Va-t-on devoir assister à ce naufrage du bon sens et du sens du Réel encore longtemps ou devra-ton accepter que notre société se transforme en un immense asile d’aliénés où chacun peut définir ce qu’il est ou qu’il n’est pas, son genre, son sexe; ce que sont le mariage, la filiation, la paternité, la maternité, la pudeur; décider que le ciel est naturellement rouge, que le vrai et le faux s’équivalent puisqu’ils n’existent ni l’un ni l’autre, et que le bien et le mal ne sont qu’affaire d’appréciations personnelles ?

Que toutes les formes de déviances qui ne relèvent que du domaine intime et personnel doivent s’imposer  dans le champ des valeurs communes et que les délires des uns et des autres, dans une sorte d’apothéose du relativisme et du nihilisme qui empoisonnent notre culture depuis plus de quarante ans, finissent par s’imposer à nos lois sous le coup de groupes de pression ultra-minoritaires mais enragés à transformer la France en une sorte d’antichambre de Pandémonium et conduisent notre société déboussolée à accepter une corruption de nos moeurs qui stupéfierait même les bonobos ? Il faut dire que de bonobo à bobo, il n’y a qu’un pas à franchir. En arrière bien sûr.


« Un des premiers principes, un des plus importants, sur lequel la chose publique et les lois sont consacrées, c’est le soin d’éviter que ces possesseurs temporaires[1], que ceux dont les jouissances sont à vie, insouciants de ce qu’ils ont reçu de leurs ancêtres, et de ce qu’ils doivent à leur postérité, n’agissent comme s’ils étaient des maîtres absolus ; d’éviter qu’ils puissent s’imaginer qu’avec tous leurs autres droits, ils jouissent de celui de trancher le cours des substitutions, ou de commettre des dégâts dans les héritages. En détruisant à leur gré la constitution originelle de la société, dans laquelle ils vivent, en risquant de ne laisser à ceux qui viendront après eux que des ruines au lieu d’habitations, et en enseignant ainsi à leur successeurs à avoir aussi peu de respect pour leurs inventions, qu’ils en ont eu pour leurs ancêtres. »

Edmund BURKE – Considérations sur la révolution de France

Burke dénonce ici, seulement un an après son déclenchement[2], ce flot de barbarie qui a emporté notre pays à partir de ce calamiteux 14 juillet que nous commémorons tous les ans, sans prendre conscience que nous agissons ainsi comme le fameux Catoblépas antique agirait lui-même en fêtant l’anniversaire où il a commencé à se bouffer stupidement les pattes.

Ce que Burke vise plus précisément, ce sont les invraisemblables destructions que les décisions de l’Assemblée dite nationale (alors qu’elle ne représentait qu’environ 2% de la population française de l’époque) ont provoquées au cours de l’été et de l’automne 89 ; destructions d’un patrimoine culturel (architectural, artistique, religieux, humain) d’une valeur inestimable auprès duquel les fameux autodafés du sinistre Hitler et de son acolyte Goebbels, apparaissent comme un charmant barbecue.

Mais, si on lit bien son texte, on s’aperçoit que son indignation devant tant de barbarie exercée par un peuple « éclairé par les Lumières » n’est pas seulement dirigée vers la destruction des biens matériels, mais aussi et avant tout, vers les biens spirituels qui ont inspiré une civilisation dont le patrimoine institutionnel et matériel n’est que le témoignage, la manifestation, la « présentification » dirait notre grand métaphysicien Jean Borella.

Au nombre de ces Biens inaliénables sous peine de voir une civilisation s’effondrer et disparaître, s’inscrit la famille qui en constitue le socle. Qui dit famille dit génération, culture, héritage, transmission, conservation et surtout amour. Le contraire exact de la barbarie car la famille symbolise tout ce qui permet la naissance et la croissance des générations futures, condamnées à bâtir sur le sable et à dépérir si la folie de leurs prédécesseurs les conduit à priver leurs enfants de ce capital de richesses (matérielles et spirituelles) sans lequel ils retourneront à l’âge de pierre. Ce qui est en train de se passer en Occident, mais que nous ne voyons pas, éblouis que nous sommes par l’illusion technoscientifique.

Depuis trois siècles, ce que la révolution s’acharne à détruire avant toute chose c’est essentiellement cette famille sans laquelle l’homme est aussi nu et abandonné qu’on peut l’être. Car quels que soient les défauts bien humains que nous pouvons quelquefois déplorer chez ceux qui nous ont donné la vie ou à qui nous la transmettons (car, bien souvent, les enfants qui se plaignent surpassent de loin leurs devanciers par leurs propres manques) c’est encore dans la famille que nous trouvons les dévouements les plus désintéressés, les encouragements et les soutiens les plus inconditionnels qui se puissent imaginer. Sans oublier que sans elle, sans son accueil, sans ses sacrifices – et par définition – nous ne figurerions pas au nombre des vivants et nous n’aurions ainsi ni à la blâmer ni à la louer.

Or, depuis trois siècles je le répète,  la révolution (et les courants de pensée qui l’ont précédée et enfantée : nominalisme, protestantisme, rationalisme, modernisme) et ceux qui l’ont suivie (post-modernisme)[3]  n’a d’autre cesse que de dissoudre toutes les solidarités naturelles pour réduire la personne humaine à un simple numéro interchangeable dans le grand magma que sera devenu le monde de Big Brother. Au départ, il s’agissait de jeter Dieu – le « Père » – hors de la cité. Ce qui fut fait symboliquement en ce jour du 21 janvier 1793 où l’on décapita (caput  = la tête) le Roi qui tenait son pouvoir de Dieu, comme le chef de famille lui-même détient sa propre autorité suivant l’ordre naturel,  pour établir l’Homme à sa place. Un homme, anonyme, sans passé, sans mémoire, sans patrie, sans projet, sans identité, bref un homme « virtuel » qui, affranchi de la loi naturelle et de toutes les tares de la culture et de la civilisation qui l’avaient conduit à un haut degré d’accomplissement, serait désormais habilité à franchir un pas de plus en décidant de son sort après qu’il ait « mangé de la connaissance du bien et du mal » grâce aux francs-maçons, amis et alliés (il y a toujours des idiots utiles décidés à vous donner un coup de main dans vos pire entreprises) qui avaient pensé, manigancé, préparé, organisé cette révolution de longue date (lire Augustin Cochin si le sujet vous intéresse).

Seulement voilà l’orgueil qui avait conduit les penseurs des Lumières à vouloir faire de l’Homme un Dieu en le libérant de toute forme de filiation par rapport à  un ordre surnaturel, et donc à se fourrer  non seulement le doigt mais la main entière dans l’œil, on ne pouvait aboutir qu’à la catastrophe. Car nous le savons depuis plus de deux mille ans : qui n’est pas avec le Christ (privé de Son règne à la tête de nos Institutions) est contre Lui. Et qui est contre Lui est forcément du côté de Lucifer car, hélas pour les mous, les tièdes et les égarés que fabrique à foison notre société, il n’y a pas de milieu et, à l’instar de Pascal, nous sommes sommés de choisir si nous voulons survivre aux excès de notre hùbris.

Si bien que l’Homme-Dieu décidant du bien et du mal en fonction de ses intérêts ou de ses passions du moment, privé de tous repères transcendants, niant l’ordre du monde et de la création, s’est vite retrouvé en conflit avec tous ses semblables. Forcément quand on est tous chefs, rois et dieux tout à la fois, on est forcément conduit à entrer en concurrence avec tous les chefs, rois et dieux que le sort a injustement placés sur notre passage et qui nous empêchent peu ou prou de satisfaire nos désirs au plus près de l’exercice dévoyé de notre intelligence et de notre volonté. D’où cette série invraisemblable de révolutions sanglantes, ces guerres du XXème siècle où nous avons pensé voir disparaître la civilisation occidentale, l’établissement de ces régimes inhumains (nazisme, communisme, polpotisme, maoïsme, castrisme) avec leurs pogroms insensés ; ces dictateurs plus affairés à massacrer leurs populations qu’à en considérer les membres comme des « dieux », ni même comme des hommes, mais tout au plus comme des nuisibles à parquer dans des camps de concentration ou de travail avant de les éliminer de toutes les façons possibles. Autant que possible les plus avilissantes et les plus cruelles.

Je décris là la version « dure » de l’esprit révolutionnaire, moderniste et postmoderniste, tous héritiers des « Lumières » et de leurs sécrétions délétères (dont, entre autres, le démocratisme, le darwinisme, l’existentialisme, le structuralisme, le situationnisme, etc… que j’ai oubliés dans ma liste).

Chez nous nous avons été protégés (si on excepte les guerres mondiales et quelques révolutions annexes) des conséquences les plus redoutables… en apparence. L’Ennemi a choisi une tout autre méthode : le pourrissement et l’avilissement. Pourrissement et avilissement par les mœurs, effondrement par la négation de la raison (très actuel), égarement par l’abus d’idées « devenues folles » parce que détachées de leur principe constitutif : la Vérité du Christ. Au nombre desquels une conception absolument folle de la liberté et de la  notion de droit. Droits positifs ignorant toute référence à un ordre universel de nature morale et spirituelle. Si bien que les lois qui nous gouvernent échappant à toute forme de principe transcendant, sont toutes orientées vers la satisfaction des désirs et délires officiellement exprimés par « la majorité » ! En fait une majorité entièrement circonvenue par les groupes d’influence et d’intérêts privés qui gouvernent notre nation depuis deux siècles – par Assemblées interposées – parce qu’ils ont réussi à noyauter tous les rouages d’un pouvoir (politique, médiatique, culturel) qui, malgré sa démagogie éhontée et totalement  inefficiente sur le plan pratique (voir la question des retraites et de l’immigration), ne tient en place que par son allégeance au côté obscur, à la volonté hégémonique d’une ploutocratie qui a tout intérêt à voir les désordres s’amplifier pour mieux imposer la mise en place d’une société mondialiste où le consommateur/producteur (dernier niveau d’être auquel nous serons abaissés) devra adorer Lucifer et Mammon en toute lumière, en leur versant le tribut auquel ils pensent avoir droit.

Mais tant va la cruche à l’eau dit le proverbe, et il y a toujours un moment où le peuple s’aperçoit que le roi est nu, dit le conte d’Andersen.

Il semblerait que ce moment était tout prêt d’arriver au début 2019 où un hélicoptère se tenait fin prêt dans les jardins de l’Elysée pour évacuer  Œdipe et Jocaste vers quelque destination inconnue… puisque nous n’avons plus de base militaire à Baden-Baden[4]

J’en arrive donc – même si toutes ces idées demanderaient à être développées – au sujet qui me mobilise en ce 21 janvier – , anniversaire du jour où la France perdit son « père » spirituel et institutionnel -, à la fameuse question qui fait débat aujourd’hui : la discussion de la loi sur la PMA avec la GPA en ligne de mire.

Cette loi dérive directement de toutes les absurdités (au sens fort) intellectuelles et spirituelles dont

  • la modernité – qui voulait réduire le réel aux seules lois dites « rationnelles » calquées sur les math et la physique qui se soucient du sens de la vie et de la dignité humaine comme le réducteur de têtes de celle de son premier missionnaire, puis

  • la postmodernité qui comprenant que la raison et la science ne peuvent faire le bonheur des hommes (il faut dire qu’il serait difficile de continuer à y croire à la fin du vingtième siècle et encore moins aujourd’hui où l’humanité entière est menacée du fait de nos illusions criminelles) a décidé qu’il n’y avait plus d’autre vérité que celle du moment, de nos désirs, de nos délires et même de nos dépravations. En fait comment parler de « dépravations » quand il n’y pas plus de « vertus » à quoi les comparer ???

Nous en arrivons ainsi à ces revendications de groupuscules ultra-minoritaires – mais qui ont su si bien se faire introduire (sans jeu de mot) dans les lieux de pouvoir mis en place par le relativisme démocratique – pour y « légaliser » leurs tendances les plus contraires à la nature humaine quand elle est fidèle à elle-même.

Cela commença par la pilule qu’on peut considérer comme une mesure anodine. Sauf qu’introduisant la transgression dans la loi positive, elle ouvrait la loi à toutes les « légalisations » de transgressions de plus en plus redoutables.

Sept ans après la pilule, c’était la « dépénalisation » de l’avortement par la grande ogresse désormais abritée dans les cryptes de l’Église Sainte Geneviève, patronne de Paris, rebaptisée Panthéon par  la révolution. On sait quelle forfaiture se cache sous l’ambiguïté du concept de « dépénalisation ».

Ou un acte – qualifié de par la loi en termes de délit ou de crime – est contraire à la loi et, en toute justice, il doit être sanctionné. Ou on décide arbitrairement qu’il ne doit plus l’être. Comment alors justifier qu’il constitue un délit ou un crime puisque ce qui le définissait comme tel est justement ce qui l’expose aux rigueurs de la loi ?

Ainsi cette « dépénalisation », soit-disant dans des cas extrêmes et entourée de tout un artifice de précautions, a abouti à une véritable industrie de l’avortement en France, encouragé, favorisé, planifié et bientôt s’imposant, au fil des lois successive aggravant la loi initiale, comme un droit à part entière, sans justification aucune, contre lequel il est, proportionnellement, de moins en moins autorisé de protester, sous peines de poursuites judiciaires. Dispositions qui aboutissent à 220.000 avortements en France pour des raisons de pur « confort personnel ».  Si tant est qu’on puisse assurer son confort par un assassinat. Lady Macbeth toujours vaillante comme on le voit.

Je ne parle pas des lois qui ont dépossédé le père de son autorité, puis de celles qui ont progressivement érigé le divorce comme une simple formalité sans tenir compte du profond déséquilibre que ces dispositions allaient produire sur l’éducation (si tant est qu’on les « éduque » encore) de nos enfants, dont les mêmes déplorent les incivilités, l’agressivité, le goût de la transgression, etc..

L’étape suivant fut la loi de 2012 promulguée par l’inoubliable François Hollande qui représente ce que la Démocratie peut produire de plus dérisoire, de plus fumeux et de plus désespérant en matière d’«autorité » suprême (Sarkozy, Chirac et Macron le talonnent d’assez près il est vrai). Cet étonnant personnage, (qui semble tout droit sorti d’un Comics ou d’un film d’épouvante à petit budget) dans le prolongement de la dérive progressiste-libertaire qui représente pour le corps social ce que la leucémie ou le sida sont pour le corps physique, laissera pour seul héritage notable dans l’Histoire, que s’inspirant de l’héritage spirituel de l’empereur Néron, il « maria » des paires d’hommes et de femmes, tout aussi déjantés que lui du fait de leur égarement idéologique. Non en raison de leur homosexualité – je tiens essentiellement à le préciser –  qui constitue une désorientation de la personnalité aussi peu justiciable de quelque critique que toute autre désorientation comportementale dans la mesure où elle n’affecte pas les autres, mais en raison de la véritable volonté de nier la réalité (ce qui définit ce qu’on appelle communément « aliénation ») en ignorant la nature vraie du mariage ou son essence si l’on veut ; ce qu’il présuppose, ce qu’il exige, ce qu’il définit en profondeur sur le plan affectif certes, mais encore plus sur le plan, anthropologique, moral naturel, religieux et pratique.

Ceci n’est pas l’opinion que doive adopter un hétérosexuel, aussi borné le considère-t-on, mais tout être humain de bon sens. A chacun ses délires certes, à chacun ses déviations et ses fantasmes. Mais personne  n’a le pouvoir de les instituer en « normes » et d’obliger à les inscrire dans le marbre de la loi. La Réalité est ce qu’elle est et la santé moral et mentale consiste à la connaître, à la respecter pour tenter d’y accorder à nos volontés. Position que ne peut comprendre bien sûr un relativiste ou un nihiliste qui pensent qu’il n’y a d’autre vérité que la volonté du moment, instable et changeante suivant les époques, les lieux et les objets que nous convoitons.

Autant dire aussi peu « civilisée » que possible.

Je passe sur la théorie du « genre » introduite à l’école par un ministre de « droite » (enfin quand on parle de « droite » en France, c’est comme quand on parle de « liberté » en terre d’islam) qui franchit un pas de plus dans le délire de cette fin de civilisation qui à force de vouloir s’affranchir du réel finit par pousser les êtres humains à s’affranchir de leur propre identité…

Il ne faut oublier non plus les gestes délibérés contre la vie humaine avec, par exemple, la loi Léonetti qui a permis de mettre à mort un patient, Vincent Lambert, en le privant de cette eau et de cette nourriture que les pires tortionnaires ne refusent pas à leurs victimes, sous prétexte que son handicap ne le rendait  plus digne de vivre. On ne peut même pas comprendre cette mise à mort l’aspect financier,  puisque les parents de Vincent Lambert avaient trouvé des structures qui l’auraient pris en charge sans que cela coûtât quoi que ce soi au contribuable. Mais il devait constituer un cas emblématique par lequel on levait un « tabou » (comme avec la pilule entamait celui du côté sacré de la procréation) pour nous signifier clairement que nous étions entrés dans la phase ultime  de cette culture de mort qui nous étreint depuis plus de quarante ans et dont nous ne sortirons… que les pieds devant, si je peux me permettre un peu d’humour noir. Sauf intervention de la divine Providence.

En attendant une loi sur l’euthanasie légale et le suicide assisté qui tarde à venir. Il semblerait que les petits fils de Lucifer qui s’agitent dans les loges, dans les associations libertaires et sur les bancs du Parlement, pour inspirer à nos « élites » des lois et des décisions de plus en plus mortifères, se laissent un peu aller pour le moment. Mais ne désespérons pas. Tant que l’Occident autrefois chrétien n’atteindra pas un niveau de dégradation morale et spirituelle qui dégouterait Sardanaple, Nabuchodonosor, Tibère et Caligula lui-même (sans oublier Néron déjà cité) les forces lucifériennes et leurs relais dans notre monde politique, culturel, éducatif, voire religieux lui-même[5] (depuis bientôt soixante ans).

Aujourd’hui on voudrait adopter  (et on va adopter soyez en sûr) l’adoption de cette loi inique qui  bafoue le caractère le plus sacré de l’identité humaine parce qu’elle veut les dissocier de ses fondements anthropologiques et spirituels en permettant aux femmes qui n’aimaient pas les hommes[6] de se faire engrosser par le sperme d’un de ces hommes abhorrés, pour donner naissance à un enfant qui non seulement sera privé de père, et, à travers lui de toute référence généalogique, de tout héritage moral, spirituel, historique (relire ce qu’écrivait Burke en début d’article) mais qui, en plus, aura « deux mères » unies dans la même détestation  de ce que représente son père biologique inconnu. Ce qui veut dire qu’il vivra dans un contexte triplement dément :

  • pas de père présent dans sa vie,

  • deux « mères », ce qui est une aberration naturelle, logique et anthropologique qui rendrait fou l’enfant le mieux constitué,

  • et l’autorité morale d’une paire de déséquilibrées sur lesquelles pèsera toujours la marque de ce reniement qui les obligea à avoir recours à un « fécondateur » anonyme et haï mais que, sans lequel, elles eussent été dans l’impossibilité d’ aller au bout de leur délire.

Quant à la GPA, elle franchit un degré de plus dans la folie anthropologique car si l’on peut concevoir un enfant sans père, un « orphelin obligé » fabriqué artificiellement et délibérément, il est encore plus difficile de concevoir un enfant sans mère biologique présente dans sa vie et élevé par deux «papas » qui, de manière symétrique à leur équivalent féminin, sont des hommes qui n’aiment pas les femmes et qui se jouent la comédie du mariage sans trop y croire, quand on connaît les statistiques concernant la stabilité de ce type de rapports d’où la notion même de « fidélité » ou de « loyauté »  – sauf exception rarissime – doit être exclue[7]

Ce qui est, je m’empresse de le préciser, leur droit le plus absolu, aux unes et aux autres.

Préférer avoir une femme dans son lit quand on est une femme, ne pas supporter qu’y entre un homme  et jouer les « mecs » de quelque façon que ce soit; jouer « l’époux » ou l’« épouse » d’un monsieur (comme le/la conjoint(e) du/de la premier(e) ministre du Luxembourg par exemple, personnage qui prend place dans le groupe des « épouses » dans les cérémonies politiques officielles) quand on est un homme, toutes ces fantaisies, même si elles peuvent surprendre et choquer, relèvent du choix personnel le plus absolu. Il y a beau temps qu’on ne traque plus les « différences » par la loi en France, fussent-elles souvent peu compréhensibles.

Mais lorsque ce choix est fait, il faut l’assumer jusqu’au bout.

Personne n’a le « droit » d’avoir des enfants, personne ! Pas même « les hétéros » comme ils disent !

La filiation découle  d’une loi de la nature dans le cadre de l’union d’un homme et d’une femme pour les athées et les naturalistes ; c’est un don, une  bénédiction qui vient accomplir l’union d’un homme et d’une femme qui s’aiment, qui se donnent l’un à l’autre sans condition, et qui décident de fonder un foyer, pour les Chrétiens. Ou plutôt pour les catholiques. Dont je suis. Car pour les sectes protestantes, multiples et variées, on trouve, sur le sujet, à boire et à manger. Si on a l’estomac bien accroché s’entend.

Ce qui veut dire en claire, qu’en aucun cas un enfant ne peut constituer un objet qu’on se procure par les moyens les plus tordus pour pallier les frustrations que le choix d’une vie marginale peut entraîner, au risque de reconstituer, de manière moderne, les marchés aux esclaves de l’antiquité et du monde moyen-oriental, notamment islamique, où il fait si bon vivre.

Si on veut vivre en homo ou en lesbienne rien ne doit nous en empêcher, mais il faut en accepter le prix et laisser les « enfants hors de nos turpitudes » comme le demandait François Hollande en personne dans une interview télévisée. Et il est exclu que pour satisfaire nos délires de paternité ou de maternité, nous fassions des êtres humains que sont avant tout les enfants, une « marchandise » qui entraînerait les pires pratiques mercantiles. Mammon n’a pas besoin de ce nouvel objet de convoitise pour nous entraîner toujours plus bas sur la voie de la barbarie et de la perdition.

D’ailleurs des personnalités aussi peu soupçonnables de partager mes convictions chrétiennes que José Bové, Jean Leonetti, ou Mme Abécassis, pour ne citer qu’elles, et quels que soient leurs engagements idéologiques par ailleurs, retrouvent bon sens et sens de la dignité humaine en condamnant toute forme de légalisation de la PMA ou de la GPA.

Malheureusement ne croyez surtout pas que les pseudo « sages » du Sénat dont font partie quelques « progressistes » échevelé(e)s agissent autrement que les « sages » qu’on désigne pour former les « comités d’éthique » multiples et variés qui, en fait de sagesse, se comportent comme des instances d’entérinement [dont les] avis tout en nuances se gardent bien de heurter les positions rendues victorieuses sur le terrain par le succès, la force, le lobbying, la majorité.[8] »

La force et le lobbying, à quoi il faut ajouter l’entrisme et d’autres méthodes encore moins avouables, c’est certain et j’en suis d’accord avec l’auteur de cette citation. La « majorité » ? J’en doute. Comme je doute que la majorité du peuple français, à laquelle son gouvernement l’impose, approuve l’immigration extra-chrétienne qui menace jusqu’aux fondements de notre identité et de notre liberté. Comme je doute que le peuple de France, au plus profond de lui-même, puisse approuver qu’on commande et fabrique des enfants à la demande au profit de couples rien moins que fondés en droit (moral j’entends) ; sans tenir compte du fait que ces enfants qui ne peuvent s’exprimer doivent – comme des esclaves – subir le choix de personnes qui les excluent arbitrairement, en se les appropriant, du droit naturel qui veut qu’ils aient un papa et une maman comme cela se passe depuis l’aube des temps et comme NSJC L-même s’y soumit pour réaliser Son Incarnation.

Nous ne devons pas confondre la majorité du peuple français, nourri – qu’il s’en souvienne encore ou non – de deux mille ans de foi chrétienne et de sagesse gréco-latine avec la grande bande de timbrés qui tirent les ficelles de toute cette agitation sordide dans nos médias où elle occupe une place éminente et qui fait que nous n’avons plus de journalistes libres en France, mais une seule et même catégorie de militants qui couvrent toute la surface de la presse française de droit à gauche et vice-versa.

Avec quelques très heureuses exceptions mais que le « système » s’évertue à étouffer avec succès.

Il nous faut comprendre que la démocratie telle que conçue dès le départ par ses pères fondateurs dans les « société de pensée », n’a jamais été conçue pour donner la parole aux peuples et pour entériner ses décisions. Elle a été pensée et organisée pour permettre à une minorité de cooptateurs (généralement recrutés à notre époque dans les loges du G.O ou de la G.L.F, mais pas seulement) d’établir une domination idéologique assez souple pour résister à tous les efforts tentés depuis plus de deux siècles pour lui échapper et assez habile pour se faire oublier et laisser au bon peuple croire qu’il est maître de son destin.

Il paraît que le maréchal Pétain répétait pendant l’occupation : «  J’attends les Américains ». Car il se souvenait de 1917 et de la façon dont l’intervention américaine avait aidé à faire tourner les vents mauvais.

Moi, comme tous les femmes et les hommes de foi, j’attends la Providence et je m’émerveille déjà de la façon dont Elle dissipera les brouillards mortifères dans lesquels nos « élites » dénaturées, jouisseuses, vaniteuses et insatisfaites nous ont enfermés et comment Elle fera resplendir à nouveau les principes véritables qui fondent la joie des coeurs, la vérité morale, la vie sociale dans le Christ, roi des Nations.

Ce n’est pas demain la veille ???

Nous n’en savons rien, mais il ne faut pas être grand clerc ou grand prophète pour constater que notre civilisation devra rapidement choisir entre les options suivantes :

  • la disparition pure et simple sous la poussée de l’islam et devenir ce que la Grèce fut pendant des siècles sous la férule du Grand Turc, ou l’Espagne sous celle des Califes.

  • le phagocytage et l’assimilation par le mondialisme ploutocratique et technoscientifique qui fera de chaque humain un simple code sur une liste informatique de consommateurs/producteurs sans importance et sans identité.

  • ou le réveil, le redressement, la revitalisation des racines qui lui ont donné naissance à partir d’Athènes, de Jérusalem, de Rome et, s’agissant plus particulièrement de la nation française, de Reims et de l’alliance qui se fit entre la Royauté française reconnaissant sa vassalité vis-à-vis de  Jésus-Christ, roi des Nations, et disposant en retour de toutes les grâces nécessaires pour mener sa tâche au cours de l’Histoire.
    On sait ce qu’il advint de cette fidélité et de ce serment à partir du 17 juin 1789, puis du 21 janvier 1793.

Ou nous renouons le lien qui nous constitua comme peuple et comme grande famille culturelle, spirituelle, politique, ethnique ou nous nous obstinons à idolâtrer ces idées folles qui nous mènent à notre disparition : droits-de-l’homme-sans-Dieu, laïcisme agressif, relativisme, scientisme, nihilisme, multicultularisme, immigrationisme, tolérance (à tout et n’importe quoi) et je ne sais quelques autres poisons intellectuels encore….

A nous de voir. Mais il ne faudra pas se plaindre.

LSM

[1] L’article « ces » qui fait référence à la phrase précédente dans le texte de Burke que je n’ai pas reprise, désigne ici  les possesseurs du patrimoine commun que nous avons reçu des générations précédentes.

[2] Son ouvrage paraît dès le 1er novembre 1790 !

[3] Je fais « très court » car il est évident qu’il faudrait détailler chacun de ces courants de pensée qui nous mènent aujourd’hui à l’état de déréliction morale et intellectuelle dans lequel nous sommes.

[4] Pour les lecteurs les plus jeunes de cet article, j’évoque Baden-Baden, – ville alors occupée par l’armée française suite aux accords de l’armistice de 1945 -, parce que c’est là qu’en mai 68 De Gaulle alla se réfugier auprès des troupes du général Massu et lui offrir l’amnistie en faveur de tous les officiers Algérie Française qu’il avait trahis et emprisonnés, en échange de la promesse que les troupes d’Allemagne interviendraient en France pour y rétablir l’ordre si la « chienlit » devait l’emporter.
Deux remarques à ce propos :

  • On constate cette disposition naturelle au général à fuir les lieux où ça barde : Londres en 1940 (après que le maréchal Pétain ait constitué son gouvernement… dans lequel il ne figurait pas !) et Baden-Baden en 1968.

  • On s’étonne que l’Histoire et l’opinion publique n’aient jamais fustigé cette propension à la fuite alors que, depuis deux siècles, on fait grief à Louis XVI – et avec quelle agressivité – d’avoir voulu se placer sous la protection des troupes du Marquis de Bouillé stationnées à Montmédy sur le territoire national je le précise et non à l’étranger comme on l’en accuse mensongèrement, tant son existence aux Tuileries était devenue celle d’un prisonnier de droit commun, et non celle du Roi des Français qu’il était devenu depuis qu’il n’était plus Roi de France.

Cette façon de juger la même attitude de manière contradictoire est typique de l’enfumage dans lequel on nous maintient trop longtemps.

[5] Lire « La Maison battue par les vents » de Malachi Martin : très édifiant

[6] Si on me permet de détourner le titre de l’œuvre célèbre de Stieg Larsson, que la plupart de nos compatriotes connaissent sous sa version cinématographique de « Millenium »

[7] On peut lire à ce sujet le livre-souvenir de Fabrice Thomas [Saint Laurent et moi – Une histoire intime, Hugo-Doc, oct. 2017, 329 p.]  personnage qui fut l’esclave sexuel (consentant et bien rémunéré) de Pierre Bergé avant de devenir, pour un temps, celui d’Yves Saint-Laurent et qui décrit le degré d’abjection qui caractérisa la vie « amoureuse » de ses deux « protecteurs ». Personnalités qui, de toute façon, se séparèrent dès 1974, mais que les médias s’évertuèrent pendant des lustres à nous présenter comme formant le « couple » homosexuel emblématique, idéal ! Alors que l’un pendant toute cette période – disposant de puissantes protections – se livrait aux jeux du sadomasochisme dont je ne suis pas sûr que tous les protagonistes fussent « adultes et consentants » et dont l’autre courait les backrooms (sic) et les chantiers de construction pour se faire sodomiser jusqu’à plus soif.
Je n’invente rien, je ne fais que reprendre les termes du livre de Fabrice Thomas qui, que je sache, n’a jamais été interdit ni contredit. Bergé et Saint-Laurent ne poussèrent jamais le cynisme jusqu’à se marier mais quelques temps avant la mort de Saint-Laurent, Bergé prit la précaution de lui faire accepter un pacs, qui garantissait que les fabuleuses collection d’Yves ne lui échappassent. On n’est pas homme d’affaires « socialiste » pour rien

[8] Paul VAUTE – Plaidoyer pour le Vrai – Un retour aux sources – Coll. religions et spiritualité, L’Harmattan – oct 2019, 332 p., p. 107

2 réponses à to “PMA – GPA : « JUSQU’OÙ NE DESCENDRONS NOUS PAS  ? » ”

  • Elisabeth ROLLAND:

    dans l’ensemble, je suis d’accord avec vous, y compris dans les vues pessimistes de notre avenir, bien que je crains qu’il n’y ait pas le choix entre 1) et 2), mais que nous subissions les 2! Les islamistes sont grands soutiens du Diable américain, par la consommation, de soda, de « Nike », entre autres. Il seront aussi phagocytés (le sont déjà en partie).
    Mais j’ai peur, comme ma mère, que les instances médicales me fassent survivre alors que je n’ai plus la possibilité de me nourrir normalement, plus la maîtrise de mes sphincters, plus la possibilité de tenir sur un fauteuil médical sans y être attachée et en plus, surtout, plus de conscience. Il me semble que si je vois cela se profiler devant moi, je réclamerais « une sédation profonde ». Pour moi, il y a eu une forme d’acharnement thérapeutique sur ma mère, grâce aux progrès de la médecine utiles dans d’autres cas, sinistres dans celui-ci..

    • Rassurez-vous, je ne suis pas partisan du tout de l’acharnement thérapeutique, surtout dans les circonstances telles que vous les décrivez.
      Mais donner à boire et à manger est un acte de simple humanité qui ne peut être assimilé à un « acte thérapeutique » c’est à dire à des « soins ».
      Vincent Lambert, pour reprendre son exemple, n’avait rien d’un patient en état de délabrement total et en phase terminale. Bien au contraire. Si on excepte qu’il ne pouvait ni bouger ni communiquer, il était en parfaite santé biologique et il était évident pour ceux qui l’entouraient de leur affection qu’il comprenait tout ce qui se passait autour de lui et qu’il se réjouissait d’être en vie. Même en vie diminuée.
      Le sort qui lui a été réservé – mourir de soif et de faim, en termes crus – ouvre la porte à toutes les dérives envers les handicapés devenus trop lourds à entretenir, même s’ils ont le désir et la faculté de vivre. Comme le disait l’évêque d’Albi sur la question de la PMA et GPA, il y a peu, notre législation est en train de battre celle de Hitler à plate couture. Jean Paul II, lui, parlait de « culture de mort ». Nous y sommes et, abrités derrière ses circonlocutions et ses techniques de langage, nos élites nous font revenir à un stade que les Romains eux-mêmes auraient sans doute jugé « barbare ».
      Amitiés à vous.
      LSM

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