DavidVous ne rêvez pas ! Le titre de mon article est celui-là même choisi par la très sérieuse revue J.I.M (Journal International de Médecine) sous la plume de Frédéric Haroche.
Je vous le livre in extenso et je me permettrai quelques commentaires ensuite.
Bonne lecture

« L’honorable membre du Parlement, David Tredinnick

Londres, le samedi 7 mars 2015 – Outre-manche comme ici, les parlementaires sont à la recherche de moyens pour diminuer les dépenses de santé et désengorger les services médicaux.
Dans cette optique, David Tredinnick, un député conservateur britannique, propose de mettre en avant la médecine alternative et surtout l’astrologie… Il souligne néanmoins que le remboursement par le National Health Service (NHS) de telles consultations des astres risquerait d’aggraver encore les déficits budgétaires du Royaume-Uni !

Le même s’était déjà fait remarquer en 2010 en réclamant le remboursement par les services de la chambre des communes d’une note de plus de 700 livres correspondant à l’acquisition d’un logiciel d’astromancie !

Un plaidoyer pour une médecine astrale

Pour lui, cette « discipline » est une « précieuse méthode de diagnostic, … offre la compréhension de soi (…) et était jusqu’à l’époque moderne partie intégrante de la tradition de la médecine » et il est vrai qu’Hippocrate et Galien jugeaient que les astres avaient une répercussion importante sur la santé humaine.

Il dénonce d’autre part l’attitude de la BBC, qui ne respecterait pas son obligation de neutralité en étant « toujours encline à ridiculiser l’astrologie ». Retournant en quelque sorte les arguments  habituels contre ce type de divination, le député, dénonce la  « superstition, l’ignorance et les préjugés » qui prévaudrait chez ses détracteurs et va plus loin en accusant les journalistes et un professeur de médecine, qui ont raillé publiquement ses propositions, de préjugés racistes !

Frédéric Haroche »

(fin de citation).

Pour ma part, fort réjoui de voir dans cette initiative un tantinet excentrique dans notre monde actuel (mais l’excentricité n’est-elle pas une spécialité britannique ?)  une sorte de reconnaissance officielle  de cette très vénérable source de connaissance et de sagesse qu’est l’Anthropocosmologie, je proposerai quelques observations complémentaires.

Le journaliste reprenant les propos qu’il prête au député britannique, pose très bien le problème lorsqu’il écrit que [l’astrologie est]une « précieuse méthode de diagnostic, … [qui] offre la compréhension de soi (…) et était jusqu’à l’époque moderne partie intégrante de la tradition de la médecine ». C’est parfaitement vrai puisqu’on pensait à l’ère pré-cartésienne qu’un praticien ne possédant qu’un doctorat de médecine sans doctorat d’astrologie ne voyait que d’un oeil  (je cite de mémoire). C’est pourquoi la très célèbre et réputée faculté de médecine de Bologne par exemple, délivrait le double enseignement à ses étudiants.Il a fallu attendre que le psychorigide  Colbert soit au pouvoir pour que l’enseignement de notre discipline soit rayé d’un trait de plume du programme de nos universités en 1666 (je l’explique par ailleurs dans un de mes précédents articles et je n’y reviens pas). Ce fut un coup terrible car, exclue du champ universitaire, « l’astrologie » fut récupérée et mise au service de préoccupations oscillant entre le mercantilisme de foire et l’ésotérisme fumeux.
Avec, Dieu merci, quelques heureuses exceptions qui lui permirent de survivre en tant que connaissance réelle. Ainsi, après bien d’autres dont Jung ou, plus près de nous, Jean-Marie Pelt, pour ne citer qu’eux, le député britannique est-il l’un de ceux qui, même si son initiative a peu de chances d’être reprise par le Parlement de Sa Gracieuse Majesté, contribue à rétablir la pleine dignité d’une discipline injustement rejetée du champ de ce que l’on appelle « les sciences humaines » où elle pourrait apporter tant d’éclairages à la psychologie et, au delà, à la philosophie elle même. Bref.

Ce que je voudrais suggérer c’est que, contrairement à ce que propose le député, l’anthropocosmologie (oublions ce désastreux vocable « d’astrologie » si vous le voulez bien) ne présente que peu d’utilité  à l’hôpital. Elle ne peut être considérée – et là dessus je suis pleinement d’accord avec les propos rapportés par le journaliste – que comme un précieux outil prévisionnel et non comme une technique curative. Ce qui veut dire que lorsqu’un patient est hospitalisé, le rôle de notre discipline est dépassé, de même que celui du signal d’alarme lorsque le train a déraillé. Tout au plus peut-elle alors éclairer le personnel soignant sur les prédispositions générales que présente le patient qu’il a à soigner.

En revanche, elle doit et elle peut intervenir en amont dans la mesure où le thème nous révèle, souvent avec beaucoup de pertinence, les points faibles, les fonctions déficientes, les risques potentiels que le sujet présente sur le plan sanitaire. Sa place est donc dans la pratique du médecin et dans le panel d’outils mis à la disposition de tous les organismes sanitaires chargés de la prévention dès la petite enfance. Elle peut alors servir de première orientation pour conseiller le patient (ou les parents de l’enfant) sur l’hygiène spécifique qu’on devra observer, en fait, à définir sa diathèse entendue comme prédisposition générale à éprouver tel trouble ou telle maladie. Et, dans le cas d’une maladie déclarée au diagnostic incertain, elle peut servir à sélectionner au mieux les examens complémentaires et les analyses à effectuer.

Il va de soi, que la personne qui se pique « d’astrologie médicale » ou de « médecine astrologique » ou « astrale » comme l’écrit le journaliste, doit avoir, non seulement une solide formation dans le domaine anthropocosmologique qui est une branche délicate et complexe de la discipline, mais bien entendu, elle doit aussi connaître la médecine, être formée à la médecine, sou peine d’en rester à des généralités parfaitement inopérantes ou….à proférer des âneries. Quand on veut traduire une langue complexe (celle de l’astro) dans une autre langue tout aussi délicate et complexe (dont, en plus, dépend la santé d’une personne) il va de soi qu’il faut connaître à fond les deux langues. Malheureusement cela ne me semble pas évident pour tout le monde….

Pour ma part, je refuse quasi radicalement de parler « santé » avec mes consultants. Je ne suis pas formé à la médecine (même si  une partie de ma carrière s’est déroutée au contact du monde médical et hospitalier, parmi lequel j’ai pu échanger avec de nombreuses sommités médicales de mon pays, lorsque j’étais responsable de la délégation médicale au sein de laboratoires pharmaceutiques). J’essaie de ne parler que de ce que je crois bien connaître. J’espère y arriver le plus souvent.

Ces remarques faites, il va de soi qu’on ne peut que se réjouir de voir l’anthropocosmologie revenir sur le devant de la scène dans le discours officiel d’un homme politique courageux.

A quand la réintroduction de notre discipline dans le cursus universitaire de nos futurs médecins ?

LSM

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