Mes chers collègues,

On raconte qu’un jour Louis Pasteur déambulait dans un salon (sans doute parisien). On voit toujours en Pasteur le travailleur acharné, on le soupçonne quelque peu mal embouché à travers la très forte valorisation du Capricorne qui reçoit pas moins de 5 corps célestes dans son thème natal. Mais on oublie son Asc. Balance et sa Lune en Gémeaux qui viennent mettre quelque chose de plus léger, de plus futile même, dans ce panorama assez sévère. On peut donc en conclure que Pasteur ne méprisait pas les mondanités.

Il était donc là, verre en main, lorsqu’une dame, toutes voiles dehors, fonça vers lui et lui asséna un définitif :

  • Monsieur Pasteur, je ne crois pas à vos microbes !

Et lui, le regard sans doute caustique, de lui répliquer :

  • Qu’est-ce-que vous voulez que ça leur « foute » ?

J’ai fait la même réponse à tous ceux qui, au cours d’une très longue carrière, m’ont affirmé, dans les milieux universitaires que j’ai fréquentés ou lors de débats télévisés auxquels j’ai pu participer, « qu’ils ne croyaient pas à l’Astrologie ».
Effectivement : Que voulez-vous que ça « foute » – répliquai-je -,  à cette très vieille dame que tel ou tel académisé ne croit pas en elle alors qu’elle croît en force et en beauté au fur et à mesure que les siècles s’écoulent et que, chaque jour, elle nous gratifie de nouvelles preuves de sa sagesse ?

Je peux me permettre cette réponse pour une raison bien simple qui est propre à la communauté astrologique dans son ensemble, toutes écoles confondues, comme elle le fut à Kepler lui-même : la pratique quotidienne de l’Astrologie ne peut que nous convaincre chaque jour un peu plus, de sa cohérence et de sa validité si on veut bien adopter l’état d’esprit et l’attitude intellectuels nécessaires pour la voir telle qu’elle est.

Cela dit, pour le philosophe comme pour l’homme de foi, les vraies difficultés commencent.

Et, à propos de difficultés, en quoi cet état d’esprit et cette attitude intellectuelle seraient-ils incompatibles avec celles que la science et la religion mettent en oeuvre ?
Autrement dit quelle est la nature et quels sont les fondements qui justifieraient l’existence d’une Astrologie mise au ban de la pensée tant par la science que par les différentes courants de pensée plus ou moins religieux ? Une Astrologie qui prend le rôle sinon de bouc émissaire si cher à René Girard, mais bien celui de fille perdue de la famille culturelle occidentale ; fille perdue qu’on va néanmoins visiter en cachette des autres membres de la famille civilisationnelle que sont l’Église et l’Université ?

Je peux dire qu’au cours de mon existence, après une solide formation de base auprès de la défunte Académie Internationale d’Astrologie, fondée par François Villée et dans le prolongement du tout aussi défunt C.I.A dont je suivis assidument les travaux réalisés par les deux Barbault, Santagostini, Colombet et quelques autres, je me suis intéressé à peu près toutes les écoles d’astrologie de quelque intérêt nées à cette époque : conditionalisme, structuralisme, humanisme, holisme, etc ; et, parallèlement j’ai lu à peu près tout ce qui pouvait se publier sur le sujet dans les années 80/90, en France, aux USA, en Allemagne (dans la traduction française bien sûr).

Dans toutes ces lectures et recherches, j’ai trouvé de nombreux éléments de réponses, fort pertinents, mais aucun qui puisse satisfaire ou convaincre Université et Religion parce qu’ils reposaient tous sur le fait acquis et l’auto-référence. On argumentait pour l’astrologie mais en restant dans la logique astrologique. Impossible alors de ressouder l’unité perdue de la connaissance, autour de quelques principes communs justifiant l’existence harmonieuse de chacune des personnes de cette trinité spirituelle : la science, la foi et l’astrologie.

C’est alors que je décidai de jouer le jeu de l’adversaire et d’accepter ses règles. Déjà titulaire d’une Licence je me réinscrivis auprès du département de philosophie de l’université Paul Valéry en 1994 et, l’année de mes 60 ans, je présentai à Nice Sophia-Antipolis un Mémoire de DEA intitulé « L’Astrologie devant la Raison : le réel et le vrai ». Pourquoi Nice ? Parce qu’entretemps, j’avais présenté mon projet au Pr Jean-François Mattéi qui était alors directeur du département de philosophie de l’Université de Nice et qu’il avait accepté avec beaucoup de bienveillance, de diriger mes tentatives, encore balbutiantes, de réhabilitation. Alors que le professeur de Montpellier, agrégé et docteur, célèbre dix-huitièmiste qui répétait le même cours depuis plus de trente ans et auquel j’avais fait la même demande, m’avait répliqué, d’une voix doucereuse et d’autant plus que, de nature, elle était assez minaudante : Mais bien sûr, cher Monsieur, une thèse sur l’Astrologie serait tout à fait envisageable mais ce serait pour la réfuter !

J’en ris encore. Mais, le dieu de l’Astrologie veillant sur mes projets, je pus me retourner vers le Pr Mattéi qui m’avait été chaudement recommandé par un distingué universitaire de l’Université de Toulouse.


Ce n’était que le point de départ d’une très longue recherche plus ciblée – car si je n’avais rien appris d’utile à l’Université, mes lectures et les échanges que j’engageais avec certains auteurs, scientifiques et théologiens contemporains, m’avaient beaucoup aidé. Quant au projet de thèse, je préférai l’abandonner au profit de l’écriture où je me sentirais plus libre de dire ce que j’avais à dire comme je voulais le dire. De plus, le Pr Mattéi nous avait quitté et je ne tenais pas à travailler sous la direction d’un autre.

Cela aboutit en 2017 à la rédaction de mon premier ouvrage de réflexion sur les rapports entre science, religion, psychologie et astrologie. C’était le temps où Uranus, transitant mon très castrant Saturne natal, me donna le courage de proposer mon premier Essai à un éditeur et d’être publié. Depuis 6 autres ouvrages ont suivi qui tentent de tracer quelques pistes pour explorer les rapports possibles de l’Astro avec la Science, puis avec la Foi et enfin avec la Psychologie. Dont trois préfacés par des universitaires et/ou des hommes de science reconnus, et même par un théologien. Publications et soutiens qui, en fait, compensent de beaucoup la thèse que j’aurais produite si je m’étais cantonné dans la voie universitaire.

Ce bref préambule me paraissait nécessaire avant d’aborder la question qui nous est posée aujourd’hui

« Quelle Astrologie au XXIème siècle »

Il doit vous paraître évident, à partir de ce qui précède, que nous ne pourrons esquisser une réponse, que dans la mesure où nous aurons d’abord résolu la question préalable : quelle est la nature de ce que nous appelons Astrologie ? Que ce soit au XXIème siècle, que ce soit pour toutes les périodes qui ont précédé et pour toutes celles qui suivront notre siècle, qu’est-ce, en soi, que l’Astrologie ? En un mot nous devons dépasser la réflexion à caractère purement pratique ou technique, celle qui concerne nos méthodes et conceptions quant à l’interprétation astrologique entraînant ces charmantes querelles dont se régalent les différentes écoles et/ou chapelles astrologiques, pour aborder un questionnement métaphysique quel est le fondement de notre approche de la réalité astrologique ?

Chaque époque a eu sa réponse comme chacun de nous ici présents a la sienne. Pour ma part, comme je l’ai évoqué plus haut, j’ai apporté les miennes à travers plusieurs ouvrages. Le premier « Sagesse de l’Astrologie Traditionnelle », préfacé par Jean Borella souligne l’incapacité de la science à invalider un type de connaissance qu’elle ne peut comprendre. Un autre : « Rendez-vous chez Origène », préfacé par Rémi Soulié et le Père Jérôme Rousse-Lacordaire, reprend la grande critique des Pères de l’Église contre l’Astrologie grecque, et la résoud de façon iconoclaste en montrant que la polémique entre les deux partis, est totalement « hors sujet » car leur vision de l’astrologie est non-pertinente.

Cependant, si nous opérons un petit retour historique nous remarquons que, quelles que soient les polémiques contre l’Astrologie dont se sont délectés les esprits forts au cours des siècles, l’astrologie s’est maintenue dans l’enseignement officiel jusqu’au XVIIème siècle en France, avant de s’aventurer, livrée à elle-même, sur des chemins divers qui, pour paraphraser Heidegger, semblent ne mener nulle part.

Qu’est-ce-qui justifie cette éviction en 1666 ?

Nous connaissons la réponse : Bacon, Galilée, Descartes sont passés par là qui proposent un modèle de science, strictement dépendant de la physique classique. Or, celle-ci ne conçoit notre réalité que réduite à sa mathématisation ou à sa géométrisation. Opération qui vise à sa « réification » : pour eux le monde n’est plus un organisme vivant animé par l’esprit, mais une chose dont on cherche à comprendre le fonctionnement pour mieux l’utiliser. Démarche, qui, de proche en proche, s’est imposé à toutes sortes de connaissances revendiquant le statut de « science ». Mais démarche qui ne peut correspondre à la nature de l’Astrologie.
Ainsi, pour ce qui concerne notre propos d’aujourd’hui, si nous acceptons le principe selon lequel il ne peut y avoir aucune relation entre le ciel et l’homme, autre que celle que mesurent la physique et l’astronomie, comment pourrions-nous accéder à une quelconque validation de la réalité astrologique, de sa sagesse, de sa langue, de sa symbolique et de son mode de fonctionnement ?

Une Herméneutique.

Nous reconnaissons bien volontiers que l’usage de l’intelligence et de la raison, sont communs à la science et à l’Astrologie, mais en soulignant que cette dernière possède son propre paradigme et sa propre rationalité qui ne sont pas ceux de la science technique. Son propos ne consiste pas à enfermer êtres et choses dans des mesures quantifiables et pondérables, mais, tout au contraire, à les éclairer et les révéler pour en faire advenir le sens.
Ce qui doit nous amener tout logiquement à poser, en ce début de vingt-et-unième siècle, le postulat définitif suivant lequel l’Astrologie n’est pas, ne peut pas, ne doit pas être une science ; en tous cas pas au sens moderne dont ce terme est encore affecté. Mais, qui est en train d’évoluer.

Comment la situer alors dans l’ordre de la connaissance ?

Pour ma part je la définirai d’abord comme une herméneutique.
Comme la Théologie pour les Écritures, comme les Mythologies pour les grands récits constitutifs des civilisations qui y expriment leur vision du monde, l’Astrologie nous révèle un ordre de réalité que les sciences ne peuvent atteindre. A cet effet, elle possède sa propre logique, dispose d’une langue symbolique universelle dont le fondement unique se diversifie en des langages divers, mais tous destinés à éclairer les consciences, à délivrer un sens et non à décrire un mécanisme ou un fonctionnement ou a asseoir un projet de conquête et de domination.

Un sens qu’il s’agit de faire advenir grâce au travail herméneutique pour mettre en lumière, si possible, la façon dont les virtualités de la vie en toutes ses manifestations (zodiaque = roue de la vie) s’actualisant en un lieu et un temps spécifiques, s’expriment ou se présentifient dirait Jean Borella, – notre immense métaphysicien et historien du symbole et des religions – en un ou des sujets donnés à travers une Carte du ciel, établissant ainsi le lien nécessaire entre le cosmique et l’humain pour reprendre une très heureuse expression de Jean-Marc Ferry, titulaire de la chaire de Philosophie de l’Europe auprès de l’Université de Nantes et dont je ne saurais trop recommander la lecture. Pas toujours très facile mais roborative.

De ce point de vue, il est clair que l’Astrologie doit être considérée comme une manifestation épiphanique, c’est-à-dire comme la révélation, dans l’ordre du temps et pour un espace donné, d’une information émanant de ce que Wolfgang Smith, autre penseur majeur de notre époque que nous allons bientôt retrouver, appellera la sphère aeviternelle ou métacosme. Qu’on peut aussi appeler la sphère transcendante, divine ou surnaturelle suivant l’orientation de notre esprit. En tous cas, une sphère qui domine et échappe au temps et à l’espace et qui, bien au contraire, les conditionne. C.G Jung, de son côté, appellera cette réalité transcendante : Inconscient Collectif.

A charge pour chacun de nous – quoique justement soumis au temps et à l’espace par notre corps -, mais tous porteurs de cette étincelle sans laquelle nous ne serions qu’amas de cellules, « poussière » ; à charge pour nous donc, de mettre à jour l’information essentielle que cette épiphanie nous révèle et que notre âme ou notre conscience sont en pleine mesure de dévoiler étant donné leur intentionnalité constitutive.

Quant à l’univers, privé de l’énergie et de l’information que le métacosme lui insuffle en permanence, il n’existerait même pas..

Ainsi la « science » telle que la « modernité » l’a travestie, parce qu’ignorant superbement les réalités de l’âme et de la conscience, n’est, ne veut pas, et ne peut être, ni une « herméneutique » ni une « épiphanie » mais un simple mode d’emploi attaché à découvrir le fonctionnement de l’univers dans sa dimension sensible, matérielle, physique pour le domestiquer !

En un mot la civilisation occidentale, si fière de ses conquêtes scientifiques, se détournant du « Réel » en sa nature qualitative, n’a pu satisfaire ses ambitions démiurgiques qu’en amputant l’être humain – jusque là considéré comme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu – de la partie la plus essentielle de ses dispositions spirituelles : la perception du sens de la vie. Et elle a transformé un Cosmos matrice de l’Humain dont il partage la même origine, en une machine aveugle, violente, bruyante, agitée, enfumée, d’où toute vie semble devoir s’enfuir à plus ou moins long terme car toute intelligence l’a désertée.

Et, Saint Martin, tu galèjes ! me lanceront certains en ricanant. Le monde n’a jamais vu une telle éclosion de prodiges techniques et tu nous dis que l’intelligence l’a déserté ? Uranus que tu évoquais tout à l’heure, ne t’aurait-il pas grillé quelques neurones ?

Peut-être. Mais je me sens un peu rassuré sur mon état mental lorsque lisant Bergson, je découvre qu’il dénonce le travail de l’intelligence au sens étroit. Je crois comprendre qu’il dénonce ainsi l’état de l’homme dont l’intelligence, coupée de l’Esprit, s’applique obsessionnellement à servir sa volonté de conquête et de domination de la terre pour satisfaire ses besoins matériels, sa sécurité, sa cupidité et sa vanité. [A ce propos, je ne me ferai pas un malin plaisir à renvoyer d’éventuels contradicteurs à l’état d’une planète – la nôtre – ravagée par les incendies d’un côté, par les inondations de l’autre ; les uns et les autres provoqués – nous dit-on – par les conséquences néfastes de l’activité des hommes ; activités directement attribuées aux « progrès » de la science. Cherchez l’erreur].

A l’inverse, Bergson exalte l’intelligence « au sens large », qui permet, par son ouverture au Réel pour le comprendre dans son intégralité, de mobiliser les plus hautes activités de l’Esprit, parmi lesquelles nous pouvons classer l’Astrologie, lorsqu’elle renonce aux dérives de la bouffonnerie et du mercantilisme, qui lui sont si fréquents depuis toujours.
Dérives dont la dénonciation constituent justement la préoccupation première et la vocation de la FDAF qui nous réunit ici.

Mais c’est alors que Bergson abandonne le terme d’intelligence et évoque, à très juste raison, l’intuition dont il fait grand cas. Et nous y reviendrons.
Cependant, le mot « esprit » s’est imposé dans cette réflexion où il s’avère indispensable pour bien marquer qu’intelligence et raison – si elle veulent approcher la vérité (notamment astrologique) -, ne doivent pas être coupées de leur source d’inspiration commune : cet Esprit (avec un grand « E ») ce Transcendant, cet Absolu, ce Noûs d’Anaxagore, ce Bien de Platon, d’Aristote et de Plotin, cette Totalité Irréductible ou ce Centre Aeviternel, comme le nomme Wolfgang Smith que j’ai déjà évoqué. D’autres penseurs plus contemporains préfèrent évoquer l’activité d’une « variable cachée » ou d’une « conscience cosmique » omniprésente dans l’univers aussi bien physique qu’humain et qui justifieraient ainsi que nous puissions établir une communication entre l’une et l’autre, ou, mieux encore, entre  la psyché et le cosmos. Ce qui ne peut nous laisser indifférents [Vous trouverez l’extraordinaire profession de foi de Max Planck – un des pères de la physiques quantique – dans l’ouvrage chaudement recommandé de Jean-Marc Ferry – Ici sont les Dragons – Trois Tentations de Notre Temps – Ed. Bord de l’Eau – mai 2023 – 212 p., p. 131, note 1]

Gardons le terme d’Esprit pour évoquer cette Lumière qui accorde vie et sens à toute la réalité cosmique. Lumière qui se manifeste, plus ou moins clairement, dans la conscience de chacun. Avec l’intuition, on pourrait parler aussi d’inspiration, de vision, ou de noèse suivant les écoles de pensée et les références philosophiques. Mais peu importe dans la mesure où nous acceptons l’idée que toutes ces notions évoquent la capacité pour l’esprit humain d’entrer en communion avec une Vérité existant en elle-même et qu’il est prédisposé à refléter ; vérité qu’il s’agit alors de montrer plus que de démontrer ; vérité à contempler dans sa réalité vivante, au lieu de la réifier dans les cadres de nos abstractions, mathématiques, physiques, psychologiques ou physico-chimiques.
Or le miroir qui offre à l’être humain le plus clair reflet des vérités dont il doit s’inspirer pour vivre et donner sens à sa propre existence est celui de l’Astrologie qui lui indique son héritage et sa feuille de route.

C’est ce genre de considérations qui a conduit le philosophe Jean Borella (préfacier de mon premier essai), à mettre en lumière la nature iconique du cosmos. Le cosmos, pour lui, ne peut plus être compris comme une grande machine fabriquée à partir des présupposés absurdes de l’évolutionnisme darwinien ou teilhardien, ou de quelque autre théorie matérialiste, indémontrée parce qu’indémontrable ; machine dont les rouages aveugles décideraient de notre destinée comme le croyaient les astrologues stoïciens.
Le cosmos, pour Borella, est une icône, c’est à dire une manifestation, une révélation de l’Absolu et des Universaux de Sens – Idées, Modèles ou Archétypes, mais aussi Lois et Principes – qui, informent le cosmos à travers ce que Wolfgang Smith nomme le Monde Intermédiaire. Révélation en capacité d’éclairer nos consciences, de donner sens à nos existences, et d’inspirer nos efforts dans la voie d’un accomplissement individuel qui ne peut passer que par la pleine adhésion à un projet auquel il nous est demandé de participer librement. Ainsi cette réalité que nous appelons Astrologie appartient-elle pleinement à ce Monde Intermédiaire qui permet d’établir le lien organique et sémantique entre la Terre et le Ciel. Entre « Métacosme » et « Monde Corporel » (le nôtre : celui où nous vivons, sentons, percevons, éprouvons en tant que Terriens).
Autant dire qu’une Carte du ciel est une expression achevée de ce que Borella entend par icone. Disons, pour faire court, qu’à travers sa fonction iconique ou épiphanique, la réalité astrologique, devient la langue par laquelle une Intelligence s’adresse à la nôtre et nous éclaire sur un certain nombre de points essentiels à connaître pour assumer une destinée possible dans le respect de notre libre-arbitre

šComme l’évoquent certains épistémologues, chaque discipline se présentant comme scientifique – en commençant par la physique qui a imposé ses procédures de validation à toutes les autres – chaque discipline donc, jette un filet dans l’océan de la réalité et ne capture que les seuls poissons susceptibles d’être retenus prisonniers dans ses mailles en laissant forcément les autres s’échapper. Par ailleurs, tous ces filets étant tressés dans la fibre mathématique comme l’exige l’esprit scientifique le plus pur.
Attitude « pseudo-objective » contrairement à ce prétendent les scientifiques, car il va de soi que la subjectivité intervient à tout moment dans la pratique scientifique : dans le choix des hypothèses à prouver, dans le choix des procédures à mettre en œuvre, dans celui des phénomènes observés, dans celui des cas à écarter car considérés comme étrangers à l’hypothèse de départ ; et surtout – et c’est tellement évident que plus personne ne le voyait avant la révolution quantique – dans l’adoption du postulat de base qui unissait le monde de la connaissance officielle de manière aussi radicale que les liens du sang et du crime unissent les membres de la famille Corléone : Hors matérialisme, positivisme et scientisme, point de salut [1]!

Cette illusion suivant laquelle l’observateur serait extérieur au phénomène qu’il est en train d’observer « en toute objectivité » alors qu’il en est partie constitutive, est notamment ce que la physique quantique est venue révéler, ce qui a permis une libération fort bienvenue de la pensée hors des cadres tyranniques d’un positivisme et d’un scientisme désormais condamnés à rejoindre les oubliettes de l’histoire de la science. Cadres tyranniques qui excluaient sans appel toutes les autres approches non-physiques, acausales, par lesquelles notre esprit peut approcher la Vérité. Dont la nôtre en propre : l’Astrologie.

Comment cette libération s’est-elle effectuée ?

Par cette crise dans la conscience, les connaissances, les techniques et les bases de l’épistémologie européenne qui dans la logique de la grande conjonction Neptune/Pluton des années 1890/1900 ont subi des bouleversements telluriques dont nous n’avons pas fini de vivre les répliques. On peut dire que tout le champ des certitudes humaines a alors été miné par la mise en difficulté des hypothèses sur lesquelles celles-ci reposaient depuis le XVIIème.
Bienheureux tremblement de terre car, comme il arrive souvent, celui-ci a permis de remettre en lumière des vérités traditionnelles qui avaient été enfouies sous les couches séculaires du dogmatisme scientiste.

Essayons de résumer à l’essentiel cette crise de la connaissance.

Au-delà des deux Relativités d’Einstein (1905 et 1915) sont apparues la mécanique ondulatoire et la physique des particules ou mécanique quantique présentée par un groupe de gamins facétieux (et géniaux) qui, dans les années 20/30 ont remis en question la physique newtonienne (classique) sur laquelle notre conception du monde était bâtie. Les certitudes newtoniennes (rationalistes) étant effacées, le monde perdit alors de sa stabilité, cet adjectif étant totalement étranger au panorama que la physique des particules révélait aux observateurs tout ébaubis.

Et cela se compliqua – suprême affliction – dans ces mêmes années, par les cogitations d’un certain Gödel qui donna, et donne encore, à tous les esprits dogmatiques une belle leçon d’humilité en démontrant l’incomplétude absolue des théories logiques formalisées à partir de l’arithmétique. Ce qui signifie, au-delà de tout jargon scientifique, qu’aucun système logique, quel qu’il soit, ne peut en valider un autre car aucun système ne touche au fondement, à l’origine de toute chose. Autant dire qu’aucun système scientifique ne peut prétendre posséder quelque vérité que ce soit par rapport à un autre. D’absolue et infaillible la science se voit réduite à un ensemble de conjectures dont certaines fonctionnent certes mieux que d’autres – du point de vue de notre « agir » – mais dont il est difficile de dire qu’elles sont « vraies » au plein sens du terme.
Dur à avaler ! Et certains ne s’en sont pas encore remis.

Conséquence pour nous ?

La physique ne possède plus la vérité car elle n’atteint pas le fondement de toute chose. Elle ne peut donc plus invalider quelque système que ce soit dans quelque domaine que ce soit. Conséquemment la physique ne peut encore moins invalider un domaine qu’elle condamnait du fait qu’il restait totalement étranger à ses procédures réductrices : à savoir l’Astrologie, notre domaine.

Puis, un autre énorme pavé vint alors agiter l’eau trouble du scientisme : c’est celui de la complexité irréductible proposé par Michael Behe et William Dembski. Les travaux de ces deux iconoclastes à l’origine de ce nouveau bouleversement, prouvent qu’il y a une chose que la causalité horizontale[2] ne peut pas produire : c’est ce qu’ils appellent une « information spécifique complexe » [complexe specified information ou CSI].

Qu’est-ce- à dire ? En gros Behé et Dembski s’appuyant sur des bases mathématiques rigoureuses, prouvent que toute forme de causalité horizontale – celle qui se développe dans le temps et l’espace et dont s’occupe exclusivement la pensée scientifique – doit absolument être complétée par une causalité d’un genre différent pour que les opérations physiques aboutissent à un résultat qui ait un sens.

Or, cette radicale remise en cause de la seule vision mécaniste qui conditionnait toute tentative d’explication des mouvements de l’univers, intervenait trois ans après que WS, de son côté, ait proposé son concept de causalité verticale dont il nous dit qu’elle est seule capable d’effectuer les transitions nécessaires mais totalement inconcevables pour la physique en tant que telle.

Ainsi les premiers nous disent : la physique (causalité horizontale) nous révèle un mode de fonctionnement mais ne peut donner aucun sens à ce qu’elle décrit.

Le second renchérit en affirmant : aucun mouvement physique ne peut avoir de sens (à la double acception du terme) sans l’intervention d’un acte d’intelligence qu’il appelle la causalité verticale…immédiate !

Prenons deux exemples simples :

1/ De l’eau bout dans une casserole.

La physique vous aidera à décrire avec un grande luxe de détails comment le feu de l’allumette à enflamme le gaz de la la gazinière, comment la chaleur s’est transmise à l’eau et l’a fait bouillir à 100° et un tas d’autres détails techniques éventuels. C’est ce que Wolfgang Smith appelle « causalité horizontale ». Elle décrit l’enchainement logique d’un certain nombre de phénomènes mais elle ne nous pas leur sens du tout. Pourquoi l’eau bout-elle ? Et non comment l’eau bout-elle ? Seul un acte immédiat de votre conscience ou de votre intelligence vous donnera la clé du problème : l’eau parce que j’ai faim et que je veux me faire cuire des pâtes. Or cette explication ne peut se déduire de l’ensemble des données fournies par la causalité horizontale (la physique). Elle implique quelque chose en plus qui est un acte d’intelligence : causalité verticale.

2/ Mon deuxième exemple est celui de l’horloge ! Vous pouvez la démonter, la décortiquer, la remonter, la redémonter, etc, etc, vous en comprendrez alors l’ensemble détaillé du fonctionnement de l’objet « horloge » : causalité horizontale. Mais seul un acte spontané de votre intelligence pourra donner un sens au fonctionnement de cette machine : elle est faite pour mesurer le temps. Cela s’impose à vous sans démonstration ni intermédiaire ! Vous aurez beau faire, vous ne trouverez jamais le concept ou l’intuition du temps, dans aucun des rouages de la machine qui n’existe, en fait, que comme manifestation d’un acte d’intelligence et d’invention : causalité verticale.

Il y a donc transition inconcevable entre causalité horizontale (laborieuse démonstration technique) et causalité verticale (saisie immédiate d’un sens)

Or, d’une certaine façon, ce sont ces transitions inconcevables pour la physique, qui occupent l’Astrologue dans la mise en évidence des significations astrologiques. Ainsi, évoquer une Causalité Verticale et des transitions échappant au pouvoir des opérations physiques qui réclament un sens et n’en délivrent aucun (causalité horizontale) implique nécessairement l’existence d’un fond, d’un centre ou d’une origine produisant cette autre forme de causalité (verticale) non conflictuelle avec la première mais l’ordonnant à une fin.

Réalité non physique qui, seule, peut expliquer la lumière que l’astrologie, s’efforce de déverser sur nos existences.

De fait, ces différentes crises de fantaisie impertinente – comme je les ai appelées en d’autres lieux – qui ont bouleversé le paradigme scientifique tout au long du 20ème siècle, ont peu à peu modifié en profondeur notre façon d’envisager la nature et/ou la réalité des liens entre matériel et spirituel physique et psychique ; entre ciel et terre, entre homme et cosmos, de telle sorte que certains des plus grands scientifiques finissent par adopter une vision de ces liens, comme seul un Astrologue ou un philosophe puisant aux sources de la tradition, peuvent le faire.

Ainsi, l’Astrologie du XXIème siècle, peut se risquer à prendre quelque distance avec les séductions d’un ésotérisme cacochyme, et se réjouir de constater que la science la plus ouverte, s’arrachant à ses propres mirages mécanistes et matérialistes, justifie une conception du cosmos et des rapports que nous entretenons avec lui, qui étaient déjà présents dans les sagesses traditionnelles : un cosmos tout entier analogique, homologique, correspondanciel : un TOUT conçu et animé par une intelligence à partir duquel chaque événement et chaque être prend son sens. TOUT, symbolisé ou iconisé pour ce qui nous concerne, par le système solaire au sein duquel s’inscrit notre existence ; extraordinaire icone cosmique, dont les mouvements permanents ont pour fin d’accompagner et de guider la grande odyssée de l’aventure humaine dont on comprend alors qu’elle a un sens et un but.

Le seul problème qui pourrait encore interroger ceux qui ont franchi le pas de ce radical changement de paradigme réside dans le nom que nous voulons bien associer à ce TOUT : Métacosme ou Centre aeviternel pour Wolfgang Smith (par ailleurs catholique convaincu) – Inconscient Collectif pour C.G Jung (qui n’en a jamais fini de régler ses comptes avec son calviniste de père à la foi chancelante). Jean-Marc Ferry, peut-être parce qu’il souffre du même complexe que Pierre-Simon Laplace  qui  n’avait pas besoin de l’hypothèse de Dieu pour construire son système mécaniste, ou parce qu’il se méfie des réactions d’une Université à laquelle il appartient et qui a déclaré une guerre sans merci au divin, ne se prononce pas vraiment à propos de ces différentes appellations et préfère évoque une tendance interne vibratoire constitutive de la nature (je résume à l’extrême) dont le caractère la porte à se révéler à travers l’Univers physique d’un côté et le Monde humain de l’autre : celui-ci étant déterminé par l’activité de nos consciences individuelles participant de cette résonance sur leur propre registre : celui d’une grammaire des icônes, suivant la logique associative des correspondances, seule logique qui nous importe en tant qu’astrologues.

Seul Einstein en de nombreuses occasions a osé faire référence à une pensée divine expliquant l’univers comme Max PLANCK dont je vous ai communiqué, plus haut, le très célèbre discours qui a dû rester sur l’estomac de nombreux Prix Nobel.

Même si les difficultés d’intégration et d’unification qui sont apparues dans le champ de la connaissance et dans le monde des physiciens, grands accoucheurs de théories contradictoires, doivent nous rendre prudents, il n’en demeure pas moins qu’un grand pas a été franchi dans la voie d’une conception non-mécanique, non causaliste, du cosmos propre à justifier l’Astrologie. Où l’on rejoint ainsi les cosmologies traditionnelles mais purifiées de leurs erreurs et de leurs superstitions. (ouvrage de W.S)

On peut donc espérer, – pour prolonger la question qui nous est posée -, que pourra bientôt se déployer une Astrologie débarrassée de ses scories et de ses archaïsmes. Or ce déploiement relèvera non de la Science matérialiste dont l’idole aux pieds d’argile est désormais renversée ; science incapable de donner un sens à nos destinées, mais du travail de l’Esprit, de l’Intuition, d’une Raison enfin purifiée de sa maladie constitutive : le positivisme et le scientisme. Une raison ouverte au Réel dans son intégralité par ses dispositions iconiques, analogiques, herméneutiques et sémantiques.

Mythes, légendes, Écritures Saintes, Productions artistiques majeures, sont des révélations, des épiphanies qui nous donnent accès à des régions de la vérité sur le monde et nous-mêmes  inaccessibles autrement ; même s’ils peuvent apparaître comme contradictoires quelquefois, même s’ils peuvent être interprétés de plusieurs façons. Parce que la réalité qu’ils nous présentent, l’unité qu’ils nous annoncent, ne sont pas d’ordre uniquement conceptuel. Ils exigent pour atteindre à leurs soubassements ontiques, un acte transcendant de la pensée pour ne faire qu’un avec l’objet qu’elle cherche à connaître en se détachant de ses propres autolimitations logico-rationalistes.

Ce qui évoque un peu la pensée de Nicolas de Cues, profond métaphysicien du XVème siècle dont l’ouvrage « La Docte Ignorance » ne saurait laisser un astrologue indifférent. C’est cette identification/communion avec l’objet contemplé qui doit réaliser l’Astrologue s’il veut accéder au sens de la carte du ciel qui se déploie devant lui.

C’est aussi ce qu’affirme une des intelligences les plus lucides de notre temps – Jean-Marc Ferry (déjà cité) quand il écrit :

Au-delà des adages sapientiaux qui forment le thésaurus du savoir engrangé dans les cultures traditionnelles, le fond des croyances, y compris les nôtres, demeure inspiré par l’imaginaire des mythologies de l’Antiquité. Cet imaginaire peut même influencer les hypothèses de la cosmologie contemporaine… Il revêt une force étrange, une puissance unique en son genre, qui transcende les estimations courantes suivant le vrai et le faux. Il se propose à nos esprits comme un phénomène quasi naturel. Qu’il s’agisse de l’union d’Ouranos et de Gaia, des 6 jours de la Genèse, de la désobéissance de Prométhée, du combat de Gilgamesh, de tels récits sollicitent le jugement au-delà des catégories habituelles. Ils font incantation à des facultés cachées, capteurs de forces imaginatives allant toucher un fond ou se tiendrait, comme en sommeil, le pouvoir divinatoire de pressentir des réalités pourtant présumées inaccessibles à un entendement fini.

« Le philosophe », avait pu déclarer le jeune Hegel, « doit avoir autant de force esthétique que le poète ». Je prends à mon compte sa proposition appelant la philosophie à s’ouvrir à une spiritualité nouvelle, et singulièrement à s’emplir des forces théurgiques de la mythologie. La réconciliation du logos et du muthos équivaut pratiquement à une reconnaissance de soi dans cet autre que nous avons été jadis. Cependant, la reconnaissance est pleine, accomplie, la vocation du Soi est aboutie dans la dimension historique lorsque le fond archaïque de nos imaginaires est envisagé comme une proposition actuelle de sens et de vérité.

(Fin de citation.)

Ainsi, si l’Astrologie en ce début du XXIème siècle souffre encore d’une totale méconnaissance de sa nature propre par les milieux académiques et culturels du fait que ces instances ont perdu les clés nécessaires pour accéder au niveau de Réel qu’elle « présentifie » (suivant le terme employé par le philosophe Jean Borella). Et surtout, du fait que les ayant perdues elles auront du mal à les récupérer au fond du puits d’orgueil intellectuel et de sectarisme idéologique où elles les avaient jetées.

Elle peut, malgré tout, se réjouir vivement de voir un certain nombre d’esprits supérieurs, parfaitement en phase avec notre époque, redécouvrir une conception du cosmos qu’elle a toujours fidèlement conservée au cours des siècles, même à travers ses dérives les plus naïves, conception qui inclut sa place de plein droit dans le concert des connaissances humaines.

Cette remarque nous ramène à Wolfgang Smith – physicien et mathématicien majeur de notre époque et homme de foi convaincu -, qui, depuis quelques décennies déjà, prépare le terrain à une libération des intelligences, en élaborant une interprétation plus cohérente des découvertes précédemment évoquées. Il s’agit pour lui d’abandonner certaines représentations présentes dans les constructions de la physique galiléenne parce qu’il les juge non scientifiques : un comble. Ce faisant, il montre que les récentes sciences physiques issues de la révolution quantique, construisent des représentations du monde bien plus compatibles avec les affirmations des grandes cosmologies traditionnelles, y compris avec celles de la Bible, que les contributions post-galiléennes. Il démontre que, face à la science contemporaine, certaines sagesses n’appartiennent plus à un âge définitivement révolu comme avait pu le faire croire une certaine modernité. Au contraire, à ces sagesses, et nommément à l’Astrologie, s’ouvrent des perspectives inattendues et libératrices, affirme-t-il clairement et courageusement. Je ne résiste pas au plaisir de vous communiquer la dernière phrase de l’article qu’il a confié à mon Dictionnaire Insolite de la Verticalité pour la rubrique « Astrologie »:

Pour ma part – écrit-il – je ne doute pas que la vision du monde sur laquelle l’Astrologie est fondée – et qu’elle peut exprimer à son tour – est non seulement vraie, mais normative pour l’humanité en général. Elle correspond, en fait, à la véritable Sophia qui permet à l’art, à la culture humaine dans ses modes les plus élevés, Deo volente, d’entrevoir « comme à travers une vitre sombre » l’appel indiciblement glorieux et le but de la vie humaine.

Je crois que nous pouvons nous arrêter sur cette très belle et très réconfortante citation, nous, pauvres astrologues, sans cesse sommés de devoir justifier nos certitudes devant les Sanhédrin de la science et les Pilates de la lâcheté intellectuelle. Nous pouvons, pour rester fidèles à nous mêmes et résister à la mauvaise foi des procureurs du scientisme, nous inspirer, en toute humilité, de l’exemple de Celui qui n’a jamais craint d’affirmer « Je suis la Voie, la Vérité, la Vie ».

Contrairement à Lui, aucun sacrifice suprême n’est exigé de nous pour continuer à affirmer nos vérités.
Seulement un peu de courage intellectuel jusqu’à ce que nous soyons, enfin, entendus.

[1] Richard Lewontin, autre célèbre biologiste américain, généticien et philosophe de la biologie : Nous avons un engagement préalable pour le matérialisme. Ce n’est pas que les méthodes ou les institutions scientifiques nous contraignent en aucune façon que ce soit d’accepter une explication d’ordre matériel du monde des phénomènes, mais c’est au contraire notre adhésion préalable à la causalité matérielle qui nous force à créer une méthode d’investigation et une série de concepts qui produisent des explications matérielles, quand bien même celles-ci s’opposeraient à notre intuition ou laisseraient perplexes les non-initiés. Le matérialisme est, de plus, absolu, en ce que nous ne pouvons accepter la moindre présence divine[1].

New-York Review of books, – 9 janvier 1997 –  p. 236.

[2] Par « causalité horizontale » il faut entendre la causalité sous-jacente à la physique qui opère dans le temps par le biais d’une transmission à travers l’espace.

2 réponses à to “MA CONFERENCE DANS LE CADRE DU CONGRES DE LA FDAF du 16 Septembre 2023”

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