• homelieLe prêtre ? c’est l’abbé Paul Scalia.

  • Les circonstances ? Les funérailles de son père : le juge Antonin Scalia, un des 9  juges de la Cour suprême des USA dont le cercueil fut porté par les fils et les gendres du défunt.

  • Le lieu ? la plus grande basilique des Etats-Unis, le Sanctuaire national de l’Immaculée Conception à Washington

  • L’assistance ? des milliers de fidèles dont plusieurs cardinaux, des évêques, des prêtres.

  • Le retentissement ? Immense car le sermon a été diffusé à l’Amérique entière (image et texte) et il a fait forte impression sur la population des USA

Et Barak Obama ?

paul scaliaAbsent bien sûr. Certains lui en font grief. Ils ont tort.
Ce « progressiste« , homme de paille du transnationalisme et du mondialisme mercantile athée, qui prône l’éradication des cultures et des nations, la guerre aux religions, l’avortement imposé dans la loi, la théorie du genre, cet ennemi déclaré de la civilisation chrétienne qui encourage et finance en sous-main tous les bouleversements moyen-orientaux afin de noyer l’Europe (la grande concurrente) sous le flot des « réfugiés », cet « humaniste » qui impose le financement du Planned Parendthood qui est à la politique familiale ce que la « solution finale » fut dans le traitement de la population juive en un temps pas si lointain; ce sombre personnage donc n’avait rien à faire dans une authentique cérémonie catholique.
Rappelons, puisque l’occasion nous en est donnée, le scandale récent dont la presse française ne vous a rien dit bien sûr. Une haute responsable de la Parenthood Federation of America (PPFA, équivalent américain de notre Planning d’Eradication Familiale) a été filmée en caméra cachée par deux « pro-life » se faisant passer pour des « acheteurs » alors qu’elle leur vantait la qualité des organes découpés sur les fœtus avortés dans les abattoirs de l’association et vendus à des officines plus ou moins clandestines aux fins de pseudo-recherche médicale bien lucrative [2].

Un tel « président » que les étatsuniens se sont donnés comme signe évident de leur décrépitude spirituelle, bien qu’il ait prêté serment sur une Bible, n’avait pas sa place dans un lieu de culte dévolu à une religion qu’il hait et combat tant qu’il peut.

Il a d’autant mieux fait de ne pas imposer sa présence importune que  » l’abbé Scalia, inspiré par l’Esprit saint, a gratifié l’assistance médusée d’un authentique sermon catholique. Un sermon qui portait sur la  foi, sur les fins dernières de notre condition humaine, le vrai sens de notre existence, l’Espérance surnaturelle qui seule mérite notre intérêt  » écrit le journaliste qui nous a permis de lire ce sermon.

Sans utiliser le terme, l’abbé Scalia a même tenu à rappeler la réalité du purgatoire comme vous le comprendrez à la lecture de ces paroles fortes, dénuées de cet intolérable pathos dégoulinant d’un pseudo-humaniste progressiste qui permet aux prêtres et aux évêques postconciliaires – Papes en tête depuis Jean XXIII – de mieux vider la doctrine du salut révélée par le Christ de son contenu surnaturel.

Sermon que son père, le juge Scalia,  aurait apprécié car habitué de la messe traditionnelle, il était connu, comme l’abbé son fils, pour son attachement à la dignité de la liturgie et à la morale traditionnelle de l’Eglise.

L’abbé n’hésite d’ailleurs pas à célébrer selon la forme dite extraordinaire, alors que la messe de saint Pie V constitue le trésor inaliénable et plus encore la respiration, lieu central de la doctrine catholique pour les siècles des siècles.

L’abbé Scalia est prêtre diocésain à Arlington, en Virginie, là où se trouve le fameux cimetière où dorment les héros de ce pays qui a sacrifié la grandeur au profit…du profit.

Ce jour-là il officiait pour les funérailles d’un authentique héros de la justice et de la foi.

Comme quoi, ces deux vertus  peuvent encore se conjuguer chez un homme public, chez un authentique « politique » : celui qui ne sacrifie pas son salut personnel à sa carrière et le service du Bien Commun à son appétit de pouvoir et ses sordides intérêts.

De quoi inspirer tous les pitoyables acteurs de notre théâtre politique national français.

Voici donc, in extenso, l’homélie de l’abbé Paul Scalia.

« Nous sommes réunis ici à cause d’un seul homme. Un homme que beaucoup d’entre nous connaissons personnellement, que beaucoup d’autres ne connaissent que de réputation, un homme aimé par un grand nombre, raillé par d’autres, un homme connu pour de grandes controverses, et pour sa grande compassion. Cet homme, évidemment, c’est Jésus de Nazareth.

Rappel de la Foi.

C’est Lui que nous proclamons : Jésus-Christ, Fils du Père, né de la Vierge Marie, crucifié, enseveli, ressuscité, assis à la droite du Père. C’est à cause de Lui, à cause de sa vie de sa mort et de sa résurrection que nous ne pleurons pas comme ceux qui n’ont pas d’espérance, mais en toute confiance nous recommandons Antonin Scalia à la miséricorde de Dieu.

L’écriture proclame : Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. Et cela fixe un bon cadre à nos pensées et à nos prières ici, aujourd’hui. En effet, nous regardons dans trois directions : vers hier, en action de grâce, vers aujourd’hui, dans un esprit de supplique, et vers l’éternité, avec espérance.

Nous regardons vers Jésus-Christ hier, c’est-à-dire vers le passé, en action de grâces pour les bénédictions de Dieu a déversées sur Papa. Au cours de cette dernière semaine, beaucoup ont dit tout ce que Papa a fait pour eux, mais ici, aujourd’hui, nous proclamons ce que Dieu a fait pour Papa ; comment Il l’a béni. Nous rendons grâce d’abord, pour la mort expiatoire et pour la résurrection de Jésus-Christ qui donne la vie. Notre Seigneur n’est pas seulement mort et ressuscité pour nous tous, mais pour chacun d’entre nous. Et en ce moment nous regardons vers cet “hier” de sa mort et de sa résurrection, et nous rendons grâces, car Il est mort et ressuscité pour Papa.

Les Sacrements.

Nous rendons grâces encore parce que Jésus l’a amené à une nouvelle vie dans le baptême, l’a nourri par l’Eucharistie, et l’a guéri au confessionnal. Nous rendons grâce de ce que Jésus lui ait accordé cinquante-cinq années de mariage avec la femme qu’il aimait – une femme qui était à sa hauteur à chaque pas, et qui pouvait même lui demander des comptes.

L’Eglise

Dieu a béni Papa en lui donnant une foi catholique profonde – la conviction que la présence et la puissance du Christ continuent à se répandre dans le monde d’aujourd’hui à travers son Corps, l’Eglise. Il aimait la clarté et la cohérence de l’enseignement de l’Eglise.

La Liturgie.

Il tenait les cérémonies de l’Eglise pour un trésor, spécialement la beauté de son culte antique. Il avait confiance en la puissance des sacrements en tant que moyen du salut – en tant qu’œuvre du Christ en lui pour son salut.
Il est vrai qu’une fois, un samedi après-midi, il m’a grondé pour avoir entendu des confessions cet après-midi-là, ce jour-là. Et j’espère qu’il y a quelque consolation (s’il y a des hommes de loi présents) à savoir que le col romain n’a été en rien une protection contre ses critiques. Le problème ce soir-là n’était pas que j’avais entendu des confessions, mais qu’il s’était trouvé faire la queue devant mon confessionnal. Il en est vite parti. Comme il l’a dit plus tard : “ Diantre – je ne vais quand même pas me confesser à toi ! ” Ce sentiment était réciproque.

La Famille Chrétienne.

Dieu a béni Papa, on le sait bien, en lui donnant l’amour de son pays. Il savait bien combien délicate avait été la fondation de notre nation. Et il voyait dans cette fondation, comme les fondateurs le voyaient eux-mêmes, une bénédiction. Une bénédiction qui est tôt perdue lorsque la foi est bannie de la sphère publique, ou lorsque nous refusons de l’y amener. Il comprenait donc qu’il n’y a pas d’opposition entre l’amour de Dieu et l’amour de son pays, entre la foi d’un homme et le service public qu’il peut rendre.  Papa comprenait que plus il approfondissait sa foi catholique, meilleur il devenait comme citoyen et comme serviteur public. Dieu l’a béni en lui donnant le désir d’être un bon serviteur du pays, parce qu’il était d’abord un bon serviteur de Dieu.

Nous autres, les Scalia, nous rendons cependant grâce pour une bénédiction particulière que Dieu a donnée. Dieu a donné à Papa la bénédiction de l’amour pour sa famille. Nous avons été profondément remués en lisant et en entendant tous ces mots d’éloges et    d’admiration à son égard, pour son intelligence, ses écrits, ses discours, son influence, et tout le reste. Mais plus important pour nous, et pour lui, est le fait qu’il était Papa. Il était le père que Dieu nous a donné pour la grande aventure de la vie familiale. Oui bien sûr, il oubliait nos noms par moment, ou bien il les mélangeait ; mais c’est vrai aussi que nous sommes neuf ! Il nous aimait et cherchait à nous montrer cet amour, et il cherchait à partager la bénédiction de la foi qui était son trésor. Il nous a donnés les uns aux autres, afin que nous puissions compter sur le soutien des uns pour les autres. C’est la plus grande richesse que les parents puissent donner, et en ce moment nous sommes particulièrement reconnaissants.

Alors nous regardons vers le passé, vers Jésus-Christ, hier. Nous nous rappelons toutes ses bénédictions, et nous rendons à Notre Seigneur honneur et gloire pour elles, car elles sont son œuvre.

L’incomplétude fondamentale de l’homme

Nous regardons vers Jésus aujourd’hui, en suppliant, en ce moment présent, ici et maintenant, alors que nous pleurons celui que nous aimons et admirons, celui dont l’absence nous fait mal. Aujourd’hui nous prions pour lui. Nous prions pour le repos de son âme. Nous remercions Dieu de sa bonté à l’égard de Papa, ainsi qu’il est bon et juste. Mais nous savons aussi, que si Papa croyait, il le faisait de manière imparfaite, comme nous tous. Il essayait d’aimer Dieu et son prochain, mais comme nous tous, il le faisait de manière imparfaite. Il était un catholique pratiquant, pratiquant au sens où cela n’était pas parfait. Ou plus exactement, au sens où Jésus n’avait pas encore perfectionné cela en lui. Et seuls ceux que le Christ a amenés à la perfection peuvent entrer au ciel. Nous sommes donc ici afin de faire monter nos prières pour obtenir cette perfection, cette œuvre finale de la grâce de Dieu,  pour qu’elle libère Papa de toute encombre du péché.

Mais ne me prenez pas au mot. Papa lui-même, on n’en sera pas surpris, avait quelque chose à dire là-dessus. Dans une lettre écrite il y a des années à un ministre presbytérien dont il avait admiré un service funéraire, il a assez joliment résumé les écueils des funérailles et pourquoi il n’aimait pas les éloges funèbres. Il écrivait : “Même lorsque le défunt était une personne admirable, je dirais même, spécialement lorsque le défunt était une personne admirable, l’éloge de ses vertus peut nous amener à oublier que nous prions et rendre grâce pour l’inexplicable miséricorde de Dieu à l’égard d’un pêcheur.”

La Purification indispensable

Il n’aurait pas fait exception pour lui-même. Nous sommes donc ici, comme il l’aurait voulu, pour prier afin d’obtenir l’inexplicable miséricorde de Dieu à l’égard d’un pécheur, à l’égard de ce pécheur, Antonin Scalia. N’allons pas lui montrer un amour faux, en permettant que notre admiration le prive de nos prières. Nous continuons de lui montrer notre affection et de lui faire du bien en priant pour lui : afin que toutes les taches du péché soient lavées, que toutes les blessures soient guéries, qu’il soit purifié de tout ce qui n’est pas le Christ. Qu’il repose en paix.

Les fins dernières.

Enfin nous regardons vers Jésus, pour toujours, vers l’éternité. Mieux, nous considérons notre propre place dans l’éternité, en nous demandant si elle sera auprès du Seigneur. Au moment même où nous prions pour Papa afin qu’il entre rapidement dans la gloire éternelle, nous devons prendre garde à nous-mêmes. Chaque enterrement nous rappelle combien le voile est ténu, entre ce monde et l’autre, entre le temps et l’éternité, entre l’occasion qui nous est donnée de la conversion et le moment du jugement. Ainsi, nous ne pouvons pas partir d’ici sans avoir été changés. Cela n’a pas de sens de célébrer la bonté de Dieu et sa miséricorde si nous nous ne sommes pas attentifs à ses réalités dans nos propre vie et si nous n’y répondons pas. Nous devons permettre à cette rencontre avec l’éternité de nous changer, de nous détourner du péché et de nous tourner vers le Seigneur. Le père dominicain anglais, le P. Bede Jarrett, l’a dit magnifiquement dans sa prière : “O puissant fils de Dieu… pendant que vous nous préparez une place, préparez nous aussi en vue de cette place heureuse, afin que nous puissions être avec vous et avec ceux que nous aimons pour toute l’éternité.”

La Messe, un Sacrifice au cœur de la Foi catholique.

Jésus-Christ est le même hier, aujourd’hui et pour toujours. Mes amis, c’est aussi la structure de la messe, la plus grande prière que nous puissions offrir pour Papa, car ce n’est pas notre prière, mais celle du Seigneur. La messe se tourne vers Jésus(3) hier. Elle touche le passé, la Dernière Cène, la crucifixion, la résurrection, et elle rend ces mystères et leur puissance présents ici, sur cette autel. Jésus lui-même devient présent ici aujourd’hui, sous la forme du pain et du vin, afin que nous puissions unir toutes nos prières d’action de grâces, de douleur et de supplique au Christ lui-même, comme une offrande au Père. Et tout cela, en vue de l’éternité – nous élançant vers le ciel – où nous espérons jouir de cette union parfaite avec Dieu lui-même et revoir Papa, et de nous réjouir avec lui dans la communion des saints. »

Comme on l’aura compris, les sous-titres sont de moi. Les souslignages aussi.
Cette homélie ne nécessite aucun commentaire, sinon le rappel de cette exhortation d’Ezéchiel 12:2:

 » Fils de l’homme, tu habites au milieu d’une famille de rebelles, qui ont des yeux pour voir et qui ne voient point, des oreilles pour entendre et qui n’entendent point; car c’est une famille de rebelles « 

Les « rebelles » c’est notre génération conduite par de mauvais bergers encore plus sourds et aveugles que leurs ouailles.
Il est bon d’entendre la parole d’un authentique homme de Dieu, d’un serviteur du Christ en ses terribles temps d’épreuve et d’obscurité, et de la garder dans son coeur.

LSM


[1] Cette exclamation est tirée d’un film qui date de ma naissance (1939) et que je considère comme un des plus beaux que le cinéma nous ait jamais donné : « Autant en emporte le vent « . Elle est due à la tante de l’héroïne (Scarlett O’hara) vieille dame un peu excentrique,  qui, lorsqu’elle constate  que les envahisseurs du Nord sont entrés à Atlanta, capitale du « vieux Sud » s’écrie : « Les Yankees ? A Atlanta ? Mais c’est la fin du monde ! ».
Et on ne sait, tant l’actrice est géniale dans ce rôle, si on doit rire de la naïveté de sa réaction ou partager sa profonde angoisse  devant la disparition d’une civilisation raffinée sous les coups de boutoir d’un Nord rapace. Il en est de même pour nous quand nous entendons certaines « Eminences » et  le pape lui même : on ne sait si on doit rire ou pleurer devant tant de concessions serviles à la « modernité » la plus hostile à la conception chrétienne de l’existence.

[2] A ce propos, Malchi Martin, ex-proche de Jean XXIII, de Paul VI et du cardinal Béa, reconverti à la littérature, affirme dans son extraordinaire ouvrage « La Maison battue par les Vents – le Roman du Vatican » particulièrement bien documenté, que certains fœtus bien développés et viables, sont découpés vivants par le « chirurgien » assisté d’une « sage-femme » (!) après un avortement provoqué.  Leurs précieux organes (cœur, foie, glandes, que sais-je encore) prélevé sur un enfant qui pleure et agite ses petites mains,  sont ensuite précieusement enfermés dans des sachets plastiques avant de rejoindre le congélateur source de grands bénéfices. Et on me dira que Lucifer ne dirige pas notre monde….

[3] La Messe – et l’abbé Scalia le précise bien – se tourne vers Jésus-Christ et non vers l’homme comme la pseudo-Messe de Paul VI…. que nos progressistes n’appellent plus « messe » d’ailleurs mais « eucharistie » en pensant gommer la nature essentiellement sacrificielle et réparatoire du culte divin pour n’en garder que l’aspect convivial le plus agréable à l’oreille de l’homme : sa dimension d' »action de grâce » (qui est l’étymologie même de « eucharistie »).
Oublié Jésus mort en croix pour nos péchés passés, présents et à venir, oubliée la nécessité perpétuelle de renouveler ce sacrifice de manière non sanglante pour réparer les innombrables transgressions que nous commettrons jusqu’à la fin des temps. Depuis que Paul VI a déclaré à l’issue de Vatican II que « La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui se fait Dieu. …….Une sympathie sans bornes pour les hommes l’a envahi tout entier. La découverte et l’étude des besoins humains (et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand), a absorbé l’attention de notre Synode. Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme« , depuis ce temps, hélas, nos « eucharisties » ne sont pas seulement invalides et anathèmes dans la mesure où elles désobéissent aux textes canoniques qui fixent définitivement le rite à celui de Pie V, elles sont proprement blasphématoires puisqu’elles placent l’homme sur l’autel en lieu et place de Dieu. Puisqu’elles en font le « nouveau Dieu ». Or il n’est qu’à regarder autour de nous, ouvrir nos journaux, écouter nos médias pour prendre conscience du degré de dégradation morale et spirituelle auquel atteint ce « nouveau Dieu ». En quelques mots Scalia nous rappelle aux réalités essentielles. Grâce lui en soit rendue.

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