, ne s'accompagne pas d'une différence
d'essence où l'homme échapperait radicalement à la nature
. Même l'homme le plus sage ne saurait agir hors nature, d'où il
suit que l'empiriste voltairien répond au métaphysicien : «
Eh bien ! vous êtes mille fois plus libre que lui [le chien] : c'est à
dire que vous avez mille fois plus de pouvoir de penser que lui ; mais vous
n'êtes pas libre autrement que lui ».
Une différence « quantitative » bien vulgaire, mais aucune
différence « qualitative ». On croirait assister à
la controverse entre un « scientifique » lambda et un « astrologue
».
Cela vous surprend et vous choque ? Mais quand vous lisez sous la plume de Robert
Changeux que l'homme est entièrement conditionné par ses neurones,
vous n'êtes pas très loin de la vulgarité empiriste issue
du matérialisme étroit qui nous étouffe depuis ce triste
« siècle des chandelles ». Changeux pourrait répondre
: « certes le cerveau de l'homme a mille fois plus de neurones que l'animal
donc il est plus libre, mais il n'a pas de neurones essentiellement différents
! » ou quelque chose d'approchant.
Il est évident (pour moi...et
quelques autres) que Voltaire et l'empirisme classique ont tort. La liberté
de l'homme ne se limite pas à une liberté d'action, étroite
ou élargie, car l'homme n'évalue pas le monde seulement en fonction
de ses désirs et ces désirs en fonction de leur possibilité
de réalisation dans le monde. Il évalue aussi ses désirs
en fonction de valeurs auxquelles il adhère. Ce que ne fait pas l'animal
(à ma connaissance). Notion qui n'est pas prise en compte par la notion
de liberté de l'action car, je l'ai déjà écrit,
on peut être libre de faire une chose avec laquelle on est intérieurement
en désaccord.
La liberté de l'action n'est pas le tout de la liberté humaine
qui est aussi liberté de la volonté. Même si elle n'est
pas également répartie chez chacun d'entre nous au départ.
Mais que faire si nous constatons que nous connaissons assez peu d'athlètes
de la volonté ? Sacré coup porté à l'égalitarisme
contemporain, b-a=ba de cette pensée officielle qui nous étouffe.
2.3. De la confusion
entre « liberté » et « indépendance ».
Remarquons - diront certains - que
le concept de liberté d'action, de liberté factuelle, pour important
qu'il soit, est tout à fait compatible avec une vie médiocre.
Ainsi, un opportuniste, un conformiste, un adaptatif extrême et servile,
pourront vivre aussi heureux dans leur monde, qu'un héros moral, qu'un
champion de la liberté tout azimut dans le leur.
La remarque, pour pertinente qu'elle soit, ne constitue pas une objection recevable
philosophiquement.
Pourquoi ? Parce que le concept de liberté factuelle ne définit
pas un idéal humain ou une réalité essentielle, mais l'une
des choses nécessaires à l'homme pour être heureux. Et,
s'il y a des « imbéciles heureux » il y a aussi des personnes
se sentant libres tout en n'étant pas autonomes...ou indépendantes.
Car la confusion est fréquente entre le concept commun d'autonomie et
le concept d'idéal d'autonomie conçu par la réflexion philosophique
et morale. C'est pourquoi, personnellement, je préfère désigner
le concept commun par le concept d'indépendance.
J'entends par là que notre besoin d'indépendance - décider
de sa vie par soi-même, ne pas subir la tutelle d'une autorisé
parentale, politique ou religieuse, mépriser certaines lois, rejeter
certaines contraintes - n'excède pas ce que nous nommions plus haut,
la liberté factuelle. Car nous sommes toujours dans l'ordre de l'agir
ou du faire.
Il s'agit de désirer et de ne pas être contraint d'agir contrairement
à ce que l'on estime désirable. Un « chouté »
désirera acquérir l'indépendance nécessaire (par
tous les moyens à sa portée) pour satisfaire son désir.
Mais sera-t-il libre ? J'en doute, car au moment même où il se
« choute » nous savons qu'il n'est plus libre et qu'il entre progressivement
dans une prison (Maison XII) dont il aura bien du mal à se libérer
un jour. S'il y parvient autrement qu'à travers une overdose...Ainsi,
réaliser cette plate autonomie ou cette indépendance ne dit strictement
rien sur la nature morale ou ontologique de l'individu, car elle est tout à
fait compatible avec une vie égoïste ou avec une vie sans liberté
réelle.
De plus elle est parfaitement illusoire en définitive car on ne se dégage
jamais totalement des conditions existentielles qui nous ont fait pour une large
part ce que nous sommes. Que nous nous adaptions ou que nous nous révoltions,
c'est tout un : nous réagissons à un état donné
dont nous sommes solidaires.
Or, c'est de cette nature essentiellement libre (ce qu'on en fait après
est un autre problème) dont il était question avec la notion de
« libre-arbitre » qui seule intéresse vraiment l'astrologue
qui se demande, en observant l'indissociable harmonie qui s'établit entre
un homme et son thème, s'il doit ou non rejeter la possibilité
d'un « libre-arbitre » quelconque.
Mais - diront certains - il ne faut
pas s'arrêter à cet usage plat du concept d'autonomie (que vous
appelez indépendance) il faut aller plus loin et comprendre que l'autonomie
consiste à vivre selon ce que la raison dit vrai. L'autonomie - en son
sens philosophique cette fois-ci - rejoint l'auto-nomie (comme je le faisais
remarquer plus haut) c'est à dire la capacité de se fixer à
soi-même sa propre loi, sur la base de critères rationnels.
Réponse ambiguë. Qui est celle de Kant, par exemple.
Voyons d'abord le bon côté de la réponse rationaliste.
Obéissant à la raison, celui dont la vie verrait les lois s'effondrer
les unes après les autres (c'est un peu notre cas actuellement) leur
obéirait quand même par conviction réfléchie en obéissant
à la raison. Il s'y conformerait dans la mesure où il estimerait
que les conduites prescrites sont justes et rationnelles en soi. Ce concept
de l'autonomie joue un rôle fondamental dans la morale de Kant comme le
savent la plupart d'entre vous ayant fait « Terminale Philo ». Le
sujet autonome, confronté à un problème pratique, suivra
une règle d'action absolument désintéressée, se
guidant d'après ce qui est juste en soi, c'est à dire pour une
communauté d'êtres purement rationnels (c'est la phase k dans le
cheminement du zodiaque et ce n'est pas pour rien que Kant à un Asc k
trig. N/R).
Mais voilà : l'être
humain n'est pas un pur esprit. Quel avantage tirerait-il donc d'agir selon
le « rationnel » en soi, indépendamment de toute fin empirique
de vivre, à la limite, comme si le monde n'existait pas ? demande le
diablotin qui accompagne tout puritain (comme Kant).
Nous retombons alors dans l'opposé polaire du rationalisme pur et dur,
c'est à dire dans l'empirisme, voire dans l'utilitarisme qui nous disent
que l'unique chose certaine est l'existence de nos impressions ou affections,
par ailleurs incommunicables. Dès lors la seule règle de vie rationnellement
défendable (il faudrait écrire raisonnablement plutôt que
rationnellement) consiste à suivre notre nature animale, qui, d'elle
même cherche le plaisir et fuit la douleur. On aboutit à un sensualisme
extrême, recherchant ou accueillant le plaisir en quelque sorte par principe
philosophique et conviction rationnelle !!!
La vie d'un homme qui se gouvernerait sur ces principes ne serait donc pas plus
affectée par la disparition des lois que celle du stoïcien ou du
rationaliste pur et dur, puisqu'il vivait déjà dans l'indifférence
aux lois. Et cela, non par simple égoïsme individuel, dira-t-il
fort logiquement, mais par souci d'autonomie, par volonté d'obéir
à la seule raison désintéressée, qui retient justement
et rationnellement que le principe du plaisir est le seul principe rationnellement
certain et valable universellement.
Nous voilà de nouveau « au rouet » car la raison prise comme
fondement de la liberté nous conduit, tout aussi logiquement, à
l'austérité kantienne et au sensualisme hédoniste qui marque
tant notre culture actuelle. La raison, tout aussi cohérente avec elle-même,
peut aussi bien choisir et très logiquement, l'universalité des
lois comme critère absolu, ou l'universalité du principe de plaisir,
tout aussi universel, puisqu'il est consubstantiel à la nature humaine
!
Rationaliste, Stoïcien ou Hédoniste même combat : on obéit
tous à des lois qui garantissent notre liberté...mais pas les
mêmes !
Nous voilà bien avancés...
Retour non peut-être au pessimisme
mais bien au scepticisme si commode (puisqu'il n'empêche rien). Evitons
de trop vouloir cerner le concept de liberté car notre raison ne peut
rien atteindre de certain et nous finirions par tomber dans l'erreur et le ridicule,
« comme ce pauvre idéaliste de Kant ou ce pauvre sensualiste d'Aristippe
de Cyrène qui affirment des choses contraires sur la base du même
concept d'universalité des lois » pourrait-on éventuellement
ajouter. C'est exactement la position de Hume, le grand sceptique du XVIIIème
siècle.
Conclusion Provisoire.
Jusqu'à présent je
me suis borné à vous présenter les différentes positions
de notre tradition philosophique occidentale sur la liberté et le libre-arbitre.
Cela me paraissait tout à fait nécessaire car, en un tel sujet,
on ne peut pas se borner à un échange d'opinions de « café-philo
». Il fallait pouvoir étayer notre exposé sur des fondements
intellectuels solides, par respect pour le sujet donné, par respect pour
les lecteurs qui voudront bien me lire jusqu'au bout. Ce que je me suis efforcé
de faire, m'effaçant totalement devant la pensée des auteurs présentés
(parmi les plus représentatifs, je l'ai dit). J'espère simplement
avoir été assez clair et assez schématique pour n'avoir
pas lassé ou incommoder quelqu'un.
Mais n'oublions jamais que nous astrologues, avons d'une part l'obligation de
répondre clairement à qui nous interroge sur la façon dont
nous réconcilions (ou non) le « déterminisme » astrologique
avec la question de la « liberté » qui fait couler tant d'encre
et de salive à notre époque. Mais nous avons d'autre part la nécessité
impérieuse d'être au clair avec nous-même car de nos positions
- plus ou moins claires à nous-mêmes - dépendront largement
la façon dont nous aborderons la résolution des problèmes
apparus dans le thème de notre consultant, et, en définitive,
la façon nous le conseillerons. En respectant sa liberté ou non.
Ceci précisé pour mieux faire comprendre mes intentions, c'est
maintenant ma propre vision du problème que je vais essayer de vous présenter
et je remercie Urania de m'avoir forcé à mener pour vous ce travail
de réflexion et d'élucidation que je n'avais pas totalement accompli
pour moi-même. Comme quoi, la meilleure façon de clarifier un domaine
est toujours de devoir l'exposer (ou l'enseigner) aux autres.
(PREMIERE SECTION POUR LA PUBLICATION)
3.
Et le « ciel » dans tout cela ?
Faisons le point. A quoi avons-nous
assisté au cours de l'exposé précédent ramené
à ses lignes directrices les plus simples ?
A l'effondrement d'une liberté de fait ou d'agir qui reposerait
- soit sur la libre expression de motivations irrépressibles en elles-mêmes
et qui constitueraient en fait la liberté elle-même,
- soit sur la non-entrave ou la non-obligation concrètes ne nous distinguant
en rien des animaux ; liberté simplement circonscrite de ne pas être
empêché, comme un homme de courir s'il n'est pas enfermé
ou cul-de-jatte.
Pourquoi cette liberté définie de cette façon s'est-elle
effondrée malgré la vigoureuse argumentation des empiristes et
autres sensualistes ?
Parce que nous avons découvert que nous pouvions agir contre nos impulsions
en choisissant des valeurs d'action qui pourraient être étrangères
ou contraires à nos simples désirs.
Mais qu'est-ce qui, en nous, pourrait bien fonder ces valeurs dégagées
de nos impressions et de nos intérêts sensibles ?
La raison, répondent en chœur les rationalistes de toutes obédiences
(et il y en a plusieurs). La raison en ce que « faire un choix libre »
c'est faire un choix à partir d'une loi qui pourrait être acceptée
par n'importe quel sujet rationnel (le fameux critère d'universalité
kantien qui a si profondément marqué l'enseignement de la 3ème
république).
Mais la raison raisonnante s'est effondrée aussi, car le choix du plaisir
comme principe s'est révélé comme aussi rationnel (ou aussi
universel) que le principe d'auto-nomie qui voulait que le sujet rationnel obéisse
aux lois qu'il s'est données grâce à sa raison désintéressée.
Les axes b/h et e/k se sont retrouvés dos à dos, si je puis m'exprimer
ainsi....comme ils l'ont toujours été d'ailleurs. Quel travail
que de les réconcilier ! Passons.
Restait la position du « libre-arbitre » : dans l'homme : la liberté
est garantie par la totale indépendance de l'intelligence et de la volonté
par rapport à tous les motifs qui pourraient les influencer ou les circonvenir
de l'intérieur ou de l'extérieur. En dernier ressort un choix
libre est un choix inexplicable puisque totalement indépendant des motifs
apparents qui l'ont conduit à s'exprimer.
Mais le bon sens voudrait qu'un choix
sans raison soit un choix absurde, donc idiot moralement.
Absurdité qui ne gêne aucunement (mais pour des raisons exactement
opposées à celles qui fondent le libre-arbitre) un J.P Sartre
dont la pensée a marqué deux ou trois générations
d'étudiants en philo et qui traite du thème de la liberté
en refusant toute vision « naturaliste » (l'homme gouverné
par sa nature animale) et déterministe (les mœurs, l'éducation,
la société) de l'humain qui l'enfermerait dans un destin qui le
dépasse. Ni Dieu, ni nature ne commandent à l'homme ce qu'il doit
faire. La vie humaine est contingente et dépourvue de sens. Cette contingence
ou « facticité » (on retrouve la liberté de «
fait ») est le fondement de la liberté humaine et la raison profonde
de son angoisse (ça se comprend). La liberté ainsi définie
est aussi la source de « l'engagement » qui ne peut trouver d'autres
raisons qu'en lui-même.
Relever les absurdités réelles et les contradictions de la pensée
sartrienne n'est pas mon propos. D'ailleurs certains l'ont déjà
fait avec une verve qu'il me serait bien difficile d'égaler (Jacques
Laurent, en particulier).
Mais il me fallait l'évoquer parce que sa pensée m'apparaît
comme une caricature du libre-arbitre se reflétant dans un miroir déformant.
« L'agité du bocal » comme l'appelait Céline, s'empare
d'un concept philosophique, le triture et le dénature pour se poser en
défenseur de la liberté absolue...mais il se prend les pieds dans
le tapis. D'une incapacité pathologique à entrevoir la nature
transcendante du monde, il conçoit - grâce à son intelligence
aiguë mais faussée, à un certain talent littéraire
et à sa parfaite compréhension du désarroi dans lequel
se trouve la pensée après deux abominables guerres civiles européennes
- une philosophie accrocheuse et radicalement iconoclaste qui ne pouvait que
séduire les jeunes de son époque et des suivantes, toujours désireux
- par nature - de vouloir changer le monde.
3.1. Quel est le
lien qui unit l'homme et le ciel ?
De la réponse à cette
question dépend la question du libre-arbitre en astrologie comme vous
le devinez aisément.
Soit l'astrologie définie très simplement de la manière
suivante :
« L'astrologie est constituée comme discipline par l'observation
et l'interprétation des rapports existant entre deux ordres de phénomènes
:
- l'un cosmique ou céleste : l'organisation du système solaire
en un moment particulier de son mouvement permanent (le moment de la naissance
d'un individu, par exemple)
- l'autre terrestre et humain : l'identité, la personnalité, la
destinée et le devenir d'un individu observés dans leur synchronisme
avec le mouvement précédent..
Cette observation et cette interprétation se fondant sur un ordre de
similitude ou d'homologie généralisée se traduisant dans
des mythes et des symboles, parfaitement cohérents à une raison
qui ne se nie pas elle-même »
Si, contrairement à cette
définition que je vous propose, on conçoit ce lien comme un jeu
de déterminations mécanistes, physiques, réflexologiques
, bref : naturelles (comme l'action de la B sur les marées ou la pousse
des salades) il est évident que nous ne disposons plus que d'une «
liberté surveillée » comme l'écrit avec tant d'humour
mon excellente collègue Françoise Moderne dans ces mêmes
pages d'URANIA. Quelque soit le mode d'action choisi, il est évident,
dans cette optique, que nos comportements seront liés à une cause
dont ils dépendent et qui se manifestera par un certain conditionnement
de nos neurones, comme dirait volontiers Robert Changeux déjà
cité.
Et nous donnerons du poids à toutes ces idéologies modernes qui,
après avoir proclamé la mort de Dieu (Nietzsche) se réjouissent
d'annoncer la mort de l'homme (Michel Foucault et les Structuralistes, Freud
et son inconscient tout-puissant remplaçant Dieu et le diable, Lacan
et la prééminence du langage sur la conscience, etc...). Il suffit
d'ajouter quelques clignotements d'étoiles investissant la sphère
de nos volontés propres et le tour est joué : il n'y a plus de
liberté, il n'y a même plus d'hommes du tout, mais des marionnettes
cosmiques.
Certes nous disposerons toujours d'une intelligence et d'une volonté
personnelles infiniment plus étendues que celle d'un animal ; nous aurons
toujours la possibilité d'obéir à un certain nombre de
valeurs s'élevant au-dessus de nos intérêts sensibles, de
nos désirs et de nos appétits matériels, mais s'expliquant
en définitive par ce lien de dépendance ou de hiérarchie
biophysique plus ou moins accentué avec le ciel.
3.2. De la perpléxité
d'un astro-philosophe dit « spiritualiste » !
« L'homme et le monde ne sont pas deux entités opposées,
comme le maître et l'esclave, et, puisqu'il n'y a pas de servitude, il
ne saurait être de liberté pour l'homme à l'égard
du monde. Il est faux de transporter l'idée purement sociale de liberté
dans le domaine de la vie. La cellule vivante n'a envers l'organisme ni servitudes,
ni liberté : le seul lien qui les unisse est la solidarité, l'analogie,
la commune destinée. C'est aussi la situation de l'homme dans l'univers.
» déclare le Dr René Allendy éminent psychiatre...et
astrologue du début du siècle .
Plus près de nous Edgar Morin,
le sociologue, affirme dans un entretien accordé au « Figaro-Magazine
» - N°17049 du 5/6/1999 :
« ...l'une des choses les plus importantes à étudier, la
condition humaine, est totalement absente dans notre enseignement qui l'a désintégrée
en fragments disjoints. Or les développements récents des sciences
de la nature et la tradition majeure de la culture humaniste permettraient un
enseignement faisant converger toutes les disciplines pour faire prendre conscience
à chaque jeune esprit de ce que signifie être humain. Ainsi la
cosmologie contemporaine, qui a ressuscité et renouvelé la connaissance
du monde, permet de reconnaître notre place minuscule dans un gigantesque
univers et en même temps nous permet de savoir que chacun d'entre nous
porte en soi les particules qui se sont formées dès la naissance
de l'Univers, les atomes qu'ont forgés les soleils antérieurs
au nôtre, les molécules qui se sont composées sur la terre
avant toute vie. Les sciences de la terre permettent de nous inscrire dans notre
planète et au sein de la biosphère.[...]J'ajoute que non seulement
les parties sont dans un tout, mais aussi que le tout est dans les parties :
ainsi la totalité de notre patrimoine génétique est dans
chacune des nos cellules, la société en tant que tout est en chaque
esprit individuel, et nous l'avons dit, chaque humain porte en lui la totalité
du cosmos ».
Enfin (et nous en resterons là sur le plan des citations) voici ce qu'écrivait
dans les années 70/80 Jean Charron, astrophysicien éminent :
«....il n'est pas si facile à l'homme d'oublier complètement
qu'il est solidaire du monde qui l'entoure, qu'il n'est pas plus indépendant
de l'ensemble du règne du Vivant que la feuille n'est indépendante
de l'arbre qui la porte, même si cette feuille pense culminer dans le
faîte de l'arbre [....] que son Esprit embrasse la totalité de
l'Univers dans le passé comme dans le futur, et qu'il ne doit ce privilège
d'éternité que, précisément, au fait qu'il n'est
pas un acteur planté sur cette scène nommé « Univers
» mais un acteur parmi tous les autres acteurs de l'Univers, que l'Univers
ne comprend que des acteurs, qu'il n'y a pas d'autre scène que celle
formée par ces acteurs eux-mêmes. Nous sommes le monde lui-même,
car notre Esprit se prolonge dans tout ce qui est porteur d'Esprit dans le monde
; et notre aventure spirituelle n'est pas celle de l'Homme seulement, c'est
celle du monde qui nous entoure » .
Le médecin, le sociologue
et le physicien adoptent - chacun dans son registre propre - une position commune
(peut-être sans s'être jamais lus les uns les autres).
Chacun affirme l'unité indissoluble homme/cosmos. Allendy évoque
« la solidarité, l'analogie, la commune destinée »
Charron affirme que « nous sommes le monde lui-même, car notre Esprit
se prolonge dans tout ce qui est porteur d'Esprit dans le monde » et Morin
que « chaque humain porte en lui la totalité du cosmos ».
Propos d'éminents « scientifiques » qui valident (s'en aperçoivent-ils
?) totalement la pensée et la pratique astrologiques. Mais la notion
de « liberté » et surtout celle de « libre-arbitre
» se trouve-t-elle sauvée ?
Dans une lecture « naturaliste » (de quelque façon que soit
considérée la « nature » : ici : comme énergie
ou comme réseau d'informations) ont peut en douter : le monde/comos,
l'univers, apparaissent comme auto-suffisants à eux-mêmes et l'être
humain, ordonné à l'image du « tout » n'est pas plus
indépendant de ce tout que la cellule à l'égard de l'organisme
tout entier comme le dit si bien Allendy.
Si bien que cette sortie de l'univers mécaniste qui, depuis Descartes
et Galilée, pensait l'homme comme étranger à cet univers-machine
dont il s'érigeait simple observateur objectif et totalement détaché
- abandon du mécanisme, bonne chose en soi - nous fait retomber dans
l'ornière de déterminations cosmiques à première
vue peu compatibles avec la liberté et le libre-arbitre, spécifiques
de la nature essentielle de l'être humain.
Si la cellule vit en parfaite symbiose d'un organisme avec lequel elle entretient
des rapports que je qualifierais d'hologrammiques, et que, par essence, on ne
peut concevoir la cellule menant une destinée propre hors de l'organisme
dont elle est solidaire, ni l'organisme sans la cellule qui le constitue dans
son être, l'une et l'autre ne pouvant se penser que dans une communauté
de nature et de destinée, on voit mal où nous pourrions situer
une quelconque intervention de la liberté, puisque la sortie de cette
« commune destinée » c'est le cancer.
Cette pensée qui me paraît tellement heureuse pour réconcilier
l'harmonie et le respect entre l'homme et la nature et contrecarrer les dérives
mortelles d'une civilisation technicienne de plus en plus enfermée dans
son instinct de puissance conduisant l'humanité vers une mort inéluctable
à travers toutes les pollutions multiples, tous les dégâts
écologiques et humains, toutes les dévastations prométhéennes
qu'elle engendre , me paraît - du même coup - devoir compromettre,
sur le plan spirituel et moral, l'idée d'un quelconque libre-arbitre
de l'homme ; en tous les cas le limiter sérieusement.
C'est que, ces conceptions, pour heuristiques qu'elles soient, s'inscrivent
malgré tout dans le grand courant matérialiste de notre époque
en cherchant à établir une sorte d'identité entre l'esprit
et la matière. Ce qui est déjà un progrès par rapport
au matérialisme pur et dur qui ne voyait comme réalité
ultime, éternelle et comme explication universelle que les propriétés
de la seule matière en niant l'esprit.
Si le ciel, le système solaire - qu'on imaginera, pour les besoins de
la cause, porteur d'une sorte de volonté cosmique - commande l'homme
en tant qu'il est lui-même une cellule de ce système, il est évident
qu'il faudra transférer liberté et libre-arbitre aux « volontés
» qui s'expriment dans le ciel de naissance. Et nous ne pourrons plus
sortir d'un destin tout tracé et échapper à des choix qui
se font par-devers nous : liberté surveillée ou conditionnée.
Et donc il nous faut chercher ailleurs pour proposer une éventuelle solution
qui satisfasse le « conditionnement » céleste et le libre-arbitre
de l'être humain.
Nous allons tenter maintenant de vous proposer cette solution.
4. Vers une solution ?
4.1. Sommes-nous
« déterminés » ?
Incontestablement. Il faut être
logique : si nous ne portions pas un certain nombre de « déterminations
» (qui n'ont rien à voir avec une quelconque doctrine déterministe,
niant toute possibilité de libre-arbitre) notre thème natal deviendrait
absolument illisible et incompréhensible.
Si nous pouvons « l'interpréter » c'est à la lumière
des « déterminations » évoquées par l'ensemble
des symboles qui le constituent et des inter-relations qui en forment un «
tout » insécable. Même si ces symboles se présentent
sous les espèces d'une polysémie infinie qui nous demande à
chaque fois de favoriser de nouvelles ouvertures dans l'interprétation
- ce qui fait que l'astrologie est un art et non une science au sens étroit
- l'ensemble de la communauté astrologique dans le temps et dans l'espace,
a pu accorder à chacun de ces symboles un registre (large ou étroit)
de définitions symboliques qui, en fait, sont les « déterminations
» mêmes dans lesquelles se présente un nouveau Vivant à
travers son thème natal. Chacun de nous est un « mode fini »
de la « substance infinie » (= dieu/nature) affirmait Spinoza. Et
ce qui nous fait unique et différent du voisin est cela même qui
nous spécifie ou nous « détermine ».
4.2. Par quoi sommes-nous
déterminés ?
Il y a un certain nombre de déterminations
essentielles qui font de chacun de nous ce qu'il est. Je ne les développe
pas, car je pense que nous les connaissons tous :
- les déterminations génétiques
- les déterminations physiques, tempéramentales et caractérologiques
(voir Hippocrate,Galien, Mounier, Le Senne et quelques autres) sans doute très
liées aux précédentes mais à distinguer cependant,
- les déterminations éducatives et familiales (avec les ouvertures
vers la psychogénéalogie à laquelle j'attache beaucoup
d'importance)
- les déterminations historiques (je place sous ce vocable unique, ce
que le lieu, l'époque, la culture, la religion viennent greffer sur la
« nature » originelle et spécifique d'un individu donné).
Nous ne pouvons ni voler comme les oiseaux, ni vivre sous l'eau comme les poissons.
Nous avons des capacités physiques limitées, même chez les
plus grands athlètes. Notre tempérament et notre caractère
nous conduisent vers tels types de comportements ou d'activités. Notre
éducation, notre milieu, notre culture orientent (quelquefois de manière
irréversible) la conduite de notre existence. Les circonstances historiques
dans lesquelles nous sommes jetés (régimes politiques, guerres,
conditions économiques, soubresauts de l'Histoire, révolutions
et j'en passe) nous entraînent comme fétus de pailles emportés
par le torrent. C'est indéniable et je ne le nie pas. Pourtant jamais
notre « libre-arbitre » ne peut être entamé. Pourquoi
?
Parce que nous disposons d'un cinquième type de détermination
qui contrebalance toutes les autres. Je veux évoquer :
- Les déterminations spirituelles,
qui sont toujours oubliées dans les exposés psycho-sociologiques
habituels - et pour cause - parce qu'elles vont à l'inverse de la pensée
matérialiste dominante, toute-puissante aussi bien dans les « sciences
humaines » auxquelles l'astrologie pourrait se rattacher, que dans les
sciences dites « dures ».
J'entends par « déterminations
spirituelles » notre capacité potentielle d'intégrer et
de nous affranchir des quatre formes de déterminations précédentes
inévitables, pour accéder à une destinée humaine
et libre.
4.3. Par quoi se
caractérisent ces « déterminations spirituelles »
propres à l'homme, fondements de notre « libre-arbitre »
?
Par l'intelligence (présence
de l'esprit en nous) et par la volonté (présence de l'intention
créatrice en nous).
Toutes deux étant orientées, ontologiquement, vers le bien et
le bonheur et indissociables l'une de l'autre. Aujourd'hui, plus que de «
bien » et de « bonheur » on parlerait plus volontiers de «
réalisation de soi, » voir « du Soi » - s'imposant
au-delà des infinies divergences de nature et d'intérêts
entre les sujets humains, et en dépit des circonstances de toutes sortes
dans lesquelles ils se trouvent placés.
Qu'est-ce-que la réalisation de soi ou du Soi ? Chaque philosophe ou
psychologue moderne nous donnera sa réponse. Et singulièrement
les « junguiens » qui ont un discours très élaboré
dans ce domaine. Les concepts contemporains de « conscience universelle
» ou de « grande pensée cosmique » qu'on trouve sous
la plume de différents penseurs inscrivant leurs recherches à
l'interface de la science, de la psychologie et de la mystique, notamment orientale,
sont certainement les plus à même d'exprimer cette dimension supérieure
de nous-même qu'il s'agit de faire advenir pour nous identifier au «
grand tout » et faire disparaître l'illusion (d'après eux)
de nos déterminations individuelles. Je ne veux pas discuter de ces positions
que je respecte, mais elles ne sont pas les miennes. Expliquer pourquoi conduirait
à allonger encore cet article déjà trop long.
Pour moi, je me place en philosophe et en astrologue chrétien. Et bien
que je puisse comprendre et apprécier d'autres réponses que la
mienne parce que mon esprit est libre c'est la réponse chrétienne
que je choisirai - après mûre délibération - parce
que ma volonté est libre elle aussi et qu'elle me permet ce choix. (Alors
que je n'ai pas du tout été éduqué ou conditionné
au départ dans la vision chrétienne de la nature et de la destinée
humaines. Preuve évidente de l'exercice du libre-arbitre en moi. NDR)
Remarquons que quels que soient nos
parcours et nos conditionnements personnels, il n'en demeure pas moins que nous
participons aujourd'hui, vous qui me lisez et moi qui m'adresse à vous,
à une recherche totalement étrangère à nos intérêts
particuliers : l'existence ou non et la définition du « libre-arbitre
». Quelle plus belle preuve de son existence que cette communion intellectuelle
qu'il établit en nous ? Et quelle plus belle preuve de sa nature spirituelle
(étrangère à nos « déterminations »
naturelles) que l'absolue « gratuité » de cette recherche
?
4.4. Comment justifier
ce libre-arbitre ?
Celui qui a consacré la meilleure
réflexion à ce problème c'est Saint Thomas d'Aquin, immense
philosophe, qu'on affecte de ne plus étudier dans les fac de philo, sans
doute parce que son génie et son bon sens feraient pâlir bien des
gloires modernes absurdement révérées.
Saint Thomas (que je résume à l'extrême, vous vous en doutez)
commence par énumérer les cinq objections majeures contre le libre-arbitre,
qu'il puise dans les Ecritures elles-mêmes, et qui recoupent tout ce que
le bon-sens pourrait argumenter contre la possibilité du libre-arbitre.
En sens contraire, il cite l'Ecclésiaste (15,14) où il est dit
« Dieu a créé l'homme au commencement, et il l'a remis au
pouvoir de son propre conseil ». C'est à dire de son « libre-arbitre
». Puis il répond point par point à chacune des objections
et il les démonte comme lui seul sait le faire. Je résume sa position
définitive.
S'appuyant sur Aristote où il puise tous les éléments d'une
pensée qui ne s'y trouve qu'en germe, il ajoute à la psychologie
du Stagirite, l'idée d'une souveraine auto-détermination de la
volonté quant à sa façon de vouloir et de désirer.
Il arrache celle-ci au déterminisme dans lequel elle a tendance à
s'engager alors même que son auteur affirme l'inébranlable responsabilité
de l'homme vis à vis de ce qu'il fait de son existence. Ainsi, sommes-nous
toujours et indéfectiblement libres de poser ou non l'acte de vouloir
qui transforme en décision, en engagement le jugement de la raison ou
des sens.
C'est à nous qu'il appartient dès lors de nous tourner vers elle
ou vers eux, ou, plus exactement : vers le bien réel (configuré
naturellement à l'intelligence puisque c'est par l'intelligence et la
volonté que nous sommes créés à « l'image
et à la ressemblance de Dieu » Bien absolu) ou vers le bien apparent
(celui qui nous est présenté par les sens...qui ne sont pas toujours
en accord avec le bien réel, il s'en faut de beaucoup).
Cette liberté fondamentale que refusent tous ceux qui ne croient pas
que l'homme soit responsable et acteur de sa vie, pour Thomas d'Aquin, nous
est donnée par Dieu qui en est le garant et le fondement. En tant qu'elle
nous vient de Dieu, on peut dire qu'elle est soumise à sa Providence
(Intelligence organisatrice qui vivifie, soutient l'univers et le mène
vers la réalisation des plans divins : NDLR) - En tant qu'il nous la
donne véritablement, il faut poser qu'elle opère réellement
selon son mode propre, c'est à dire librement. Telle est cette liberté
inamissible et innée.
Rien ne nous oblige à croire en son existence car ce qui échappe
à l'ordre de la nature physique ne peut tomber sous le sens. (Vous remarquez
que c'est l'objection principale qu'on oppose aussi à l'astrologie :
on ne voit pas, on ne mesure pas, on ne prouve pas l'action des astres sur les
hommes. Et pour cause ! NDLR).
Mais la nier revient à réduire à l'absurde la pratique
pourtant millénaire de la justice (comment juger un homme s'il n'est
pas responsable de ses actes ? NDR) ) et de la morale (pourquoi éduquer
les hommes s'ils ne peuvent échapper à leurs déterminations
physiques et sensibles ? NDR) : cela reviendrait à dire en somme que
l'homme se trompe sur lui-même depuis le début en pratiquant une
justice, une morale et une éducation totalement inutiles ?
De deux choses l'une par conséquent :
- ou bien nous croyons que l'homme n'est pas ce qu'il a toujours cru qu'il était
et la philosophie est une négation de soi, un appel constant à
la révolution et à la destruction ;
- ou bien nous croyons que l'homme est globalement tel qu'il s'apparaît
à lui-même et, en ce cas, il est capable de connaître et
d'agir librement
Selon notre réponse et l'usage que nous faisons de notre libre-arbitre,
nous pouvons nous diriger ou non vers un état supérieur - il n'y
en a qu'un seul - où nous gagnons une liberté-pouvoir, celle de
bien vivre en acquérant des vertus. (Chacun mettra le nom qu'il voudra
sur ses « réalisés » ces « vertueux »
ces « sages » ces « saints »ces « maîtres
», etc... NDLR).
Ainsi s'articulent les deux aspects de la liberté :
- sans libre arbitre, la liberté-vertu n'est acquise qu'au bénéfice
d'un coup de chance bien hypothétique,
- sans liberté-vertu, le libre-arbitre est stérile puisqu'il ne
nous permet pas de nous transformer nous-mêmes.
Conclusion personnelle :
la liberté, et singulièrement le libre-arbitre, ça se travaille,
ça se développe et l'astrologie est un des outils principaux qui
nous soit donné pour soutenir cet effort et enfin agir librement : c'est
à dire suivant notre intelligence et notre volonté véritables
qui sont, toutes deux, ordonnées au Bien puisqu'elles sont - je le répète
-« à l'image et à la ressemblance de Dieu en chacun de nous
» (ou de l'Intelligence et la Volonté cosmique, si vraiment vous
n'avez pas envie d'entendre parler de Dieu. Ce que je respecte totalement. Ou
de Brahman pour les Indouistes, ou de la Conscience cosmique, du Grand Architecte,
et j'en passe).
(DEUXIEME SECTION POUR LA PUBLICATION°
4.5. Quid des déterminations « astrales » dans ce
contexte ?
Pour moi elles n'existent pas en
elles-mêmes. Elles ne font qu'envelopper et représenter les précédentes.
Pour reprendre le vocabulaire de la philosophie classique, le ciel n'est pas
une cause efficiente ou matérielle, il est uniquement une cause formelle
et finale.
En d'autres termes il ne produit pas ce que nous sommes, il n'intervient pas
sur ce que nous sommes, mais il indique le plan sur lequel nous sommes apparus
à la vie et il éclaire les expériences que nous avons à
y réaliser.
Notre destinée n'est pas plus contrainte par le ciel sous lequel nous
sommes nés, que notre promenade au soleil n'est dépendante de
l'ombre projetée par notre silhouette, chacune, dans son ordre de réalité,
exprime quelque chose qui nous est indissociable, mais n'intervient aucunement
dans les directions que nous avons décidé de prendre pour nous
promener.
Comme le dit excellemment André Barbault « En fait, le destin ne
se déroule pas hors de l'individu ; celui-ci ne dépend pas d'une
entité extérieure, en l'occurrence un corps céleste : il
n'est esclave ou libre que devant lui-même. Il ne s'établit pas
entre l'astre et l'homme une succession de causes ou d'effets, l'astre et l'homme
sont pris au contraire dans une simultanéité globale, où
l'astre est le signe de l'homme comme l'homme est le signe de l'astre ».
Certes, me répondrez-vous
mais il n'empêche que si le ciel de naissance a quelque chose à
nous dire de pertinent sur nous-même, c'est bien que nous sommes déterminés,
donc pas libres !
Si vous me répondez cela c'est que vous m'avez mal lu ou que je me suis
mal exprimé jusqu'ici. Mais cette objection, parfaitement valable, doit
être démontée et, pour cela il me faut exposer brièvement
la conception de l'astrologie, que j'ai eu l'occasion de développer dans
d'autres articles.
Le thème, pour moi, est avant tout un héritage et un point de
départ, en aucun cas un itinéraire tout tracé ou un ensemble
de conditionnements inéluctables. En fait, comme je le dis souvent de
manière un peu provocatrice, notre véritable thème individuel
serait beaucoup plus celui de notre mort (comme aboutissement, achèvement)
que celui de notre naissance.
Le ciel de naissance, lui, représente l'aboutissement d'une histoire
qui a commencé bien avant nous, dans les arcanes obscures de l'histoire
de l'humanité et, plus particulièrement, au plus profond des expériences
vécues et transmises par notre lignée ancestrale (d'où
mon intérêt pour la psychogénéalogie déjà
évoqué ci-dessus).
En ce sens il nous « détermine » en tant que représentant
ou reflétant les quatre ensembles de déterminations inéluctables
que j'ai énumérés en amont et que nous portons en héritage.
C'est en cela que nous sommes « dépendants » d'une génétique,
d'un physique, d'un caractère et d'un tempérament, d'une éducation
et de toutes sortes de conditionnements socio-historico-éducatifs que
nous ne pouvons pas nier.
Chacun de nous représente la page blanche d'un nouveau chapitre d'une
histoire qui a commencé de s'écrire bien avant que nous ne naissions,
inscrite dans notre ciel de naissance et s'actualisant en chacune des métamorphoses
marquantes de notre vie, car on ne peut jamais séparer un moment du processus
de l'ensemble du processus lui-même (d'où la querelle entre «
thème de naissance » et « thème de conception »
est-elle une fausse querelle, car ils nous disent la même chose mais à
deux moments-clé de notre parcours).
Mais pour réelle que soit cette dépendance globale et générale
à ce dont nous sommes héritiers et des circonstances dans lesquelles
nous apparaissons, si nous avons la possibilité de développer
un itinéraire personnel et original c'est bien parce qu'il y a quelque
chose de libre en nous, sans quoi nous ne ferions que répéter
inlassablement le même « scénario » induit par l'ensemble
des conditionnements qui se sont accumulés au cours de notre histoire
généalogique.
Or, il s'en faut de beaucoup que, même les personnes les plus handicapées
par un passé récurrent qui semble les enfermer dans des expériences
négatives à répétition, n'aient pas la possibilité
de décider, choisir, vivre et réaliser quelque chose d'original
dont elles ne perçoivent pas toujours la valeur.
Il s'en faut de beaucoup aussi qu'elles ne puissent un jour sortir du piège
des liens transgénérationnels (pour prendre l'hypothèse
et le langage de la psychogénéalogie) ! Et lorsqu'elles viennent
voir l'astrologue c'est justement parce qu'elles sentent bien qu'il y a une
possibilité de vivre autrement ou mieux une période où
un type d'expérience vitale se présente et demande à trouver
une solution originale, épanouissante et créative et à
amener les aspects de leur thème à rejoindre un niveau d'expression
de la personnalité et d'intégration à la personnalité,
supérieur à celui où il se manifestait, autant que faire
se peut.
Si nous devions nous contenter de confirmer qu'une opposition Soleil/Saturne
représente une profonde insécurité personnelle, sortir
le couplet psychanalytique sur « le problème père »
ou qu'un carré Vénus/Mars est représentatif d'un désordre
plus ou moins violent dans la façon de vivre ses affects, ses sentiments
ou sa sexualité, nous ne ferions que renforcer les schémas hérités.
Et nous deviendrions parfaitement inutiles. Voire dangereux.
Alors que nous devons, au contraire, aider la personne à trouver la solution
originale, sa solution personnelle, en éclairant pour elle son intelligence
(sa capacité de se comprendre) et sa volonté (sa capacité
de prendre les décisions qui la sortiront de l'ornière des échecs
ou des ruptures à répétition par exemple).
C'est à dire en l'aidant à exercer son libre-arbitre.
Et même si - au-delà de la prise de conscience - un événement
s'avère inéluctable (ce dont nous, astrologues, ne pouvons être
sûrs) car échappant totalement à la libre disposition de
la volonté de la personne (la mort d'un père par exemple ou le
départ d'une épouse, etc...) il nous resterait encore à
aider le ou la consultant(e) à exercer son libre-arbitre en l'aidant
à trouver sa réponse à l'événement pour avancer
encore, et non à le subir passivement.
J'ai bien dit « aider » et non pas « prendre les décisions
à sa place ». Si nous ne savons ou ne pouvons pas faire cela, il
vaut mieux que nous renoncions à ce métier, car nous devenons
- je le répète - inutiles et dangereux.
Etre libre n'est donc pas faire ce
que l'on veut et échapper à toutes les contingences de ce monde
dans lequel nous sommes condamnés à vivre, quelquefois dans des
circonstances très dures.
Etre libre c'est savoir que, quoi qu'il arrive, notre intelligence et notre
volonté sont des bien inaliénables que rien ne peut entamer, même
si, pour un temps, notre dépendance aux circonstances nous empêchent
de les exercer. A circonstances semblables, réponses différentes
: soumission ou révolte, veulerie ou héroïsme, laisser-aller
et compromissions avec les facilités ambiantes ou résistance et
discipline de soi en fonction de valeurs sur lesquelles on ne transige pas,
chacun de nous à le choix, toujours. Même si les données
dites « naturelles » semblent trop fortes pour ne pas décider
pour nous en dernier ressort (appétits sensibles, intérêts
personnels, passions irrésistibles, faiblesse de caractère ou
agressivité et emportement caractérisant en un mot notre nature
animale) il ne nous faut jamais oublier que le libre-arbitre est tout aussi
consubstantiel à notre nature humaine, il est toujours à notre
disposition parce qu'il représente la présence et l'activité
en nous non seulement de la liberté et de la volonté de Dieu à
qui nous sommes configurés, mais plus encore des desseins de sa divine
Providence qui ne réalise pas Ses plans hors de nous mais en nous.
Et je terminerai sur ce point qui me semble constituer la clé ultime
de l'astrologie dans sa dimension spirituelle (pour moi s'entend bien évidemment).
5.
De la divine Providence : cause et garantie de notre liberté
Si nous définissons la divine
Providence comme l'intelligence et la sagesse de Dieu et le gouvernement par
lequel Celui-ci meut toute chose à sa fin, nous comprenons que son règne
ou son action a une étendue égale à celle de son pouvoir
créateur et lui est intimement lié.
Dans un sens moins connoté par le christianisme nous retrouvons la «
pronoia » des stoïciens et du néo-platonisme qui peut se traduire
par « intelligence organisatrice et prévisionnelle universelle
». Ce qui plaira beaucoup plus à nos modernes gnostiques qui préfèrent
penser un univers intelligent et pensant par lui-même qu'un univers vivifié
par un esprit créateur (Dieu) dont l'intelligence et la volonté
se manifestent en toute occasion dans cette création universelle qui
s'effondrerait sans lui.
Question de mode ou d'époque. Nous sommes héritiers des fortes
têtes qui, depuis le XVIIIème siècle, ont cru devoir se
passer de Dieu et qui, devant la pauvreté des réponses matérialistes
aux questions essentielles, ont réintroduit l'Esprit non au-dessus mais
dans le cœur même de la matière. C'est puéril mais
les hommes ne sont-ils pas de grands enfants ?
Je ne vous exposerai pas toute l'argumentation - objections et réfutations
- que la doctrine de la divine Providence a pu provoquer, j'irai à l'essentiel
en ce qui concerne la question qui nous occupe ici, le libre-arbitre et l'astrologie.
Toutes les choses sont soumises à
la Providence, non seulement dans l'universalité de leur nature, mais
encore dans leur singularité. La causalité de Dieu qui est le
premier agent (celui qui a le pouvoir en lui de décider et d'agir par
lui-même NDR) puisqu'à l'origine de tous les autres agents de l'univers,
s'étend à tous les étants, non seulement quant à
leurs principes spécifiques, mais aussi quant à leurs caractères
individuels, et ceci est aussi vrai pour les êtres incorruptibles (les
esprits) que pour les corruptibles (les corps). Il est donc nécessaire
que toutes les choses, quel que soit leur mode d'être, soient ordonnées
par Dieu à une fin : « Les choses faites par Dieu sont ordonnées
» (Paul, Rom. 13,1).
Donc comme la Providence de Dieu n'est autre chose que le plan de l'ordination
des choses à leur fin, il est nécessaire que toutes choses soient
autant soumises à la divine Providence qu'elles participent à
l'Etre. La destination par la Providence à leurs fins propres possède
une extension égale à celle du pouvoir créateur. Dieu dirige
tout en tant que Créateur de tout et en tant qu'il voit tout. Ce pouvoir
n'est limité ni par le hasard ni invalidé par la présence
du mal (ce qui est une autre question immense).
Mais « il appartient à Dieu d'user des choses selon leur modalité
» précise Thomas d'Aquin, c'est à dire « selon leur
propre mode d'agir ». Comprenons que si Dieu ne respectait pas la nature
dont il est l'auteur (et singulièrement la nature de l'homme qui est
créé à « son image et sa ressemblance » par
l'intelligence et la volonté, il faut sans cesse le rappeler NDR) il
se contredirait lui-même : Dieu providentiel (causalité universelle
et ordonnatrice avons-nous dit) agirait contre Dieu créateur. Ce qui
est absurde.
Le libre-arbitre comme « capacité de produire des effets multiformes
» (nous avons toujours différents choix qui se proposent à
notre intelligence et à notre volonté dans des circonstances imposées
données, ce qui confirme, à la fois notre « dépendance
» extérieure et notre entière liberté intérieure
NDLR) étant une perfection dans l'ordre de la création, Dieu ne
peut que le respecter .
Mais alors, m'objecterez-vous, dans ce cas Dieu - en tant que créateur
de tout - « cause le mouvement même de la volonté et non
pas seulement la possibilité qu'est la volonté ? » .Dieu
nous ferait-il violence ?
Cette action de Dieu serait violente si elle s'exerçait sur nous de l'extérieur
car on réserve le nom de violence à une action dont le principe
est totalement étranger au mobile (c'est à dire au sujet, pour
prendre un langage plus actuel) celui-ci ne s'y prêtant aucunement. Et
ce n'est que comme violente qu'elle pourrait rendre nos actes involontaires.
L'action de Dieu (à travers la Providence) est donc tout intérieure.
Que produit-elle en nous ? C'est pourtant simple : le conseil (l'intelligence,
l'aptitude à comprendre, juger et choisir) et la décision (la
volonté : l'aptitude à décider et agir) sont tour à
tour cause l'une de l'autre, il faut donc un principe premier autre qu'eux,
et c'est Dieu.
Mais alors décide-t-il à notre place ?
Il y a une part de mystère dans la réponse qu'on peut apporter
à cette question comme il y a une part de mystère dans la conduite
de toute destinée humaine qui déborde largement le cadre de nos
propres choix de vie, de nos orientations et de nos décisions. Mozart,
Napoléon ou Victor Hugo ont-ils pu vraiment « choisir » de
devenir ce qu'ils sont devenus pour nous ou y ont-ils été «
appelés » ? Comme par-devers eux ?
Thomas d'Aquin répond « Comme [Dieu] meut toutes choses selon leur
raison de mobiles, comme par exemple le léger vers le haut et le lourd
vers le bas il meut aussi la volonté selon sa condition (sa nature) non
pas selon la nécessité (c'est à dire, une quelconque dépendance
ou obligation) mais comme se mouvant de façon indéterminée
vers une pluralité d'objets ».
Donc notre volonté ou notre libre-arbitre sont soumis à la divine
Providence quant à leur être même et quant à leurs
opérations puisqu'ils sont créés pas Dieu qui est à
la fois l'auteur et de leur nature et l'objet de leur visée ultime (le
bien). Dieu est au principe même de leur mouvement qui est par nature
volontaire.
Ce qui veut dire que du point de vue spirituel le plus élevé,
il revient à notre libre-vouloir d'exercer ou non les actes, d'exercer
les vertus qui assureront notre salut éternel. Dieu propose à
notre âme les biens surnaturels qui, par définition, dépassent
l'ordre de sa nature limitée, mais nous sommes libres d'accepter ou non
ces biens.
En d'autres termes : agir de telle sorte que notre intelligence (éclairée
par la foi, l'espérance et la charité qui ne lui sont pas étrangères)
éclaire et conduise notre volonté, et que celle-ci se soumette
à notre intelligence est la définition même du libre-arbitre
puisque c'est agir comme si Dieu agissait en nous, c'est agir comme Lui agirait
(avec ses moyens infinis, alors que les nôtres sont finis) en ces mêmes
circonstances. Parce que c'est retrouver les moyens d'exercer notre nature véritable
puisque nous sommes Ses fils et Ses filles, des expressions singulières
et individuelles de Lui-même. Et par Lui et à travers les facultés
qu'Il a placées en nous et qui sont les Siennes avant tout, se manifeste
en nous ce qui nous arrache à tous les conditionnements, toutes les dépendances
: j'ai nommé notre nature originellement spirituelle, divine et libre.
C'est ainsi que Dieu et la divine Providence arrivent à la fois à
agir en nous et à respecter notre libre-choix puisqu'ils sont les conditions
mêmes d'une quelconque liberté en ce monde et créateurs
et inspirateurs des moyens qui nous sont donnés pour y accéder.
6.
Conclusion : le thème natal manifestation de l a Providence et garantie
du « libre-arbitre »
Pour commencer je reprendrai l'introduction
d'un article qui m'avait été demandé en réponse
à une homélie du pape Jean-Paul II où il tirait les oreilles
aux astrologues (non sans quelques bonnes raisons d'ailleurs - NDR).
J'écrivais : « ...notre discipline se trouve à l'interface
de deux lectures du monde qui ne peuvent se concilier que dans une disposition
du regard qui le libère des apparences contradictoires. Notre cadre de
référence cosmique et notre propre nature humaine sont appréhendés
- par toutes les idéologies à la remorque de la physique mécaniste
depuis trois siècles - comme les manifestations d'une monde/matière.
« Cela correspond à une part du réel (celle qui nous conditionne)
dont s'accommodent très bien les astrologues férus d'influences,
de signaux et de vibrations.
« L'astrologue spiritualiste l'appréhende comme un monde/révélation
en continu : le monde apparent constituant le grand livre que Dieu écrit
dans le ciel pour nous raconter l'histoire humaine et nous guider. Un don, une
grâce qui nous sont faites pour compléter celles de l'Ancien et
du Nouveau Testament, mais dans l'ordre circonscrit au seul devenir terrestre......Pas
de concurrence, pas de contradiction [avec le Magistère]. Ma position
s'appuie sur cet amendement de la « Constitution De Fide Catholica, chap.1.Denz.1784
» qui affirme (en parfait accord avec Thomas d'Aquin et toute la tradition
philosophique de l'Eglise) : « Tout ce que Dieu à créé,
Dieu le conserve et le gouverne par sa Providence : Elle déploie sa force
d'un bout du monde à l'autre, et régit l'univers pour son bien
» (Sg 8,1). Tout est nu et découvert à ses yeux »
(He 4,13) même ce qui arrivera à l'avenir par la libre initiative
des créatures » (Dans 3003).
Et j'ajoutais :
« On ne peut être plus clair. L'astrologie peut donc être
considérée comme une expression de cette activité providentielle
d'où naissent nos dispositions herméneutiques pour mieux éclairer
notre liberté entendue comme l'éclairage de la volonté
par l'intelligence ».
Ce qui est le propre du libre-arbitre comme défini plusieurs fois dans
cet article.
« Le ciel, outre son fonctionnement étudié par les astrophysiciens,
est porteur d'un sens parce qu'il est avant tout objet et représentantion
d'une Création, reflet d'une Intelligence, d'une Volonté et d'un
Plan originels. Ce sens est accessible à qui sait l'interroger avec les
outils nécessaires pour le faire nous parler individuellement et collectivement
» ajoutais-je.
Quelle est la caractéristique principale de Dieu en tant que Créateur
? la Volonté.
Quelle en est Sa caractéristique principale en tant que Providence ?
l'Intelligence et l'Organisation prévisionnelle.
Or le fait qu'Il nous ait créé à sa ressemblance et à
son image, nous dote de ses propres attributs : l'Intelligence et la Volonté,
comme nous l'avons déjà vu. A notre niveau bien sûr.
C'est donc une sorte de transfert de compétence qui s'opère entre
Lui et nous et si nous pouvons comprendre, choisir et décider, c'est
bien parce qu'Il délègue en chacun de nous les dites compétences
qui sont les siennes.
En tant que nous sommes placés dans une multiplicité de conditionnements
qu'il ne nous faut pas nier et que j'ai longuement définis plus haut,
il est évident qu'intelligence et volonté ne pourront pas toujours
donner tous leurs effets ; ou encore que nous les ferons taire parce que nous
préférerons écouter d'autres voix suscitées par
d'autres désirs que celui d'atteindre le Bien absolu. Mais cela n'entamera
en rien la nature de ces deux dispositions essentielles de notre nature humaine
auxquelles nous pourrons toujours faire appel quand nous le déciderons.
En tant qu'intelligence et volonté constituent la présence de
l'Esprit en nous et éclairent ses intentions sur nous, nous sommes non
seulement aptes à comprendre en permanence où se trouve le Bien
absolu, mais de plus nous pouvons avoir accès à une vision sans
doute limitée mais juste de la façon dont notre propre destinée
s'inscrit dans le vaste plan d'ensemble de la Providence, puisque nous en sommes
participants actifs.
Nous sommes donc « libres » de la liberté même de Celui
qui est source de toute liberté et qui éclaire notre esprit en
permanence.
Ainsi, le ciel astrologique n'est que le reflet de cette intention créatrice
ou de cette intelligence organisatrice qui façonnent notre « point
de vue sur le monde » (Leibniz) et dans les plans de laquelle s'originent,
non seulement tous les développements de notre passé ancestral,
généalogique, familial, historique mais où prend source
notre propre itinéraire, notre propre désir d'accomplissement
qui ne peut être contraire à l'accomplissement ultime de la création
dont nous sommes acteurs indispensables. Il va alors de soi que nous sommes
à la fois
- libres de choisir et de décider dans toutes les circonstances de la
vie terrestre au sein des mille et unes déterminations où s'exerce
en permanence notre responsabilité (et être dans l'incapacité
physique ou morale de choisir c'est perdre son « indépendance »
et non sa « liberté »...(sauf atteintes profondes et criminelles
à notre nature humaine ; dans la folie ou par le lavage de cerveau par
exemple)
- et ordonnés à une fin personnelle qui nous permet de remplir
notre rôle dans le vaste projet divin en son entier.
Mais cet ordonnancement ne se fait pas hors de nous mais en nous, par les facultés
mêmes qui nous font libres, puisque le travail principal consistera à
s'appuyer sur, puis à intégrer, dépasser, déjouer
peut-être, les conditionnements de départ exprimés par le
thème natal. Sinon nous ne ferions que dupliquer un parcours et des expériences
déjà accomplis. Nous ne ferions que bégayer l'histoire
de nos prédécesseurs.
C'est pourquoi nous ne sommes jamais plus libres que lorsque nous sommes pleinement
conscients de nous-mêmes, pleinement accordés à nous-mêmes,
pleinement attachés à comprendre et à faire ce que nous
avons à faire sans nous laisser détourner par des considérations
étrangères au projet que nous portons en naissant, sans nous laisser
engloutir par le passé généalogique, sans nous laisser
envahir par toutes les pressions extérieures.
Et c'est à l'Astrologie
que revient l'honneur et la possibilité - plus que tout autre discipline
- de nous éclairer sur ces différents points.
Si la carte du ciel évoque des « déterminations »
ce sont uniquement celles dont nous héritons. Si elle éclaire
un « projet » ce n'est jamais qu'en soulignant les moyens qui nous
sont offerts pour nous accomplir et dont nous userons librement (si nous le
voulons) et d'autant mieux qu'elle aura contribué à nous les révéler.
Elle ne nous contraint jamais, elle ne nous détermine jamais quant à
notre devenir : elle nous laisse libres d'inventer une destinée qui s'accorde
avec ce que nous sommes, nous portons et nous voulons parce que c'est par là,
justement, que nous pouvons accéder à une destinée réelle.
La bouche est ainsi bouclée.
C'est pourquoi l'astrologie est la meilleure école de liberté
et de responsabilité que je connaisse. Elle constitue la garantie, la
présence et le mode d'emploi de notre « libre-arbitre » que
la Providence universelle, prévoyante et charitable, a inscrits au-dessus
de notre berceau.
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