© Copyright 2009 Corbis CorporationUne première observation s’impose : la fin du monde n’a pas eu lieu le 21 décembre 2012. Nous sommes donc toujours là, « bon pied bon œil« . Il fallait s’y attendre.

Sommes-nous tirés d’affaire pour autant ?

J’en doute….et il va falloir s’accrocher aux branches.

Avant de procéder à cette tentative de décryptage des grands mouvements planétaires qui pourraient accompagner symboliquement les destinées de notre pays d’une part et de vous proposer un petit résumé signe par signe d’autre part, je voudrais vous offrir un aperçu de deux visions prospectives de qualité.

Deux sources d’information – choisies entre tant d’autres qui ne peuvent toutes figurer dans cet article limité – qui nous incitent à fuir toute tentation de nous abandonner à quelque forme d’optimisme béat.

  • La première de ces sources est constituée par l’ouvrage que Frédéric Lenoir vient de publier sous le titre « La guérison du monde »  aux éditions Fayard.

  • La deuxième est constituée par l’analyse d’Astrologie Mondiale que mon collègue et ami Charles Ridoux – spécialiste dont la réputation dépasse largement nos frontières – vient de publier sur son site dont je vous indique le « lien » sur ma page d’accueil et que je vous invite à consulter attentivement.

  • L’analyse de Frédéric Lenoir s’appuie plus sur des données scientifiques pour aboutir à des considérations d’ordre philosophique.

  • Celle de Charles Ridoux s’appuie essentiellement sur des analyses antropocosmologiques fouillées avec nombreuses cartes du ciel (que je ne reproduirai pas ici vous laissant l’opportunité de les retrouver sur son site) et aboutit à des hypothèses d’ordre géopolitique.

Commençons par Frédéric Lenoir.

  • Parler de guérison c’est forcément évoquer la maladie en contrepoint. Logique, non ?

Que le monde ait toujours été malade, qu’il ait « chuté » de sa perfection originelle, c’est là une des vérités premières admises par toutes les philosophies et toutes les religions. C’est même cet état de corruption qui a justifié leur apparition et le succès qu’elles ont rencontré dans la conscience des différentes civilisations qui se sont succédé à la surface du globe depuis l’âge de l’homo sapiens….sauf la nôtre qui semble aveugle et sourde en de nombreux domaines.

  • Mais qu’est ce qu’un monde malade, en soi ?

Etre malade, pour un être humain, c’est se trouver dans une situation de déficience par rapport à la pleine possibilité de l’expression de soi, à la suite d’une altération quelconque de ses équilibres physiologiques ou psychiques. Cela se traduit (même si certaines maladies nous détruisent discrètement et silencieusement) par des troubles multiples et variés qui nous privent de la pleine possession de nos moyens habituels. Le constat qui nous permet de juger spontanément si nous sommes malades ou bien-portants, ne demande pas de compétences particulières. La recherche des causes de ce mal-être et des moyens d’y porter remède, est un peu plus compliquée et a justifié la constitution d’une discipline autonome qu’on appelle la médecine.

Le monde est-il malade si nous le considérons à travers la filtre du réductionnisme scientifique ? Il est difficile de répondre à cette question. Si nous acceptons la fiction du « big-bang » (de plus en plus remise en question) qui lui aurait donné naissance il y a quinze milliards d’années, nous n’avons pas de point de comparaison qui nous permette de dire si le monde tel que nous l’observons avec nos appareils de mesure, nos théories et nos hypothèses, aurait pu « mieux se porter » qu’il ne se porte actuellement. Il aurait pu être autre si Dieu en avait décidé ainsi, d’après Descartes, mais est-il susceptible d’être ou ne pas être « malade » ? Il est ce qu’il est, obéissant à ses propres lois et il semble assez bien portant pour durer encore environ cinq milliards d’années si on ne considère que le seul monde qui nous concerne : le monde soli-terrestre. Pour le reste de la galaxie et des milliards d’autres galaxies qui se répandent (paraît-il) dans l’univers et où naissent tous les jours de nouveaux soleils, il semble que le mouvement – toujours d’un simple point de vue scientifique – ne puisse jamais s’arrêter et même  « croître en force et en beauté » comme on le disait autrefois des enfants  bien portants. Bref, notre univers pète de santé d’après les astrophysiciens.

  • Alors pourquoi Frédéric Lenoir parle-t-il d’un « monde malade » ?

Une réponse toute simple vient à l’esprit : parce qu’il ne nous parle pas du « monde » tel qu’on le définit de manière réductionniste, c’est à dire une sorte de grande machine qui nous est aussi extérieure et étrangère que peut l’être cette voiture que nous changeons quand elle est trop usée ou démodée, comportement directement lié à la conception du monde qui nous vient du tandem Galilée-Descartes; le premier n’y voyant qu’une série de combinaisons mathématiques à déchiffrer et le second une « étendue » neutre à exploiter. Frédéric Lenoir, lui, nous parle d’un monde-organisme, d’un monde-lieu-de-vie, il nous parle de cette Terre-Mère, matrice et berceau naturels de l’homme incarné et sans laquelle il ne peut subsister. Ce qui est tout autre chose. Ce faisant il tourne délibérément le dos à la conception mécaniste de la science, caractéristique essentielle de la « modernité », pour retrouver la conception des grandes cosmologies traditionnelles.

Non qu’il condamne les avancées scientifiques, voire techniques, que cette science occidentale a réalisées depuis trois cents ans. Ce qu’il met en accusation c’est l’esprit aveuglément dominateur, utilitariste, consumériste et en définitive ravageur et destructeur qui les a inspirées et qui nous mène désormais à des conséquences qui apparaissent comme inéluctables : la mort de l’humanité par la distorsion de plus en plus dramatique entre la démesure des convoitises à satisfaire et la finitude des ressources de la planète; entre les moyens agressifs utilisés et les conséquences sur notre environnement, notre biosphère.

Nous nous conduisons vis-à-vis de notre lieu de vie, cet organisme vivant qu’est la Terre qui nous nourrit, comme des vampires avec leurs victimes et, comme eux, nos pratiques aveugles et démesurées la condamnent à une mort éternelle sans rédemption possible. Et si nous devions accepter l’idée absurde que l’ensemble des populations qui peuplent la Terre (sept milliards actuellement, probablement neuf milliards en 2050) doivent vivre sur le mode de consommation occidental, il nous faudrait trois ou quatre planètes de secours pour nous fournir les ressources naturelles nécessaires. Mais cela ne résoudrait pas pour autant le problème de la pollution que nous nous contenterions d’exporter dans les dites planètes.

C’est donc le monde des hommes qui est malade et qui risque de mourir, pas la Terre en tant que planète.

Et la cause essentielle de cette mort annoncée réside dans la relation absurde, malsaine que l’homme a imposée à la Terre à partir de cette maladie de la raison survenue au XVIIème siècle et que nous appelons « rationalisme » avec ses effets secondaires que sont le scientisme, le positivisme, le réductionnisme, le matérialisme exacerbés par le mercantilisme, le libéralisme, le socialisme, le consumérisme et autres théories aveugles à l’Esprit; maladies intellectuelles dont la virulence est directement proportionnelle à la perte de contact de l’homme moderne avec la nature et à l’oubli de sa condition véritable : la limitation et la finitude….

La planète, elle, déchue de son statut d’organisme vivant, continuera d’exister et de tourner, alors même que les grands équilibres naturels qui nous permettaient d’y vivre auront été saccagés et qu’elle se sera débarrassée de nous par quelque cataclysme cosmique, comme un animal expulsant des insectes importuns.

Que lui chaut à ce monde-univers que nous nous détruisions ou non ? Qui s’apercevra que l’humanité aura disparu de la surface de notre minuscule planète aussi radicalement que les traces boueuses de mon chien sur le sol de ma cuisine après lavage au savon  noir, quand nous aurons détruit toutes les ressources naturelles et empoisonné tous les écosystèmes ?

Dieu, qui nous créa à Son image et pour Sa ressemblance, sera navré sans doute mais Il pourra toujours recommencer ailleurs et mieux réussir Son coup cette fois-ci….

  • Voici quelques réflexions glanées ça et là dans le livre qui vous inciteront peut-être à le lire et à méditer sur les leçons qu’il nous offre en ce début 2013.

La révolution technologique aux applications tellement étonnantes qu’elle a laissé loin derrière elle les performances de l’apprenti-sorcier de Paul Dukas, nous plonge « dans le stress et la dépression« . Et Frédéric Lenoir de rappeler qu’en 1988 Jacques Ellul, le sociologue bien connu, avait déjà dénoncé  le « mythe du progrès » se traduisant par l' »obsession du changement à tout prix« . « Le durable est dépassé, il faut sans cesse bouger, se renouveler, il faut en permanence du nouveau. Innovation et vitesse sons devenues synonyme de « mieux« .

Il nous rappelle aussi la théorie d’Oswlad Spengler qui, au début du XXème siècle, publia son livre célèbre : « Le Déclin de l’Occident« . Ouvrage dans lequel il compare les cultures humaines à des organismes vivants qui naissent, se développent puis, lorsqu’elles arrivent à maturation, s’érigent en civilisations avant de commencer à décliner et disparaître. Il compare ces mouvements aux quatre saisons (comme quoi l’anthropocosmologie n’est jamais loin dans toute réflexion humaine attachée à observer le réel) dont chacune a ses caractéristiques propres. Pour ce qui concerne notre civilisation occidentale, il faut bien comprendre qu’elle est la première dans l’histoire du monde à avoir totalement imprégné et conditionné toutes les autres civilisations à tel point que nous assistons à l’avènement d’une civilisation mondiale occidentalisée….ou à une civilisation occidentale mondialisée, au choix. Cette « mondialisation-occidentalisation » qui transforme peu à peu notre habitat terrestre en « une sorte de fast-food planétaire » où disparaissent progressivement les civilisations historiques, les cultures, les langues, les croyances, les modes de vie spécifiques, bref tout ce qui fait la richesse de la diversité a pour conséquence majeure que tout étant  désormais en interdépendance totale à l’intérieur d’un même « système« , la portée des crises que nous devons affronter s’en trouve démultipliée et aggravée de façon catastrophique : une crise économique aux USA a des répercussions dans l’ensemble du monde et peut même ruiner entièrement l’économie d’autres pays; une révolution au Moyen-Orient provoque des répercussions géopolitiques qui n’épargnent personne et peut aboutir à un conflit généralisé; le simple blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran aurait un tel impact sur les économies mondiales qu’il pourrait être l’amorce d’une guerre mondiale; etc….

Or, cette civilisation occidentale aveuglément technicienne qui a pris lieu et place de la Chrétienté, toujours d’après Spengler, en est arrivé à sa phase « hivernale » et c’est l’Asie qui semble désormais en charge de dominer le monde du point de vue démographique (domaine tellement méprisé par les équipes d’hallucinés qui nous gouvernent) économique, technologique et politique.

Mais, si je comprends bien la pensée de Frédéric Lenoir, l’Asie où paraît se lever le nouveau soleil d’Austerlitz de la civilisation mondiale dominante, n’a pas vraiment à s’en réjouir, car  cette suprématie sur l’Occident en voie de se constituer à l’Est, risque fort d’être une victoire à la Pyrrhus.

Du fait même de la mondialisation et de l’exportation-projection de notre modèle à l’ensemble de la planète, favorisée par la réduction exponentielle du temps et de l’espace réalisée grâce à la technique et qui ont transformé le monde en un vaste « système » d’interdépendances comme je le disais plus haut, en un « village planétaire » comme disait Mac Luhan je crois, il est évident que les maladies qui nous affectent se sont allègrement répandues à l’ensemble de la planète. Si bien qu’en ayant fourni aux autres civilisations les outils qui leur permettront demain de dominer la nôtre qui n’a plus la force vitale de perdurer dans son être comme dirait Spinoza[1]  nous leur avons transmis du même mouvement, les virus qui la détruiront tout aussi irrémédiablement……si les moyens de « guérison » évoqués par l’auteur dans la deuxième partie de son ouvrage, ne sont pas mis en œuvre rapidement et rigoureusement. Plaise à Dieu….

Voici maintenant l’énoncé des symptômes qui, pour Frédéric Lenoir, révèlent la maladie du monde. En ayant bien à l’esprit que ces symptômes – qu’il distingue soigneusement les uns des autres pour la commodité de la démonstration – sont « tous liés entre eux par certaines logiques révélant que ces crises économique, psychologique, écologique, politique et sociale….ne sont que les symptômes d’une crise systémique, une sorte de « mégacrise », fruit de la mégarévolution » que nous sommes en train de vivre à l’échelle de l’histoire humaine« ….et qui, d’après, lui équivaut à la crise du passage du paléolithique au néolithique. Pas moinsss.

  • Il distingue d’abord une « crise environnementale ».

En s’appuyant sur des travaux scientifiques aussi sérieux que des travaux scientifiques puisse prétendre l’être (je veux dire par là qu’un travail scientifique est toujours indissolublement dépendant a) du paradigme dans lequel il intervient et b) de l’horizon idéologique (souvent non interrogé) de celui ou ceux qui l’ont réalisé). Par souci de concision je ne reproduirai pas les sources qui alimentent la réflexion de Frédéric Lenoir (et que j’ai eu moi même à connaître dans le cadre de mes activités en faveur du développement durable en matière de santé) mais il vous sera toujours loisible de les retrouver si vous voulez aller plus loin dans l’étude de son ouvrage.

La crise environnementale est directement liée à l’irruption d’une société de consommation à outrance qui conduit « l’humanité à sa perte« .

  • Cette « perte » se décline en quatre causes majeures :

1/ La surpopulation : 3.6 milliards d’individus au début des années 70 → 9 à 10 milliards d’individus attendus au milieu de notre siècle

2/ Epuisement des ressources naturelles et alimentaires. Directement liée à la précédente

3/ Epuisement des ressources non renouvelables (gaz, charbon, pétrole, terres rares)

4/ Pollution qui, en l’absence d’une politique axée sur l’abandon du consumérisme comme panacée universelle, c’est à dire n’ayant d’autre finalité que la « croissance », met en danger l’ensemble de l’écosystème et la survie de l’humanité.

Je vous fais grâce des chiffres de l’épuisement alarmant de certaines substances indispensables à notre économie (or, fer, argent, aluminium, terres rares) pour n’en rester qu’aux lignes fortes de ce constat implacable.

Autre raréfaction alarmante : l’eau. Quatre grandes menaces pèsent sur facteur indispensable de la vie, d’après l’Unesco :

  • épuisement des ressources par surconsommation

  • fragmentation par les barrages, levées et dérivations

  • agriculture intensive et notamment d’espèces très gourmandes comme le maïs qui assèche les nappes phréatiques

  • pollution : tous les jours que Dieu fait, on déverse deux millions de tonnes de matières de vidange dans la mer et les cours d’eau. Dont certaines hautement toxiques.

N’oublions pas dans le catalogue des joyeusetés relevées, le réchauffement climatique. Déjà en 1896 (toujours d’après l’ouvrage de Frédéric Lenoir que je suis pas à pas ici tant il est éloquent) un prix Nobel de chimie suédois, Svante Arrhénius, prévoyait qu’un doublement du CO2 dans l’atmosphère, lié à nos coupables industries, provoquerait un réchauffement planétaire de 5° C. Cinq petits degrés catastrophiques pour l’humanité.

En 1967, les scientifiques prévoyaient que ce doublement interviendrait à la fin du XXème siècle et les relevés de température terrestre laissaient déjà prévoir une élévation de 2.5°C en moyenne.

Depuis ce réchauffement est devenu manifeste. Il  n’est qu’à constater l’état de la banquise polaire et celui de l’ensemble des glaciers qui vont se rétrécissant comme peau de chagrin, pour en être persuadé. Même si les polémiques vont bon train quant à l’origine de ce réchauffement, certains l’attribuant à des causes cycliques climatologiques naturelles et non à (la seule) émission de CO2. Sommets et conférences se sont succédé depuis Rio en 1992, sans qu’un accord international n’arrive jamais à voir le jour et à être appliqué, notamment par la Chine, les USA, la Corée (du Sud) ou l’Iran….

Citons encore les attaques contre la biodiversité. Les experts estiment que « les trente prochaines années seraient celles de la « sixième extinction des espèces », la seule à être imputable à l’activité humaine et non à des catastrophes naturelles » à cause, notamment de la déforestation accélérée qui, à son tour, participe allègrement au réchauffement planétaire les forêts étant des « puits de carbone« .

Ces variations climatiques provoquées par l’émission exponentielle de gaz à effet de serre interviendraient directement dans la disparition de la couche d’ozone protectrice des rayons UVB perturbateurs de l’ADN animal et végétal. Disparition dont l’auteur n’hésite pas à dire qu’elle constitue « une des bombes à retardement qui mettent désormais en péril la vie sur Terre« .

Pronostic corroboré par un article de la revue scientifique Nature selon lequel il est démontré que « les écosystèmes de la planète pourraient connaître un effondrement irréversible d’ici à 2100……les activités humaines pourraient faire basculer brusquement le système climatique vers un nouvel état d’équilibre auquel les écosystèmes ne pourraient pas s’adapter, rendant la vie humaine impossible sur Terre. Le seuil critique correspondrait à l’utilisation de 50% des ressources terrestres« . Or, aujourd’hui, nous utilisons déjà 43% de ces écosystèmes pour subvenir à nos besoins. Ou plutôt à nos gaspillages. Allons nous freiner au bord du ravin ou y plonger délibérément ? Les paris sont ouverts mais il se pourrait que personne ne touche les mises

A toutes ces menaces qui n’en sont plus du tout au stade de la supputation mais auxquelles il nous faudrait faire face vigoureusement dès à présent, s’ajoutent la crise agricole et alimentaire mondiale liée aux choix agro-industriels qu’il nous faut remettre en question. Cette crise a pour conséquence « la hausse vertigineuse du prix des denrées entrant dans l’alimentation de base, essentiellement les céréales et les produits laitiers« . C’est ainsi que l’indice FAO des prix des produits alimentaires est passé de 139 à 219 entre février 2007 et février 2008. Hausse du prix du baril de pétrole, diminution des superficies de terres arables, puissance du modèle de consommation occidental qui se généralise, industrialisation de l’agriculture en déphasage avec les modes traditionnels de production orientés vers la consommation locale, stratégies de monocultures remettant en cause la biodiversité, « biopiraterie« [2], voilà quelques une des plaies qui affectent le monde agricole en privant les hommes sur le terrain des choix agricoles qui les concernent et qui pourraient assurer leur survie, écrasés qu’ils sont par une technologie toute puissante qui ne fonctionne que pour le bénéfice de grands groupes multinationaux plus soucieux de dividendes à distribuer que de nourrir nos frères humains.

Je me suis assez étendu, me semble-t-il, sur la présentation de l’ouvrage de Frédéric Lenoir, même s’il nous resterait à évoquer la crise économique et financière, la crise du politique, la crise sanitaire et psychologique, auxquelles il consacre des pages vigoureuses et éclairées concernant les menaces qu’elles font peser sur nous.

Mais l’exposé de ces menaces ne concerne que les 95 premières pages de son livre. Il en reste encore 211 qu’il consacre à nous indiquer comment « Changer de logique » et mettre en œuvre les solutions qui s’imposent et qui passent non seulement par des solutions qu’il nomme « Voies et expériences de guérison« , mais surtout par la « Redécouverte des valeurs universelles »  et la capacité de « Réenchanter le monde« , notamment en « Se transformant soi-même« …

Message qui ne peut me laisser indifférent, tant j’ai toujours détesté ces braillards et ces cuistres qui prétendent vouloir « changer la société« , « changer l’homme » et détenir les clés de son « amélioration« , savoir mieux que les autres ce que sont liberté, égalité, fraternité, solidarité, famille, mariage, filiation, tolérance, droit, justice, normalité…etc…par la magie de leurs idéologies recuites, et vouloir nous imposer leurs définitions, sans jamais remettre en cause les limites de leur insondable médiocrité et du caractère odieux de ces certitudes qu’ils veulent nous inculquer.

Ce qui les amène, lorsqu’ils sont au pouvoir – et ils y sont depuis très longtemps – à déclencher des séries de catastrophes en chaîne dont ils pourront toujours se laver les mains plus tard en disant « je n’avais pas voulu cela« , le système démocratique garantissant une totale impunité en matière d’action politique pour ses élu(e)s qui ont élevé au-dessus de leurs têtes, tous partis absolument confondus, un filet indestructible d’inter-complicité qui les protège des conséquences de leurs erreurs et de leur irresponsabilité.

  • Un petite digression en vous donnant un exemple des plus graves. J’ai relevé dans la presse quotidienne récente cette « brève » que je reproduis pour vous :

 » France 2 a diffusé le 14 juin un reportage sur l’avortement à hauts risques en Espagne, où certains médecins le pratiquent jusqu’au huitième mois de grossesse.

On découvre une journaliste enceinte de 8 mois qui se voit proposer un avortement dans une clinique privée de Barcelone pour la somme de 4 000 euros.

Simone Veil, qui dépénalisa l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en 1975, reconnaît que cette situation est « effrayante », mais qu’on ne peut pas empêcher les femmes de se rendre en Espagne. Elle rappelle que la Cour européenne a estimé que cette question relevait des législations nationales et non de l’Europe« 

…etc…..

  • Il me semble que toute l’hypocrisie et la duplicité de notre système démagogique et de notre personnel politique sont contenues dans cet articulet.

Hypocrisie : pourquoi s' »effrayer » de faire périr un bébé à un mois de sa naissance et autoriser à le trucider lorsqu’il a dix ou douze semaines en sachant que le premier ne pourrait exister sans passage obligé par l’état du second ? Question corollaire : si je peux tuer un enfant un mois avant sa naissance pour 4000 €, pourquoi ne pourrais-je pas le tuer un mois après ? Gratuitement même. Quelle différence morale, ontologique, essentielle y-a-t-il entre ces différents actes ?

Duplicité : on ne peut pas empêcher les femmes de se rendre en Espagne ! Il me semblait qu’un crime, quel qu’il fût et où qu’il fût commis était passible de sanctions pénales. D’autant qu’il existe bien des conventions de réciprocité entre France et Espagne en matière de justice et de police. Non ? Demandez aux membres de l’ETA. Quant à l’Europe, cette Europe dont, si je me souviens bien, Mme Veil fut la première à présider l’Assemblée (et non le Parlement), cette Europe technocratique, tatillonne et paralysante qui entend s’immiscer dans tous les aspects de notre vie de citoyens libres – sur un sujet aussi grave que l’assassinat d’enfants dans le ventre de leur mère à 8 mois…..elle nous renvoie, par le biais de sa Cour,  aux législations nationales. « Ouf ! » – s’exclame-t-elle – « Dé…dez-vous avec vos faiseuses d’anges et autres pseudo-médecins avorteurs qui devraient croupir en taule. Nous on est là que pour vous em….der avec nos règlements absurdes portant sur des questions dérisoires mais parfaitement choisies pour vous empoisonner la vie quotidienne, paralyser vos initiatives et vos efforts. De plus, nos industrieuses shadockeries paperassières permettent à quelques dizaines de milliers de fonctionnaires de vivre grassement. C’est toujours cela en moins dans les statistiques du chômage. Circulez, il n’y a rien à voir ».

Bref, Mme Veil « s’effraie » d’une ignominie qu’elle a elle même contribué à installer dans notre législation et qui y développe ses conséquences extrêmes parfaitement prévisibles dès le départ.  Comme à chaque fois qu’on s’attaque à un des tabous constitutifs d’une civilisation. Elle nous renvoie à l’institution européenne incompétente et aux législations nationales qu’elle a contribué à déshonorer en les rendant garantes et complices du plus grand génocide que notre monde « civilisé » ait connu. Façon toute moderne et démocratique de se « se laver les mains » du massacre des Innocents qu’elle a initié.

Ce qui lui vaut d’être élevée à la dignité de Grand Officier de la Légion d’Honneur, d’être reçue à l’Académie Française et d’être la personnalité politique la plus appréciée des Français, ce « peuple de veaux qu’on mène à l’abattoir » disait déjà le général De Gaulle qui s’y connaissait en matière de manipulation des consciences.

Après ce petit détour qui n’avait d’autre volonté que de mettre en exergue la valeur irremplaçable de la conscience individuelle et des moyens – naturels et spirituels – de l’éclairer, de la soutenir, de la développer en chacune des personnes humaines pour reconstruire un monde vraiment humain avant la catastrophe finale qui se profile à l’horizon, je voudrais citer in extenso une phrase, toujours tirée du livre de Frédéric Lenoir où l’auteur reprend un extrait d’un livre qu’il avait écrit en collaboration avec Hubert Reeves[3] :

 » Cette complexité croissante que nous percevons tout au long de l’histoire de l’univers est-elle viable ? Quinze milliards d’années d’évolution pour l’avènement d’un être capable de découvrir l’origine de l’univers dont il est issu[4], de déchiffrer les comportements des atomes et des galaxies, d’explorer le système solaire, de mettre à son service les forces de la nature, mais incapable de se mobiliser pour empêcher sa propre élimination ! Voilà, en résumé, le drame auquel nous sommes confrontés aujourd’hui « 

En une simple phrase, Lenoir et Reeves, montrent les limites ultimes des deux paradigmes sur lesquels nous fonctionnons sur le plan de la connaissance et sur celui de la conception de l’homme et nous permettent de mieux comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à un tel état d’irresponsabilité et de pertes des valeurs, que désormais nous nous menaçons nous même d’extinction :

–         l’univers galiléo-cartésien a permis de réduire l’univers au système de poids et mesures entièrement défini par la pensée rationnelle, mathématique, technicienne, utilitariste : une chose à exploiter et non un être vivant à respecter. En effet cette volonté d’objectivation a consisté à en exclure toute réalité essentielle (les choses ne sont plus des « substances », elles se réduisent à que ce que ma raison décide qu’elles sont et n’ont pas de réalité en propre, hors du langage mathématique qui les définit) toute référence à une réalité transcendante source de vie. Elle a certes conduit, dans un premier temps (les trois derniers siècles) à une connaissance purement mentale extraordinaire de cet univers, source de puissance technique et de progrès matériel. Extraordinaire mais partiale et réductrice. Et cette « partialité », ce parti-pris réductionniste d’objectivation du vivant, n’ont donc pu apporter qu’un progrès apparent et provisoire. Considérant le monde comme une machine à maîtriser et surtout comme une friche à exploiter ad libitum, la pensée rationaliste l’a conduit à sa totale déshumanisation et provoque actuellement une exclusion en retour : l’observateur tout puissant se croyant étranger à la chose observée, est devenu un intrus, un corps étranger que la nature, niée, méconnue et violée, va à sont tour rejeter inexorablement car c’est elle qui aura toujours le dernier mot. En termes plus simples, si depuis Descartes, nous n’avons considéré dans la branche sur laquelle nous sommes assis, que le bois dont elle est faite pour le soumettre à notre service, en oubliant sa solidarité avec le grand arbre vivant de la Création,  cette branche, en disparaissant, nous entraîne avec elle dans sa ruine. C’est ce qu’on appelle dans le langage populaire « scier la branche sur la quelle on est assis » ou encore « manger son blé en herbe ». Bientôt, plus de  branche, plus de  blé et même plus d’herbe. Et peu importe que nous allions sur la Lune ou que nous nous posions sur Mars, si notre planète, que nous aurons rendue invivable et inhospitalière, nous éjecte d’une histoire que nous n’avons pas comprise par sot orgueil, cupidité, instinct de puissance aveugle, hédonisme outrancier, propension à la satisfaction immédiate de tous nos désirs. Même les plus insanes.

–         Le deuxième paradigme auquel ce texte donne congé est celui des « Lumières« . Vous savez ces « Lumières » qui avaient fait de la « raison » et de la « liberté » les clés du bonheur à venir. Qui allaient consacrer l’Homme (avec un « H » majuscule) comme roi de la création à la place d’un Dieu devenu obsolète et, par conséquent, chasser les vieilles lunes religieuses et spirituelles de la pensée européenne (avec projet messianique pour l’ensemble de l’humanité). Adieu toute forme de transcendance, adieu les outils de sagesse et de salut que les sociétés traditionnelles avaient inventés au cours des millénaires. La raison démonstrative, libérée de la « superstition » allait suppléer à tout.

–         On a vu le résultat : les « Lumières » se sont traduit par une succession incessante de guerres et de révolutions de plus en plus violentes et inhumaines, elles ont enfanté des idéologies (cette maladie de la raison) criminelles qui ont déshumanisé l’homme et l’ont traité comme on ne traitait pas les esclaves et les animaux en ces temps obscurs où la « raison » ne régnait pas sur le monde. Quand Nabuchodonosor emmenait les Hébreux en esclavage ou quand Néron persécutait les Chrétiens, au moins ne le faisaient-ils pas « au nom de la raison« . Alors que quand les Conventionnels ordonnaient le génocide vendéen, ils étaient persuadés d’agir au nom du progrès, de la raison pour forger une humanité nouvelle et radieuse.

–         Enfin, incapables de suppléer véritablement la mesure, la sagesse, la prudence et l’humilité des anciens temps, par les connaissances et le progrès qu’elles prétendaient répandre sur la surface de la Terre, ces « Lumières » nous ont conduit, aujourd’hui, à envisager très sérieusement la disparition de l’Humanité du fait de ses propres comportements Ô combien éclairés par la déesse « Science ». Ce qui, à mon sens, fait que nous vivons une période unique depuis l’apparition de l’humanité sur Terre.

–         Une période qui pourrait s’avérer proprement eschatologique. Si bien que ceux qui prévoyaient la fin du monde en décembre 2012, ne se sont peut-être trompés que d’assez peu. Qui sait ?

L’idée qui, en fait, s’impose clairement à la lumière de cette double constatation, est l’idée de « coupure« :

  • coupure d’origine intellectuelle, philosophique et méthodologique entre l’homme et la nature – dont il est partie intégrante – avec les philosophies rationalistes et leurs succédanés qui nous ont amené à saccager notre habitat naturel, ce qu’aucun stupide animal au monde n’a jamais fait.

  • coupure entre la science et la sagesse : la première ne peut jamais remplacer la seconde ni la constituer. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » affirmait déjà notre bon Rabelais, peu suspect de conformisme moral.

  • coupure d’origine spirituelle, morale, entre l’homme et les sources de sagesse traditionnelles, les différentes « révélations » qui offraient à son existence le cadre transcendant mais aussi les orientations plus-que-personnelles qu’il pouvait assigner à ses activités en les  privilégiant à la satisfaction de ses besoins : se réaliser en se dépassant lui même, orienté qu’il était vers plus grand et plus haut que lui dans une existence qu’il savait transitoire de toute façon.

Ainsi l’homme est-il devenu lui même source de vérité grâce à sa « raison« ; source de toute créativité puisque « libre » par essence et non par effort sur lui-même et ouverture au transcendant. Ignorant superbement l’indication de saint Jean :  » la Vérité vous rendra libres« . Raison et liberté, ces deux principes des Lumières imprégnées de philosophie maçonnique, dont on lui serinait qu’elles lui tiendraient lieu, seules[5] désormais, d’alpha et d’oméga pour conduire son existence. Complètement « libéré » (comme on dit de nos jours pour les pratiquant(e)s du vagabondage sexuel, degré ultime de la réalisation de soi) alors qu’il n’était  en fait qu’étourdi d’orgueil et de suffisance (pensez à Laplace qui répondait à Napoléon qui lui demandait où il plaçait Dieu dans son système hyper-mécaniste et rationnel  » que cette hypothèse ne lui était pas nécessaire« ) notre homme moderne s’est conduit comme Prométhée, Pandore et Icare réunis. Beau cocktail qui nous amène à des constats aussi effroyables que ceux qu’on peut dresser en cette aube vacillante de l’année 2013. Car, une fois de plus, il nous juger de l’arbre à ses fruits. Et ceux de la révolution cartésienne et de la philosophie des Lumières, qui auraient pu s’avérer nourrissants s’ils n’avaient été cultivés sur le terreau du sectarisme, de l’apostasie, voire de la haine de Dieu et du fanatisme idéologique, s’avèrent désormais très lourds à digérer. Et peut-être mortels.

  • Il est temps de passer à l’examen de la deuxième série de travaux : Analyse Mondiale de Charles RIDOUX 

Charles Ridoux est professeur-émérite de littérature médiévale à l’Université de Valenciennes, grand spécialiste d’astrologie mondiale. Travaux qu’il présente comme une  » Chronique 2002/2015 « 

Comme je vous le disais en début d’article, ces travaux ont une orientation essentiellement politique et géopolitique et s’appuient sur des démonstrations astrologiques (dont je vous ferai grâce) beaucoup plus techniques que celles de Frédéric Lenoir. Nous allons en découvrir l’essentiel ici de manière très résumée, mais en gardant toujours présentes à l’esprit les données rencontrées dans l’exposé sur « La guérison du monde » parce qu’elles éclairent vivement les constations de l’astrologue mondialiste.

Faisons le point. Les USA sont malades et leur hégémonie économique et culturelle est menacée par d’autres pôles émergents sans qu’aucun puisse vraiment imposer sa loi aux autres pour le moment. Grâce à l’OTAN les USA continuent de dominer l’Europe et leur énorme puissance navale leur donne le contrôle des océans et de l’essentiel du pétrole au Moyen-Orient. Privée d’une prédominance universelle, facteur de stabilité, on devrait assister à une dégradation rapide de la situation mondiale, déjà parfaitement observable. Le conflit syrien est devenu un conflit régional dans lequel les grandes puissances veillent à ne pas se laisser entraîner. La désorganisation de la Libye entraîne une confrontation militaire prévisible entre islamistes et Occidentaux  qui s’étend au Mali et au Niger. En Asie la Chine et Japon renouent avec les conflits territoriaux et les revendications nationalistes. La menace de récession et l’accroissement de l’agitation sociale sont généraux. L’Europe, qui pourrait instrumentaliser la crise au profit du projet fédéraliste de certains,  vit cependant une fracture toujours plus forte entre des élites cosmopolites et des peuples toujours attachés à leur héritage historique et culturel, ainsi qu’à un processus d’islamisation accélérée dans certains États occidentaux (notamment, en France, en Belgique et en Angleterre). Et Ridoux de se demander si le monde va s’orienter vers une « gouvernance » multipolaire ou vers la constitution de blocs continentaux, facteurs de lourdes tensions pour l’avenir.

Puis vient la description des bouleversements entraînés par l’approche du carré URANUS/PLUTON dont j’ai moi même abondamment parlé dans de précédents articles que je vous engage à relire si vous voulez comprendre l’avenir qui se dessine pour nous. Depuis 2008, nous dit Charles Ridoux, le monde est engagé inexorablement vers le cœur de la tourmente au cours du carré Uranus-Pluton : après le choc de la crise financière (2008), la crise économique s’est imposée, en dépit des illusions de la conjonction Jupiter-Neptune de 2009, et de nombreux pays peuvent redouter pour 2013 l’entrée en récession et la poursuite d’une austérité accablante. Ce qui nous attend pour l’année 2013, ce sont les effets sociaux de la crise, des mouvements de colère populaire pouvant se traduire par des émeutes aggravant le chaos ambiant et les difficultés de la vie quotidienne. La crise de 2008 avait d’ailleurs été précédée par des émeutes de la faim, dues à une spéculation sur les stocks de denrées alimentaires par les traders des établissements financiers et des fonds de pension. Les émeutes à répétition du « printemps arabe » ont entraîné ensuite en 2011, dans la foulée de la puissante conjonction Jupiter-Uranus à la fin des Poissons, la chute en Tunisie et en Égypte de gouvernements omnipotents, inféodés aux puissances occidentales. La crise s’est traduite ensuite par les violentes émeutes d’août 2011 au Royaume-Uni, paralysant des banlieues durant une semaine, ainsi que par le mouvement Occupy Wall Street à New York, à la fin 2011. Le Canada a connu pour sa part, en 2012, un fort mouvement de grogne des étudiants face à des coûts de scolarité en forte hausse.

Le printemps 2013 sera certainement en Europe le temps des émeutes, sur le modèle de celles qui ont affecté l’année précédente Amiens, Madrid et Athènes. Le thème de la Nouvelle Lune du 11 mars présente, outre le carré Uranus-Pluton un carré Mercure-Jupiter relié à l’axe Saturne/Pluton ; en outre, Mars, dans l’orbe d’une conjonction avec Uranus, repasse sur le lieu de la conjonction Jupiter-Uranus de janvier 2011, particulièrement explosive, qui accompagna les révoltes arabes.

Dans l’Union européenne, le taux de chômage dépasse les 10% (25 millions de chômeurs en 2012, dont 18 millions dans la zone euro) et les politiques d’austérité se traduisent par des coupes brutales dans tous les amortisseurs sociaux. Aujourd’hui, la pauvreté touche 80 millions d’habitants (16% de la population de l’UE), dont 13 millions de jeunes. En outre, un sentiment d’injustice causé par les inégalités croissantes pousse les populations à la révolte, de même que les promesses non tenues face aux liquidations d’entreprises et de secteurs industriels. Un certain nombre de mesures prises par divers gouvernements témoignent du sérieux de ces menaces de désordre généralisé à travers le continent européen. Ainsi, la Confédération helvétique a-t-elle mobilisé, en octobre dernier, cent mille réservistes pour la protection de ses frontières dans le cadre de manœuvres visant à faire face à une situation chaotique en Europe susceptible d’engendrer des arrivages massifs de migrants à ses frontières. Par ailleurs, dès 2004, l’UE s’est dotée d’une force de gendarmerie à statut militaire, dont les missions sont identiques à celles de l’armée suisse : rétablir l’ordre en cas de soulèvement populaire non maîtrisé par les capacités disponibles de tel ou tel État.

Plus encore que l’Europe, les États-Unis risquent de connaître des émeutes rendues d’autant plus dangereuses par l’omniprésence d’armes à feu dans les foyers [….]

Par ailleurs, la Chine elle aussi a connu depuis 2009 une accélération des émeutes pour des raisons multiples : contre la corruption des élites et contre les injustices ; contre les dégâts avéré à l’environnement ; en raison de la mauvaise qualité des denrées alimentaires et du fait d’un arrêt soudain de la croissance. Il faut savoir que les richesses du pays sont détenues par les « princes rouges », les 2 700 membres du conseil national du Parti communiste chinois (PCC). Un système de sinécure assure à 500 grandes familles placées à la tête de grandes « entreprises publiques » la possibilité de les gérer en fonction de leurs intérêts propres et non du bien commun. L’année 2012 a connu toute une série de scandales qui ont mis en lumière la dégénérescence de la caste dirigeante. Enfin, l’existence de villes tentaculaires d’une densité extrême engendre des tensions explosives, ainsi que d’immenses problèmes de pollution et l’expropriation de terres appartenant aux paysans. Avec l’impact d’Internet (500 millions d’internautes actuellement en Chine), informations et rumeurs circulent dans la population et rendent beaucoup plus difficile le contrôle des individus par le pouvoir politique. Tels sont les défis intérieurs que devront affronter les deux nouveaux dirigeants, nommés à l’issue du 18e Congrès du PCC le 14 novembre 2012 : Xi Jinping, à la tête du Parti et de l’État, et Li Keqiang, premier ministre.

Au plan extérieur, le grand défi posé à la Chine, devenue la deuxième puissance économique mondiale, est de maintenir son rang et de jouer un rôle positif dans les équilibres mondiaux. La Chine a réussi à maintenir jusqu’à présent un taux de croissance exceptionnel, du fait d’une politique mercantiliste à outrance et grâce à un gigantesque plan de relance mis en place en 2009, suscitant des investissements dans les infrastructures afin de maintenir l’activité économique. Mais il s’agit là d’une sorte de fuite en avant, dont les conséquences risquent de se manifester sous la forme d’un effondrement du crédit et de faillites en chaîne. L’absence totale de démocratie, qui ne semble guère tourmenter les médias occidentaux, engendre un manque d’esprit d’innovation et maintient en place un système gangrené par la corruption, le clientélisme et le favoritisme. Le parti communiste veut à tout prix se maintenir au pouvoir, et il est effrayé par la crainte d’une contagion des révolutions arabes. Une des réponses, traditionnelle dans de tels cas, est la montée d’un nationalisme agressif, qui se traduit par les visées de la Chine dans la mer de Chine et dans l’Océan Indien.

La Chine et l’Amérique sont engagées dans une compétition pour l’hégémonie, dont une déclaration de Mitt Romney en octobre 2011 faisait état en des termes d’une crudité assez peu diplomatique :

 » Ce siècle doit être un siècle américain. Dans un siècle américain, l’Amérique a la plus forte économie et la plus forte armée du monde. Dieu n’a pas créé ce pays pour être une nation de suiveurs. L’Amérique n’est pas destinée à être sur un pied d’égalité avec plusieurs puissances mondiales d’importance comparable. L’Amérique doit guider le monde, ou quelqu’un d’autre le fera « 

Alors que, au siècle dernier, l’Union soviétique avait pour objectif de répandre le communisme dans le monde entier, la nouvelle Russie, n’ayant ni les moyens ni l’ambition de prétendre à une hégémonie, peut jouer un rôle positif dans la mise en place d’une gouvernance multipolaire favorisant des relations internationales équilibrées dans les prochaines décennies. Elle ne verse pas dans la désignation d’ennemis planétaires, mais, soucieuse de son identité nationale, elle insiste sur l’identité multiple du peuple russe et sur l’unité des Russies dans une fédération solide. Vingt ans après la dissolution de l’URSS, s’est constitué un bloc eurasien, autour de la Russie, du Kazakhstan et de la Biélorussie, auquel se rattachera vraisemblablement l’Ukraine. La vision géopolitique des dirigeants de la Russie s’oriente vers la perspective – très gaullienne – d’une grande Europe continentale, allant de Lisbonne à Vladivostok.

[….]

Au regard de ces trois puissances continentales – États-Unis, Chine, Russie (auxquelles on pourrait ajouter l’Inde et le Brésil) – l’Union européenne apparaît comme un grand corps mou, sans organe politique souverain, dénonçant de façon obsessionnelle toutes les forces politiques soucieuses de préserver une identité nationale et une indépendance à l’égard de la tutelle américaine et de logique militaire de l’OTAN. Par ailleurs, la politique étrangère de l’UE est rendue de plus en plus complexe et ambiguë du fait du poids accru que prennent dans certains pays d’Europe de l’Ouest des minorités musulmanes sunnites bien structurées et revendicatives, qui vont jouer un rôle croissant dans la définition des politiques étrangères de ces pays. Après le grand succès qu’a eu dans le monde anglo-saxon le livre de Christopher Caldwell qui se demandait si la progression fulgurante de l’immigration en Europe n’allait pas empêcher les Européens de conserver leur civilisation, un récent ouvrage de Thierry Bouclier constate qu’une certaine forme d’islamisation est en train de gagner, de façon subreptice, la société française et s’inquiète de voir les capitulations de la République face à l’islam. Sa conclusion est que la substance du pays a été modifiée davantage en quelques années qu’en plusieurs siècles d’Histoire.

Il ne faut pas oublier que les États-Unis n’hésitent pas à recourir à ce qu’on pourrait appeler « l’arme de l’islam » pour contrer leurs adversaires et leurs rivaux potentiels. C’est le jeu qui a été pratiqué naguère en Afghanistan avec Ben Laden, c’est aussi une carte jouable pour diminuer les risques d’instauration d’une véritable Europe-puissance. C’est également une façon de contrer le monde orthodoxe en favorisant, par exemple, la constitution d’une « Grande Albanie ». Ainsi, le premier ministre albanais, Sali Berisha, vient-il de prôner l’octroi de la nationalité albanaise à tous les Albanais, où qu’ils résident : déclaration faite lors d’une visite de la ville de Vlora, où fut proclamée il y a cent ans l’indépendance de l’État albanais, qui venait de se libérer du joug ottoman. Aujourd’hui, la création d’une Grande Albanie pourrait déclencher un nouvel incendie dans le brasier balkanique, affaiblissant un peu plus l’Europe, et déstabilisant le monde orthodoxe (Macédoine, Grèce, Monténégro, Serbie). En Europe, le « grand jeu » américain consiste à éviter tout rapprochement entre les mondes catholique et orthodoxe, que le pape Jean-Paul II considérait comme « les deux poumons de la chrétienté ».

Au cœur des tensions : toujours le Moyen-Orient

[….]

Pour comprendre les évolutions en cours dans un Moyen-Orient toujours compliqué, il convient de prendre en considération la nouvelle donne énergétique en Méditerranée orientale, dont traite le géopoliticien Aymeric Chauprade dans une étude de grande qualité. Le Moyen-Orient représente 48,1% des réserves prouvées de pétrole en 2012 (contre 64% en 1991) et 38,4% des réserves de gaz (contre 32,4% en 1991). La production de pétrole brut des États-Unis dépassera celle de l’Arabie Saoudite vers 2020, grâce au pétrole de schiste ; la perspective est donc celle d’une autosuffisance des États-Unis d’ici 2035. Ainsi, les États-Unis ne cherchent pas à contrôler le Moyen-Orient pour leurs propres approvisionnements, mais pour s’assurer de la dépendance de leurs compétiteurs principaux, européens et asiatiques, en particulier celle de la Chine. Or, depuis 2009, des découvertes spectaculaires de gaz et de pétrole en Méditerranée orientale exacerbent les contentieux entre Turquie, Grèce, Chypre, Israël, Liban et Syrie. En octobre 2010 a été découvert un méga-gisement off-shore de gaz naturel (le gisement Léviathan, situé à 135 km à l’ouest du port d’Haïfa), qui donne à Israël plus de cent ans d’autosuffisance en matière gazière.

Dans ce grand jeu énergétique moyen-Oriental, la Syrie joue un rôle stratégique ; elle se trouve au cœur d’une compétition entre les Occidentaux, la Turquie et les monarchies du Golfe d’une part, et d’autre part la Russie, l’Iran la Syrie et l’Irak dirigé par le chiite Nouri al-Maliki. En outre, selon le Washington Institute for Near East Policy, la Syrie disposerait des réserves de gaz les plus importantes de tout le bassin méditerranéen oriental, bien supérieures encore à celles d’Israël.

Il se peut que l’offensive de masse d’Israël contre la Bande de Gaza ait été stoppée temporairement du fait de la volonté américaine de régler en premier lieu le cas de la Syrie avant de s’attaquer à l’Iran. Toutefois, il apparaît que le régime syrien peut tenir très longtemps, car il n’est pas isolé, et l’on assiste, semble-t-il, à une sorte de pourrissement du conflit. Que nous indiquent les astralités en cours des thèmes de Bachar el-Assad et de la Syrie ? Natif du 11 septembre 1965, avec une opposition Soleil-Lune au cœur des tensions entre la grande opposition d’Uranus-Pluton en Vierge à Saturne-Chiron en Poissons, Bachar el-Assad traverse une phase d’activation dramatique de ces tensions par le double carré qu’effectue Mars progressé (à 17° Sagittaire). Lorsqu’a été proclamé un gouvernement en exil le 11 novembre 2012, le Soleil progressé et Saturne en transit à 5° Scorpion activaient également ces tensions. En outre, Orcus – lié à l’emprisonnement et à la torture – a transité durant toute l’année 2012 sur Mercure natal (à 4° Vierge, Maître de l’amas en Vierge).

Dans le thème du régime des Assad (né du coup d’État de Hafez el-Assad le 13 novembre 1970), on observe également une puissante opposition entre Jupiter-Saturne activée par les luminaires sur l’horizon, ainsi qu’une conjonction Mars-Uranus en Balance. Ces deux configurations seront fortement affectées au tout début 2014 par le transit de Saturne sur le Soleil et l’Ascendant d’une part, par le carré d’Uranus-Pluton renforcé par Soleil-Mars sur la conjonction Mars-Uranus d’autre part. Ce moment pourrait marquer la fin du régime des Assad, avec un éventuel éclatement du pays et la constitution d’un réduit alaouite – qui a d’ailleurs déjà existé au début du mandat français sur la Syrie, dans les années vingt.

Dans les coulisses de ce sanglant théâtre moyen-oriental, pourraient bien se tramer des manœuvres diplomatiques aboutissant à de stupéfiants renversements d’alliances. Le découplage esquissé du tandem israélo-américain lors de l’affaire de Gaza pourrait aller beaucoup plus loin et Israël paraît de plus en plus isolé sur la scène internationale. Ainsi, au début décembre, l’Assemblée générale de l’ONU a voté une série de résolutions recommandant à Israël de quitter le Golan, pris sur la Syrie en 1973 et annexé en 1981, de renoncer à Jérusalem comme capitale et d’entamer un dialogue de paix avec les Palestiniens, enfin d’ouvrir ses programmes nucléaires aux inspections internationales et d’adhérer au Traité de non-prolifération nucléaire.

Face au triomphe de Frères musulmans soutenus par la politique américaine, qui sont au pouvoir en Turquie et en Égypte, puissants en Jordanie, en Tunisie et en Lybie, majoritaires en Syrie, Israël envisage de nouvelles alliances, un retournement spectaculaire qui pourrait passer par une entente avec l’Iran et l’Irak ainsi que par la mise en place d’un réduit alaouite en Syrie et d’un État kurde. Ces manœuvres diplomatiques sont toutefois contrebalancées par une guerre sourde déjà engagée par les États-Unis contre l’Iran, sous le couvert de sanctions qui assassinent l’économie du pays et de diverses opérations visant à déstabiliser le gouvernement.

Dans un article datant de 2009, consacré à la crise iranienne nous avions relevé, dans notre conclusion, la présence de deux phases critiques dans les relations entre l’Iran et les États-Unis. La première, entre 2009 et 2011, concernait, dans chacun des deux thèmes nationaux, la zone du carré Mars-Neptune, associée à tous les conflits majeurs dans l’histoire des États-Unis. La seconde phase critique, touchant la période 2013-2015, se rapporte au transit du carré Uranus-Pluton sur l’aspect Soleil-Saturne présent dans les deux thèmes de l’Iran (opposition dans l’axe Bélier-Balance) et des États-Unis (carré Cancer-Balance).

Le moment le plus tendu apparaît se situer le 21 avril 2014, avec un carré Mars-Jupiter venant activer le carré Uranus-Pluton ; mais des aspects de Mars et Jupiter viennent affecter également cette zone en août 2013, puis en janvier 2014. La nature des planètes affectées – un carré Soleil-Saturne – semblerait un indiquer l’éventualité, dans chacun des deux pays concernés, d’un confit de pouvoir mettant en difficulté le chef de l’État.

Dans le même article, nous constations que, dans le thème d’Israël, le carré Uranus-Pluton affectera, durant la période 2012-2015, le zone critique du carré Soleil-Mars et du sesqui-carré Soleil-Neptune : en juillet 2012, Jupiter vient activer ces dissonances ; en décembre 2014, Saturne est de la partie ; enfin, en août 2015, c’est le trio Jupiter-Saturne-Pluton qui tombe sur la même zone.

Enfin, il conviendrait de suivre de près les évolutions dans les trois puissances sunnites que sont la Turquie, l’Égypte et l’Arabie Saoudite : cela fera l’objet d’une de nos prochaines « Chroniques ».

 

J’arrête là l’évocation des travaux magistraux de Charles Ridoux et vous engage vivement à en élargir et à en approfondir l’étude en allant sur son site, en étudiant les cartes du ciel qu’il y publie et en consultant les ouvrages qu’il y cite en référence.

Cela dessillera peut-être les yeux d’un certain nombre de nos compatriotes qui semblent ignorer superbement – entre autres réalités désagréables – le danger mortel pour notre civilisation (déjà mal en point) que constitue cet Islam dont l’importation-invasion-colonisation est si généreusement financée de nos deniers et qui« est en train de gagner, de façon subreptice, la société française [qui] s’inquiète de voir les capitulations de la République face à l’islam [….] la substance du pays a été modifiée davantage en quelques années qu’en plusieurs siècles d’Histoire ».

Bref, après le grand « frère » soviétique, grand ami de la France, qui, par parti communiste interposé, poignardait notre armée dans le dos du temps des guerres coloniales, nous devons contrer vigoureusement l' »allié traditionnel » d’outre-Atlantique qui n’a rien trouvé de mieux que de favoriser l’islamisation de l’Europe pour l’empêcher de se constituer solidement.

Mon Dieu gardez nous de nos « frères » et de nos « amis » et laissez nous le soin de nous débrouiller avec nos ennemis déclarés.

Et, puisque c’est toujours la période des vœux et des étrennes, je vous offre en prime un petit article de Roland Hureaux, normalien, agrégé d’Histoire, diplômé de Sciences Po, Haut Fonctionnaire, économiste, essayiste, qui nous livre une troisième approche des forces à l’œuvre pour nous détruire en tant que civilisation et nation et surtout qui nous indique clairement pourquoi « on » a déclaré la guerre aux cultures, aux civilisations, aux nations et quel est l’enjeu de cette guerre ouverte ou sournoise et larvée.

 » Le mariage pour tous », en réalité « mariage pour personne » puisque l’objectif est sa dénaturation, s’inscrit dans une stratégie de destruction des repères nationaux que les stratèges du pentagone appellent « stratégie du chaos ».

Comme l’explique Roland Hureaux, ici la destruction de ces repères passe par  le développement illimité d’organisations comme l’Union européenne,  le  libre-échange généralisé, la multiplication des normes mondiales qui s’imposent à la législation des États (les droits des homosexuels en font partie), l’extension de l’ « ingérence humanitaire »,  la casse des États qui voudraient maintenir une volonté propre forte face au  nouvel ordre mondial, mais aussi la marchandisation de l’éducation réduite à la formation d’une main d’œuvre immédiatement employable, l’affaiblissement de la culture générale, et du sens de l’histoire.

Au terme de ce processus : l’individu atomisé ne connaissant d’autre loi que celle du marché, inapte à toute action collective, grain de sable  d’une masse fongible, proie toute désignée pour les entreprises du grand capital international qui exige sans cesse moins de solidarité, moins de protection sociale, moins de droits pour les travailleurs  pour qu’ils se défendent dans les États, moins de droits pour les États  pour qu’ils défendent leurs travailleurs dans le marché mondial.

Les partisans les plus déterminés du  « mariage pour tous » ne  cachent plus que par derrière leur  revendication,  c’est une abolition pure et simple du mariage qu’ils visent, d’abord parce que,  défini pour un « genre »  indifférencié, il n’aura plus de sens,  ensuite parce qu’à terme, les obligations qui le structurent (solidarité financière, stabilité,  fidélité) tendront à se dissoudre. »

Voilà donc trois témoignages pour le prix de deux, mais, quand on aime on ne compte pas, n’est-il pas ?

Qu’ajouter à tout ce qui vient d’être exposé ici par trois éminents observateurs de l’évolution de nos sociétés et qui vient éclairer les perspectives 2013 d’une lumière très crue  ?

Un certain nombre de considérations personnelles que, dans la suite de cet article, je m’efforcerai à mon tour de dégager pour vous proposer quelques pistes de réflexion.

Peut-être alors pourrons-nous commencer à lever un peu le voile sur la période dans laquelle nous sommes en train d’entrer.

A très bientôt donc.

LSM


[1] L’immigration-invasion de peuplement qui nous transformera demain en un nouveau Kosovo ou un nouveau Liban, la promotion des déviations sexuelles jusque dans les enceintes de nos écoles et collèges, le massacre exponentiel des innocents qu’on appelle pudiquement « IVG », le pseudo-mariage de duos entièrement fermés à la procréation, la complicité active de nos responsables et élites intellectuelles à ce vaste programme d’autodestruction morale, spirituelle et physique, sont les signes manifestes que nous avons abandonné toute volonté de survivre et de « persévérer dans notre être« .

[2]  La « biopiraterie » est « l’appropriation des savoirs ancestraux des peuples autochtones par des sociétés commerciales dans le domaine de l’alimentation, de la cosmétique ou de la pharmacie. Cela est ressenti comme le pillage des pays du Sud « . Définition que nous devons à Hubert Reeves.

[3] « Mal de Terre« , Seuil, 2003.

[4] Il s’agit, on l’aura compris du fameux « principe anthropique » que nous devons à Brandon Carter, astronome de l’observatoire de Meudon, qui, en 1974, affirma que les propriétés de l’univers observé sont le signe de la présence de l’homme. Cela a fait couler beaucoup d’encre….

[5] Ce « seules » est essentiel bien sûr, car il est bien évident qu’on ne saurait mépriser la raison et la liberté. Mais, abandonnées à leurs seules dimensions, privées d’un cadre de référence plus vaste et moins subjectif, elles se sont dénaturées, ont érigé l’arbitraire baptisé « esprit critique » en valeur suprême et ont donné naissance aux  aberrations que dénonce Frédéric Lenoir dans son livre. Au moment même où je rédigeais ce passage de mon article, j’avais entrepris depuis quelques jours, la lecture d’un ouvrage récemment paru de Jung, inédit jusque là, « Le Livre Rouge- Liber novus » (Editions L’Iconoclaste – La Compagnie du Livre Rouge). Et p.80 de son Introduction, je lis les lignes suivantes :  » Jung considère que l’époque de la raison et du doute sceptique inaugurée par la Révolution française a étouffé l’irrationnel et le religieux. Ce phénomène a eu de graves conséquences, puisqu’il a provoqué cette explosion d’irrationalisme qu’est la guerre mondiale. Reconnaître l’irrationnel en tant que facteur psychologique est donc une nécessité historique. L’acceptation des formes nées de l’irrationnel est un thème central du Liber novus « 

Comme on s’en est aperçu en lisant les pages précédentes, l’étouffement de « l’irrationnel et du religieux » voulu par les « Lumières » ne s’est pas contenté de provoquer par contrecoup l’explosion irrationnelle des guerres, des révolutions et des idéologies (une idéologie n’est-elle pas le symptôme d’une raison submergée par des facteurs irrationnels qu’elle nie et qu’elle ne peut donc intégrer ?) mais a abouti à l’exact contraire du programme qu’il était chargé de réaliser : au lieu d’ apporter le bonheur aux hommes par les progrès de la déesse Raison, il est en train de nous conduire à l’empoisonnement généralisé de la planète, à la destruction de la biodiversité et à la fin de l’aventure humaine. Pour ne rien dire de la puissance destructrice capable de réduire plusieurs planètes comme la nôtre en cendres, qui git dans nos arsenaux nucléaires. C’est  le châtiment de Prométhée poussé à ses sévérités extrêmes.

5 réponses à to “2013 : Le début de la fin ??? – Première Partie –”

  • BLASI Alain:

    C’est une mise au point introuvable dans nos médias et avant-garde intellectuels. C’est atrocement pertinent mais l’espérance se faufile par des canaux improbables, toujours. Le Slalom échevelé entre toutes les occasions de désèspérer de l’espèce s’effectue en douce et en dépit de touts les stratègies pour l’anéantir.
    Cependant on est bien obligé en vous lisant qu’une orchestration supérieure est à l’oeuvre,littéralement impensable parce qu’on ne veut pas le penser. On se moque des maniaques du complot pour déconsidérer l’idée de complot. Et s’il y en avait un mais alors si balèze que psychiquement l’humanité actuelle aurait toutes les peines du monde à l’intégrer et qu’une résilience planétaire serait à inventer?

    • D’accord pour l’Espérance, cher Monsieur Blasi, mais contrairement à l’espoir elle ne peut être que d’ordre surnaturel. Je ne vois aucune volonté humaine qui puisse venir à bout des tribulations dans lesquelles nous sommes engagés et qui puisse inverser le cours des choses vers plus d’amour et de considération pour les hommes tels que le Créateur les a voulus, vers plus d’élévation et de santé morale, de respect de la Nature dont toute une part de nous mêmes, la part vivante et charnelle, fait intégralement partie. Il nous faut donc compter sur un événement proprement eschatologique pour nous tirer du piège dans lequel nous sommes tombés et qui nous mène tout droit à l’enfer sur terre. Frédéric Lenoir dans son livre consacre de nombreuses pages à montrer tous les progrès qui ont été faits et qui sont encore accomplis dans la voie du bien et du respect de notre Terre-Mère, parallèlement à tout ce qui peut nous alarmer. C’est de l’espoir pas de l’Espérance. Car si nous mettons en balance le bien accompli ou réalisable et le mal déjà accompli et surtout le potentiel de mal encore à venir que nous ne pourrons pas éviter tant le cours des choses dans un certain nombre de domaines paraît irréversible, il est bien clair qu’il ne nous reste que la foi et la prière sur lesquelles nous appuyer vraiment. Ce qui n’empêche pas l’action bien entendu. C’est bien Jeanne qui disait : « les hommes batailleront et Dieu donnera la victoire« . Mais aujourd’hui il ne s’agit de combattre quelques milliers d’envahisseurs Anglais, mais – outre le combat que nous aurons à mener contre des invasions ô combien plus massives – il s’agit d’abord de combattre contre nous mêmes pour nous affranchir des aberrations qu’on nous a mises en tête et qui conduisent l’ensemble de l’humanité, partageant désormais les mêmes illusions que les nôtres, à l’abattoir.

      Côté complot, il existe bel et bien. Sous sa forme initiale, matrice de tous les complots à venir, il se manifeste déjà au jardin d’Eden sous la forme du Serpent qui propose aux hommes de participer à un complot qui les fera « comme » des dieux. C’est l’apparition du mal absolu, celui qui enfantera tous les autres. Il a un nom : la haine de Dieu, la subversion, la négation des différents degrés (ontologiques entre autres) qui hiérarchisent la Création. L’érection de l’inférieur à la place du supérieur : l’orgueil, la prétention de la créature à s’affirmer l’égale du Créateur puis à penser pouvoir s’en émanciper. Toutes les formes du mal, quelles qu’elles soient – à mon avis – respectent ce même schéma de l’inversion des valeurs car c’est le schéma même de départ inspiré aux hommes par le « Malin ». Si Dieu n’existe plus, on peut tout faire. Et actuellement on peut tout faire…jusqu’à nier une des réalités les plus fondamentales de la nature humaine : sa sexuation condition biologique de la parentalité. Même Lucifer n’y avait pas pensé.
      Depuis Eden, le complot a pris de multiples formes locales et temporaires mais sans jamais avoir pu établir son emprise de manière radicale et totale sur les sociétés. L’irruption – proprement miraculeuse – du Christianisme semblait même lui avoir porté un coup fatal. Mais c’était méconnaître les Ecritures qui prévoient une période d’obscurcissement total de la Vérité sur Terre avant la Parousie qui la rétablira. Image symbolique certainement pour certains, mais le symbole n’est-il pas là pour nous mettre sur le chemin d’une réalité que nous ne pouvons percevoir autrement ?
      Ce fut le rôle des Lumières (et de leur « ombre » le complot maçonnique instaurant le culte de l’Homme, à la place de celui de Dieu ) que d’initier cette dernière phase du complot initial : plus besoin de l’aide de Lucifer. Grâce à la « raison » et aux Droits de l’Homme Sans Dieu (DDHSD) les hommes allaient enfin assurer leur bonheur définitif, épanouir leur nature véritable…et recréer l’Eden qu’ils avaient dû quitter.
      Il suffisait de faire la « révolution ».
      Le « complot » prit alors la forme de toutes les idéologies – officielles et/ou occultes – qui prétendaient faire l’impasse sur les rapports de filiation entre les hommes et un Dieu qu’elles combattaient férocement (ce qui était encore une façon de Lui rendre hommage, car de même qu’on ne peut éteindre le soleil mais seulement s’en protéger, on ne peut nier la vérité mais seulement la combattre).
      Ainsi, au XIXème siècle le « complot » mit-il deux fers au feu, de façon à s’assurer la plus large adhésion des peuples : le socialisme (qui instrumentalisait l’envie, la rancoeur, l’attrait pour la transgression) et le libéralisme (la jouissance, la cupidité, l’indifférenciation morale du « marché » ). Bien sûr naissaient et disparaissaient toutes sortes de chapelles et de mouvements plus ou moins secrets à prétentions politique, nationalistes ou autres : les illuminati, les carbonari, la « main noire » que sais-je encore, en sont des exemples particuliers.

      Nous en sommes au dernier avatar en date : on peut l’appeler le mercantilisme généralisé ou le mondialisme, au choix. C’est le plus terrible car ses objectifs avoués satisfont aussi bien les revendications du socialisme que les attentes du libéralisme. Les hommes, dépouillés de toutes les appartenances culturelles qu’ils avaient mis des siècles à élaborer, sur lesquelles se fondaient leurs identités et qui faisaient de l’humanité comme un immense jardin des religions, des arts, des langues, des littératures, des architectures, des modes de vie, des coutumes, des savoir-vivre (pensez aux ravages de la « révolution culturelle » en Chine, à ceux des talibans qui s’en prennent à toutes les oeuvres d’art au nom du Coran) ont été transformés en une gigantesque masse de consommateurs-producteurs chargés de faire tourner le super-marché mondial qui plonge notre monde quotidien dans une effroyable uniformité; un monde où l’on n’utilise que les quelques centaines de mots d’anglais nécessaires aux échanges commerciaux; un monde où toutes les transgressions et ignominies seront peu à peu « libérées » pour peu qu’elles créent de nouvelles convoitises alimentant le marché, qu’elle fassent produire-vendre-consommer, produire-vendre-consommer, produire-vendre-consommer jusqu’à ce que mort s’ensuive, pour le profit de quelques uns : ceux qui sont à la tête d’un complot dont ils seront eux mêmes les victimes un jour ou l’autre car – et c’est là mon Espérance – le Bien, le Beau, le Vrai finiront toujours par triompher. En attendant nous sommes entrés dans l’Enfer de Jérôme Bosch à l’échelle planétaire.

      Certes de tes sujets mériteraient des approfondissements dignes des plus vastes intelligences. Il faudrait être Dante, Goethe, Balzac ou Hugo pour rendre compte de cet im-monde moderne dans lequel nous vivons et qui justifie tant notre désespoir que le recours à la vertu d’Espérance.
      Vous me pardonnerez – je le sais – de ne pas être à la hauteur du sujet mais j’ai simplement essayé de vous dire ce que votre commentaire m’inspirait.
      Bien à vous

      LSM

      B

  • BLASI Alain:

    Encore tout à fait d’accord! Mais ce satané serpent, ce tabou des tabous il existe!! Mais en parler c’est se flinguer intellectuellement. A moins de le traiter sous la forme édulcorée du « mythe ». Dante, Victor Hugo, Balzac ont largement pressenti l’emprise insidieuse de ce « mythe ».

    PS:hors sujet? Pas tant que ça!

    Le sentiment de faire partie d’un ensemble universel harmonieux, d’apparetenir à une unité cosmique est un piège pour gogos de la « spiritualité » marchande, ultime avatar d’un libéralisme totalement dingue qui s’emploie à vouloir vendre… la mort, clés de la NDE offerte à chacun aussi facilement qu’on a accordé l’IVG..

    Bien à vous

    • Bonsoir,

      « Se flinguer intellectuellement » dites-vous ? En paraphrasant un peu Courteline, ne pourrait-on pas vous objecter que « passer pour un illuminé aux yeux (et aux oreilles) des rabougris du ciboulot, est un plaisir de fin gourmet » ? Courteline, lui, visait les « imbéciles » ce qui pourrait paraître arrogant et peu charitable dans notre cas…je préfère les rabougris.

      Oui, nous avons connu le cas extrême des cinglés du « Temple Solaire » qui se laissaient flinguer en groupe pour aller transiter (disaient-ils) sur je ne sais quelle étoile ou planète !
      C’est un des avatars de la psychologie junguienne quand elle est mal digérée : elle nous envoie sur les étoiles. C’est quand même mieux que la psychologie freudienne qui, elle, nous enferme à vie dans les chiottes.
      Rions, tant que nous en avons encore le loisir.

      Bien à vous

      LSM

  • Michele Barsac:

    Il est fortement conseillé de revoir et de se référer également à ses classiques italiens : PIRANDELLO entre autres – toujours d’actualité – pour élargir la bêtification hexagonale .

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