Observez la carte du ciel de cette candidate ! On y distingue comme une sorte de corps de bataille constitué par 7 Corps Célestes (sur 10 au total je vous le rappelle) regroupés en un front sans faille sur deux signes entre l’Ascendant (Asc) dans le signe de la Balance et le Milieu du Ciel (MC) qui, lui, tombe dans le signe du Cancer.

En fait, cette concentration remarquable affecte les seuls Signes d’été (Cancer, Lion, Vierge) :

–         Le Lion, à lui tout seul, mobilise trois Corps Célestes : Soleil, Mercure et Vénus.

–         La Vierge trois aussi, d’influence moins directe sur le plan personnel : Jupiter, Pluton et Uranus.

–         Le Cancer qui réunit le MC (déjà évoqué) et Mars qui,  apparaissant à l’intersection Cancer/Lion a de quoi se manifester sur les deux plans :

–         la force de résistance d’un Mars en Cancer :  celui qui est habitué à protéger son monde intérieur, à se protéger des coups et à maintenir les positions coûte que coûte (on le trouve par exemple chez un personnage que j’évoquerai plus loin et dont toute la vie fut un long combat pour affronter et dépasser un sort contraire). C’est la position défensive du boxeur dont l’art consiste, pour une bonne part, à savoir esquiver les coups en attendant de pouvoir placer l’uppercut ou le crochet décisif.

–         et la force offensive, le courage, la superbe, la volonté passionnée, l’autorité conquérante du Lion (qualités qu’on peut remarquer, de nos jours, chez une autre femme célèbre : Brigitte Bardot qui ne s’est jamais laissé arrêter par personne, ni pour défendre les animaux, ni pour défendre ses idées…à contre-courant de la pensée dominante qui ne l’a jamais fait taire).

Le thème précédent inspirait – quelles que fussent les brillantes qualités intellectuelles du sujet – des idées de duplicité, le soupçon d’une profonde dualité, d’un mal-être liés à une sensibilité perturbée alimentant l’esprit de revanche et de révolte d’un adolescent révolté, fourvoyé dans le monde politique et cherchant à y tenir la première place. 

Rien de tel n’apparaît ici.

Le sujet est tel qu’il apparaît et, si la politique l’amène à jouer un rôle, il est évident que le rôle est taillé à sa mesure et qu’il n’implique aucune compromission possible qui pourrait l’amener à se renier. Être, paraître, penser, ressentir, choisir et décider vont ici de pair à cause de la grande unité intérieure, de la grande cohésion psychique sans faille, évoquées par le triple conjonction Soleil/Mercure et Vénus dans le même signe : le Lion, déjà fort épris de clarté par lui même….quand il n’est pas obscurci par des influences parasites comme nous l’avons déjà vu.

Hors toutes considérations politiques, je crois qu’il s’agit d’une de ces personnalités qu’on ne peut qu’aimer ou détester sans nuances car tout en elle nous dit : « c’est à prendre ou à laisser, je suis comme je suis et il faut me prendre comme telle ».

Ce Corps principal s’appuie sur Saturne en Bélier en Maison VII (les rapport aux autres) et la Lune en Capricorne (comme chez Hollande, vous vous en souvenez) en Maison III : le mental du sujet, son rapport aux idées et à son environnement. Il y a d’autres significations possibles mais elle ne nous intéressent pas ici.

Mais revenons sur cette extraordinaire valorisation des signes d’été. Que peut-elle bien signifier dans l’absolu ?

Si je m’en réfère à  l’astrologie dite « contionaliste »  qui, sous l’impulsion de Jean Pierre Nicola, a fait un excellent travail de redécouverte des valeurs de base de l’anthropocosmologie et notamment du zodiaque,  on doit accorder au sujet des qualités d’ouverture, une conscience éveillée,  une remarquable capacité de concentration et d’objectivation (pour le Lion et la Vierge surtout)[2]

Dominant dans un thème, ces signes d’été favorisent une expression lente, patiente, obstinée de la personne. L’ouverture, réelle, est cependant soumise à la prudence. Il en résulte que la capacité d’investissement, la passion même, se manifestent alors progressivement, méthodiquement dans le monde extérieur. L’ouverture va donc de pair avec la  circonspection; et la mobilisation de l’énergie ne monte en puissance que lentement pour ce focaliser sur ce qui constitue un centre d’intérêt ou une passion dominante du sujet.

Rapportées à notre personnage, ces dispositions premières évoquent le contraire même de l’amateur ou du dilettante, ce qui nous laisse présager une carrière longue (aussi longue que celle de son père ?) menée avec ténacité…

Voyons l’envers de la médaille, les éléments négatifs inévitables, toujours latents chez quelque sujet que ce soit puisque la perfection n’est pas de ce monde et que nous devons tous affronter les « ombres » projetées par nos lumières elles-mêmes.

Les attitudes de prise de distance et d’objectivation deviennent insuffisantes, problématiques au détriment du jugement et de la lucidité : le sujet colle trop à ses propres opinions qui lui paraissent évidentes.

D’autre part souffrant d’un optimisme ou d’une confiance excessive en son jugement, il se raidit dans ses positions et cela nuit à son dynamisme, à sa progression car il s’entête et s’embourbe. Cette perte de souplesse amène tout naturellement des difficultés à manoeuvrer, à s’adapter aux situations imprévues ou nouvelles, à, louvoyer quand la situation l’exige. Il ressemble alors à un papillon aveuglé par la lumière et qui se heurte aux vitres d’une réalité qu’il entend méconnaître. Sauf qu’ici la lumière qui l’aveugle c’est lui même qui l’émet et il ne s’en aperçoit pas.

Le sujet pourra souvent aussi se réfugier dans le « oui mais » qui permet sans doute de maintenir des positions par obstination, mais bloque tout possibilité de progresser. Or « qui  n’avance pas….. ». Je vous laisse conclure.

La personne ignore trop souvent la vertu de l’habileté manoeuvrière, de la souplesse et de la subtilité tactique. L’ouverture à la diversité du monde et à la multiplicité des situations étant trop étroite ou trop faussée par une vision trop subjective, sans recul,  elle empêche les retraites stratégiques qui permettent de voir venir ……N’est pas Horace qui veut.

C’est sans doute un des handicaps de Napoléon Ier qui ne sut pas faire preuve de la lucidité et de la souplesse nécessaires pour éviter de s’attaquer à l’Espagne et à la Russie, et, s’y étant attaqué, pour éviter de s’y obstiner et de s’y embourber définitivement jusqu’à y abîmer son Empire.

Autre trait de caractère négatif dans ce portrait général des signes d’été : la propension à adopter la politique de l’autruche quand les efforts patients n’ont pas donné les résultats escomptés.

En résumé, il s’agit pour les natifs marqués par les signes d’été, de ne répondre aux sollicitations extérieures qu’on fonction du besoin prioritaire de se constituer un milieu adapté où l’on soit en sécurité et à l’aise.

D’où vous pouvez facilement comprendre les positions politiques protectrices de Marine Le Pen concernant l’immigration et sa défiance devant les efforts d’absorption de notre pays par la technocratie arrogante de Bruxelles[3]. Concernant ces questions elle ne peut qu’obéir à sa constitution anthropocosmologique qui la pousse à rechercher l’équilibre entre ce que les conditionalistes appellent le milieu ambiant (ici ce serait l’Union Européeenne) et son monde intérieur : ici son pays, sa patrie, la France au sort de laquelle elle s’identifie.

En bonne Lion/Vierge, il s’agit donc de définir des limites, de distinguer des champs de compétence géographiques et/ou culturels, pour éviter déséquilibre et insatisfaction entre les deux instances : entre l’extérieur (le monde et la fédération européenne en gestation) et l’intérieur (le pays). Toute volonté d’empiètement des premiers sur le second crée des attitudes défensives, auto-protectrices et éventuellement agressives. L’image de l’animal qui défend son territoire ou celle du soldat de Verdun qui défend son bout de tranchée, sont les plus adaptées pour représenter ces dispositions naturelles aux signes d’été. L’inconnu crée inquiétude et repli; seul le temps peut arriver à développer les réflexes adaptatifs nécessaires.

Et c’est tout naturellement que les termes de « conservateur » ou de « traditionaliste » arrivent sous la plume en tant qu’ils recouvrent ce qui dans l’existence a été éprouvé par l’usage et la durée et qu’on veut voir perdurer.

Voilà, en gros, ce que nous dit l’astrologie conditionaliste et que j’ai rapporté au thème de Marine Le Pen qui, fort probablement et autant que j’en puisse juger en la voyant et l’écoutant, correspond pour une bonne part à cette caractérisation des « signes d’été ».

Et je reviens une dernière fois, tout particulièrement sur le remarquable ensemble Soleil-Mercure-Vénus en Lion, qui symbolise en fait l’intégralité du panorama mental, moral et intellectuel du sujet. On pourrait le résumer en disant que vouloir, penser et comprendre, aimer et choisir, décider et agir, tout cela se fait comme d’un seul et même mouvement et qu’on chercherait en vain une faille dans un psychisme aussi bien organisé, aussi stable, aussi profondément entier, où je ne distingue par l’ombre d’une dissimulation ou d’un calcul….autant que cela est possible chez un personnage politique, bien entendu.

Quel que soit le style de vie, le système de valeurs, la morale, les objectifs, la vision du monde que le sujet se sera construits, on peut être sûr qu’il y sera fidèle et que rien ne pourra entamer son intégrité intellectuelle et morale.

C’est une qualité assez rare pour être relevée car elle peut amener le meilleur lorsque le sujet s’est choisi un ensemble de valeurs qui soient compatibles avec les exigences de la morale naturelle de la vie collectives car il pourra y développer ses qualités de courage, de lucidité, de volonté et de générosité (sans oublier les éventuels défauts signalés plus haut)

Comme elle peut amener le pire si le sujet s’est déterminé pour des objectifs contraires au bien commun, car alors ses buts contestables trouveront les mêmes éminentes qualités à leur service, la même fermeté, le même courage, le même panache que dans le premier cas.

C’est ainsi qu’il y a des politiques corrompus, très laxistes sur le plan de la morale et des mœurs (nous en avons à revendre) comme il y a des gangsters très chatouilleux sur le plan de l’honneur et de la parole donnée.

N’oubliez pas que le thème nous donne une « forme » et non un « contenu ». Celui-ci appartient pour une large part à ce qui est « libre » en nous et il conditionne nos grands choix. Ce choix appartient au mystère d’une vie, à l’appel auquel elle entend répondre.

Quoiqu’il en soit et quoi que le lecteur puisse penser de cette analyse où j’ai éloigné toute considération politique ou idéologique et que je mène de manière aussi objective qu’il m’est possible en fonction de mes connaissances, je considère que ce thème est un des plus beaux thèmes d’homme (en fait de femme) politique que j’ai eu l’occasion d’analyser tant il reflète de force et de dignité. Et j’en ai analysé quelques uns…….

Revenons maintenant aux deux piliers sur lesquels reposent les superstructures du Lion que je viens de décrire. Ces deux piliers étant constitués par  la Lune en Capricorne (harmonique à Jupiter en Vierge et à Vénus en Lion) et Saturne en Bélier comme vous vous en souvenez peut-être.

J’ai déjà beaucoup parlé de la Lune en Capricorne à l’occasion de l’analyse du thème de François Hollande. Les dispositions basiques sont les mêmes bien sûr. On peut parler de sensibilité contrôlée, disciplinée, d’un rapport à la vie ressenti comme problématique et peu gratifiant dès l’enfance; rien ne paraît donné dans cet « exil » de la Lune en Capricorne, tout doit être protégé, retenu, défendu contre le froid de l’hiver (la rigueur du monde en fait). Ce qui peut provoquer en contrepartie un intense désir d’exister, de s’accrocher et de développer toutes les qualités intérieures qui permettront d’assumer les contraintes et les devoirs les plus exigeants. Car il y a à la fois de l’exigence et du sacrifice dans une Lune ainsi exilée du chaleureux et protecteur univers cancérien (celui de la matrice, de la mère, de la famille) et transplanté en plein froid de l’hiver avec ses connotations sévères et hostiles. Il s’agit toujours de résister à un destin contraire avec une Lune en Capricorne; quelles que soient les formes qu’aient prises ce destin.

Nous avions tenté de rapporter cette Lune capricorne aux conditions familiales qu’avait connues François Hollande, qui n’ont pas toujours été très faciles sans doute. Chez Marine Le Pen, on peut les deviner assez facilement quand on considère que toute son enfance s’est déroulée dans l’ambiance de drame et de violence subie, liés aux activités d’opposant politique de son père. Opposition qui avait entraîné le plasticage de l’appartement familial et dans lequel JMLP avait perdu un œil. Bonjour l’ambiance. Et je crois que du côté des rapports parentaux, cela ne devait pas non plus être la joie tous les jours.

Sans oublier le côté psychogénéalogique qui nous rappelle que Marine avait un grand-père marin breton, vivant dans une maison au sol de terre battue et qui est mort en mer ayant sauté sur une mine allemande en laissant un jeune orphelin derrière lui. Et on peut penser qu’en remontant dans le passé généalogique on trouvera des conditions de vie aussi rudes qui trempent le caractère…ou détruisent les personnes.

Bref, suivant l’image que j’avais utilisée pour F.H, Marine Le Pen a dû pousser et avancer par vent contraire.

Mais les choses ne se  présentent pas chez elle comme chez son concurrent et adversaire politique déjà cité. 

D’abord la Lune forme un trigone à Saturne (maître du Capricorne justement) ce qui me paraît devoir renforcer les valeurs traditionnelles de maîtrise de soi, de rigueur, de sens du devoir et de réalisme. On trouve de tels aspects (qui viennent en contrepoint des valeurs solaires du Lion déjà décrites) chez des personnes fiables, qui tiennent beaucoup à rester en accord avec elles mêmes, qui recherchent une certaine probité, qui font preuve d’exigence personnelle. Certains y voient une prédisposition pour la philosophie et la sagesse. On pourra remarquer un tel aspect chez Louis XVI qui représente l’idéal du souverain en matière de morale, de probité et de sens du devoir,  si saint Louis incarne, lui, l’idéal spirituel.

Remarquons que Saturne se trouve en fin Bélier (en « chute » diront les puristes).

Le Bélier est le symbole même de l’activité, du dynamisme et de la force quasi animale qui pousse les individus à exister, à avancer, à agir, à s’affirmer, voire à se battre quand c’est nécessaire. Saturne, lui, est un principe de maturité, de recul, de doute, de retenue et de contrôle. On conçoit donc l’antinomie entre le Bélier (tout feu, tout flamme) et Saturne (tout roc et tout glace) : d’où cette notion de « chute » pour Saturne car il doit développer ses qualités sur un terrain qui leur demande une totale conversion (comme on parle de « conversion » professionnelle bien sûr).

De plus Saturne est en conflit avec Mars justement maître du Bélier. Un des conflits les plus durs à assumer en anthropocosmologie.

Remarquons à ce propos le jeu subtil entre ces trois Corps Célestes : la Lune est chez Saturne et en accord avec lui – lui est chez Mars et en conflit avec lui – et Mars est chez la Lune en Cancer.

Nous sommes ici au cœur de la problématique principale de ce thème. Une problématique très dure mais – suivant le fameux principe de résilience mis en exergue par Boris Cyrulnik – qui constitue sans doute la force principale de MLP.

Essayons de synthétiser.

La Lune en Capricorne et Mars en Cancer vont dans le même sens avec des moyens différents : celui de la défense et de la conservation du sanctuaire. Que ce sanctuaire soit familial, social, national ou qu’il représente l’intimité profonde du sujet dont il faut défendre l’accès, cela a peu d’importance car l’attitude du boxeur ramassé sur lui même en attendant l’assaut, image que j’ai utilisée plus haut, est la même dans tous les cas. MLP est anthropocosmologiquement « conditionnée » à préserver, conserver et défendre quelque chose. Comme nous connaissons son discours politique, nous savons de quoi il s’agit sans trop de peine : la nation, la souveraineté, l’identité françaises.

Tâche qui demande une sacrée détermination et une grande résistance dans les circonstances actuelles où une partie de l’opinion, une grande part de la classe politique et l’intégralité des superstructures économiques et financières ne jurent que par l’ouverture tout azimuts et l’instauration d’une société multiculturelle rejetant toute mesure de préservation de l’identité nationale considérée comme du « racisme ». Soit par conviction idéologique, soit par pur calcul économique, soit par pure ambition politicienne.

C’est là qu’intervient le carré de Saturne à Mars dans les circonstances précises que nous venons de décrire. Je vous ai dit que c’était une des configurations les plus difficiles à vivre et chaque auteur y va de son petit couplet pour en dénoncer les funestes manifestations :

–         « agressivité et avidité…penchants plus ou moins immoraux ou « mauvais » caractère. Conflit entre impulsion et inhibition, entre une tendance maniaque et une tendance mélancolique, entre un désir et un renoncement, une force et une faiblesse… »  c’est l’analyse d’André Barbault.

–         « Précipitation, entêtement, agitation continuelle, humeur récalcitrante, humeur belliqueuse, violence »  pour Reinhold Ebertin.

–         « …sensibilisation aux difficultés de l’existence, à ses incertitudes et dysfonctionnements, mais aussi à ce que toute expérience peut permettre de comprendre ou découvrir. Il s’y oppose deux façons de vivre sa situation : l’une réactive et immédiate, sans perspectives…l’autre plus spéculative, ouverte sur un devenir incertain, sur des possibles indéterminés, sur des valeurs peu communes… etc ».

Nous devons ces excellentes lignes à Bernard Blanchet : « Les Aspects Astrologiques« .

Bernard Blanchet – à la différence de Barbault qui se fie aux seules aperçus psychanalytiques et aux correspondances qu’il en établit avec les symboles astrologiques; Reinhold Ebertin qui se contente d’une association hypothético-déductive des valeurs de ces deux fonctions dites « néfastes », qui se potentialisent à cause du « carré » conflictuel –  Bernard Blanchet, donc, fait apparaître clairement les enjeux véritables d’une telle dissonance qui n’est ni positive ni négative en soi mais qui pose un problème à résoudre et qui doit être jugée suivant l’ensemble dynamique du thème (comme toujours) et suivant la conscience que le sujet a pris de ses propres conflits. Ce que nous ignorons bien entendu, ne faisant pas partie des intimes de MLP.

Tentons notre propre interprétation en situation.

Saturne ici est la planète la plus « occidentale » du thème. C’est donc à travers elle que le sujet établira ses rapports avec le monde extérieur, avec les autres.

Position qui exprime la prise de distance, quelquefois la difficulté à s’engager (notamment dans le mariage qui est souvent problématique). Pourquoi ?

Dans le premier cas, le sujet à peur et entend se préserver; il préfère renoncer, se protéger que de subir un échec tant il doute d’une possibilité d’accomplissement en ces domaines. C’est souvent confirmé par les rapports que ses parents ont entretenus entre eux. Ici c’est particulièrement évident (Saturne gouverne la IV, la famille et nous savons que JMLP à divorcé d’avec sa première épouse et que les choses se sont très mal passées).

Dans le second, le sujet est amené à renoncer à tout accomplissement personnel dans ce secteur dévolu à la vie conjugale ou relationnelle, pour se consacrer à un domaine ou assumer une responsabilité qui lui tiennent à cœur et qui l’amènent, pense-t-il,  à devoir mettre sa vie personnelle au second plan.

Je l’ai dit, Saturne travaille ici pour le compte de la Maison IV : famille, foyer, maison, origines, racines généalogiques, avec leurs extensions naturelles : la cité, la nation, la politique.

Saturne est en Bélier et la fonction-planète contrôle et freine le dynamisme naturel de cet exubérant signe de Feu, l’oblige à ronger son frein, à s’introvertir, à se concentrer. Avec un double risque :

–         soit de déviriliser le signe et d’éteindre son courage et son enthousiasme naturels (c’est le cas de Baudelaire par exemple, l’inventeur du « spleen »)

–         soit de le libérer sur un mode anarchique, violent, destructeur (la cocotte minute qui vous explose à la figure…et à celle des autres : Savonarole en est un exemple type)

Le but véritable ici, consiste à ne pas disperser ses forces dans un désir de réalisation ou de satisfaction immédiates, mais de les contenir, de les « secondariser » en vue du long terme, car on pressent – et par l’instinct et par la lucide appréciation de la réalité – que cette réalisation sera longue et difficile, parsemée d’obstacles qu’il faudra dépasser un à un. « Avoir du fil à retordre » « tenir bon la rampe » « ne pas lâcher le manche après la cognée » sont des expressions populaires qui expriment bien les rapports Bélier/Saturne.

Et c’est là où intervient Mars, lui aussi contrôlé par le carré de Saturne mais solidement installé à la culmination du thème, à l’entrée du Lion et appuyé sur les valeurs inflexibles et volontaire d’Uranus en Maison XII (celle des épreuves qu’on est décidé à affronter en tendant toutes ses forces). Un Mars qui est aussi porté par les valeurs de foi ou d’idéal de Neptune en Scorpion comme chez de nombreux militants d’une cause quelconque.

Certes quelques une des aspérités de caractère telles que décrites par Barbault et Ebertin, sont tout à fait probables et l’héritière d’un tel thème ne doit pas toujours être facile à vivre. Mais, en revanche, quelle force et quelle ténacité, quel sens élevé de sa « mission » et de son devoir !

 En étudiant cette carte du ciel, j’ai éprouvé une sorte d’impression de déjà vu; une réminiscence anthropocosmologique concernant des femmes historiques, qui cherchait à remonter à ma mémoire.

Etait-ce Jeanne d’Arc ?

Non, pas tout à fait, bien qu’elles aient en commun

–         la valorisation du Lion (à l’Ascendant chez Jeanne, signe solaire chez Marine)

–         une conjonction Soleil/Vénus (en Capricorne chez Jeanne, en Lion chez Marine)

–         et une harmonie Lune/Jupiter (une conjonction en Balance chez Jeanne, – qui plus est, tombant exactement sur l’Ascendant de Marine ! – et un trigone chez Marine, entre le Capricorne et la Vierge).

Etait-ce Elisabeth 1ère, première souveraine à régner sur l’Angleterre et l’Ecosse (si on excepte le règne assez court – cinq ans – de Marie Tudor en un temps où l’Ecosse était encore indépendante) ?

Non, les thèmes sont très différents, même si on peut constater quelques subtils rapprochements possibles.

Il s’agissait en fait de Catherine de Médicis (j’aurais aimé procéder à une comparaison avec le thème de sainte Geneviève qui m’a complaisamment fourni un titre pour cet article, mais hélas je ne possède pas ses données de naissance).

–         Catherine et Jeanne d’Arc possèdent la même conjonction Lune/Jupiter (facteur de grande popularité et de très sûr instinct collectif) entre 10 et 15 degrés de la Balance. C’est à dire sur l’Ascendant de Marine à 15° de la Balance aussi. Coïncidence remarquable n’est-il pas ?

–         Les trois femmes naissent avec une très favorable conjonction Soleil/Vénus, charme, sociabilité, souplesse, sens de l’opportunisme politique et de la diplomatie : en Capricorne chez Jeanne, en Taureau chez la gourmande Catherine, en Lion chez Marine. Comme par hasard, trois signes de grande fermeté.

–         Des rapports Lune/Saturne (sens des responsabilités et contrôle de soi) chez Catherine et Marine.

  • Chez la première l’aspect est très dissonant. Il explique le long veuvage et les voiles noirs portés de la date de la mort de son mari à sa propre mort.

  • Chez la seconde, Saturne est harmonique aussi bien à la Lune qu’à Vénus et on peut augurer que la candidate est à l’abri de ce genre de drame. De plus l’harmonie entre la Lune et Vénus vient encore ajouter au potentiel de charme, de féminité heureuse, de sensibilité déjà indiqué par l’Asc Balance. Harmonie que Catherine, « petit pruneau d’Agen » éternellement en deuil, ne possédait pas.

–         Mais surtout ce sont les rapports Mars/Saturne qui avaient attiré mon attention et ont rappelé le thème de Catherine à ma mémoire :

  • Toutes les deux ont un Mars en Cancer dans deux Maisons formant « axe » : la IV chez Catherine, la X chez Marine. La IV évoque la famille et il est évident que Catherine ne pouvant régner par elle-même a régné à travers sa famille, ses fils et sa fille (mariée à Henri IV). Alors que Marine se présentant à une élection pouvant l’amener à présider la France, a tout naturellement Mars dans le secteur de la carrière et des fonctions officielles : le secteur X.

  • Chez les deux Mars est en conflit avec Saturne : opposition chez Catherine – carré chez Marine comme vous vous en souvenez. Toutes deux ont dû affronter (et cela ne fait que commencer pour Marine si on excepte ce qu’elle a pu déjà endurer à travers son père) des circonstances extrêmement contraires, affronter un destin contraire. Que Catherine, pour sa part, a su dominer avec génie, même si, en définitive, la lignée des Valois s’est éteinte après la mort de ses quatre fils.

  • Mais chez les deux aussi, nous trouvons des harmonies Saturne/Vénus qui manifestent grande fiabilité et fidélité en matière de sentiments. La fidélité de Catherine à son mari (déjà soulignée) et à ses fils est proverbiale. Celle de Marine ne peut qu’être supposée. Mais elle me paraît anthropocosmologiquement évidente, notamment à ses valeurs et en amitié.

  • Chez les deux femmes nous pouvons ainsi observer l’alliance entre la rigueur, une certaine sévérité d’apparence : le deuil chez Catherine, la sobriété d’allure, l’absence de toute coquetterie inutile ou d’affèterie chez Marine, compensée par un visage qui ne manque, ni de charme ni d’éclat. De ce point de vue, si l’élection devait se jouer sur le visage et le charme, il est certain que Marine se trouverait du côté de Kennedy, tandis que ces trois concurrents pourraient être rangés du côté de Nixon[4]

Laissons la grande Catherine à son repos éternel et revenons, pour terminer ce portrait, à l’harmonie Lune/Jupiter pour remarquer, au-delà des satisfactions dans la vie personnelle promises par cette configuration de plénitude, de fécondité, de réussite matérielle et affective à cause des qualités de souplesse et d’adaptation harmonieuse qu’elle sous-entend, que Jupiter est en Vierge.

Ce  n’est pas anodin car la Vierge est le signe d’exil de Jupiter (maître des Poissons et du Sagittaire qui, tous deux, sont en conflit avec les Poissons) comme le Capricorne est le signe d’exil de la Lune. Ces deux symboles qui vont dans le sens du plaisir de vivre, de l’abandon, voire même de la jouissance et de la facilité, sont donc tous deux en « exil »

Cela veut dire que les forces d’expansion, de joie de vivre, de réussite, généralement associés au « grand bénéfique » et à la Lune, doivent se soumettre aux exigences d’ordre, de mesure, de contrôle, d’organisation, d’économie « bourgeoise » et de bon sens, évoqués tant par la Vierge que par le Capricorne, signes réalistes et concrets, dont j’ai déjà beaucoup parlé.

C’est par la raison, le devoir assumé et accompli, le bon sens, la bonne gestion que Marine semble devoir trouver du bonheur là où d’autres personnes n’éprouveraient que contraintes et frustration.

Bien intégrée, assimilée et acceptée, cette harmonie en « exil » me pousserait à confier le portefeuille des finances à MLP si – Dieu m’en garde ! – je devais me retrouver chef de gouvernement. Je serais à peu près sûr que les finances seraient gérées avec réalisme…et que je ne serais pas volé. Ce qui, par les temps qui courent, apparaît comme tout à fait exceptionnel.

Enfin, et je n’en ai pas beaucoup parlé jusqu’à présent car il me semble avoir déjà traité le sujet dans un de mes précédents articles, l’Asc de MLP tombe en Balance et constitue une combinaison particulièrement heureuse avec le Lion dont elle renforce le côté rayonnant, extraverti, chaleureux en teintant son autoritarisme  naturel de bienveillance souriante; d’autant que Vénus se trouve justement en Lion très près du Soleil.

Dans cet article que j’évoque ci-dessus, je montrais combien l’Asc Balance était favorisé dans le thème des responsables de la politique française sous la Vème République : De Gaulle, Giscard, Mitterrand, Fabius, Rocard, Sarkozy, (après Henri IV) et quelques autres encore, ont tous un Asc Balance.

Ce signe à l’Asc s’avère donc représenter le marqueur par excellence dans notre personnel politique. Sans doute parce qu’il évoque avant toute chose la diplomatie, le sens des nuances, la recherche de la conciliation entre des positions contraires et la séduction, comme nous allons le voir chez notre dernier candidat.

La Présidentielle de 2012

Jupiter est passé au trigone de la Lune natale de Marine en janvier-février et détermine un élément de popularité d’autant plus net :

–         qu’il reproduit une harmonie déjà existante de la thème natal

–         et qu’il se fixe par la même occasion au trigone de la position qu’il occupait dans le dit thème natal.

Cela s’est d’ailleurs traduit par d’excellents sondages qui annoncent qu’elle fera sans doute mieux que son père, même si elle n’est pas au second tour.

Jusqu’en Avril Jupiter forme aussi un carré (tension, dynamisme, poussée) avec le Soleil en Lion à partir du Taureau. C’est un aspect qui mobilise plus la volonté de résister à un assaut que celle d’avancer. Il s’agit visiblement de tenir des positions et même de les renforcer si possible pour pouvoir négocier ensuite en position de force…si l’occasion s’en présente.

Et surtout il s’agit de devenir incontournable.

Saturne séjourne à l’Ascendant du thème de Marine et détermine un climat de grande concentration et de contraintes assez lourdes à assumer. Climat lié à la campagne bien sûr et plus encore aux obstacles supplémentaires de toutes natures que ses deux concurrents les plus dangereux ne manquent pas de susciter.

Pluton, lui, séjourne au trigone de Jupiter et à mon avis il faut y voir des promesses intéressantes plus du côté des législatives que de la présidentielle car cet aspect favorise tous les accords et négociations, plus ou moins discrètes, possibles. Mais je me trompe peut-être.

Comme on le voit le thème de Marine évoque actuellement plutôt l’image d’une forteresse bien défendue que celle d’une action conquérante.

Il y manque un élément offensif vraiment déterminant.

Celui-ci existe mais il n’intervient qu’après l’élection. 

–         C’est l’arrivée de Uranus au trigone de Mercure (mars 2013) et surtout du Soleil de juillet 2013 à février 2015 qui vient impulser un dynamisme très vif, qui va dans le sens du désenclavement de la libération de forces neuves. Ce peut être une participation véritable du parti de MLP à la vie politique française et qui le fait sortir de la « prison » (la Maison XII où se trouve Uranus à la naissance) politique où il était jusque là enfermé.

–         Si on considère, ensuite, que Jupiter couronnera le Milieu du Ciel dans la 2ème partie de 2013 puis viendra renforcer le travail d’Uranus en entrant en conjonction au Soleil en Lion de septembre 2014 à mai 2015, on peut penser que les succès éventuels engrangés cette année, donneront du fruit et engageront la carrière politique de MLM dans une phase décisive de 2013 à 2015.

La Révolution Solaire 2011/2012 de la candidate est magnifique.

Je ne sais quels sont les objectifs réels de MLP pour cette année, mais je pense qu’il seront atteints au delà de ses espérances, malgré ou à cause des aspects très combatifs et même violents qu’on peut y remarquer et qui doivent l’inciter à la prudence (carré Uranus/Mars) .

Certes une élection à la présidence apparaît comme parfaitement illusoire dans le contexte actuel (et le thème natal ne la suggère d’ailleurs pas) mais je pense qu’il y aura de très belles compensations à vivre et que les perspectives d’avenir sont tout aussi positives pour elle.

 Louis SAINT MARTIN


[1] Geneviève est une sainte française, patronne de la ville de Paris et des gendarmes. Selon la tradition, grâce à sa force de caractère, Geneviève, qui n’a que 28 ans lors du siège de Paris en 451, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l’invasion par les paroles célèbres : « Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. » De fait, Attila épargnera Paris.

Puis, en 465, elle s’opposera à Childéric Ier qui met le siège devant Paris. Elle forcera le blocus et parviendra ainsi  à ravitailler plusieurs fois la ville. O tempora, o mores.

[2] Je laisse de côté les justifications techniques et cosmologiques avancées par l’astrologie conditionaliste, car, tout en m’efforçant d’adopter une attitude didactique qui puisse aider le lecteur à comprendre le cheminement de ma démonstration, je voudrais éviter que ces articles ne puissent être lus que par des spécialistes. Il faut donc user d’un dosage équilibré entre l’interprétation et sa démonstration technique pou éviter l’arbitraire dans un sens, le discours rébarbatif de l’autre. J’espère y arriver. En tout cas je m’y efforce.

[3] Que je distingue soigneusement de l’effort de construction d’une Europe solidaire et respectueuse de l’identité, de la culture et de la souveraineté des Nations qui la composent : celle voulue par Robert Schumann, de Gasperi et Pie XII au moment de la signature du Traité de Rome auquel la crise actuelle devra tôt ou tard nous ramener, sous peine d’échec définitif.

[4] Je fais allusion ici, pour les lecteurs qui n’ont pas connu les années 60, au combat politique entre Kennedy et Nixon en 1960 où Nixon avait été fort désavantagé par sa mine patibulaire, ses joues et son menton qui semblaient toujours en retard d’un coup de rasoir, son manque de charme, face à un Kennedy qui en avait à revendre (même s’il n’avait pas grand-chose de plus)…..Mais Nixon comprit la leçon et lors de sa candidature en 1968 contre le sénateur Humphrey, il soigna un peu mieux sa tenue et sut utiliser à son profit  son déficit en matière d’image par l’humour. C’est ainsi que interrogé par un journaliste sur ses chances de succès, il répondit (je cite de mémoire) : « si on me juge sur mon charme, j’ai peu de chances ! »  ou quelque chose d’approchant. Il faut dire aussi que Humphrey n’avait rien à voir avec Kennedy mais se rapprochait un peu plus de François Hollande.

2 réponses à to “LA PRESIDENTIELLE – 5 – Sainte Geneviève[1] de retour ?… Marine LE PEN”

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