Je ne reviens pas sur les détails de l’« affaire Jonathan DAVAL » qui a « défrayé la chronique », comme disent nos journaleux, et qui s’est terminée par une condamnation à 25 ans de prison le 23 novembre 2020. Vous trouverez force détails dans toutes sortes de comptes-rendus publiés à l’envi sur Google, pour vous renseigner sur les détails concrets de ce drame.

Ce qui m’intéresse ici, en tant qu’astrologue, c’est, bien entendu, d’arriver à cerner la personnalité des protagonistes. De Jonathan surtout. Ou, plus exactement, à déterminer les tendances fondamentales  qui constituent le donné dont un sujet – doué d’intelligence et de volonté puisque « créé à l’image et à la ressemblance de Dieu » – devra prendre conscience s’il veut se réaliser authentiquement, s’il veut s’accomplir dans une voie positive. Faute de quoi il est condamné à obéir à la pression que ces déterminations de départ (toujours liées à un héritage psychogénéalogique en tant que cause seconde, car les « causes premières » ne nous sont pas accessibles) font peser sur lui. Et lorsque ces déterminations sont négatives ou dangereuses, on comprend que l’ignorance dans lesquelles on les tient, risque de causer des ravages.

En un mot : Jonathan DAVAL s’est comporté comme un assassin, et même comme un assassin particulièrement sadique.

  • Était-il plus ou moins incliné à le devenir ? certainement oui.

  • Était-il condamné à le devenir ? certainement non, pas plus que n’importe qui d’autre possédant le même thème.

Du moins si on croit, comme moi, à la présence de l’esprit en nous. Comme l’écrit Jean Borella dans son dernier ouvrage publié[1] : Les matérialistes […] doivent…se faire une raison : qu’ils le veuillent ou non, l’esprit existe, « en toute liberté » si l’on ose dire, n’obéissant essentiellement qu’à sa propre nature, quelles que soient par ailleurs ses dépendances accidentelles.
Une autre façon de nous rappeler que Astra inclinantnon determinant.

Quelques citations liées à la personnalité de Jonathan.

  • D’abord sur sa ou ses dualités : quelques titres d’émissions consacrées à cette affaire.

    • « Affaire Alexia Daval : le double jeu du mari idéal » le 10 février 2018 dans Chroniques criminelles sur TFX.

    • «  Les mystères de Jonathan Daval » (premier reportage) le 16 avril 2018 dans Crimes sur NRJ 12.

    • «  Affaire Jonathan Daval : le mari aux deux visages» le 23 mai 2018 dans Enquêtes criminelles sur W9.

    • « Affaire Daval : Amour, meurtre et mensonges» le 15 novembre 2020 dans Sept à huit sur TF1.

  • Sur les analyses psy du sujet.

    •  Selon des informations du Républicain lorrain, un « premier psy » est missionné en tant qu’expert par le juge d’instruction, dont les conclusions sont « sévères» concernant le mari. Cette première expertise psychiatrique de Jonathan Daval fait état de « traits pervers » et sa « capacité de manipulation ».
    • Une [autre] expertise psychiatrique datée du 12 juillet 2018 précise que Daval ne présente pas un état dangereux sur le plan psychiatrique, mais qu’il est dangereux sur le plan criminologique. Daval est aussi décrit comme une personnalité « agressive, colérique, et caméléon, en gros il peut s’adapter ou transformer la réalité en fonction des circonstances». Selon ce psychiatre, cet état est lié à un complexe profond dû à sa petite taille (Daval mesure 1,67 m)[2]. Randall Schwerdorffer, l’avocat de Daval, n’est pas d’accord avec ces descriptions parce qu’il n’y a pas un élément [patent] dans le dossier qui qualifie son client comme tel.

    • Pendant l’été 2019, une expertise psychiatrique supplémentaire révèle que Jonathan Daval a « une pathologie de personnalité » et une personnalité « de type obsessionnel » qui le rendent instable et pouvant craquer à tout moment. Tous ces troubles dateraient de son enfance, et il semble que Daval ait développé des TOC, notamment, « amour de l’ordre, de la propreté, du rangement et persistance de rites de vérification ». L’avis du psychiatre est nettement moins sévère que la première expertise psychologique, qui présente le mis en cause comme « colérique », « agressif » et « manipulateur ».

    • Enfin, une enquête de personnalité est menée. L’enquêteur, qui a interrogé une vingtaine de personnes, n’a recueilli « aucun renseignement négatif sur le comportement de Jonathan Daval, avant les faits ». Ses proches le décrivent comme une personne très bien insérée dans la société, un bon sportif, sans problème financier, mais déclarent que son épouse a tendance à le dominer, à réguler son alimentation et à surveiller son emploi du temps, bien qu’il ne s’en soit jamais plaint. Son caractère maniaque sur la tenue de la maison et des tensions au sein du couple liées au désir d’enfant de la victime sont aussi évoquées.
  • Un aperçu sur les rapports de couple Jonathan/Alexia.

    • Le 5 mars 2019, Jonathan, accompagné d’un de ses avocats, est conduit à son domicile pour des constatations sans lien avec le cambriolage récent. Lors de la fouille de la maison, Jonathan Daval fait remarquer la disparition d’objets sexuels appartenant à Alexia : un « rose classique[3] » et « des boules de geisha argentées ». Selon lui, la présence de ces objets se justifie par les problèmes sexuels que le couple rencontrait, son épouse « s’enferma[n]t dans la chambre » pour « remplace[r] [son époux] par [s]es sex-toys ». Et le compte-rendu d’ajouter :  une situation mal vécue par ce dernier.

 Nota : Être remplacé par un morceau de plastique rose dans la manifestation la plus intime de l’amour conjugal, il y a de quoi, en effet, ressentir quelque malaise ou mal-être !

Je pourrais multiplier les références et les citations (qui sont toutes en ligne à votre disposition) mais je crois que le portrait qui se dégage de ces quelques lignes est assez éloquent par lui-même. J’ai mis en italiques tout ce qu’il y a à en retenir. Je n’insiste pas pour n’avoir pas à me répéter.

Nous ne manquerons pas de nous intéresser au thème de naissance d’Alexia (publié sur le site de la FDAF – www.fdaf.org), au moins dans les grandes lignes.

Mais pour le moment voyons ce que nous révèle le thème natal de Jonathan qui a été publié, lui aussi, par les bons soins de la FDAF (fdaf@fdaf.org)

1/ Généralités.

N’oublions jamais, avant d’entreprendre la lecture d’un thème, qu’il ne s’agit nullement d’enfermer le sujet dans les limites d’une interprétation définitive puisque toute interprétation est forcément subjective en fonction du cadre de références au sens large qui conditionne d’abord l’interprète lui-même : ses prédispositions, sa culture, ses orientations philosophiques et morales, sa connaissance de la symbolique astrologique, etc… Mais aussi en fonction du cadre de références qui conditionnent le sujet même dont nous entreprenons l’analyse du thème ; références qui nous échappent quasi totalement ; si bien qu’il nous faudrait prendre exemple sur l’ethnopsychiatrie ou l’ethnopsychologie pour concevoir une sorte d’ethno-astrologie qui nous permettrait de replacer le sujet étudié dans le contexte de sa culture : celle de la Haute-Saône ou des Vosges, n’étant pas tout à fait celle de la Touraine ou de la Provence.

En tous les cas, le mieux à faire face à une nouvelle carte du ciel, est de se placer dans une perspective propre aux philosophes grecs : s’étonner et s’interroger. Ce qui, en matière astrologique, pourrait s’exprimer par la question suivante : quelles sont les problématiques qui apparaissent dans un thème donné quand un consultant se présente à nous ? En lui laissant le loisir de découvrir les réponses aux questions qui auront été mises à jour au cours de l’entretien. Seul moyen de respecter sa liberté et sa responsabilité, mais surtout d’éviter de faire de la consultation un simple jeu de l’esprit. Un consultant convaincu n’est pas un consultant persuadé. Il ne peut l’être et agir en conséquence, que s’il a tiré ses conclusions pas lui-même au lieu qu’elles lui ont été présentées toutes faites. Surtout si elles ne lui plaisent pas car il aura tôt fait d’abandonner sa conviction première par la suivante, qui consiste à penser que le praticien « n’a rien compris » à son cas. C’est humain.

2/ Le coup de l’Éventail !

Il ne s’agit nullement de celui que le bey d’Alger asséna au consul général de France à Alger et qui déclencha la conquête de l’Algérie, mais de considération astrologique.

La première impression qui s’est imposée à moi quand j’ai découvert le thème de JD c’est l’extrême concentration planétaire qui en constitue la structure  : 9 corps célestes sur 10 sur 83° du zodiaque, entre début Scorpion et fin Capricorne: un cas d’école !

Le dixième corps céleste est la Lune, placée à 22° des Gémeaux, s’opposant presque parfaitement au centre de l’amas constitué par les 9 autres corps célestes et constituant avec eux, ce que l’astrologie anglo-saxonne, toujours inventive en matière de simplification et de modélisation, nomme un « éventail » ou un « coin ». De ce point de vue, nous avons affaire à un « éventail » parfait dont la définition est : ensemble planétaire qui doit s’inscrire entre 120 et 140° du zodiaque avec un corps céleste ou une conjonction éloignée de plus de 60° d’un des bords de l’amas. Ici, 87° suffisent à contenir cet amas ; et la Lune à 22° Gémeaux est opposée à Vénus qui, à 19° Sagittaire, est quasi exactement au centre de l’amas.  

Le thème de JD répond donc à la définition de manière parfaite.

Le thème en « éventail » est une variante du thème en « seau » ou en « entonnoir » mais, pour ces derniers, la largeur de l’amas peut atteindre 190 voire 200 degrés alors que « l’éventail » est beaucoup plus concentré comme je l’ai écrit plus haut.

Certains l’appellent thème en « coin » ou en « grappe », ce qui me paraît encore plus significatif sur le plan symbolique que l’évocation de l' »éventail », même si c’est moins poétique.

  • Quelle est la signification qui est couramment attribuée à un thème en « seau » ou en « entonnoir », modèles d’origine pour le « coin » ou l’« éventail » ?

Dans ce type de thème, la concentration d’énergie est également très importante, comme pour les figures en « bol »[4], avec une planète leader et une planète en queue (toujours dans l’ordre des signes Bélier, Taureau…, Poissons), mais moins marquée par nature : en réalité, elle va se faire via la planète isolée, encore appelée l’APEX : elle va la canaliser et constituer une direction privilégiée pour le sujet, caractérisée par sa signification donnée par les facteurs habituels (signes, maisons, dignités, aspects, maîtrise). Cette libération de vitalité étant encore plus concentrée que pour celle du bol, la personne dispose, si elle choisit bien ses atouts et à cette seule condition, d’encore plus de moyens que celles possédant un thème en forme de bol.

S’il fallait prendre une analogie avec un signe, le Scorpion d’une certaine façon (pas pour toute la signification de ce signe) correspondrait le mieux avec le dessin du Seau : une personnalité très concentrée et passionnée, capable de conduire sa vie avec un acharnement presque surhumain, est-il indiqué sur le site Astrothème, mais on peut choisir d’autres références (il n’en manque pas) qui disent la même chose de manière différente, car, en matière de définitions astrologiques tous les manuels s’entreglosent.

  • Quant au modèle « coin » ou « éventail », la même source précise :

La dualité entre ce point isolé [la Lune chez JD] et l’amas est si forte, que l’on comprend aisément que ce point isolé prend une importance encore plus forte que dans un thème en forme de seau. L’APEX (le nom donné à la planète ou à la conjonction isolée) devient non plus seulement le point par lequel la personne va pouvoir canaliser son énergie donnée par l’amas, mais également un moyen, comme si l’apex devenait partie intégrante de l’amas, en en devenant sa dominante.

C’est fort troublant n’est-ce-pas ? Et elle ajoute :

Ce genre de thème est très typé, relativement rare, et donne généralement des personnalités voire des destins (si l’hémisphère Sud est très touché) tout à fait singuliers.

C’est le moins qu’on puisse dire, même si ce n’est pas l’hémisphère Sud (celui de la vie publique, des réalisations et de la carrière) qui est touché ici, mais l’hémisphère Est : c’est à dire le sujet lui-même dans l’essentiel de sa structure et de ses motivations individuelles.

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Dans l’astrologie comparée que je pratique, je considère que tout corps céleste en aspect d’un amas planétaire – sans même me référer aux modèles planétaires – bénéficie d’une valorisation toute particulière ; surtout quand cette valorisation s’exprime par une dissonance majeure. Ce qui est le cas ici où la Lune est rejetée à l’occident et en dissonance plus ou moins forte d’Uranus, Vénus, Jupiter, Neptune, Mercure. Pourrait-on dire que le « moi » enfant du sujet ou encore  sa polarité « féminine » ou son « anima » – la Lune évoquant aussi bien l’un que les autres – constituent une difficulté majeure d’intégration dans la personnalité de Jonathan ? Sans aucun doute. Si grande même qu’elle conditionnera le fonctionnement de toute la structure du thème. Nous essaierons de déterminer plus loin les problèmes aigus que cette non-intégration va entraîner dans son existence.

Remarquons pour le moment que la Lune est en Maison VII – celle du couple, du conjoint, du mariage – ; qu’elle la gouverne par son « exaltation » en Taureau qui occupe la cuspide de la Maison VII ; que l’importance qu’elle représente pour les questions de couple est encore attisée par son opposition à Vénus (2ème polarité « anima ») en Sagittaire (aspiration à l’autonomie), maîtresse en titre de la Maison VII et affectée d’une conjonction à Uranus qui lui est foncièrement contraire. Et enfin, que ladite Lune gouverne la Maison VIII qui intercepte l’intégralité du Cancer, établissant ainsi une corrélation indissoluble entre les questions sentimentales, conjugales et familiales et le monde des crises ; la mort, les destructions, la sexualité… la mort et les héritages (André Barbault dixit). Sexualité qui est le propre et du scorpion hyper-valorisé ici et de la Maison VIII dont la Lune est maîtresse.

  • Un encadrement dramatique

Ce qui nous amène à une deuxième observation d’ensemble.

Dans la théorie des « modèles » ou « dessins » planétaires, on attache une importance toute particulière aux corps célestes qui encadrent l’amas planétaire constitué par les 9 corps célestes de l’ éventail dont le manche – nous l’avons vu – est constitué par la LUNE.

Ici le corps de l’éventail (l’ensemble des corps célestes, sauf la Lune) est pris en tenailles entre une exacte conjonction MARS/PLUTON en Scorpion formant carré à un SOLEIL en Capricorne.

Remarquons l’extraordinaire nocivité de cette configuration :

  • Pour le conflit Soleil/Mars la littérature astro-psychanalysante parlera de complexe de castration ou d’infériorité (suivant qu’on soit freudien ou adlérien), d’agressivité envers tout ce qui représente une autorité quelconque (Soleil) par suite d’une influence paternelle dure, tyrannique, violente même (souvent plus en paroles qu’en actes, d’après ce que j’ai pu remarquer en consultation). Deux comportements pourront alors se mettre en place dans l’existence :

  • Le doute sur sa propre capacité à s’imposer, à imposer sa volonté ou sa force prédominera, et ce sera la soumission, voire la lâcheté. Le Soleil (conscience morale et interdits) l’emportant sur Mars/Pluton : les instincts vitaux, l’instinct de survie.

  • L’autre comportement consiste à envisager l’existence sur le mode d’une sorte de conflit permanent avec tous ses excès : irréflexion, impulsivité, imprudence; ce que nous désignons sous l’expression de « tête près du bonnet » ou de « tête brûlée » pourrait assez bien convenir à  cette configuration. Avec les conséquences prévisibles : rapports conflictuels avec les autres, coups et blessures donnés ou subis, risques de  blessures, d’échecs cuisants en se mesurant à plus fort que soi pour se prouver sa propre puissance. Un de mes proches dont le thème présente une conjonction SOLEIL/MARS et qui avait choisi une carrière militaire (of course), a commencé ses exploits guerriers par quelques coups de poings bien placés sur son sergent instructeur ! Il s’est retrouvé au « trou » et rétrogradé de son grade de caporal à celui de seconde classe.  Exemple très instructif.

A noter qu’il y a fréquemment passage d’une polarité à l’autre, car les deux comportements ne sont pas si tranchés qu’ils soient rédhibitoirement étrangers l’un à l’autre

  • Pour le conflit SOLEIL/PLUTON les choses s’aggravent un peu plus.

Si les dissonances Soleil/Mars prédisposent le sujet à ressentir le monde comme hostile et menaçant et à mettre en place une des deux attitudes que je viens de décrire sommairement, du moins ce ressenti s’établit-il la plupart du temps sur des valeurs objectives, circonstancielles : «  Je lui ai cassé la gueule parce qu’il m’avait mal parlé » ou « Je me suis tu devant ce que je considère comme une injustice parce que j’ai eu peur de perdre mon emploi ».

Tandis qu’avec PLUTON, nous descendons aux fondements mêmes du vouloir-vivre, de l’instinct de survie, de ce qui pousse n’importe quel « vivant » à vouloir « persévérer dans son être » comme dit Spinoza dans son Éthique.

Quand ce « vouloir vivre » entre en conflit avec le « vivre » tout court, c’est à dire le Soleil symbole même d’une vie réalisée, éclatante, rayonnante, on conçoit que le sujet se sente menacé au plus profond de lui-même, sans même savoir pourquoi : angoisse, comportements destructeurs et autodestructeurs, culpabilité (par rapport à une faute qu’on ignore)  et son cortèges de comportements autopunitifs se mettent place. C’est comme si quelque chose en lui disait qu’il n’a pas droit de vivre car ayant commis une faute impardonnable dont il ignore en quoi elle consiste. Mais il se trouve souvent que cette sourde menace inconsciente soit projetée sur une autre personne focalisant les pulsions destructrices du sujet qui ressentira à son égard une forme de méfiance et de haine viscérales.

Chez les être supérieurs la surcompensation solaire peut être magnifique et très créatrice : chez Nietzsche et Bergson tous deux Soleil/Balance opposé à Pluton, cela a donné deux très grands philosophes et  tous deux – nonobstant leurs différences – ont orienté leur réflexion vers l’exaltation de la vie : le surhomme chez le premier associé à la critique radicale (Pluton) de tout ce qui peut s’opposer au jeu des forces dionysiaques de la vie[5] ;  l’élan vital et l’évolution créatrice chez le second.

  • Mais, incontestablement, JD n’est ni Nietzsche ni Bergson.

En fait on pourrait se demander si les redoutables problèmes que la dissonance MARS/PLUTON carré SOLEIL lui pose, ne se résolvent pas par la LUNE en Gémeaux : adaptation, plasticité, déguisement (de sa nature profonde), mensonge, instabilité, nervosité, sensiblerie. Cette attitude semble bien destinée à dissimuler/protéger une part de la nature véritable de Jonathan, en présentant aux yeux des autres (Maison VII) un comportement d’éternel adolescent, quasi infantile[6], aimable, charmant, docile et « gentil » comme sait l’être un « lunaire ». Un peu comme pour Jacques Villeret (« Dîner de cons ») dont l’encadrement du DSC par la LUNE et VENUS, fait oublier la conjonction MARS/JUPITER, située un peu plus haut en Maison VII qui nous fait entrevoir tout autre chose qu’un simple Monsieur Pignon en puissance et en acte.

Et, puisque j’évoque un comédien, il m’est revenu en mémoire cette phrase de Marlon Brando qu’on interviewait sur le métier d’acteur : Tout ce ramdam autour du métier d’acteur n’a pas de sens pour moi. Tout le monde est acteur, on passe ses journées à jouer la comédie. Tout le monde a vécu des moments où on pense quelque chose, on sent quelque chose et on ne le montre pas. C’est ça être un acteur.

C’est une définition un peu sommaire car si jouer la comédie c’est ne pas montrer ce que l’on pense, c’est aussi et surtout, faire croire à ce que l’on ne pense pas ou ce qu’on n’est pas.

Néanmoins, J’ai l’impression que notre Jonathan national aurait apprécié en connaisseur cette définition complétée par mes soins.

En effet, pour JD, MARS/PLUTON en s’attaquant au SOLEIL (plénitude) en Capricorne (étape décisive dans la structuration et la maturation définitive d’un processus quelconque) semblent lui interdire d’accéder au statut d’adulte responsable et ne lui laisser d’autre choix que de jouer le rôle d’un éternel adolescent immature. Ce qu’il ne manquera pas de faire, notamment en épousant une maîtresse-femme (comme nous le verrons plus avant) qui, entre autres moyens de domination, le dépasse de 5 cm. Sans talons. Ce qui lui évitera de verser dans la forme la plus courante d’adaptation au type de difficultés telles qu’elles se présentent ici : les déviations sexuelles, dont l’homosexualité, avec quelques composantes sadomasochistes.

Mais, au-delà des considérations concernant la « comédie » éventuelle jouée par le personnage que s’est créé Jonathan pour susciter la sympathie, voire la compassion, de tout le monde, ne peut-on interpréter cette triangulation essentielle à l’économie du thème de la façon suivante : Mars/Pluton Scorpion carré Soleil Capricorne = focalisation de la charge destructrice sur Lune, planète Apex ? La Lune incarnant l’ennemi à abattre. Lune doublement significative de l’épouse par sa nature et sa position en Maison VII ?

Encore que… Nous y reviendrons plus loin.

Restons en là pour le moment avec cette LUNE hyperdominante qui, du côté de la nature de JD pourrait évoquer une personnalité fort peu structurée, « dévertébrée » même,  comme le sont beaucoup de nos contemporains, mais qui, sur un tout autre point de vue, deviendrait la « cible » à abattre.

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3/ Plus Scorpion que moi « tu meurs » !

Revenons à l’autre composantes de cette structure d’ensemble dont j’essaie de montrer comment elle fonctionne.

Je veux parler de l’extrême importance du Scorpion et des corps célestes qu’il abrite à cheval sur la :

  • Maison XI où nous trouvons MARS, lui-même maître de la Maison V, ce qui établit ici l’unité de l’axe V/XI : celui des créations, des amours, des plaisirs et joies de l’existence, de la culture, des jeux et des sports, de l’amitié… sans oublier les enfants. Ce qui fait de l’axe V/XI – analogique à l’axe Lion/Verseau, ne l’oublions pas – le plus bel axe du zodiaque, comme me le disait un de mes anciens formateurs. Soit. Mais un axe de joie, de création, d’amour, etc. (voir plus haut) sous la maîtrise de MARS/PLUTON en Scorpion ? Cela donne à réfléchir. On songe irrésistiblement au mot d’Alfred Cortot, le génial interprète et pédagogue, pour qualifier les Scherzii de Chopin : Ce sont des jeux, cependant, mais terrifiants ; des danses, mais enfiévrées, hallucinantes ; elles semblent ne rythmer que l’âpre ronde des tourments humains. On comprend mieux le désarroi d’Alfred Cortot quand on sait que le mot « scherzo » veut dire blague, plaisanterie

L’âpre ronde des tourments humains… De quelle meilleure expression pourrait-on user pour qualifier un axe de joies et plaisirs, dont celui de l’amour, – notamment sous son angle le plus intensément affectif et sexuel -, que celle de Cortot, après qu’on ait découvert, plus haut, qu’il est placé chez JD sous la férule des conflits MARS/PLUTON-SOLEIL ?

4/ Des conflits douloureux, voire insolubles.

Il est désormais évident que JD, est habité à la fois par une instinctivité hors normes et, concurremment, par l’impossibilité de la vivre de manière satisfaisante et épanouissante. Pourquoi ?

Comme toujours le thème nous offre une réponse possible :

  • D’abord, nous l’avons vu, par le conflit avec le SOLEIL, idéal de soi dans le sens de la maîtrise et du détachement car situé en Capricorne, mais aussi emblème de joie de vivre ou d’exister. Mais cela ne suffit pas.

  • L’autre instance qui peut réprimer la manifestation de ce que nous portons en nous de plus proche de l’animalité dans ses besoins génésiques et sexuels, – besoins aussi violents, primaires donc essentiels que la faim et la soif -, pour les empêcher de déborder vers le sexualisme exacerbé, la transgression, la dépravation, la pornographie, le viol, l’inceste (et plus, si affinités), ce ne peut être que SATURNE. Car c’est son rôle que de nous amener au perfectionnement et à la pleine maîtrise de chacune de nos tendances grâce à la loi inscrite, tout aussi naturellement dans la nature humaine que les lois de l’espèce : loi que j’appelle, pour ma part, la loi morale. Mais on peut lui préférer l’interdit constitutif, la limite formatrice, le renoncement nécessaire à se construire. Loi qui existe en puissance en chacun de nous, mais qui ne peut être développée et rendue opérationnelle que par l’éducation au sein d’une culture spécifique, et, incarnée essentiellement, par la fonction paternelle.

Dans une société où la morale est interdite puisqu’il est « interdit d’interdire » et où on a castré les « pères », il ne faut pas s’étonner que beaucoup de jeunes (pas tous, Dieu merci) se comportent comme des « pervers polymorphes » tels que Freud les définissait.

JD en fait certainement  partie. Mais il ne le montre pas

5/ Le milieu familial

Il est le dernier d’une fratrie nombreuse de 4 frères et deux sœurs. Il perd son père à 13 ans [7]. Sa mère – nourrice de son métier – ne tarde pas à lui faire un dernier petit frère, avec un ouvrier maçon.

On la dit surprotectrice avec lui qui avait une santé fragile, mais je me demande malgré tout, quelle place occupait Jonathan au milieu de toute cette concurrence ? Quels sont les rapports vraiment nourriciers  dont il a bénéficié pour se construire un caractère, une volonté, une personnalité ? Sur quel modèle a-t-il pu se bâtir ?

Aucun des symboles traditionnellement attribués au père ou à la mère, ne semble se présenter de manière constructive.

    •    Maman
  • Pour la mère, la Lune et Vénus, les deux facteurs féminins, sont prises dans une dissonance exacerbée par la présence d’Uranus, qui montre, pour le moins, un désir d’indépendance et de liberté et peut-être d’échapper aux contraintes du mariage ainsi les lourdes charges que font peser sur elle, la responsabilité de 8 enfants, plus ceux qu’elle a en nourrice. Une mère sans doute « directive » (Uranus) certes surprotectrice (d’après certains témoignages) mais qui n’a pas trop le temps de s’attarder aux états d’âme de son petit super Scorpion. De ces personnes qui ne savent jamais reconnaître les besoins de leur progéniture et leur imposent leurs propres choix ou les chargent de réaliser une attente déçue.

  • Neptune, maître de la Maison IV (la famille d’origine, la mère ?) pourrait suggérer un désir d’évasion, ou d’élévation sociale (Jupiter est conjoint à Neptune) qui me font irrésistiblement penser à un film où s’illustra Simone Signoret autrefois : « Dure journée pour la reine », dans lequel une femme résiste à la pression désespérante du quotidien en s’imaginant dans le rôle d’une reine pour s’évader des contraintes dans lesquelles elle se débat.

Nous verrons que cette capacité d’affabulation  qui nous permet d’inventer un faux réel plus réel que le  réel pour le faire partager aux autres (disposition que notre président manifeste de façon si emblématique) sera récupéré par Jonathan qui l’associera à  un esprit particulièrement  secondaire, perspicace et dissimulateur, pour ne pas dire machiavélique.

Mercure en Capricorne, pour la capacité d’analyse et le calcul à long terme, au sextile de Mars/Pluton, pour la perspicacité, la sagacité, voire le machiavélisme, ne seront pas étrangers à la comédie de veuf éploré qu’il a offerte pendant trois mois à la France entière et aux permanentes tentatives de manipulation dont il a usé durant toute la période. Un « Münchhausen[8] » n’aurait pas fait mieux.

Jonathan est donc intelligent – son Mercure ne manque pas de ressources, loin de là – et même de sens pratique et de sens de la manipulation avec Jupiter/Neptune. Aussi malgré le contexte familial qui semble peu s’y prêter, il fait de bonnes études en informatique et gagne honorablement sa vie.

Va pour l’intelligence, mais que dire de son âme ? Elle me paraît bien inquiète, torturée et agitée de passions très profondes.

    • Papa

Après avoir essayé de saisir quelque chose de la mère dans le thème de JD, essayons de saisir le père (si tant est que cela soit possible).

  • Pour ce qui est du SOLEIL (maître du Lion qui régit le cœur dont il mourra) on sait à quoi s’en tenir : on ne peut rêver image plus inquiétante et plus autodestructrice. Situé en Capricorne, on peut imaginer un père responsable et bosseur, mais sévère, distant et froid. D’autant que dans ces régions de l’Est on n’est pas toujours très porté sur les bisous et câlins.

  • Mais, pour ce qui est de SATURNE (considéré dans sa fonction paternelle) il y a beaucoup à dire :

  • Il fait partie d’une triple conjonction (assez large certes) MARS, PLUTON, SATURNE en Scorpion.

  • Il coiffe l’ascendant Scorpion ce qui le valorise extrêmement.

  • Il séjourne en Maison XII dont il amplifie le pôle contraignant ou restrictif.

C’est une image à la fois inquiétante et négative. Elle évoque, me semble-t-il, la dimension autodestructrice de cet homme menacé dans ses forces vives par la défaillance cardiaque qui va l’emporter assez jeune je suppose ; elle évoque peut-être aussi un sentiment d’échec, d’usure, associée à une existence ou à des expériences pénibles, qui ne sont peut-être pas sans rapport avec ladite fragilité cardiaque qui va laisser derrière lui un orphelin qui n’a pas encore 13 ans.

Nota : J’en profite pour émettre l’hypothèse qu’une analyse astro-psychogénéalogique nous en apprendrait beaucoup sur les héritages familiaux qui ont conduit Jonathan là où il en est. Si la Maison XII est celle des « cadavres dans le placard », la présence de Saturne en icelle et la maîtrise des deux maîtres du Scorpion conjoints dans leur propre signe, laisse présager des cadavres qui n’ont sans doute rien d’exquis. 

Nota : Je ne puis m’empêcher de penser, en rédigeant cet article sur un des crimes les plus sordides de ces dernières années, que Gray n’est séparé que de 145 km de Lépanges-sur-Vologne dans les Vosges où a éclaté la sombre et terrible affaire Grégory, il y a 36 ans. Aucun rapport, me dires-vous ? Si. Les Atrides et leurs terribles et sanglantes mœurs familiales font toujours partie de notre horizon culturel.
Jetez un coup d’oeil au thème du petit Gregory Villemin et vous constaterez combien il était condamné d’avance du fait la haine implacable de ses proches. Et certainement pas de ses parents.

Fermons la parenthèse et revenons à Saturne.

6/ Comment fonctionne SATURNE dans le thème de Jonathan ?

En tant que maître de la Maison II, analogique au Taureau, Saturne me paraît devoir exacerber ce qui, dans le Taureau, est en rapport avec le désir de stabiliser, posséder, de sécuriser, de garder, consommer et conserver. Désir qui, lorsqu’il n’est pas satisfait entraîne frustration intense, manque, sentiment d’échec, désespoir. Cette disposition latente a sans doute été activée chez JD à la mort de son père dont le soutien lui a été retiré à l’âge où il en avait le plus besoin et où un « autre » l’a rapidement remplacé, lui faisant un « petit frère dans le dos ».

Si un SATURNE efficace est un beau cadeau que nous fait la vie tant il assure notre solidité et notre stabilité en toute circonstance, un SATURNE qui ne remplit pas son rôle (je ne dis pas « dissonant » car il est des Saturne dissonants très constructifs si on veut bien écouter leur leçon) est la pire des choses qui soient car il transforme rigueur, renoncements nécessaires pour sortir de l’enfance, grandir et s’assumer pleinement en deux attitudes contraires, mais non exclusives :

  • L’inhibition excessive, les scrupules torturants, le doute permanent sur ses propres capacités [9], le sentiment d’être « coupable » sans trop savoir pourquoi, le mépris de soi-même, l’impossibilité de lâcher les sécurités qui nous retiennent en arrière de notre propre accomplissement, l’interdiction de vivre et de s’accomplir.

Je ne sais si Jonathan a ressenti tout cela, mais pour avoir travaillé avec des consultants dont le thème présentait un Saturne/Asc. Scorpion, je sais quels troubles il peut provoquer dans la vie d’une personne qui essaierait d’évacuer la leçon pressante qu’il nous demande de comprendre pour avancer.

Considérez que Jonathan est un enfant, affirmera un psychologue au procès. Un autre enfoncera le clou : Jonathan Daval n’existe qu’à travers l’autre [Lune en VII]. Il va agir uniquement comme il pense qu’on voudrait qu’il agisse [idem]. On retrouve ce genre de personnalité dans des familles où les parents ont des idées bien précises sur l’avenir de leur enfant » explique ainsi Tony Arpin, expert psychologue, entendu en visioconférence.

Avons-nous là une clé pour expliquer les graves dissonances qui affectent le Soleil de Jonathan –  estime de soi, besoin de reconnaissance – et que la présence d’un Saturne étouffant s’attaquant directement au vouloir-vivre du sujet ne fait qu’aggraver ? Nous ne pouvons en décider dans la méconnaissance où nous nous trouvons de la personnalité du père de Jonathan. Quant à l’image mère dont nous avons parlé un peu plus haut, l’opposition Lune/Uranus n’évoque pas tellement souplesse et compréhension des besoins réels de l’enfant, mais bien plutôt directivité et passage en force sur ses ressentis personnels. Sa façon d’aimer à elle et de le surprotéger car il a une santé fragile qui fait objet de moqueries de ses camarades d’école.

Et l’expert poursuit : C’est une personnalité fragile, clivée. Une personnalité très immature, mal-construite. C’est une personnalité caméléon [bien en accord avec une Lune en Gémeaux et un Mercure conjoint Neptune qui font de lui un Protée, un Frégoli] avec un aspect assez manipulateur qui a pour but de préserver son image. Une personnalité souvent soumise mais avec des réactions puériles et agressives, qui ne supporte pas que l’être aimé puisse s’éloigner de lui.

La voilà la possessivité tyrannique signalée par Saturne maître de II.

Ainsi, ce Saturne à l’Asc. (dans le contexte général du thème bien évidemment) n’aura pas fait de lui un « savant » ou un « philosophe » comme le suggèrent les statistiques Gauquelin [il est vrai néanmoins que JD a fait de bonnes études techniques et informatiques], mais lui aura octroyé (d’après une autre expertise psychiatrique), je cite : une « pathologie de personnalité » et une personnalité de » type obsessionnel », qui le rendent instable et pouvant craquer à tout moment. Tous ces troubles dateraient de son enfance, et il semble que Daval ait développé des TOC, notamment, « amour de l’ordre, de la propreté, du rangement et persistance de rites de vérification. Rites très « saturniens et uraniens » ajouterais-je

7/ Revenons au Scorpion.

J’en reviens à ma réflexion sur la composante « Scorpion » qui imprime une marque si essentielle sur ce thème ; une composante qui place, de manière dramatique, une instinctivité hors normes sous les fourches caudines d’une instance répressive et culpabilisatrice : Saturne.

J’ai écrit, un peu plus haut, que la dissonance saturnienne s’exprimait schématiquement de deux façons :

  • Soit de manière répressive, inhibitrice, castratrice.

Or, je lis dans les comptes-rendus de l’affaire, les éléments suivants :

L’analyse du téléphone d’Alexia Daval permet la découverte d’échanges SMS assez violents avec son mari. La personnalité « écrasante » d’Alexia sur son mari devient un point de la défense du suspect. Depuis plusieurs années, le couple tentait sans succès d’avoir un enfant. À ce sujet, les SMS manifestent une pression et des humiliations exercées en continu par Alexia sur son mari. Alexia considère Jonathan comme responsable de l’infertilité du couple et lui reproche violemment leurs échecs. Selon l’employeur du suspect, rien ne laisse paraître une telle situation conflictuelle. Interrogé à ce sujet, maître Randall Schwerdorffer, avocat de Jonathan, dit qu’Alexia lui reproche : « T’es impuissant, tu bandes pas, t’es une merde ». Pour éclairer son propos, il va jusqu’à exposer une analogie entre Alexia et sa propre femme, une « dominante », « écrasante », qui « fait des concessions à sa liberté – respectivement la sienne – donc par analogie celle de Jonathan) si elle estime que ça le mérite ». L’avocat affirme que « la réalité du dossier c’est que Jonathan subissait des violences. C’est un sujet tabou les violences physiques et morales faites aux hommes. On a toujours l’impression que ce n’est pas possible et que c’est un artifice de défense. Les jurés apprécieront [10] ».

Peut-on s’étonner que Jonathan puisse être l’objet de tels sarcasmes quand on observe le thème d’Alexia (voir ci-contre) et quand on prend conscience de ce qui précède concernant Jonathan ?

Évidemment non. Car s’il est un domaine où les malheurs et drames potentiels que recèle son thème natal peuvent et doivent s’exprimer, c’est bien celui de la sexualité. Nous y reviendrons.

  • Voici le deuxième mode de manifestation possible d’un Saturne dissonant.

Après inhibition et castration, la dissonance saturnienne quand elle ne peut accéder à s’accomplir de manière positive, consiste à libérer les tendances sur lesquelles elle exerce sa pression, mais sous une forme régressive et violente.

Cette deuxième forme, est tout aussi avérée dans les comportements de Jonathan, même si elle est moins évidente que la première.

Je reprends le compte-rendu du procès et vous en livre quelques extraits :

…Selon la version du mari, au retour d’un dîner raclette en famille chez les parents d’Alexia, une dispute aurait éclaté et pris une tournure violente. Jonathan aurait alors tenté de maîtriser Alexia et perdu le contrôle. Le fait que le couple échouait à procréer aurait créé une source de conflit qui aurait dégénéré.

[…] Daval ne pouvait plus supporter la personnalité de son épouse, à tel point qu’il a fini par « péter les plombs », l’a bloquée, étranglée et frappée pour la faire taire.

[…] le dernier rapport d’expertise scientifique réfute sa défense en confirmant que seul son ADN est retrouvé sur le corps de la victime.

[…] il est révélé qu’une bombe aérosol sans bouchon est découverte au domicile du couple, alors qu’un capuchon est retrouvé près du corps partiellement calciné d’Alexia ; de plus, des traces de sperme sont détectées sur le short de la victime [NA : un acte de nécrophilie chez un être aussi  immature et castré, comme moyen suprême d’établir, enfin, son pouvoir sur celle qui le dominait depuis toujours, n’est pas surprenant. Il était incapable de lui faire l’amour vivante, mais morte, il se sent enfin tout puissant].

[…] des éléments concernant les résultats de l’autopsie se retrouvent inopinément dans la presse : ils révèlent qu’Alexia prenait des médicaments et des substances (dont certaines interdites) depuis plusieurs mois et que des traces [11] sont découvertes dans son corps par les médecins légistes… la presse indique que la famille d’Alexia a demandé un complément d’information sur un possible empoisonnement, avec notamment une analyse des relevés bancaires du couple pour savoir qui aurait acheté les médicaments. Les trois molécules retrouvées dans le corps de la victime — du zolpidem (un hypnotique qui a les effets d’un somnifère), du tétrazépam (un décontractant musculaire qui n’est plus légal depuis 2013) et du tramadol (un antalgique opiacé) — semblent d’après les analyses être ingérées régulièrement pendant près d’un an avant la mort de la victime, avec une augmentation nette sur les derniers mois. Cette donnée est incompatible selon la famille avec les précautions que prenait Alexia, qui souhaitait avoir un enfant. La famille pense donc qu’Alexia pourrait avoir été victime de ce qu’elle appelle une « soumission chimique » dirigée par Jonathan, qui dissimulerait des éléments à ce sujet.

Malheureusement pour la bonne compréhension de cette affaire, le juge d’instruction refusera de suivre cette piste et n’ordonnera aucune enquête à ce sujet.

C’est toute une face de Jonathan qui se révèle dans ces dernières lignes : sa duplicité certes, mais aussi la perfidie de son caractère sournois, perfide, son recours à des moyens ignobles empreints d’une grande lâcheté pour soumettre enfin, son épouse : un côté marquise de Brinvilliers qui soulève le coeur.

Sans oublier son incroyable cruauté : les nombreux coups portés à sa femme, un étranglement qui aurait duré plusieurs minutes, son viol post-mortem, l’idée de simuler une agression extérieure et de brûler le corps de sa femme ; sans compter des détails que nous ignorons mais qui semblent plaider pour un acharnement sadique sur le corps de la victime. La mère d’Alexia déclarait aux journalistes de France 2, que sa fille « avait été traitée comme un morceau de viande » et elle évoquait  » un pied qui gisait à côté du corps » de sa fille et d’autres blessures dont elle a préféré ne rien dire.

On comprend quel déchaînement de sadisme peut entraîner une dissonance saturnienne quand elle perd le contrôle des instincts qu’elle est chargée de contenir. Voyez le thème de Charles Manson, qui a organisé le carnage inouï et gratuit de Sharon Tate – enceinte de plusieurs mois – et de ses amis, qui présente plusieurs analogies avec celui de JD…

On sent dans ces comportements et dans la description, – même discrète -, qui en est faite, tout le poids d’une frustration et d’une haine qui ont mis longtemps à s’exprimer, mais qui, une fois emportées les digues morales, affectives, humaines, rationnelles qui font de la « bête humaine » un être civilisé, ont libéré un véritable torrent de violence, de cruauté, de sadisme… et de lâcheté pour faire bon poids.

Déferlement de violence précédé de cet empoisonnement lent et progressif d’une épouse qui cherche désespérément à tomber enceinte et qui n’y arrive pas, et pour cause, me paraît expressif de la dernière lâcheté.

Sans oublier celle qui a consisté à égarer les soupçons sur les membres d’une belle-famille (son beau-frère, sa belle-mère) auprès de laquelle il n’avait trouvé que de l’affection : « un autre fils », le « gendre idéal » disait la mère d’Alexia en parlant de lui.

« Pervers polymorphe » disait Freud ? Au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer dans le cas présent, serait-on tenté de lui dire s’il était encore parmi nous.

9/ Cherchez la femme…oui, mais où ?

Reste à voir le rôle que joue la grande opposition URANUS/VENUS à la LUNE sur la ligne d’horizon et touchant au moi intime du sujet et surtout à son rapport au féminin en lui et à la femme dans la vie.

Féminin, Jonathan l’est constitutionnellement. Rien de ce que nous avons écrit concernant son caractère ne laisse entrevoir une quelconque forme de virilité, toujours entamée, altérée, adultérée.

L’opposition LUNE/VENUS sur la ligne d’horizon – et l’importance écrasante de la Lune pour toute l’économie du thème –  évoquent une composante d’abord infantile, nous  n’y revenons pas, mais surtout une composante féminine très difficile à intégrer dans un thème d’homme : nervosité, humeur changeante, tempérament capricieux, lunatique, légèreté, instabilité affective, inversion, sont généralement au rendez-vous d’un tel aspect.

Le thème de Charles Trenet, offre la même opposition inversée sur la ligne d’horizon avec une Lune en Scorpion et en Maison I (l’Asc est en Balance) et une Vénus au Dsc en Bélier. Ce qui s’est traduit par une pédérastie d’anthologie et des comportements sociaux particulièrement capricieux, dignes d’une grande coquette, sûre de son charme, en usant tant et plus en refusant de se plier à la moindre contrainte. Chez Trenet le génie, l’enchantement d’un univers poétique à nul autre pareil, la musique, la fantaisie permanente, faisaient tout passer ; chez Jonathan aussi – mais le génie en moins –  puisqu’il semblerait qu’il était sympathique à tous et aimé de tous.

Avec une nature sexuelle et érotique aussi violente mais aussi peu construite que la sienne, Jonathan aurait pu et aurait même dû, lui aussi s’orienter vers une forme d’homosexualité où sa passivité et sa soumission à l’autre, auraient fait merveille. D’autant qu’Uranus presque toujours dominant dans les thèmes d’invertis, forme ici avec Vénus et la Lune, la configuration qui lui est paradigmatique (chez Trenet Uranus il est carré à la Lune et à Mercure).

Et pourtant Jonathan semble être resté obstinément hétéro. Pourquoi ?

Je crois que la réponse est inscrite dans l’encadrement Saturne/Uranus de l’Asc.

Saturne et Uranus sont respectivement maîtres du Capricorne (où se trouve le Soleil) et de la Maison III, celle des principes d’éducation.

En elle même la quasi conjonction Saturne/Uranus, évoque rigueur, détermination (au positif) mais, raideur, intransigeance, étouffement de l’instinct, répression du sensible, tendance au fanatisme ou à la paranoïa (rappelons-nous le diagnostic concernant les TOC et le côté « obsessionnel » du personnage)  « surmoi » absolu. Étant donné le milieu dans lequel il a évolué et les persécutions dont il a fait l’objet de ses camarades du fait de sa santé délicate, je ne crois pas que Jonathan avait les moyens de seulement se concevoir homosexuel et de faire son « coming out ». Pour le plus grand malheur d’Alexia. Et le sien.

Mais le « refoulé », qu’il soit conscient ou inconscient – comme probablement chez lui -, revient toujours à la surface : d’où les graves difficultés sexuelles du couple dans lequel le rôle du mari n’était sans doute pas tenu par celui qui aurait dû le tenir, ce qui amenait sa « femme » (aussi peu féminine qu’il était masculin) à utiliser un godemiché en lieu et place d’un mari défaillant, peut-être incapable de désirer sa femme en tant que femme.

En observant le thème d’Alexia, je crois pouvoir avancer que Jonathan et elle ont formé un couple tout à fait biscornu où le mari dominé par une « anima » trop forte, s’est délibérément placé en position de « femme » soumise à une épouse qui disposait, elle, d’un « animus » d’anthologie :

  • SOLEIL en Verseau, (je me veux libre et maîtresse de moi-même) sous la double maîtrise d’un couple SATURNE/URANUS en Capricorne (je ne transige jamais et j’ai toujours le dernier mot); sextile JUPITER (je suis ambitieuse, je suis faite pour exercer une autorité) sextile MARS, URANUS, SATURNE (je suis dure à la tâche, âpre au gain, je suis déterminée et je ne me laisse arrêter par aucun obstacle. En fait j’adore dominer, je dispose d’une inépuisable réserve d’agressivité parfaitement maîtrisée – je peux me montrer très dure et cassante, à la limite du sadisme).

  • VENUS est en Bélier, son signe d’exil (j’impose mes choix à l’autre et je ne supporte pas qu’on y résiste) carré NEPTUNE maître de la Maison VII (mon mariage repose sur une illusion, « mon mari est une ombre », mon mariage une illusion, un fantasme) Vénus est à la cuspide de VIII – quinconce PLUTON en Scorpion (je suis secrètement animée par une libido exigeante, passionnelle, exclusive)

  • LUNE maître de XI en Poissons Sextile NEPTUNE en IV (famille) et, nous l’avons vu, lui même maître de VII. Aspect qui attire l’attention sur quelque chose de secret ou de honteux dans les relations familiales. La LUNE forme un trigone à PLUTON en Scorpion ( !) : c’est un aspect qui évoque, lui aussi, une âme passionnée source de créativité éventuelle. Mais la présence en Maison VI, celles de la santé, des maladies et problèmes chroniques, des infériorisations de toutes sortes, évoque le côté fragile de cette personnalité par ailleurs si « virile » et donne à cet aspect un côté sinon masochiste, du moins victimaire. Peut-être Alexia ne se sent-elle pas reconnue ou estimée à la hauteur de sa demande. Mais je me demande aussi s’il ne faut pas y voir la source du désespoir qui habitait Alixia concernant son incapacité à avoir un enfant. Certes, elle en rendait son mari totalement responsable, comme nous l’avons vu plus haut ; mais, à mon humble avis, je crois que les torts – si torts il y a – étaient partagés, chacun faisant souffrir l’autre par la biais de la stérilité du couple : l’un apparaissant comme le bourreau (tu es incapable de bander, tu es une merde et je te préfère mon morceau de plastique rose, ce qui, vous en conviendrez n’est pas très stimulant pour un partenaire sexuel) et l’autre se posant en victime : la pauvre femme à qui son mari est incapable de faire un enfant et qui le trompe avec ce que la « modernité », qui ne manque pas d’inventivité, a produit de plus dégradant quand on songe à la fonction sacrée de la sexualité, source de vie : des « jouets sexuels ».

Je crois donc qu’il y a, dans cette LUNE en VI, la marque d’un comportement passif-agressif qui fait que, quoiqu’il se passe, l’autre se sent toujours coupable.

Remarquons, à propos de cette question, que la Maison V qui régit la question des enfants, est placée en Verseau et reçoit MERCURE (maître de l’Asc, donc directement représentatif du sujet) au carré de PLUTON en Scorpion, aspect autodestructeur qui – tout en indiquant un mental compliqué, hyper-critique et négatif –  me paraît pour le moins problématique pour concevoir vraiment un enfant ; d’autre part cette Maison V est sous la maître de la triple conjonction URANUS-SATURNE-MARS qui évoque  non seulement un blocage et une stérilité absolue de l’action martienne en matière sexuelle, mais une sorte de défense et d’hostilité contre l’idée même de concevoir. L’enfant, pour Alexia, semble représenter un pur fantasme comme l’est son mariage du fait d’un mari « noué de l’aiguillette », comme on le disait au Grand-Siècle. Elle revendique un enfant, ce qui est un bon moyen de torturer son pseudo-marie, mais, en fait, quelque chose en elle, le refuse absolument.

On songe ici, à « Qui a peur de Virginia Woolf » où un couple se déchire en mettant en scène le fantasme d’un enfant qu’ils n’ont jamais pu avoir, si je me souviens bien. Sauf que chez eux le désir d’enfant est bien réelle, alors qu’ici il ne m’apparaît que comme pur moyen de pression.

*******

Ce qui doit nous ramener vers l’opposition centrale, et qui s’avère de plus en plus déterminante, dans la réflexion sur le thème de Jonathan. Je veux parler de la conjonction Uranus/Vénus opposée à la Lune.

Nous avons vu qu’elle le prédisposait beaucoup plus à une orientation homosexuelle par rejet (Uranus) des femmes (Vénus/Lune) ressenties plus comme des intruses que partenaires d’un mariage réussi et durable.

Nous avons vu aussi que ce mariage n’avait été possible que parce que Jonathan a trouvé chez Alexia la « virilité » qui lui manquait et qu’il a pu se placer sous sa « protection », y compris d’ailleurs sous la protection de sa belle-famille, puisque le couple habitait chez les parents d’Alexia. Infantilisme conjugué et partagé.

Mais si nous interrogeons cette opposition en tenant compte de ce que nous avons découvert dans le thème d’Alexia, nous comprenons que ce rejet de la féminité est d’abord et avant tout le problème d’Alexia qui, pour des raisons que nous ne connaîtrons jamais, mais qui tiennent sans doute  aux modèles et témoignages qui lui ont été transgénéalogiquement transmis, ne la prédisposait pas à s’accepter comme femme et surtout épouse (étant donnée son indépendance farouche et foncière).

Comment une femme qui ne s’accepte pas comme femme, qui se rejette elle-même, ou qui reste rivée à une quelconque dépendance maternelle, pourrait-elle devenir vraiment épouse et donner la vie à un enfant ? Comment pourrait-elle attirer à elle et aimer vraiment un homme qui se comporte en homme et non en éternel enfant plus ou moins sournois, facile à dominer ?

Je crois que tout le nœud du problème se trouve quelque part, dans ces quelques réflexions que je livre à votre rumination.

10/ Devait-on en arriver jusqu’au meurtre sordide et violent ?

Certainement non. C’est le divorce assuré qui attendait ces deux jeunes gens que tout le monde s’accordait à trouver « charmants ».

Mais c’était sans compter sur la charge de haine et de violence refoulée chez l’un, les comportements blessants, revendicatifs et humiliants chez l’autre qui ont conduit ce qui n’aurait dû être qu’un banal « fait divers » en une véritable tragédie ou le pitoyable, le sordide, le dérisoire et le terrible se manifestent de manière aussi choquante.

Et je me demande si nous ne devons pas chercher le fin mot de l’histoire dans la mythologie, source de toutes les sagesses.

En écrivant cette étude et en pensant aux acteurs de ce drame, j’ai irrésistiblement pensé au mythe de Penthésilée que j’ai souvent eu l’occasion de raconter à mes consultantes qui se trouvaient dans le cas d’Alexia (avec des conséquences beaucoup moins dramatiques, Dieu merci) par méconnaissance d’elles-mêmes.

Je résume.

Dans la version qui m’avait été enseignée par un de mes professeurs, Penthésilée étant reine des Amazones, devait obéir à la loi maternelle qui s’imposait à toutes les Amazones pour des raisons immémoriales. Cette loi imposait que les Amazones devaient former un peuple de femmes ; elles ne pouvaient donc accueillir aucun homme dans leur communauté [pas même une Drag-Queen).  

Quand elles voulaient concevoir pour se perpétuer,  elles attaquaient d’autres tribus, en capturaient les hommes et se faisaient engrosser par eux. Elles les libéraient ensuite [quand même !]. Malheurs aux nouveau-nés mâles : ils étaient abandonnés ou tués. Il leur était interdit de choisir le partenaire qui les engrosserait. Elles ne pouvaient s’unir qu’à  celui qu’elles auraient vaincu dans le combat qui deviendrait donc, l’heureux papa d’une rejetonne qu’il ne verrait jamais. Fin de la romance.  Loi étrange mais absolue qui leur venait des Premières Mères. Donc du fond des âges.

Et l’exemple qui m’avait été donné est celui d’Hercule qui, pour coucher avec Penthésilée, la défie au combat et feint d’être vaincu. Jusqu’au moment où Penthélisée s’apercevant de son stratagème, décide de se venger et lui offre cette fameuse tunique de Nessus, dans laquelle il va mourir empoisonné dans d’horribles souffrances.

J’avoue ne pas avoir retrouvé trace de cet épisode concernant Hercule et Penthésilée.

En revanche, – et c’est la deuxième version que je vous propose -, la littérature mythologique retient le plus souvent, comme emblématique des mœurs des Amazones, l’épisode des rapports Penthésilée/ Achille, héros grec.

C’est cet épisode qui a inspiré une pièce de théâtre au grand écrivain romantique Heinrich von Kleist. Voici comment Wikipédia présente la chose : 

Je cite :

Mais voici que, chez Kleist, Penthésilée a fait un choix, contrairement à ce que disait la loi : comme sa mère Otrere le lui avait prédit sur son lit de mort, elle est tombée amoureuse d’Achille qu’elle a rencontré sur le champ de bataille. Son amour irrésistible pour le grand héros des Grecs la fait combattre contre lui avec une force toujours nouvelle, car pour elle la Loi des Mères est sacrée et elle ne veut l’enfreindre à aucun prix. Son amour la conduit à combattre Achille avec une telle frénésie qu’à la fin, aidée de ses chiens, elle déchire celui qu’elle aime avec la frénésie d’une bête, alors que celui-ci, au fond, voudrait se rendre à elle. Après son acte Penthésilée se réveille comme d’un rêve. D’abord, elle ne veut pas croire que c’est elle qui a commis une telle atrocité. Elle dit qu’elle veut sacrifier à sa vengeance celui qui a fait cela à Achille. Lorsque son amie Prothoe lui explique que c’est elle qui a tué celui qu’elle aimait, Penthésilée ne veut pas le croire. Mais quand elle se rend compte de la vérité, elle donne l’ordre de placer le cadavre d’Achille devant la grande-prêtresse de Diane qu’elle rend moralement responsable de ce qui s’est passé. « Je me désolidarise de la loi des femmes » décide-t-elle, après avoir clairement compris qu’elle a suivi une loi qui s’opposait à sa nature. « Les cendres de Tanaïs, éparpillez-les dans l’air ». Ces cendres de Tanaïs, la première des Amazones, sont synonyme de la Loi d’airain qui vient de l’Urne de toute sainteté et sur laquelle a été fondé l’État des Amazones.

Fin de citation.

Je crois que le mythe est facile à décrypter, même si un mythe étant polysémique par nature, il faut choisir entre toutes les interprétations possibles.

En revenant à la psychologue junguienne que nous avons évoquée tout à l’heure, on peut dire que l’Amazone est l’archétype de la femme totalement dominée par son « animus » : elle ne peut considérer l’homme que comme un rival, un adversaire à dominer et à vaincre, un procréateur par la force des choses, mais nullement une partenaire, un complémentaire, qui lui permettrait de la révéler à elle-même en tant que femme, si elle acceptait de s’ouvrir à lui pour former l’androgynat originel. Elle n’en a pas besoin puisque la place est déjà prise par l’homme intérieur qu’elle porte en elle. L’homme de chair et de sang est donc un intrus, voire un ennemi à abattre.

Certains types de « féministes », de celles qu’on entend vitupérer et récriminer à longueur d’années sur tous les modes possibles la « défense de la femme », appartiennent à cette catégorie. Sans aller jusque là, j’ai souvent rencontré des femmes en proie aux distorsions que leur « animus » leur imposait dans leur rapport avec le compagnon ou le mari.

Ces distorsions se présentaient sous deux formes opposées et/ou complémentaires.

  • Ou elles attiraient à elles des hommes responsables, capables de prendre leur place dans la famille et de manifester leur autorité (ce qui est de plus en plus rare), bref des hommes chez qui le « masculin » l’emportait clairement sur le « féminin » sans pour autant qu’on puisse les considérer comme des brutes ou des tyrans. Et les conflits naissaient à tout bout de champ, car la relation se transformait vite en rapports de force, affrontements et rivalités sur toutes sortes de sujets plus ou moins absurdes. Dont le plus courant consistait à empêcher systématiquement le mari de prendre sa place de père. Cherchant (inconsciemment) à « castrer » leur mari, elles empêchaient du même coup leur fils de grandir et de se structurer, et leur fille à ne faire confiance qu’à elles-mêmes, voire à mépriser un futur statut d’épouse ou de mère. Etait-ce le cas d’Alexia ? Nul ne le saura jamais.

  • Ou, tout au contraire, elles jetaient leur dévolu sur un homme fragile, ayant besoin d’être encouragé et soutenu, voire même materné, laissant à son épouse la direction totale de « l’entreprise familiale ». Commençait alors une période de délices ou l’animus de la consultante, encouragé par l’anima soumise du mari et son abdication de tout comportement viril, pouvait s’en donner à cœur joie. Jusqu’au jour où ces femmes s’apercevaient qu’elles ne s’étaient jamais réalisées en tant que femme, qu’il « leur manquait quelque chose » pour se réaliser. Leur « moi » féminin, si longtemps négligé, entrait en revendication. Elles avaient l’impression – justifiées – d’avoir eu à tout assumer, à tout décider et régler dans leur vie conjugale, si bien qu’elles considéraient qu’elles n’avaient jamais eu de mari en face d’elle, mais un enfant de plus à élever.

  • A qui la faute ? Au deux bien sûr, ou à personne. Chacun s’étant comporté en fonction de déterminations qui le dominaient et le conduisant à l’échec de la relation. Dans certains cas, la crise entraînait une prise de conscience salutaire pour que chacun assume son rôle et ses responsabilités et reprenne sa place dans la structure familiale.

Mais, bien souvent hélas, la leçon n’ayant pas été comprise et retenue, un divorce ou une séparation intervenaient qui conduisait à une nouvelle rencontre et à la mise en place du même scénario.

J’ai ainsi connu une consultante (il y a environ trente-cinq ans) qui était venue me voir pour essayer de comprendre pourquoi elle en était à son quatrième mariage… ou plutôt à son quatrième divorce ! Et qui était dotée d’un redoutable « animus », ce qu’elle ignorait bien évidemment.

Voulant l’amener à ce qu’elle prenne conscience des critères inconscients qui présidaient au choix de ses maris et aux difficultés qu ces choix entrainaient immanquablement par la suite, j’entrepris de lui faire dire en quoi chacun de ses mariages l’avait déçu. A peu près les mêmes griefs – de son point de vue – ressortaient pour chacun des mariages. Sauf pour le troisième qui avait été « heureux ». Je lui demandai alors pourquoi elle n’était pas restée avec ce 3ème ? Parce qu’il est mort, me répondit-elle. Et d’ajouter : c’était un homme-grenouille et il s’est noyé !

Au-delà du côté insolite de cette information, je dois dire qu’on peut imaginer beaucoup de choses sur la destinée d’un homme-grenouille, sauf qu’il puisse se noyer, car c’est justement le type d’expérience contre laquelle il est le mieux prémuni par la qualité de son équipement, par la formation rigoureuse qui lui est donnée et par l’entraînement auquel il est soumis.

On tirera toutes les conclusions qu’on voudra sur ce cas très étrange, sauf que si ce mariage avait été si « heureux », c’est tout simplement qu’il avait été détruit trop tôt par l’événement le plus radical qui soit, et avant que le scenario habituel de conflits, contestations, rivalités – qui condamnait toute possibilité de voir une relation conjugale s’inscrire dans le temps -, ne se soit mis en place. Par la suite, et suivant un processus très commun aux femmes marquées par la Lune Noire (c’était aussi le cas) cette relation apparaissait d’autant plus idéale qu’elle était désormais impossible. Mais que ce serait-il passé si notre homme-grenouille avait bien voulu survivre quelques années de plus ?

Nous ne le saurons jamais.

Dans ce jeu du « je t’aime, moi non plus » on pourrait penser que chacun attend de l’autre ce qu’il ne peut pas lui donner, et lui offre ce qui, à un moment ou un autre, il ne pourra plus accepter. Mais, en fait, c’est encore plus grave que cela. Car je pense qu’en fait, chacun aime chez l’autre ce qui constitue une part essentielle de lui-même qu’il ne pourra jamais intégrer. Ce qui ne peut créer qu’une forme de relation basée sur une codépendance malsaine en lieu et place d’un amour véritable. Car, pour que deux personnes puissent s’aimer, il faut d’abord  qu’elles « s’aiment elles-mêmes » comme elles sont en ayant réalisé leur unité intérieure, au lieu de se rêver autre qu’elles ne sont.

La relation amoureuse, dans tous les cas, consiste à  demander à l’autre de combler un manque que lui (ou elle) seul peut combler : Le masculin de l’homme vient compléter naturellement le féminin de la femme et doit lui permettre en même temps  de développer harmonieusement son propre « animus », c’est à dire son inconscient qui, chez elle, est masculin : il doit lui donner confiance en elle-même et en ses compétences, l’encourager, la soutenir dans ses projets, l’aider à se réaliser professionnellement et socialement, etc…. Et inversement, le féminin (conscient) de la femme, vient combler le masculin (conscient) de l’homme et, parallèlement, lui permettre de découvrir sa propre part féminine inconsciente, son anima : développer ses capacités de tendresse, d’écoute, de compréhension, de courtoisie, de bienveillance, de paternité, etc… Chacun mettra tous les substantifs qu’il voudra sur ce qu’il considère comme relevant du « féminin » et du « masculin ». L’essentiel est que, dans l’idéal, l’un et l’autre attribut se trouvent là où il faut et puissent se développer comme il faut dans les deux partenaires du couple.

Or, chez un homme dominé par son anima et une femme dominée par son animus, c’est à dire chez les êtres chez qui l’inconscient (toujours inverse au sexe biologique) a pris le dessus sur la part consciente, lucide et volontaire de la psyché, les choses ne peuvent jamais se dérouler ainsi.

Au lieu de trouver dans le couple le soutien dont il a besoin, l’homme dominé par son anima, trouve face à lui un animus « orgueilleux et dominateur », comme disait De Gaulle. Ce qui blesse sa féminité naturelle sans la combler, et sans pour autant aider le masculin qui, en lui, se recroqueville devant chaque humiliation au lieu d’être apprivoisé, sollicité et encouragé. L’épisode où Alexia, se refusant à son mari, s’enferme dans sa chambre pour se satisfaire de « boules de Geisha » (substitut évident de testicules) et d’un  « rose classique » (un pénis en plastique) est très significatif d’une femme qui porte un phallus (fonction symbolique de domination et de pénétration chez Freud) dans sa tête et refuse ce qu’elle appelle « soumission » à un homme. Bref, un mec en jupon.

Inversement lorsque le féminin (partie consciente) d’Alexia se tourne vers Jonathan, elle ne rencontre qu’un autre féminin qui ne peut s’imposer à elle, la dominer et la révéler comme femme ; elle n’éprouve alors que mépris et ressentiment. Toute question de procréation mise à part, qui, dans cette affaire, est l’arbre qui cache la forêt.

Si Alexia tenait tellement à faire un enfant et si son mari était vraiment la cause de l’échec, et si elle le méprisait tellement, elle pouvait divorcer ou prendre un amant et non le remplacer par un godemiché stérile pour résoudre le problème. Mais elle n’aurait plus pu se présenter comme la victime de la relation perverse qui la liait à son mari déficient et secrètement hostile.

Je suis sans doute un peu crû, mais cette affaire, telle que je la lis rapportée dans les journaux et dans les interviews en est restée, à mon avis, à la superficie des choses et ne semble pas avoir assez creusé du côté des deux personnalités qui seules peuvent expliquer un drame aussi révoltant, sans pour autant que la responsabilité de Jonathan soit le moins du monde atténuée. Essayer de comprendre une relation, essayer de comprendre les comportements d’une personne ne consiste pas à justifier ou excuser les actes irréparables.

 

11/ Comparaison

  • Pour ceux que cela intéresse, il est très instructif de comparer les deux thèmes :

On constatera ainsi que la configuration la plus « sèche », « dure », « inémotive et répressive » du thème d’Alexia – Mars, Uranus, Saturne – située entre 27° Sagittaire et 0° du Capricorne, tombe exactement sur la configuration la plus libérale, la plus détendue, la plus conciliante, mais aussi la plus irréaliste de Jonathan : Jupiter (2ème Maître de l’Ascendant) Neptune à 29° du Sagittaire.

Son Soleil à 29° Verseau, épris d’indépendance, plus cérébral qu’affectif, sans doute frustré dans son besoin naturel d’élévation et de performance par sa position dans la Maison VI, celle des « servitudes », tombe au carré exact de l’Asc de Jonathan à 28° Scorpion : instinctif, passionné, pulsionnel, torturé et se révèle d’autant plus rejetant.

Son Mercure à 14° Verseau est au carré de Saturne à 15° Scorpion chez son mari, position très stimulante en matière d’échanges et d’idées entre deux personnes possédant par ailleurs de solides points de convergence, mais position d’incompréhension réciproque dans les autres cas.

Sa Vénus à 11° Bélier, au trigone d’Uranus de Jonathan 11° Versea, évoque les passions de tête beaucoup plus que les passions de cœur ; leur relation aurait dû s’établir sur des rapports d’amitié ou de fraternité, mais dans le contexte de deux personnalités aussi mal construites que les leurs, elle ne pouvait aboutir qu’à la prise d’indépendance de l’un par rapport à  l’autre dans le domaine amoureux.   

Une seule harmonie paraît plutôt positive : il s’agit de celle de Jupiter à 26° du Bélier chez Alexia, au trigone de Jupiter-Neptune à 29° du Sagittaire chez Jonathan. Il y a là, me semble-t-il, quelque chose de stimulant sur le plan des valeurs sociales et de réussite professionnelle, chacun étant en mesure de stimuler ou d’entraîner l’autre pour développer ses compétences ou prendre des responsabilités. Ou pour s’attaquer à un projet commun. Je ne sais si cela a fonctionné, mais en potentiel, cette stimulation était possible.

  • Puis nous constatons des aspects plus sombres :

Pluton de l’une sur le Saturne du mari formant une alliance redoutable de blocage et de frustration en Maison XII de Jonathan.

Lune (Maîtresse de la Maison VIII !) à 15° Gémeaux, tombant à l’opposé de Vénus, coiffée d’Uranus, du mari : « je t’aime, moi non plus ».

Soleil maître de la Maison XII chez Alexia tombant au trigone de la redoutable conjonction Mars/Pluton, les deux maîtres de la Maison XII chez Jonathan: l’amour c’est la corrida.

Décidément, ces deux thèmes, par la multiplicité même des corrélations qu’on peut établir entre les positions astrales de l’une et de l’autre, sembleraient assez plaider pour une rencontre inéluctable, fondée sur une attirance négative réciproque, nécessaire à chacun pour accomplir sa destinée.

Comme dans la tragédie grecque que j’ai évoquée plus haut.

12/ Conclusion

La rencontre Jonathan/Alexia ne pouvait-elle inéluctablement se terminer que par la mort d’Alexia ?

Que non pas.

Je lisais sous la plume d’un romancier américain, une phrase par laquelle je voudrais conclure cette réflexion sur le cas de Jonathan. Cet homme qui a parfaitement réussi sa vie professionnelle, qui est heureux mari et père de deux enfants éclatants de joie de vivre, a débuté sa vie dans les plus terribles conditions qui soient : grand-père violent et alcoolique, mère et grand-mère battues et terrorisées, la mère qui ne s’était sans doute jamais remise de ses traumatismes d’enfance, après avoir mis au monde, très jeune, deux enfants d’un père éphémère, avait ensuite succombé à l’alcool, à la drogue assaisonnés d’une bipolarité récurrente qui en faisait un poids terrible pour lui et sa sœur aînée. Il avait néanmoins réussi à faire des études brillantes, en travaillant dur et grâce au soutien de sa grand-mère qui avait entrepris de lui éviter de très mal tourner.

Cette phrase était : nos origines définissent ce que nous sommes, mais c’est nous qui décidons ce que nous voulons devenir.

Elle me conviendrait très bien een guise de conclusion si elle ne semblait établir une sorte de coupure radicale entre « l’être » et le « devenir » chez un être humain.

Je la corrigerais donc de la façon suivante : nos origines définissent ce que nous portons et c’est à nous de pendre conscience de cet héritage potentiel pour bâtir le meilleur avenir possible.

Bien sûr, j’entends le mot « meilleur » non en terme quantitatif, mais en terme qualitatif : créativité, dignité, ouverture, détachement, générosité, accomplissement spirituel. Et c’est dans ce parcours, entre le donné de départ et la réalisation ultime, que se situe vraiment « l’être » et  non dans les simples déterminations de départ.

Jonathan et Alexia se sont rencontrés (que ce soit « par hasard » ou « par fatalité» peu importe) pour s’aider l’un l’autre à découvrir, affronter et résoudre, les distorsions dont ils avaient hérité[12] et qui les ont empêchés de former un couple heureux. Ils ne l’ont visiblement pas compris.

Comme le dit Jung, tout ce que nous ignorons de notre inconscient, nous revient sous forme d’événement.

Au vu de la violence et de la perversité de l’événement qui a conduit Alexia à une mort sordide (il en aurait été de même si c’était Jonathan la victime) on peut penser que l’inconscient des deux époux était particulièrement « chargé » et qu’ils auraient bien fait de demander de l’aide pour mieux comprendre leurs motivations réelles quand ils ont commencé à souffrir de leur disfonctionnement réciproque, avant d’en arriver à cette issue épouvantable. Cela aurait peut-être évité une issue aussi épouvantable qui n’a pas fini de dévaster tous ceux, qui de près ou de loin, ont entretenu des rapports affectifs ou amicaux avec eux.

 

NB : Ce que vous venez de lire ne constitue qu’une tentative d’explication d’un drame qui, après que j’aie vu les thèmes des intéressés, me paraissait assez symptomatique pour que je lui consacre une aussi longue réflexion.

D’autres ont peut-être de meilleures interprétations que la mienne ; qu’ils n’hésitent pas à m’adresser leurs commentaires. On n’a jamais fini d’apprendre dans l’art de l’interprétation, même après quarante ans de carrière. Leurs contributions seront les bienvenues.

Je demande enfin, l’indulgence des lecteurs et lectrices quant aux coquilles qu’ils pourront relever dans ce texte. Je ne relis pas souvent mes textes et je n’ai pas le loisir de les faire relire par quelqu’un d’autre. Alors, bien évidemment, il y a des « buggs ». J’espère que vous me les pardonnerez.

[1] Op. cité p. 173

[2] Dans un autre article j’ai lu 1,65 et 1,70 pour sa femme…

[3] Pour les incompétents comme moi qui ai dû aller chercher la définition de « rose classique » il s’agit d’un godemiché en plastique rose.

[4] Le « bol » est un modèle dans lequel tous les corps célestes se répartissent sur une hémisphère.

[5] Voici un extrait de lettre de Nietzsche vers la fin de sa vie : Dix ans de maladie, plus de dix ans ; et pas simplement une maladie pour laquelle il existe des médecins et des remèdes. Quelqu’un sait-il seulement ce qui m’a rendu malade ? Ce qui, des années durant m’a tenu au seuil de la mort, et appelant la mort ? Je n’en ai pas l’impression. […] Ces dix dernières années que j’ai derrière moi m’ont fait amplement apprécier ce que cela signifie d’être seul, isolé à ce point. […] Pour n’en retenir que le meilleur, cela m’a rendu plus indépendant ; mais aussi plus dur, et plus contempteur des hommes que je ne le souhaiterais moi-même ». A noter, l’idée de « la mort de Dieu » qui en débarrassant l’homme du poids du péché originel, est de nature à assurer son bonheur. Peut-on relever une plus belle illustration du conflit Pluton/Soleil et Mars/Soleil que cette idée qu’il faut s’affranchir de toute lumière spirituelle, de tout principe absolu, pour laisser les forces de la vie se libérer sans contrainte ?

[6] Il faut le voir, le visage tordu d’une grimace imitant parfaitement la douleur, soutenu par papa et maman ou beau-papa et belle-maman, pleurant à chaudes larmes en tenant une fleur à la main, pour découvrir la profonde infantilité du personnage ; infantilité qui se traduit tout naturellement par le don de comédie, car tous les enfants sont notamment comédiens.

[7] Je n’ai pas trouvé la date exacte de sa mort. On doit supposer qu’elle intervient en 1997. Pluton transite l’Asc de Jonathan depuis mars 1994 – Neptune transite son Soleil depuis avril 1995 – fin 1996 et début 1997 Uranus se place au carré de la redoutable conjonction Mars/Pluton – depuis fin 96, Saturne passe au carré de tout l’amas Jupiter/Neptune/Mercure/Soleil, quoique le carré exact au Soleil ne se fera qu’en mai 98 – quant à Mars, il rétrograde pendant plusieurs mois au carré de la conjonction Vénus/Uranus en maison 1.

La RS établie pour 1997 montre une opposition Mars (maître de X – le père) à Saturne (fonction paternelle) au double carré de Mercure, maître de V (les affections) et de VIII (la mort) conjoint à Vénus (affections) maîtresse de IV (famille) et de IX (le dernier voyage) en Capricorne (père) et en Maison XII (lourde épreuve).

[8] Le syndrome de Münchhausen, également appelé « pathomimie » ou « trouble factice », est un terme désignant une pathologie psychologique caractérisée par un besoin de simuler une maladie ou un traumatisme dans le but d’attirer l’attention ou la compassion. Ce syndrome entre-t-il dans le cas de JD ? Je ne le pense pas mais c’était bien imité.

[9] Penser à Descartes, souffreteux, malingre, orphelin de sa mère morte en le mettant au monde, mis en pension dès l’âge de six ans par un père rien moins qu’affectueux, et se construisant une santé et un corps solide en s’adonnant à l’escrime. Penser aussi au trait de génie qui lui a fait transformer son doute existentiel en doute hyperbolique sur lequel il va construire sa Méthode : Saturne à l’Asc. en Vierge)

[10] C’est moi qui souligne

[11] De sperme ?

[12] Héritage transgénéalogique transgressif et violent, accompagné peut-être, du côté de Jonathan, de violences sexuelles dans l’enfance. Je ne peux m’attarder sur le sujet, mais la Maison XII de Jonathan – les « cadavres dans le placard familial » – me paraît assez nocive pour qu’on puisse former cette hypothèse ; ce qui pourrait expliquer ses « déficiences » sexuelles par la suite.

J’ai appris tout récemment qu’une enfant sur dix, vous avez bien lu, 1/10, était victime de viol et d’inceste dans les familles françaises. Et mon expérience professionnelle m’a permis de constater que cela arrivait souvent dans les familles nombreuses où les plus jeunes subissaient les sévices des plus grands ; quand ce n’était pas des parents, oncles, grands-parents en personne.

 

 

 

4 réponses à to “Jonathan et Alexia DAVAL – le cobra et la mangouste ???”

  • Nifbinks:

    Cher monsieur,

    Je visite souvent votre site et j’ai trouvé cet article passionnant. Je suis saisie par un fait tout simple : l’orthographe que vous utilisez pour « Jonathan ». Quand l’affaire a éclaté, je me suis demandé « pourquoi tant de N? » Et ma réflexion s’est portée vers ce phénomène loin d’être nouveau qui mène les gens à prénommer leur enfant de la façon la plus originale possible… une banalité dans notre monde ! Comme si l’identité d’un enfant devait se construire en opposition au reste du monde et uniquement à travers un prénom alors que l’histoire d’une famille et la parole sont des repères bien plus importants et constitutifs quelle que soit leur teneur.Le premier jour du procès, on apprenait que M. Daval avait lui-même décidé de s’appeler « Jonathann ». J’en tombais de ma chaise. Beaucoup se choisissent un autre prénom. Lui, se démarquait par une lettre (et pas n’importe laquelle !), offrant à son prénom une terminaison qui évoque bien des choses si l’on tente de « jouer » un peu avec. Entre deux N, ne me vient qu’une voyelle, vous me suivez ?Tout cela pour rebondir sur vos propos concernant le thème d’une personne mal dans sa peau, qui n’a pu rompre les schémas qui le faisaient souffrir et à dit « oui » à la personne avec laquelle s’exprimerait le pire de ce à quoi peut mener une union, plutôt que de dire NoN… Ma « sensibilité » ne me rend certainement pas experte sur la façon dont il s’agit d’analyser cette affaire. Mais elle rejoint quelquepart vos dires sur la question des origines, des distorsions héritées, que l’on choisit de perpétuer ou pas.
    Bien à vous,
    F.

    • Bravo ! Vous offrez une excellente conclusion, pleine de subtilité à mon article.
      Vous avez notamment bien saisi l’importance des « distorsions héritées » pour expliquer un thème et les comportements – probables mais non fatals – qu’il met en lumière.
      Je vous en remercie bien sincèrement.
      Cordialement
      LSM

  • Nifbinks:

    Avec plaisir, cher Monsieur ! L’astrologie m’intéresse beaucoup… surtout quand il s’agit de s’en servir pour comprendre de nouvelles choses. Et votre site a de quoi nourrir les curieux dans mon genre. J’aimerais bien que les gens prennent le temps d’explorer vos pages. Cela les sortirait un peu du fatalisme avec lequel ils lisent souvent l’horoscope et leur interdirait tout déterminisme. Imaginez si J. Daval avait déclaré à la barre « c’était écrit, je suis capricorne ascendant scorpion » !
    Ceci dit, je vous souhaite un excellent 2021, plein de joyeuses surprises, de chance pour vous et pour vos proches. Avec, bien entendu, mes meilleurs voeux de bonne santé.
    Bien à vous,
    F.

    • Je ne pense pas que la déclaration éventuelle de Daval suivant laquelle il était Capricorne/Scorpion aurait changé grand-chose. Mes deux amis les plus chers sont tous deux Capricorne/Scorpion; l’un d’eux est d’ailleurs un éminent magnétiseur et géobiologiste. Ne commettez pas l’erreur de résumer une identité à un signe solaire et un ascendant.
      Un être humain est un « microcosme » c’est à dire un univers complet. Il ne peut donc se comprendre qu’à travers sont thème intégralement compris et analysé et non à travers deux éléments arbitrairement séparés du reste.
      Cela dit, je vous souhaite, moi aussi, la meilleure année 2021 possible.
      Bien à vous.
      LSM

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