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Vous êtes ici : Accueil > Articles et Conférences > Qu'est-ce-que l'Astrologie ?


(Quelques extraits d’une Conférence prononcée devant un certain nombre de Club-Services : Rotary – Lion’s – Kiwani’s – Table Ronde – Club des 41) et au cours des rencontres organisées par différents FORUM-FNAC en France. Un certain nombre d’éléments de cette conférence ont été repris de manière plus développée dans mon Mémoire de D.E.A présenté à l’Université de Nice ).
Cette conférence a été publiée sous la forme de deux articles consécutifs dans la revue « Le Monde Inconnu ».

QU’EST-CE-QUE L’ASTROLOGIE ?
(…………..)
Il nous faut donc choisir entre :
· QU’EST-CE-QUE L’ASTROLOGIE ?
· A QUOI SERT-ELLE ?
· COMMENT FONCTIONNE-T-ELLE ?

J’ai pensé plus logique d’aborder pour vous aujourd’hui le premier point en essayant de le situer par rapport à quelques courants de pensée philosophiques et scientifiques dont nous retrouverons la permanence tout au long de l’Histoire.
Et, tout d'abord, quand donc l’Astrologie est-elle née et pourquoi ?

Où que l’on se tourne, aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de l’humanité, l’Astrologie est présente : la Chine, l’Inde, l’Amérique précolombienne et, plus anciennement encore probablement, la Mésopotamie, la Chaldée, toutes ces régions et les époques où elles ont prédominé dans le déroulement prodigieux des cultures, ont leurs traditions, leurs écoles et leurs techniques astrologiques.
Mais comment pourrait-il en être autrement ?

L’homme, ce « fils des étoiles » comme l’appelle Hubert REEVES, ce fils du cosmos et cosmos lui-même, en étroite relation avec le monde naturel par son souffle, son corps, sa nourriture, ses rythmes vitaux étroitement dépendants des rythmes naturels -nuit/jour, veille/sommeil, etc- mais aussi par l’exercice saisonnier de ses travaux, n’a pu se détourner de chercher une origine et un ordre communs à sa destinée et au déroulement des processus cosmiques de l’univers qui l’accueillait.

Dans « Le Monde Eternel des Eons » le professeur Jean CHARRON, spécialiste en physique théorique contemporaine, nous assure « qu’il n’est pas si facile à l’homme d’oublier complètement qu’il est solidaire du monde qui l’entoure et qu’il n’est pas plus indépendant de l’ensemble du règne du Vivant que la feuille n’est indépendante de l’arbre qui la porte, même si cette feuille pense culminer dans le faîte de l’arbre » (je cite de mémoire). Cette phrase résonne très vivement aux oreilles de l’Astrologue. Depuis plus de deux siècles nous avions pu constater l’assèchement de l’intelligence par l’hyper-rationalisme et le scientisme généralisés, des sous-produits qui réduisent l’homme au niveau d’une mécanique à la fois séparée et soumise ! Séparée du cosmos auquel l’homme appartient pourtant et en même temps soumise totalement au déterminisme des nécessités physico-chimio-neurologiques, socio-culturelles ou psycho-libidinales suivant les époques, les écoles et les lieux. Il est réconfortant aujourd’hui de voir quelques-uns des plus éminents scientifiques actuels réintroduire l’Esprit dans leurs équations, et reprendre ainsi le chemin d’une conception globale, reliée ou religieuse au sens propre, du phénomène humain. Et par-là même authentifier la discipline astrologique dans sa conception globale (holistique disent les anglo-saxons) des rapports homme\ciel.
On fait souvent dire à EINSTEIN, à propos de la dite discipline : « [C’est une] science en soi, illuminatrice...J’ai beaucoup appris grâce à elle et je lui dois beaucoup. Les connaissances géophysiques mettent en relief le pouvoir des étoiles et des planètes sur le destin terrestre. A son tour, en un certain sens, l’Astrologie le renforce. C’est pourquoi c’est une espèce d’élixir pour l’humanité. »

Malheureusement, cette citation est apocryphe, inventée de toutes pièces pour les besoins de la cause, comme nous l'a prouvé un éminent correspondant canadien, textes en mains. Il s'ensuit donc que tous ceux et toutes celles qui continuent à utiliser cette citation sans vergogne dans leurs articles ou dans leurs thèses (!) devraient être poursuivis pour "faux et usages de faux."....si la seule chose à faire n'était simplement de sourire de leur rouerie.
Comme on peut regretter cependant qu'Einstein n'ait pas eu la curiosité d'aller voir un peu du côté de l'astrologie de quoi il retournait ! Alors peut-être l'aurait-il prononcée cette phrase qui va si bien avec son culte de la "religion cosmique" car nous ne pouvons douter de sa sincérité et de son courage à secouer les consciences. Lui qui regrettait tellement les applications qu'on avait faites de ses découvertes que "s'il avait su, il se serait fait plombier" aurait trouvé là une occasion unique de mettre à mal cette "bêtise à front de taureau" (dixit Baudelaire) dont fait preuve le monde scientifique dès qu'il s'agit de l'astrologie et des rapports homme/cosmos..
Il aurait peut-être compensé le mal qu'il nous a fait sans le vouloir avec sa célèbre trouvaille E= MC2 .....

Mais, malgré Einstein, cet élixir les hommes l’ont bu dés l’aube de leur histoire, rassurés qu’ils étaient de pouvoir constater un lien entre leurs expériences extérieures et intérieures, exaltantes ou terrifiantes, chaotiques ou créatrices, réconfortés de pouvoir associer le déroulement de leur existence à l’ordre immuable des figures innombrables du ballet que dansaient, comme pour eux, les acteurs du théâtre cosmique : constellations, étoiles dites fixes, et surtout soleil, lune , planètes, assimilés à des dieux, à de grands personnages ou à des animaux fabuleux qui régissaient le système solaire où nous avons élu domicile, nous autres humains.

Bien sûr cette conception naïve mais tellement poétique de l’Astrologie n’est plus de mise. Mais il n’empêche que tout au long des siècles la pratique astrologique, elle, acquit ses lettres de noblesse et rendit d’innombrables services à l’humanité.
C’est le XX° Siècle qui, grâce aux travaux statistiques et à l’ordinateur, apportera la claire manifestation de la réalité du fait astrologique, mais sans rien préjuger de sa nature. Je veux parler des études des ingénieurs Picard et Choisnard puis de ceux des psychologues Françoise et Michel GAUQUELIN. Sans entrer dans le détail de ces travaux on peut affirmer que les principales attributions affectées aux planètes-symboles seront confirmées par la Statistique (à la grande stupéfaction du couple Gauquelin qui n’avait entrepris ces travaux que pour démontrer qu’il n’existait aucune confirmation possible ! !). Saturne pour les scientifiques, Mars pour les sportifs et les médecins, Jupiter pour les acteurs et les hommes politiques (y-a-t-il vraiment une différence ?) la Lune pour les écrivains et les poètes, se trouveront valorisées -dans les cartes du ciel des personnages considérés- avec un indice de probabilité ne laissant aucune place possible au hasard suivant les strictes lois statistiques...

« Ces travaux », nous dit le grand Astrologue contemporain André BARBAULT « s’inscrivent dans le courant de la démarche rationaliste de la fin du XIX° siècle et du début du nôtre (en gros jusqu’aux années 50/60) période pendant laquelle certains, encouragés par les découvertes prodigieuses de la science, et surtout de la technique, croient à l’influence des astres, considérée comme un phénomène naturel où entrent en jeu des énergies susceptibles d’avoir une action matérielle, physique sur l’être humain : radiations, rayonnements, champs de forces, etc. Mais alors » -demande fort pertinemment ce grand spécialiste d’Astrologie mondiale qui a beaucoup réfléchi et écrit sur sa discipline- « comment concevoir une influence physique d’astres si petits et si lointains en fonction de la naissance et pour la vie entière d’une personne ? ». Et il précise : « Ajouter un tel déterminisme aux autres : biologique, physique, chimique, psycho-social, etc...est-il conciliable avec la notion de liberté sous-tendue par les antiques adages de l’Astrologie ?

Rappelons quels sont ces adages :
« Les astres inclinent mais ne déterminent pas »
« Le sage régit son étoile, le sot est régi par elle ».
De plus, les principes de base de la physique peuvent-ils se concilier avec une telle théorie ?" Vraisemblablement non, pensons-nous A.Barbault et moi.
« En fait cette vision de l’Astrologie qui se veut scientifique mais qui n’est que mécaniste, est à rejeter car elle n’apporte rien à ce domaine ni à la technique interprétative »,continue-t-il. « Elle ne fait qu’ajouter un comment aux autres comment sans nous donner le pourquoi ». Nous verrons que débarrassée de ces a-priori mécanistes la science moderne, en cette orée du XXI° siècle, nous apporte des réponses bien plus séduisantes.

Mais ce qu’il y a de piquant et d’agaçant dans la situation actuelle c’est que bon nombre de « scientifiques » convaincus que cette approche physique ou mécaniste est absurde, continuent à condamner l’astrologie et les astrologues sans vouloir les écouter -et encore moins les entendre- et donc sans se rendre compte que les théoriciens les plus sérieux de notre discipline, ont été les premiers à dénoncer des explications physiques qui ne satisfaisaient ni la science ni l’astrologie elle-même. Il s’agit d’un véritable cercle vicieux et d’un irritant dialogue de sourds : nous sommes désavoués sur des arguments qui ne sont pas les nôtres ! Ce qui nous console c’est de constater qu’en l’occurence les plus bouchés ne sont pas les astrologues...

C’est ainsi que Johannes KEPLER ou Isaac NEWTON, qui pratiquaient l’Astrologie et ont accouché de théories qui ont bouleversé l’itinéraire intellectuel de l’humanité. Il faudrait y ajouter (entre autres) C.G JUNG à notre époque à qui l’Astrologie, comme outil adapté à la psychologie des profondeurs, doit tant. Il faudrait aussi revenir sur EINSTEIN pour sentir encore mieux la distance qui démarque le génie de l’intelligence besogneuse (et souvent hargneuse) de la pensée académique. Jugez-en :
« Je crois que l’exagération de l’attitude férocement intellectuelle, étroitement orientée vers le concret et le réel, fruit de notre éducation, représente un danger pour les valeurs morales.....L’esprit scientifique, puissamment armé en sa méthode, n’existe pas sans religion cosmique.... La plus belle et la plus profonde émotion que nous puissions éprouver est le sentiment mystique. C’est le pourquoi de toute vraie science. Savoir que ce qui nous semble impénétrable existe réellement et se manifeste avec la plus haute sagesse et avec la beauté la plus chaleureuse que nos sens émoussés n’appréhendent que dans leurs formes les plus primitives. »

Laissons donc de côté le terrorisme intellectuel de l’académisme rationaliste débouchant sur l’orgueilleuse conception -orgueilleuse et dangereuse- d’un homme étranger à l’univers, étranger à ses lois et poursuivant sa victorieuse évolution indépendamment de lui -et même contre lui- pour devenir comme « maître et possesseur de la nature » suivant le rêve de DESCARTES, et poursuivons notre évocation de la pensée d’André BARBAULT qui a écrit de si belles pages sur les origines de la pensée astrologique et sur son évolution comme vous avez pu le constater. Rejetant la conception « mécaniste » comme l’explication « animiste » que nous avons évoquées plus haut, il adopte ce qu’il appelle « la théorie symboliste ».

Si sa vision me paraît juste, l’expression « théorie symboliste » ne me plaît pas pour de nombreuses raisons que je ne développerai pas ici pour ne pas alourdir mon propos. Disons simplement que l’astrologie est une discipline dont on mesure la réalité et la validité au fur et à mesure qu’on la pratique, qu’on l’expérimente pour soi et pour les autres. Et la réalité dont elle témoigne pour être difficile à définir n’en est pas moins contraignante dans une mesure que bien peu soupçonnent, ce qui la différencie radicalement d’une quelconque « science des symboles ». Les outils de l’astrologue : le zodiaque, les planètes, les figures et les relations qu’il établit entre les différentes données dont il dispose dans une carte du ciel qui sont qualifiés de « symboles » par commodité de langage, en fait sont des réalités cosmiques opératoires qui trouvent des correspondances dans le déroulement de l’existence humaine. A ce titre elles n’entrent pas dans le cadre habituel des attributions gratuites et arbitraires de qualités symboliques, enfantées par la seule imagination humaine -aussi géniale et pertinente soit-elle souvent- et on ne peut donc parler de relation symbolique entre le ciel et l’homme. Les corps célestes existent bien hors de la psyché humaine ce qui n’est pas le cas des « symboles » qui en sont entièrement le produit. Ils ont une réalité physique, une masse, une composition, une place dans le système solaire, un itinéraire elliptique, une durée de révolution, des interrelations synodiques, etc...Tout cela a une signification pour l’astrologue en tant que réalité pratique et non en tant que domaine symbolique. En fait, je crois que l'approche la plus juste serait de comparer les mouvements du ciel à une écriture et l’astrologie qui déchiffre cette écriture est un langage, une méthode de traduction d’un message codé et non une contemplation de symboles.

Donnons un exemple : un Chrétien qui passe devant une croix ou devant le saint Sacrement dans une église, ne pourra s’empêcher de se signer. Un étranger à la religion chrétienne ne le fera pas car cette croix ou ce saint Sacrement ne « symbolisent » rien pour lui. Par contre, que ces deux personnes différentes soient chrétiennes ou non, qu’elles pratiquent l’astrologie ou non, il est à parier qu’un long séjour de Saturne ou Jupiter sur leur Soleil natal signalera la venue d'une expérience très comparable pour l’un et pour l’autre... alors même qu’elles ignorent tout de la dite présence de Saturne ou Jupiter sur leur Soleil. Les corps célestes ne sont donc pas des symboles. Il nous restera à déterminer ce qu’ils représentent en astrologie: des signes, des signaux, des indices, des révélateurs, des indicateurs ? Nous verrons.

Ce que nous pouvons dire d’ores et déjà de cette réalité cosmique sur laquelle l’homme a pu édifier une extraordinaire cathédrale de significations destinée à éclairer et orienter le projet humain, c’est que s’il y a correspondance entre l’homme et le ciel c’est sans doute parce que, sous un certain rapport, ils ne font qu’un, se rattachent aux mêmes origines pour servir un même dessein au travers d’un itinéraire co-relié où la « causalité » - modèle explicatif de la physique classique- n’a rien à voir

L’UNUS MUNDUS

« Les hommes endormis ont deux mondes, les hommes éveillés en ont un » nous assure HERACLITE. La conception de l’UNUS MUNDUS - théorie médiévale suivant laquelle il y a unité entre l’homme et le monde- nous évite de vivre écartelés entre deux mondes :
Déjà SOPHIA (la sagesse) s’exprimait ainsi dans un des traités gnostiques découverts à NAG-HAMADI en haute Egypte en 1945 :
« Votre intérieur en effet est votre extérieur
« et celui qui a formé votre extérieur
« a marqué de son empreinte votre intérieur
« et ce que vous voyez à l’extérieur de vous
« il est visible et c’est votre voile »

Ce très vieux livre de sagesse écrit comme l’Evangile de Thomas au temps même de JESUS, en nous introduisant au coeur de la vision de l’Unus-Mundus, nous relie à toutes les grandes philosophies orientales, elles-mêmes sources de réflexion pour certains des plus avancés parmi les chercheurs en physique théorique contemporaine. Ceux-ci prennent conscience que la possibilité d’un continuum entre la matière et l’esprit, le physique et le psychique qui s’impose à leur esprit depuis la révolution quantique, était déjà exprimée en des textes d’une admirable beauté dans les trésors des plus vieux livres de sagesse de l’humanité.
A partir de ces évolutions et de ces constatations il devient clair que les deux courants de la connaissance humaine, écartelée et dissociée depuis trois siècles entre l’approche purement mathématico-physique et l’approche spiritualiste, trouvent désormais dans le « langage abstrait et formalisé uniformément opératoire de l’astrologie » un outil de choix pour tenter une réconciliation comme l’écrit si bien Guy MICHAUD.

Retournons auprès d’André BARBAULT. Il écrit : « La notion d’UNUS MUNDUS repose sur l’unité du cosmos et l’interdépendance de toutes les parties de ce vaste ensemble, conçues selon le modèle analogique et perceptible selon ce même mode. L’univers est un ETRE où l’ordre règne de partout. Mais, l’ordre du cosmos astrologique n’est pas celui du monde scientifique. Ce n’est pas un ordre spatio-temporel quantitatif soumis à la loi de cause à effet, c’est un ordre qualitatif qui se manifeste par la correspondance et l’analogie ou l’homologie. Ainsi si la science positive mesure des quantités dont l’essence lui échappe et dissipe des ténèbres extérieures pour favoriser le progrès technique et matériel de l’humanité, la tradition astrologique, elle, apprécie des valeurs et des rapports, établit des analogies et des correspondances et, en dissipant des ténèbres intérieures, favorise le progrès intellectuel, moral et spirituel de l’homme. »

Ainsi, en astrologie, nous ne sommes plus dans un univers régi par la causalité, mais dans un univers de correspondances, d’harmonies (on ne peut pas ne pas penser à l'harmonie préétablie de LEIBNIZ) où « chaque partie étant à l’image du tout, on peut tirer de l’examen d’une partie une connaissance de l’ensemble »...et vice-versa.
En remontant dans l’Histoire, au III° siècle, JAMBLIQUE affirme que « le monde est un animal vivant dont toutes les parties, quelle que soit la distance, sont liées entre elles d’une manière nécessaire ».

Et PLOTIN, chef de l'école néoplatonicienne, lui fait écho dans ce texte qu'il consacre à l’astrologie :
« Les astres ressemblent à des lettres qui seraient tracées à chaque instant dans le ciel, ou qui, après y avoir été tracées, seraient sans cesse en mouvement, de telle sorte que, tout en remplissant une autre fonction dans l’univers, elles auraient cependant une signification....De même que nos membres sont des parties de notre corps, nous sommes nous-mêmes des parties de l’univers. Tout est plein de signes et le sage peut conclure d’une chose une autre... Toutes choses dépendent naturellement l’une de l’autre. Tout conspire à un but unique, non seulement dans l’individu dont les parties sont parfaitement liées ensemble, mais, antérieurement et à un plus haut degré dans l’univers. Il faut un principe unique pour rendre UN cet ETRE multiple, pour en faire l’animal UN et UNIVERSEL. »

Langage quasi animiste qui ne peut sans doute être le nôtre aujourd’hui mais qui anticipe bien la conception moderne d’un univers conçu comme une grande pensée et non comme une grande machine ou un grand animal, sur laquelle nous reviendrons plus loin.
A 17 siècles de distance, SRI AUROBINDO, le grand philosophe indien contemporain s’interroge dans un style d’une inimitable poésie :
« Quel fut donc le commencement de toute l’Histoire ?
« Une existence qui s’est multipliée pour la seule joie d’être et qui s’est plongée en « des milliards de formes afin de pouvoir se retrouver elle-même innombrablement. »
Et, aux sources mêmes de l’ésotérisme occidental, HERMES TRIMEGISTE ne dit pas autre chose :
« Tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut pour faire le miracle d’une seule chose ».
L’homme et le ciel co-reliés et appréhendés dans le système solaire sont le microcosme. Ils sont « en bas comme ce qui est en haut » : le macrocosme, lui, est le principe et l’origine, l’Etre tout-puissant et inaccessible, le lieu prodigieux des Idées platoniciennes, la matrice universelle où naissent les archétypes, le Créateur des Chrétiens, Brahman des Hindous, le mystère pour le symboliste contemporain Paul DIEL, etc, suivant les référents philosophiques de chacun. Bref, le macrocosme est le dispensateur (quelque nom qu’on lui donne) de cette énergie qui anime les corps célestes et les hommes. Les deux mondes obéissant à un principe unique réfracté en de multiples lois ; le principe d’harmonie de la VIE.
L’harmonie entre toutes les parties du monde.
L’harmonie entre l’individu et le monde.

Ceci bien assimilé, on conçoit que l’horoscope ou plutôt la carte du ciel ou le thème natal (tous termes équivalents en langage courant) d’un individu ne soient rien d’autre que la photographie de la matrice de ce rapport. Le mode particulier sur lequel la Vie s'exprimera en lui.

Ainsi -contrairement à l’opinion la plus courante- les astres « n’influencent » par l’individu. Du moins pas comme nous l’entendons couramment. Ils ne le déterminent pas physiquement ou psychiquement, mais ils expriment, ils représentent un certain nombre de rapports de cet individu à la Vie saisie dans une de ses diversifications multiples que l’individu aura à incarner du mieux possible. Il le fera suivant son « thème de vie", thème sur lequel il devra improviser les plus belles « variations » possibles.
« Rien n’est séparé dans la nature, tout s’écoule l’un dans l’autre par d’imperceptibles transitions ; et, ce qui s’appelle VIE dans la création, est dans toutes les formes et tous les êtres, un seul et même esprit, une flamme unique ».
C’est là l’avis de Karl Philipp MORITZ, poète et penseur romantique allemand dont j’ai pris une citation au hasard car toute la littérature, la philosophie et la poésie allemandes du début du XIX° siècle, chantent inlassablement l’unité fondamentale de l’homme et du monde. Ecoutons un autre de ces poètes, Carl Gustav CARUS :
« C’est seulement lorsqu’on a reconnu ou du moins deviné dans la vaste nature qui est à la surface de notre planète, la présence d’un principe spirituel de vie, que tout le décor du paysage prend un sens plus élevé. Ce n’est qu’en partant de là que nous pouvons comprendre et éprouver ce lien spirituel qui relie les mouvements et les métamorphoses de la nature extérieure aux variations des sentiments que nous portons en nous... Ce rapport avec toute la vie de l’univers et l’humanité se révèle dans l’âme consciente de l’homme et prend la forme d’une perception sensible d’un nouveau genre ; ce n’est plus en obscurs sentiments, mais en idées nettement délimitées que paraissent alors à la conscience ces aspects de la vie universelle, dont le rayonnement traverse chacun de nous en tout temps, mais que nous ne percevons pas d’ordinaire : et c’est là ce qu’on appelle voyance. »

Certes les poètes sont avant tout des visionnaires ou des « voyants » et souvent même des prophètes. Mais ces quelques admirables lignes nous montrent qu’ils sont potentiellement d’excellents astrologues car on ne peut mieux exprimer la vision astrologique que CARUS vient de le faire.

Nous constatons donc, a travers ces quelques citations prises dans des époques fort différentes les unes des autres, expressives de cultures fort éloignées, dans des contextes religieux divers, que, de l’homme antique au philosophe romantique, de l’Hindou au Chrétien médiéval, de l’astronome égyptien au physicien post-quantique, on retrouve la vision persistante de l’unité fondamentale de l’univers en toutes ses parties et du mariage indissoluble de l’homme avec le cosmos. Le terrorisme intellectuel du scientisme régressif ou du positivisme qui s’expriment à travers les dogmes rigoureux des lois physiques de la causalité dont je parlais plus haut, la surévaluation des vertus de l’analyse au détriment d’une vision synthétique des phénomènes qui puisse enfin tenir compte de la relation entre l’observateur et la chose observée, n’auront été qu’une parenthèse de prés de trois siècles dans l’histoire de la pensée humaine.

Michael TALBOT dans son ouvrage « Mysticisme et Physique Nouvelle » analysant les conclusions récentes des principaux courants scientifiques d’avant-garde, cite le livre de James JEANS (philosophe des sciences) en ces termes :
« ....De nos jours il existe un vaste consensus - et en ce qui concerne les sciences physiques il est presque unanime- pour dire que le courant de la connaissance est en train de s’orienter vers une conception non-mécanique de la réalité.

L’univers commence à se présenter plus comme une grande pensée que comme une grande machine. L’esprit n’apparaît plus comme un intrus accidentel dans le royaume de la matière. Nous commençons à nous rendre compte que nous devrions saluer en lui le Créateur et l’Organisateur de ce royaume de la matière. De plus en plus de savants voient la réalité ultime comme un champ unitaire qu’ils appellent « champ de création unifié ». La faible partie qu’ils approchent nous révèle des caractères d’unité - d’interdépendance - d’omniprésence - d’intemporalité et d’a-causalité ».

Nous pourrions multiplier à l’infini les références à certains des plus grands représentants actuels de la physique théorique qui concluent tous que « l’esprit et la matière sont des vibrations différentes, des ondulations différentes dans la même mare » comme dit plaisamment l’un d’eux. Et ce qu’il y a de fort encourageant dans cette convergence, c’est que toutes ces approches -quelque soit le langage spécifique à chacun de ces hommes de science- fournissent une image de l’univers que les mystiques et les astrologues-astronomes ont prônée durant des siècles. Ainsi, pour le physicien des particules élémentaires comme pour l’astrologue qui découvre une image de l’univers à travers la carte du ciel de son consultant, l’ensemble des phénomènes physiques et psychiques sont les manifestations d’une seule et même énergie vitale, quelle que soit l’origine et la définition qu’on lui puisse lui donner.
Le cosmos dans son ensemble, c’est à dire le monde physique et le monde humain désignés par le terme de microcosme, sont des réalités jumelles, l’actualisation perpétuelle, incessante, diverse, évolutive de cette Vie éternelle, de cette Energie que les anciens appelaient macrocosme, faute de mieux.

La vision analytique, « saucissonnante » (si on me permet ce mot) de l’univers, le déchiffrement de ces lois par le seul fonctionnement de la raison mathématico-physico-déductive, en mettant la sensibilité et l’âme à l’écart, ont magnifiquement servi notre besoin de prise sur le monde par la technique. Mais cette obsession de la puissance, de l’expansion s’appuyant sur l’intellect utilitaire de type prométhéen, s’est manifestée jusqu’à nos jours au détriment de la connaissance religieuse (qui relie) de notre place véritable dans le monde, au détriment de la reconnaissance de notre nature fondamentalement rattachée à l'harmonie universelle et condamnée à se dégrader, voire à se détruire, dés qu'elle s'en éloigne.

Ce dépérissement progressif dans notre conscience des racines cosmiques de nos origines, cet « âge de fer » (kali-yuga) dans lequel nous sommes plongés et que dénonçait avec tant d’implacable lucidité René GUENON, expliquent les profonds déséquilibres qui secouent toutes nos sociétés contemporaines et leur angoisse mortelle, leur agitation, leur fébrilité, leur violence qui débouchent sur des comportements d’auto-destruction généralisée : saccage de notre milieu naturel, génocides idéologiques, goulags, drogue, sida, mensonges, avilissements, horreurs et apostasies de toutes sortes sont les symptômes effrayants de la perte de nos racines cosmiques et de notre propre perte si nous ne faisons l’effort de les ranimer.

J'ai personnellement et souvent constaté la diminution progressive de l'angoisse, le changement de perspective de vie, l'accès à une plus grande sérénité, le retour progressif de la confiance en la destinée humaine, dés lors qu’on se met à étudier et à pratiquer l’astrologie. Dés lors qu’on approfondit notre relation indissoluble à l’univers dont nous sommes partie intégrante et différenciée, car cette re-découverte donne sens à nos existences individuelles et collectives. Dés lors qu’on s’aperçoit que chacun de nous porte l’intégralité du potentiel de la Vie qu’il lui faudra exprimer sous un angle particulier qui sera le sien propre et que nul autre ne pourrait exprimer mieux que lui.

Dés lors que nous découvrons que chacun de nous a été conçu, attendu, préparé et mis au monde par la Vie et qu’elle a prévu de nous guider, de nous orienter, de nous conseiller tout au long de notre existence grâce au thème natal qui ne nous appartient pas mais, - bien plus profondément - auquel nous appartenons.
Nous arrivons ainsi au terme de la réflexion que nous avons menée jusqu'ici pour comprendre ce qu'est l'astrologie. Nous pouvons désormais exprimer clairement le rapport qu'elle entretient avec nous sans plus nous référer à quelque philosophie que ce soit.

L'HOMME, CONSCIENCE DE L'UNIVERS.

En fait cela se résume à dire qu'il n'y a pas le thème d'un côté et l'homme de l'autre car ils ne font qu'un !
- Sans individu pour manifester ou incarner dans le monde les structures cosmiques ou les forces créatrices de la Vie, les figures célestes qui servent à l'astrologie ne seraient rien d'autre qu'un miroir éteint au fond d'un palais endormi.
- Mais sans ces structures et ces forces créatrices que reflète le miroir céleste qu'est le système solaire et qui produit le thème natal d'un individu, expressif du modèle, du plan, sur lesquels l'homme a été conçu par la Vie, il n'y aurait pas d'individus. Il n'y aurait que le chaos et l'indifférenciation d’avant les origines...
Un exemple vous fera mieux comprendre :
On peut construire une maison sans passer par un architecte et même sans tracer de plan sur une feuille de papier. Il n'en demeure pas moins que votre maison, pour tenir debout et pour être habitable, devra toujours et malgré vous se référer à des règles de construction que vous aurez entrevues même inconsciemment, sinon elle s'écroulera. Inversement, lorsqu'elle sera vraiment construite, elle ne pourra pas ne pas manifester le plan, le modèle, quels qu'ils soient et qui, pourtant, n'ont pas été manifestes à votre conscience quand vous l'avez construite.

Il en est ainsi en Astrologie: individu et thème ne sont qu'une seule et même chose car ils manifestent chacun dans son domaine les "intentions" de la Vie à un moment donné de son auto-manifestation, de son auto-jaillissement. Ils en sont un la face symbolique et intentionnelle et l'autre la face incarnée et consciente. Et vouloir l'ignorer ou le nier est aussi absurde que de vouloir - dans un tout autre domaine- nier le capital génétique sur lequel l'individu s'est construit ou la culture maternelle qui a laissé sur lui une empreinte ineffaçable.

Toutes ces raisons vous font comprendre pourquoi je pratique l’Astrologie, pourquoi je l’enseigne car, grâce à elle j’ai eu confirmation que nous ne sommes pas seuls et abandonnés aux caprices d'un monde absurde. Grâce à elle j’ai découvert que chacune de nos existences a son importance irremplaçable, grâce à elle j’ai pu comprendre que nous pouvions nous sentir aimés, unifiés, réconciliés et rattachés à beaucoup plus grand que nous. Ce qui fait que, loin de nous éloigner de Dieu comme le supposent ceux qui la connaissent mal, elles contribuent souvent à nous en rapprocher définitivement, même si ce n’est pas le but recherché au départ.

Cela « nous est donné de surcroît » comme disent les Ecritures. Et je souhaite de tout coeur qu'elle vous apporte les mêmes joies et les mêmes certitudes intérieures qu'elle a toujours procurées à ceux qui ont voulu faire l'effort de la découvrir, de la pratiquer et de la respecter.