Cathédrale de BéziersDu 27 au 29 mai prochain aura lieu à Béziers, à l’initiative de son maire Robert Ménard, un événement que d’aucuns pourraient qualifier de « divine surprise » : il s’agit du « Rendez Vous de Béziers2016 ».

Il s’agit en effet de réunir toutes les tendances politiques qui, faute d’un meilleur qualificatif, s’intitulent « de droite », ce qui, à mon avis est un terme restrictif, pour ne pas péjoratif quand je pense qu’il peut qualifier des olibrius comme Sarkozy, Juppé, Luc Vattel qui sont, à la défense de la patrie, ce que Strauss-Kahn, Anne Sinclair et Fabius – tous qualifiés de « gauche » – peuvent être à la défense des ouvriers smicards.

Mais, attention ! Le coup de génie n’a pas été de réunir toutes les tendances de droite[1] en invitant des hommes politiques, c’est à dire des politiciens de métier, pour la plupart honnis et méprisés par l’ensemble du pays réel. Mais des hommes de conviction qui n’ont aucun mandat politique : journalistes, magistrats, professeurs, militaires, économistes, chefs d’entreprises, etc.

Les « politiciens », s’ils se présentent devront se fondre dans le public, écouter[2] ce que l’inquiétude et l’espoir quant à l’avenir de notre pays peuvent inspirer à des hommes de pensée, d’action et de conviction, tous issus de ce que nous appelons « la société civile ».

 Le lien que je vous indique en début d’article en vous conduisant directement sur le Programme de ce « Rendez Vous de Béziers » vous permettra de juger de la qualité et de la diversité des nombreux intervenants qui auront à aborder :

  • l’Economie (les pratiques de la finance anonyme, vagabonde et mondialiste seront dénoncées j’espère),

  • les Médias (la désinformation radicale que nous subissons, notamment de la part des antennes et chaines publiques)

  • la Famille (cible préférée des idéologues au pouvoir),

  • l’Armée (ou ce qu’il en reste),

  • la Sécurité/Justice (ou le règne de l’arbitraire idéologique à la sauce Taubira et consorts),

  • l’Ecole (dite nationale, en fait lieu d’endoctrinement de nos enfants),

  • la Culture (ne riez pas ! Puisqu’on vous dit que les tags, l’obscénité et la pornographie, c’est « de la culture« . Ah, ça, mais !),

  • l’Europe (cheval de Troie du mondialisme totalitaire),

  • l’Agriculture (une des plus belles réussites de la France, qui essaie de ne pas mourir aujourd’hui),

  • l’Immigration (cette pratique qui permet d’envahir un pays, de l’occuper puis de le faire disparaître en douceur en tant que culture et identité, sans avoir un coup de fusil à tirer).

Il va de soi que les sous-titres que j’ai mis entre parenthèses sont de moi. Mais je suis persuadé que les futurs intervenants pourraient les reprendre à leur compte.

Après avoir pris connaissance de cette initiative et du programme de ce forum auquel j’assisterai très vraisemblablement, j’ai pensé envoyer une petit message à Robert Ménard que j’ai rencontré à deux reprises grâce à l’intervention d’un ami commun, et avec qui j’ai noué des liens de confiance et d’amitié ce qui a donné lieu à quelques échanges par courriel (nous habitons 100 kms l’un de l’autre). Certes je voulais lui apporter mon soutien et la marque de mon estime, mais je voulais aussi attirer son attention sur les illusions qu’une telle entreprise de réunion de la famille « de droite » pouvait entraîner – et donc des déceptions à venir – si ce colloque ne servait pas à redéfinir les principes essentiels sans lesquels, à mon avis et après avoir beaucoup médité sur notre Histoire, nous sommes condamnés à terme à disparaître en tant que grande civilisation.

Il a bien voulu me répondre…et j’ai rebondi sur sa réponse pour mieux préciser ma façon de voir les choses…qui n’engage que moi, bien entendu.

Cet échange constitue donc une sorte de « lettre ouverte » qui pourra éventuellement vous intéresser.

Je vous le livre sans aucune modification.

Bonne lecture.

séparation

Cher ami,

Bravo pour ce colloque qui va dans le bon sens et auquel j’assisterai dès l’ouverture le 27.

Il est indéniable que cette tentative de regroupement des forces que je qualifierais de « salut public » plutôt que « de droite » (car la droite a largement participé à notre affaissement culturel et à notre déliquescence politique) est d’une nécessité criante et je ne suis pas surpris que ce soit vous qui en soyez le maître d’oeuvre, connaissant vos grandes capacités d’initiative et d’action.

Mais, à un second degré, je crois sincèrement que la victoire de notre camp si elle intervenait en 2017 – d’une façon ou d’une autre – ne serait qu’illusion si elle ne provoquait pas un radical changement de paradigme politique. Ce ne sont ni les hommes, ni les gouvernements, ni même le N° de notre République qu’il faut changer. Ce sont les « immortels principes de 89 » et ces monstrueux « droits de l’homme sans Dieu », homme anonyme, sans patrie et sans attache, souvent sans foi ni loi, auxquels il nous faudra un jour ou l’autre renoncer si nous voulons vraiment survivre et perdurer. C’est à une conversion spirituelle que nous devons répondre si nous voulons survivre. C’est Péguy qui affirmait que « Tout commence en mystique et finit en politique. » Nos principes de gouvernement, notre conception de la société sont faux, ils ne pourront que reproduire les maux contre lesquels nous voudrions lutter.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette démocratie parlementaire appuyée sur un suffrage dit universel, si nous la conservons, nous ramènera aux bord des même gouffres qu’elle l’a fait à de nombreuses reprises en plus de deux cents ans d’Histoire.

Il nous faut toujours garder à l’esprit l’avertissement de Bossuet :  » Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.”

On ne peut vouloir, en même temps, sauver la France et conserver une démocratie qui s’est voulue dès le départ d’inspiration messianique, donc universelle fondalement a-nationale, a-patride, anti-chrétienne surtout, puisque le Christianisme est le seul universalisme qui respecte toutes les réalités historiques et humaines en les plaçant sous la protection du Christ-Roi, ce que refuse la « révolution », hostile à Dieu, hostile aux peuples et aux nations d’Europe qui se sont cimentées grâce au souffle commun du christianisme.

Un exemple à méditer nous est donné aujourd’hui par l’Angleterre où – grâce à la démocratie – nous aurons bientôt un Maire musulman à la tête d’une des principales capitales occidentales ! Capitale d’une souveraine qui est, en même temps, chef de l’Eglise anglicane. A quand Elisabeth en burka ???

Et aussi, à quand un Maire chrétien à La Mecque, à Djakarta ou même à Bagdad ??? Cela ne risque pas, car ces pays sont gouvernés par des principes qui valent ce qu’ils valent mais qui, au moins, assurent l’unité, la cohésion, l’identité. Des pays où foi, politique et culture ne se font pas la guerre les unes aux autres.

Entre nos principes occidentaux destructeurs des réalités historiques, culturelles et nationales, et la défense des réalités vivantes que sont la patrie, la famille, les communautés naturelles, il va nous falloir choisir très vite.

Mais je crains que les jeux ne soient déjà faits.

Bien amicalement à vous.

Louis SAINT MARTIN

séparation

Bonjour Louis,

Je ne suis pas et je ne veux pas être aussi pessimiste que vous !
Sinon à quoi bon se mobiliser, prendre des initiatives ?
Je suis ravi de vous revoir dès le 27 mai.
Bonne journée à vous.

Robert Ménard

séparation

Vous avez raison, le pessimisme doit s’effacer devant l’Espérance.
Reste à déterminer ce qui doit nous mobiliser et orienter nos initiatives, pour reprendre votre formule…
Restauration de véritables principes (spirituels, moraux, politiques) de gouvernement ou simple redéfinition des enjeux politiques à réaliser sans que, pour l’essentiel, les règles du jeu soient changées. Là est la ligne au delà de laquelle peut surgir l’Espérance et en déça de laquelle on peut, assez légitimement, rester pessimistes.
Je ne doute pas que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour faire de cette manifestation une sorte de tremplin pour ranimer l’âme de la France et favoriser sa survie qui passe, je le répète, par une « conversion » (vous pouvez trouver un autre mot qui vous convienne) et une « restauration » de l’esprit public.
Nous sommes dans la situation de l’Egypte avant la conquête romaine, de Rome avant l’invasion des barbares, de Constantinople avant la victoire de Méhemet II. Trois grandes civilisations qui se sont effondrées parce qu’elles avaient perdu l’esprit qui les animait. Et il semble que nous ne nous en rendions pas compte.

Pendant longtemps j’ai espéré que nous fussions dans la situation de la France avant 1429 et l’intervention de Jeanne d’Arc pour inverser le cours de l’Histoire. Mais je n’y crois plus. Jeanne d’Arc a été rendue possible parce qu’elle était portée par l’âme de la nation. Or, notre nation  n’a plus d’âme, ou a entrepris de la la lui a effacer à partir de 1789/92 avec grand succès et même ceux qui – à droite – sont décidés à éviter l’inévitable sont, au fond d’eux-mêmes, admirateurs des « Lumières » et de la « Révolution » qui nous ont détruits. Suivant le cas, ils ont versé dans le relativisme, le scepticisme, souvent le cynisme; ils se veulent « tolérants », « ouverts à la diversité », « défenseurs des Droits de l’Homme » etc, etc, toutes ces idées excellentes en soi mais qui, « devenues folles » et retournées contre nous mêmes, constituent les poisons mortels de notre identité et de notre souveraineté.
Ce n’est pas avec de pareilles sornettes qu’on restaurera cet esprit public qui seul peut rendre une refondation politique nationale possible.

D’autre part, aucun n’est prêt, ni ne se sent le droit je pense – mais j’espère me tromper – de franchir le Rubicon et de chasser cette classe mondialiste (qu’elle soit « sociale » ou « libérale » ce qui revient au même) qui a déjà passé la France par « Pertes et Profits » au profit de ce gouvernement mondial d’inspiration maçonnique (en réalité ploutocratique) contre lequel de Villiers, que vous avez reçu à Béziers, a essayé de nous mettre en garde.

En 1958, il était visible que les institutions démocratiques de la IVème étaient à bout de souffle. Une authentique Restauration était donc possible. Mais elle fut détournée par l’arrivée de De Gaulle au pouvoir….qui fit l’inverse de ce qu’il avait promis et imposa une politique de décolonisation à marche forcée,  qui a pour conséquence directe notre propre invasion/colonisation actuelle.
Nous eûmes alors droit, le 22 Avril 1961, à une réplique du faux séisme de 1958 et ce fut le psychodrame du pseudo putsch des 4 généraux. Mais, ayant mis un pied de l’autre côté du Rubicon, tout étonnés de leur audace, ils se hâtèrent de le ramener en arrière et furent proprement effacés des registres de l’Histoire. En fait, le problème c’est qu’ils n’avaient de véritable projet politique.
Ce fut le dernier sursaut.

Nous en sommes maintenant réduits aux colloques dans une ville de province. Soit. Le vent de l’Histoire nationale souffle où il veut. Avant-hier il a soufflé à Domrémy, à Baudricourt et à Bourges. Hier il a soufflé à Verdun. Pourquoi ne soufflerait-il pas demain à Béziers sous une autre forme ?
C’est sur cette note d’espoir que je terminerai ce petit message, en vous remerciant de l’avoir suscitée par votre initiative.
Bien à vous, très heureux de vous revoir bientôt, avec tous mes voeux de plein succès.

Louis Saint Martin

 


[1] Et Dieu seul si elles sont nombreuses dans un pays où chaque citoyen voudrait être un parti à lui tout seul.

[2] Ecouter au lieu de  profiter de l’occasion pour nous vendre leurs salades défraichies.

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