sadeVoici le contenu intégral d’un « commentaire » reçu d’un jeune homme de 17 sadiqueans, qui, influencé par l' »éducation » qui lui est dispensée par notre Système Scolaire,  nous appelle à nous réunir sous la bannière du « divin Marquis » (sic) ….. et la réponse circonstanciée que je lui ai faite.
J’ai conservé son orthographe, mais j’ai suggéré les corrections nécessaires entre parenthèses.

Bonjour(s),

  • Je suis moi même lycéen en terminale, et j’étudie donc bien « les mains libres » en ce moment.

Et vous pensez être en mesure de comprendre cette « œuvre » ? Compte tenu de l’absconserie permanente de Paul Eluard vous me permettrez d’en douter.

  • Et quel bonheur de travailler cette œuvre !

Je suis malgré tout heureux qu’un lycéen de 2014 puisse éprouver du bonheur à « travailler » une œuvre littéraire. Ce que je regrette c’est que cet enthousiasme semble plus justifié par le goût de la transgression que par une réelle ouverture à la poésie.

  • Mais au risque de vous décevoir, moi et mes camarades ne sommes pas devenus des prédateurs sexuels pour autant !

Bien sûr que non et je vous en félicite.

Ce contre quoi je m’élève c’est devant la volonté délibérée de l’Education dite Nationale non seulement de banaliser la transgression, la perversion, et même le sadisme « si affinités » (à quoi vous semblez être particulièrement sensible) mais de vous les présenter  sous les couleurs chatoyantes du progrès et de la liberté. Alors qu’ils n’en sont que l’exacte caricature.

En fait de progrès ces tendances présentes en chacun de nous depuis l’aube de l’humanité, quand elles sont encouragées ne peuvent que nous ramener à une forme d’animalité aveugle où chacun deviendrait objet de plaisir pour l’autre et proie sexuelle potentielle. Il a fallu plusieurs milliers d’années pour que l’Humanité historique puisse intégrer ces « pulsions » (qu’il ne s’agit nullement de nier)  à sa dimension affective et spirituelle ; celle qui fait de nous des Hommes et non des porcs ou des bonobos…..même si nous partageons un large capital génétique avec eux.

En fait de liberté la caricature est encore plus manifeste : nous abandonner à ces « pulsions » sous couvert de « liberté sexuelle »  nous conduit en fait à une aliénation totale tant elles finissent par s’imposer à notre volonté et à prendre le contrôle de notre existence. L’ alcoolique ou le drogué ne sont pas plus « libres » – sous prétexte que personne ne peut les empêcher de se livrer à leur addiction – que le jouisseur cynique qui s’abandonne aux fantasmes de sa libido libérée grâce aux bons soins du Dr Freud ou aux inspirations du divin marquis, comme vous dites sottement. La seule liberté qui vaille est la liberté intérieure qui nous permet de contrôler nos passions, toujours perçues comme asservissantes par les plus grands esprits de notre civilisation.

Le corps humain est, à lui seul, une leçon de morale complète. Vous constaterez, comme le faisait Lanza Del Vasto en son temps, que le sexe et l’anus (pour nos chers homos toujours empressés à l’offrir au premier venu) sont situés au- dessous du cœur (siège des émotions) lui même au-dessous de la tête (siège de l’intelligence). Ce qui indique très clairement que les « pulsions » qui expriment nos « instincts » (sexuels et autres) doivent être adoucies par notre capacité d’aimer, elle même éclairée par notre intelligence et contrôlée par notre volonté….elles mêmes conduites par l’Esprit (mais là nous entrons dans une dimension spirituelle, qui sans doute vous est totalement étrangère car autrement vous ne vous exprimeriez pas comme un idolâtre de Sade, du sexe et de ses perversions comme vous le faites ci-après).

Même si, du fait du programme qui vous est imposé, vous êtes obligé de lire Eluard accouplé à Man Ray (relisez les informations que j’apporte sur ce personnage dans mon article car vous semblez les avoir totalement occultées) étudiez donc – entre deux branlettes par exemple – quelques dialogues de Platon – « Le Banquet » et « Phèdre » par exemple – voyez aussi du côté de Descartes et son « Traité des passions », Pascal et Racine (contemporains comme vous le savez peut-être) ne vous seront pas inutiles si vous voulez comprendre quelque chose aux conflits de l’âme humaine, et si vos « astiquages » vous laissent quelque répit et que vous vouliez vraiment savoir ce qu’est un homme et ce qu’il se doit à lui même, vous pourriez aller du côté de Camus et de Saint Exupéry. J’aurais pu citer des dizaines d’autres penseurs, tout aussi édifiants, mais déjà ces cinq ou six là, pourraient vous laver des eaux souillées où vous avez barboté avec Freud, Eluard, Man Ray …et votre cher Sade, off course.

On n’apprend pas la vie et l’amour seulement dans les latrines, les pissotières ou les salles de torture, même si on ne peut les ignorer puisqu’on nous les met sous le nez à tout moment dans notre im-monde moderne. Croyez moi, de même qu’il « y a plusieurs demeures dans la maison du Père »  il y a, dans la maison des hommes, des lieux bien plus fascinants pour façonner une sensibilité de jeune homme.

En même temps les auteurs que je vous indique (à quoi vous pourriez ajouter les poètes de la Pléiade ou ceux du mouvement romantique qui ont aussi des choses à vous dire sur l’amour et la façon de le vivre autrement que comme des brutes)  pourraient vous aider à acquérir cette orthographe qui vous manque puisque j’ai pu compter 36 corrections à effectuer dans les 40 lignes que nous avez eu la gentillesse de m’écrire. Ce qui est beaucoup pour votre âge.

Avant de décider ce qui est bon ou mauvais pour l’homme, ce qui l’accomplit et le grandit d’un côté et ce qui l’asservit  ou le déchoie de son humanité de l’autre, il me paraît bon d’éviter de faire subir à votre langue maternelle le sort que ce triste obsédé de Sade faisait subir à ses personnages sous couleur de les « libérer » des « conditionnements de leur milieux » comme disait récemment cet autre siphonné de Vincent Peilhon, copié/collé par son successeur Vallot-Bécassem.

  •  « J’espère que nos jeunes garçons ne prendront pas trop exemple sur ces braves ovins, car ils risquent fort de se prendre une main sur la figure de la part de leurs copines. Et ils ne l’auront pas volée. »

Oui j’ai bien l’impression que vous maîtrisez mal votre sujet !

Merci de me faire profiter de votre explication de texte. J’en ai bien besoin en effet.

  • L’oeuvre est proposer(ée) à des lycéens en terminale (on a peine à le croire à vous lire), donc à des adolescents qui sont à l’aube de leur majorité (même observation), qui ont eux mêmes le pouvoir sur leurs sexualité. Oui, selon la loi, nous disposons de la liberté de notre sexualité à l’âge de 15 ans et 3 mois !

Vous posez mal les enjeux car le problème n’est pas celui du « pouvoir que nous avons ou non sur notre sexualité » mais celui du pouvoir qu’exerce une sexualité désordonnée sur nous, aliénant notre libre-arbitre, polluant notre âme, effaçant nos capacités à nous désengluer de notre animalité. Comprenez-vous ce langage ou êtes-vous déjà trop atteint pour y être sensible ? le travail de sape de l’Ecervelage National ayant déjà porté ses fruits ?

Pour ma part, je considère, comme vous, que l’éducation sexuelle est indispensable et qu’elle peut être entreprise à « l’âge de raison » c’est à dire vers 12 ans, à l’entrée dans l’adolescence.

Je considère aussi que cette éducation sexuelle ne doit pas se transformer – comme c’est le cas actuellement – en un véritable prosélytisme en faveur  d’une indifférenciation généralisée niant ce qui sépare le sain du malsain, le normal du pathologique, la fonction de ses déviations, le masculin du féminin, l’humain de l’inhumain, le noble de l’ignoble….

L’« éducation » n’est pas la propagande et le lavage de cerveau. Une  sexualité harmonieuse intégrée à une personnalité équilibrée disposant de réels repères moraux, religieux, comportementaux ne peut être mise sur le même pied que les expressions déviantes, plus ou moins graves, qu’elle puisse prendre : vagabondage sexuel, homosexualité, sodomie, sadisme et j’en passe.

On nous conseille – très justement – d’apprendre à nos enfants à se nourrir sainement, en privilégiant légumes et fruits, céréales, laitages, en diminuant les viandes, en évitant les sucreries, les graisses, les conservateurs chimiques, etc….

Alors qu’en matière sexuelle on fait le contraire : on nous impose une « éducation » qui en fonction même de son étymologie (latin ēdŭcāre – « former », « instruire » -, lui-même fréquentatif du verbe ēdūcĕre – « faire sortir », « mettre dehors » -, composé de dūcĕre  -« conduire », « mener » – avec le préfixe ex-, « en dehors ») devrait conduire, former nos enfants à l’exercice d’une sexualité harmonieuse, c’est à dire obéissant à son principe, au lieu qu’elle encourage chez eux l’expression d’une sexualité archaïque, aveugle, déconnectée du cœur et de l’emprise qu’un homme digne de ce nom doit avoir sur lui-même. Cette caricature de sexualité qu’on devrait les aider, avec intelligence et délicatesse, à « mettre dehors » car elle ne peut les conduire qu’à de multiples déboires spirituels et, en définitive, à passer à côté de leur épanouissement sexuel vrai.

Cette éducation doit être rigoureusement réservée aux parents – qui doivent eux-mêmes se former à la transmettre et à en témoigner – et non aux « enseignants » d’un Ecervelage National noyauté et subverti par la LGBT, les « féministes » et autres groupuscules d’agité(e)s du croupion ou de l’entre-cuisse.

  • Et je ne vais pas vous cacher, monsieur, (au risque de vous choquer) que je me suis astiquer(é) bien avant avoir ouvert ce livre (ce qui n’étais(t) alors pour moi un acte inavouable et qui me couvrait d’une honte rougissante que je devais faire taire au fond de moi).

C’est  beau comme de l’antique….

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que ce silence envers le sexe que nous imposent les conservateurs de la société est bien plus déstabilisante pour les jeunes gens.

Vous rigolez j’espère ? A notre époque, entre le cinéma, la télé, les journaux, la chanson et j’en passe, le silence que vous évoquez est assourdissant et il n’est plus un enfant de cinq, six ans qui ignore quoi que ce soit des comportements sexuels. Surtout s’ils sont scabreux.

Il est vrai cependant que beaucoup de parents hésitent à aborder ce sujet avec leur progéniture ou à exagérer les inconvénients (réels ou supposés) de la phase masturbatoire par laquelle tous les adolescent(e)s sont passé(e))s et passeront.

Il y a donc, de ce côté-là, un certain travail à accomplir, mais ce travail ne consiste pas à avilir nos adolescents en les sensibilisant aux joies du sadisme et de la pornographie ! De même, pour reprendre l’exemple ci-dessus, qu’on ne les laisse pas (je devrais peut-être écrire « on ne devrait pas les laisser » pour certains parents) « bouffer » n’importe quoi, fréquenter n’importe qui, ignorer toute forme de politesse, se comporter comme des malotrus avec leurs proches, voler à l’étalage, s’abrutir au canabis….. Non ?

Si vous n’êtes pas d’accord avec cela, alors c’est que le concept « d’éducation » dans votre esprit s’est transformé en son inverse. Dans ce cas il n’y aurait plus qu’à tirer l’échelle et je n’aurais plus rien à vous dire car nous parlerions deux langues différentes. Ce qui est d’ailleurs probablement le cas.

  • Les créations artistiques des surréalistes s’inscrit(vent) dans la grande hypothèse du XXe siècle qui bouleversa la vision de l’homme ( je parle évidemment de l’hypothèse de l’inconscient de Freud).

Merci de l’avoir précisé, je n’y aurais pas pensé.

C’est justement là que le bât blesse.

C’est de croire que le freudisme et ce qu’en ont fait les épigones du bon docteur, représente le tout de la réalité de l’homme, « l’horizon indépassable » de toute anthropologie.

Et de s’être servi de cet outil (comme du marxisme) pour miner deux mille ans de civilisation ininterrompue et en revenir à une conception de l’homme qui ravirait sans doute Nabuchodonosor ou les adeptes de Baal.

Le fait que Freud ait mis en lumière l’activité de l’inconscient dans la conduite de notre existence, ne fait pas de celui-ci le « tout » de l’explication de cette existence. Bien mieux, cet inconscient lui même, peut-il se réduire à ces « pulsions refoulées » que vous évoquez plus bas, ou est-il aussi le siège d’un activité « surconsciente » (Jung, Diel) qui viendrait en quelque sorte nous tirer vers le haut, alors que le « ça » nous tirerait vers le bas ?

Nous ne pourrons décider de ces questions ici, mais je vous engage vivement à sortir de votre freudisme naïf et d’aller voir ailleurs quelle conception de l’homme nous pouvons et devons nous faire. Lisez donc « Les confessions » de saint Augustin et vous verrez que le fin fond de l’inconscient humain nous révèle une tout autre image que celle d’un animal en rut, pressé de « se libérer » de sa pulsion sur la première croupe venue.

Je vous conseille aussi de mieux vous renseigner sur les théories et le personnage de Freud. Des ouvrages comme « Mensonges freudiens », « Le livre noir de la psychanalyse » ou encore « Le crépuscule d’une idole » de Michel Onfray qui aura passé la deuxième partie de sa vie à démolier ceux qu’il vénérait dans la première (Marx et Freud….en attendant Niezstche) devraient vous aider à reconsidérer vos modèles et vos engouements.

  • Les surréalistes tentent de faire parler leurs inconscients et leurs pulsions ( car c’est en faisant apparaître ces pulsions qu’on peuxt en prendre conscience, et enfin s’en libérer).

Si nous nous cachons ces choses, nous ne les faisons pas disparaître, nous les refoulons, mais cependant, nous les conservons, et cette conservation est un danger pour l’intégriter(é) de nos personnes.

Le problème n’est pas de prendre conscience des pulsions qui animent notre nature charnelle. Il faudrait être bien naïf ou bien ignorant pour penser qu’il a fallu attendre Freud pour découvrir ce qui nous rattache au monde des passions animales. Le problème consiste, lorsque cette évidence est mise en lumière,  à savoir comment orienter et canaliser ces pulsions, comment assurer ce que vous appelez « l’intégrité des personnes ».

Et c’est là qu’intervient la vision (philosophique , morale, religieuse) que nous nous faisons de l’homme et du sens qu’il doit donner à son existence. C’est à partir des réponses que nous aurons données à ces interrogations que pourront ensuite, et seulement ensuite, être définis les concepts de sexualité, d’intégrité, de dignité, de droit et de liberté et à la juste place à leur accorder. De liberté surtout dont notre époque a complètement perdu le sens véritable en lui substituant celui d’une licence généralisée au service de ce que l’individualisme le plus radical peut revendiquer en matière d’hédonisme débridé. Bref : le contraire de la liberté, car la course au plaisir ne nous libère jamais. Au contraire, elle relance une insatisfaction permanente (lisez ce que Baudelaire nous dit du plaisir inextinguible) car le plaisir ne peut trouver sa fin en lui même. Notamment le plaisir sexuel. Il nous asservit en conditionnant toute notre activité vers une satisfaction toujours éphémère. Et nous ne sommes libres que pour autant que nous avons su le remettre à sa place. La dernière dans l’ordre de nos moyens d’épanouissement. Prenez exemple sur Don Juan et voyez quelle triste destinées est la sienne. Le film que Fellini a consacré à ce personnage dérisoire, mené par ses passions, est absolument admirable et si Mozart lui fait chanter « viva la liberta » c’est, je crois, pour mieux railler la profonde aliénation dans laquelle Don Juan est ligoté.

Comment nous étonner que les moyens qu’on vous enseigne d’accéder au bonheur, sont ceux là mêmes qui vous conduiront à la déception, au désespoir quelquefois ? Notre fin de civilisation, plus encore que la subversion et la transgression, a adopté comme mot d’ordre ultime : l’inversion : inversion des rôles, inversion des valeurs, inversion des mœurs, inversion des concepts  élaborés à travers deux mille cinq cents ans d’expérience et de réflexion.

Et vous ne revendiquez votre « liberté » qu’au moment où, sous l’influence d’un enseignement corrupteur, vous êtes sur le point de la perdre définitivement.

Bien sûr, il y a un projet là derrière, mais la question est trop vaste pour que je l’aborde ici.

  • Et c’est bien en ce sens que Guillaume Apollinaire parle du marquis de Sade: il dit de lui qu’il à(a) été l’homme le plus enfermer(è) ( car prisonnier sous quatre régimes politiques différent(s). Néanmoins il était l’homme le plus libre, car libérer(è) de ses tabou(s), le marquis de Sade pouvait écrire sans complexe !

Laissons de côté, voulez-vous, le cas de Guillaume Apollinaire, fils d’une prostituée qui ne l’a reconnu que plusieurs mois après sa naissance, et, de surcroît, l’a déclaré de « père inconnu ». Il s’agirait éventuellement d’un « client » officier italien, qui serait aussi – mais on n’en est pas sûr tant les « pères » potentiels abondent dans l’histoire de cette dame – le géniteur du frère cadet de Guillaume.

On peut alors penser qu’une certaine forme de « loyauté parentale » (concept important en psychogénéalogie) ait conduit notre poète à justifier les comportements maternels en valorisant l’érotisme et la « liberté » sexuelle qu’elle a adoptés comme règles de vie,  mais qui, en fait, se confondent ici avec la promiscuité et le mercantilisme sexuel.

On peut penser aussi que ces dispositions maternelles aient été transmises à Guillaume et qu’elles aient joué leur rôle sur la conception de l’amour et de l’érotisme du poète. Bref. Paix aux mannes de Guillaume Apollinaire.

Sans oublier cependant – et paradoxalement – qu’au plan spirituel il «  n’en demeure pas moins attaché dans plusieurs de ses poèmes à l’Eglise, à la religion catholique, à la liturgie, à la différence d’un Rimbaud iconoclaste » (cf. Marie-Françoise Béal). Une sorte de saint Augustin (fort libidineux une partie de sa vie lui aussi) au petit pied,  et qui n’aurait probablement pas apprécié le travail de corruption entrepris sur les jeunes esprits confiés à l’Effacement National.

Quant à SADE il faut être complètement « agité du bocal » pour voir dans cette traduction extrême du mépris dans lequel les pseudo-philosophes de « Lumières » tenaient la nature humaine (intéressez vous aux ouvrages de Xavier Martin) et que traduit si bien son « œuvre », un des sommets de la pensée sur la notion de « liberté ». Vous nous rappelez qu’il a été emprisonné sous quatre régimes différents (et six ou sept gouvernements si je ne me trompe pas) mais vous omettez de signaler qu’il n’est pas mort en prison mais à l’asile d’aliénés.

Je vois, pour ma part, dans son cas, la lamentable noyade d’un esprit malade, psychotique ou « possédé » (au choix) dès le départ; le drame d’une âme affrontée à son enfer intérieur, incapable de relever le défi qu’elle pose à son possesseur pour accéder à la lumière, à la sérénité, à la santé mentale et spirituelle, à la vérité des rapports humains lorsqu’ils s’émancipent de notre cruauté naturelle, lorsqu’ils se « civilisent » ;  un esprit de forcené incapable d’une prise de conscience salutaire, se retourne alors contre un ennemi extérieur imaginaire : la société (Rousseau) ; devenant ainsi le porte-étendard de tous les tarés modernes qui, pour s’accepter en tant que tarés, accusent la société de tous les maux dont ils sont pourtant les responsables pour une bonne part.

–        soit qu’ils accusent la « société » de les avoir conduits à devenir « tarés » par ses lois, ses interdits, ses règles, l’incompréhension familiale (un grand classique) bref tout ce que vous voudrez…..

–        soit, dans une autre version plus audacieuse, qu’ils l’accusent elle même d’une sorte de dégénérescence à laquelle ils auraient (miraculeusement) échappé  ce qui leur donnerait  – à eux, les sains d’esprit – toute qualité pour la dénoncer, et, subséquemment, pour se livrer à leurs petites perversions en toute bonne conscience puisque, par l’artifice de l’inversion morale et du renversement des critères, leurs jeux cruels seraient devenus innocents.

Positions en fait totalement contradictoires si on y réfléchit bien, mais vos maîtres à penser modernes, se soucient-ils encore de logique et de cohérence ? L’invective, la provocation et la sophistique composant la structure même d’une pensée moderne ou post-moderne qui, la plupart du temps, ne se soucie aucunement de vérité mais uniquement de propagande.

Le discours du loup voulant croquer l’agneau, obéit-t-il à une logique formelle ? Non. C’est un pur plaidoyer sophistique qui ne sert qu’à dissimuler la nature du crime et la méchanceté du loup.

Ceux qui vous enseignent ne sont pas différents. Quant à vous, vous semblez déjà avoir dépassé le stade de « l’agneau » et vous être délibérément rangé du côté du « loup ravisseur ». Du moins en paroles, parce-que vous êtes encore à l’âge où lorsqu’on néglige d’user de la provocation, on n’a pas grand-chose à dire.

  •  « nous ne pouvons pas laisser se développer une telle entreprise – littéralement « satanique » – sans réagir. »

Je persiste et je signe.

  • Je pense que le témoignage d’un lycéen ne doit pas vous semblez(er) futile, puisque votre indignation nous est consacrer(èe). Cependant je vais vous demander d’arretter de diffuser votre peur car celle-ci est bien trop conservatrice pour que nous puissions devenir de(s) jeunes gens libre(s) dans ce pays.

En effet, je suis très sensible à votre témoignage qui correspond si bien à mon analyse du « travail » qu’est en train d’opérer l’idéologie  socialo-libertaire (forme moderne de la malice satanique) sur l’esprit de nos jeunes.

Voilà pour le premier point.

Sachez d’autre part que rien n’est plus beau que le mot « conserver » quand il s’agit de transmettre à nos enfants les conditions qui permettent aux hommes, dans toutes les cultures dignes de ce nom, de se construire comme « êtres humains à l’image et à la ressemblance de Dieu »…..ou, tout simplement, à la hauteur de l’homme tel qu’envisagé par Platon dans son « Banquet » (si l’évocation du Christianisme vous donne des boutons). Vous pouvez aussi faire un tour du côté des Stoïciens, même si leurs positions extrêmes, très orgueilleuses, sont plus discutables. Le bouddhisme, le taoïsme pourraient aussi vous donner quelques bonnes idées sur la conduite qu’un homme vrai doit adopter.

Savoir goûter aux joies de l’amour sans sombrer dans la concupiscence ou la promiscuité, savoir jouir sans se corrompre, se donner sans se compromettre, se faire aimer sans séduire et tromper, vivre sa sexualité en la connectant toujours au cœur et à l’esprit, aimer son ou sa partenaire sans les souiller ; non comme objets de plaisir mais respecter leur inaliénable dignité humaine,  bref toujours unifier nos actes et nos comportements sur une trajectoire qui nous élève au lieu de satisfaire mille et une petites jouissances génito-glandulaires qui nous affaiblissent et nous humilient (corps et esprit) nous livrent, désarmés, dévirilisés, dépendants, à toutes les sollicitations scabreuses en entraînant nos  « partenaires »  dans cette déshumanisation dégradante, voilà ce que signifie être « conservateur ». Et je vous remercie vivement de m’avoir qualifié de la sorte.

Sachez enfin que je n’ai pas peur de grand-chose pour moi même mais que je m’inquiète beaucoup pour ceux que j’aime, pour mon pays, pour son avenir, pour sa jeunesse, car, à l’inverse de cette morale individualiste et hédoniste qu’on est en train de vous inculquer pour mieux pour pervertir, mon bonheur ne commence que là où commence celui des autres, il en est totalement solidaire. Vous prenez pour de la peur ce qui n’est qu’un témoignage de bienveillance et de sympathie.  Et d’Espérance aussi. Quand un père avertit son enfant qu’il ne doit pas traverser quand le petit bonhomme est rouge, est-ce la peur qui le motive ou l’amour qu’il porte à son fils ? Réfléchissez-y bien. Cela vous empêchera de débiter les sottises qu’on vous a fourrées dans la tête et que vous vous efforcez de présenter comme une réflexion personnelle alors qu’il est évident que vous êtes dans l’incapacité de les jauger et de les digérer.

  •  Vous avez fait mention de mai 68 en vous inscrivant dans la branche des conservateurs, je finis donc mon commentaire en faisant ècho a(à) cette période: « SADIQUES DE TOUS LES PAYS, POPULARISEZ LES LUTTES DU DIVIN MARQUIS »

Encore une fois, réfléchissez bien avant de publier une pareille profession de foi. Votre jeune âge et votre inexpérience n’excusent pas tout. D’autant que vous prétendez entrer  bientôt dans «l’âge adulte ». Il me semble qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. Vous avez une cervelle, essayez donc de vous en servir au lieu de tant vous préoccuper de vos astiquages.

Quand vous en appelez à rassembler les foules sous la bannière du « divin marquis » comme vous dites, ou vous voulez faire l’intéressant (et vous y échouez) ou vous pensez vraiment ce que vous dites.

Vous avez probablement une famille, c’est-à-dire un père et une mère, peut-être des frères et des sœurs, des grands-parents, des oncles et tantes etc. etc. Vous avez aussi des amis, du moins je vous le souhaite ; une « copine » ou un « copain » (c’est plus chébran). Essayez donc d’imaginer qu’on fasse subir à l’une de ces personnes que vous pensez aimer, le traitement que Sade fait subir à ses personnages…En un mot, allez au bout de vos raisonnements ; menez-les jusqu’à l’absurde ; et voyez s’ils résistent au moment de les confronter à la réalité de votre ressenti. Ces conseils que j’ai toujours donnés à mes étudiants amateurs de théories originales ou provocatrices, et même à mes consultant(e)s leur ont souvent été très utiles dans la conduite de leur vie.

Imaginez qu’on fasse subir à quelqu’un qui vous est très proche le traitement que Mathieu a infligé à sa condisciple du collège de Chambon sur Lignon : la battant, la torturant, la ligotant, la violant avant de la tuer et de la brûler comme un déchet inutile…

Imaginez que votre sœur ou votre petite amie (votre « ami » si vous êtes homo) tombe entre les pattes de Marc Dutroux qui, fidèle aux préceptes de Sade, l’enchaînera dans sa cave, la transformera en « viande à jouir » et, ses appétits satisfaits, la laissera mourir de faim et de soif pendant qu’il se saisira d’une proie plus fraîche.

Imaginez que, jeune et appétissant comme vous l’êtes peut-être  (du moins je le suppose) vous tombiez sur un Jeffrey Dahmer qui après vous avoir entraîné chez lui, drogué et ligoté, vous viole post mortem après vous avoir fracassé le crâne pour déguster votre cervelle ; vous dépèce avec un couteau de boucher, fait frire votre sexe et bouillir vos pieds avant de les accommoder à la sauce poulette… concervant votre tête dans son frigo – à côté de celle de votre copain peut-être – pour se constituer une collection de trophées…

Lisez donc quelques ouvrages de Stéphane Bourgoin, grand spécialiste des serial-killers qui sont au sadisme ce que la Rolls est à la Clio et voyez si votre « sadisme » militant résiste à ces descriptions.

Allez encore plus loin : imaginez le sort effroyable qui s’est abattu sur des dizaines de millions de victimes au cours des deux derniers siècles et demi, d’abord  sous la Terreur chez nous où dépeçage, anthopophagie, massacres de femmes et d’enfants, étaient monnaie courante ; puis dans les camps de la mort nazis, soviétiques, chinois, cubains, coréens, vietnamiens ; pensez que toutes ces personnes, au-delà des justifications politiques ou idéologiques, ont toutes été savamment torturées, déshumanisées, détruites et sacrifiées aux délires sadiques de leurs persécuteurs appliquant d’autant mieux les recettes du « divin marquis » (comme vous dites) qu’ils jouissaient d’une totale impunité.

Pensez aussi à ces jeunes filles (et ces jeunes garçons) qui, à l’heure même où vous exprimiez votre vénération pour Sade,  étaient enlevé(e)s, battu(e)s,  violé(e)s, transformé(e)s en esclaves sexuels, voire égorgé(e)s ou éventré(e)s pour cerains(e) récalcitrant(e)s, afin de satisfaire aux « pulsion sadiques » des abrutis de Boko Haram. Des êtres « libres » et « maîtres de leur corps »….et de lui des autres.

Est-ce là vraiment ce que vous nous conseillez lorsque vous appelez à nous rassembler sous la bannière du sadisme ? Je n’ose trop y croire et je ne sais si je dois m’affliger de votre naïveté, m’amuser de votre bêtise ou m’inquiéter de la nature perverse et dangereuse que vous nous révélez.

Essayez de penser avec votre tête et avec votre cœur au lieu de chercher à épater les « conservateurs » en reprenant à votre compte les aberrations qui vous sont enseignées par un certain personnel « éducatif » qui a depuis longtemps plongé, corps et âme, « du côté obscur de la force », c’est-à-dire du côté du mal absolu, du mal pour le mal, du mal pour le plaisir de subvertir, de souiller, de profaner. Du côté de Satan, si vous préférez, car Satan, à notre époque qui feint de l’ignorer et qui a pris mille et un visages tous aussi séduisants les uns que les autres au cours de l’Histoire, se présente aujourd’hui chez nous sous le couvert du progrès associé à la libération au grand jour de toutes les perversions sexuelles que des siècles de civilisation avaient peu à peu réussi à canaliser.

C’est un peu comme si, sur le plan du corps, après des siècles d’efforts pour éradiquer la variole, la typhoïde, la tuberculose ou la syphillis, on condamnait tout à coup toute mesure prophylactique sous prétexte de liberté. Magnifique progrès !

  • Je cite Wikipédia à la rubrique « Marquis de Sade » :

« Donatien Alphonse François de Sade, né le 2 juin 1740 et mort le 2 décembre 1814, est un homme de lettres, romancier, philosophe et homme politique français, longtemps voué à l’anathème en raison de la part accordée dans son œuvre à l’érotisme, associé à des actes impunis de violence et de cruauté (fustigations, tortures, meurtres, incestes, viols, etc.). L’expression d’un athéisme virulent est l’un des thèmes les plus récurrents de ses écrits.

Détenu sous tous les régimes politiques (monarchie, république, consulat, empire), il est resté enfermé — sur plusieurs périodes, pour des raisons et dans des conditions fort diverses — pendant vingt-sept ans sur les soixante-quatorze années que dura sa vie. Lui-même, en passionné de théâtre, écrit : « Les entractes de ma vie ont été trop longs3 ». Il meurt à l’asile d’aliénés de Charenton Saint Maurice […] Son nom est passé à la postérité sous forme de substantif. Dès 1834, le néologisme « sadisme », qui fait référence aux actes de cruauté décrits dans ses œuvres, figure dans un dictionnaire ; le mot finit par être transposé dans toutes les langues ».

(fin de citation)

Je vous le redemande : est-ce vraiment là votre idéal de vie ? Le sadisme constitue-t-il le système de valeurs sur lequel vous allez bâtir votre existence ? Avez-vous songé que lorsqu’on met le doigt (et le reste) dans cet engrenage, les satisfactions s’émoussant avec la répétition et demandant de nouvelles excitations, on aboutit systématiquement au crime ? Savez-vous, par exemple, que tous les prédateurs sexuels ont commencé leur carrière par le visionnage discret de cassettes vidéo… et ont fini par assassiner leurs victimes ?[1]

Il est temps de conclure.

Il y a quelques années, l’auteur Jean-Paul BRIGHELLI (préfacé par Bernard Lecherbonnier) publiait un virulent portrait de notre système scolaire dans son livre « La fabrique du crétin : La mort programmée de l’école« .

Il nous faut constater qu’aujourd’hui on est allé beaucoup plus loin (il est vrai qu’on n’arrête pas le progrès) : on n’essaie plus de fabriquer des crétins, on s’efforce de susciter des vocations de pervers. Il fut un temps où le système scolaire donnait à admirer à nos jeunes gens des personnages dignes d’éveiller leur admiration, leur respect, leur imagination, de faire battre leur cœur, de leur donner le goût de l’héroïsme, du désintéressement, de la générosité, du patriotisme, du sacrifice même. Que ce soit dans notre histoire, dans notre littérature, dans notre héritage religieux, scientifique, culturel en un mot, on plaçait sous leurs yeux des figures dignes de susciter leur émulation vers le beau, le bien le vrai, l’estimable, en un mot vers un idéal qui, sans nier notre condition charnelle et humaine ses ombres et ses lumières, nous poussait à cultiver les richesses de l’esprit et du cœur, à pousser vers le haut, vers la lumière.

Aujourd’hui nous avons droit, ou plutôt, on soumet nos jeunes à la culture de l’inversion, de la sodomie, du peep show, du gender, du queer (cf mon article su « la semaine Queer de Sciences Po ») de la promiscuité, et j’en passe. Au lieu de les aider à lever les yeux vers le ciel on juge plus opportun de leur mettre le nez dans les latrines, voire dans les salles de torture. Non pour les en dégoûter, ce qui pourrait constituer une forme (dangereuse) d’éducation, mais pour y établir leur demeure élective.

C’est la marque de notre temps qui est celui de la mort de notre civilisation. Et mon jeune correspondant de Terminale qui nous dispense sa pesante dissertation freudo-eluardo-sadique alors même qu’il écrit comme un ancien élève écrivait en CM1 dans l’école d’autrefois, me paraît très représentatif du « produit » culturel façonné par ce temps.

En un mot, on peut dire qu’il est en train de mourir spirituellement, mais il ne le sait pas encore, la mort par empoisonnement de l’esprit étant la plus douce qui soit, surtout quand elle se présente sous les séductions du sexe.

L’Ecervelage National aura bien mérité de l’âge sombre qui vient. Et seul Jérôme Bosch en peinture ou Dante en littérature seraient en mesure de nous représenter ce monde dans lequel nous allons entrer…..si nous ne réagissons pas très vite et chacun à la mesure de nos moyens.

LSM

PS : J’offre à mon charmant correspondant, en tête de cet article et en prime, deux illustrations qui satisferont sans doute ses aspirations les plus chères. Et encore n’ai-je choisi que les plus badines…..

 


[1] Je ne dis pas que tous les amateurs de vidéo porno deviendront des assassins, mais seulement que tous les prédateurs sexuels ont commencé par le visionnage de telles vidéos ou cassettes.

4 réponses à to “ENTRETIEN AVEC UN JEUNE « SADIQUE ».”

  • ROLLAND:

    je ne sais si c’est sur ce site ou en conversation privée que, professeur certifié de lettres classiques, j’avais dû étudier avec mes élèves de l’oeuvre encensée par ce lycéen. Je ne savais plus par quel bout la prendre pour ne pas que mes étudiants se retrouvent en difficulté s’ils « tombaient (c’est le cas de le dire) dessus le jour de l’épreuve. Moi qui avais tellement aimé Eluard à travers le recueil « Derniers poèmes d’amour »! La chute. J’ai fait ressortir, ce qui est évident aussi dans les oeuvres de Sade, que la liberté tellement encensée par Eluard, Man Ray et leur thuriféraires ne s’exerce que par la mise en esclavage, l’enfermement le plus total des autres! Peu d’êtres vivants seulement sont d’accord pour subir ce que subissent les jouets des « Mains libres » et oeuvres associées. De plus, ces poèmes-là sont abscons et m’ont paru sans intérêt par rapport à « Derniers poèmes d’amour »: « Nous venions de vivre une journée d’amour ensoleillée ». « Notre soleil nous l’embrassions ensemble ». Ce sont quelques vers qui me reviennent en mémoire. Et le magnifique et poignant « 28 Novembre 1946. Nous ne vieillirons pas ensemble. Voici le jour en trop:le temps déborde. Mon amour si léger prend le poids d’un supplice ». Je n’ai pas respecté la mise en page. Mais il aura donc fallu que cet homme, plutôt gâté par la vie, prenne en plein coeur la douleur de perdre celle qu’il aimait pour pouvoir écrire de belles choses.
    Pourquoi est-ce ce ne sont pas ces poèmes-là qui ont été choisis?

    • Et oui, nous sommes loin de Ronsard, d’Alfred de Musset ou de Marguerite Desbordes-Valmore, les latrines et la salle de torture ont peu à peu remplacé les jardins de la poésie française.
      Quoi d’étonnant quand on connaît les « orientations » de ceux qui concoctent les programmes de nos adolescents ?
      Merci pour votre témoignage

  • A. J.:

    Bonjour M. Saint Martin,

    J’ai de gros soucis avec mon fils X…. dont vous aviez analysé le thème dans son enfance. Pourriez-vous m’accorder un RV pour que l’on regarde à nouveau ce thème et que l’on puisse échanger sur sa dépendance au cannabis.. trouver des solutions,

    Avec sa mère nous sommes vraiment en soucis
    Merci à vous

    Bien amicalement

    A. J.

    • Je serai effectivement disponible [….] mais je ne suis pas sûr de pouvoir aller plus loin que je ne l’ai été dans la récente étude de la Révolution Solaire de X……..
      Le risque étant, à trop vouloir relancer l’analyse, de finir par dire, par sympathie amicale, ce que le consultant a envie d’entendre. Je crois qu’en anthropocosmologie, une certaine dose de spontanéité est nécessaire car si on ratiocine trop, on finit par se perdre dans toutes les interprétations possibles, car l’astrologie n’est pas une science expérimentale (une théorie validée ou non par des observations répétées dans un cadre d’observation précis qui parle à l’intellect classificateur) mais une « herméneutique » (mise à jour d’un sens méta-naturel caché) une prise en compte globale et totale d’une psyché vivante qui ne peut être menée que par une autre psyché vivante dans son intégralité. Ce que je nomme l’esprit en général (en le distinguant de l’Esprit, terme qui ne convient qu’à Ce qui en nous nous dépasse nous-même, le Paraclet, si vous préférez).

      Ainsi, en matière de cannabis, il y aurait sans doute quelque chose de spécifique à dire si nous étions dans une période où la chose serait extrêmement rare ou ‘anormale » car un thème natal doit se lire et se comprendre dans le cadre historique et sociétal où il apparaît. Mais ce n’est pas le cas : le cannabis est à la porte de tous nos établissements scolaires, quand ce n’est pas dans ces établissements mêmes, au croisement de chaque rue dans certains quartiers, au menu de chaque « discothèque ». Il est devenu un signe « d’émancipation » pour la jeunesse; un signe de ralliement et de contestation pour toute la classe de « bobos » soixante-huitarde et libertaire qui fait l’opinion actuellement. Et notamment dans l’Education dite nationale. C’est pourquoi certains s’emploient activement à vouloir en « libéraliser » l’usage….sans qu’ils soient automatiquement traduits en justice.
      Autant dire qu’il est devenu banal et de « consommation courante » voire recommandée pour se signaler comme esprit fort. Ce qui implique que le problème « cannabis » peut se présenter dans n’importe quelle étude de thème natal, quelles que soient les structures anthropocosmologiques considérées. Même si, je le reconnais volontiers, certaines configurations, sans correspondre stricto sensu à une tendance radicale à user de la drogue (douce ou dure, mais l’usage de la dure a toujours commencé par celui de la douce) peuvent expliquer « pourquoi » placé dans certaines circonstances, le sujet peut avoir été conduit à adopter cette solution plutôt qu’une autre. Ce qui n’est pas négligeable pour l’aider ensuite à s’en libérer.

      Mais, pour en revenir à mon idée première, le combat contre le cannabis aujourd’hui a remplacé le faux combat menée contre le tabac par nos « autorités » chez les adolescents hier, alors qu’il était (et est toujours) parfaitement autorisé et distribué dans des milliers et des milliers de boutiques et qu’il rapporte de confortables taxes à l’Etat, décideur suprême en matière de santé publique.
      A-t-on empêché nos adolescents, voire nos enfants, de fumer ? les a-t-on préservé de la pathologie tabagique ? Bien au contraire. Il n’est qu’à se souvenir de notre propre jeunesse et des conseils que nous donnaient des personnes bien intentionnées…..qui fumaient elles mêmes devant leurs enfants.
      La pression sociale actuelle, le niveau général de permissivité atteint par nos société suicidaires, est donc déterminant quand on envisage le problème de l’usage du cannabis chez un tout jeune homme.

      Alors, seuls lui échappent, ceux qui – pour une raison ou une autre – disposent des défenses morales et psychologiques les plus fortes (dans lesquelles l’éducation et le « témoignage » jouent un rôle sans doute non négligeable mais non déterminant) ou d’une aversion particulière pour ce genre de pratique auto-destructrice, grâce à une sorte de santé morale à toute épreuve
      Sur mes deux fils, l’un (35 ans) n’y a jamais touché (je ne sais même pas s’il a essayé un jour). L’autre, l’aîné, qui a toujours été une sorte d’angoissé/révolté par nature, est « tombé dans la marmite » assez jeune et, âgé de 39 ans aujourd’hui, continue à en tâter de temps à autre, même s’il a pris beaucoup de distance depuis qu’il est doublement papa. Il est vrai qu’il travaille dans un milieu artistique très jeune où il est très malvenu de critiquer une transgression quelle qu’elle soit……

      Je n’ai su que faire d’efficace quand il dépendait de moi (il a voulu voler de ses propres ailes à 18 ans) et je ne vois pas ce que je pourrais vous conseiller aujourd’hui car malheureusement, à 21 ans passés, personne n’est en mesure d’aider votre fils que lui même. Comme je le disais plus haut, il est certain qu’on peut très bien déceler ce qui, dans son thème, constitue un ou des facteurs propices à cette fuite de la réalité et nous pourrons en parler, mais de là à vous être vraiment utile à tous les deux, il y a un pas que je me garderai bien de franchir, autant par amitié que par honnêteté car je ne suis ni thaumaturge ni thérapeute.

      Il faut bien se mettre dans la tête (et Dieu sait si c’est difficile) que lorsque nos enfants ont atteint un certain âge, et même si émotionnellement ou psychologiquement ils sont toujours des adolescents attardés (souvent à cause des facilités que nous leur avons prodiguées à foison), ils sont aussi devenus par ailleurs, des adultes avec des désirs et des passions d’adultes. Et qu’ils sont, intellectuellement et légalement, libres de leurs choix.

      Ce qui veut dire qu’on ne peut rien faire pour eux qu’ils n’aient approuvé eux-mêmes….quitte à payer leurs pots cassés parce que nous les aimons et les aimerons quoi qu’ils fassent. Mais, il arrive un moment où, même payer pour eux, n’est plus possible : ils doivent affronter leurs responsabilités.
      A son âge c’est à votre fils de décider de sortir du cannabis; ce serait donc à lui de me téléphoner pour prendre un RV et essayer de comprendre un peu qui il est, qu’est-ce-qu’il porte, qu’est-ce-qu’il exprime dans l’usage du cannabis, à quelle difficulté il doit faire face pour accéder à une sagesse qui le prémunirait contre de telles pratiques. Puis, une fois qu’il aurait un peu compris quelque chose sur lui même, ce serait à lui de demander une aide éventuelle, soit à ses parents, soit à un thérapeute compétent dans ce domaine.
      J’ai mis du temps à le comprendre mais on ne peut pas aider quelqu’un qui ne le demande pas et ne s’aide pas lui-même ou faire dévier quelqu’un d’un chemin qu’il ne veut pas quitter parce qu’il le trouve agréable. Même quand il feint d’ignorer que ce chemin le conduit dans une impasse dangereuse.

      S’il n’y a pas une telle demande chez X…., à part l’enfermer dans sa chambre et lui éviter tous contacts extérieurs, je ne vois pas ce que vous pourriez faire. C’est bien sûr, impossible et, de toute façon, totalement contre-productif puisque ce serait l’empêcher d’affronter ses responsabilités donc l’infantiliser. Il est des expériences sans lesquelles il n’est pas possible de fortifier une volonté défaillante et d’amener un être à la responsabilité de se contrôler par lui-même. Et de dominer ce qui, dans le cours de sa destinée, dépend vraiment de lui et qu’il est donc en mesure d’améliorer. Quitte à se faire aider quand nécessaire, car « à l’impossible nul n’est tenu ».

      Tant que vous n’aurez pas cette demande chez X…, vous vous ferez du souci pour rien. Il faut l’écouter et l’assister, certes. Mais, dans mon esprit, c’est le contraire de l’encourager ou de lui tenir la main. Si devenir adulte c’est se plier à des règles acceptées parce qu’on les reconnaît indispensables à nous structurer moralement, socialement et spirituellement pour accéder à notre accomplissement, la meilleure assistance que nous puissions offrir à nos enfants, doit être assujettie au respect de ces règles élémentaires que, peut-être, nous n’avons pas sur leur inculquer jusque là : horaires à respecter, travail ou études à assumer, contribution aux tâches domestiques à assurer, respect envers eux mêmes et envers les autres et, bien sûr, renoncement solennel à la drogue…chacun complètera par lui même. En échange de quoi, X…obtiendre toute l’aide nécessaire.
      Il est probable que vous rencontrerez des résistances; il vous faudra tenir bon. Voire un refus total.
      Dans ce cas il faut courir le risque de le laisser se « débrouiller » tout seul : c’est à dire lui assurer l’assiette de soupe quotidienne sans laquelle il ne pourrait peut-être survivre s’il est encore incapable de subvenir à ses besoins, mais le laisser responsable de lui même pour tout le reste.
      Pour autant que je le sache, une cure de désintoxication (alcoolique ou narcotique) est organisée autour de règles intangibles et, bien sûr, très douloureuses pour le drogué qui doit s’y plier sans condition. Car c’est le seul moyen de l’amener en capacité d’affronter le réel, d’accepter la frustration, de s’appuyer sur les limites que la condition humaine lui impose pour parvenir à son plein accomplissement. Ce fameux réel auquel le drogué ou l’alcoolique tentent d’échapper en fuyant dans leur addiction.

      Nous n’en sommes certainement pas là pour X….., mais je crois que nous ne pourrez l’aider, non en le « sermonnant » d’un côté, en le « plaignant » de l’autre, mais en adoptant l’attitude de fermeté souriante et d’exigence indispensable à témoigner de certaines valeurs intangibles.
      Pour le reste, et s’il en est d’accord, le recours à un thérapeute qui partage cette façon de voir les choses, peut s’avérer précieux.

      A Mercredi soir donc, pour échanger un peu sur le thème de X……. dans les limites précisées ci-dessus.
      Bien amicalement à vous deux.

      Louis

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