-Voici déjà la lettre de février. Les jours passent vite et, malgré ma bonne volonté, ne me permettent pas de traiter tous les sujets que je voudrais aborder : qu’ils soient purement inspirés par la pratique de l’AnthropoCosmologie ou qu’ils me soient imposés par l’actualité. En effet, en la période parfaitement troublée et malsaine dans laquelle nous sommes entrés et qui risque de voir progressivement disparaître les valeurs auxquelles tiennent encore certain(e)s de ceux qui me lisent (les autres peuvent toujours lire autre chose si mes propos les attristent) je ne pense pas qu’on puisse se contenter de cultiver les fleurs d’une connaissance intellectuelle gratuite, déconnectée des questions cruciales qui se posent à tout(e) citoyen(ne) soucieux de l’avenir de son pays, de ses enfants et de sa culture.

C’est pourquoi j’essaie toujours – tout en mobilisant au maximum le regard distancié que l’AnthropoCosmologie peut nous offrir sur les choses – de rester en contact avec le concret et l’actuel.

Certes, je respecte une certaine philosophie de l’existence, de la politique et de la vie sociale. Elle est marquée par des expériences qui ont orienté mes choix et valeurs personnels, et je pense que cela se remarque très vite (JJJ). Je ne prétends donc absolument pas à la neutralité ou à une objectivité d’entomologiste qui sont des qualités qu’i n’existent que dans l’idéal et ne s’exercent nulle part. Et surtout pas dans les sciences où les présupposés personnels et idéologiques conduisent à traiter les faits de manière d’autant plus dangereuse et insidieuse qu’ils ne sont jamais évoqués ni interrogés quand on examine les théories à la mode.

Mes points d’appui sont simples : ce sont (dans la mesure de mes moyens) la recherche sincère du vrai, la prise en compte rationnelle et raisonnable des difficultés de l’existence, la promotion des solutions saines et respectueuses de tout ce qui favorise l’expression ce que l’être humain a de plus estimable, de plus digne. De ces dons et talents de l’usage desquels il devra rendre compte un jour en tant que façonné « à l’image et à la ressemblance de Dieu » : son intelligence et sa volonté.  Ou son cœur et son esprit si on préfère.

Le corps n’étant pas oublié ou  nié mais reconnu à sa juste place qui est sans doute première dans l’ordre biologique mais dernière dans l’ordre ontologique et spirituel. Lorsqu’on évoque corps, âme, esprit en accord avec la tripartition des cultures traditionnelles on ne fait que souligner un lien olarchique[1] dont notre corps rend compte de manière aveuglante : le sexe et le ventre (vie sexuelle et nutritionnelle sans laquelle il ne peut y avoir de corps) sont placés au-dessous du cœur (qui évoque la vie affective, émotionnelle, relationnelle et le sens des valeurs) lui même placé au-dessous du cerveau (intelligence, esprit, illumination, sens).

Nos élites politiques, morales, intellectuelles se targuant de « progressistes », l’orientation de plus en plus hédoniste de notre pseudo-culture matérialiste, consumériste et mercantiliste, prétendant nous libérer, nous ont émancipés des nécessités du cœur et de l’esprit. Mais, ce faisant, ils  ont livrés la multitude, pieds et poings liés, à l’esclavage du corps,  à ses appétits, à ses dérives, à ses tyrannies.

Jusqu’à effacer une de ses dimensions essentielles, la différence sexuelle qui fondait de manière fondamentale le rôle irremplaçable de la femme et de l’homme dans la fondation de la famille et de la société et dans le don de la vie.

On ne peut mieux illustrer à quoi aboutit un travail de décervelage c’est à dire de dé-spiritualisation : privé des orientations d’une saine discrimination affective et émotionnelle elle même privée du souffle anoblissant de l’Esprit, le corps se réduit à

un dispositif aveugle mû par des désirs et des  besoins indifférenciés : consommer, jouir aveuglément et sans discernement. Aujourd’hui c’est la différenciation sexuelle qui va disparaître de ce qui devrait garantir une vie sociale et sociétale saine : la législation qui fixe la nature du mariage. Demain on peut penser que de proche en proche l’aveuglement moral (cœur) et spirituel (esprit) nous conduira à inscrire dans nos lois la reconnaissance des manifestations les plus animales sous  la rubrique des « avancées » de l’humanité. Car une valeur niée et refoulée ne disparaît pas : elle pourrit et se transforme en son contraire et, en lieu et place d’une princesse de Clèves ou d’un saint Valentin comme modèles culturel de l’amour sublimé en Occident, nous offrirons peut-être à nos enfants, un  nouveau culte où les autels seront dressés à un(e) travesti(e) prostitué(e), tout aussi dévoré(e) d’amour que ses illustres devanciers, mais dont l’agonie n’aura rien à voire avec l’extase sublime du feu divin, et devra tout à la bienheureuse alliance de tréponèmes et de virus VIH tendrement pacsés.

Bonne lecture à toutes et à tous.


[1] L’Olarchie, comme on le découvre notamment en Ennéagramme, n’est pas une hiérarchie classique mais un ensemble dans lequel il n’y a pas de subordination mais la présence d’un lien qui « transcende et inclut ». Un lien qui ne nie pas le niveau inférieur mais l’intègre et l’inclut au niveau supérieur. Ainsi, un niveau ne peut pas exister sans le niveau inférieur ou précédent, mais pas l’inverse. Dans la tripartition traditionnelle on peut concevoir un corps sans cœur et sans esprit (un cadavre, en fait) mais certainement pas une âme et un esprit déliés du corps où ils se réalisent (du moins pas dans notre monde humain, terrestre). L’esprit présuppose l’âme dans laquelle il pourra « souffler » et celle-ci présuppose le corps où elle s’est incarnée et qu’elle devra animer….

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