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Il était quasi inévitable qu’après le concert planétaire assourdissant donné par le « Grand Orchestre Mondialiste » (qui a remplacé le « Grand Orchestre Rouge » du temps où les idiots utiles qui se comptaient par centaines au sein des élites intellectuelles et médiatiques des pays libres, relayaient la désinformation soviétique dans nos médias) nous soyons amenés à nous  pencher sur le cas de Nelson Mandela et, bien entendu, sur son thème natal puisque l’anthropocosmologie constitue l’axe constitutif de ce site.

Ainsi, dans une première partie reprendrai-je intégralement le bilan de la carrière de Mandela que nous offre Bernard LUGAN, un de nos meilleurs connaisseurs de l’Afrique mais que vous n’entendrez pas souvent sur les ondes de vos médias nationaux, ni ne verrez apparaître dans votre journal TV, ni ne pourrez lire dans les colonnes de vos journaux, tous financés par le grand capital international, multiracialiste, antiraciste, multiculturaliste, orientations obligatoires pour imposer ce Nouvel Ordre Mondial qui a déclaré la guerre aux nations, aux cultures, aux traditions, au réalités substantielles de la vie humaine, telles que la famille et la patrie par exemple, pour imposer sa tyrannie universelle niveleuse et déshumanisante; un Grand Marché Mondial d’anonymes pousseurs de caddies décervelés. 

Bernard LUGAN, comme vous le constaterez plus bas, nous annonce une biographie plus complète de Nelson MANDELA à paraître en janvier 2014 [cf. sa Note (1)]. Grâce au lien que je vous fourni ci-dessus, vous pourrez allez la consulter si vous le souhaitez.

En attendant ce premier bilan très schématique nous montre qu’entre les intentions avouées d’un homme, sa « légende » et les faits, il existe des distorsions non négligeables.

L’analyse de son thème, quant à elle, est moins destinée à nous éclairer sur son action politique et sur les choix qu’il a pu faire à un moment ou un autre de son existence, compte tenu des circonstances dans lesquelles il se trouvait placé par sa naissance, l’histoire de sa famille, sa culture d’origine, la situation de son pays, qu’à nous faire entrevoir les ressorts d’une personnalité sans nul doute exceptionnelle qui a pu se révéler à l’occasion du combat politique et qui a certainement laissé son empreinte dans l’exercice même de cette activité politique.

 

1/ Une tentative de bilan.

Né le 18 juillet 1918 dans l’ancien Transkei, mort le 5 décembre 2013, Nelson Mandela ne ressemblait pas à la pieuse image que le politiquement correct planétaire donne aujourd’hui de lui. Par delà les émois lénifiants et les hommages hypocrites, il importe de ne jamais perdre de vue les éléments suivants :

1) Aristocrate xhosa issu de la lignée royale des Thembu, Nelson Mandela n’était pas un « pauvre noir opprimé ». Eduqué à l’européenne par des missionnaires méthodistes, il commença ses études supérieures à Fort Hare, université destinée aux enfants des élites noires, avant de les achever à Witwatersrand, au Transvaal, au cœur de ce qui était alors le « pays boer ». Il s’installa ensuite comme avocat à Johannesburg.

2) Il n’était pas non plus ce gentil réformiste que la mièvrerie médiatique se plait à dépeindre en « archange de la paix » luttant pour les droits de l’homme, tel un nouveau Gandhi ou un nouveau Martin Luther King. Nelson Mandela fut en effet  et avant tout un révolutionnaire, un combattant, un militant qui mit « sa peau au bout de ses idées », n’hésitant pas à faire couler le sang des autres et à risquer le sien.

Il fut ainsi l’un des fondateurs de l’Umkonto We Sizwe, « le fer de lance de la nation », aile militaire de l’ANC, qu’il co-dirigea avec le communiste Joe Slovo, planifiant et coordonnant plus de 200 attentats et sabotages pour lesquels il fut condamné à la prison à vie.

3) Il n’était pas davantage l’homme qui permit une transmission pacifique du pouvoir de la « minorité blanche » à la « majorité noire », évitant ainsi un bain de sang à l’Afrique du Sud. La vérité est qu’il fut hissé au pouvoir par un président De Klerk appliquant à la lettre le plan de règlement global de la question de l’Afrique australe décidé par Washington. Trahissant toutes les promesses faites à son peuple, ce dernier :

– désintégra une armée sud-africaine que l’ANC n’était pas en mesure d’affronter,

– empêcha la réalisation d’un Etat multiracial décentralisé, alternative fédérale au jacobinisme marxiste et dogmatique de l’ANC,

– torpilla les négociations secrètes menées entre Thabo Mbeki et les généraux sud-africains, négociations qui portaient sur la reconnaissance par l’ANC d’un Volkstaat  en échange de l’abandon de l’option militaire par le général Viljoen [2].

4) Nelson Mandela n’a pas permis aux fontaines sud-africaines de laisser couler le lait et le miel car l’échec économique est aujourd’hui  total. Selon le Rapport Economique sur l’Afrique pour l’année 2013, rédigé par la Commission économique de l’Afrique (ONU) et l’Union africaine (en ligne), pour la période 2008-2012, l’Afrique du Sud s’est ainsi classée parmi les 5 pays « les moins performants » du continent sur la base de la croissance moyenne annuelle, devançant à peine les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland (page 29 du rapport).

Le chômage touchait selon les chiffres officiels 25,6% de la population active au second trimestre 2013, mais en réalité  environ 40% des actifs. Quant au revenu de la tranche la plus démunie de la population noire, soit plus de 40% des Sud-africains, il est aujourd’hui inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994 [3]. En 2013, près de 17 millions de Noirs sur une population de 51 millions d’habitants, ne survécurent que grâce aux aides sociales, ou Social Grant, qui leur garantit le minimum vital.

5) Nelson Mandela a également échoué politiquement car l’ANC connaît de graves tensions multiformes entre Xhosa et Zulu, entre doctrinaires post marxistes et « gestionnaires » capitalistes, entre africanistes et partisans d’une ligne « multiraciale ». Un conflit de génération oppose également la vieille garde composée de « Black Englishmen», aux jeunes loups qui prônent une « libération raciale » et la spoliation des fermiers blancs, comme au Zimbabwe.

6) Nelson Mandela n’a pas davantage pacifié l’Afrique du Sud, pays aujourd’hui livré à la loi de la jungle avec une moyenne de 43 meurtres quotidiens.

7) Nelson Mandela n’a pas apaisé les rapports inter-raciaux. Ainsi, entre 1970 et 1994, en 24 ans, alors que l’ANC était « en guerre » contre le « gouvernement blanc », une soixantaine de fermiers blancs furent tués. Depuis avril 1994, date de l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela, plus de 2000 fermiers blancs ont été massacrés dans l’indifférence la plus totale des médias européens.

8) Enfin, le mythe de la « nation arc-en-ciel » s’est brisé sur les réalités régionales et ethno-raciales, le pays étant plus divisé et plus cloisonné que jamais, phénomène qui apparaît au grand jour lors de chaque élection à l’occasion desquelles le vote est clairement « racial », les Noirs votant pour l’ANC, les Blancs et les métis pour l’Alliance démocratique.

En moins de deux décennies, Nelson Mandela, président de la République du 10 mai 1994 au 14 juin 1999, puis ses successeurs, Thabo Mbeki (1999-2008) et Jacob Zuma (depuis 2009), ont transformé un pays qui fut un temps une excroissance de l’Europe à l’extrémité australe du continent africain, en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violences, réalité en partie masquée par quelques secteurs ultraperformants, mais de plus en plus réduits,  le plus souvent dirigés par des Blancs.

Pouvait-il en être autrement  quand l’idéologie officielle repose sur ce refus du réel qu’est le mythe de la « nation arc-en-ciel » ? Ce « miroir aux alouettes » destiné à la niaiserie occidentale interdit en effet de voir que l’Afrique du Sud ne constitue pas une Nation mais une mosaïque de peuples rassemblés par le colonisateur britannique, peuples dont les références culturelles sont étrangères, et même souvent irréductibles, les unes aux autres.

Le culte planétaire quasi religieux aujourd’hui rendu à Nelson Mandela, le dithyrambe outrancier chanté par des hommes politiques opportunistes et des journalistes incultes ou formatés ne changeront rien à cette réalité.

  


 

[1] La véritable biographie de Nelson Mandela sera faite dans le prochain numéro de l’Afrique Réelle qui sera envoyé aux abonnés au début du mois de janvier 2014.

[2] Voir mes entretiens exclusifs avec les généraux Viljoen et Groenewald  publiés dans le numéro de juillet 2013 de l’Afrique réelle  www.bernard-lugan.com

[3] Institut  Stats SA 

 

MANDELA Nelson - 18.07.1918 - 14.54 -  Cape-Town - Afrique du Sud2/ Quelques aperçus sur le thème natal de Nelson MANDELA

 On tirera de l’analyse de Bernard LUGAN, les conclusions que l’on veut, mais j’ai pensé qu’il était hon de vous mettre en contact avec une autre façon de voir les choses, un autre son de cloche que celui d’une sorte d’apothéose universelle. Au demeurant vous remarquerez que si l’auteur émet des réserves justifiées sur le bilan du personnage politique, il n’attaque nullement l’homme lui-même (sauf sa nature terroriste) et reste dans une sorte de neutralité qu’on presque considérer comme de l’estime.

Pour ma part, quitte à chagriner les uns ou à conforter les autres dans leurs opinions contraires mais purement subjectives et affectives, suivant les options politiques ou idéologiques qui motivent leur avis sans même qu’ils s’en aperçoivent, je considère le thème de Nelson MANDELA comme particulièrement remarquable à plusieurs titres. J’entends par remarquable un thème qui peut révéler une personnalité harmonieuse, loyale, équitable, certainement soucieuse du Bien Commun, énergique, tenace, inflexible même, mais profondément humaine.

 

Sans reprendre chacun de ces points un  à un, je pense que la démonstration suivante les illustrera assez bien.

 

Je rapporte l’harmonie de ce thème à plusieurs configurations (pour moi) révélatrices: La relation entre le signe solaire 

  • du CANCER qui évoque, intimité, sens profond de l’unité familiale, nationale, et, au-delà, de l’unité fondamentale de la grande famille humaine

Et le signe Ascendant

  • du SAGITTAIRE qui évoque ouverture, idéal, sens de la mission, envergure, sens de l’organisation, de l’unité dans la diversité. Le signe qui fait les rassembleurs, les transmetteurs, les guides, les  éducateurs de l’humanité (comme le bon centaure Chiron dans la mythologie grecque).

Bien sûr, personne n’est jamais à la hauteur des valeurs que les grands archétypes anthropocosmologiques nous demandent d’incarner et de réaliser. Mais il est rare que nous échappions totalement  aux possibilités de dépassement de soi qu’ils impliquent, nul n’étant totalement bon ou absolument mauvais…. noir ou blanc.

Il y a donc entre le CANCER et le SAGITTAIRE une sorte de complémentarité qui permet à chacun de trouver chez l’autre ce qui lui manque et dont il rêve : l’enracinement et l’attachement aux origines du CANCER satisfait le rêve secret du SAGITTAIRE que son incessant besoin d’ouverture, son exotisme, sa  propension au mouvement, son refus des attaches et des limites, sa propension à la exagération, sa soif d’infini, finissent par déséquilibrer et décentrer complètement.

la vision élargie du SAGITTAIRE, son audace, sa facilité à s’adapter à toutes sortes de cultures, ses capacités d’assimilation, son goût du voyage, du lointain, de l' »ailleurs » venant contrebalancer les dispositions malheureuses du CANCER et qui consistent à refuser de s’ouvrir à d’autres mœurs, à la vie sociale, à la difficulté de mettre en cause ses références, ses sécurités, ses certitudes, la cage où il s’est enfermé….

Bonne combinaison donc, pour un homme qui apparaît à la fois comme porteur d’une volonté d’émancipation, de libération politique et sociale (SAGITTAIRE) et, corrélativement, à une volonté de rassemblement, d’union, de fusion des diversités multiples (culturelles, ethniques, religieuses, politiques et idéologiques) au sein d’une même nation : le CANCER.

Le choix de l’arc-en-ciel et la titre de nation « Arc-en-Ciel » étant, à mon avis, tout à fait symptomatique des illusions, des amalgames irréalistes, des pétitions de principe liées à un optimiste fallacieux qui guettent toujours le SAGITTAIRE (et dont, par exemple, ne manque pas de faire preuve le nouveau pape FRANCOIS – comme par hasard SAGITTAIRE Ascendant CANCER comme Mandela – dont la première Encyclique ne manque pas d’interroger le lecteur attentif tant elle fourmille de pétitions de principe et de contradictions irréconciliables. Mais c’est une autre histoire).

En effet, un Arc-en-Ciel n’est possible que par la décomposition de la lumière qui fait son unité et sa réalité. Il est donc contradictoire de vouloir affirmer l’unité d’une nation à travers un symbole de -composition au sens propre du terme. Ce symbole correspond bien à un aveu d’illusion et certaines informations données dans l’article de Bernard LUGAN sont – elles – sans équivoque à ce sujet. L’Afrique du Sud  n’est pas et ne sera jamais une « nation » (de naître : symbolique du CANCER) mais un ensemble de « nations » réunies sur le même sol…. peut-être pour le meilleur – je le leur souhaite du fond du coeur – mais plus  vraisemblablement pour le pire, maintenant que le principe fédérateur a disparu en la personne de Mandela et que ne subsistent que les différences qui amènent toujours les nations composites à vivre des tensions insupportables : voyez l’Irlande, le Liban, l’ex Yougoslavie, la Crête, l’Inde, l’Indonésie sans parler du peuple Kurde qui « empoisonne » Turquie, Iran, Irak, Syrie….De même en Algérie le tensions arabo-berbères, malgré l’unité religieuse (imposée aux Berbères chrétiens à l’origine) n’ont-elles jamais disparu. Quant à l’Afrique sub-saharienne elle même, outre l’Afrique du Sud, la Centrafique, le Zimbawee, le Nigeria, le Mali, l’Ouganda, le Burundi, etc, sont des exemples paradigmatiques des méfaits du métissage et du multi-ethnisme. Et je ne parle pas de ce qui attend la France si nous n’ouvrons pas les yeux assez vite.

  • Autre principe d’équilibre et d’harmonie dans ce thème : la relation entre SOLEIL/CANCER et LUNE/SCORPION.

Outre l’indication d’un psychisme équilibré favorisant réception et conception, sensation et élaboration, conformité entre le désir et la capacité à le réaliser, entre dimension subjective et dimension objective de la personnalité ou, si on préfère, entre affectivité et rationalité, etc, etc,  (révisez tout ce que vous savez sur le SOLEIL et la LUNE en anthropocosmologie) on pourrait dire que cette LUNE en SCORPION qui sensibilise à la fragilité de la vie humaine, aux dangers qui la menacent dès sa conception,  mais aussi à la volonté farouche de survivre et d’en affirmer les valeurs non négociables, alimente et vivifie le potentiel créateur du SOLEIL en CANCER qui va dans le sens de la fertilité, de la fécondité, de la créativité, de l’amour de la vie, de la famille et probablement des êtres humains, le signe du CANCER étant le signe de la maternité entre tous.

C’est probablement cet aspect qui a permis à Nelson MANDELA de s’accrocher à la vie de toutes ses forces pendant sa longue captivité de 27 ans (un cycle saturnien; je vais y revenir) à mourir à lui même en tant que rebut (LUNE en Scorpion) pour renaître à lui même en tant que père de la Nation : SOLEIL Cancer.

En écrivant cela je pense au personnage de Mazeppa qui a inspiré Byron, Hugo, Liszt, Tchaïkovski….Né dans une famille noble mais pauvre de Podolie, Ivan Stepanovitch Mazepa devient page du roi de Pologne  et s’y instruit très intelligemment. Mais il noue une liaison avec l’épouse d’un gentilhomme polonais qui, de plus, est son employeur. Le pauvre mari l’ayant surpris en flagrant délit d’adultère, il attache Mazepa entièrement nu, le corps enduit de goudron, sur le dos d’un cheval sauvage qui l’emporte au fin fond des steppes ukrainiennes.  » Là, recueilli par des paysans, il se remet de ce périple grâce à leurs bons soins. Il s’établit parmi eux, découvrant la vie guerrière de ce peuple en proie aux invasions, rapines, raids et brigandages les plus divers. Cette vie mouvementée est l’occasion rêvée pour lui de démontrer ses qualités  »  Il devient alors secrétaire puis adjudant de l’hetman Samoilowitz. Mais celui-ci perd son trône après avoir perdu son armée cosaque du fait de son incapacité. Et qui est élu alors à sa place ? Notre bon Mazeppa bien sûr. Au départ condamné à une peine infâmante et à une mort ignominieuse dévoré par les loups des steppes, Mazeppa est devenu roi.  Par son endurance, son courage, son intelligence.

Il y a quelque chose de cette destinée romantique dans le parcours de Nelson Mandela (dont le nom consonne particulièrement bien à celui de Mazeppa).

 

  • Autre pôle d’équilibre mais aussi de sagacité et de ténacité.

Le trigone que forment MERCURE et surtout SATURNE à l’Ascendant.

La conjonction Mercure/Saturne par elle même évoque souvent des qualités intellectuelles indiscutables : capacité de réflexion, de recul par rapport à aux choses et aux situations, rigueur – scientifique ou philosophique – c’est une configuration qui allie la curiosité et l’ouverture de l’intelligence (Mercure) au besoin d’approfondir pour découvrir les lois et principes qui organisent les choses.

De plus elle est située en LION et il ne faut pas chercher bien loin pour trouver derrière les qualités intellectuelles que je viens d’évoquer, les valeurs morales liées à une volonté inébranlable de rester fidèle aux principes aux choix (bons ou mauvais) qui orientent la destinée du sujet (Maison IX : celles des orientations morales, philosophiques, religieuses, politiques – en analogie avec le IXème signe, le SAGITTAIRE, qui constitue justement l’Asc.)

De plus, l’alliance Mercure/Asc/Sagittaire peut jouer comme une sorte d’harmonie MERCURE/JUPITER : aptitude à organiser, à échanger, à exploiter les circonstances et les contacts pour mettre en œuvre des solutions pratiques. Esprit, souple et habile dans sa manifestation, mais se manifestant sur un fond volontaire d’une grande  fermeté (le LION) exigeant d’aboutir, d’imposer la solution définitive.

Nul doute que ces qualités de ténacité, de fermeté, de prudence (au sens politique : adapter les moyens à la fin ultime qui est visée) de patience, voir de sagesse, qui ont joué un rôle majeur dans le parcours de Mandela, ne trouvent ici leur représentation symbolique.

 

  • J’ai parle aussi de loyauté et d’équité.

Les dispositions saturniennes que je viens d’évoquer en sont déjà assez évocatrices. Que désirer de plus et de mieux, en matière de moralité, qu’un SATURNE en Maison IX (les principes supérieurs) et en LION (exigence, noblesse, fierté) avec cependant le risque de l’orgueil sous-jacent dont le sujet aura à se déposséder (le propre d’un Saturne en Lion sur le plan psychologique étant d’arriver à dominer (Saturne) les exigences de son propre « Moi ». Nous trouverons cette position chez un autre grand orgueilleux ayant renoncé à lui même : Charles de Foucauld.

  • Quant à l’équité, elle me paraît exprimée par les rapports positifs entre SATURNE (la mesure, la maîtrise de soi mais surtout l’objectivité et l’impartialité en l’occurrence) et MARS (les désirs, les choix et initiatives personnels) dans le signe de la BALANCE dont nous savons tous qu’elle est exigence de justice.

MARS est, de plus, lié positivement à l’Ascendant (comme SATURNE) et dans le Maison XI (disons : la société dans son ensemble). C’est une manifestation de plus d’une forme de virilité morale qui ne cède pas aux caprices de la subjectivité mais subordonne l’action à la réflexion et au souci de la juste mesure. Qualités essentielles pour un avocat, non ?


Je sais que Mandela est un révolutionnaire et qu’il a organisé des attentats violents, mais je pense qu’il a pensé qu’il lui était impossible d’agir autrement dans les circonstances où il était plongé et où son action politique devait se déployer. Je ne l’excuse pas, mais j’essaie de comprendre et d’éclairer. Ce ne sera pas le premier homme politique de grande qualité humaine à avoir utilisé la violence au service d’une cause qu’il croit juste. Qu’il se trompe ou non de combat, n’entre pas en jeu ici car nous ne jugeons pas de la légitimité d’une cause (s’il y a encore possibilité de discussion à ce sujet) mais de l’accord d’un homme avec ses propres principes. Ou, plus exactement, de la capacité d’un homme à soumettre ses passions à ses principes. Il est évident que, de ce point de vue, Mandala pourrait en remontre à beaucoup, si j’en crois l’opinion générale.

 

Autre point sensible à plus d’un titre :

  • Se représente-t-on quelle rage, quel désespoir, quelle souffrance et quelle douleur s’expriment dans cette LUNE en SCORPION (menace ressentie au plus profond de soi-même, dans son existence vitale même) dont j’ai déjà parlé et qui nous renvoie certainement – au delà de ce que nous pouvons  connaître de l’itinéraire de Mandela, à des éléments transgénéalogiques que j’ignore et qu’il serait passionnant d’étudier – à la situation psychologique, morale, affective qui a été la sienne tout au long de ses 27 ans de captivité. La LUNE, étant en Maison XII : celle des emprisonnements, des exils, des hospitalisations, des internements, celle des épreuves majeures de l’existence.

Outre des informations intéressantes sur la « libido » du sujet et sur son rapport sans doute passionnel mais peu harmonieux avec des femmes (ou « la » femme de type préférentiellement « vampirisateur« ) si on en  juge par le nombre de ses épouses et par les mœurs criminelles d’au moins l’une d’entre elle (Lune – l’épouse – en Scorpion – la mort – et condamnée pour avoir fomenté un assassinat – Saturne en IX : la justice), outre ces éléments de sa vie affective et conjugale donc,  cette LUNE nous révèle Mandela dans la situation d’extrême dépendance et de fragilité dans laquelle il a dû se trouver[1] totalement démuni, mais tenant le coup grâce au carré que cette LUNE forme avec SATURNE. Configuration très dure, à la fois expressive de la plus grande frustration, du sentiment d’abandon et de déréliction la plus totale, mais, en même temps et sous le même rapport, de volonté de résistance, de capacité de « résilience » comme diraient les psys modernes. Cette configuration pourrait s’exprimer ainsi : ils ont le pouvoir de m’enfermer, de me tuer à petit feu, mais je ne céderai pas parce que je suis dans mon droit légitime.

 

  • Reste encore une configuration assez remarquable : celle qui relie dans une figure considérée comme harmonieuse (un conjonction et un trigone) JUPITER/VENUS trigone URANUS d’une part, JUPITER/PLUTON trigone URANUS d’autre part (on peut choisir un découpage différent suivant son inspiration. Pour ma part j’ai choisi de réunie ces éléments par affinités).

 

JUPITER/VENUS c’est la face souriante, populaire, aimable, humaine, voire humaniste, chaleureuse et certainement généreuse du sujet. Elle favorise les dons d’ouverture, de sociabilité, de communication. Elle est bienvenue dans une carrière publique où le paraître est aussi – et peut-être plus encore – important que l’être, car la séduction et l’art de s’adapter au discours ou à l’attente de l’autre est naturel.  Elle fait le diplomate, le négociateur né. Excellente configuration aussi pour un avocat b, d’autant qu’elle tombe dans la Maison VII celle du mariage (?) …et des procès.

 

Vénus en Gémeaux surtout est un très heureux indice de jeunesse d’esprit, quelquefois même d’espièglerie, d’humour adolescent. Une de mes anciennes élèves, distinguée professeur d’économie, avait eu l’occasion de travailler avec Raymond Barre (qui avait lui aussi une Vénus en Gémeaux) et elle me disait combien les cours du professeur Barre étaient intéressants et captivants, combien il avait l’art de faire passer ses idées en les imageant, c’est à dire en transformant les concepts en images. Elle ajoutait :  » Quand il nous parlait, on se sentait plus intelligents « .

Vous vous doutez de l’importance que doit représenter cet art de faire croire à l’autre qu’il est très ou plus intelligent dans les discussions et négociations politiques !!!

 

  • De l’autre côté nous avons une conjonction JUPITER/PLUTON.

Il me semble qu’on pourrait parler ici d’une identification réussie entre l’inconscient profond, les forces instinctives, le « vouloir » obscur qui mobilise une personnalité et la conduit à se réaliser dans un « destin  » (ce qui « nous pousse à » sans que nous le voulions vraiment) et la polarité jupitérienne qui représente la conscience sociale d’un individu, sa façon de se réaliser et de se développer dans le tissu social en y apportant (ou en y exploitant, quand la polarité est vécu négativement, c’est à dire quand elle se met au service du « moie » seul) ce qu’il a de meilleur.

Située dans le Cancer, on comprend que Mandela se soit tout naturellement identifié à une grande cause politique, nationale et sociale et qu’il ait réussi à canaliser les forces explosives (PLUTON, c’est un peu l’énergie nucléaire) cristallisées dans la lutte contre l’apartheid et, au-delà, dans la reconnaissance d’un peuple sud-africain décidé à s’émanciper (voilà URANUS) d’un pouvoir ressenti comme illégitime, car il y a toujours  quelque chose du contestataire, du réformateur, voir du « justicier » dans une personnalité JUPITER/PLUTON. Le risque étant, bien entendu, d’élever ses propres  attentes et frustrations au niveau d’une « mission » collective avec tous les risques d’arbitraire que cela comporte.

Pluton étant parfaitement « amoral » c’est donc la qualité de JUPITER qui permettra d’orienter qualitativement et moralement sa puissance corrosive de remise en question, sa faculté de faire exploser les situations devenus caduques, de détruire impitoyablement ce qui n’est plus digne de vivre et de se perpétuer : la société sud-africaine d’avant les années 90.

Nous l’avons vu JUPITER est très bien intégré dans ce thème, très valorisé qualitativement par sa présence dans le Caner (son signe d' »exaltation ») et quantitativement par sa maîtrise sur l’Ascendant. On comprend alors que la force transformatrice de PLUTON ne peut que donner le meilleur dans le contexte.

 

  • URANUS d’excellente « qualité » aussi (il est en VERSEAU son propre signe) et ne subissant aucune dissonance, est au trigone des trois compères : VENUS/JUPITER/ PLUTON : les passions ici – qu’elles soient intellectuelles, politiques ou morales – sourdent du plus profond de la conscience et présentent un caractère inflexible, une volonté d’aboutir inexorable (Uranus/Pluton). Il n’y a pas de concessions possible sur le fond. Ce qui apparaît à la pleine lumière (Uranus) en fait d’idées, de méthodes ou de mots d’ordre (Uranus) a été longuement mûri, en silence, au plus profond de l’âme.  Inflexibilité certes adoucie, au moins en apparence, par les harmonies JUPITER/VENUS que j’ai détaillées plus haut.

  • Quand au trigone JUPITER/URANUS, c’est la configuration type du leader, du guide, du conducteur de foules car il a l’art de présenter les choses, de trouver les mots, le faire briller les idées qui emporteront l’adhésion du plus grand nombre.

C’est un aspect que j’ai souvent relevé(sous réserve du reste du thème) chez les cadres doués pour la formation de leurs personnels lorsque j’intervenais en tant que conseil en recrutement.

 

Comme on le voit, à travers cette évocation sans doute trop sommaire et très subjective que j’ai tentée ici (encore que la subjectivité soit contrôlée par une certaine expérience professionnelle, bien sûr) nous avons affaire au thème d’un grand Monsieur. Et, quelles que soient les appréciations politiques que les uns ou les autres pourront porter sur son action, quelles que soient aussi mes propres, je pense que Nelson Mandela a été pleinement à la hauteur du capital que le « ciel » lui enjoignait d’exploiter et de développer et restera comme un des grands personnages du XXème siècle : un cran au-dessous de GANDHI, plusieurs crans au-dessus de M.L KING sans doute. Sans oublier un personnage un peu oublié mais, que pour ma part j’ai beaucoup admiré, je veux parler d’Anouar EL SADATE le dernier « pharaon » qui sut, malgré toutes les pressions haineuses et violentes qui s’exerçaient sur lui, tendre la main à Israël pour rétablir la paix au Moyen-Orient. Et qui le paya de sa vie.

Mais il y en a d’autres. Nous les rencontrerons peut-être en cours de chemin.

 

LSM

 

 

 

 


[1] Une LUNE en XII et en Scorpion, carré Saturne, pourrait aussi bien évoquer une naissance difficile ou une période de gestation dangereuse pour lui – que de grandes maladies dans l’enfance – qu’une mère marquée par des deuils d’enfants morts avant lui – ou encore la perte de sa mère en bas âge. Bref une situation qui est de l’ordre du manque, de la perte, du manque et de la frustration intense. Seule une étude transgénéalogique pourrait nous éclairer vraiment sur ce point. En fait je ne connais de la biographie de Mandela que ce que Lugan nous en dit dans l’article ci-dessus reproduit. Donc assez  peu de choses car je ne tenais pas à être influencé par ce que j’aurais lu ou su de lui avant de réfléchir sur son thème.

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