© Copyright 2012 CorbisCorporationL’actualité attire constamment l’attention sur des personnages dont les « exploits » – positifs ou, plus souvent, négatifs – ne méritent pas qu’on s’y attarde mais qui peuvent illustrer telle ou telle particularité antropocosmologique intéressante.

C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir cette nouvelle « Rubrique » dans mes articles, que j’ai intitulée « Esquisses et Croquis ». J’espère qu’elle pourra intéresser les amateurs d’astrologie…. et les autres…

 

CANTAT Bertrand - 05.03.1964 -05.00 - PAUC’est le cas de Bertrand CANTAT (1), ce doux poète très engagé dans la défense des « droits de l’homme » (qui se passent très bien de son aide)….y compris celui de massacrer une frêle femme à mains nues et de la laisser agoniser toute une nuit avant de songer à alerter les secours. Ou de créer une tension telle chez une autre – assortie de coups et de menaces, aux dires de certains de ses proches – qu’elle n’a trouvé d’autre issue à son angoisse que de se pendre en laissant deux enfants derrière elle, ceux là même qu’elle a eu de son éventuel persécuteur.  Beau tableau de chasse,  pour cet ombrageux « artiste engagé » n’est-il pas ?

  • Voici le thème de ce charmant garçon au regard étrange et au cœur sombre que tout le monde rêverait d’avoir pour gendre…. Il semble vouloir recommencer à chanter et à enchanter les amateurs de sensations morbides. Libre à lui puisque l’état actuel de notre dis-société favorise l »expression des transgressions les plus morbides et réprouve sévèrement les manifestations les plus généreuses. Ex le Dr Dor, vieillard presque aveugle qui s’est vu lourdement condamné pour avoir offert une paire de chaussons et une médaille religieuse à une femme qui allait avorter…..dans le temps même où casseurs, pilleurs et violeurs s’en sortent souvent avec une simple et paternelle admonestation de la part de ces juges qui se sont arrogés la tâche de « changer la société » en utilisant les canailles comme ferment révolutionnaire.

Schématiquement ce thème s’articule sur :

  • Une forte valorisation des Poissons où baigne une très agressive conjonction SOLEIL/MARS, associée à MERCURE et opposée à la conjonction « Made in mai 68« , je veux parler de la conjonction URANUS/PLUTON en Vierge. Bref, l’axe Vierge/Poissons va manifester toute la gamme de ses modalités d’expression, mais sur le mode négatif car les conflits SOLEIL/MARS/URANUS/PLUTON ne peuvent produire qu’animosité, révolte, violence, goût de la transgression, méchanceté subie ou exercée. En effet ce dispositif  particulièrement négatif et agressif est placé dans un axe de signes généralement peu offensifs. Il préfèrera donc exprimer sa nocivité à travers des comportements sournois destinés à piéger l’autre, par la manipulation mentale qui amène cet autre à se croire perpétuellement en faute, bref, toute la panoplie des relations sadomasochistes et de la cruauté mentale. Et, lorsque les choses tourneront mal pour lui, quand il aura été découvert, il n’aura aucun mal à se changer de peau et, de bourreau, à se présenter en victime incomprise.

Bref, vous reconnaissez là le portrait antropocosmologique du « pervers »‘.

D’autant que SATURNE – bien que situé à la fin du Verseau – forme une conjonction assez large avec les trois facteurs anthropocosmologiques en Poissons. Ce qui n’arrange pas les choses comme nous allons le voir.

Détaillons un peu cette configuration centrale où se reflète le psychisme du sujet.

  • La conjonction SOLEIL/MARS évoque la révolte et une agressivité (latente ou ouverte) polarisée vers l’autorité.

– Ouverte : l’agressivité consubstantielle au sujet en fait un rebelle à la violence polarisée contre  toute forme d’autorité établie, quelle qu’elle soit (les psychanalystes y verront une profonde hostilité contre un père à la fois faible et agressif).

Il a donc toujours besoin de se choisir une cible pour manifester au fond ce qui n’est qu’une forme d’infantilisme permanent qui prolonge indéfiniment la phase de « rébellion » qui se manifeste dans l’enfance et que le sujet ne réussit pas à dépasser. 

– Latente : le sujet rentre sa colère, il ronge son frein et se contente d’exercer une sorte de critique universelle contre toute forme d’autorité culturelle, morale, religieuse ou autre….hormis la sienne. Il apparaît alors comme un esprit fort, un Saint-Just de pacotille jouissant, s’il a quelque talent oratoire et surtout s’il fait « l’artiste », d’une forme de célébrité auprès des immatures comme lui. Ce qui met un baume délicieux  sur la blessure narcissique de ce « castré » ‘(pour parler comme Freud).

Il arrive même que le rapport MARS/SOLEIL s’inverse et que de censeur, revendicateur, opposant permanent, le sujet manifeste l’incomplétude fondamentale de sa construction psychique (conflit entre l’esprit et la volonté, entre la maîtrise de soi et la révolte anarchique) par l’attitude symétrique à celle que nous venons de décrire : il se fait répressif, défenseur intransigeant de l’ordre, fustige les agitateurs et opposants de tout poil….ce qui lui permet de se défendre contre ses pulsions anarchiques et de briller aux yeux de l’autorité au lieu d’entrer en conflit contre elle. Attitude de défense qui finit toujours par craquer pour laisser apparaître à un moment ou un autre, l’anarchie profonde de cette âme.

  • La présence de MERCURE à la conjonction de MARS/SOLEIL n’apporte rien de plus à ce que viens de dire sinon qu’elle souligne (dans le contexte car j’analyse toujours les positions planétaires dans le contexte précis d’un sujet donné)  la causticité, l’esprit agité et malveillant, l’intelligence critique, l’habileté intellectuelle qui permet de faire mouche, de fournir un discours adapté aux circonstances, d’attirer l’attention sur les défauts d’autrui et de passer pour un modèle d »intransigeance morale.

Et SATURNE que nous n’avons fait qu’évoquer.

Je pense que la nocivité de la combinaison vient de lui en grande partie.

  • Pourquoi ? La tâche de SATURNE est celle du « tuteur », elle évoque maîtrise et achèvement. Elle a pour rôle de soutenir l’itinéraire de croissance et de structuration qui amènera chacune de nos fonctions ou facultés à la pleine disposition disposition d’elle même.  A un bout de la chaîne, il y a l’apprenti pianiste qui tape les notes avec un doigt : c’est l’état lunaire; à l’autre bout il y a le virtuose accompli : c’est l’état saturnien (et jupitérien, mais je ne parlerai pas de cette polarité ici).

Quand SATURNE  ne peut accomplir sa tâche de tuteur, c’est à dire de construction et structuration ,

soit il empêche la fonction considérée de se réaliser, il l’étouffe (c’est le renoncement, la déprime, l’échec)

soit il ‘autorise à l’exprimer mais sur le mode régressif, chaotique, négatif.

Bien entendu tous les degrés sont possibles entre ces deux extrêmes, cela va de soi.

  • Ici SATURNE est à la fois valorisé

         par sa maîtrise sur l’Ascendant Capricorne.

      et par sa présence en Verseau, dont il est un des deux maîtres avec Uranus. Verseau entièrement intercepté d’ailleurs dans la Maison 1 du sujet. Derrière le train capricorne, se cache le train verseau.

Ce qui fait de notre sujet un « saturnien/uranien » (ou l’inverse). Ou, si on préfère, un frustré explosif

  • SATURNE et le Capricorne exacerbant les forces de répression (sur le fond versatile, puéril et cynique du Verseau souvent épris d’idéalisme illusoire) et frustrant douloureusement – par le carré qu’il exerce sur elle – les aspirations démesurées (liberté, gloire, réussite, grande vie, reconnaissance universelle, que sais-je encore ?)  d’une LUNE en Sagittaire  et au sommet du thème.

  • URANUS (conjoint PLUTON, opposé SOLEIL/MARS) réagissant, comme on l’a vu, par la révolte, la transgression, le refus de toute contrainte et de toute limite qui sont les qualités propres à quoi doivent nous préparer les valeurs Vierge/Poissons.

La fuite hors de la réalité étouffante par rapport aux attentes insatisfaites se réalisant à travers l’alcool et la drogue si mes informations sont exactes. Ce qui n’est pas étonnant chez un « Poissons » aussi dissonant et « bénéficiant » en plus d’un trigone SOLEIL/NEPTUNE fort propice à l’évasion et à l’invention d’un monde taillé à ses mesures, Par l’art – notamment la musique – certes, puisque notre sujet est auteur, compositeur et chanteur,  mais aussi par des méthodes plus radicales et plus artificielles.

Conflit entre deux tendances – le contrôle, la répression d’une part, la démesure, l’impatience, la colère, l’insubordination d’autre part – qui ne pouvait aboutir qu’à des catastrophes.

Vous remarquez au passage, si vous êtes épris des théories freudiennes concernant « l’oediqpe » combien les valeurs dites paternelles (SOLEIL/SATURNE/URANUS) sont associées à la colère et à la révolte et combien les valeurs dites maternelles (LUNE/VENUS/JUPITER en partie) sont liées à la frustration, à une attente insatisfaite..et donc à la colère aussi.

  • Revenons sur LUNE et VENUS qui sont les deux symboles féminins par excellence et qui expriment (en tant que « anima » cher à Jung) les rapports que le sujet entretient avec l’autre sexe (en fonction d’une histoire personnelle et familiale qui constitue les causes originelles du thème mais que nous n’envisagerons pas ici).

Si vous observez bien le thème, vous vous apercevez qu’elles obéissent au même schéma : avidité/inhibition – passion/frustration – enthousiasme/désespoir, que les schémas plus généraux déjà exposés.

  • Constatez que chacun de ces deux symboles féminins est rejeté par les valeurs saturniennes du thème et évoquent très évidemment le manque et son corollaire : l’avidité.

  • LUNE est carré de SATURNE dans un signe saturnien, cérébral, se voulant étranger aux passions et fort peu porté à la tendresse et aux câlins : la mère de Bertrand était institutrice. Ceci explique-t-il cela ? Je ne sais. Mais l’accent ici porte plus sur les préoccupations intellectuelles que sur la libre expression de l’affectivité.

  • VENUS, associée à JUPITER, est, elle, au carré de l’Ascendant Capricorne ! Autrement dit les valeurs émotionnelles et affectives de VENUS poussées à leur incandescence par sa présence dans le signe hyper instinctif, impatient, conquérant du Bélier (l’amour à la hussarde, l’appétit de conquête, la violence irrépressibles des affects, le refus absolu de se heurter à un refus…) et par sa conjonction à JUPITER qui en développe à l’infini les besoins affectifs, sensuels, amoureux, l’appétit de plaisir et de jouissance.

Bref, sur le plan qui nous occupe – le rapport aux femmes – il y a dans cette conjonction une demande excessive, une sorte d’ubris qui ne pouvait qu »attirer les pires déconvenues puisque l’immodération infantile de la demande se heurte au mur d’airain de l’Ascendant Capricorne.

C’est ainsi que le besoin se transforme en avidité, l’avidité en frustration permanente (une soif de toujours plus) et la frustration en épisodes de colère « jupitérienne » c’est à dire aveugle et destructrice.

En fait – sur le plan strictement technique – VENUS associée à JUPITER dans un signe de Feu (Bélier) et se heurtant à l’Asc  Capricorne, nous redit quasiment la même chose que la LUNE dans le signe du SAGITTAIRE (signe jupitérien, de Feu lui aussi) bloquée par SATURNE, maître du Capricorne et du Verseau.

Une personnalité déséquilibrée, inquiète, instable, excessive, habitée de désirs exaltés que son éducation ne l’a pas préparé à élaborer et à intégrer – soit par rigidité et incompréhension excessives, soit par impuissance…il y a sans doute les deux – d’où l’incapacité à leur résister liée à ce manque de maîtrise, à cette immaturité aboutissant à une tendance mégalomaniaque pouvant aisément tourner à la déprime et au désespoir…ou à la violence et la colère, autre façon – bipolaire – de gérer le conflit.

L’échappatoire du thème résidant dans ces excès mêmes qui peuvent s’exprimer à travers une activité de « représentation » : VENUS/JUPITER au carré de l’Asc = étalement de la personnalité, goût du spectacle, histrionisme, d’où le spectacle, la scène, le chant. C’est ainsi que frustration, mélancolie, révolte, colère, refus des limites et des contraintes, désespoir « métaphysique », goût secret de la violence, de la transgression, fascination pour le sadisme, pourront s’exprimer sur le mode poétique. On comprend mieux pourquoi le sujet et son groupe se révèlent et se cachent tout à la fois sous le patronage de ces « Noirs Désirs » qui ont coûté la vie à une jeune femme un soir d’été et ont conduit une autre au suicide.

Nous ne pouvons porter un jugement moral sur une telle personnalité.

C’est simplement quelqu’un dont il faut se garder au maximum car sa nature profonde consistera toujours à balancer entre deux attitudes complémentaires :

  • se détruire par incapacité à vivre l’amour sans la violence et la destruction, probablement par incapacité à s’unifier intérieurement, à s’accepter, à accepter ses propres limites et à s’aimer soi-même.

  • détruire l’autre, de façon subtile ou violente, sournoise ou brutale, parce que tout objet d »amour est immanquablement associé à la frustration, au désespoir, à l’échec et, en définitive, à la mort.

Le sujet aime-t-il les femmes comme ce personnage de l' »Aiglon » aime les papillons : épinglés sur une planche de liège jusqu’à ce que mort s’ensuive pour mieux les garder toutes à lui ? Sauf qu’une partie de lui même éprouverait une aussi grande attirance à jouer le rôle du papillon s’il tombait sur la partenaire adéquate. Il est encore relativement jeune, il ne faut pas désespérer.

 

Venons en maintenant à la victime de ce triste héros aux passions morbides.

TRINTIGNANT Marie - 21.01.1962 - 13.00 - Boulogne-Billancourt

Marie TRINTIGNANT (2).

Née dans un milieu d’artistes – libertaro-libertaires comme il se doit quand on est « artiste » en France, sauf de très remarquables et quasi introuvables exceptions – la vue de son thème n’indique aucunement une atmosphère familiale semblable à celle de son exécuteur.

On y sentirait plutôt la chaude atmosphère du relativisme moral qui encourage les valeurs axées sur la satisfaction des désirs subjectifs et exaltés, sur l’absolue liberté amoureuse et sexuelle,  rebaptisés en « sincérités » ou « authenticités » successives : la morale naturelle (fi, quel vilain mot) s’effaçant derrière « l’éthique individuelle » qui vous a une de ses allures !….tout en vous permettant de faire n’importe quoi et de causer le maximum de dégâts possibles.

  • Bref, là où nous trouvions chez BC une conjonction SOLEIL/MARS en Poissons (violence anarchique sur aspiration à la fusion océanique) nous trouvons une conjonction SOLEIL/VENUS à l’intersection Capricorne/Verseau : sociabilité, narcissisme, séduction, charme, parfaitement assumés et conduits avec sûreté et maîtrise  vers leur satisfaction maximum.

 

  • C’est le rôle de SATURNE qui ici joue tout à fait le même rôle que chez Cantat mais dans un contexte rigoureusement symétrique : celui de la recherche de plaisir et des satisfactions personnelles maximum. Le point commune étant que ne pouvant maîtriser la tendance, il la libère sur le mode propre à certains valeurs Verseau où il se trouve : liberté, indépendance, hétérodoxie, rejet des convenances, anticonformisme, goût de la provocation, etc…..

Ce qui nous donne effectivement une tendance artistique prononcée orientée vers le goût du spectacle, du théâtre, de briller, de focaliser l’attention sur soi. Sans parle du plaisir de se faire plaisir.

 Pourquoi ?

Parce que l’élément principal dans cette combinaison est constitué par VENUS :

  • elle est angulaire au MC

  • elle est conjointe au SOLEIL et s’identifie à ses valeurs égotistes, autocentrées, autoréférentielles…

  • elle est maîtresse de l’Ascendant Taureau (égocentrique, jouisseur, sensuel, possessif, hédoniste…toujours dans le contexte).

Vous remarquerez aussi qu’elle est encore en Capricorne et pas encore tout à fait en Verseau. Elle combine donc les valeurs des deux signes :

Derrière la sociabilité, le charme, le sourire, on pourrait bien trouver de la sécheresse, une sensibilité et une tête froides, celles du Capricorne, ainsi que son introversion, son désir de tout maîtriser et de tout régenter (identification au SOLEIL, son refus de grandir (je vais y revenir) sa difficulté à exprimer ses sentiments profonds. Un vrai petit tyran sous les boucles de la charmante personne.

Et, du côté Verseau, nous pourrions bien trouver, à côté du charme, de la grâce, de la jeunesse d’esprit (expression élégante pour exprimer l’irresponsabilité quelquefois), une tendance à cérébraliser les instincts plus qu’à vivre l’amour passion, la recherche d’une communion d’idées plus portée à l’amitié libre qu’aux entraves de l’union passionnelle et exclusive. En tout cas on peut évoquer l’hypothèse d’une orientation vers l’union libre, le rejet des contraintes sociales et conjugales, la liberté individuelle des deux partenaires élevée au rang de loi exclusive…..

 

  • La conjonction MERCURE/JUPITER située en Maison X et toujours en Verseau, fait les grands communicateurs, propagateurs, diffuseurs (acteurs, vendeurs, publicistes, politiques) et favorise l’aptitude à la négociation, la diplomatie, bref l’intelligence pratique qui porte à réussir dans la société en en maîtrisant tous les codes (on retrouver cette conjonction chez Brigitte Bardot mais en Balance et non en Verseau). Cette configuration ne pouvait qu’accentuer cette tendance naturelle chez le sujet à créer autour d’elle le climat propice à sa réussite (l’ambition est manifeste dans le thème : voyez la charge sur le MC) et la capacité à faire tourner les choses au mieux de ses désirs et intérêts, voire de ses fantaisies d’artiste, à se créer des soutiens et des amitiés favorables à ses projets.

Surtout si on constate que, comme pour BC mais d’une autre façon, nous avons une sorte de double Ascendant : celui-ci tombe bien en Taureau (dont j’ai déjà parlé) mais tout à la fin du signe et une large partie des Gémeaux occupe la Maison 1. Derrière la ténacité et la capacité du Taureau à agir en fonction des ses intérêts propres, il y a la jeunesse, la fantaisie, l’intelligence mais aussi l’instabilité et la division des Gémeaux. Ce qui renforce le rôle de MERCURE – entregent, habileté, adaptabilité, ductilité peut-être excessive des idées et des émotions – dans le secteur de la carrière.

D’autant que cette configuration (ainsi que le Soleil et Saturne angulaires) évoquent le prestige et le succès rencontrés dans sa propre famille dès la naissance  :

  • père acteur de premier plan, ancien jeune premier troublant de charme et de sensualité, avec un côté sombre et quelquefois un peu inquiétant….retrouvés chez BC, qui ne manque pas de charme « troublant » non plus ?

  • mère cinéaste reconnue aussi, très « libérale » et « progressiste » comme son mari sans doute…

  • sans parler du grand-tonton je crois, coureur automobile célèbre, et j’en passe…

Certainement un contexte familial et une ambiance à l’opposé de ceux qu’a connus BT. Une importance donnée à sa petite personne, qu’il n’a sans doute jamais connue mais qu’il a secrètement et douloureusement attendue, lui l’écorché vif entra papa militaire (service/service) et maman institutrice (qui – paraît-il – savent rarement sortir de leur rôle et se laisser aller avec leurs propres enfants. Qu’en est-il vraiment ? Je n’en sais rien).

Donc tout est réuni à la naissance de Marie pour favoriser une brillante carrière d’artiste. Et cela même si les qualités intrinsèques du sujet n’étaient pas à la hauteur…..ce dont je ne saurais juger concernant MT, car je ne crois pas l’avoir jamais vue jouer !

Et surtout de quoi fabriquer une délicieuse mais horripilante enfant gâtée qui croit qu’elle est née pour que le monde tourne autour de son nombril et pour exercer sa tyrannie, souriante et empressée sans doute, sur ses proches.

 

C’est là qu’intervient la LUNE dans le thème.

  • Elle est en Lion : donc déjà fort inflationniste en ce qui concerne l’affirmation de l’égo, sa revendication à régner, briller, imposer sa volonté, mobiliser l’attention de tous, se mettre en scène, jouer la grande scène du IV, etc….

  • Cette LUNE est (par « exaltation ») second maître de l’Ascendant Taureau : les désirs individuels, les attentes, les caprices, seront d’autant plus forts.

  • Elle est opposée à tout l’amas au MC (SOLEIL, VENUS, SATURNE) et tente de mettre leur énergie au service de ses propres attentes.

Qu’est ce que cette forte valorisation peut bien signifier dans ce contexte ?

Cela me paraît simple.

Auprès de deux si brillants parents, Marie, au lieu de développer ses astralités vers un développement plus-que-personnel, c’est à dire de les mettre au service d’un but qui la dépasse elle même (comme nous devons tous le faire à quelque niveau que nous nous situions) a dû, pour exister, pour prendre sa place, les utiliser à attirer sur elle, l’attention d’un père et d’une mère sans doute trop occupés de leur réussite personnelle et de leurs propres besoins de reconnaissance, de succès, de représentation.  Ceux qui ont vu jouer « Sonate d’Automne » d’Ingmar Bergman, comprendront aisément ce que j’essaie de suggérer ici.

Cet effort est d’autant plus intense et mobilisateur qu’il apparaît clairement combien son père constitue à la fois un pôle de fascination amoureuse (SOLEIL/VENUS culminants) mais interdit bien sûr (SATURNE)

Nous pourrions ajouter à l’interprétation de cette LUNE très puissante dans le thème, les dissonances qu’elle forme

  • avec SATURNE : sentiment de frustration, de séparation, d’abandon et d’échec que doivent ressentir beaucoup d’enfants d’acteurs  ou de personnalités connues, médiatiques, fort occupées d’elles mêmes

  • avec JUPITER et NEPTUNE qui constituent, (dans le contexte toujours), une voie de surcompensation :

– désir de prendre le plus de place possible, d’exister  socialement, avec JUPITER. Un aspect « les yeux plus grands que le ventre »…

– fuite dans l’imaginaire, rêve d’une fusion totale et impossible (NEPTUNE en Scorpion) rejet de la réalité, instinct de toute puissance, suppléant frustrations et déceptions qu’éprouvent tous ceux qui souffrent de l’exaltation de leurs désirs irréalistes, c’est à dire non adaptés à leurs propres possibilités et à la vie. Ce qui les amène à dédaignent les joies que la vie leur offre et qu’ils ne savent pas apprécier.

  •  Probablement pour compenser l’inaccessibilité de ce père absent, séduisant et tellement admiré, MT s’est mariée 4 fois. Ce qui veut dire qu’elle s’est toujours refusée et n’a jamais pu se donner, étant entièrement fidèle à un amour inaccessible.

  • Elle a eu 4 enfants de ces différents pères dont elle a divorcé quand le feu de la passion et de l’exaltation imaginative prises pour de l’amour, s’est éteint. « Maris » aléatroires qui sont donc devenus des pères absents et inaccessibles pour ses propres enfants. Ce qui lui a permis d’occuper toute la place auprès d’eux.

Un comportement d’actrice que j’ai découvert dans un article qui lui était consacré et qui m’a fort troublé illustrera les hypothèses émises ci-dessus.

  • Lorsque MT doit faire une tournée théâtrale, dans laquelle elle aura à dire des poèmes amoureux en duo avec un autre acteur, quasiment bouche à bouche, qui choisira-t-elle comme partenaire ?

Son propre père.

  • Quand, au moment de sa mort, elle tourne une série de quatre (je crois) épisodes sur la vie de Colette (égérie de toutes les femmes « libérées » et/ou « bisexuelles ») qui choisira-t-elle pour incarner le jeune amant de ce grand écrivain ?

Un jeune acteur du conservatoire ? Bien sûr que non :

son propre fils !

Troublants ce flirt avec la transgression et la perversion. Ce mimétisme des moeurs de bonobo déguisés en choix artistiques « ouverts ». Non ?

Bref. Tout ceci doit nous aider à mieux comprendre peut-être, le drame qui s’est noué entre MT et BC.

  • L’un désespère de jamais vivre cette communion amoureuse intense et exclusive (nature osmotique des Poissons, dimension quasi religieuse du rapport amoureux, violence des désirs = VENUS/JUPITER en Bélier – démesure des aspirations égotiques = LUNE en Sagittaire) sans s’apercevoir qu’il fait tout pour mener ses propres désirs à l’échec par la présence contradictoire d’une agressivité essentielle et perverse qui clive sa personnalité et le conduit à n’aimer que ce qu’il peut détruire ou à détruire ce qu’il croit aimer et qu’il exprime si bien par le choix de ses « Noirs Désirs ».

  • L’autre séduit, charme, ensorcelle, épouse même….mais n’aime qu’elle et – probablement – son père en tant qu’il est objet de célébrité pour elle. Elle ne peut qu’exacerber le sentiment de frustration éventuel des hommes qui partagent sa vie; d’autant qu’elle se veut femme libre de ses propres choix, indépendante, « progressiste » quoi……. verbiage habituel pour justifier le contenu de la seule configuration dont je n’ai pas encore parlé :

  • L’opposition LUNE/VENUS. Celle qu’on associé à la frivolité, la coquetterie, l’instabilité émotionnelle et affective et qui renforce l’égoïsme (« un amour qui commence et finit à soi même » affirme un fin analyste de ma connaissance). Celle qui prétend tout sacrifier pour se consacrer à son art par exemple, et qui ne supporte pas l’amour au quotidien qui finit toujours par se montrer fastidieux, décevant, prosaïque, avec toutes les complications qu’on devine, car il s’oppose aux caprices de petite fille gâtée éprise de merveilleux, évoquée par cette Lune très puissante.

Nous ne sommes sans doute pas dans le rapport Frollo/Esmeralda ni même dans celui qui réunit (pour le meilleur et le pire) Golaud et Mélisande, car aussi bien Esmeralda que Mélisande, apparaissent comme des jeunes femmes saines et loyales, sincèrement éprises mais dépassées par les passions qu’elles déclenchent sans les encourager.
Ici nous sommes dans le conflit de deux formes de perversité (je précise que je prends le mot uniquement dans le sens psychologique et non moral) qui s’attirent pour mieux se détruire l’une l’autre

Chacun des deux protagonistes a joué sa partie dans cette tragédie qui devait coûter la vie à l’un, le désespoir et la déshonneur à l’autre. On raconte que la colère de BC a été déclenchée (après une soirée copieusement arrosée…..voire plus….) par une conversation que MT prolongeait complaisamment depuis une heure au téléphone avec son 4ème mari ! De quoi faire voir rouge à l’ombrageux amant, éternel mal-aimé, qui de Poissons osmotique s’est mué en requin agressif dans un de ces retournements brutaux dont les faibles et les castrés (au sen psychologique, là encore) ont le secret.

Cela n’excuse, ni ne justifie, ni ne légitime en aucune façon la brutale et ignoble agression dont MT est morte en laissant quatre enfants derrière elle et des montagnes de désespoir et de tristesse dans sa famille.

Mais ce comportement provocateur, dans le contexte que nous avons essayé de décrypter, ne peut-il jeter sur cette tragédie une certaine lueur ???

On pourrait aussi penser à Carmen, à laquelle je consacrerai une étude quelque jour. Ou  du moins à son créateur, Georges Bizet qui, à partir d’astralités très différentes, a conçu le portrait d’une femme, soit-disant libérée, qui s’efforcera pendant trois actes, par ses séductions  et ses provocations successives, à armer la main de l’homme qu’elle a détruit – socialement, moralement, affectivement et, bien entendu, sexuellement – du couteau dont il va l’éventrer.

La vie de chacun est ainsi détruite, mais n’était ce pas le but recherché dès le départ ?

 

LSM


(1) Né le 5 mars 1964 – 05.00 – Pau (64)
(2) Née le 21 janvier 1962 – 13 – Boulogne-Billancourt

 

8 réponses à to “Les « NOIRS DELIRES » de Bertrand CANTAT et Marie TRINTIGNANT : une histoire emblématique de notre dis-société moderne :”

  • Janine:

    Bonjour, C’est ainsi que je les ai toujours sentis l’un et l’autres.
    Excellente analyse.
    Bien à vous

  • TARTARIN Jocelyne:

    Bonjour,
    Je « tombe » sur votre analyse de l’affaire Trintignant-Cantat.
    Merci d’oser dire -écrire- la réalité des faits, que seuls les astrologues sont aptes à appréhender.
    Alors que tous les moutons (médias, etc.) ont choisi leur camp : Cantat est le méchant ; et les Trintignant des anges.
    On sait bien que l’aveuglement, l’incapacité d’analyser une situation, qui rend ignorants et handicapent ceux qui croient savoir, nuisent au sens critique et à la lucidité. Et abrutissent la plupart.
    Quand on a entendu J.L Trintignant lisant les Poèmes à Lou avec sa fille Marie, on comprend bien la perversité de ce milieu familial (et prof.) ; fixée à ce père manquant et frustrant, elle était incapable d’aimer un homme. et à chaque fois, le lui reprochait.
    Bref, je n’aurais pas osé écrire ce que vous avez osé. Mais c’est la réalité.
    Salutations,
    Une astrologue.

    • Je vous remercie bien vivement pour ce commentaire lié à un article que j’ai écrit il y a un certain temps et qui m’était sorti de la mémoire.
      Votre analyse du microcosme profondément déviant dans lequel évoluaient tant Marie Trintignant que Cantat est profondément juste. Hélas c’est l’univers de toute la classe médiatico-culturelle qui a pris le pouvoir dans notre pays, lui impose ses mots d’ordre et le défigure. Un univers de bonobos décervelé. Tout cela ne durera qu’un temps j’espère.
      Merci encore et bien à vous

      LSM

  • cerisecerise69:

    Une précision sans doute intéressante : les Trintignant ont aussi perdu une fille, âgée de quelques mois, retrouvée morte dans son berceau, alors que l’aînée Marie avait 7 ans. Mort subite du nourrisson. Trintignant dit alors à son épouse « soit on se suicide, soit on vit pour Marie ». 3 ans plus tard naîtra un fils, Vincent.

    • C’est une famille très éprouvée et je ne saurais dire combien je compatis à la perte d’un enfant, même âgé de 40 ans je crois, dans des circonstances aussi monstrueuses que celle que Maris a rencontrées sous la main d’un crétin alcoolique et drogué qui croit avoir encore le droit de venir pousser ses chansonnettes insanes.
      Mais, pour autant, on ne saurait séparer le destin de Marie d’un certain type d’éducation laxiste et relativiste et du type de comportement irresponsable dans la vie qui s’est ensuivi – orienté vers le seul plaisir immédiat et la « sincérité » du moment.
      Irresponsable et plus ou moins dépravée, Marie a trouvé plus irresponsable (4 maris, 4 enfants, attitude incestuelle avec son père) et plus déjanté qu’elle en la personne de ce Bernard (marié 2 enfants) qui lui a été fatal.
      Deux vies brisées avec leur lot de dégâts collatéraux pour leurs proches, rançon de l’hédonisme moderne qui, dans le cas, de Bernard et de ses « noirs désirs » relève vraiment du malin.

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