J’avais déjà commencé, l’an passé, à publier quelques réflexions sur la présidentielle de 2012. En m’intéressant notamment au thème de DSK que j’ai longuement commenté dans les articles intitulés « LA PRESIDENTIELLE 1 – DSK entre Soubrette et Marianne… » et surtout dans « DSK vue par l’AnthropoCosmologie« ; puis à celui de dame Eva dite JOLY mais en fait Eva FARSETH puisqu’elle a divorcé de son mari (suicidé deux ans après leur séparation) dans un autre article intitulé « LA PRESIDENTIELLE 2 – Eva Joly, une mère fouettarde venue du Nord…« 

Un lien vous permettra de retrouver facilement ces trois articles s’ils présentent quelque intérêt pour vous.

Ma série de trois articles intitulés « Les Ombres et les Lumières de l’année 2012… » sans être directement orientée vers la présidentielle, brosse cependant le tableau cosmo-historique de la période dans laquelle nous sommes entrés en 2011 et dans laquelle nous allons nous enfoncer de 2012 à 2015.

C’est à l’aune des caractéristiques de cette période qui me paraît vraiment cruciale, qu’il faut juger du caractère tout à la foi dérisoire et déterminant de cette élection.

Dérisoire parce que l’acteur qui tiendra le premier rôle dans ce théâtre d’ombres que constitue le gouvernement de la France dans une période où elle ne tient plus vraiment les fils de sa destinée, aura peu d’influence sur le cours des événements mondiaux qui ne dépendent que d’une volonté qui nous échappe et qu’on pourrait appeler « providentielle » c’est à dire située hors de portée humaine.

Déterminante car, en fait, il appartiendra à cet acteur de décider s’il entend subir cet état d’impuissance, s’adapter au mieux à « l’air du temps » et éventuellement couler avec le navire « France » en écoutant « Plus près de toi mon Dieu… » comme sur le Titanic.

Ou, au contraire, d’être celui (ou celle) qui saura dire « non !  » au déclin, voire à la disparition de notre pays dans l’estomac vorace des puissances qui ont phagocyté l’Europe techno-financière de Bruxelles…première étape vers une économie planifiée soumise à une monnaie unique et mondiale et dont Satan ou Mammon seuls savent qui tirera les ficelles.

 En fait deux critères devraient s’avérer déterminants concernant le choix (à la liberté bien relative quand on voit combien l’opinion publique est manipulée dans un sens ou dans l’autre) du futur premier magistrat du pays.

  • Sa loyauté à son pays, à la France « seule »[1] pour le Bien Commun desquels il a été élu et non pour imposer quelque idéologie plus ou moins inspirée.
  • Son caractère, sa fermeté, sa capacité à rester lucide et à résister à la pression qui ne manquera pas de s’exercer sur celui ou celle qui voudrait s’opposer aux pieuvres bruxelloises, allemandes et à celles qui en agitent les tentacules. On a vu ce qu’il est advenu de ce fier-à-bras de Berlusconi ou de ce malheureux Papandréou quand leurs initiatives politiques « ont déplu ». La pieuvre bruxelloise (qui vaut bien la pieuvre sicilienne ou napolitaine) traite désormais les dirigeants élus par les peuples comme Napoléon en usait avec les souverains d’Europe : il les remplaçait par ses frères, sœurs et généraux, sans égard à la volonté des peuples à qui ses troupes étaient censées apporter la « liberté ». L’Europe bâtie depuis Maastricht a remplacé Napoléon (qui lui aussi voulait unifier l’Europe) par ceux qu’autrefois on appelait les « Ploutocrates ». je ne suis pas sûr qu’on ait gagné au change (sans jeu de mot).
  • L’exemple de Papandréou surtout doit nous faire réfléchir : il a été renversé quand il a voulu recourir à un référendum du peuple grec ! Qu’en sera-t-il de nos destinées lorsque les dirigeants bruxellois se seront mis d’accord pour nous imposer la ratification des traités à venir par les seuls Parlements (toujours plus dociles que les peuples) et à interdire les référendums ?

Personne ne peut préjuger de la loyauté d’un individu à qui ou à quoi que ce soit. Cela se joue entre sa conscience et lui même. Tout au plus peut-on évaluer son degré potentiel de loyauté naturelle…mais sans savoir à quoi il l’appliquera : à son pays ? à ses « idées » ? à son parti (comme les cocos autrefois qui auraient tué père et mère si « le parti » le leur avait demandé) ? à son Obédience ? à son clan ? Personne ne peut répondre que l’individu lui même car « seul Dieu peut sonder les reins et les cœurs« 

ARTE vient de rediffuser sur trois dimanches, « Le Parrain » saga d’une grande famille maffieuse, les Corléone étudiée sur trois générations. J’ai trouvé cette oeuvre que j’avais déjà vue deux fois, aussi fascinante que lorsque je l’ai découverte (ainsi que le livre éponyme) au début des années 70. Ces gens sont admirables de courage, d’amour et de loyauté familiale. Ils savent qu’ils ne peuvent survivre qu’en s’appuyant les uns sur les autres sans tolérer la moindre défaillance. Et rares, très rares, sont ceux qui défaillent, allant même à sacrifier frère, parrain, oncle ou ami, aux intérêts de la « famille » à laquelle on a juré allégeance. Mais voilà : cette admirable loyauté, ces qualités morales, cet authentique courage physique, qu’on admire chez les Chevaliers du Moyen Age, sont ici employés à imposer et répandre le « mal »…dans la mesure où il rapporte.

 Je ne sais pas à quoi ou à qui les personnes qui vont se présenter à nos suffrages, ont juré dévouement et loyauté. Je ne peux en préjuger mais seulement en avoir une idée après avoir suivi leur carrière depuis les débuts. Je n’évoquerai donc pas ce point dans cette étude. D’autant qu’on peut assister à des « conservions » admirables ou, au contraire, à des « reniements » intolérables. Comme par exemple celui de Chirac, chantre de l’identité nationale, traitant les Européistes et Giscard, de « parti de l’étranger » depuis son lit de l’hôpital Cochin…et se ralliant avec armes et bagages à cette Europe supranationale et à cette monnaie unique contre lesquelles il avait fulminé jusque là.

 En revanche, le thème natal peut nous révéler des éléments essentiels du caractère et de la personnalité de quelqu’un. Ainsi que les grandes lignes d’une destinée envisagée « en situation » dans un certain « contexte »[2]. Ce sont ces éléments dont je discute avec l’intéressé lui même au cours d’une consultation. Car il est bien évident que le thème représentant un héritage, un donné, une sorte de conditionnement lié à des facteurs que je n’évoquerai pas ici, la conscience et la volonté du sujet, en exerçant leurs prérogatives, peuvent avoir exploité cet héritage, à des niveaux qualitatifs et quantitatifs bien différents.

Malheureusement, ce dialogue indispensable à l’exercice approfondi de l’art anthropocosmologique, n’est pas possible ici. J’ai eu à le conduire avec quelques responsables politiques autrefois, mais pas avec les quatre personnages dont je vais examiner le thème.

Pourquoi quatre ? En fait, si on y ajoute DSK et EJ sur qui j’ai déjà écrit, cela fait six.  

J’aurais pu en choisir un dernier pour arriver à sept pour justifier le titre de mon article « Marianne et les sept nains » …Mais, parmi les hommes et femmes politiques autres que les quatre choisis, il n’y en a aucun qui éveille en moi un intérêt tel qu’il ou elle me donne envie de prolonger l’exercice. Alors je me suis tourné vers le thème de la Cinquième République et nous  verrons si elle a quelque chose à nous apprendre cette année.

En fait, hors toute considération anthropocosmologique, vous et moi savons bien que l’élection se jouera entre les quatre personnages que j’ai retenus et qu’ils recueilleront une part des voix qui se seront portées sur ceux qui, au premier tour, auront été étendus sur le sol. A moins que les électeurs déçus ne préfèrent aller à la pêche, ce qui, somme toute, serait une solution de sagesse si les votes blancs et nuls comptaient dans l’élection. Mais hélas, ils favorisent toujours quelqu’un…et pas forcément celui ou celle que nous aurions choisi. Alors….

 Je vais donc tenter un petit portrait pour chacun de ces quatre personnages et, en conclusion pour chacun d’eux, j’essaierai d’analyser la qualité des courants qui affectent son thème durant l’année 2012. Nous verrons bien si quelque chose se dessine qui puisse nous donner une idée du « vainqueur ».

Puis je terminerai par une petite conclusion générale dans laquelle interviendra le thème de la République.

J’adopterai l’ordre alphabétique pour éviter qu’on tire des conclusions hâtives et malvenues sur mes choix politique, si j’utilisais un autre critère de préséance.

 Cela nous donne :

François BAYROU – François HOLLANDE – Marine LE PEN et Nicolas SARKOZY – Cinquième REPUBLIQUE.

  • François BAYROU

né le 25.05.1951 – 16.00 – Hautes Pyrénées.

François Bayrou est d’abord et avant tout un homme d' »idées » ou, si vous préférez, un intellectuel, mais il est aussi un homme de relation. Pourquoi ?

D’abord parce que l’élément « Air » prédomine largement dans son thème. N’oublions pas qu’il est Gémeaux (air) Asc Balance (air) avec un Lune en Verseau (air).

La symbolique de l’Air oriente vers la capacité d’établir des liaisons et des relations entre les choses, c’est l’outil de l’intelligence et de la saisie du monde par la pensée. L’Air évoque aussi la diffusion, l’expansion, la fluidité, la légèreté, la mobilité, la curiosité. Le besoin d’échanger, de parler, d’argumenter, d’apprendre et de comprendre. N’était-il pas professeur d’Histoire dans une vie antérieure ? et n’a-t-il pas écrit un  livre sur Henri IV, fameux « communicateur » et Ascendant Balance comme lui ? Donc épris de modération et de goût du compromis comme lui ?

Avec tant d' »air » Bayrou est-il un Elfe ?

Peut-être. Ce qui est sûr c’est qu’il n’est ni triton, ni salamandre, ni gnome car les trois autres « éléments » sont assez peu représentés dans le thème.

Ce qui pourrait vouloir dire qu’il manque d’audace et de combativité (manque de « feu« ) ?

De sens pratique et de contact avec la réalité (manque de « terre« ) ?

Que ses affects et émotions sont bloqués ou qu’il n’en a pas (manque d' »eau) ?

 Nullement comme nous allons le voir.

Ce qui fait défaut par le jeu de la présence (ou de la quasi absecne) des Corps Célestes dans les différents signes affectés aux quatre éléments, se rattrape chez lui par le jeu, non moins important, des relations que ces Corps Célestes entretiennent entre eux.

 Ainsi, sur le plan de la combativité remarque-t-on une conjonction étroite entre le Soleil et Mars (moins d’un degré d’écart).

Du « feu » (Soleil) plus du « feu » (Mars) cela fait beaucoup de « feu » n’est-il pas ?

En effet. Mais c’est une configuration ambiguë. Qui fait plus les réactifs que les actifs.

Il faut bien comprendre que le Soleil et Mars n’appartiennent pas au même niveau d’élaboration de la psyché ou d’expression de l’être humain.

  • Le Soleil évoque la conscience et la lucidité, la partie la plus élaborée du psychisme humain; celle qui éclaire et valide tous les autres sur le plan intellectuel. La noblesse, la dignité, la maîtrise de soi, l’exigence morale (le « surmoi » ne manquera pas de dire le freudien), sur le plan éthique et spirituel.

  • Mars, nous met en relation avec tout ce que notre humaine nature peut comporter d’animal et d’instinctif. Ce qui nous sert à agir, ce qui nous mobilise notre énergie et notre volonté : nos désirs, nos pulsions, etc…..Cela ressemble un peu à l’alliance d’un prince (un vrai) et d’un brigand. Ce  n’est pas toujours facile à vivre.

Ou le prince l’emporte et le brigand se sent frustré, nié, empêché. Il en résulte un caractère à la fois timoré et agressif, soumis et revendicatif. Le brigand n’ose pas entrer en conflit avec le prince; le fils n’ose pas tuer le père….ne manquera pas d’ajouter le freudien de tout à l’heure.

Ou le brigand l’emporte, le cheval ombrageux prend le mors aux dents. Non seulement il se montrera impulsif, violent, réactif, belliqueux, « contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre » comme le disait un défunt humoriste, mais il prendra un malin plaisir à entre en conflit avec tout ce qui peut ressembler à un prince : l’autorité, toutes les autorités. Mais il finira toujours par payer la facture, car on n’entre pas en conflit avec l’autorité sans en éprouver quelque culpabilité, quelque peur du châtiment, et c’est ce qui conduit souvent les Soleil/Mars à se mettre en échec. A se mettre en situation d’être « puni », la partie solaire (donc morale et répressive) d’eux mêmes amenant la partie martienne (instinctive et violente) à se soumettre. Par l’échec quand ce ne peut être par la raison et la volonté.

 Vous voyez donc que d’une apparente convergence, nous avons abouti à une dualité.

Dualité d’autant plus profonde (même si elle n’apparaît pas en surface) que F. Bayrou est Gémeaux, le plus double des signes doubles (avec les Poissons sans doute) et qu’il doit ressentir comme une véritable blessure ces deux parties de lui même en conflit.

 Il est évident cependant, toujours en observant le thème, de deviner que si l’une des deux « natures » doit l’emporter (et, à soixante ans, c’est fait) c’est la partie solaire, celle du contrôle, de la dignité et de l’inhibition.

Pourquoi ? Parce que c’est Bayrou ?

Non. Parce que dans son thème, la conjonction Soleil/Mars est au trigone de Saturne en Vierge et que cela constitue un élément évident de mesure, de self-contrôle, de rigueur sur le plan moral, de retenue et de réflexion sur le long terme sur le plan psychologique. C’est un heureux alliage entre la volonté, l’action, la combativité et la réflexion, le prise de distance, le calcul. Saturne étant d’ailleurs sous la maîtrise de Mercure en Taureau, indice de stabilité sur lequel je vais revenir.

Cependant, on ne peut pas ne pas remarquer que la carrière politique de Bayrou, surtout depuis qu’il s’est émancipé de la majorité, semble, jusqu’à présent, avoir été plus marquée par une volonté critique d’opposition et de démarquage entre la droite ou la gauche, que par une réelle capacité à indiquer une voie personnelle et originale.  Peut-être cela est-il en train de changer et ce candidat est-il en train d’arriver à se déterminer sans qu’il soit nécessaire d’agiter le chiffon rouge du « père » devant lui.

 A remarquer aussi, le très beau trigone formé par la conjonction Soleil/Mars à la Lune dans le signe « fixe » du Verseau. Facteur d’équilibre interne, de continuité dans la vie mentale et intellectuelle, d’accord profond avec soi-même, fort propice à compenser la tendance à la dispersion des Gémeaux. Le sentiment aigu de la liberté individuelle, l’aspiration à courtiser les valeurs les plus hautes de la vie intellectuelle et spirituelle, alimentent le combat intellectuel (Soleil/Mars en Gémeaux) qui, à son tour, donne à l’âme le moyen d’exprimer une vision quelque peu idéaliste (voire « angélique ») des choses.

Ces dispositions heureuses n’en restent pas, comme chez beaucoup, à la simple capacité d’émettre et défendre des idées d’une manière gratuite ou purement intellectuelle.  Elles trouvent deux points d’application qui donnent à l’intellect prise sur la réalité et expression dans le domaine pratique et politique.

Je veux parler de :

  • l’harmonie du trigone Soleil/Mars/Lune à Jupiter en Bélier d’une part

  • le carré de la Lune à Mercure en Taureau d’autre part.

Cette seconde figure (carré Lune/Mercure) évoque le conflit entre la raison concrète, logique, aussi pragmatique que possible (Mercure en Taureau, signe de Terre) et les sources ailées de l’inspiration et de l’imagination portées par l’idéal (Lune en Verseau). Les « conflits » en AnthropoCosmologie, quand ils sont affrontés et résolus, sont toujours à la source de nos réalisations les plus remarquables.

Ici le pôle négatif d’un conflit entre raison et sensibilité, logique et imagination, pourrait faire craindre légèreté, bavardage, versatilité, superficialité c’est à dire des caractéristiques de « primarité » intellectuelle propres aux enfants curieux et aux adolescents imaginatifs.

Ceux qui le connaissent bien (ce n’est pas mon cas bien sûr) pourront juger si certaines prises de positions, certains comportements de cet homme politique, sa vision des choses, confortent ou non la présence de ce que, faute d’un meilleur mot, j’appellerais une certaine naïveté voire une certaine immaturité dans ses opinions et comportements. Car nul n’échappe jamais totalement aux manifestations regrettables d’un conflit dans le thème natal.

Inversement, ce conflit bien résolut apporte un élément précieux de contact avec la réalité, de pensée lente et réfléchie. Une pensée qui « rumine » les idées avant de les digérer (Mercure en Taureau oblige). Cette « lenteur » intellectuelle se perçoit bien dans le débit du sujet qui manque souvent de cet allant de cette force de conviction qu’on trouve dans le verbe de ses adversaires. Qu’on compare son rythme, par exemple à celui de Nicolas Sarkozy qui possède un Mercure dans le Verseau ou de Marine Le Pen (Mercure en Lion) et même de François Hollande (Mercure en Lion aussi) qui ne trouve le ton juste entre une parole hachée et saccadée et l’emballement pur et simple, qu’à de très rares moments. Nous verrons pourquoi quand nous analyserons son thème.

Rien de tout cela chez François Bayrou : la parole va son chemin, « de ce pas lent et sûr » dont Leconte de Lisle qualifie la marche des éléphants dans son fameux poème.

Quel est le rôle de la Lune alors dans ce conflit ? Celui d’une inspiratrice. La Lune en Verseau met le sujet en contact avec le pôle idéal, abstrait des choses, saisi par l’intuition intellectuelle. Puis, le relai, par Mercure en Taureau favorise l’adaptation de l’idéal à la réalité concrète, le traduit en mesures plus ou moins pragmatiques.

C’est du moins ce qu’il devrait se passer. Je ne peux juger du degré d’intégration de cette dissonance dans la personnalité de François Bayrou en me fiant à ses seuls discours politiques.

Mais, ce qu’il faut bien voir dans une perspective globaliste du thème natal, c’est que Mercure, par son carré à la Lune, est le point d’aboutissement de toute la configuration Soleil/Mars/Lune/Jupiter. C’est lui qui est chargé de la mobiliser et de l’amener à se manifester dans le réel concret. D’autant que Mercure est le « maître » du Soleil (volonté, conscience) et de Mars (action, énergie, buts poursuivis) dans le signe des Gémeaux. C’est dire son importance dans l’économie du thème…et dans la vie du sujet, bien qu’il n’occupe aucune position stratégique dans le thème.

A propos de Mercure, remarquons que la « fixité » du Taureau est encore renforcée par le sextile de la dite planète à Uranus, quasi au Milieu du Ciel.

Certes les convictions sont solides, mais l’esprit de compromis, la faculté d’adaptation sont assez limités. François Bayrou se sent porteur d’une vérité originale, personnelle, qu’il entend bien propager, sinon imposer à tous, contre vents et marées, quitte à se marginaliser et à échouer. Uranus ici est au carré de Jupiter (on pourrait traduire cet aspect par : « avoir toujours raison contre tous les autres« ) comme il l’était chez le défunt Raymond Barre à qui le culte orgueilleux de la « différence » et la complaisance dans le rôle de « détenteur de la seule vérité possible » coûta l’élection présidentielle.

 Comme nous le voyons, partis de la souplesse et de la disponibilité des Gémeaux, toujours prêts à s’adapter à toutes les modes et toutes les idées, nous aboutissons à une organisation psychique qui évoque la rigueur doctrinale et la fermeté intellectuelle (pour le meilleur ou pour le pire) pouvant même aboutir, si le sujet n’y prend garde, à un dogmatisme paralysant.

Mais, le danger paraît pouvoir être évité grâce à l’angularité de trois planètes « humides » : Neptune à l’Asc. en Balance, Vénus au MC en Cancer et enfin Jupiter dont nous avons déjà parlé.

L' »humide » en symbolisme anthropocosmologique évoque le pôle relationnel, émotionnel, bienveillant, sentimental même, de la personnalité. Il nous parle d’une affectivité quasi fusionnelle, compatissante, éprise de communion universelle, douée pour la conciliation, la souplesse d’adaptation, le culte de la paix et de l’harmonie.

La dissonance mettant en garde contre le côté excessif de ces qualités, pouvant conduire à une sorte de vision romantique, chimérique de la chose publique et des rapports sociaux par la Balance/Asc, signe politique par excellence et la Maison X/Cancer, point focal de l’investissement dans une carrière de leader politique attaché au Bien Commun (Cancer). Bref François Bayrou a intérêt à prendre de la distance par rapport à certaines de  ses illusions sur le plan de ses idéaux les plus chers, à ne pas confondre le monde tel qu’il est – âpre, dur, inhumain – et tel qu’il le rêve : converti à une sorte de fraternité universelle à la Gandhi.

En définitive on comprend mieux comment s’exerce ici cette fameuse dualité des Gémeaux quand on constate combien cette personnalité est clivée :

  • un intellectuel rigoureux et abstrait d’un côté, cherchant à garder les pieds sur terre et à penser les choses en réaliste, sans toujours y parvenir.

  • un utopiste social de l’autre, une sorte de saint-simonien romantique rêvant de transformer l’Europe en un immense phalanstère où règneraient le partage et l’harmonie.

La difficulté, c’est que les deux personnages ont peu de contact l’un avec l’autre dans le thème. Or toute maison divisée contre elle même…..vous savez la suite.

Election Présidentielle 2012.

Vous le savez parce que vous avez lu mes articles précédents sur les grands mouvements planétaires qui vont marquer notre Histoire et de celle du monde, Uranus et Pluton entament un matche détonant en 7 rounds au cours de ces trois années cruciales qui s’ouvrent devant nous.

Pour 2012 les « reprises » du match, interviendront sur le 9ème degré Bélier/Capricorne en juin, et sur le 7ème degré Bélier/Capricorne en septembre.

Inutile de dire que tous ceux qui possèdent une position planétaire en ces degrés ou tout proches de ces degrés, seront aux premières loges pour en ressentir les effets proprement « bouleversants ». Je ne reviens pas sur le symbolisme Uranus/Pluton et Bélier/Capricorne, je l’ai longuement exploré dans les articles que j’évoquais plus haut.

Or il se trouve que c’est le cas de François Bayrou (et ce n’est pas le seul dans la course à la présidentielle comme nous le verrons) dont le thème présente

  • un Jupiter à 7° précis du Bélier.

  • un Jupiter qui, d’autre part, est en carré exact (je l’ai déjà signalé) avec Uranus en Cancer.

Inutile de dire donc que l’arrivé d’Uranus-2012 sur Jupiter-natal, carré Uranus-natal, en mai/juin détermine symboliquement une décharge énergétique décisive dans l’itinéraire du sujet. Dans sa carrière avant toute chose bien sûr puisque Jupiter évoque avant toute chose le rôle de conducteur politique, de chef de parti. Il faudra attendre de longues années pour qu’Uranus, transitant d’abord sa Lune natale en 2020, puis son Soleil natal en 2026, impulse un dynamisme comparable à celui de 2012. Comme il aura respectivement 69 et 75 ans en 2020 et 2026, on peut penser que ces aspects joueront autrement que de le conduire à l’Elysée. Encore que ce fut le cas de De Gaulle en 1958…..Mais Bayrou n’est pas De Gaulle.

Uranus met en lumière, projette en avant sous les feux des projecteurs, tend la volonté, pousse à l’exploit, au dépassement de soi, à la performance, quelquefois à la demesure. Excellent aspect pour l’emporter dans une compétition, qu’elle soit sportive ou politique.

Mais cela suffit-il ?

Ne pas oublier qu’Uranus se fait le relai de Pluton, qui évoque rien moins que crise, remise en cause en profondeur, mise à l’épreuve, déconditionnement absolu (dont la mort physique est un exemple) et capacité de survivre à la crise.

En d’autres termes (et ce que je vais écrire est valable aussi pour Nicolas Sarkozy) je crois que cet aspect indique deux choses essentielles :

  1. La première c’est qu’au-delà de l’épreuve redoutable que va constituer cette candidature pour FB  où tous les coups, même les plus tordus, sont à craindre – Pluton est le roi du travail en sous-main, des officines secrètes où se combinent les pièges, les chausse-trappes, les coups fourrés, les calomnies, c’est le symbole du pouvoir secret, de la « barbouzerie » plus ou moins associée au « milieu », du scandale soigneusement agencé, des machinations les plus vicieuses et sordides, du chantage, etc….laissez courir votre imagination et pensez à ce que pourrait cacher l' »affaire » DSK, ou le « suicide » de Beregovoy et de François de Grossouvre, la « crise cardique » de Patrice Pellat grand ami du président et de Beregovoy, sans oublier le « suicide » du ministre Boulin dans 20 cms d’eau, ou l’assassinat du prince de Broglie, l’affaire Ben Barka et j’en passe de multiples…et vous aurez une idée du côté obscur de Pluton – donc, au-delà de cette épreuve redoutable où l’adversaire ne fera pas de cadeau, le candidat pourrait bien se trouver affronté (surtout s’il était élu) à la détérioration de la situation générale qui ne manquera pas de survenir si on en juge par l’exemple des dernières rencontre Uranus/Pluton que j’ai décrites par ailleurs.

  2. La deuxième, et la plus probable, c’est que cet aspect présente un côté rédhibitoire, définitif. Il me fait penser à ces épreuves initiatiques que nous offrent les grands mythes où le héros, tel Œdipe devant le Sphinx, n’ont pas d’autre alternative que de réussir ou mourir, sans aucune échappatoire possible.

Pour parler clairement, je crois que Bayrou en tant que leader politique ne survivra pas à un éventuel échec à cette présidentielle. L’occasion ne lui sera plus jamais donnée de revenir en première ligne.

Ceci dit, on peut constater aussi l’arrivée de Jupiter-2011/2012 sur le Mercure-natal de F.B sur le 9ème degré du Taureau depuis l’automne passé. Mercure chez lui, gouverne la Maison IX (celle des idées politiques justement) et la Maison XII, celle des épreuves et des limitations.

L’aspect apporte donc une sorte de libération de la parole, un meilleur accueil de ses idées dans le public, sans doute lié à une parole plus convaincante ou plus juste ou plus adaptée à la situation actuelle de notre pays. Bref, comme toujours, les relations heureuses Jupiter/Mercure sont favorables à tout effort de communication ou de négociation où il s’agit de convaincre et d’obtenir un résultat concret. D’ailleurs la monté dans les sondages a aussitôt accompagné cette harmonie Jupiter/Mercure qui se renouvellera en mars où on constatera peut-être une embellie dans l’opinion publique.

Pour le reste le séjour de Saturne en Maison I quoiqu’assez neutre, évoque une période lourde et fatigante, ce qui ne surprendra personne, la nécessité impérieuse de la concentration, de la rigueur, de l’organisation, la faculté de ne pas céder au découragement,  bref tout ce qu’on peut attendre de la part de quelqu’un qui s’apprête à soutenir un effort soutenu et, éventuellement, à assumer une responsabilité écrasante. Rien de déterminant ou de significatif dans cette présence, même si elle induit plus la déception que la satisfaction.

 En revanche, on ne peut pas ne pas remarquer les dissonances que Neptune-2012 – depuis les Poissons où il va définitivement entrer en Mars – formera par « carrés » au Soleil et surtout à Mars natal.

Les dissonances neptuniennes au Soleil nous mettent en garde contre les illusions, les fantasmes, une appréciation fallacieuse de la situation par excès d’optimisme ou certitudes ne reposant sur rien d’objectif ou de logique. Elles nous demandent de fuir le piège de nos représentations ou de notre imagination et d’apprécier la juste mesure de la réalité extérieure quicorrespond rarement aux sollicitations de notre imaginaire.

La dissonance à Mars est tout aussi négative qui nous conduit à poursuivre une chimère, à vouloir combattre pour l’inaccessible à donner de grands coups d’épée dans l’eau.

Bref, la Circé de la politique française semble devoir altérer le jugement de notre gentil François et l’amener à mal estimer la situation, donc à commettre des erreurs. Dans le genre de Napoléon à Waterloo. « Grouchy ! « s’écrie-t-il en voyant un nuage de cavaliers se précipiter sur le champ de bataille. Hélas, c’était Blucher, feld-marechal prussien.

On peut aussi penser à Gandhi dont le thème présente quelque analogie avec celui de F.B et que ce dernier admire beaucoup je crois. Lui aussi avait l’illusion proprement séraphique de réconcilier Hindouistes et Musulmans fraternellement unis dans le même Etat indien. Il a dû cruellement déchanter. Les musulmans l’ont démenti et ont créé leur propre Etat, le Pakistan. Quant aux Hindouistes purs et durs, ils l’ont remercié de ses efforts inlassables et pacifiques pour accéder à l’indépendance, en logeant quelques grammes de plomb dans sa maigre poitrine.

Voilà F.B averti. Surtout ne pas prendre ses désirs pour des réalités car il y a loin de la coupe aux lèvres et de bons sondages n’ont jamais fait une élection. Qu’on se reporte à ma correspondance avec Chirac en 1995.

Une dernière note toute personnelle mais qui ne sort pas des objectifs que je me suis assigné dans cette étude où j’essaie d’analyser aussi objectivement que possible la personnalité et les chances de chacun des quatre candidats.

Je considère le thème de F.B comme celui d’un homme loyal et honnête à qui on peut faire confiance (nonobstant sa qualité d’homme politique qui vient quelque peu altérer la portée de ce jugement car « nul ne peut faire de la politique impunément« ).

Je ne trouve rien qui soit bas, pervers ou manipulateur dans ce thème; au contraire, j’y perçois le respect des autres et le souci d’être en accord avec sa conscience. C’est un homme à qui j’accorderais ma confiance sans hésiter….après lecture de son thème.

A-t-il pour autant la carrure anthropocosmologique d’un chef d’Etat ?

J’en doute. Je crois que son rôle n’est pas de gouverner, diriger, imposer et de faire face à de grandes crises (comme celles qui nous guettent) car l’émotivité est trop forte. Mais sa tâche est plutôt celle d’éclairer et instruire car il possède d’éminentes qualités pédagogiques liées à de réelles exigences morales personnelles.

Pour le reste, l’avenir tranchera.

Louis SAINT MARTIN


[1] La France « seule » ne veut pas dire « France isolée » et se moquant du reste du monde. Cela veut dire que seuls le bien commun de la France et des Français(es)doit déterminer la politique et non quelque idéologie, fumeuse ou criminelle – « la lutte des classes » autrefois, la « république universelle » le « mondialisme » ou « le droit-de-l’hommisme » aujourd’hui – cache-misères de redoutables entreprises de domination mondiale.

[2] J’explicite ces points dans un article auquel le lien vous renvoie.

3 réponses à to “LA PRESIDENTIELLE 3 – de Gandhi à Marianne : François BAYROU.”

  • ROLLAND:

    Bien. J’ai comme un problème avec l’homme de bien. J’ai contre lui une dent qui se rapproche de la corne de Rhinocèros (et même de rhinoféroce)ou de la défense d’éléphant. Ce cher politique, devenu sous je ne sais plus quel mandat, ministre de l’éducation, succédant à M.Jospin, vous savez, le monsieur pour qui l’école devait cesser d’être un « sanctuaire », qui voulait faire entrer « la vie » dans l’école (il y a merveilleusement réussi! drogue, vols, insultes, etc. y sont entrés très vite) lui décerna des félicitations pour son action ! et d’un !
    Et de deux : il fut le promoteur d’une réformette consistant rien moins qu’à « adapter » le programme des 6ème (puis, forcément des autres niveaux mais je me souviens bien du début) aux « besoins », moyennant une base commune.
    Je traduis ce langage technocratique : un minimum d’heures pour chaque matière devait être respecté, et les heures restantes distribuées en un peu plus de math, ou de langue, ou de technologie, bref selon que vous habitiez (carte scolaire à son époque!) Neuilly ou Créteil, Paris ou Nîmes, les élèves n’avaient plus le même enseignement.
    Je ne le lui pardonnerai pas. Notre enfer est pavé de quelques unes de ses bonnes intentions. Il contribue à détruire l’école, je ne compterai certainement pas sur lui pour le reste. Et, oui, en bon capricorne je suis rancunière.

    Un prof de Lettres Classiques.

  • Antoine:

    Au sujet de François Bayrou,

    Je connais Louis Saint-Martin depuis plus de 25 ans (1986), et François Bayrou depuis la même période. Je ne suis jamais intervenu sur le site Pronoïa par manque de temps, certes, mais aussi parce que l’astrologie est un monde complexe et sérieux qui demande des connaissances que je ne possède pas. Toutefois, dans le cas présent, je voudrais souligner l’incroyable justesse de l’analyse de Louis. Pour ce que je connais de François Bayrou, des entretiens personnels que j’ai eu avec lui au Parlement Européen (je siègeais dans un autre groupe que lui, source de désaccords, bien sur, mais demandant des positions de compromis dans l’intérêt de la France) des échanges de courriers, de nos échanges de livres (j’ai lu les siens et il a lu les miens : une si longue traversée du désert, ça laisse du temps) sans compter les conversations personnelles. Bref : en quelques mots, Louis a parfaitement su le décrire, sur le plan du caractère, de l’intelligence subtile du politique, de la capacité d’analyse et de la volonté de montrer le chemin à un pays déboussolé. Sa voie est celle de l’amour du pays qui nous a vu naitre. Et dans ce monde épouvantable qui est celui de la politique française d’aujourd’hui, il est profondément honnête, intellectuellement et financièrement. C’est pour moi un critère majeur.

    Je ne connais pas les autres candidats à cette élection, sauf,hélas, Nicolas Sarkozy, et là, comme tout un chacun, je n’ai malheureusement pas eu besoin de l’astrologie pour découvrir, il y a déjà longtemps, un personnage qui nous a conduit là où nous sommes.

    Louis n’est pas seulement un astrologue : c’est aussi un redoutable polémiste, et sa plume lui vaut régulièrement des échanges assez vifs avec ses interlocuteurs. Je me garderai bien de commenter les commentaires…Mais pour ce qui est de la description du personnage François Bayrou à travers son thème astral, la description qu’il en fait correspond si fidèlement à la façon dont j’ai ressenti l’homme Bayrou lors de nos rencontres que je pense qu’il fallait que je communique mon opinion aux lecteurs de Pronoïa.

    Antoine

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