ICARE

Un nom m’est venu tout de suite à l’esprit en découvrant la triste odyssée d’Andréas Lubitz, c’est celui de Sardanapale, roi Assyrien, légendaire plus qu’historique semble-t-il, qui aurait vécu au VIIème siècle av JC. Assiégé dans Babylone par Assurbanipal, (son propre frère -et souverain -qu’il voulait renverser)  et voyant sa défaite inéluctable, il décida de mourir dans l’embrasement de son palais avec toutes ses femmes, ses chevaux et ses objets précieux. Rien de moins.

 VOLCKERUn autre nom, plus récent et moins prestigieux, peut être évoqué présentant plus d’affinités avec notre cas. C’est celui de Volker Eckert, le routier teuton tueur en série, qui a semé la terreur sur les autoroutes allemandes, françaises, espagnoles, polonaises et thèques en assassinant (après les avoir torturées) officiellement 9 femmes. Auxquelles il faut sans doute rajouter 45 autres femmes assassinées dans les mêmes conditions, avec le même scenario, le long de ces mêmes routes fréquentées par ce « routier sympa ».

Celui-lui ci se déplaçait horizontalement sur les autoroutes européennes où il laissait un sillage sanglant de crimes répugnants. Lubitz, lui, dans sa mégalomanie criminelle, aura préféré s’élever dans les airs grâce aux grandes lignes aériennes internationales, pour attendre le moment glorieux où il pourrait en terminer dans une sorte d’embrasement spectaculaire bien dans le style du Crépuscule des Dieux ou de celui du Grand Reich, la culture allemande (l’Allemagne est la grande patrie du romantisme et de ses excès) étant fertile en personnages grandiloquents et mégalomaniaques. Ainsi, notre sous-pilote, à l’exemple de Sardanapale, de Wotan, de Napoléon ou de Hitler, a entraîné un grand nombre de personnes dans sa folie (à laquelle je ne crois pas du tout) destructrice ; l’autre, le routier, s’est exécuté lui-même en 2007, en solitaire, sans tambour ni trompette, dans la cellule qui  le préparait à affronter l’enfer. L’un a offert un holocauste aérien en forme de feu d’artifice aux dieux de la mort, l’autre, petit Poucet besogneux, a semé des cadavres de femmes, comme des petits cailloux, tout au long de sa trajectoire infernale.

 

Bref, je ne connais pas la culture de Lubitz, mais il est évident que l’Histoire (la grande comme la petite) lui offrait de nombreux modèles auxquels s’identifier et comme son thème révèle une imagination à la fois infantile et, fort probablement à forte tendance inflationniste et mythomaniaque, je ne doute pas qu’à l’origine de son effroyable choix on puisse trouver – si on avait les moyens d’investigation nécessaires dans son histoire personnelle et familiale – quelque grande source d’inspiration et d’admiration morbides.

 

Venons-en maintenant aux faits. C’est à dire à son thème.

 

LUBITZ Andréas - 18.12.1987 - 05.30 - Montabaur (All.)Une première difficulté se posait : la date de naissance d’Andréas, et même le lieu ! Quant à l’heure, n’en parlons même pas.

Pour le lieu, la documentation variée que j’ai consultée le fait naître, avec une unanimité écrasante à Montabaur (en Rhénanie-Palatinat). Voilà déjà une incertitude  car d’autres sources prétendent qu’il serait né dans une autre ville d’Allemagne (Neubourg si j’ai bien lu) et que sa famille aurait déménagé à Mont-Thabor lorsqu’il avait un an ; certains évoquent même une naissance à l’étranger !

Pour essayer d’avoir une confirmation j’ai adressé une demande d’extrait d’acte de naissance à la mairie de Mont-Thabor par l’intermédiaire d’une de mes consultantes résidant en Allemagne dans l’espoir de découvrir son heure de naissance. Et, comme vous vous en doutez, je n’ai jamais obtenu de réponse. Quant à la date de naissance, j’ai découvert  un site allemand qui indiquait le 28.12.1987. alors que tous les articles consultés le font naître le 18.12.1987[1].

C’est celle que j’ai choisie car elle s’impose pour les raisons que vous allez découvrir très rapidement.

 

Quelles sont ces raisons ? Très simple : en naissant le 28 décembre Andreas serait Capricorne (avec une conjonction SOLEIL-Neptune qui fait les rêvers, les poètes et artistes, les « grandes consciences sociales » ou les idéologues et les mystiques, plutôt que les pilotes de Boeing) alors qu’en naissant le 18, il est Sagittaire, et même quadruplement Sagittaire car à sa naissance nous avons une étroite conjonction du SOLEIL-Mercure-SATURNE-URANUS dans le signe, en relation forte, positive (un aspect « positif » n’est pas forcément un « bon » aspect, tant s’en faut, surtout en l’occurrence…) avec JUPITER maître du Sagittaire, situé en Bélier.

Or les caractéristiques généralement les plus évidentes du Sagittaire apparaissent avec évidence dans tous les portraits (qui se répètent beaucoup les uns les autres) que j’ai pu lire sous la plume de journalistes plus ou moins inspirés.

 

Essayons d’abord de comprendre la dynamique Sagittaire.

 

L’astrologie psychologisante considère que, sur le plan de la symbolique de la  nature, « l’énergie Sagittairienne opère une projection de ce que le scorpion a amassé pour le destiner vers un but. C’est en quoi se justifie l’image du Centaure décochant une flèche en direction ascendante. Il s’agit de relier le proche au lointain pour faire triompher celui-ci sur celui-là, grâce à l’union de l’inférieur et du supérieur, le cavalier se doublant de la puissance du cheval en faisant corps avec son coursier,…… Le feu Sagittairien peut renoncer à servir la magnificence de l’ego (comme dans le Lion[2]) pour atteindre l’expérience transindividuelle.…… C’est le règne de l’unification, de la réunion, de la fusion, de la synthèse. Il est sous les auspices planétaires de JUPITER, principe de cohésion de coordination, de globalisation ».

Voilà pour la symbolique et la mythologie qui ne nous avance pas beaucoup dans le cas présent.

Mais, pour ce qui est plus proprement de la psychologie, André Barbault considère qu’ « à la souche de cette nature il y a un Moi en intensité ou en expansion qui cherche ses propres limites et aspire à les dépasser, comme pour atteindre un « au-delà du Moi ». D’où « une aspiration à une certaine dimension ou élévation qui cherche dans un transport, que celui-ci soit élan de participation au monde, d’intégration à la vie collective, révolte stimulante contre une puissance à dominer ou simple inflation du Moi qui se perd en ivresse de grandeur ». Très évocateur, n’est-il pas ?

Un témoin nous dit : «  Si Andreas Lubitz «a fait ça», «c’est parce qu’il a compris qu’à cause de ses problèmes de santé, son grand rêve d’un emploi à la Lufthansa, comme capitaine et comme pilote de long courrier était pratiquement impossible».

Voilà donc le grand rêve sagittairien fracassé. Dieu merci tous ceux dont les rêves s’effondrent devant la réalité ne décident pas de supprimer cent cinquante personnes avec elles, sinon nous n’aurions plus de problèmes de surpopulation dans le monde…..

 Comme à son habitude, l’auteur distingue deux orientations extrêmes, souvent très accusées, de ce signe « double ».

Il considère que « dans un thème harmonique l’orientation ira vers une sorte de conformisme confortable, soucieux des usages établis, de bonnes manières, sera partisan de la légalité, de l’ordre, des conventions sociales. Ce sera un être épanoui, euphorique, ayant du savoir-faire, droit, loyal, chevaleresque, amoureux de prestige et d’honorabilité ».

Toute une part des témoignages qui nous sont rapportés dans la presse et qui nous viennent des proches, famille, collègues, amis d’Andreas, paraissent correspondre sinon à l’ensemble du moins à quelques-uns de ces qualificatifs.

Mais ne pourrait-on pas en dire autant s’il avait été Balance au Cancer ? Ce n’est donc pas cet aspect lisse de la personnalité d’Andreas qui nous mettra sur la voie du Sagittaire tel que le fut Andréas

 Continuons sous la conduite d’André Barbault :

« Dans un thème dissonant », continue Barbault (entendez par là : un thème qui présente de fortes tensions aboutissant à un déséquilibre plus ou moins marqué) « le sujet tendra à l’indépendance farouche, à la révolte. D’instinct, il s’insurgera contre la vérité de son milieu et se comportera comme un inadapté en rupture de ban. Son besoin d’émancipation primera tout. Volonté insurrectionnelle contre les habitudes, lieux communs et préjugés ; passions impérieuses, élan audacieux, ruades fougueuses de pur-sang…

 Un témoin, qui connaissait bien Andréas pour avoir partagé sa vie quelque temps nous rapporte ces propos :

 « Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra ». Révolte, inflation du « moi », mégalomanie….Et, plus loin :

L.T : [Je me suis] « séparée d’Andreas Lubitz parce qu’il devenait de plus en plus clair qu’il avait un problème. Pendant les discussions, il craquait et me criait dessus » (…) La nuit, il se réveillait et criait “Nous tombons”», en proie à des cauchemars ». …

Je reviendrai sur ces questions de cauchemar de destruction et de mort qui ressortissent, à mon avis, d’une autre composante de ce thème qui ne pouvait conduire qu’à la catastrophe en cas d’échec de la vocation Sagittaire.

L.T : «Nous avons toujours beaucoup parlé du travail, et là, il devenait quelqu’un d’autre, il s’énervait à propos des conditions de travail. Pas assez d’argent, peur pour le contrat (de travail), trop de pression […..] Il était capable de cacher aux autres ce qui se passait vraiment en lui [….] il ne parlait pas beaucoup de sa maladie, seulement qu’il suivait un traitement psychiatrique à cause de cela ».

 Où vous retrouvez un certain nombre de dispositions déjà évoquées : la révolte contre le système, le sentiment de n’être pas reconnu et payé à sa juste valeur, la peur de l’échec… Mais aussi le goût du secret, la discrétion, voire la dissimulation, en rapport avec ce que je considère comme « l’ombre » de ce thème et que j’aborderai dans une seconde partie

S’il est extraverti, il sera tenté par l’aventure dans sa rencontre avec le monde ; c’est un athlète, sportifs, au tempérament nomade, qui a avant tout la passion des voyages, de l’explorateur à l’affût d’horizons nouveaux, porté vers un toujours ailleurs…

C’est certainement là que se révèlent les dispositions les plus heureuses du Sagittaire dans le cas d’Andreas, dans cette part malheureusement insuffisante d’extraversion qui fait de lui – tous les témoignages s’accordent à le reconnaître – un amoureux du sport et même de plusieurs sports. Sur les photos diffusées dans la presse, il apparaît d’ailleurs en tenue de sport, voir en plein effort pendant une course à pied…

Maintenant que vous disposez d’un « vade-mecum astrologique » dans le cadre des différentes rubriques offertes par ce site, vous pourrez découvrir que Madame Claire Santagostini, une des théoriciennes de l’astrologie que j’admire le plus, évoque, s’agissant du Sagittaire, avec sa concision inimitable : « un élan au-devant de tout le réel (spirituel, intellectuel, aussi bien que matériel, avec une Elaboration (c’est-à-dire une forme d’intégration à la personnalité) par essai d’unification du réel et un Rejeu (un mode de réalisation ou de manifestation) dans les aventures, les prouesses, dans la poursuite d’un but à atteindre et dans l’indépendance. » Ailleurs dans son œuvre elle évoquera, « un besoin accru de transformation … par libération de…..poten­tialités les plus élevées ». Et elle le nommera : « l’IDEALISTE : confiant en la vie et ses buts les plus élevés ».

Cette confiance semble cruellement avoir manqué à Andreas. Nous allons voir pourquoi

Quant à JUPITER, maître du signe, les différents auteurs auxquels je me réfère dans ce «  Vade Mecum » évoqueront l’un, « une force de dilatation ou de développement de l’être humain par assimilation de ce qui lui vient du monde extérieur » ; l’autre y verra « un facteur de grossissement, d’amplification » ; le troisième nous parlera : « d’adaptation aux règles collectives et sociales, d’organisation concrète, de responsabilité, de conventions et d’intérêts objectifs, de finalités rationnelles, de valeurs effectives, d’intégration et d’affirmation de l’individu dans le groupe ».

Bien sûr, j’ai mis en gras les termes qui à l’évidence ont posé problème dans la façon qu’Andreas a eue de se vivre Sagittaire. Non qu’il ne les possédât pas certaines d’entre elles, mais qu’il n’a pas su développer et exprimer autrement que dans l’expression d’une ambition égocentrique, ce qui l’a amené à casser le jouet qu’il ne pouvait posséder. Et les jouets des autres avec…..

Pour André Barbault, déjà nommé, il soulignera sur le plan des fonctions psychologiques liées à JUPITER, « les tendances d’épanouissement affectif prenant naissance au stade « oral » des psychanalystes…le jupitérien se présentant comme « un bébé qui a bien tété ». Cette disposition infantile se transforme à l’âge adulte en chaude participation à la vie : gourmandise, ambition [devenir pilote à part entière d’un Boeing], appétits et consommation [considère qu’il n’est pas assez payé], optimisme, confiance, [alternance de ces deux dispositions avec leur contraire : pessimisme, inquiétude de l’avenir ; d’où oscillations de l’humeur, tendance cyclothymique, voire bipolaire, aboutissant à des phases de dépression que nous comprendrons mieux plus avant] générosité, bonté, protection, philanthropie, paternité, pacifisme [on doute que ces différentes qualités aient pu s’épanouir dans l’âme d’Andreas après ce qu’il a fait] sympathie pour la nouveauté… Il s’agit d’une tendance oblative qui consiste à donner de soi, à aller vers autrui, à déplacer l’élan vital de son ego à l’univers environnant, tout en s’épanouissant dans ses instincts de propriété [impossible pour Andreas ! c’est un égocentrique aigri et frustré dont toute une part de la personnalité est restée fixée au « stade sadique-anal » (LUNE/MARS/PLUTON en Scorpion) ne manquerait d’ajouter un freudien]. Elle conduit à se dilater, a profiter, à réussir matériellement, socialement et affectivement [ici le complexe d’échec était trop fort] en syntonie, en symbiose avec son milieu » [cette impossibilité de vivre en syntonie avec ce milieu qui ne le reconnaissait pas pour ce qu’il voulait apparaître s’est transformé en haine destructrice].

Mais il n’oublie pas d’évoquer les dérives jupitériennes qui menacent le sujet très marqué par le symbolisme de ce corps céleste, la « psychopathologie » qui lui est attachée : « hypertrophie du moi, désir de grandeur ».

Nous y sommes en plein.

 Toutes ces généralités nous ont bien fait comprendre combien Andreas Lubitz par ses goûts, ses attentes, ses orientations, ses rêves mais aussi par ses manques et ses dérives était bien du type Sagittaire pour une grande part.  

 Pourquoi un tel échec ?

Il ne faut pas oublier, nous dit Claire Santagostini,  qu’il appartient à ce que nous appelons un « signe double ». Et elle nous donne l’exemple, du jeune Georges GUYNEMER (pionnier de l’aviation de combat et héros de la guerre de 14/18) qui présente une « physionomie mobile et à contrastes, il est tantôt l’espiègle qui secoue de rires toute la classe et l’entraîne dans un tourbillon de jeux et de tours; tantôt l’élève lointain, sérieux, réfléchi, que l’on trouve absorbé, que l’on déclare distant, qui ne se révèle à personne.

« Il y a en tout sagittaire deux personnalités, comme dans le Centaure qui le symbolise » poursuit-elle  :

« l’une plus animale, tout en joie de vivre, dynamique et instinctive,

« l’autre, plus spirituelle, pensive et assoiffée d’idéal.

Le premier problème de son éducation sera donc de l’aider à faire la fusion, la synthèse de ses deux personnalités, à réaliser l’unification de son « Moi ».

Il semble que cela ait été raté chez Andréas.

Puis elle souligne le point majeur : « cet enfant à un extrême besoin de tendre ses énergies vers UN BUT. Il aspire à ce qui est plus haut ou plus loin. D’ailleurs ce besoin se traduit presque toujours dans ses jeux. Ainsi, pour en revenir au super-sagittaire que fut ce même Guynemer, on remarquait dans un coin du bureau de classe du jeune écolier « des tubes de verre soigneusement cachés attendant le moment favorable de projeter au plafond une boulette de papier mâché, à l’extrémité de laquelle se balance fébrilement une silhouette découpée dans une couverture de cahier. Puis, lorsque la figure grotesque a cessé ses oscillations, une boulette lancée avec adresse la remet de nouveau en mouvement à la grande satisfaction du jeune tireur. Des aéroplanes en papier y sont également remisés jusqu’au moment propice à leur lancement. Le bureau du professeur sert parfois de terrain d’atterrissage ».

 Un besoin d’évasion, de sublimation, le travaille :

« quand un avion venait à survoler le quartier, il le suivait des yeux et restait à contempler le ciel bien après sa disparition ». Ce besoin prend enfin totalement possession de lui-même quand, l’année de sa préparation à Polytechnique, son père l’interroge sur la carrière qui le tente, le jeune homme «  comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, comme s’il ne saurait être question de rien d’autre, réplique : «  Aviateur ». Et, aux objections de son père (n’oublions pas que nous sommes au tout début du siècle) il répond  : «  Je n’ai pas d’autre passion. Un matin, dans la cour de Stanislas, j’ai vu un avion voler. Je ne sais pas ce qui s’est passé en moi. J’ai ressenti une émotion si profonde, une émotion presque religieuse. Il faut me croire quand je vous demande de monter en avion ».

« Donc, votre enfant I  est un « arc tendu ». Il faut donner une cible à cette flèche. Tel est le deuxième point important de son éducation » conclut-elle.

J’ai pris l’exemple de Guynemer à dessein car, par l’amour de l’aviation, il présente une sorte de fraternité avec Andréas Lubitz. Mais alors que le héros militaire réalisera toutes les potentialités les plus hautes de son signe (y compris celui d’oblativité suprême puisqu’il sacrifiera sa vie pour défendre sa patrie) Andréas lui, représente une sorte de Sagittaire « castré » de ses plus heureuses possibilités d’expansion et d’achèvement par l’effet d’une sorte d’immaturité et de frustration constitutive prenant la forme d’un puissant instinct d’autodestruction lié à la valorisation du 2ème signe qui domine son thème natal : le Scorpion dont j’ai déjà évoqué l’occupation par le trio démoniaque LUNE/MARS/PLUTON et sans lequel une telle rage, calme et silencieuse, de destruction ne pourrait se comprendre.

 

URANUS/SOLEIL/SATURNE/MERCURE en SAGITTAIRE

La position du SOLEIL entre SATURNE URANUS constitue, en elle-même, une forme de contradiction intérieure très difficile à vivre et, probablement, à l’origine des phases dépressives d’Andreas.

Essayons de décrypter cet assemblage.

Le SOLEIL représente une forme d’idéal du moi ; c’est à travers lui que nous cherchons à incarner un modèle, à organiser notre personnalité, nos potentialités, éventuellement nos tensions, à nous réaliser autour d’un but que nous nous donnons et qui est censé nous accomplir. D’où l’importance du SOLEIL dans la carrière et la position sociale, à tel point que c’est souvent notre signe solaire qui marque nos choix professionnels, ceux par lesquels nous accomplissons notre destinée sociale et collective..

Ici le SOLEIL en Sagittaire symbolise bien cette vocation de pilote international à part entière qui obsédait Andreas. Si vous avez lu avec attention tout ce que j’ai écrit ci-dessus concernant le Sagittaire vous ne pouvez pas ne pas en être convaincu.

Cette ambition est d’autant plus marquée, pressante, irrépressible que l’ensemble de ces quatre planètes en Sagittaire forme un trigone à JUPITER pour le compte de qui elles travaillent (puisqu’elles sont dans son domicile). Un JUPITER dont la bonhomie, la sociabilité ou la civilité, ont tendance à s’effacer derrière le côté autoritaire, directif souvent égotique du Bélier. Celui-ci ouvre le zodiaque, il a donc tendance à se considérer comme devant occuper la première place, et dans un groupe, il aura une forte tendance à vouloir le diriger. Ce qui devrait déjà nuancer les qualités de « douceur » et de « gentillesse » qu’on a pu accorder à Andreas ici ou là.

  • Les trigones SOLEIL-JUPITER s’ils dotent ceux qui en bénéficient, des qualités éventuelles de maturité, de plénitude, de volonté d’expansion, de puissance vitale, s’ils leur inspirent de fortes ambitions, s’ils leur donnent des qualités d’autorité, généralement assise sur des compétences réelles et affirmées, peuvent aussi aboutir  – dans certains contextes – à cette hypertrophie du moi évoquée plus haut : vanité, orgueil, goût du paraître, ambition non justifiée…

  • Les aspects JUPITER SATURNE favorisent le goût de l’ordre, celui des principes établis, oriente vers la recherche d’une compétence, ils donnent de la stabilité aux entreprises. C’est d’ailleurs le cas d’Andreas qui n’a jamais abdiqué son désir de réaliser une carrière de pilote en effectuant toutes les formations nécessaires et en se soumettant aux examens qui lui étaient imposés dans ce cursus. Mais, mal accordés, les deux principes – l’un allant vers l’expansion et la dilatation, l’autre vers la rétraction et la constriction – peuvent causer des tensions très dures dans l’expression de la personnalité. Ces dissonances sont souvent à l’origine de ce que nous nommons aujourd’hui des troubles bipolaires et que nous appelions hier cyclothymie ou manie-dépression.

Quant aux trigone URANUS JUPITER, ils prédisposent à vouloir affirmer une autorité, une puissance, une volonté d’expansion, à marquer son originalité individuelle (et sa supériorité) sur le milieu, à exercer une fonction de « guide », de référence….

Mal vécu mal intégré à une personnalité fragile on débouche encore sur l’hypertrophie du moi, la surtension de la volonté, toutes les formes de démesure, les excès, les transgressions, les entreprises insensées (exemple : Napoléon s’attaquant à la fois à l’Espagne à la Russie, alors qu’il a le reste de l’Europe déjà contre lui).

Comme on le voit le programme ainsi décrit représente un défi écrasant pour qui voudrait le réaliser dans toutes ses dimensions, dans toute sa plénitude. Il faudrait, pour le moins, un génie ou, plus probablement dans un tel contexte un héros. Demi-dieu. Ce que n’était pas Andreas mais, le problème, c’est que quelque part il se voulait tel sans en avoir les moyens.

Et c’est où il nous faut abandonner les trigone à Jupiter pour en revenir à l’encadrement du soleil entre Saturne Uranus. C’est cet encadrement, en fait, qui a empêché que les meilleurs possibilités offertes par ensemble de ces trigone que je viens de décrire n’ai pu aboutir autrement que dans une catastrophe cataclysmique. Il y a une seconde grande raison à un si terrible échec mais je l’aborderai plus tard.

Les aspects SOLEIL SATURNE lorsqu’ils sont heureux joueront surtout sur le plan de la détermination intérieure, de la volonté d’accomplissement, de la passion intérieure et contrôlée, de la ténacité dans la poursuite du but à atteindre. L’astrologie classique ne tarit pas d’éloges sur les vertus de morale, de sagesse, de sens des responsabilités, de la force intellectuelle ou spirituelle qui s’attachent à un tel aspect. Mais à mon avis c’est une erreur et, dans le passé, j’ai eu l’occasion d’expliquer pourquoi. Je n’y reviens pas.

Dans une conjoncture aussi étroite les caractéristiques ci-dessus qui apparaissent tellement positives, ne disparaissent pas mais elles s’exacerbent jusqu’à en devenir étouffantes.

Saturne (la conscience morale, la règle, les limites imposées par le milieu, par l’éducation ou par la culture et par les autorités qui les représentent, le « surmoi » diraient les freudiens) au lieu d’aider le soleil à réaliser pleinement ses potentialités (conscience et estime de soi, volonté, créativité, rayonnement personnel, vocation, ambition, etc.) l’étouffe, l’éteint, brise sa volonté d’accomplissement hors des voies qu’il veut bien lui autoriser. C’est Saturne qui mange ses propres enfants pour empêcher qu’ils ne le détrônent. Pour ceux qui ont vu jouer (et ils sont certainement nombreux) « le cercle des poètes disparus » vous avait une merveilleuse image de la symbolique Soleil Saturne dissonante dans ce père hyper rigide, cassant, fermé au désir et à la souffrance de son fils et qui le poussera au suicide (tiens !) plutôt que d’accepter sa vocation d’acteur, c’est-à-dire plutôt que d’en faire un clone de ses propres aspirations. Ce qui aboutit à des doutes et des scrupules permanents, à une grande sécurité intérieure, la peur lancinante de mal faire, à des inhibitions, à des mécanismes d’impuissance puis, petit à petit, à la culpabilité, à la mélancolie, au renoncement, aux conduites d’échec qui aboutissent souvent aux comportements auto punitifs.

On met souvent le père en cause – soit parce qu’il est trop sévère, froid, distant, dur, cassant et que son rôle a plutôt consisté à briser son fils que de l’aider à se construire– soit parce qu’il est inexistant dans sa fonction de père. Ce qui, dans notre société moderne, de plus en plus féminisée et maternisante, constitue le scénario dominant.

Mais, la pratique de la psychogénéalogie, m’a souvent montré que ces reproches étaient injustes. En fait le scénario qui apparaît dans le thème du sujet considéré est souvent celui dans lequel son père lui-même a été pris et qu’il lui transmet, à charge pour l’enfant de désactiver le dit scénario.

Nous ne savons rien, – en tout cas personnellement je ne sais rien -, ni de l’histoire familiale d’Andreas ni de l’atmosphère éducative qui a été la sienne pendant son enfance son adolescence. Nous n’extrapolerons pas et ne mettrons personne en cause car ce serait profondément injuste.

Nous nous contentons de constater des faits. Et nous essayons de comprendre comment a pu fonctionner une conjonction aussi étroite entre le Soleil, Saturne et, ne l’oublions pas, Mercure qui joue une importance capitale sur le plan mental et le plan moral du sujet.

Conjonction très malvenue en Sagittaire. Avec tout ce que nous savons maintenant du signe, nous voyons bien qu’en tant que signe de « feu », facteur d’optimisme, d’idéal, de mouvement et d’expansion, il ne présente aucune analogie ou affinité avec Saturne auquel on peut attribuer les qualités exactement contraire : conservatisme, stabilité, rigidité, repli sur soi, doute et scepticisme, autoprotection exacerbée, parasitisme….

Le seul élément où les deux facteurs (le signe et la planète) peuvent coopérer, c’est dans celui d’un ascétisme ou d’un puritanisme quelque peu inhumain sur le plan moral, dans le goût des grandes constructions et systèmes philosophiques, politiques ou juridiques sur le plan intellectuel. Ce n’est pas pour rien que Spinoza (lui, le rejeté de sa propre communauté) présente une telle conjonction Soleil-Saturne en Sagittaire lors de sa naissance. En fait, il s’agit pour le sujet de réaliser pleinement la supériorité à laquelle il aspire…en y renonçant et en se mettant au service d’une cause impersonnelle où on pourra louer sa modestie, son abnégation, son esprit de sacrifice (qui ne sont d’ailleurs pas feints la plupart du temps) mais qui ne sont que la contrepartie d’un orgueil qui n’a su s’exprimer par les voies habituelles actives. Car, ne nous y trompons pas, Saturne ne peut jamais étouffer l’expression d’un autre facteur planétaire. Il en est de nos dispositions constitutives comme il en est de ces plantes qui arrivent à se développer dans les endroits les plus désolés de la Terre, en s’accrochant de toutes leurs forces à la moindre parcelle susceptible de les nourrir. Mais, elles poussent « tordues » comme un pin accroché à un pan de montagne et tordu par le mistral. Saturne (je l’ai souvent souligné mais une fois de plus n’est pas une fois de trop) qui est facteur d’aboutissement, d’achèvement, d’accomplissement quand il s’attaque à une fonction, la libère sous un mode régressif et primaire.

S’attaquant au SOLEIL, il en exalte toutes les manifestations les plus négatives : orgueil, suffisance, égocentrisme, besoin d’éblouir, autoritarisme infantile, etc….

Mais, cela reste souvent dissimulé dans le comportement général du sujet qui brûle intérieurement d’un orgueil d’autant plus destructeurs qu’il est condamné à l’inassouvissement mais qui ne le montre pas, ou rarement.

Passons maintenant à Soleil Uranus… Et nous allons découvrir des exigences qui pourraient apparaître comme exactement contraires à celles de Saturne-Soleil au positif (modération, maîtrise de soi, sens des limites, etc) mais qui, en fait, contribuent à renforcer son aspect négatif : rigidité, sécheresse, fermeture psychologique et morale, inflexibilité de la volonté, le facteur humain dans le rapport avec les autres, disparaissant derrière les principes adoptés et non négociables. C’est la configuration même du « fanatique » et je pourrai vous en donner de nombreuses illustrations à l’occasion (revoyez mes articles sur un certain nombre de dictateurs, dans l’historique du site…).

En effet, si Saturne dissonant empêche de prendre confiance en soi et de grandir tout en exacerbant un narcissisme soumis à mille tortures, Uranus, rendu dissonant par la volonté et l’orgueil solaires qu’il exalte et par la sécheresse Saturnienne qui le pousse à l’extrémisme et à l’intransigeance, encourage au contraire le sujet à vouloir aller au-delà de ces limites, à se surestimer, à s’affirmer dans une conquête grandiose, dans une volonté de puissance délirante, dans une aventure d’apprenti-sorcier, dans une révolte prométhéenne…

Si vous voulez une bonne image du héros mégalomaniaque marqué par une dissonance Soleil-Uranus et voulant conquérir le monde et s’auto déifier, outre Napoléon déjà évoqué, vous la trouverez dans la plupart des figures de « méchants » que James Bond doit combattre dans la succession de ces films.

Ce sont tous des allumés qui cachent leurs blessures, leurs insuffisances, leurs peurs derrière un délire des grandeurs qui les amènent soient à vouloir dominer le monde soit à vouloir le détruire si cela s’avère impossible.

De ce point de vue on pourrait dire que Andreas Lubitz est un « Docteur No » ou un « Goldfinger » au petit pied.

En voilà assez pour ce pôle au rôle crucial dans l’économie du thème d’Andrés.

Un simple coup d’œil sur cette carte du ciel montrait que nous avions affaire à une personnalité potentiellement (je précise bien « potentiellement)) affectée d’un désir éperdu de reconnaissance et de surcompensation (surcompensation à un sentiment d’infériorité non moins écrasant) qui pouvait entraîner l’évolution de cette personnalité, si elle n’était comprise, prise en compte et traitée par les professionnels idoines, au moindre signe de déséquilibre ou de mal-être,  vers les horizons sombres de la mégalomanie, de la bi-polarité, voire de la paranoïa.

Pourquoi ?

La réponse est peut-être à chercher dans l’autre pôle majeur de ce thème :

SAGITTAIRE côté « face » mais SCORPION dissonant côté « pile » : Après Icare, l’équarisseur, fossoyeur.

La triple conjonction LUNE-MARS-PLUTON en Scorpion, ce qui ne gâte rien.

Si le Soleil représente le stade le plus élaboré de la psyché, celui de la pleine conscience de soi et du monde, la Lune, elle, reflète notre moi à la fois le plus intime et le plus dépendant, infantile, non-élaboré, ce que nous pourrions appeler notre « pente naturelle », celle « qu’il faut suivre en la remontant » comme le conseillait ce vieil hypocrite d’André Gide.

Elle évoque notre moi en tant que nous sommes aussi des êtres de besoins à satisfaire et elle indique la façon que nous avons d’y répondre, le mode sur lequel nous nous sentons en accord avec nous-mêmes et avec notre milieu, En d’autres termes elles a un rapport plus ou moins étroit avec nos penchants, nos automatismes, notre univers mental, émotionnel et nos appartenances intimes, notre rythme naturel, nos dépendances, nos liens fusionnels.

Enfin tout ce par quoi nous nous sentons comme « non-séparés » d’avec le monde et la vie.

 Bien sûr cette petite énumération serait incomplète si nous oubliions que la Lune évoque notre lien fusionnel et quasi consubstantiel avec notre mère de qui nous dépendons intégralement pendant neuf mois et même très loin au-delà. Et, au-delà de notre mère, de ce qu’elle porte elle-même, de ce qu’elle a vécu aussi pendant la période pré-natale (c’est à dire notre gestation) et à notre naissance.

Nous ignorons tout de ces différents rapports et des sources biophysiques, des racines affectives et émotionnelles qui ont marqué ce sujet dès avant sa naissance.

Mais si nous en ignorons le contenu, nous pouvons en apprécier la forme symbolique. Et je dois dire que celle-ci est tout à fait inquiétante, pour ne pas dire funeste…

Au moment où j’écrivais cet article et par une sorte de coïncidence (qui en est rarement une) j’avais en consultation téléphonique depuis les lointaines Antilles une personne qui présentait un Ascendant Scorpion accompagné de LUNE et NEPTUNE en Maison XII. M’attachant à décrypter cet ensemble j’en vins à évoquer une enfance sans doute difficile marquée par le deuil et la mort. Ce que ma consultante confirma d’abondance en me décrivant une naissance très difficile qui avait failli la tuer ainsi que sa mère et une petite enfance rendue très difficile à cause de la présence permanente de la maladie et de la proximité de la mort.

Une part des descriptions que j’aie pu lire sur le caractère d’Andréas pourrait laisser penser que nous avons, là aussi, affaire à un Asc Scorpion avec la LUNE, MARS, PLUTON alentour du dit Ascendant. La LUNE surtout pourrait expliquer cette attitude lisse, douce, aimable, discrète qu’on lui accorde assez volontiers ainsi que cette forme d’immaturité infantile qui l’ont poussé après avoir visé trop haut, à tout vouloir casser lorsque son ambition a été définitivement déçue (que ce soit pour des raisons physiques – vue insuffisante si j’ai bien compris – ou psychiques – dépression, névrose, psychose ans so one).

Quiqu’il en soit, cet ensemble évoque des ruminations, des pulsions instinctives, des remugles intérieurs qui me paraissent plus ressortir des tourments infernaux que de la montée vers la lumière évoquée par l’amas en Sagittaire.

 D’abord parce-que la LUNE – dont on a compris par les quelques indications données plus haut, qu’elle était le facteur essentiel de notre existence en tant qu’organisme biologique – se trouve dans un signe, le Scorpion, dont l’une des connotations est celui de « mort physique, destruction, pourrissement, corruption, putréfaction, désagrégation, etc… ».

 La LUNE, ne l’oublions pas, gouverne le Cancer pour lequel Claire Santagostini évoque l’« impulsion d’énergie … permettant le déve­loppement … [des] formes de vie » et Barbault « le triomphe des forces génératrices maternelles. Conception, gestation, maternité…. ». Rien à voir avec la destruction et la mort donc.

La LUNE est aussi « exaltée » dans le signe du Taureau (entendez par là qu’elle peut y donner la maximum de sa puissance fertilisatrice et créatrice) pour lequel Santagostini nous parle de : « principe structurant originel ….et d’’Œuf du Monde » et Barbault de « matérialisation des forces créatrices….d’incarnation riche qui s’assimile à la terre nourricière, à la mère-nature, féconde par excellence… ».

Ainsi, pour une LUNE en Scorpion tout ce qui est lié à la vie (comme la sexualité par exemple) est avant tout vécu dans la proximité, voire l’attrait de la souffrance et de la mort. D’où de nombreuses déviations sexuelles possibles avec la LUNE et VENUS, symboles de vie et d’amour, dans ce signe tellement bivalent. Inversement, tout ce qui est en rapport avec la mort exerce une fascination voire une attraction quelquefois irrésistible.

Ici la LUNE est accompagnée des deux maîtres du Scorpion :

MARS, son maître traditionnel qui évoque son côté âpre, tendu, combattif, destructeur : « the struggle for life » de Darwin est sans doute l’expression qui convient le mieux à cette position. Il s’agit de combattre et tuer pour survivre… ou bien encore, de mourir pour que quelque chose d’autre continue à vive (sa famille, ses enfants, sa patrie, ses idées, etc….). Il arrive que la morbidité naturelle de la combinaison inverse la polarité et de combattif et défensif, le désir s’inverse et oriente la volonté destructrice vers ceux que le sujet aime ou devrait protéger – sadisme – ou/puis vers lui même – auto-destruction.

Il y a donc, dans ces dissonances, un quelque chose de profondément hostile à la vie (une de mes anciennes connaissances, qui adorait le boulgi-boulga orientalo-ésotérico-psychanalytique, me parlait souvent de « haine de l’incarnation ». Pour elle, adepte de « karma » et de « darma », le sujet s’était incarné « contre sa volonté » et il ne désirait rien tant que de tout détruire en n’omettant pas de se détruire en même temps. Ce qui n’était que de piètre consolation on en conviendra….mais cette explication conviendrait assez bien à Andréas. Passons. Il y aura toujours un fond de l’âme humaine, celui où nos motivations les plus profondes prennent naissance, qui nous échappera toujours. Et c’est tant mieux.

Mais si on peine à trouver la cause originelle des comportements d’un Etre Humain, ce qu’il représente en tant qu’Agent Actif (ce que le sujet est potentiellement capable de faire)  ne doit pas nous échapper et le thème peut nous mettre en garde.

Quant aux associations LUNE/PLUTON (maître moderne du Scorpion) elles évoquent les pulsions instinctives conduisant aux pires comportements, les passions douloureuses et chaotiques à l’origine de drames difficiles à circonvenir

Quant à l’association MARS/PLUTON elle n’est pas faite pour arranger les choses car elle substitue à la réactivité explosive LUNE/MARS, une forme d’agressivité destructrice beaucoup plus secrète et souvent cynique.

MARS quand il manifeste opposition et colère, le fait à l’air libre et pointe ses canons contre la forteresse qui lui résiste.

PLUTON, lui, commencera par entretenir les défenseurs de la citadelle qu’il veut faire tomber dans une sécurité parfaitement illusoire.  Il avancera masqué, souvent « en ami » et entamera ses défenses les unes après les autres, si bien qu’un beau jour, toutes résistances s’effondreront d’elles-mêmes. D’ailleurs, Andréas n’affirmait-il pas à sa petite amie « qu’il voulait détruire le système » ? Pour mieux se faire reconnaître sans doute ?

Je ne veux pas en rajouter, mais je ne peux considérer cet Andréas Lubitz autrement que comme une des pires représentations que le mal – envie, rancœur, jalousie, haine viscérale – peut prendre dans le cœur d’un homme. Un mal sournois, feutré, mais Ô combien cruel et destructeur : 149 personnes sacrifiées pour faire de son suicide une sorte d’holocauste destiné à frapper les consciences et à graver le souvenir d’un jeune homme castré et mégalomaniaque dans nos mémoires à travers un témoignage écrit en lettres de sang et de débris humains.

149 personnes assassinées de sang froid (car le coup a été longuement prémédité ; il ne s’est pas déclaré sous le coup d’un raptus anxieux ou dans l’explosion d’une folie meurtrière, mais, calmement et délibérément,  le cap de l’avion a été maintenu pendant 8 longues minutes droit sur le flan de la montagne !). 149 personnes donc, cela fait combien de victimes collatérales frappées dans leurs affections, combien de vies brisées, combien de veuves, de veufs, d’orphelins, de frères et sœurs, d’amis blessés pour le reste de leur existence ?

Il n’est pas jusqu’à la méthode mise au point par Andréas pour accomplir son forfait de lâche, qui ne respire les relents putrides d’une LUNE/PLUTON/MARS en Scorpion. Car il faut bien se souvenir que le Scorpion, en tant qu’il représente la lutte pour la survie et le combat contre tout ce qui peut s’opposer à notre pérennité, gouverne aussi les organes d’excrétion sans lesquels nous mourrions empoisonnés : donc les intestins, le rectum, l’anus, etc….(d’où l’importance du Scorpion chez de nombreux sodomites par exemple). Il gouverne aussi sur le plan des correspondances astro/habitat, tout ce qui concerne les égouts, les poubelles, les lieux d’aisance, mais aussi les cimetières, les fosses publiques, les abattoirs (d’où l’allusion à l’équarrissage placée dans le titre) et j’en passe….

Or, comment Andréas s’y est-il pris pour trahir la confiance qui lui avait été faite en lui confiant la vie de 149 personnes ?

D’abord, en interrogeant de nombreux sites pour étudier comment déjouer les protections liées à la fermeture de la cabine de pilotage où il devait rester seul pour commettre son attentat (je vous disais que Pluton préférait affaiblir les défenses, plutôt que d’affronter le combat direct).

Et il trouve un moyen auquel seul un hyper-Scorpion comme lui pouvait penser : provoquer chez le pilote en chef une diarrhée telle qu’elle l’obligera à quitter son poste, en lui administrant (sournoisement et secrètement bien sûr) une purge  dont il a étudié les effets en consultant plusieurs sites consacrés au sujet.

Du Scorpion le plus inquiétant on est passé au Scorpion le plus répugnant.

Charmant jeune homme !

Il se voulait nouvel Icare, Archer céleste à l’image de son signe céleste…..mais il en oubliant que toute une part de lui-même barbotait entre les enfers et les goguenots.  La dépression aurait dû l’alerter sur la dimension véritable de ses démons intérieurs et, s’il avait eu le cœur bien placé, l’inciter à demander une aide vigoureuse. Il n’en eut cure, négligea de se faire vraiment soigner et aider préférant courir après ses chimères et nourrir une sombre rancœur contre tous ceux qui, d’après lui, s’opposaient à sa réussite. Il a même délibérément ignoré l’arrêt de travail qui lui avait été prescrit quelques jours avant ce vol fatal, point d’orgue d’une existence partagée entre mégalomanie, haine de soi et des autres, pulsions sordides.

Comme quoi, une fois de plus, il apparaît qu’on ne devrait jamais négliger le recours à l’anthropocosmologie pour connaître les potentialités d’un être humain. Notamment dans le cadre du recrutement des personnes dont le comportement ou les tensions, dans la mesure où elles ne sont pas dépassées, peut compromettre la sécurité de leurs semblables.

Nous constatons à chaque procès où interviennent psychologues et psychiatres, combien ils sont peu armés pour débusquer les motivations véritables et l’évolution  de personnalités criminelles, souvent intelligentes et sournoises, fort capables de déjouer les questionnaires, tests et observations auxquels elles sont soumises.

D’où des récidives épouvantables qui nous indignent, qui provoquent des « marches blanches » (dont je me demande toujours l’utilité véritable, sinon de manifester impuissance et désespoir) mais ne corrigent nullement le laxisme d’autorités judiciaires tout heureuses de pouvoir se réfugier derrière l’avis d’« experts », jamais découragés par leurs échecs.

Un thème, lui,  ne ment jamais. Même si le professionnel n’est pas à la hauteur, même s’il ne sait jamais comment les dispositions du thème seront vécues, réalisées ou dépassées, il n’en demeure pas moins que, potentiellement, le thème révèle tout ce qu’on pourrait vouloir dissimuler par ailleurs.

Et il pourrait donc constituer une aide précieuse à tous les professionnels – éducateurs, magistrats, administration pénitentiaire, personnels des services psycho-sociaux, psychologues et psychiatres – qui ont une responsabilité dans toutes les dimension du choix des personnes et de leur encadrement, de leur management, de leur nomination à des postes sensibles – notamment auprès des enfants – ou du suivi de leurs parcours judiciaire.  

Mme Claire Santagostini – qui avait été directrice de collège – que j’ai citée dans cet article et dont les conceptions anthropocosmologiques m’ont toujours beaucoup inspiré, travaillait beaucoup  avec des éducateurs et des magistrats pour enfants. Pour le plus grand bénéfice des uns et des autres.

Si elle avait eu le thème d’Andréas Lubtiz sous les yeux avant qu’il ne « sévisse » et qu’elle ait eu à conseiller ses éducateurs ou ses employeurs, je suis sûr qu’elle nous aurait évité le drame que nous avons vécu et qui a endeuillé tant de  monde dans quatre pays différents.

 Restent à évoquer un NEPTUNE quasi inexistant. Et un carré JUPITER/VENUS sur lequel je ne m’étendrai pas, mais qui renforce sans doute les prédispositions à une forme d’avidité – notamment en matière d’argent et de reconnaissance sociale – déjà évoquée; une sorte d’insatisfaction s’exprimant en une attitude de « toujours plus« ; une incapacité à se limiter, à « accepter la frustration » diraient les psys, qui, dans le contexte d’échec de cette existence, ne pouvait qu’aboutir à une profonde amertume.

Restons en là. Nous en savons assez pour nous faire une idée assez complète du personnage.

Merci de m’avoir lu jusque là.

LSM

 

 

 


[1] On nous dit, en de nombreux articles, que le sujet à vécu une dépression de plusieurs mois l’ayant forcé à interrompre sa formation en 2009. Or de fin 2008 à fin 2009 SATURNE (le grand facteur de la dépression) lance , depuis la fin de la Vierge, un carré très stressant à la quadruple conjonction à la fin du Sagittaire du thème d’Andréas. Or, dans la dite super conjonction on note celle, très étroite, du SOLEIL à SATURNE, très favorable à la survenue d’épisodes dépressifs chez un sujet qui en est doté à la naissance. CQFD..

[2]Ce qui me fait penser à un célèbre super Lion (dont l’Ascendant tombe dans le Scorpion, comme Napoléon, mais avec le Sagittaire intercepté en première Maison : celle du « moi ») qui a écrit « Le culte du moi ». Il s’agit, vous l’avez deviné, de Maurice Barrés  qui « affirme les droits de la personnalité contre tout qui se conjugue pour l’entraver », y revendiquant « le petit bagage d’émotions qui est tout mon moi. À certains jours, elles m’intéressent beaucoup plus que la nomenclature des empires qui s’effondrent. Je me suis morcelé en un grand nombre d’âmes. Aucune n’est une âme de défiance ; elles se donnent à tous les sentiments qui la traversent. Les unes vont à l’église, les autres au mauvais lieu. Je ne déteste pas que des parties de moi s’abaissent quelquefois. » ….A méditer et à rapporter au cas Lubitz.

Signalons aussi que, comme par hasard, le fameux Volker Eckert que j’ai évoqué plus haut était un super-Lion avec quatre planètes dans le signe.

20 réponses à to “ANDREAS LUBITZ – UN EQUARISSEUR QUI SE PRENAIT POUR ICARE”

  • sébastien:

    Le Christ est lui aussi, plus légendaire qu’historique.
    Mithra et Osiris lui ont tout donné.

    • Je ne vois pas trop ce que le Christ, Mithra et Osiris ont à voir avec le cas d’Andréas Lubitz mais passons.
      Pour ce qui est de l’existence terrestre du Christ elle est avérée par toutes sortes de témoignages et ne la récusent que ceux à qui elle pose problème et préfèrent s’en tenir à leur opinion qu’à vouloir vraiment Le connaître.
      D’autre part, il faut distinguer entre comparaison, analogie et amalgame. Que certaines figures plus ou moins christiques se soient manifestées à la conscience des hommes les préparant à accueillir et à contempler le mystère de l’Incarnantion qui porte ces figures à leur plénitude spirituelle et achève ce qu’elles n’avaient fait que suggérer de très loin, c’est tout à fait possible. Mais le Christ, Dieu fait homme, n’est pas un épigone d’Osiris ou de Mithra. Ce serait plutôt l’inverse sur le plan ontologique : Osiris et Mithra n’ont d’intérêt que parce qu’ils annoncent la figure historique et divine du Christ qui, par nature et par définition, est hors du temps, éternelle……
      Je sais que nous vivons une époque où l’inversion s’impose furieusement sous toutes ses formes et pousse ses feux dans toutes les dimensions de notre culture pour mieux la corrompre, mais il est toujours temps, pour l’homme à l’esprit libre, de reconsidérer les choses à l’endroit.
      Bien à vous.

  • toma:

    Quel boulot !!!
    Bravo,
    il faudrait faire du préventif avec l’astro pour détecter précocement les  » cons » et les neuraliser à temps !!!

    • Malheureusement ce n’est pas tout à fait cela et ce n’est pas très simple.
      Le problème n’est pas celui des « cons » car on est tous plus ou moins le « con » de quelqu’un d’autre qui nous juge tel. Par conséquent, faire la chasse aux « cons » c’est accepter l’idée de voir l’humanité disparaître, chacun voulant « neutraliser » (souvent manu militari) le « con » qu’il s’est choisi….avec le risque que ne survivent que les plus « cons » d’entre les « cons » car « aux innocents les mains pleines… ».
      Bref un vrai scénario à la Hobbes pour qui « l’homme est une loup pour l’homme » deviendrait « le con est un loup pour plus con que lui« …. ou l’inverse.
      Laissons donc de côté les dispositions intellectuelles et mentales pour préjuger d’une personne ou plutôt utilisons les à bon escient chacun de nous pouvant être utile à l’ensemble de la communauté en fonction des lumières qu’il a reçues.

      En revanche, une sorte de pré-sélection établie sur les orientations non plus intellectuelles et mentales, mais sur les tendances morales, sur les prédispositions à la violence, à la malveillance, à la tromperie ou à la malhonnêteté telles qu’elles peuvent apparaître en potentiel (j’insiste sur cette idée de « potentiel« ) dans un thème, pourrait, en effet, en gardant mesure et bon sens et en recoupant le diagnostic au moyen d’autres outils d’évaluation,s’avérer utile dans de nombreux cas.
      Il est triste qu’on puisse soumettre l’intégrité morale, sociale et physique de nos semblables à des personnalités « déjantées » mais exerçant, sur la foi de diplômes qui ne préjugent en rien de leurs dispositions morales, des responsabilités importantes qu’elles ont choisies soit pour se mettre à l’abri des conséquences de leurs turpitudes (je pense notamment au personnel judiciaire : les avocats « marrons », les juges « libidineux », les procureurs ou les policiers « qui touchent ») soit pour être en contact avec leurs « cibles » (les gynécos, les masseurs « violeurs », les personnels socio-éducatifs, enseignants, les entraîneurs sportifs « pédophiles » ou amateurs de nymphettes et de juniors).

      Il est vrai que dans un pays où on représente la république sous les traits d’une « femen » où Pierre Bergé, Caroline Foureste, Monique Wittig ou Judith Butler ont remplacé les Apôtres pour assurer notre formation spirituelle, où l’avortement, l’euthanasie, la GPA, la MPA, le pseudo-mariage homo (et j’en passe) apparaissent comme les sommets durement conquis de la civilisation la plus brillante, où les pires dépravations sont exposées à foison sur les portables de nos enfants (et de leur parents) ou sur internet sans que personne ne semble devoir protester tant le lobby de la pornographie « tient » notre monde politique médiatique et judiciaire; où les êtres humains sont enlevés pour être vendus, en une pièce pour les harems moyen-orientaux ou en pièces détachées, suivant l’usage qu’on veut en faire…. il est vrai donc, que dans un tel pays et dans une telle « culture », vouloir juger des « dispositions morales » de quelqu’un relève du plus haut comique puisque désormais, tout ce qui était en bas tient le haut du pavé; en commençant par certains de nos ministres et, m’a-t-on dit, de nos ambassadeurs (rires…).
      Et, pour en revenir à Andréas, n’ai-je pas entendu, ici ou là, quelques personnes le trouvant charmant, émouvant, tellement touchant ?
      N’y eut-il pas, au début du siècle passé, des dizaines et des dizaines de femmes qui envoyèrent des lettres enflammées (sans jeu de mot) à Landru qu’elles trouvaient irrésistible….en occultant le fait qu’il avait assassiné et fait disparaître plusieurs d’entre elles de manière inhumaine ? la seule différence avec aujourd’hui c’est que Landru recevrait aussi quelques dizaines de lettres enflammées d’homme tout aussi émoustillés de ses exploits culinaires. La voilà enfin l’égalité hommes/femmes.

      Comme vous voyez, votre petite réflexion m’inspire de joyeuses pensées.
      Bien cordialement.

      LSM

  • Rolland:

    Simplement ppour enrichir la symbolique du centaure, via la mythologie.
    Il y a bien 2 types de centaures, opposés: Chiron, le sage, le guérisseur, le précepteur d’un côté avec un quasi anonyme, et de l’autre la troupe des centaures violents, bestiaux, associés souvent au viol, à l’ébriété. En résumé, celui qui est gouverné par le torse (tête et coeur) et celui qui est gouverné par la bête, entrailles et sexe.
    Enfin Chiron, immortel, demande la mort après qu’il a été blessé accidentellement par une flèche empoisonnée, l’arme même donnée au Sagittaire. Comme si le Sagittaire portait en lui les germes de sa propre destruction.
    Bien à vous.

    • Oui, vos précisions sont fort bienvenues, aussi bien concernant le cas qui nous occupe (Andréas) qu’en général.
      En fait on pourrait peut-être considérer que le centaure doit choisir entre les deux orientations entre lesquelles il intervient :
      – celle du Capricorne (maîtrise de soi, maturité, disparition de l’égo au profit du sens des responsabilités sociales, rigueur, utilité, etc….) c’est le choix réalisé par Chiron.
      – alors que l’autre type (celui du troupeau de centaures) ne s’est pas encore émancipé des affres passionnels des tourments instinctifs du Scorpion.

      Le fait que Chiron lui-même puisse être blessé par une flèche empoisonnée et demande à être délivré de son immortalité, attire néanmoins l’attention sur une disposition qui affecte les deux types : la démesure et la vanité.
      Plus formalisées et socialisées chez l’un certes, tout épris d’honorabilité et de reconnaissance
      Plus viscérales chez l’autre, mais présentes chez les deux types.

      C’est le risque de cette nature toute en expansion et en dilatation que de succomber à la vanité, à cet hybris par lequel l’homme veut se mesurer aux dieux, se passer d’eux, voire se prendre pour un dieu lui-même, sans plus se reconnaître quelque limite que ce soit.
      Le mythe nous rappelle alors qu’aussi haut et loin que nous puissions lancer notre flèche vers le ciel, elle finit toujours par retomber sur la terre, sa vraie patrie. Ou encore que plus nous montons haut, plus dure et la chute, si nous perdons contact avec la « mesure ». Nous ne sommes que des mortels et rien ne peut nous assurer l’immortalité : ni les oeuvres, ni la gloire, ni la renommée, rien. Sauf cette authentique conversion qui nous amène à nous en remettre à plus grand que nous pour accéder non plus à l’immortalité mais pour entrer en éternité: ce sera le travail des Poissons, 90° plus loin, où tout se délite à la veille d’un nouveau cycle…
      Bien amicalement à vous

      LSM

  • Val:

    Bonjour Monsieur

    Il a été avancé l’hypothèse selon laquelle Lubitz était converti à l’islam. Qu’en pensez-vous?

    Cordialement,

    Val

    • Bonjour,

      Je ne crois pas du tout à cette hypothèse. Les attentats et massacres islamistes sont destinés à impressionner et terroriser et ils ont donc toujours un alibi propagandiste et idéologique, même si la motivation véritable en est le fanatisme et le sadisme, fleurs vénéneuses déjà cultivées du temps de Mahomet lui-même. Or, la catastrophe provoquée par ce crétin dépressif n’a été revendiquée par personne. Elle ne sert aucune cause. Par conséquent, même si on admettait qu’Andréas se soit converti (ce qui ne repose sur aucun fait avéré) il faudrait en conclure que cette conversion n’entre pour rien dans son geste.
      Il faut nous résoudre à accepter l’idée que l’absence de toute foi religieuse (ce qui semble être le cas d’Andréas), l’athéisme, le laïcisme, ne sont pas des garanties de bon sens et d’équilibre moral, comme on veut nous le faire croire mais qu’ils peuvent eux aussi déboucher sur la pire des barbaries. Nous l’avons vu pendant la révolution française.
      Plus près de nous, le contre exemple parfait des islamistes d’aujourd’hui et de leur goût pour la barbarie, ce sont les républicains espagnols qui, lorsqu’ils ne pouvaient violer et massacrer des religieuses, déterraient leurs cadavres pour les fusiller ! Et je ne vous dis rien des « révolutionnaires » mexicains et des horreurs qu’ils ont pu perpétrer sur les Catholiques de leur pays. Un film récemment sorti sur nos écrans mais très chichement diffusé (et pour cause) nous donne un aperçu très édulcoré de leurs méthodes. Il s’agit du film « Les Cristeros » dont vous pouvez vous procurer le DVD e interrogeant Google.
      Bien à vous

      LSM

  • Val:

    Merci pour votre prompte réponse.

    J’avais en premier lieu pensé à une forme de fanatisme religieux chez ce natif, voyant que Lubitz était un Sagittaire dissonnant.

    Concernant les ravages de l’athéisme militant, je les ai constatés comme vous, et ils sont à l’oeuvre encore et toujours dans notre pays et ailleurs.

    Le sujet de la guerre civile espagnole était (à mon époque, années 70) à peine effleuré au lycée. On se garde bien de parler de ce qu’on fait les « gentils » républicains..ça ferait un peu désordre! je ne l’ai su d’ailleurs que récemment, en prenant la peine de me documenter sérieusement en cherchant mes propres sources.

    Bien cordialement,

    Val

    • Que Lubitz soit une graine de fanatique, cela ne fait pas de doute tant la rigidité intellectuelle est accusée chez lui, mais je ne pense pas que ce fanatisme ait pris un tour religieux voire islamique, car, je le répète, nous aurions eu droit à des revendications.
      C’est un fanatisme qui a été entièrement mis au service de sa propre cause si je puis dire, au service de sa vanité et de son amertume de voir ses ambitions non reconnues.

      Pour ce qui est du fanatisme révolutionnaire espagnol ou autre, vous ne risquiez pas et vous ne risquez toujours pas d’en entendre parler au lycée autrement que sous la forme de l’apologie sans réserve des « courageux et héroïques démmocrates » qui ont voulu « libérer » le peuple espagnol de l’oppression (Alphonse XIII dernier souverain et Alcala Zamora 1er président de la toute république espagnol, comme oppresseurs du peuple, ça fait rigoler) séculaire qui pesait sur lui.
      A ce sujet vous pourriez lire le dernier livre que Michel del Castillo, qui n’a rien d’un « réactionnaire », à consacré à cette période et qu’il a intitulé « Le temps de Franco ». Ouvrage mesuré et nuancé où il s’est attaché à décrire les choses, sans parti pris, c’est à dire hors des clichés habituels de la légende « républicaine » dont on nous rebat les oreilles dans nos médias en toute occasion. Entre autres choses, il ne nous cèle rien du sort des malheureux Madrilènes soupçonnés de tiédeur vis à vis du « républicanisme » tel qu’il se manifestait alors, enlevés de chez eux à la nuit tombée, « liquidés » d’une balle dans la tête ou fusillés sans aucune forme de procès. Environ 50.000 nous dit-il.

  • Val:

    Merci de vos conseils de lecture. En effet, j’ai été formatée en ma jeunesse par un enseignement orienté gauchiste et, ayant eu récemment affaire à des « antifas » espag nols dont le discours de fanatisme anticlérical m’avait laissé pantoise, j’en étais venue à faire des recherches sérieuses sur la guerre d’Espagne. Je me demande même si Franco était si terrible que ça..comparé aux lascars à qui il avait affaire, il ne pouvait que se montrer dur. De même, si Marine Le Pen accédait au pouvoir, il y aurait une telle hystérie qu’elle serait probablement obligée d’établir une loi martiale, alors que tout dans le discours de cette femme est républicain.

    Pour finir, je vous cite Napoléon, lors d’un déjeuner qui eut lieu (en 1809 je crois) entre lui et Charles IV d’Espagne, et son fils le prince Ferdinand: « Dans ce pays, c’est l’Inquisition qui est au pouvoir depuis des siècles..le roi n’est qu’un fantoche » et le prince d’ajouter: « je l’avais toujours pensé ».

    C’est pourquoi je pense que la guerre d’Espagne fut en réalité une guerre de religion, le fanatisme rouge, antéchristisque, des « républicains », contre l’Eglise catholique représentant ici le Christianisme.

    • Concernant l’antichristianisme, il faut bien comprendre que toutes les révolutions, absolument toutes, sont d’abord et avant tout antireligieuses et surtout antichrétiennes.
      Sur le plan méta-historique et surnaturel, parce qu’elles sont toutes d’essence luciférienne « celui qui voulait s’affronter à Dieu ».
      Le plan philosophique et politique ne sont que la déclinaisons de ce fondement métaphysique. Le Christianisme nous révèle un ordre dans la Création et place Dieu au sommet de toutes les institutions; il n’y a aucune autorité, qu’elle soit politique, familiale, humaine qui ne vienne de Dieu. Ce sont les paroles du Christ à Pilate :  » Tu ne serais point à ton poste si Dieu ne t’y avait placé » (je cite de mémoire).
      Or, la philosophie des « Lumières » qui trouve son expression occulte ou ésotérique dans la Franc-Maçonnerie, est une machine destinée à expulser Dieu des institutions humaines; notamment de la plua haute et la plus sacrée de toute: l’institution royale, le roi de France étant « sergent de Dieu » et « lieutenant du Christ » – et ne régnant donc non pour et par lui-même mais que par délégation divine. On comprend alors que l’assassinat de Louis XVI n’a absolument rien de politique, mais qu’il constitue un acte d’apostasie caractérisée. C’est Dieu qui est chassé du trône par les révolutionnaires. En coupant la tête au roi, on tente de couper la tête à Dieu et à son Fils qui est « vrai roi de france » comme l’affirmait l’antique adage.
      A leur place on va y mettre l’Homme. Non celui que Dieu a créé au 6ème Jour, mais l’homme tel qu’il se prétend être en tant que son propre créateur et législateur soumis à aucune autre autorité que sa volonté individuelle. Lisez Hobbes, lisez Rousseau et vous verrez comme tout cela devient manifeste.
      C’est pourquoi, ni en France ni en Europe ni dans le monde autrefois chrétien, rien ne pourra jamais vraiment s’arranger tant que nous ne retrouverons pas l’ordre divin dans les institutions humaines; tant que nous ne renoncerons pas à établir le droit sur la loi changeante et individualiste du plus grand nombre, au lieu de l’asseoir sur la Révélation. Les changements de Constitution, de majorité et de gouvernement n’y feront rien tant que nous n’aurons pas rebâti la société sur ses bases; tant que nous n’aurons pas renoncé à proclamer les « Droits de l’Homme » là où il faudrait au contraire préciser les responsabilités des hommes envers Dieu et envers les un s des autres. Cela ne pourra pas se faire sans une secousse au moins aussi forte et profonde que le fut la secousse de la révolution française qui subvertit 18 siècles d’ordre naturel.

      Pour Franco, si nos opinions publiques, nos sociétés, nos « élites » n’étaient pas daubées par plus de deux siècles de propagande révolutionnaire (dite républicaine et démocratique) elles auraient dressé des statues à Franco sur la grand place de nos villes car il a sauvé l’Occident deux fois :
      – La première en empêchant que ne s’installe à nos frontières une démocratie populaire particulièrement fanatique et violente qui aurait facilité l’infiltration et la submersion communiste. Et nous aurions sans doute connu le joyeux sort de la Hongrie, de la Tchécoslovaquie ou de la Roumanie après la guerre.
      – La deuxième est symétrique à la première : Franco a su s’opposer à Hitler, a refusé de s’allier à lui, lui a interdit le passage de ses troupes vers l’AFN et il a donc libéré les pays occidentaux de l’encerclement qui les menaçait si cette voie avait été libre. Il est probable que les Américains n’auraient pu débarquer en 1942 au Maroc et que Rommel, mieux ravitaillé, disposant de renforts, l’aurait emporté sur Montgomery et Leclerc dans le désert de Lybie.
      Mais voilà, Franco était contre-révolutionnaire. Comme l’était sans doute Mussolini qu’on a précipité dans les bras de Hitler en refusant de s’entendre avec lui alors qu’il avait massé 60.000 hommes sur le Brenner pour empêcher le dictateur allemand d’envahir l’Autriche.

      C’est l’orgueil et l’esprit de révolte contre Dieu qui sont le propre de la « révolution » qui conduisent nos hommes politique depuis plus de deux siècle; en clair une idéologie violemment anti-chrétienne, qui préfère provoquer les pires catastrophes plutôt que de se désavouer elle-même.
      Un autre exemple particulièrement odieux et criminel. En 1917, l’Empereur Charles d’Autriche (Chrétien convaincu dont le procès de canonisation est en cours au Vatican) envoie son cousin de Bourbon-Parme, négocier avec Clémenceau une paix séparée de l’Autriche avec les alliés. Clémenceau refuse cette offre et renvoie Bourbon-Parme. Lui et ses copains franc-mac ont décidé que cet Empire catholique doit disparaître. Or la défaite de l’Autriche est la condition même de cette disparition…au profit d’une Allemagne protestante qui se jettera dans les bras de Hitler 16 ans plus tard.
      En attendant, la guerre est rallongée de plusieurs mois et va encore envoyer à la boucherie des centaines de milliers de victimes des deux côtés.
      On a des avenues « Clémenceau », des boulevards « Clémenceau » quelques statues par ci par là.
      Il me semble que Franco mériterait au moins autant d’égards de la part de nos pays sauvés, en partie grâce à lui, de la chienlit communiste et de la barbarie hitlérienne.
      Maintenant, il est probable que ce n’était pas un « tendre ». Mais qui l’est dans un pays dont les port nationale consiste à torturer puis à transpercer le cou d’un taureau; dans un pays où lorsqu’un lévrier de course est devenu trop vieux pour courir on le suspend par le cou à une branche d’arbre, pas assez pour être vraiment pendu, mais assez pour agoniser pendant des heures; où une personne dont la vocation consiste à venir en aide aux animaux maltraités, m’a assuré il existe dans une province dont j’ai oublié le nom, une charmante coutume qui consiste à faire passer un pauvre âne au travers d’une foule qui va le bourrer de coups de poings et de coups de pieds jusqu’à ce que mort s’ensuive pour favoriser une sorte de catharsis collective après laquelle chacun se sent purifié et apaisé.
      Maintenant que vous connaissez un peu mieux les comportements des révolutionnaires espagnols, vous pouvez vous demander si Franco s’est montré aussi cruel et malfaisant qu’eux.
      Mais, en fait, ce qu’on ne lui pardonnera jamais c’est qu’il ait déclaré que « le royaume d’Espagne devait rester le rempart de la Chrétienté ». On ne pouvait mieux se flinguer auprès des sectes maçonnes, gaucho-révolutionnaires, anarchistes ou libertaires qui font la pluie et le beau temps à la tête de notre pays.
      Bien à vous

      LSM

  • Val:

    Merci pour ces commentaires tres interessants. Vous expliquez et concetualisez ce que je constatais empiriquement.Je reviendrai plus tard commenter ceci. Pour ce qui est de la profonde revolution a laquelle vous faites allusion, je pense que Pluton acheve un cycle commence il y a 248 ans, soit vers 1765, avec la diffusion des idees maconniques dans les spheres intellectuelles mais aussi du pouvoir (le roi lui-meme franc macon), ce qui devait amener 20 ans plus tard la chute de la monarchie. Le cycle « des lumieres, » (en fait obscurantiste) serait en bout de course actuellement.

    Digression: je deplore de ne trouver aucune information officielle sur 1815, annee charniere qui vit le retour de l’ile d’Elbe de l’Empereur, les Cent-Jours et la defaite de Waterloo. Il est vrai que ce n’est pas dans l’air du temps…

    Bien cordialement

    Val

    • Le fait que Louis XV (qui régnait en 1765) ou Louis XVI (à partir de 1774) aient été francs maçons, est tout à fait discutable. Ce sont les « maçons » qui ont propagé cette rumeur pour en quelque sorte légitimer leur action. Mais, à ma connaissance, aucun document sérieux ne vient à l’appui de cette thèse. En revanche, il est incontestable que Louis XVI, par le biais de ces éducateurs et professeurs, n’ait été contaminé par les idées à la mode et, par conséquent, amené à douter de sa légitimité à incarner le pouvoir….et à l’exercer lorsque c’était encore possible pour arrêter l’entreprise révolutionnaire.
      La lecture de l’ouvrage « Un roi bienveillant » de Jean de Viguerie me paraît très instructive à cet égard.

      Pour ma part j’ai vu hier soir, une petite émission non sur les « cent jours » mais sur l’île de Sainte-Hélène qui semblerait avoir été organisée en paradis pour écologistes ou quelque chose d’approchant.
      De toute façons, ces « cent jours » furent, à tout point de vue, catastrophiques pour la France. Aboutissant à Waterloo ils provoquèrent des souffrances accrues, voire criminelles pour notre pays : notamment par l’engagement forcé des « Marie-Louise » ces enfants soldats qui n’avaient rien à envier aux enfants-soldats qui servent de chair à canon dans tout le monde islamique depuis trente ans.
      Puis ils nous affrontèrent aux exigences féroces des « coalisés », exigences encore aggravées par rapport à 1814.

      Vous me pardonnerez peut-être, mais je considère Napoléon et sa pseudo-épopée comme la pire période de notre Histoire et de l’Histoire européenne; « épopée » qui n’a rien à envier à celles de Hitler, Staline ou Mao que la sienne a préfigurées en tous points.
      C’est lui qui a développé et implanté les funestes idées révolutionnaires dans la culture européenne alors que sans lui, les brandons enflammés en 1792/93/94 se seraient peut-être éteints chez nous. Et c’est lui, qui en quelque sorte, constitue la cause active, efficiente, de tous les bouleversement à venir sur notre continent et dans le monde.

      Il serait bon aussi de rappeler en cette année de la commémoration du « génocide » arménien et du rappel quasi permanent dans nos médias, des années-les-plus-sombres-de-notre-Histoire suite à l’invasion nazie, que le massacre d’Oradour-sur-Glane où plus de six cents hommes, femmes et enfants furent soit mitraillés, soit brûlés vifs dans l’Eglise du village, ne fut que le terrible écho des massacres du même ordre (populations enfermées dans des églises et brûlées vives) par les troupes napoléoniennes en Europe centrale. Ce que l’on ne nous dit jamais.
      Nous, Français, n’avons dans la tête que l’écho des brillantes batailles (du moins ceux qui ont eu la chance d’apprendre l’Histoire à l’école avant la sinistre besogne d’effacement de la mémoire collective à laquelle se sont attachés les divers gouvernements depuis une quarantaine d’années) : Arcole, Ulm, Austerlitz,Iéna et Auerstadt, Eylau et Friedland, Wagram….en oubliant la somme de massacres, de rapines, de viols et de pillages dont elles s’accompagnèrent au détriment des populations civiles.

      Un mal ne peut jamais s’expliquer et encore moins se justifier par un autre. Mais il est bon quelquefois de nous souvenir que nous Français, soit-disant épris de « démocratie et de droits de l’homme » avons répandu les principes « universalistes » de notre fraternelle république par le fer et le feu et dans des torrents de larmes et de sang….comme les « islamistes » s’efforcent de le faire aujourd’hui.
      Bien à vous

      LSM

  • Val:

    Merci de votre reponse. Auriez vous des precisions a apporter sur cette fin du cycle plutonien auquel j’ai fait allusion? (si vous avez deja ecrit sur le sujet, je vous prie de m’excuser)j’ecris a partir d’un petit telephone

    Bien cordialement

    Val

  • Mélusine:

    Lubitz a vécu dans un contexte luthérien qui nous rappelle Schreber (le patient de Freud) qui pour expliquer ce qui lui était arrivé, parle de meurtre d’âme, dont les racines se situent dans l’oeuvre de Martin Luther. Ce fameux « meurtre d’âme » a connu un destin fulgurant en psychanalyse, en psychiatrie et en psychologie, où ils servent à désigner les traumatismes inducteurs de psychose.

    Personnellement, je n’aurais pas aime être le psy qui aurait analysé son thème et mis des bâtons dans les roues de son ambition. Ce qui bien sûr ne doit pas nous arrêter dans la connaissance approfondies des personnalités qui nous dirigent

    • Je n’ai pas lu l’autobiographie du président Schreber et je ne connais son existence que par ce qu’en a écrit Freud. Or, nous savons maintenant, que quasiment tout ce que Freud écrit sur le traitement et la « guérison » de ses patients n’est qu’affabulation. J’en parle dans l’ouvrage que j’ai en préparation, je n’insisterai pas sur ce point ici.
      Que la pensée de Luther et le protestantisme en général puissent être considérées comme des armes meurtrières pour l’âme humaine ne me surprend pas, puisqu’il s’agit d’une vision du Christianisme dans laquelle les jeux sont faits d’avance : doctrine de la « prédestination » : nous sommes sauvés ou condamnés avant même notre naissance et, quoique nous fassions, nous ne pouvons rien y changer – accent mis sur la seule conscience individuelle pour décider du bien et du mal, sans le recours à un enseignement, ni celui d’un sacrement (pénitence et réconciliation), avec, pour tout viatique, la seule lecture de la Bible dans laquelle, n’importe quel esprit normalement constitué, ne peut trouver qu’une somme de contradictions déstabilisantes et l’image d’un Dieu vengeur, violent et jaloux.
      Bref, tout ce qu’il faut pour se sentir coupable avant même de respirer. Or, comme le dit Ramakrishna « là où la culpabilité et la haine entrent, Dieu n’entre pas« .

      Vous soulevez un réel problème lorsque vous évoquez la situation de l’analyste devant un thème révélateur de dysfonctionnements dangereux. Que doit-il faire ?
      J’ai analysé ce matin même le thème d’une petite fille de quelques semaines dont on peut légitimement se demander s’il ne présente pas de réelles tendances schizophréniques….D’autant que j’ai appris qu’un de ses oncles maternels avait lui même été diagnostiqué comme schizophrène.
      Que faire ???
      Émettre l’hypothèse (qui, je l’espère, ne se vérifiera jamais) et conseiller de faire suivre l’enfant par un psy, notamment à l’adolescence, ou Donner les meilleurs conseils éducatifs possibles en éveillant la vigilance des parents sans cependant les angoisser ?
      J’ai, bien sûr, choisi la deuxième solution. Mais ce sont là des difficultés de la profession, qui ne sont pas toujours faciles à résoudre.
      Bien cordialement à vous

      LSM

  • Mélusine:

    J’ai omis de vous remercier pour la qualité de votre analyse.

    • Voilà qui est fait et je vous en remercie.
      La recette est simple :
      – disposer d’une orientation intellectuelle qui sans mépriser les schémas purement formalistes, logiques et rationnels (ce que les modernes appellent « la raison ») ne les utilise que pour conforter sa dimension intuitive, sa capacité à appréhender les objets du monde comme les symboles d’une autre réalité qui s’exprime à travers eux.
      – croiser la langue astrologique traditionnelle avec toutes les autres expressions de la connaissance humaine : la philosophie avant tout, puis la psychologie, l’art, la littérature, l’Histoire. L’Astrologie ne travaille que sur des archétypes universels, intemporels; ces archétypes se manifestent dans les productions que nous offrent toutes les cultures à toutes les époques, sous toutes les latitudes. Il faut donc connaître ces productions pour établir le réseau de toute les correspondances et analogies possibles. Sinon on n’y comprend rien ou on en reste au ras des pâquerettes.
      – affiner son regard et sa perception en travaillant sans relâche (comme on travaille une langue étrangère ou la technique d’un instrument).
      – essayer d’interpréter un thème au plus près des conditions (au sens le plus large du terme) dans lesquelles évolue son locataire.

      Un Américain, s’extasiait un jour devant le magnifique gazon d’un Lord anglais et il lui demandait, ébahi, comment cela était possible d’avoir un gazon aussi vert, aussi dru, aussi profond, etc….
      « C’est très simple » lui répondit le Lord « il suffit d’arroser et de tondre….pendant trois siècles ! »

      Toute forme d’art (et l’anthropocosmologie est un art et non une « science » au sens étroit du terme) exige cette longue pratique qui seule peut nous amener à une certaine maîtrise, à acquérir un « habitus » pour emprunter un terme à Aristote. Les dons éventuels au départ sont indispensables, mais c’est au contact des résistance qu’offre le monde à l’activité créatrice que le talent peut vraiment se construire.

      Voilà pourquoi je m’escrime à « traduire » des thèmes depuis une quarantaine d’années, avec plus ou moins de bonheur, en espérant réussir à m’approcher de la vérité des âmes et des existences.
      Avec l’aide de Dieu.
      Bien à vous

      LSM

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