Le hasard qui fait si bien les choses m’a permis d’entendre une ancienne émission rediffusée quotidiennement pendant l’été sur France-Intox et consacrée aux révélations d’un certain « commandant X… » ayant appartenu aux services secrets français et côtoyé le gratin des services étrangers du même ordre. Du moins c’est ce qu’il affirme.

L’émission dont je voudrais vous parler est celle qu’il a consacrée à l’énigme du « masque de fer » qu’il dit avoir résolue, grâce à un très vieux livre devenu introuvable et sur lequel il a réussi à mettre la main après une enquête qui l’a conduit à Limoges.

Je ne résumerai pas l’énigme du « Masque de fer », ce prisonnier détenu dans plusieurs prisons françaises successives, avec les plus grands égards mais le visage toujours recouvert de son masque, même pour dormir.

Les principales versions consistent à en faire le surintendant Fouquet (mort officiellement en 1672, alors que le personnage dont nous parlons est décédé trente ans plus tard). Un frère aîné, mais adultérin de Louis XIV ; un frère jumeau de ce dernier (version diffusée par Marcel Pagnon, devenu historien pour les besoins de la cause).

Il est facile de démontrer l’absurdité de ces trois versions quand on a quelques connaissances historiques et qu’on s’est intéressé au sujet, ce qui est mon cas.

Reste la version de M. X… et elle est renversante. Et bien au-delà de ce qu’on pourrait imaginer car c’est toute la destinée historique de notre pays qui en est bouleversée, pour tous les siècles à venir jusqu’au nôtre. Pour peu qu’on ait conservé sa fidélité à la « Légitimité » en France. Ce qui, là encore, est mon cas. Vous devinez ainsi combien ces révélations m’ont passionné.

Je vous les donne telles qu’elles sont reproduites sur le site de France-Intox à la date du 18 août dernier. « Monsieur X… » affirme :

« J’ai enfin mis la main sur le livre qui racontait l’histoire du médecin de la reine Anne d’Autriche et de sa famille. Ce médecin s’appelait Pardoux, Pardoux-Gondinet, et il était limousin. Il avait assisté à l’autopsie de Louis XIII et avait constaté de visu que le roi n’était en aucun cas physiquement apte à assurer sa descendance. Par conséquent, Louis XIV ne pouvait pas être le fils de Louis XIII, et ce n’était pas un « Bourbon_ »
Et le Masque de fer ? « C’était le gendre de ce médecin. Il avait trouvé l’autopsie dans les papiers de son beau-père et en avait parlé à un ami, le célèbre La Reynie, lieutenant général du royaume, un policier qui ne plaisantait pas avec les secrets d’État. Ce gendre était le « viguier  » (magistrat) de Saint-Yriex, un certain Marc de Jarrige de La Morélie, un homme qui, selon la chronique locale, a soudain disparu en abandonnant femme et enfants… Le document a été brûlé immédiatement, le gendre, arrêté dans la plus grande discrétion. Sa famille ne l’a jamais revu. Forcément… C’est lui, l’Homme au masque de fer ! »

Aussi palpitant que de l’Alexandre Dumas, n’est-il pas ?

Certes, la science moderne semble avoir démenti cette information car en 2013, l’ADN a permis d’établir un lien direct entre Henri IV et Louis XIV, grâce à une comparaison entre le crâne du Vert-Galant et le sang de Louis XVI conservé sur un mouchoir. Par conséquent, il est désormais certain que les rois qui se succèdent de 1589 à 1793 [NA : et même à 1830] appartiennent tous à la même famille, celle des Bourbon. Cela semble exclure définitivement l’hypothèse selon laquelle Louis XIV n’est pas le fils de Louis XIII. Cependant, si le Roi-Soleil ne peut avoir pour père Richelieu ou Mazarin, il ne faut pas oublier que le duc de Beaufort descend, comme Louis XIII, d’Henri IV

En effet le duc de Beaufort est le petit-fils d’Henri IV et de Gabrielle d’Estrées, maîtresse en titre du roi… ce qui semble simplifier l’affaire en sauvant la transmission du « sang de France ». Oui, mais ce serait par « la porte de service » en quelque sorte. Or une des règles fondamentales du royaume veut que « le sang de France ne se présume pas ». Ce pourquoi les Reines de France accouchaient en public et ce pourquoi aussi les « bâtards » des rois ne pouvaient régner puisque rien ne garantissait leur origine paternelle.

Pas simple de prendre parti, comme on le voit.

Alors je me suis demandé si le thème natal de Louis XIV et celui de Louis XIII pouvaient nous donner quelque piste à suivre pour nous faire une idée. Rien n’échappe à un thème de naissance dont les informations qu’il nous donne n’ont d’autres limites que celles qui conditionnent l’exercice de notre art.

C’est pourquoi vous allez découvrir, dans l’ordre, les cartes du ciel des personnages suivants :Louis XIV – Louis XIII – Anne d’Autriche et Philippe, frère de Louis XIV, dit « Monsieur » et même François de Vendôme, duc de Beaufort.

Comme vous le devinez bien, il n’est pas question, dans le cadre d’un simple article de trois pages, de procéder à une analyse rigoureuse des thèmes en présence, mais de relever ce qui, éventuellement, pourrait attirer notre attention de manière insolite.

  • Prenons d’abord le thème de Louis XIV

Concernant le sujet qui nous occupe ici, nous ne pouvons pas ne pas remarquer la présence des Poissons en Maison IV qui exprime, certes, l’importance de la maladie de Louis XIII dans la destinée de Louis XIV orphelin et roi à 5 ans, mais qui peut tout aussi bien évoquer des « relations confuses, embrouillées, fantaisistes, étranges » (A. Barbault dixit) dans le domaine des origines familiales ; signification encore renforcée par la présence de la Lune Noire en Poissons et en M. IV. Or, que nous accordions à la Lune Noire, à la suite de certains astrologues, un caractère d’idéal de pureté morale, ou la marque de traumas hérités du passé ou encore que nous en fassions un point de stérilité face à son opposé polaire Priape, point de fécondité, il apparaît clairement que cette Lune Noire ne peut en aucun cas ne pas signaler un mystère profond et douloureux dans la généalogie de Louis XIV. Importance encore accrue lorsqu’on constate la présence de Neptune à l’Asc qui – dans le contexte et hors de toutes les autres significations qu’on peut lui attribuer – pourrait souligner le problème crucial que ses origines pouvaient poser à Louis XIV.

  • Prenons celui de Louis XIII ensuite.

L’Asc Cancer attire immédiatement sur la question de la famille et des origines. Avec une Lune en Balance (influençable) opposée à Pluton (perverse ?) nous voyons se dessiner l’attitude de Louis XIII vis-à-vis de Marie de Médicis. Il sait qu’elle fut sans doute prévenue de ce qui se tramait contre son propre mari, mais qu’elle n’a pas fait grand-chose pour l’avertir ou le protéger. Il sait aussi qu’elle ne jure que par la Galigaï et son mari, Concini, maréchal d’Ancre, qui ne voit dans la personne du très jeune Louis XIII, qu’un obstacle à ses ambitions démesurées à contourner, voire éliminer,  nous pouvons comprendre que ce jeune homme se soit senti menacé au sein de sa propre famille par celle-là même qui aurait dû le protéger et qu’il en ait ressenti une forme de méfiance, voire d’hostilité envers les femmes. Ce qui justifie soit son impuissance, soit son homosexualité plus ou moins avérée.

Or, la Lune chez Louis XIII se situe à la pointe de la Maison V, celle des « amours, créations, enfants » pour faire simple. Opposé à Pluton nous pouvons y voir l’annonce des deux fausses-couches de la Reine, qu’il fût ou non l’auteur de ces grossesses. Mais, plus radical encore, nous observons encore, dans cette même Maison V, une opposition Saturne/Uranus, des plus restrictives et stérilisantes  dans l’axe Taureau/Scorpion : celui de la « chair » et des activités sexuelles. Opposition bloquant, par double-carré, l’expression d’un Mars – dont il est inutile de rappeler les fonctions en ces matières – situé en Lion[1]. Ce qui peut expliquer, étant donné le goût d’Uranus pour détourner les pulsions de leur orientation naturelle, que Louis XIII ait préféré la compagnie de son jeune et beau et très ardent Cinq-Mars (Soleil-Mars en Bélier !) dans son lit que celui de son épouse. Et surtout, qu’il se soit trouvé « stérile » Saturne/Uranus, par excès de « sec » étant l’une des configurations les plus stérilisantes qui soit.

A ne pas oublier aussi le rôle de Marie de Médicis qui, lors que mariage du très jeune Louis XIII avec sa femme (tous deux n’ont que 14 ans) obligea le jeune homme à « consommer » immédiatement ce mariage (pour des raisons politiques bien entendu) : terrible nuit de noces dont le pauvre Louis sortit tellement humilité qu’il ne coucha plus avec sa femme pendant 4 ans, dit la chronique.

  • Passons au thème d’Anne d’Autriche

On le voit dominé par une triple conjonction Soleil/Lune/Vénus à l’Asc. Lion qui nous amène à douter de ce que certains de mes maîtres n’auraient pas manqué de signaler comme « une bonne sexuation » du thème, les valeurs féminines (Lune et Vénus) étant soumises à des valeurs « viriles » : Mars (la plus lente de l’amas, donc la plus valorisée) en Lion et à l’Asc. Une femme de tête ? Non, disons plutôt une femme de « passion », énergique, sans doute émotive, impatiente et colérique rendue folle de devoir vivre avec ce véritable « bonnet de nuit » qu’était Louis XIII, mélancolique, dépressif…

Il n’est qu’à remarquer le carré que Saturne en Scorpion (encore) oppose à la fougue du trio planétaire pour comprendre la frustration permanente dans laquelle cette femme à dû vivre. Il aurait fallu à Louis XIII une épouse du même type que celle qui sera sa future belle-fille, Marie-Thérèse d’Espagne, qui supporta tout ce que son mari lui fit subir en fait d’infidélités avec le sourire, si bien que celui-ci a pu déclarer le jour de la mort de sa femme que « c’était le toute première fois qu’elle lui causait quelque déplaisir » (je cite de mémoire).

Que cette malheureuse femme ait eu des amants, nul ne pourrait en douter.

Que nous cherchions la trace d’amants possible en Maison V ou en Maison III (suivant les écoles et les théories), nous voyons une très belle échappatoire à ces forces passionnelles et comprimées en Maison XII (Mars/Lune) dans le sextile qui les associe au trio Mercure-Vénus-Jupiter en III ; Jupiter étant d’ailleurs le Maître de la Maison V. Ensemble qui évoque un réel épanouissement, outre l’autre signification possible[2] : l’illustre environnement familial de sa famille et le rôle de « maman » qu’elle a joué auprès de ses frères et sœurs privés de leur mère décédée à l’âge de 26 ans.

Ajoutons qu’une conjonction Lune/Mars au carré de Saturne (en IV) n’est jamais d’un très bon augure en matière de pronostic médical dans le domaine de la grossesse. La consultation m’a appris que les complications, fausses couches, placenta-preavia, naissance par le siège et autres joyeusetés étaient fréquentes avec ce type de configurations, quelles qu’en fussent les causes physiques.

Cependant, la reine a pu avoir des enfants, étant donnés les indices donnés par la Maison V placée sous la maîtrise de Jupiter (indice d’enfants dans l’astrologie ancienne) en conjonction avec le Soleil (maître analogique de la Maison V puisque maître du cinquième signe : le Lion) et de Mercure qui, lui aussi, a quelque chose à voir avec les enfants et qui, maître des Gémeaux, pouvait même signaler qu’elle en aurait deux. Mais ne forçons pas le trait.

Donc au terme de ces trois ébauches nous nous trouvons face à un homme dont les origines sont tellement incertaines et sombres qu’elles constituent pour lui un problème essentiel (Louis XIV) ; face à son père dont le propre père a été assassiné[3] et dont la mère est d’une nocivité telle qu’il s’en trouve traumatisé et « empêché » dans son rôle de mari et de géniteur[4]. Et, enfin, d’une reine, sa femme, épouse ardente, passionnée et frustrée qui semble avoir trouvé les moyens de combler les manques terribles que son époux lui impose. Bien malgré lui.

Je crois que ce tableau est assez éloquent pour que nous puissions commencer à tirer des conclusions – prudemment car l’Astrologie ne prouve rien : elle indique ce qu’il faut voir et où il faut voir – nous laissant le soin de décider en fonction de notre intelligence et de notre perspicacité.

Mais j’ai voulu aller un peu plus loin. En interrogeant :

  • Le thème de « MONSIEUR FRÈRE DU ROI», né environ deux ans après Louis XIV.

On remarque qu’il naît sous une conjonction Soleil/Vénus superposée à la conjonction Soleil/Jupiter de sa mère : symbole heureux s’il en fut. Mais on constate aussitôt que cette conjonction tombe au carré d’une conjonction Lune/Jupiter (la Lune étant maîtresse de l’Asc. Cancer) : on peut associer la Lune, à la famille et à la mère, et Jupiter à la légalité. Ainsi la configuration insinue que cette grande joie que fut la naissance de « Monsieur » pour Louis XIII trois ans sa mort et pour sa mère Anne, pourrait être le résultat d’un « coup de canif dans le contrat », c’est à dire marquée d’une certaine illégitimité. D’autres observations peuvent intervenir pour conforter ce sentiment, mais je les laisse de côté par souci de sobriété. Cependant on ne peut ne pas remarquer l’harmonie de Vénus/Soleil en Maison V, les amours, à l’opposition Neptune/Pluton en Gémeaux-Scorpion dans l’axe 6/12 : fautes et transgressions cachées ?

Reste aussi la conjonction Mars/Saturne qui évoque bien, elle aussi, un père aux « aiguillettes nouées » puisque ce que Saturne bloque à travers la planète Mars ne peut être que l’expression naturelle et libre des instincts sexuels virils.

Certes toute cette configuration peut se rapporter – et se rapporte véritablement – à l’homosexualité flamboyante de « Monsieur », mais ce ne serait que repousser le problème : qu’est-ce-que révèle l’homosexualité de « Monsieur » deuxième fils de Louis XIII, sur les rapports dont il est issu et sur les traumas qui, depuis l’arrivée d’Henri IV sur le trône, ont affecté cette famille ?

  • DUC DE BEAUFORT, François de Bourbon-Vendôme

Enfin, et pour le « fun » je me suis amusé à observer le thème de ce fameux Duc de Beaufort qui serait l’heureux – et muet – papa de Louis XIV.

Remarquons la triple et royale conjonction Lune-Jupiter-Vénus en Sagittaire (les hauteurs du pouvoir) qui, visiblement, ne pouvait attirer le jeune duc que vers une dame qui fût en rapport avec de si nobles astralités, et qui tombe pile au trigone de la triple conjonction Mars-Lune-Asc-Vénus d’Anne d’Autriche. Visiblement la rencontre entre ces deux là a dû faire des étincelles et on comprend qu’ils aient conçu un garçon aussi remarquable et énergique que leur « Roi-Soleil » de fils.

Remarquons aussi la puissante conjonction Soleil/Mars à 26° Capricorne qui tombe pile au trigone du Mercure/Soleil/Jupiter de la Reine qui semble bien avoir un rôle à jouer avec ses amours et ses enfants et nous dire quelque chose du géniteur (voir plus haut).

Conclusion :

  • Côté regrettable. Depuis Louis XIII, nos souverains ont échappé à la loi de primogéniture mâle, règle d’une suprême intelligence qui nous a évité les conflits de succession, les rivalités et les guerres civiles entre « prétendants » comme ce fut le cas en Angleterre, en Russie et en Espagne, par exemple.

  • Côté bénéfique. Si la règle politique a été transgressée, la règle spirituelle, elle, celle qui fait du Roi de France le successeur de Clovis baptisé à Reims et Vicaire du Christ à la tête du royaume, cette règle donc, ne l’a pas été, car le duc de Beaufort, père supposé de Louis XIV, était bien « du sang de France », tout comme ses illustres aïeux et ses illustres fils, puisqu’il était le petit-fils de Henri IV, fondateur de la dynastie, lui-même « du sang de saint Louis ».

En espérant que ces tentatives exploratoires dans notre Histoire, ne vous aient pas trop ennuyés, je vous adresse mes cordiales pensées à tous et à toutes.

LSM

[1] Cette configuration ne peut pas ne pas nous renvoyer à celle d’Emmanuel Macron, qui lui est très voisine, et qui fait « qu’il n’a jamais voulu avoir d’enfants ». Puisqu’il le dit…

[2] Mais nous savons que le langage hyper-synthétique de l’Astrologie favorise les significations multiples.

[3] Un roi assassiné : cela n’est arrivé que deux fois en treize siècles de monarchie française ininterrompue !

[4] Mais qui se rattrapera en tant que souverain car Louis XIII fut une roi remarquable, éclipsé par la personnalité de Richelieu soit, mais ce dernier n’aurait rien été sans le soutien éclairé de Louis XIII, tandis que Louis XIII avait toutes les qualités pour gouverner sans Richelieu.

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