De l’essence de la royauté française

Cher Monsieur,

Comme vous vous en doutez sans doute, je suis un (assez) fidèle téléspectateur de l’émission « Face à l’Info » à laquelle vous participez avec toute l’équipe talentueuse réunie autour de Christine Kelly et d’Éric Zemmour.
Vous dire que je suis en phase avec la plupart des idées ou analyses qui y sont exprimées ne vous surprendra pas.

Vous dire que j’apprécie de manière inconditionnelle la façon dont vous présentez l’Histoire, tout en reconnaissant cependant l’effort que vous faites pour la rendre vivante et amusante, serait exagéré.
Certes, vous n’êtes pas là pour nous « faire un cours ». Et ce n’est d’ailleurs pas votre prétention. J’ai soigneusement lu votre biographie telle qu’elle est présentée dans Wikipédia et, si j’ai été émerveillé par la diversité de vos talents et de vos activités dans des domaines très étrangers les uns aux autres (en bon super-Verseau que vous êtes), je n’y ai pas découvert la moindre trace d’une quelconque compétence particulière en Histoire. Ce qui rend votre prestation télévisuelle d’autant plus méritoire.
Le danger étant que cela vous conduise, inversement, à passer quelquefois à côté de l’essentiel de ce qu’il faudrait nous dire, dans la mesure où cette émission se veut une émission de « ré-information », face à l’entreprise de conditionnement gigantesque menée par les médias français (et la poignée de milliardaires qui les tiennent) dont le projet semble consister à nous rendre un peu plus bêtes et un peu plus oublieux de notre identité, donc de nos origines et de notre Histoire – chaque jour.

Ainsi me semblez-vous passer vous complètement « à côté » de l’essence même de la royauté française.
Vous remarquez tout de suite que je n’écris pas la « monarchie » mais la « royauté ». La différence est celle qui existe entre un homme qui exerce le pouvoir seul, au bon gré de sa volonté propre, et celle d’un homme placé à la tête d’institutions qui dépassent sa propre personne et dont il devra rendre compte de l’usage du pouvoir – incontestable – qu’elles lui confèrent.
Cet essentiel qui vous échappe apparaît particulièrement dans la façon dont vous avez, assez récemment, traité de la question de l’assassinat de Louis XVI comme dans celle dont vous avez traité des rapports entre Henri III et Henri IV.

Pour bien comprendre les choses, il faut remonter à l’origine même de la dynastie : au baptême de Clovis à Reims pour être précis. Baptême dont vous avez traité aussi, dans une autre émission, avec Franck Ferrand, tout aussi imperméable que vous, semble-t-il, à l’aspect métapolitique ou spirituel, des événements que vous commentez[1].
Lorsque Rémi baptise Clovis, il ne se contente pas de baptiser un homme qui vient de se convertir (comme ce fut le cas pour Constantin au IVème siècle par exemple) et, avec lui, de baptiser les trois mille « cadres » qui l’accompagnent et se convertissent eux aussi à la foi du Christ.
Rémi, en fait, en baptisant Clovis, institue une dynastie, une lignée, une famille, – contrairement à ce qui se passa pour Constantin qui ne fonda aucune dynastie – chargée de poursuivre le travail de christianisation de ce qui deviendra la France, tout au long de l’Histoire. Au nom du Christ il promet à cette lignée, si elle respecte le serment par lequel elle s’engage à rester fidèle à cette tâche, qui consiste à placer le Christ à la tête des Institutions et de Le faire régner tout au long de l’Histoire en la personne de ses Vicaires, les futurs Rois de France, il promet donc, la protection permanente du Ciel. Un peu comme le Christ Lui-même avait promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient jamais contre l’Église qu’Il venait de fonder en la personne de Pierre. Ainsi, la longévité de ladite lignée dépendrait essentiellement de sa fidélité à ce vœu fondateur : c’est le fameux Serment de Reims.

Il découle de cette réalité (je schématise) que le Roi n’étant que le Vicaire du Christ à la tête du royaume, ce sont Jésus et Marie (surtout avec l’acte de consécration du royaume à Marie, sous Louis XIII) qui en sont les authentiques souverains.

  • C’est pourquoi le Roi est appelé, dès cette époque, « sergent de Dieu » ou « lieutenant du Christ ». [Il ne deviendra « fils aîné » que bien plus tard].

  • C’est pourquoi il s’engage – et tous les souverains après lui – à défendre et protéger la religion catholique dans son royaume : c’est la fameuse Loi de Catholicité, qui constitue un des piliers de la royauté française (nous allons la retrouver un peu plus loin)

  • C’est pourquoi enfin il reçoit 9 onctions sacrales sur le corps et devient, par là même, un personnage sacré, quasiment un évêque (ce qui explique que les femmes soient exclues de la succession). Si on ne comprend pas que le Roi est un Grand-Prêtre à la tête de la nation, on ne comprend rien à la royauté française.

Ce qui explique, tout aussi logiquement que la deuxième loi fondamentale du royaume établisse l’ordre de succession par « primogéniture mâle » ; une femme ne pouvant être un « prêtre » ou un « vicaire ». On évoque souvent la loi salique à ce propos. Sans que cette explication soit fausse, on peut dire qu’elle est un peu courte : Dieu qui sait ménager Ses effets dans l’Histoire n’a peut-être choisi les Francs Saliens comme future race régnante en Gaule, puis en France, que parce que leur droit naturel les prédisposait à accepter et mettre en œuvre un droit monarchique qui fût d’inspiration catholique sans même le savoir. Qui sait ? J’ai lu que vous vous étiez intéressé à certains phénomènes dits paranormaux, cette explication ne devrait donc point vous surprendre.

  • Ce qu’il faut bien mettre en lumière dans ce petit exposé des faits, c’est le fait central de ce qui constituera plus tard, la « légitimité » royale : l’ordre de primogéniture mâle dont j’ai parlé plus haut.

  • C’est l’ordre de succession qui désigne le roi et rien d’autre. Le couronnement à Reims (à Paris ou à Chartres) n’est qu’une confirmation et le rappel de l’alliance qui fut conclue à Reims. De même que ce n’est pas la circoncision qui fait le Juif mais uniquement la naissance – comme je le lisais très récemment -, de même c’est la naissance qui fait le Roi de France. Et rien d’autre. C’est pourquoi d’ailleurs Louis XVIII qui ne fut jamais couronné, est quand même l’un de nos Rois de France à part entière.

  • Si bien que le roi de France n’a pas « d’héritier » et n’est pas « héritier » comme on l’entend trop souvent. Il n’a qu’un « successeur » étant lui-même « successeur » du roi précédent, comme fils, comme neveu, comme oncle, comme cousin (tous ces cas se présenteront au cours de l’Histoire quand le fils manquera à l’appel). Ce qui souligne bien que nos rois n’ont jamais été « possesseurs » de leur royaume, ils n’en sont que les « usufruitiers » et doivent le gérer au nom du véritable souverain : le Christ. Ils ne peuvent donc en disposer (Loi d’indisponibilité) et, par exemple, ils ne peuvent le léguer par testament, ni changer l’ordre de succession (Louis XIV s’y est cassé les dents post mortem, si je puis dire) parce que tel de leurs descendants leur plaît plus que tel autre qui ne leur plaît pas du tout.

Si on ne comprend pas cela, on ne comprend rien à Jeanne d’Arc, aux rapports Henri III/Henri IV, et à la décapitation de Louis XVI.

Je résume. Dans le cas de Jeanne d’Arc, les choses sont simples (du moins du point de vue du droit royal en France). Les rois d’Angleterre, parce qu’ils se rattachent à Isabelle de France, fille de Philippe le Bel qui a épousé Henri II d’Angleterre, estiment devoir être reconnus comme rois de France, du fait que les trois garçons de Philippe le Bel n’ont pu assurer une quelconque « succession » au trône. Ce qui a fait passer à la couronne à Philippe de Valois, oncle de Philippe et plus proche parent « par ordre de primogéniture mâle ». Pourquoi ? Parce que cette fameuse « Loi » interdit une quelconque succession par les femmes. Ce qui est le cas des souverains anglais. On assiste donc au premier changement de dynastie de l’ère capétienne (987) et à l’installation de la Maison de Valois sur le trône pour deux cent soixante ans, dans le respect absolu de l’ordre de primogéniture mâle.

Comme la lucidité et la subtilité ne sont pas les qualités maîtresses des souverains anglais (pour ne parler que d’eux) il refusent de lâcher prise et finissent par (presque) réussir leur coup. Charles VI est fou[2], sa femme une débauchée de bas étage, signe, contre denrées sonnantes et trébuchantes, un traité (à Troyes) par lequel le malheureux roi, à sa mort, lègue « son » royaume à son beau-fils… anglais ! Isabeau et ses complices ont eu la malice de faire épouser la fille de Charles VI à l’héritier Godon[3]… et le traité de Troyes, aussi ignominieux que l’ont été les sinistres Accords d’Évian, dépouille le propre fils de Charles et d’Isabeau, le dauphin Charles, de ses droits légitimes à régner après son père. Et c’est là qu’intervient Jeanne d’Arc qui conduira Charles à se faire couronner sous le de Charles VII puis à devenir le souverain le plus puissant d’Europe.

Ainsi apparaît-il clairement que la mission de Jeanne, si elle peut apparaître comme politique, obéit avant à un élan d’ordre spirituel qui la dépasse elle-même (les fameuses Voix) : élan qui vient rappeler, imposer et rétablir le serment de Reims qui passe par le respect de l’ordre de succession par primogéniture mâle, car cet ordre est celui qui protège la lignée choisie par Dieu pour régner sur la France, à l’origine même de Sa consécration à Sa personne.

Quand on voit ce qu’ont vécu l’Allemagne, les pays scandinaves, les pays slaves et l’Angleterre un siècle plus dans l’incendie allumé en Europe par le fanatisme protestant, on se dit, en tant que Français et que Catholique, que nous l’avons échappé belle, même si nous n’avons pu éviter quelques brûlures au passage.

Et quand on observe cette continuité sans heurt de la royauté française sur treize siècles et qu’on la compare avec ce qui s’est passé du point de vue dynastique en Russie et en Angleterre par exemple : les Normands éliminant les Saxons, les Lancaster éliminant le York, les Tudor éliminant les Stuart (Elisabeth/Marie-Stuart), les Stuart accédant enfin au pouvoir, après la mort d’Élisabeth, mais détrônés par Cromwell assassinant le roi Charles 1er; les Stuart encore, revenant au pouvoir mais chassés cette fois-ci par les fanatiques protestants de la Maison de Hanovre (débarquant en Angleterre avec une armée de cinquante mille hommes) et définitivement éliminés de l’Histoire d’Angleterre, on se plaît à penser qu’entre tous les maux qui nous ont assaillis au cours de  notre longue destinée, au moins Dieu nous a-t-il évité les guerres fratricides de successions dynastiques, si on excepte le très court épisode de la succession Valois-Bourbon ou s’était infiltré – là encore – le poison protestant.

Ce qui m’amène à votre prestation sur le personnage de Sully (émission que j’ai prise en cours de route) où je vous ai entendu vous étonner (ce n’est pas le mot à mot, mais vous me pardonnerez) de voir ce Roi catholique – Henri III – appeler à la rescousse ce Roi protestant – Henri IV – et même (je vous cite) le choisir pour lui succéder !

Dire que vous êtes à côté de la plaque sur ce coup là, serait un euphémisme.

  • Un : le roi de France ne « choisit » pas son successeur, c’est la Loi (de primogéniture mâle) qui le désigne. Si le roi de France avait pu « choisir » en ces circonstances, nul doute qu’il se fût tourné vers un catholique de pure observance. Il n’en manquait pas autour de lui, et de grand prestige comme la famille de Guise par exemple.

  • Deux : mais justement cela lui était impossible, car « la Loi » désignait, sans conteste possible, Henri de Navarre. La note qui lui est consacrée dans Wikipédia nous apprend ceci : fils de Jeanne d’Albret, reine de Navarre (elle-même fille de Marguerite d’Angoulême donc nièce du roi François Ier), et d’Antoine de Bourbon, chef de la maison de Bourbon et descendant du roi Saint Louis, Henri de Bourbon est premier prince du sang et, en vertu de la « loi salique », le successeur naturel des rois de France de la maison de Valois, s’ils meurent sans descendance mâle légitime, ce qui a été le cas de tous les fils d’Henri II. Tout est dit. Par les caprices de l’Histoire, le seul successeur légitime de Henri III était un très, très lointain « cousin » : Henri IV, descendant de Robert de France, comte de Clermont, 6ème et dernier fils de saint Louis, fondateur de la Maison de Bourbon ! Épatant, non? n’aurait pas manqué de demander le regretté Pierre Desproges, qui avait autant d’humour que vous en plus décapant…

Ce qui nous permet de comprendre une chose et d’en constater une seconde, fort curieuse, au demeurant :

  • La chose à comprendre est l’expression « prince du sang » (que vos collègues de l’étrange lucarne transforment souvent en « princes de sang », les ânes !).

Cette expression en elle-même est un vrai cours d’Histoire : par l’emploi de l’article défini, elle exprime à la fois l’unité des membres d’une même famille (du même sang : le sang) et l’unité du principe qui désigne ces membres comme seuls aptes à régner du fait qu’ils incarnent la Loi. D’une manière plus profonde encore ce « du » évoque à la fois le sang de Clovis le fondateur dont la conversion est à l’origine de la naissance de notre nation, celui de Robert le Fort, dont Franck Ferrand a rappelé qu’il coule dans les veines de tous les Rois de France ayant régné après lui, et enfin, le plus prestigieux peut-être, c’est le sang de Saint Louis qui a porté la fonction royale à son plus haut degré spirituel, politique et moral. Ce n’est pas pour rien que l’abbé d’Edgeworth pourra s’écrier au moment où Louis XVI monte à l’échafaud : Fils de saint Louis, montez au ciel !.

  • Quant à la chose à constater c’est une constante de l’Histoire de la royauté française que peu d’historiens soulignent. La voici : à chaque fois que trois frères sont amenés à se succéder sur le trône de France, faute d’avoir eu le temps de procréer un successeur mâle, on change de dynastie.

  • Ainsi la dynastie des Capétiens directs se termine avec les trois fils de Philippe le Bel : Louis X (qui aura bien un successeur posthume, Jean 1er,… mais qui ne vivra que quatre jours) Philippe V et Charles IV   et on passera aux Valois comme on l’a vu plus haut. Ce sera la cause de la guerre de cent ans (et un peu plus).

  • La dynastie des Valois s’éteindra après que les trois fils de Henri II – François II , Charles IX et Henri III – se soient succédé sans successeur mâle : d’où passage aux Bourbons.

  • Celle-ci se terminera de la même façon : Louis XVI (dont le fils mourra, emmuré dans un cachot, de la prison du Temple), Louis XVIII et Charles X.

  • Le Comte de Chambord, l’enfant du miracle, né posthume après la mort du duc de Berry fils de Charles X, mourra lui aussi sans postérité.

  • Si bien que pour une Restauration – bien hypothétique – de la Royauté Très Chrétienne dans notre pays après deux siècles et demi de lavage de cerveau révolutionnaire et en état de coma religieux avancé, il faudrait de nouveau faire appel à la Loi de Primogéniture mâle, qui désigne sans contredit possible le Duc d’Anjou actuel – Louis XX – second fils d’Alphonse de Bourbon, duc d’Anjou et de Cadix, mort accidentellement en 1989 (cela ne s’invente pas) et donc descendant en ligne directe de Louis XIV par son petit-fils appelé à régner sur l’Espagne sous le nom de Philippe V.

  • Nous avions offert une dynastie à l’Espagne, ce serait la moindre des choses qu’elle nous la rendît au moment où nous en avons le plus besoin pour retrouver notre identité. Mais c’est une autre affaire.

Pour clore ce chapitre, je trouve curieux cette récurrence de trois frères se succédant à trois reprises dans l’Histoire de France et ouvrant, les trois fois, la voie à une nouvelle dynastie. Occurrence qui associe la continuité quasi intemporelle d’une lignée qui se perpétue au fil des siècles depuis Clovis comme un « long fleuve tranquille », et ses capacité adaptatives qui répondent aux exigences politiques et métahistoriques quand la situation le demande. Un fleuve, oui, mais qui sait se ramifier et irriguer de nouvelles terres…si vous me permettez d’utiliser une telle métaphore.

Reste – et je terminerai par là, rassurez-vous – votre évocation de la mort de Louis XVI dans votre émission du 21 janvier. Jour où tous les drapeaux de France et de Navarre devraient être mis en berne.

En effet vous avez bien précisé que cette tête que les révolutionnaires vont jeter aux pieds des monarques européens, signifie qu’ils ne retourneront pas en arrière ; une sorte de « j’y suis, j’y reste » politique non négociable. Comme l’avait fait Cromwell qui, lui aussi, avait assumé « la cruelle nécessité » de couper la tête à son Roi, exactement cent cinquante ans plus tôt. Mais en se basant sur de tous autres principes.

L’explication que vous nous avez fournie, sans être fausse, n’est que la plus immédiate. Il y en a une plus profonde, essentielle, que vous auriez dû mettre en lumière, dans la mesure où l’émission à laquelle vous participez s’efforce de contrebalancer « ‘l’enfumage » habituel… si j’ai bien compris vos intentions à tous les cinq.

Cette cause est justement la rupture du pacte de Reims et le changement radical de l’origine du pouvoir en France. L’autorité, quelle qu’elle soit, ne vient plus de Dieu, mais elle vient désormais de l’homme et seulement de l’homme qui décide par lui-même de son destin et donc de son gouvernement. Et pour bien montrer que l’Homme a remplacé Dieu sur les autels, on coupe la tête à l’Oint du Seigneur, au Sergent du Christ, au Lieutenant de Dieu. Ce qui ne correspondait absolument pas à la démarche de Cromwell qui refusait simplement que son pays retournât au catholicisme, mais qui acceptait Dieu et Sa loi à la tête des institutions anglaises…pourvu que ce fût du Dien anglican.

  • Les deux révolutions, anglaise et française, sont donc profondément différentes de « nature » : la première est politique et seulement politique ;

  • la seconde est spirituelle (ou plutôt contre-spirituelle) et proprement « luciférienne » puisqu’elle réalise, dans le pays qui (ainsi que vous l’avez fait remarquer dans votre émission sur Clovis) est le foyer de la conversion de l’Europe au Christianisme, la promesse du Serpent : Vous serez comme des dieux!. D’où la tâche première de la révolution : détruire le culte catholique en France par tous les moyens imaginables possibles, dont les plus ignobles. Et d’abord et avant tout humilier et détruire la personne de celui qui représente le Chris à la tête des Institutions et du pays.

En fait, si on y réfléchit bien, la date clé de ce processus d’apostasie révolutionnaire qui va conduire à la mort du Roi, Vicaire du Christ à la tête de la nation, est celle du 20 juin 1789 par laquelle une assemblée convoquée par le Roi, ayant prêté serment de fidélité au Roi, s’émancipe de son autorité – donc du droit divin – et se proclame, elle, législateur suprême sans référence à quelque loi divine que ce soit. Ce qui conduit à toutes les abominations morales d’aujourd’hui.

Pour que le processus fût achevé il fallait que le symbole vivant en lequel la loi du Christ s’incarnait fût immolé. La décapitation de Louis XVI le 21 janvier 1793 ne fut donc pas un simple acte politique, particulièrement  dramatique, de notre Histoire, ce fut un véritable déicide car, profaner la personne du roi consistait, en fait, à profaner les personnes du Christ et de Sa Mère qui étaient (et sont toujours pour quelques uns, dont je fais partie) les vrais souverains de la France.

Louis XVI lui même, s’y est si peu trompé qu’il a souhaité juste avant de mourir – comme vous nous l’avez rappelé – que «  ce sang [le sien] que vous [les révolutionnaires] allez répandre ne retombe jamais sur la France ».

A considérer les trois révolutions qui ont suivi et les convulsions intermédiaires, les sept régimes politiques incertains et instables qui nous ont gouverné avec heurts et malheurs – dont le dernier sous lequel nous vivons s’avère tellement foireux qu’il est en train de nous conduire à disparaître -, les trois guerres majeures (j’oublie les secondaires) que nous avons du affronter contre l’Allemagne en trois quarts de siècles, les cinq invasions de notre territoire dont la dernière se termine le 14 juin 1940 par le drapeau nazi sur la Tour Eiffel ; sans oublier la sixième en cours – musulmane – organisée, encouragée par nos élites et financée par nos impôts, il paraît évident que « le sang du dernier Lieutenant du Christ » est retombé sur notre tête. A considérer enfin l’état de pourrissement moral et intellectuel dans lequel se vautre notre pays aujourd’hui où toutes les valeurs et vertus d’hier sont remplacées par leurs contrefaçons et où les dépravations les plus avérées sont défendues par la loi, il est encore plus évident que le roi-martyr n’a pas été entendu, car on récolte toujours ce que l’on a semé.

Je vous demande, cher Monsieur Menant, de pardonner une lettre aussi longue qui va mobiliser un peu de votre temps d’autant plus précieux que vous êtes un homme très actif (Ascendant Bélier oblige) mais il est bon que, de temps en temps, les Français qui subissent un matraquage médiatique à sens unique et à longueur de vie, puissent s’adresser à une oreille amie pour exprimer et développer un autre point de vue – le point de vue traditionnel et légitimiste – que celui qui leur est imposé par le politiquement correct.

Je vous prie de croire, cher Monsieur Menant, à l’expression de mes sentiments les meilleurs à partager avec toute l’équipe de « Face à l’Info » et de « La belle Histoire de France ».

LE 31.01.2021

Louis SAINT MARTIN

[1] Sans d’ailleurs évoquer une seule fois, l’ouvrage tout récent – particulièrement bien documenté – que Philippe de Villiers a consacré à ce personnage majeur de notre Histoire nationale.

[2] En fait, d’après une étude médicale sérieuse, il aurait été progressivement empoisonné par Isabeau et son amant et beau-frère, Charles d’Orléans. Mais passons..

[3] Car pour ce qui est des Anglais et de leurs lignées de psychopathes et d’usurpateurs, on peut parler d’héritiers et non de successeurs

15 réponses à to “Lettre Ouverte à MARC MENANT – Émission « Face à l’Info » :”

  • Mélusine8:

    Dan, Dan Brown et le mystère de Rennes le Château. Tiens, je viens de perdre mon compagnon Olivier qui venait de Mende. Il est dit dans l’histoire de Jehanne, qu’elle était accompagnée du Dieu de Mende. Je n’ai toujours pas résolu l’énigme de notre rencontre: un 1er mai 2005. Naissance supposée de Christian Rozenkreutz. Je vous conseille la lecture éclairante sur Mythe Errant. L’Elu du serpent rouge de Jean-Paul Bourre

    • Même réponse que pour votre intervention précédente.
      J’y ajouterai cependant toute ma sympathie attristée pour la perte de votre compagnon.
      Bien cordialement à vous
      LSM

      • Je n’ai jamais entendu dire que Mitterrand fût antisémite, surtout si on en juge par ses amitiés politiques : Badinter, Fabius, Attali et quelques autres dont les noms ne me viennent pas à l’esprit. Je me souviens au contraire d’un voyage en Israël qui lui avait permis de mieux comprendre cette culture à laquelle il attachait un grand intérêt.
        Quant à l’amitié plus particulière avec Attali, il est normal que deux esprits aussi tordus et machiavéliques que les leurs, se soient reconnus. Ce qui n’a pas empêché le second, en bon super-Scorpion type charognard qu’il est, de trahir le premier en publiant des « Verbatim » fort indiscrets si j’ai bonne mémoire et, qu’en toute loyauté, il aurait dû garder pour lui.

  • Melusine8:

    Etrange cette association entre Mitterrand (catholique et antisémite) et un juif Kabbaliste (Attali)

  • Vous savez, j’ai lu aussi quelque part que Mme Merkel était la fille cachée de Hitler.
    Il y a bien longtemps que je ne m’intéresse plus aux supputations d’écrivains « ésotéristes » qui ont d’autant plus de succès (Dan Brown et son Da Vinci Code par exemple) qu’ils s’adressent à un public qui a remplacé la foi religieuse par le goût de l’insolite et du merveilleux et dont la formation a complètement laissé de côté (comment pourrait-on nous manipuler autrement ?) ce que saint Ignace de Loyola appelait « le discernement des esprits ».
    Merci pour vos contributions, toujours agréables à lire.
    LSM

  • Mélusine8:

    Ben, je devais m’attendre à des deuils: ascendant capricorne. Noeud nord en capricorne. J’ai même perdu deux Olivier. Le deuxième étant le fils spirituel du roi Baudouin. Né le même jour que la mort de celui-ci. il voulait m’aider à me remettre du deuil de mon premier Olivier. Et les sentiment ont suivi. Mais je le savais malade du foie depuis le début. Nous avions un pacte au début: nous raconter toute notre vie. La sienne fut incroyable. Sa mère descendant de Saint Louis et un de ses ancêtres fut Chambellan au château d’Amboise à l’époque de Gilles et Jehanne. Le père de sa mère fut le médecin d’Attali et de beaucoup de têtes couronnées. Volià pourquoi j’ai des raisons de m’intéresser au sujet. Heureusement j’ai mon amie Martine, amie de la nièce de Mythe errant,, qui me reste. Croyez-vous aux synchronicité (JUNG). En ce qui me concerne je suis convaincue. Ce qui est en haut comme ce qui est en bas. En plus, je suis née à Renais (300 km de Tournai lieu de naissance de Clovis) et s’y Trouve l’Eglise SAINT-HERMES. enfant j’habitais à côté: rue des Prêtres. En plus, C’est Saint Amand du bas Poitou qui « créa » Renaix »… Poitou et la légende de MELUSINE…..En plus mon deuxième Olivier est mort le jour de mon anniversaire le 11 décembre. Débranché le 17. Encore merci pour votre travail. Mais vous aurez compris que je suis plutôt dans le gnose,.. Une autre forme de spiritualite proche des Rosicruciens (qui marquèrent mon destin)….

    • Première réflexion à la lecture de ces lignes:
      Il vous faut écrire vos mémoires, je suis sûr que vous avez des choses passionnantes à nous apprendre.
      Deuxième réflexion:
      Je suis en plein dans la lecture des « 22 méditations sur les Arcanes Majeure du Tarot » d’un Maître en Hermétisme et gnostique distingué…
      Ce qui répond à votre question sur la « synchronicité ». D’autant que, lorsqu’on est astrologue, il serait contradictoire de ne pas y croire.

  • Mélusine8:

    Lire: Renaix et non Renais dont l’origine « viendrait » de rose Rhosne). En plus j’habitais Russeignies qui en flamand se dit: Rozenaken (rose et fenêtre. )

  • Mélusine8:

    Mon Olivier 2 (bon je peux le dire: fils de Philippe Roberts Jones).https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Roberts-Jones. Scorpion type) a fait du vol à voile avec Rocard tout le tour de la Suisse, pour faire pipi en plein vol pas facile, ils ont bien ri). Mitterrand un tueur. Je ne révélerai pas le reste… Barbouzerie et compagnie…

  • Mélusine8:

    Enfin nous avons deux points communs: l’astrologie (pas très catholique tout ça…sourire) et l’intérêt pour l’histoire et la politique. Mais aussi quelques point communs sur les évolution sociétales…C’est déjà cela. A 66 ans,.. c’est l’avenir de ceux qui resteront après moi. Et comme je crois un peu en la ré-incarnation.. Avec Vénus, Neptune et Saturne conjoints au MC en scorpion. Cela fait un destin qui peut me révéler encore des surprises….

  • Stéphane L.:

    Je reste un peu confus à la lecture de votre billet. Je ne comprends pas bien l’importance que vous attribuez à l’ « l’ordre de succession par « primogéniture mâle » » :

    1) Ce n’est qu’une des méthodes de résolution des querelles entre pretendants, et encore est-ce la méthode d’usage la plus tardive dans l’histoire ; dans l’ancien droit germanique on tendait plutôt à partager le royaume entre les membres de la famille – ainsi par exemple l’Empire à la mort de Charlemagne.

    2) Vous dites vous-même que « faute d’avoir eu le temps de procréer un successeur mâle, on change de dynastie » : ce n’est donc pas un impératif divin comme vous semblez le dire par ailleurs.

    3) Je suis entièrement d’accord avec vous que la France a eu la chance d’éviter bien des malheurs et bien des guerres civiles par ce qu’elle a été catholique, mais je ne vois guère le rapport avec la « primogéniture mâle ».

    Le facteur déclenchant des guerres civiles, c’est habituellement l’hérésie, pas le non-respect de la « primogéniture mâle ». En Angleterre, c’est Henri VIII qui le premier a fait de son beau royaume catholique un enfer protestant et pre-capitaliste, ce qui n’empêche qu’avant de tomber dans l’hérésie il était un souverain et un successeur parfaitement légitime.

    4) Reparlons du cas Henri du Navarre. Ce qui a sauvé la France à cette occasion, ce n’est certes pas la « primogéniture mâle » mais la foi des Français, qui ont su imposer à Henri d’abjurer son hérésie. En sens inverse, plusieur historiens anglais catholiques ont opiné qu’Henri VIII n’aurait pas
    osé faire ce qu’il a fait s’il avait rencontré un peu plus de résistance.

    • Je reste un peu confus à la lecture de votre billet. Je ne comprends pas bien l’importance que vous attribuez à l’ « l’ordre de succession par « primogéniture mâle » » :
      R : Il est pourtant essentiel

      1) Ce n’est qu’une des méthodes de résolution des querelles entre prétendants, et encore est-ce la méthode d’usage la plus tardive dans l’histoire ; dans l’ancien droit germanique on tendait plutôt à partager le royaume entre les membres de la famille – ainsi par exemple l’Empire à la mort de Charlemagne.
      R : L’exemple de Charlemagne n’en est pas un. Charlemagne était Empereur d’Occident et non Roi de France. Or, nous le savons, un « empire » est un ensemble de royaumes chacun gouverné suivant ses coutumes propres, dont l’ordre de primogéniture pour ce qui n’était pas encore la France au sens plein du terme. Ce qui signifie que l’ordre de succession par primogéniture mâle a toujours été respecté par les royaumes qui l’ont précédé et dans ceux qui lui succèderont. Il l’aurait même été si les rejetons de Napoléon 1er et Napoléon III avaient pu accéder au trône. Ce qui Dieu merci, n’est pas arrivé. Ce qui n’empêche que cet ordre a sans doute été codifié bien après qu’il ait été institué. Mais l’électricité existait elle aussi bien avant qu’elle fût théorisée et dominée

      2) Vous dites vous-même que « faute d’avoir eu le temps de procréer un successeur mâle, on change de dynastie » : ce n’est donc pas un impératif divin comme vous semblez le dire par ailleurs.
      R : Il est regrettable de voir combien ces notions, pourtant essentielles quant à notre identité historique, sont confuses dans l’esprit des personnes les mieux intentionnées.
      Un changement de dynastie – des Capétiens directs aux Valois, des Valois aux Bourbons, des Bourbons de France aux Bourbons d’Espagne après la mort du Compte de Chambord (pour ce qui est de la période actuelle) n’est pas une rupture dans l’ordre de primogéniture mâle, mais, tout au contraire, un moyen de la maintenir vivante. Les rois de France, comme j’ai eu tant de fois l’occasion de le préciser, ne sont pas des « héritiers » mais des « successeurs » : le royaume ne leur appartient pas, ils en sont les vicaires au nom de Jésus-Christ déclaré Roi de France au baptême de Reims. C’est l’ordre dans la succession qui décide de leur droit et non le simple fait d’être le fils de leur père. Ainsi, cet ordre de succession, dans le cas d’une absence de fils aîné décédé, touchera un cadet (Louis XV et Louis XVI, que l’ordre de succession ne désignait pas au départ) et, s’il n’y a pas ou n’y a plus de cadet, il désignera le neveu, le cousin, ou l’oncle le plus proche du souverain défunt: c’est le cas de Philippe VI de Valois, oncle et successeur le plus direct de Charles IV, dernier capétien direct. Ces successeurs portent le nom de leur apanage (Valois, Bourbon ou autres) mais ils sont tous descendants en ligne la plus directe de Clovis. Il sont « du sang » de Saint Louis, roi emblématique de cette longue dynastie. D’où l’expression « princes du sang » et non « princes de sang » comme je l’entends dire par les ignares de la télé quelquefois. Ainsi, à la mort de Henri III, ses deux frères étant décédés avant lui, l’ordre généalogique (de primogéniture mâle) désignait le Bourbon, descendant direct de Robert de Clermont 6ème fils de Saint Louis, qui, par le jeu compliqué des naissances et des morts était devenu l’aîné des Capétiens, chef de la Maison de France. Comme l’est actuellement le prince Louis, fils cadet (son frère François étant mort en 1973 je crois) de Louis-Alphonse de Bourbon, mort en 1989, lui même fils du duc de Ségovie, fils aîné d’Alphonse XIII d’Espagne mais aussi Alphonse 1er de France.

      3) Je suis entièrement d’accord avec vous que la France a eu la chance d’éviter bien des malheurs et bien des guerres civiles par ce qu’elle a été catholique, mais je ne vois guère le rapport avec la « primogéniture mâle ».
      R : C’est sans doute que vous connaissez mal l’Histoire des autres pays. Pour ne prendre que deux exemples emblématiques, comparez l’Histoire de la Russie et celle de l’Angleterre surtout, vous comprendrez combien cette loi de primogéniture nous a évité de malheurs. Pensez à cette guerre dite « des deux roses » qui entraîné l’Angleterre dans une guerre civile de quarante ans entre York et Lancaster, tous deux « prétendants » (et non « successeurs légitimes » comme chez nous) au trône d’Angleterre. Sans oublier la guerre civile de près de neuf ans qui a opposé les Stuart, souverains légitimes, au Parlement anglais puis à l’envahisseur Guillaume d’Orange qui a fini par l’emporter et a définitivement installé la dynastie apostate qui gouverne l’Angleterre encore aujourd’hui. Aucun de ces malheurs ne serait survenu si Henri VIII n’avait imposé une Église dit Anglicane pour des raisons purement personnelles certes, mais surtout si sa bâtarde Élisabeth 1ère, fille d’une reine décapitée pour infidélité (réelle ou supposée) ne l’oublions pas, dérogeant au principe dynastique qui désignait les Stuart comme successeurs légitimes à la reine Marie Tudor, n’avait usurpé le trône.
      Cherchez dans notre Histoire (je pourrais vous réciter la liste complète des Rois qui se sont succédé en France depuis, au moins Charlemagne), cherchez bien et dites moi si vous y trouvez trace d’une seule guerre de succession ? Même au plus fort des guerres de religion, c’est un roi protestant à l’origine, qui s’est imposé du fait qu’il était le successeur légitime des Valois, par primogéniture mâle. Nous évitant ainsi les malheurs d’une sanglante division politique en sus des malheurs de la division religieuse de notre pays.
      L’exemple de la guerre dite de cent ans est paradigmatique de ce qui peut arriver à la France lorsque la loi de primogéniture mâle n’est pas respectée.
      Comme vous le savez, à la mort de Charles VI de France, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, le roi anglais était Édouard III fils d’Édouard II (qui préférait de loin son amant à sa femme) et d’Isabelle de France, fille de Charles IV le Bel, donc soeur des trois derniers rois qui s’étaient succédé en France, tous fils sans postérité de ce même Philippe IV. C’est alors que notre cher Édouard III se crut pleinement autorisé à revendiquer la couronne de France. Si nous avions cédé, la France devenait anglaise et le Roi Très Chrétien devenait, moins d’un siècle après la fin de la guerre (1453) le Roi Très Apostat (1537) en la personne du forcené nommé Henri VIII.
      Ainsi, non seulement la loi de primogéniture nous a protégés des guerres civiles intestines tout au long de notre Histoire, mais elle a aussi protégé notre identité et notre unité face à la guerre que nous imposèrent les délires de toute puissance d’une puissance étrangère qui n’a jamais cessé de nous tailler des croupières.

      Le facteur déclenchant des guerres civiles, c’est habituellement l’hérésie, pas le non-respect de la « primogéniture mâle ». En Angleterre, c’est Henri VIII qui le premier a fait de son beau royaume catholique un enfer protestant et pre-capitaliste, ce qui n’empêche qu’avant de tomber dans l’hérésie il était un souverain et un successeur parfaitement légitime.

      R : Raisonnement à courte vue comme ma réponse précédente devrait vous le prouver. Les guerres civiles de succession n’ont cessé d’agiter l’Angleterre pendant toute son histoire. En commençant par l’invasion normande et la victoire du pseudo-héritier Guillaume le Conquérant en 1066, qui se prévalait d’une obscure légitimité de naissance face au roi saxon. Si nous voulions aller un peu plus loin nous verrions que cette chère et inamovible Élisabeth II n’est en rien légitime et occupe une place qui n’est pas la sienne. En fait, le raisonnement est simple : lorsqu’il y a un héritage important (et même s’il ne l’est pas) et qu’il n’y a pas de testament dûment établit [équivalent, en l’occurrence, de la loi de succession française], on a toutes chances de voir la famille se déchirer. C’est ce que la loi de primogéniture mâle, a toujours évité à la France et a fait sa force. Sans compter le fait que ce principe de masculinité a eu pour bénéfice secondaire que nous ne fussions jamais gouverné par un étranger. C’est entre le sang de Clovis converti, fer de lance de la chrétienté en Europe, sa descendance, et le Christ que le pacte fut conclu à Reims, pas avec le premier aventurier ou coureur de dot auto-proclamé.

      4) Reparlons du cas Henri du Navarre. Ce qui a sauvé la France à cette occasion, ce n’est certes pas la « primogéniture mâle » mais la foi des Français, qui ont su imposer à Henri d’abjurer son hérésie. En sens inverse, plusieurs historiens anglais catholiques ont opiné qu’Henri VIII n’aurait pas
      osé faire ce qu’il a fait s’il avait rencontré un peu plus de résistance
      .

      N : C’est étonnant comme vous avez du mal à tirer de bonnes conclusions d’observations judicieuses.
      Pourquoi les Français – en admettant votre raisonnement – se seraient-ils efforcés de « convertir » Henri de Navarre [qui, je vous le rappelle, avait été baptisé catholique à sa naissance, son père étant lui-même catholique] – si, justement, ils ne voyaient en lui leur légitime souverain ? Ils ne manquaient pourtant pas de candidats potentiels parmi les princes du sang qui, de près ou de loin, pouvaient se prévaloir d’un lien de parenté significatif avec les Valois ! Cela leur aurait évité bien des tracas avec ce Béarnais plutôt grossier d’allure et de comportement.
      Les Anglais avaient accepté une reine bâtarde de naissance et illégitime du point de vue dynastique. Pourquoi les Français ne les auraient-ils pas imités ? Voila une question qu’elle est bonne, n’aurait pas manqué d’ajouter Coluche.
      Quant à l’attitude des Anglais vis à vis de Henri VIII, il ne faut pas oublier la cupidité et une forme de pragmatisme religieux qui constituent un élément fondamental du tempérament anglo-saxon. Comment s’opposer à un roi qui permettait à la bourgeoisie anglaise de piller les biens de l’Église et de s’enrichir de ses dépouilles ? Nous assisterons d’ailleurs au même phénomène en 1792-93-94 où les malheurs de notre pays, les tueries et les pillages qui s’y perpétraient au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité (maçonnique) ne manquèrent pas de profiter à tous les charognards du nouveau régime dit républicain

      Un dernier point qui vous aura échappé mais que je ne peux développer ici : c’est le caractère sacerdotal de la fonction royale. Le Roi à Reims reçoit autant d’onctions que les évêques moins une : c’est un personnage politique mais c’est, avant tout, un personnage religieux « oint du Seigneur » « Lieutenant du Christ » « Sergent de Dieu ». A ce titre il prolonge, à la tête de la France, le travail des Apôtres dans leur travail missionnaire d’évangélisation. Si la succession ininterrompue des Apôtres ne peut, en matière ecclésiale, s’opérer que par la désignation des cardinaux réunis en conclave sous l’autorité et l’inspiration du Saint Esprit, la succession apostolique d’un Roi non contraint au célibat se fait, toujours sous l’action du Saint Esprit, par « la loi de primogéniture mâle ».
      C’est un raisonnement que seul un catholique peut comprendre. Mais je pense que c’est votre cas.

      Je reste à votre disposition et vous adresse mes bien cordiales salutations en espérant que vous sentiez un jour combien « la loi salique dite de primogéniture mâle » a constitué une véritable bénédiction – spirituelle, politique et civique – accordée par Notre Seigneur au beau royaume de France, ne serait-ce que parce qu’elle plaçait un « père » à la tête de la nation, famille de familles, en lieu et place du pantin que l’État Profond, d’essence ploutocratique et luciférienne, a réussi à installer à l’Élysée.

      LSM

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