Bonjour, M. Saint Martin,

Un ami médecin qui a souvent fait appel à vos services pour lui et ses patients, nous a recommandé de faire établir l’étude du thème natal de notre petite fille, Clara, qui est née le 17.06.2012 à 20.25 à l’étranger, dans la ville de X……..en Y……

Nous sommes tout prêts à suivre ce conseil car mon épouse et moi-même avons quelques connaissances en la matière et reconnaissons la validité de cette démarche, mais ce que nous voudrions savoir c’est ce qu’ une consultation pour un enfant peut avoir de spécifique par rapport à une consultation pour adulte.

Vous remerciant par avance des précisions que vous voudrez bien nous donner, nous vous assurons de toute notre considération.

A. B-D


Ainsi que vous me le demandez, je vais procéder à une exploration générale du thème de Clara…., née le 17.06.2012 à 20H25 à X….. en Y……

Mais, auparavant, je vais vous dire comment j’envisage une consultation pour un enfant et ce que cette consultation peut avoir de spécifique par rapport à une consultation pour adulte responsable de lui-même.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes imaginent, il n’est pas question d’enfermer un bébé de quelques mois dans un tissu de « prédictions » implacables qui le suivraient – ou plutôt le précéderaient – toute sa vie.

J’ai une autre conception du thème de naissance et, partant, de la portée exacte du travail anthropocosmologique qui m’est inspirée par mes recherches philosophiques et psychogénéalogiques.

 Disons, pour faire court et simple, que le thème représente l’ensemble des conditionnements nécessaires qui accompagnent un nouvel être humain à sa naissance et qui rendent compte de son « héritage ». Un peu comme on peut dire que chacun de nous naît avec un certain capital génétique qui est ce qu’il est et sur lequel il a peu de prise. Mon travail consiste donc essentiellement à rendre compte aux parents de la somme des dispositions originelles de leur enfant, des « cadeaux » (sans oublier les cadeaux empoisonnés) que  les fées ont déversés sur son berceau pour qu’ils puissent en tenir compte du mieux possible dans leur éducation.

Ici, le capital est d’un ordre plus subtil et plus vaste que le capital génétique évoqué plus haut. Il s’agit pour chacun de nous de prendre conscience que nous faisons partie intégrante d’un ordre cosmique qui se déploie tout au long du temps et dans lequel nous devons nous insérer de manière unique et, l’éducation, quand elle est attentive et bien faite, est destinée à aider l’enfant dans ce travail d’insertion.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est qu’il n’y a pas l’ordre cosmique d’un côté, le système solaire de l’autre et nous d’un troisième mais bien plutôt un ordre global :

 –         qui se montre symboliquement, se donne à voir et à comprendre dans les figures du Système Solaire (c’est la tâche même de l’AnthropoCosmologie que de traduire cet ordre tel qu’il apparaît chez un enfant en termes compréhensibles pour ses parents)

–         qui s’incarne et cherche à se manifester dans l’humanité au sein de laquelle, chacun de nous est chargé de lui donner, pratiquement (corps), moralement (âme) et spirituellement (esprit) toute la richesse d’expression possible compte tenu de notre capacité à en découvrir toutes les possibilités (d’où, à nouveau, le recours à un anthropocosmologue pour nous guider, lorsque devenues adultes, nous nous posons des questions sur le sens à donner à notre existence…si nous le jugeons nécessaire).

On comprend ainsi que l’ordre ne nous est pas extérieur mais qu’il nous est intérieur comme il est intérieur à l’ensemble de la création pour en faire un « cosmos » car l’action de cette Intelligence Infinie que nous appelons Dieu, la soutient et l’anime en permanence. Et notre tâche plus particulière – en tant que co-créateurs – consiste à donner à cette création toute la richesse d’expression possible sur le plan qui est le nôtre, celui de la vie consciente d’elle-même. 

Le thème constitue donc une « forme » au sens aristotélicien, c’est à dire un plan, une feuille de route, qui nous accompagnera et pourra nous guider tout au long de la dite existence comme la carte guide le voyageur dans un pays qu’il découvre. Ce voyageur peut organiser son voyage de multiples façons, mais il ne pourra pas faire que le pays soit différent de ce qu’il est; et la carte, s’il sait la lire, lui dévoilera  les obstacles que le voyage présente ainsi que les facilités et les opportunités qui peuvent lui être offertes par le terrain, mais elle ne lui dira pas comment éviter les uns et profiter des autres. C’est à nous de trouver les solutions adéquates en toute clarté et responsabilité.

En revanche, quelles que soient les dispositions et dons particuliers du voyageur, il ne pourra jamais explorer toutes les facettes du pays qu’il pénètre (Colomb n’a jamais exploré l' »Amérique » mais une toute petite île des Caraïbes et cela a suffi pour établir sa gloire éternelle). Il en est de même pour nous; si la vie est « infinie » nous sommes, nous, des êtres « finis » (limités) et nous ne pourrons jamais en exprimer tout le potentiel créateur. En conséquence, il nous faut aider nos enfants à ne pas perdre leur temps sur des chemins de traverse mais au contraire leur tenir la main dans la découverte de leurs propres dispositions pour qu’ils en fassent les outils d’une destinée – ni heureuse, ni malheureuse car cela est d’un autre ordre – mais fidèle à elle même.

Ce qui veut dire que nous pouvons exprimer notre thème à des niveaux d’expression plus ou moins élevés et dans des domaines fort différents les uns des autres, que nous pourrons en élargir le potentiel au-delà de nos propres forces dans certains cas, le négliger totalement dans d’autres, mais sans jamais vraiment sortir du cadre qu’il nous indique et qui exprime la forme de notre « finitude » ou notre « incomplétude ». Et c’est sur ce point essentiel que l’anthropocosmologue doit réfléchir avec les parents puisque c’est ce thème natal qui nous spécifie en tant qu’individualité particulière, précise l’ensemble de nos dispositions foncières et donne à notre destinée potentielle sa couleur et sa note individuelles irremplaçables.

Mais si cette « forme » très souple mais nécessaire (au sens fort) révélée par le thème, oriente une personnalité et une destinées humaines, celles-ci vont devoir offrir une « matière » à son activité organisatrice car nous ne sommes pas de purs esprits mais avant toute chose des êtres incarnés.

Quelle est cette « matière » qui peut donner prise à la « forme » ?

C’est très simple : tous les conditionnements qui organisent notre nature purement « terrestre ».

–         D’abord le capital génétique ou bio-psycho-physique, premier de nos héritages, qui est à la base de notre identité physique, de notre tempérament et de l’ensemble de nos caractères innés.

–         Ensuite l’héritage transgénéalogique (en gros, l’histoire familiale et les expériences fortes qu’elle nous transmet) auquel, pour ma part, je suis très sensible car c’est lui qui explique nombre de nos comportements inconscients et les scénarii (quelquefois compulsifs) dans lesquels nous nous débattons sans trop savoir d’où ils nous viennent. De ce point de vue le thème natal, en tant que « condensé des chapitres précédents  » de notre histoire personnelle, s’avère un précieux fil d’Ariane pour débusquer les expériences non élaborées qui affectent toute la lignée : tout le théâtre grec est une illustration du poids que notre histoire fait peser sur nos épaules sous la forme d’un « fatum » dont nous avons le devoir de nous libérer. Et un travail en ce domaine est souvent indispensable si nous voulons éviter que nos enfants reproduisent ce que notre histoire peut charrier de pire : drames inavoués, secrets enfouis, mensonges….

–         Enfin, interviennent le milieu familial et social tel que nous le rencontrons à notre naissance avec sa culture particulière, l’éducation qui va nous être dispensée, le lieu géographique où nous venons au monde, sa culture, sa religion, son Histoire et les tribulations qu’elle imprime aux destinées humaines et enfin le jeu des relations et interrelations que notre milieu nous donnera l’occasion de nouer et qui vont si profondément influer sur notre « caractère », notre « personnalité », nos « comportements » nos « choix de vie » nos « inclinations »…et nos dérives éventuelles. Au moment où j’écris ces lignes je suis en train d’étudier une biographie de Mishima en relation avec son thème de naissance et on ne peut rien comprendre aux partis pris de cet auteur, à ses obsessions morbides et violentes, à son homosexualité, à ses choix philosophiques, esthétiques et moraux, si on ne connaît pas les conditions étouffantes dans lesquelles il a été élevé pendant les douze premières années de sa vie ainsi que l’histoire des deux ou trois générations qui ont précédé sa naissance, à l’intérieur d’une Histoire plus vaste, celle du Japon au XXème siècle. Tout ce dont son thème natal rend compte, mais de façon symbolique et cryptée.

C’est cette fusée à trois étages que le thème natal aura à piloter, d’abord en nous offrant une image symbolique de notre identité dans toute sa richesse et sa complexité, ensuite en constituant un guide pour en éclairer les différents niveaux d’expression, enfin en éclairant une ou des routes d’accomplissement possibles et même en offrant un sens à des expériences ou des crises qui paraissent, au départ, n’en avoir aucun.

Et ce sont les différences radicales que les différents niveaux d’héritages sus-évoqués introduisent dans notre histoire individuelle, cette « matière » sur laquelle s’exerce la « forme » de notre identité cosmique, qui expliquent les témoignages de vie différents que nous offrent des personnes possédant le même thème, alors même qu’on peut y distinguer une structure et des lignes de force identiques. Ce qui fait que si on nous pouvons découvrir ce qu’un enfant aura à vivre, nous ne pouvons qu’imaginer comment il sera amené à le vivre et notre tâche d’éducateur, de parents, consiste bien entendu à lui donner tous les moyens de le bien vivre et à laisser sa liberté jouer ensuite.

Ce mot de liberté m’amène à évoquer deux éléments essentiels qui nous échappent totalement – qu’on soit anthropocosmologue, psychologue, psychanalyste ou qui que ce soit qui prétende éclairer le fond ultime de l’âme humaine.

–         Le premier est le degré d’intégration d’un thème par la personne chargée de l’animer ou, pour l’exprimer différemment, le degré de présence de cette personne à elle-même, son niveau de conscience d’elle même, sa prise en compte de ses possibilités et de ses impossibilités. Bref ce qu’on appelle lucidité sur soi-même, le fameux  » gnothi seauton  » inscrit au fronton du temple de Delphes. Certains enfants ont très tôt une conscience aigüe de leur identité et de leur destinée possible. D’autres – la plupart – pas du tout.

–         Le second, pourrait être défini par cette petite note de génie personnel, cette « élection » divine qui fait que certains de nous, touchés par une sorte de « grâce » portent les potentialités contenues dans un thème analogue à bien d’autres thèmes, à leur extrême niveau d’expression et impriment à la destinée du natif une portée remarquable. Bien sûr, ceux là ont inévitablement conscience très tôt de leur destinée, de leur vocation, de leur « akène » (cette « graine » qu’ils portent et qu’ils devront faire fructifier) comme l’appelle le psychologue américain James Hillman. Ce qui fait que certains de nos enfants savent très bien et très tôt la voie dans laquelle ils s’engageront plus tard et qu’il ne faut, sous aucune prétexte, essayer de contrarier. Même si elle ne nous convient pas. Pourvu que ce ne soit pas une voie destructrice en elle même et par elle même bien entendu…. auquel cas il nous faudra essayer de redresser ce qui a été gauchi dans la constitution de cette identité, du mieux que nous pourrons.

Certes le thème, par son organisation générale, par la valorisation positive ou négative de certaines fonction/planètes en des lieux stratégiques de la carte du ciel, par le réseau de tendances convergentes qu’on peut y relever ou, au contraire, par les dualités fortement inscrites qui s’y feront jour,  le thème donc, pourra suggérer aux éducateurs et aux parents qu’ils ont affaire à une personnalité remarquable destinée à une existence remarquable. Mais seulement en potentiel, et d’autant plus qu’il s’agit d’un thème d’enfant. Il faudra bien d’autres éléments pour que le potentiel se traduise par une vie réussie (si tant est que ce concept veuille dire quelque chose). Notamment cet appel, cette vocation, cette grâce dont je parlais plus haut, qui guideront son élévation vers le statut d’adulte responsable et épanoui dans la voie que la vie lui aura inspirée. Fût-elle une vois parfaitement ascétique. Le thème de naissance de Charles de Foucauld par exemple, est très remarquable à ce propos.

Car – je reviens sur cette idée essentielle – le thème est avant tout une forme, un plan, un héritage mais aussi une proposition qui seront exploités vers un accomplissement ou non.

L’idée à retenir est que la vie (ou Dieu pour ceux qui ont la foi) attend de chacun de nous que nous ouvrions des chemins, que nous improvisions des voies d’expression nouvelles à partir d’un donné : une forme et une matière comme évoqués plus haut. Que nous reprenions une histoire (familiale, culturelle, morale, quelquefois collective, politique et même universelle pour ceux qui deviendront peut-être des guides de l’humanité)) au point précis où elle nous a été transmise, relayée par nos parents, et que nous lui inventions une suite aussi originale, aussi singulière que possible. L’idée selon laquelle un enfant est une sorte de cire vierge de toute empreinte sur laquelle le milieu et l’éducation seuls auront le pouvoir de dessiner les figures d’une destinée authentique est d’une absurdité totale que nous devons à certaines idéologies que je ne m’efforcerai pas de discuter ici.

On peut traduire cette situation de l’enfant arrivant au monde tout chargé d’un héritage, voire d’un schéma d’accomplissement, sous une autre forme; avec d’autres termes, en lui donnant une autre portée si on le désire. Pour moi chacun de nous est doté d’une âme unique (je sais que le mot « âme » fera tiquer de nombreux lecteurs matérialistes qui lui préféreront le mot « psychisme » par exemple, mais c’est mon choix d’anthropocosmologue chrétien) un principe d’animation, purement spirituel, établi à l’image et à la ressemblance du créateur – qui, de toute façon laisse sa marque d’une manière adaptée aux différents ordres de choses dans l’ensemble de la création – ce qui fait de chacune des naissances, un acte créateur renouvelé, une nouvelle expression de la Toute Intelligence Infinie, une « création nouvelle » au vrai sens du terme.

Mais, si Dieu a créé l’univers ex nihilo pour l’inscrire dans l’espace et le temps, et  s’Il se complaît à exprimer quelque chose de Lui, à travers chacun de nous,  il y a malgré tout une différence essentielle entre l’univers tel qu’Il l’a conçu et voulu dans l’absolu de Son infinie productivité, et chacun de nous à qui Il transmet la vie comme un don gratuit. C’est que contrairement à Adam, sorti tout droit de Ses mains, Il nous offre cette vie d’une manière indirecte par délégation de son pouvoir d’animation à des parents géniteurs qui nous marquent, eux aussi, de leur empreinte. Causes secondes peut-être par rapport à la Sienne mais cause efficiente bien réelle tout de même et qui marquent indissolublement notre identtité.

Notre âme est libre et immortelle et son projet est de rejoindre l’éternité, soit. Mais en s’incarnant elle se particularise, se singularise, se dés-universalise si je puis dire et elle revêt les attributs qui lui sont offerts dans le cadre de l’espace et du temps où elle s’incarne et qui ressortissent de ce que j’appelle un peu plus haut, les conditionnements terrestres. Conditionnements auxquels elle ne peut échapper, l’être humain étant un être incarné, profondément enraciné  dans un espace et un temps donnés…..à l’inverse des anges qui échappent à ces conditionnements ès qualités.

D’une manière un peu triviale on peut dire que Dieu crée constamment du neuf non pas avec du vieux suivant une formule bien connue, mais dans du vieux. en faisant de ce neuf (cette âme unique) le moyen d’une recréation ininterrompue, c’est à dire une création qui se remanie, se recompose et se revivifie en permanence.

Ce qui fait qu’il n’y a pas deux personnalités identiques, deux destinées identiques, depuis que l’être humain est apparu sur Terre alors que nous partageons tous la même condition humaine, pour parler comme Malraux ou Montaigne.

Ce qui entraîne que nous soyons à la fois parfaitement libres (un acte de création unique) et rigoureusement déterminés (qui intervient dans un terreau donné). Et, pour moi, le lieu de rencontre et souvent d’affrontement entre les intentions de l’Esprit (l’acte créateur qui précède et sous-tend cette vie que nos parents nous transmettent et qui ne leur appartient pas) et les pesanteurs des déterminations que j’ai décrites plus haut et qu’on pourrait assigner au domaine du Corps (à condition de donner au mot « corps » une acception qui rejette le réductionnisme techno-scientifique actuel) ce lieu de rencontre et d’affrontement est celui de l’Âme, celui que l’anthropocosmologue essaie d’explorer comme nous allons le voir plus avant.

Une âme, pour faire court, est comme un fil tendu entre :

–         l’appel vers une certaine transcendance (valeurs religieuses, spirituelles, morales culturelles, oblatives…) qui implique un certain degré de détachement, voire de renoncement et un désir de donner un sens à sa vie en retrouvant son origine.

–         et la pression des appétits bien naturels et bien terrestres qui nous rattachent à notre condition animale, aussi élaborés et raffinés soient-ils. Et ils le sont rarement.

L’AnthropoCosmologie a peu de chose à nous dire sur le plan de notre condition « animale » physique, c’est à dire sur celui du corps, même si elle peut nous offrir quelques judicieux conseils concernant les points sensibles de notre santé, l’hygiène de vie à respecter en fonction des corrélations possibles entre symboles anthropocosmologiques et données physiologiques, anatomiques mais aussi caractérologiques, comportementales, psychologiques. Rien que le sujet ne puisse découvrir par lui même ou en faisant appel à un médecin attentif, consciencieux et doué. Cela existe – même si c’est de plus en plus rare – j’en ai rencontré et j’en ai même formé. Bref, le domaine du corps physique appartient à la science et à la médecine, pas à l’anthropocosmologie.

D’autre part, nos discipline a peu de choses à nous dire non plus sur les volontés de Dieu sur chacun de nous. Sur Ses attentes et Ses projets, s’ils existent, car par nature ils sont du domaine de l’Esprit et les volontés de l’Esprit ne se lisent pas dans une carte du ciel. « Qui est comme Dieu ? » demandent les Ecritures…

Vouloir pénétrer ce domaine c’est vouloir voir les choses du point de vue de Dieu. Il existe quelques mégalos de cet acabit dans la profession hélas.

A tout le moins, il s’agit d’usurper le rôle du prêtre ou du confesseur, c’est à dire de la personne consacrée qui a en charge le salut des âmes qui font appel à elle. Je ne dis rien des « gourous » « maîtres » « guides » autoproclamés qu’il me paraît nécessaire – pour en avoir rencontré et fréquenté plusieurs de différents calibres – de fuir comme la peste. Ce n’est pas là non plus le rôle de l’anthropocosmologue que de s’instituer gouverneur des consciences, maître des esprits, car, en dernier ressort notre croissance spirituelle participe du dialogue que chacun de nous est en mesure ou non d’établir avec Dieu au plus secret de sa conscience, aidé par les sacrements. Pour les Chrétiens bien sûr. Mais le raisonnement est le même pour les autres formes de démarche religieuse. Dans tous les cas de figure présentés par les différents monothéismes, personne n’a ni le pouvoir ni le droit de s’immiscer dans le dialogue qui peut s’instaurer entre Dieu et Sa créature.

Ce qui implique forcément que sur les plans de la religion et de la morale, l’AnthropoCosmologie doit se manifester de manière absolument neutre. Elle ne peut en aucune façon se substituer à elles et prétendre nous dire ce que nous devons faire ou ne pas faire pour obéir à une quelconque volonté transcendante. L’anthropocosmologue n’est donc ni un médecin (pour le corps), ni un prêtre, ni un directeur de conscience (pour la vie spirituelle) et malheur à celui qui se prend pour l’un ou pour l’autre.

Alors quel est son rôle et sur quel plan intervient-elle ?

A partir de ce qui est dit plus haut, la réponse est simple. L’AnthropoCosmologie participe entièrement de l’hygiène de l’âme qu’elle est chargée d’éclairer pour donner à la personne les moyens de ses libres choix.

Elle doit simplement aider cette personne à découvrir ce qu’elle porte et la conditionne, ce qu’il lui est possible de devenir, les chemins qu’elle pourrait prendre pour accéder à sa réalisation, les moyens qui lui sont donnés dans ce but, les méthodes à mettre en œuvre. Elle nous indique donc des voies d’expression et de réalisation possibles, des champs exploratoires privilégiés grâce aux dispositions naturelles que révèle notre carte du ciel, mais elle nous avertit aussi des difficultés que nous aurons à rencontrer, des tensions qui habitent notre âme parce qu’inscrites dans notre héritage (ce que certains appellent fallacieusement le « karma« ), comme y sont inscrites aussi les multiples facettes de notre caractère, la nature de nos tendances heureuses et celles qui le sont moins.

On le voit, l’AnthropoCosmologie n’est pas une religion ou une croyance substitutive, mais une véritable maïeutique de l’identité. Le praticien doit se comporter sur le plan moral vis-à-vis de son consultant, et singulièrement dans le cas d’une consultation pour un enfant, dans le même esprit que celui qui habitait Socrate avec le jeune esclave de Menon à qui il faisait découvrir ces rudiments des mathématiques qu’il croyait ignorer alors qu’il les portait en lui. A charge pour le jeune esclave de les utiliser comme il l’entendait.

Aider quelqu’un à découvrir la composition de son âme multiple, reflet des équilibres cosmiques en un moment donné de son histoire, en le laissant libre ensuite d’utiliser ce qu’il aura découvert sur lui même comme il l’entend, c’est à dire en respectant scrupuleusement chez lui cette volonté libre reflet de celle de Dieu, telle est la tâche de l’AnthropoCosmologue.

Ce dernier point permet d’insister sur l’idée que nous ne sommes pas des mécaniques ou les pantins de quelque tireur cosmique de marionnettes, mais des créatures douées de conscience et de volonté, les deux sources où s’abreuve notre liberté. Celle-ci consistant à décider par nous même de devenir ce que nous pouvons, voire ce que nous devons être dans ce que nous portons de meilleur et dans les circonstances dans lesquelles la vie nous a placés, dés lors que nous en sommes parfaitement conscients.

On voit ainsi très clairement désormais, le rôle que le conseil anthropocosmologique peut jouer auprès des éducateurs.

Auprès des parents avant toute chose qui sont les éducateurs naturels et irremplaçables de l’enfant et ne doivent laisser ce rôle à nulle autre puissance : école, Etat, institutions multiples et variées qui soumettent la précieuse et délicate édification morale, religieuse et philosophique de nos enfants à des aprioris  idéologiques actuellement parfaitement nauséabonds. L’exemple de la France et des dérives de son énorme appareil coercitif appelé Education Nationale (alors qu’elle est en grande difficulté de seulement les instruire) structure de conditionnement à des choix idéologiques des plus contestables, est tout à fait emblématique, pour ne pas dire caricatural à ce sujet.

Ce sont donc les parents qui auront à aider l’enfant à tirer le meilleur de ce capital de départ qui lui est indiqué par son thème natal, comme c’est le rôle du « tuteur » d’aider l’arbre à pousser droit sans rien altérer de son essence pour qu’il puisse donner du fruit plus tard.

Ils le feront en fonction de leurs propres choix bien sûr et de leurs propres convictions, mais en respectant toujours la personnalité de l’enfant qui leur a été confié. Et, de ce point de vue il vaut mieux qu’ils manifestent quelque maladresse dans la façon d’exprimer leurs choix, leur valeurs, leurs idéaux (il n’y a pas de parents parfaits)….que de n’avoir ni choix, ni valeur, ni idéal à lui offrir. Car les enfants se construisent beaucoup plus sur ce que les parents « sont » que sur ce qu’ils « font » ou « disent » (C.G Jung dixit) c’est pourquoi, en quelque sorte, ils deviennent nos propres éducateurs puisque, pour pousser droit, ils nous obligent à nous tenir droits nous même et à refuser de nous avachir.

Ainsi, il n’y a pas de bonne méthode pour élever des enfants, il n’y a que de bonnes attitudes :

–         les aimer pour ce qu’ils sont et non pour ce que nous voudrions qu’ils soient pour nous glorifier nous-mêmes en en faire des « clones ».

–        les accompagner  – affectueusement mais fermement – sur leur voie et non la leur imposer aveuglément ou, pire, les laisser livrés à eux mêmes….ce qui serait la tendance générale actuelle sous la fallacieuse justification de « respecter leur personnalité » ou de « ne pas les traumatiser« . C’est cette attitude de laxisme commode, qui conduit ensuite nos « jeunes »‘à se conduire comme de jeunes barbares, en invertébrés impulsifs, grossiers et incultes (même quand ils sont bacheliers) parce qu’on ne leur a rien transmis d’essentiel sur le plan de la culture morale, religieuse, artistique, historique, parce qu’on ne s’est jamais préoccupé de nourrir leur âme, alors qu’on les bourre d’informatique et de mathématiques et  qu’ils apprennent la vie en respirant à pleins poumons et plusieurs heures par jour les émanations souvent putrides de cet égout collecteur de toutes les turpitudes humaine que constituent les programmes télé et internet.

–         mettre toujours en accord nos paroles et nos actes et vivre dans l’authenticité : le fils d’un papa voyou qui s’accepte comme voyou, aura plus de chance d’accéder à la santé psychique et à la paix de l’âme,  que le fils d’un pervers hypocrite qui prêche une morale d’autant plus rigide, qu’il la trahit dès qu’on a le dos tourné.

Dans ce rôle d’accompagnateurs, de tuteurs, d' »éleveurs » (quoi de plus beau que d’aider quelqu’un à « se tenir droit » dans l’existence, à « s’élever« , à condition qu’il ne s’agisse pas de la seule élévation sociale, mondaine qui n’est, en fait, qu’étalement horizontal ?) l’anthropocosmologue ne peut pas intervenir sur les points 1 et 3.

Ces points concernent pleinement le rôle sacré des « parents » tel que prévu dans notre civilisation occidentale depuis plus de deux mille ans.

En revanche, sa collaboration peut s’avérer précieuse quant au point 2 – celui de l’accompagnement – qui consiste à déceler le reflet et l’orientation d’une âme, la portée d’une destinée possible, pour permettre aux parents d’aider l’enfant à découvrir et à mettre en place l’héritage qu’il aura à faire fructifier dans toutes ses dimensions s’il veut atteindre à la plus haute dimension de lui même, à son plein épanouissement moral, intellectuel, spirituel, social, professionnel. Et même pour deviner quelquefois, ce qu’il porte de plus authentique, de plus original au sens vrai (« original » = être une « origine » et non un « excentrique »), et, s’il en éprouve la nécessité, pour rendre hommage à cette vie qui lui a fait de si beaux cadeaux tout en le chargeant des fardeaux qu’il ne peut éloigner et qui constituent les deux polarités de la condition humaine, puisque les uns ne vont pas sans les autres dans notre monde sublunaire.

Certes, on pourrait ajouter bien des choses encore sur l’aspect méthodologique et technique d’une consultation pour enfant, mais je crois que l’essentiel est contenu dans les lignes ci-dessus et j’espère que l’orientation qui y est exprimée vous conviendra.

Bien à vous.

LSM

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