Louis XX - Google imagesCher Monsieur,

Je ne manque jamais de lire vos chroniques dans « L’Homme Nouveau » auquel je suisOrléans - Google images abonné depuis longtemps. Toujours avec intérêt. Mais quelquefois avec un certain malaise quand je vous vois adopter des positions qui, pour se vouloir conciliatrices, sont plutôt contradictoires. Rhétorique bien journalistique (et bien gémelienne puisque vous êtes Gémeaux, le signe du relativisme absolu, si je ne me trompe pas).

Ainsi, il y a quelque temps, quand vous prêchiez pour une sorte de réconciliation entre le rit dit ordinaire auquel vous vous félicitiez d’assister quelquefois, et le rit dit extraordinaire. Comme s’il y avait équivalence absolue entre les deux rits et simple question de choix ou de goût.

Or, informé comme vous l’êtes, vous ne pouvez ignorer les graves réserves formulées par les plus hautes autorités de l’Eglise traditionnelle au cours de ces quarante-sept dernières années contre ce rit ordinaire, parmi lesquelles Le « Bref examen critique du nouvel Ordo Missae »  que les cardinaux Ottaviani et Bacci adressèrent à Paul VI en son temps.

Critiques et réserves qui ne peuvent justifier une quelconque neutralité bienveillante envers le rit ordinaire en l’affirmant équivalent au rit extraordinaire par lequel l’Eglise s’est exprimée depuis au moins le concile de Trente.

Bienveillance envers les personnes pour éviter les querelles inutiles ? Tout à fait d’accord.
Bienveillance envers les idées fausses et les principes dévoyés ? Absolument non.

Adopter une position « chèvre-chou » en ces matières ne peut aboutir qu’à alimenter ce relativisme en train de détruire notre civilisation, et, en définitive encourager au scepticisme qui est tout le contraire de la foi.

Je sais bien que vous être journaliste et avez été chroniqueur judicaire et que, par conséquent, vous devez être plus que tout autre sensibilisé à la relativité de la « vérité » telle qu’elle est servie dans un journal ou dans un prétoire.

Mais là vous écrivez dans l’Homme Nouveau et pas dans La Gazette du Palais, périodique dont l’Editorial de la dernière livraison, signé par Philippe Maxence, conseille justement le « retour au bon sens » qui consiste d’après lui (et je partage son point de vue) à ne pas se satisfaire des quelques fissures que certains penseurs actuels creusent dans le « mur du mensonge » de la  « modernité » tout en se réclamant par ailleurs des principes qui l’inspirent. Attitude inconséquente qui justifie une fois de plus la célère critique de Bossuet : «  Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes.« 

 Et Philippe Maxence, décidément très inspiré de nous conseiller de « porter la cognée sur les racines même de la destruction moderne et [de] poser les fondements d’une restauration de ce que sont  véritablement l’homme et la société« . Et de terminer par un encourageant : « Oui, encore un effort, camarades !« 

Or, il va de soi que, sur le plan politique, ces fondements reposent pour une bonne part sur la « restauration » d’un régime inspiré par la loi naturelle et surnaturelle dont la Royauté française, fut le modèle le plus achevé.

D’où le conseil que je voudrais vous donner à la suite de Philippe Maxence :  » Encore un effort M. Foucard et vous pourrez parler de royauté en profondeur au lieu de confondre vessies et lanternes.« 

Je reprends succinctement votre article :

Vous écrivez : « Légitimiste » ou « orléaniste » mais pas les deux…..ces deux familles de royalistes se détestent estimant que LEUR prince est le seul prétendant légitime au trône de France…« 

 

Il serait difficile de faire mieux en matière de confusion doctrinale.

 Si pour vous le « royalisme » consiste simplement à remplacer un « président » par un « roi » plus ou moins républicain, puis à l’envoyer vivre à l’Elysée en laissant la société continuer à fonctionner sur les mêmes principes, vous avez tout faux.  Vous aurez évité la foire d’empoigne écœurante de « la présidentielle » mais guère plus.
Car vous reproduisez alors le modèle anglais, néerlandais, danois ou espagnol qui est à la royauté ce que le Canada-dry est au Whisky.

Ce qui signifie qu’il n’y aurait aucune rupture avec le système qui nous détruit depuis 223 ans.

Or, c’est exactement ce type de royauté de pacotille, de royauté falsifiée, que représente la famille d’Orléans. L’orléanisme n’est pas un royalisme au sens vrai du terme, mais c’est un parti politique à côté des autres et ne s’en distinguant que par la forme que prendrait la représentation suprême de la république.

Loin de restaurer une royauté salutaire au sens vrai du terme (je vais le préciser) nous aurions à faire à une supercherie dont l’acteur majeur n’aurait qu’un pur rôle de représentation et ne se maintiendrait d’ailleurs sur son trône – comme toutes les pseudo-monarchies européennes actuelles – que sous le contrôle des oligarchies financières et maçonniques qui mènent le monde. C »est particulièrement  vrai pour la « monarchie » anglo-saxonne qui a toujours soigneusement entretenu ses rapports (pour ne pas dire ses collusions) avec banques et loges.

Cet état de fait est tel que, si d’aventure, une de ces « monarchies » voulait restaurer les valeurs réelles de la Royauté (telles que les dépeint si bien Jean Raspail) elle serait renversée ipso facto par l’action d’une des officines qui exécutent les basses œuvres des ploutocraties mondialistes.

C’est le sort qui nous attendrait avec les Orléans passés, bien avant la mort de Louis XVI, dans le camp du libéralisme révolutionnaire avec armes et bagages.

Faut-il vous rappeler que Philippe-Egalité avait commencé de comploter contre Louis XVI dans des loges où la mort du Roi fut décidée bien avant que la Révolution fût déclenchée (je vous fournirai une ample bibliographie si vous le souhaitez) ?

Faut-il vous rappeler que Philippe-Egalité, adhérant intégralement à ces idées révolutionnaires, vota la mort de ce même Roi, son cousin et souverain, sans doute plus par intérêt que par conviction ?

Faut-il vous rappeler que Charles X abdiqua en faveur de son petit-fils le futur Comte de Chambord en confiant la charge de Lieutenant-Général du Royaume à Philippe, fils d’Egalité…..qui s’empressa de trahir la charge que le roi lui avait confiée et qu’il avait acceptée, en prenant la place de celui dont il devait protéger l’adolescence et favoriser l’accès au trône ?

Faut-il rappeler au juriste que vous êtes qu’un voleur et un criminel ne peuvent jamais hériter de leur victime ? Ce qui serait le cas si un Orléans montait sur le trône en se targuant d’un héritage familial qu’ils ont souillé du sang de celui dont ils se réclament ?

La notion d' »héritage » étant d’ailleurs une arme excellente à retourner contre les prétentions des Orléans qui nous disent aujourd’hui, la larme à l’œil, qu’ils ne sont en rien responsables de la mort de Louis XVI ni de la profonde adultération infligée à la Royauté hier par leur aïeul. Mais alors comment peuvent-ils se prévaloir de ce même aïeul pour justifier leurs prétentions ? Comment peuvent-ils hériter du trône s’ils n’héritent pas du crime par la même occasion ?

Faut-il vous rappeler que feu le pseudo-Comte de Paris a multiplié les déclarations d’allégeance à la démocratie et à la révolution ? Il est tout à fait possible de les retrouver si vous le souhaitez.

Faut-il croire ceux qui m’ont affirmé que son aîné fréquentait une loge de la GLNF ? Là aussi, cela doit être d’ailleurs assez facile à vérifier.

Bref. Quand vous parlez de « royauté » ou de « royalisme » à propos des Orléans, vous participez –  sans doute de bonne foi et par manque d’information sur le sujet  – au travail d’enfumage que cette funeste famille a entrepris dès le XIXème siècle au détriment des Français.

Sur le plan des principes, ceux dont ils se réclament – les principes libéraux et révolutionnaires – sont incompatibles avec ceux de la royauté française véritable : les principes chrétiens d’organisation de la cité, étant entendu que, dans la royauté traditionnelle c’est le Christ qui est vrai Roi de France et Sa Mère (à laquelle Louis XIII avait consacré le royaume en 1638) vraie Reine de France. Le roi n’étant que « Lieutenant du Christ » « Sergent de Dieu » placé sur un trône dont il n’est que le Vicaire.

Ce qui implique une vision philosophique, anthropologique et politique à l’opposé de celles auxquelles se sont ralliés les Orléans de longue date.

Je ne m’étends par sur cette question des principes sur lesquels notre civilisation française et ses Institutions – dont l’institution royale au premier chef – se sont édifiées, ce serait bien trop long. Mais, je crois en avoir dit assez sur ce point pour faire comprendre que l’entreprise orléaniste n’est qu’un bluff associé à une forfaiture rendus possibles par la désinformation du peuple français quant à son Histoire et à son Histoire royale en particulier.

Il n’y a donc pas de « choix » à faire.

Il n’y a donc pas de « querelle lamentable » – comme vous le dites de manière très légère – et pas de réconciliation à opérer.

Il y a la vérité de la royauté et il y a la contrefaçon. Comment la vérité pourrait-elle se « réconcilier » avec le mensonge sans se nier elle-même ?

Et de même que l’homosexualité n’est pas l’équivalent d’une quelconque hétérosexualité, mais n’est qu’une déviance  ou une déformation de la sexualité qui, par essence, concerne le rapport au sexe opposé, il n’y a pas de « légitimistes » et d' »orléanistes » à égalité dans la conquête du trône.

Il y a les « successeurs » légitimes des Rois de France, les princes dynastes par nature et par droit ….et il y a les escrocs, les esbroufeurs, les profiteurs de l’inculture générale en ces questions. Dont les Orléans

Creusons un peu la notion de « légitimité » qui va nous permettre, en distinguant entre « successeur » et « prétendant » de pointer ce qui égare votre analyse.

Je résume. La royauté française se fonde sur une alliance : qui a été scellée entre Dieu, représenté par l’évêque Rémi, et les Francs Saliens en la personne de leur chef, Clovis, converti au christianisme, couronné et sacré à Reims en 496 ou 498 suivant les Historiens. Ce serait peut-être le moment pour vous, cher Monsieur, de relire le texte du Serment de Reims car vous y trouveriez à la fois les principes qui fondent la Royauté véritable et  ceux de l’ordre que les royalistes, les vrais, c’est à dire les « légitimistes » (puisqu’il est nécessaire de les distinguer des « illégitimistes« ) voudraient voir rétablis.

Vous découvririez ainsi que la qualité de Roi de France est dévolue par grâce divine à l’aîné des mâles de la famille. C’est ce fameux « sang de France » (d’où les « princes du sang » et non les « princes de sang » comme je l’entends quelquefois dire stupidement par certains de vos confrères)  que Clovis, le fondateur, leur a transmis, via celui des « quarante roi qui firent la France » parmi lesquels saint Louis où il acquit une dignité nouvelle qui éclipsa celle de Clovis. Lien substantiel par le sang, entendu comme principe de Vie et comme symbole de Celui qui fut versé par NSJC pour notre salut,  qui va assurer la continuité à travers trois changements de dynasties – toutes issues de Clovis – jusqu’à Louis XVI. Ou plutôt jusqu’à Charles X.

On aura compris que par « sang » il faut d’abord et avant tout comprendre dignité surnaturelle, élection, sacralité, grâce d’état, etc…

Si bien que le roi de France ne « prétend » à rien, il n' »hérite » de rien. Ni prétendant (pourquoi faire puisqu’il est déjà désigné avant même de naître ?) ni héritier (il n’est pas propriétaire d’une couronne qui appartient au Christ et ne peut donc en disposer), le Roi de France est un successeur.

Il s’inscrit, tout naturellement, le moment venu, dans un ordre institué de manière transcendante informant tout l’ordre politique et l’ordre social. Cet ordre s’incarnant dans l’itinéraire d’une famille élue.

Comme vous le voyez cet ordre ne doit rien à la volonté du Roi qui, bien au contraire, lui doit tout et sur lequel il ne peut agir.

D’ailleurs, Louis XX, connaissant parfaitement les lois fondamentales de la royauté française dont il est le légitime successeur, ne cesse de répéter « qu’il ne prétend à rien » parce-qu’ « il est » tout simplement. Sous- entendu : « il est » le roi désigné par la Loi de primogéniture mâle; par l’ordre (surnaturel et naturel) de succession au trône de France. C’est une Loi merveilleuse qui nous a évité, pendant treize siècles, les affres des guerres de succession qu’ont connues l’Angleterre, la Russie ou l’Espagne par exemple. Loi qui ne doit rien à la volonté des hommes et à leurs passions, car alors nous serions en démocratie et non plus en royauté. Loi qui a assuré notre unité et notre pérennité sans discontinuer à travers toutes les vissicitudes de l’Histoire.

Une seule exception à cette harmonie, une seule blessure : l’intervention de la famille d’Orléans, dont on remarque pour qui connaît un peu l’Histoire de notre pays, que dès le quinzième siècle elle a toujours été associée aux malheurs de la France (ce serait l’objet d’une autre intervention).

Or, autre chose est d’occuper le trône grâce à trahison, régicide, forfaiture et coup de force, autre chose est de se prétendre monarque légitime.

A ce compte-là, les héritiers de Robespierre (s’il avait été capable d’en procréer)  auraient tout autant de « droits » à gouverner la France que les Orléans. De même pour les héritiers de Cromwell en Angleterre, assassin de Charles 1er ou encore les héritiers de Lénine prétendant au trône de Russie dont leur aïeul a fait massacrer toute la famille dans des conditions épouvantables.

« Droit du sang« , « ordre de primogéniture mâle« , « loi de catholicité« , voilà ce qui définit la royauté française.

Le successeur peut être né à l’étranger (comme Henri IV) avoir régné sur un autre pays (encore Henri IV, roi de Béarn et Henri III, roi éphémère de Pologne) avoir été exilé (comme les Orléans eux-mêmes) il est toujours le Roi. Comme un diamant reste un diamant où que vous le placiez, où que vous le déplaciez.

La « nationalité » telle que la révolution et la république l’ont décrétée sur des principes purement idéologiques et universalistes, n’a rien à voir avec cette « légitimité » qui fait qu’un homme est Fils de France – donc légitime et Français – par le sang de Clovis et de saint Louis. Droit naturel que les lois humaines purement circonstancielles ne peuvent jamais abroger.

Louis, duc d’Anjou, Chef de la Maison de Bourbon, Chef de la Maison de France et actuel Roi de France, de jure sinon de facto, tient ses droits par ordre de primogéniture mâle, de sa descendance directe de Louis XIV, à travers le fils de celui-ci Philippe V d’Espagne, prince Français (« N’oubliez jamais que vous êtes Français » lui dira Louis XIV avant son départ) conduit à régner sur un pays étranger, ce qui ne change rien à la qualité de « prince français » du dit Philippe V.

Tout ce qu’on peut dire a contrario c’est plutôt que l’Espagne a été gouvernée par un Prince français, par un petit fils de saint Louis et de Clovis, pendant plus de 3 siècles…et elle l’est encore….si on peut dire que le Roi d’Espagne actuel gouverne quoi que ce soit.

Orléans, n’est que l’arrière-petit fils du frère de Louis XIV, dont on se demande d’ailleurs comment il a réussi à faire un fils à sa femme. Mystère.

Et il y a une bonne cinquantaine de « princes » qui, dans l’ordre de succession,  sont placés bien plus près du trône que les Orléans. Les Bourbon-Parme par exemple.

En définitive les prétentions des « orléanistes » s’appuient :

1/ Sur un mépris absolu des lois fondamentales de la Royauté française et cela se comprend puisqu’ils ont adoptés  peu ou prou, les principes révolutionnaires et n’envisagent une monarchie que parlementaire (ce qui ne nous changerait pas beaucoup de la situation actuelle) plutôt qu’une royauté de droit divin qui représenterait une réelle sortie du « système » dans lequel nous sommes en train d’étouffer. C’est à développer mais je ne peux le faire ici.

2/ Sur de prétendu « droits » qu’ils se seraient créés grâce au règne de Louis Philippe, devenu « roi des Français » (et non de France : donc roi démocratique s’il en fut) qui n’a pu s’établir que par la trahison, la forfaiture et un coup de force.

3/ Sur une lecture absurde des fondements de la « nationalité » : le roi de France actuel ne serait pas Roi parce qu’il est né en Espagne. Mais alors nous avons été gouvernés par des étrangers avec Balladur et Giscard et nous le serions avec Mélanchon, car ces trois personnes (j’en oublie forcément d’autres) sont nées dans des pays étrangers et ont prétendu ou prétendent  être élus à la présidence de la république ? Or, que je sache, cela ne gêne personne à ma connaissance ?

4/ Elles s’appuient aussi sur les fameuses « renonciations du Traité d’Utrecht » qui pour mettre fin à la guerre de succession d’Espagne et calmer l’Europe inquiète de voir les deux couronnes réunies, amenèrent Philippe V à renoncer à ses droits sur la couronne de France.

Or, à la lumière de ce j’ai expliqué plus haut, on comprend bien que ces « renonciations » sont purement circonstancielles et diplomatiques du simple fait que le Roi ne peut pas « renoncer » à une fonction dont il ne peut disposer puisqu’elle est entièrement régie par un principe qui le dépasse et qui fonde des droits inaliénables.

Le plus amusant c’est que Louis Philippe lui-même, lorsqu’il a abdiqué en 1848, a dû « renoncer » à toute prétention dynastique pour ses fils et descendants Orléans.  Comme quoi, une fois de plus, il vaut mieux ne pas parler de corde dans la maison d’un pendu.

Heureusement il y a quelques Français qui ont la mémoire longue.

5/ Enfin, je vous rappelle, M. Foccart, que les tribunaux de la République ont débouté à deux ou trois reprises la famille d’Orléans qui demandait à ce que le port des Armes de France fût interdit à Mgr le duc d’Anjou.

Voyez-vous M. Foucart, il en est de la Royauté française comme de l’Eglise.  On ne peut se faire sa petite religion à soi, « à la carte », et laisser du catholicisme ce qui nous gêne ou nous coûte un effort sous peine de verser dans l’hypocrisie et de là dans l’apostasie, ce que font la plupart des « catholiques » actuels, en France notamment, en commençant par ses plus hauts représentants.

De même on ne peut se déclarer « royaliste » en ignorant que le royalisme n’est pas un simple régime politique laissé à la volonté des peuples mais d’abord et avant tout une vision de l’ordre du monde et de la société fondés sur les lois naturelles et surnaturelles voulues par Dieu qui doit encadrer l’exercice de l’autorité (donc du droit) à quelque niveau qu’il se manifeste. 

Le Roi, l’oint du Seigneur, est celui qui, avant toute chose veille à ce que cet ordre, condition essentielle du Bien Commun, soit respecté par tous en commençant par lui-même.

Le Roi appartient à cet ordre. Il n’en dispose pas, il en est le servant. Faute de quoi  on ne parlerait plus de Roi au sens traditionnel chrétien qui est celui qu’il faut adopter quand on parle de la royauté française, mais on parlerait d’un tyran ou d’un despote, pour reprendre les mots si chers aux Conventionnels.

Il est clair, à la lumière des quelques réflexions que je vous ai livrées, qu’on ne plus placer – comme vous le faites – sur un pied d’égalité les Orléans qui ont toujours transgressé et continuent à transgresser cet ordre en essayant de l’asservir à leurs ambitions en le falsifiant, et le Prince Louis qui en est la personnification pour notre époque. Et  qui, je le répète, ne réclame rien, ne prétend à rien.

Il est clair qu’on ne peut hésiter entre ces deux options quand on est royaliste et qu’on sait de quoi on parle.

Donc au lieu de vous indigner de querelles qui vous paraissent superflues vues du petit bout de la lorgnette que vous utilisez pour exposer cette question cruciale pour notre survie en tant que civilisation, culture et nation, vous devriez,  bien au contraire, agir comme vous le fîtes pour Omar Raddad : prendre parti pour la vérité et la crier en priant mesdames et messieurs les Orléanistes de vouloir bien rester conséquents avec des idées qu’ils agitent sans trop comprendre ce qu’elles recouvrent.

On ne peut restaurer des principes de salut en commençant par les violer.

Une petite conclusion d’ensemble.

La restauration royale n’est pas la condition d’une restauration d’une société traditionnelle, chrétienne, attachée à la réalisation du Bien Commun de ses citoyens. Bien au contraire elle en sera le signe et la manifestation la plus visible.

Le Roi ne reviendra en France que lorsque les Français se seront d’abord d’abord ralliés aux principes qui avaient assuré la grandeur et la noblesse de leurs Institutions. Quand la nation française aura retrouvé sa vocation et sa mission véritables. Quand elle aura renoncé aux fruits empoisonnés des Lumières. Quand elle aura vaincu son orgueil et ses passions désordonnées pour les idées malsaines et les comportements autodestructeurs.

En un mot : lorsqu’elle aura retrouvé le chemin de Reims et se sera convertie.

En commençant par l’Eglise de France qui s’est ralliée depuis longtemps aux perversités de la démocratie et du relativisme en frayant avec le monde au lieu de le convertir.

Alors, et alors seulement, tout naturellement, Louis retrouvera le trône de ses pères. Il n’y aura même pas à aller le chercher ou à l’en prier. Il y sera conduit par cette force qui plaça Clovis à la tête des Francs, scella le pacte de Reims, nous offrit Philippe Auguste, saint Louis, Du Guesclin, Jeanne d’Arc, Bayard, Richelieu et Mazarin, Louis XVI et toute un kyrielle de saints et de souverains chrétiens, attachés à servir la Vérité d’abord et la France chrétienne ensuite de toutes leurs forces, quelles que fussent leurs défauts humains trop humains.

A mon avis, ce temps n’est pas pour demain. Il faut attendre que Bergoglio du côté de l’Eglise, la démocratie parlementaire du côté de la Patrie, ait achevé leur œuvre de destruction massive.

Mais je n’oublie pas que c’est la Providence qui décide, et le triste spectacle de ce qu’est devenue une Europe autrefois chrétienne et une Fille aîné de l’Eglise désormais prostituée, s’il me navre ne m’effraie pas. Toutes les Espérances nous sont permises car “quand Dieu efface, c’est qu’il s’apprête à écrire affirme Bossuet.

Je n’ai aucune raison de mettre en doute sa parole inspirée.

Bien à vous

Meilleures pensées à toute l’équipe de l’Homme Nouveau.

 Louis SAINT MARTIN.

 

2 réponses à to “Lettre ouverte à François FOUCART aux bons soins de « L’Homme Nouveau »”

  • Antoine Jocelyne:

    Explication brillante à laquelle je souscris. Bravo J.Antoine

    • Merci vivement pour cet encouragement.
      La Royauté française c’est comme l’Anthropocosmologie (ex-Astrologie) : tout le monde en parle, soit pour les encenser soit pour les fulminer, mais rares sont les personnes qui les connaissent vraiment.
      Je me suis donc donné pour tâche d’essayer de transmettre ce que j’avais perçu de leur nature profonde.
      D’où mes différentes interventions sur des sites ou dans des journaux qui se piquent de nous parler de « royalisme ».
      D’où un ouvrage que je m’apprête à faire publier (si Dieu m’accorde la grâce de trouver un éditeur accueillant) sur la nature réelle de ma discipline telle que quarante ans de recherches et de réflexion continuelle me l’ont fait entrevoir.
      J’avais espéré au moins une petite évocation de mes remarques dans le « courrier des lecteurs » de l’Homme Nouveau… je n’ai eu droit qu’à un message amical et gêné de son directeur de la publication.
      Bien à vous

      LSM

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