La crise que nous vivons – dérisoire dans ses origines : un minuscule virus – et dramatique dans ses conséquences : des dizaines de milliers de personnes en danger de mort, des peuple entiers réduits au confinement et à la paralysie économique, peut s’interroger de multiples façons.
J’en ai exploré une ou deux dans mes articles précédents.
Restait à prendre l’avis de quelques penseurs ayant interrogé catastrophes et épidémies comme « signes » ou « interventions » surnaturelles dans les temps qu’elles vivaient, chacun devant savoir que Dieu utilise la plupart des temps des causes parfaitement naturelles pour faire connaître Ses raisons surnaturelles. Je vous livre ces témoignages ici.

L’épidémie actuelle ne se distingue en rien de toutes celles qui ont affecté l’humanité dans la suite des temps, et de toutes celles à venir du fait, la plupart du temps, de la dégradation des conditions naturelles dans laquelle il s’obstine, mû par un esprit de « progrès scientifique » qui me semble l’autre nom du « progrès vers l’abîme ».
Est-ce la fin du monde ? me demandent certains correspondants épris de sensations fortes.
Je n’ai aucun moyen de le savoir. Ni moi, ni personne.
Et je ne suis même pas sûr que ce soit la « fin d’un monde » comme certains optimistes se croient habilités à le proclamer, pensant que nous serons meilleurs, plus respectueux de l’environnement (qui n’est autre que la Nature), moins soucieux de lucre et de consommation, de gaspillage, de parts de marchés, de puissance économique et autres tartes à la crème de cet annexe des ateliers de l’enfer qu’est devenu le monde moderne, après la crise du coronavirus.

Le premier témoignage que je voudrais offrir à votre réflexion est celui de saint Jérôme – cité par le grand cardinal Pie – qui assistait aux convulsions de l’empire romain incapable de résister aux assauts des barbares, comme notre Europe – du moins en ses « élites » – s’avère incapable d’endiguer le flot de barbares immigrés qui endeuillent et incendient nos banlieues et finiront par emporter notre civilisation si les nations européennes, en leurs forces vives, ne se réveillent pas.

 Il écrit : C’est par le fait de nos péchés que les barbares sont forts. C’est nous qui, par nos vices, leur avons préparé la victoire sur le peuple le plus brave de l’univers. Malheureux que nous sommes, de nous être rendus si insupportables à Dieu, qu’il se sert aujourd’hui de la rage des barbares pour appesantir sur nous sa colère. Puisse le Seigneur Jésus chasser loin de nous ces bêtes féroces ! Mais comment l’espérer, puisque tant de calamités déjà commencées n’ont pu réduire notre orgueil et notre impiété ? L’empire romain s’écroule avec fracas, et, au milieu de ces ruines, nous tenons encore la tête levée, sans vouloir la courber. Pleins d’horreur pour le mal qui nous menace, nous avons encore plus d’horreur, s’il est possible, pour le remède ; et parce que nous ne consentons pas à supprimer la cause de la maladie, la maladie est incurable. Que dirons-nous donc de cet état désespéré d’une société, laquelle, après avoir épuisé tous les autres moyens de salut, réduite à la nécessité de se convertir à Dieu si elle veut vivre, déclare fièrement qu’elle meurt et ne se convertit pas ? 

Mot pour mot, c’est la déclaration que devrait proclamer urbi et orbi, le chef spirituel de cette Europe qui n’existait que parce qu’elle était chrétienne et qui s’efforce de nous faire croire qu’elle existe encore après qu’elle ait vendu son âme à l’athéisme, au progressisme, au relativisme et au libertarisme. C’est comme de penser qu’un navire pourra continuer sa course majestueuse après qu’il ait rencontré l’iceberg fatal. Et il est triste de constater que celui-là même qui devrait s’efforcer de combler la déchirure, s’obstine à tailler de nouvelles voies d’eau dans la coque[1].

Nous pourrions trouver quelques similitudes entre le déferlement des barbares décrit par saint Jérôme, celui de ces pseudos « migrants » (90% d’hommes jeunes et vigoureux qui ne sont pas plus Syriens que vous et moi) qui viennent alimenter la cinquième colonne de l’islamisme en Europe ; sans oublier les fléaux des révolutions, guerres et épidémies que notre monde a subi au cours du vingtième siècle. Le coronavirus étant, pour l’instant, le dernier avatar de ces attaques en règle contre notre civilisation… ou ce qu’il en reste.
Ou l’on considère cette épidémie comme un « dégât collatéral » des expériences menées par quelques olibrius chinois dans leurs laboratoires de Wu-Han. C’est une théorie qui dispose de nombreux adeptes convaincus. Je n’ai aucun moyen de l’infirmer ou de la corroborer.
Ou, nous y voyons quelque signe, mystérieux quand à l’origine,mais très clair quant à la leçon à en tirer, que notre civilisation, depuis un siècle et plus, s’est fourvoyée dans une voie qui la conduit tout droit à la destruction.

Dans ce cas, je redonne la parole au cardinal Pie qui, quelques années après avoir rappelé le témoignage de saint Jérôme, écrivait :

D’où pensez-vous que viennent tant de calamités qui semblent, en ces années désastreuses, s’être concertées pour altérer toutes les substances nécessaires à la vie de l’homme ? Des savants cherchent l’explication de ces tristes phénomènes dans une perturbation insolite des éléments ; mais cette perturbation elle-même, d’où procède-t-elle ? Ils inventent, pour les désigner, des mots plus ou moins étrangers à notre langue ; mais est-ce donc guérir une maladie que de lui donner un nom ? Ils prodiguent les recettes et les formules ; mais la multitude même des remèdes qu’ils indiquent trahit leur impuissance. Et pendant que la science disserte sur les causes secondes, le mal suit son cours. […] O homme ! poursuis, si tu veux, tes investigations et tes calculs ; analyse la pourriture dont la terre paie tes sueurs et ton travail ; interroge tes creusets et les objectifs de tes instruments ; mais sache que Celui qui a fait les êtres, ou, comme le dit le catéchisme, Celui qui a créé le monde, est aussi Celui qui le gouverne, et qui seul peut guérir ses créatures malades, parce qu’elles ne le sont que par sa permission ou par son ordre. […] Le vrai mal, le voilà : notre mépris de la divinité, notre orgueilleuse complaisance pour nous-mêmes, notre insatiable cupidité, voilà le principe des calamités que nous endurons ».

Ne croyez surtout pas que Mgr Pie innovait en établissant ce constat sévère. Il ne faisait que rejoindre le prophète Jérémie, analysant les causes de la punition de Sodome.  Sodome ne pratiquait pas le mariage homo, elle ne confiait pas des enfants innocents à « deux papas » ou « deux mamans », elle se laissait simplement aller à quelques déviances qu’on appelle aujourd’hui droits à la différence. Droits dont on ignore la source qui les fonde mais qui ont pignon sur rue et institutions officielles, très actives, pour être imposés à une majorité tellement déboussolée qu’elle n’ose plus exprimer son indignation.

Voici quel fut le crime Sodome, – nous dit le prophète Jérémie -, l’orgueil, l’abondance de nourriture et l’insouciant repos était sa part. » (Jérémie 16, 49).

Ce qui nous renvoie indubitablement à notre société, elle aussi condamnée à mourir, parce qu’elle se croit à l’abri du fait de son aveuglement et de son orgueil : elle a tout misé sur la puissance technoscientifique pour s’assurer l’immortalité. Sur l’abondance des biens – la société de consommation – dont elle n’imagine pas qu’elle puisse se tarir un jour du fait de quelque catastrophe d’origine naturelle (changements climatiques et leurs conséquences) ou humaine (catastrophe nucléaire, guerres biologiques, immigrations dévastatrices).
Quant à ce que Jérémie appelle « l’insouciant repos »  il s’agit des mœurs de sybarites et de phoques qui ont envahi notre culture où chacun ne semble cesser de courir après les satisfactions de son ventre et de son portefeuille que pour pourvoir à celles de son bas ventre. Recto-verso autant que possible.

Un tel monde en révolte est-il pérenne ?

Clémenceau proclamait à la tribune de l’Assemblée nationale où sa grande gueule faisait merveille : Depuis la Révolution, nous sommes en révolte contre l’autorité divine et humaine avec qui nous avons, d’un seul coup, réglé un terrible compte le 21 janvier 1793». On ne saurait être plu clair… et plus cynique.
Il croyait donc naïvement que l’homme est en mesure de « régler ses comptes » avec Dieu, en coupant la tête à celui que le représentait à la tête de la Patrie ? Comme on casse le thermomètre pour faire tomber la fièvre ?
Quel aveuglement !

Heureusement, pour ceux qui, dans leurs incertitudes et leurs angoisses même, ont gardé Foi, Espérance et Charité devant les aberrations politiques, culturelles et sociétales qui leur sont imposées depuis quarante ans à travers  les coups de boutoir que la ploutocratie internationale, porte à leur civilisation avec la complicité de leurs « responsables », doivent se souvenir que lorsque Dieu efface c’est qu’Il s’apprête à écrire d’après Bossuet.

Reportons nous à des périodes aussi sombres que celle que nous vivons. Moins écœurantes du point de vue des mœurs, mais infiniment plus dangereuses pour notre survie.
Ainsi aux 14e et 15e siècles, où l’Europe entra  dans une de ces périodes suicidaires dont elle a le secret et le royaume de France tout spécialement.

Durant cette période trois cavaliers de l’Apocalypse parcoururent le sol de l’Europe :
1 – D’abord celui de la guerre de cent ans (1337 à 1453) qui ravagea le royaume de France, apportant avec elle, massacres de masse, famines, vols, etc.
2 – Celui de la Peste Noire, qui vint cumuler ses malheurs à ceux de cette guerre de cent ans. Cette épidémie connut son apogée entre les années 1347 et 1350 et mit cinquante ans à disparaître vraiment, poussant quelques offensives d’arrière-garde tous les dix ans environ. Un tiers de la population française disparut. Proportion qui atteignit jusqu’à 50 voire 70 % dans les grandes villes du royaume.
Vous avouerez qu’on en est très loin aujourd’hui.
3 – Enfin, éclata le grand schisme d’Occident déchirant tout particulièrement l’Église, mais entraîna aussi rois et princes dans des conflits sanglants. Il dura de 1378 à 1417.

Comment réagirent nos aïeux ?

De deux attitudes radicalement opposées chez ceux qui furent épargnés.
– les uns, ivres d’être encore en vie, abusèrent de tous les plaisirs et les vices que la vie pouvait leur proposer. Ils justifièrent la phrase de l’Apôtre : mangeons, buvons car demain nous mourrons (1 Cor. 15, 32).
Vous dire qu’ils se ménagèrent ainsi la bienveillance de Dieu serait sans doute présomptueux. Mais on peut supposer qu’Il était navré d’une telle réaction d’esprits obtus. Qui ressemblent beaucoup aux nôtres.
Les autres, prenant ces calamités pour ce qu’elles étaient peut-être, priaient et suppliaient Dieu d’en être délivrés.
Il semblerait qu’Il se laissa toucher par ces derniers – même s’ils étaient infiniment moins nombreux que les premiers sans doute –  et c’est ainsi que Jeanne d’Arc apparut dans notre Histoire, boutant les Anglais violeurs, pilleurs et ravageurs, hors de nos frontières. Comme nous devrions le faire  avec certaines populations qui refusent notre civilisation, nos mœurs, nos coutumes et notre religion historique, avant que de nouveau on puisse déplorer « grande pitié dans le Royaume de France ».

Mais, si on me demande mon avis personnel, je n’en crois rien. L’homme du quinzième siècle n’est pas celui du vingt-et-unième. Il n’a pas développé cette morgue et cette suffisance qui sont la marque de l’humanité prométhéenne des temps modernes. Il se sait créature et dépendant d’un ordre qui le dépasse. Il est pieux et humble (qui vient de « humus » la terre, celle qui a servi à nous créer). Ce n’est pas le cas de notre culture toute éprise de droits-de-l’homme, de liberté, d’autosuffisance, d’individualisme, d’hédonisme.
Je crains donc, qu’après l’épidémie, nous ne réagissions comme pharaon au temps de Moïse : en ignorant les signes ; et que nous replongions dans les bauges que la « modernité » et la « postmodernité » ont ouvertes tout-grand pour nous.

Si salut il y a, il ne viendra pas de nous. Nous sommes trop affaiblis et surtout les défenses spirituelles sur lesquelles nous pouvions autrefois nous appuyer et retremper nos volontés défaillantes n’existent plus, l’Église s’étant transformée, au cours des cinquante dernières années, au mieux comme une ONG toute éprise de droits-de-l’homme, d’écologie et de revendications rien moins que spirituelles, au pire comme une nouvelle écure d’Augias dont il faudrait un nouvel Hercule, ou un sacré coup de Karcher, pour lui redonner un peu de sa pureté originelle.
Malgré cet apparent pessimisme, je n’oublie jamais que, depuis Clovis, c’est le Cœur très Sacré de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ qui règne sur le royaume de France. Avec Sa Mère, reine de France depuis 1638, date à laquelle Louis XIII lui consacra le royaume des lys.

Nous l’avons oublié. Pas Eux.

LSM

[1] A noter que le naufrage du Titanic a eu lieu dans la nuit du 14 au 15 avril (1912), c’est à dire exactement le même jour que l’écriture de cet article.

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