Il me semble, à lire l’ensemble des commentaires fort bienvenus pour la plupart, que la controverse entre le « politique d’abord » et le « spirituel d’abord » dans la façon de juger la mission de Jeanne, vient de ce que les raisonnements, pour éloquents qu’ils soient pour la plupart, ne mènent pas l’analyse à son terme.

Et d’un : il est évident que toute politique doit s’enraciner dans une vision religieuse, spirituelle de la société; comme dans la philosophie classique le « métaphysique » ne suit pas mais précède le « physique » et lui donne sens. L’ordre cosmique précède l’ordre naturel qui, pour un Chrétien, ne peut aucunement dépendre « du hasard et de la nécessité ».

Et de deux : il en découle que des multiples sens – souvent bien méprisables, comme à notre époque – que nous pouvons accorder au mot « politique » celui qui doit être retenu pour Jeanne d’Arc pourrait être « une action spirituelle en acte au service du collectif ».

Et de trois : il en découle que si on entend par « politique » le fait que Jeanne ait choisi un camp plutôt qu’un autre (comme le faisaient les hauts dignitaires de l’époque, penchant alternativement du côté de Charles ou du côté des Anglais suivant l’opportunité et suivant leurs intérêts) par « nationalisme » par exemple, on est complètement à côté de la plaque.

Et de quatre : il est pourtant évident que Jeanne a bien servi une « politique » mais pas n’importe laquelle. Elle est venue rétablir une politique (un gouvernement des hommes) qui s’appelle avant toute chose la « légitimité ».

Nulle part je n’ai trouvé ce mot dans les intéressantes contributions que j’ai pu lire. Est-ce parce que la notion même de « légitimité » dans une société corrompue par le relativisme et le scepticisme, voire le cynisme, est devenue incompréhensible à nos concitoyens, même les mieux disposés à l’égard de Jeanne ?

Si on se place d’un strict point de vue politique, Jeanne a fait le choix de Charles contre Henri.

Si on se place du point de vue providentiel qui, seul, doit commander le politique pour un Chrétien, elle n’a choisi ni l’un ni l’autre mais la seule « légitimité ». Ce qui fait que si Henri VI avait représenté la dite « légitimité » c’est lui qu’elle aurait conduit se faire couronner à Reims et non Charles.

Depuis le serment et le pacte de Reims et le testament de Rémy, il existe une loi de légitimité en France qui fait que le roi de France, le roi terrestre, « sergent de Dieu », « lieutenant du Christ » n’est, en fait, qu’un Vice-roi car le vrai souverain c’est le roi céleste, le Christ lui même.

Et ce roi de France ne peut remplir sa fonction de syndic qu’en vertu d’une loi de succession établie par Dieu lui-même au sein d’une famille qu’Il a choisie suivant Ses voies qui sont impénétrables comme vous le savez, et dans laquelle le roi terrestre prend sa place le moment venu.

Le roi de France n’est donc jamais un « héritier » (héritier du trône est un terme impropre à la monarchie française)car le royaume ne lui appartient pas et il ne peut en disposer comme on le fait d’un héritage, mais un simple « successeur » car le royaume appartenant à Dieu et au Christ (« ce qui est tout un » aurait dit Jeanne) il ne peut aucunement choisir son successeur, modifier un ordre de succession auquel il appartient mais qui ne lui appartient pas.

Celle loi de succession voulue par Dieu et infailliblement respectée depuis l’aube de la royauté en France (ce qui, entre parenthèses rend les prétentions des Orléans encore plus odieuses qu’elles ne sont, car ils connaissent cette loi aussi bien que moi)est celle que nous appelons « l’ordre de primogéniture mâle ».

C’est le pendant terrestre d’une royauté céleste, celle du Seigneur qui, en France, ne s’interrompt jamais.

Le choix d’un « mâle » est le moyen visible de configurer le rôle du roi à celui du prêtre qui ne peut être une femme. Le roi, à Reims, reçoit six onctions sacrées, alors que les évêques en reçoivent sept. On voit combien les deux fonctions sont proches, mais il faut que le roi puisse se marier et se donner un successeur, donc il ne peut être « évêque ».

Le choix de la primogéniture est un moyen proprement providentiel d’éviter à la France les querelles de succession et le déchirement entre factions rivales. Notre Seigneur Lui-même a cru bon de désigner nommément celui qu’il placerait à la tête de son Eglise lorsqu’il aurait quitté la Terre : Pierre, chef de l’Eglise dont personne ne pourra jamais vraiment affaiblir l’autorité en la personne des Papes ses successeurs, puisqu’elle leur vient de « fils aînés » du Christ en quelque sorte. N’oublions pas le roi de France est « Fils aîné de l’Eglise ».

Et c’est cette loi : l’ordre de cette succession, la nature religieuse du roi configuré au prêtre et la vassalité du roi de France envers le roi des Cieux que Jeanne vient rétablir, nonobstant la personnalité de Charles VII. Alors qu’un choix simplement « politique » aurait choisi quelqu’un d’un peu plus fiable et énergique que lui pour conduire la France en des temps si troublés

Je n’épiloguerai pas.

Par conséquent analyser la mission de Jeanne en « politique d’abord » ou en « religieux d’abord » n’a aucun sens. C’est penser un peu comme Descartes qui séparait radicalement l’âme du corps alors que l’Incarnation nous montre bien qu’âme et corps sont indissolublement unis, de même que toute la Création est pénétrée de l’Esprit et qu’il ne peut en être autrement.

L’humain (le politique) et le divin (le spirituel) sont confondus sans confusion dans la personne sacrée du roi, « oint du Seigneur » représentant de Dieu à la tête de la France….et chargé d’en conduire la politique !

Jeanne le sait. Elle agit en conséquence et ne se préoccupe pas de définir son action dans nos catégories mentales toujours trop étroites pour saisir la hauteur de sa mission.

En fait, avec six siècles d’avance, elle incarne et met en acte les paroles que prononcera Benoît XVI au cours de l’audience générale par laquelle il concluait son cycle catéchistique consacré aux psaumes, en novembre 2011, en proposant des réflexions sur le psaume 110 : « que Jésus a cité et que les évangélistes ont amplement repris car il traite du Messie… Ce psaume est particulièrement aimé, depuis les origines de l’Eglise » – car il – « célèbre le Messie victorieux, glorifié à la gloire de Dieu« .

Il y apparaît que le Christ est en fait :

« le Seigneur intronisé, le Fils de l’homme assis à la droite de Dieu… Il est le vrai roi qui, par la résurrection est entré dans la gloire… Il siège au dessus des anges et de toute autre puissance céleste, tous ses ennemis soumis jusqu’à la mort, définitivement vaincue« .

« Il existe un lien étroit entre le roi du psaume et Dieu, car ils gouvernent de concert au point que le psalmiste affirme que c’est Dieu qui tend au roi le sceptre pour qu’il soumette ses ennemis… L’exercice du pouvoir, qui vient directement du Seigneur, est un devoir devant être exercé dans la soumission et l’obéissance, comme signe au sein du peuple de la puissante présence de Dieu. La domination des ennemis, la gloire et la victoire sont des dons qui font du roi le médiateur du triomphe divin sur le mal« .

Le psaume 110, conclut le Pape : « nous invite à contempler le Christ afin de comprendre ce qu’est la véritable royauté, ce que signifie le don de soi et vivre au service d’autrui, dans l’obéissance et l’amour portés à leur extrême. Avec ce texte, prions en demandant au Seigneur de marcher dans ses pas de roi et de Messie, prêts à monter avec lui au Golgotha pour participer à sa gloire, le saluer à la droite du Père tel un roi prêtre victorieux qui, miséricordieux, pardonne et sauve tous les hommes« .

(Fin de citation).

Là se trouve la véritable mission de Jeanne d’Arc et le sens même de sa destinée : rétablir la royauté du Christ en établissant celle de Charles VII, « roi prêtre victorieux » à qui – en paraphrasant les paroles de Benoît XVI « Dieu a tendu le sceptre pour qu’il soumette ses ennemis« , ces envahisseurs Anglais, ravageurs et futurs apostats.

Mais Jeanne a fait bien plus encore. Par sa passion et son sacrifice lucidement consentis, elle s’est entièrement configurée au Christ Lui même dont elle a partagé le sacrifice sur le bûcher en lieu et place du roi lui même qui doit être « prêt à monter avec Lui au Golgotha« . Jeanne, apparaît donc comme une sorte de projection de la fonction royale dans ce qu’elle a de plus sacrificiel, et, ce faisant, on devine qu’elle rachète les fautes passées, présentes et à venir d’une dynastie qui, entre la mort de saint Louis et le martyre de Louis XVI, ne parvient plus à s’élever à la hauteur de la mission qui lui avait été confiée à Reims en 496.

On voit donc, combien les discours politiques qu’on a pu entendre à gauche comme à droite sur cette personnalité sinon « hors du monde« , du moins étrangère à notre monde contemporain dont on imagine mal qu’il puisse en exister un qui lui soit supérieur en bassesse et en vulgarité, ne pouvaient que rater leur cible. Comme il en est des enfants qui essaient de cracher sur une hirondelle en plein vol.

Quelques mots maintenant sur le thème natal de Jeanne car l’essentiel est déjà dit ci-dessus.

Elle naît le 06.01.1429 à 17.00. C’est, du moins ce que  mes recherches m’ont indiqué mais je suis ouvert à toute information plus précise concernant l’heure de naissance puisque la date, elle, semble admise par tous. Elle voit le jour dans ce qui correspond au département des Vosges actuel, sous le signe du Capricorne avec un  Ascendant Lion.

Ce qui frappe dans le contexte de ce thème (se reporter à l’article que je viens de consacrer à cette importante notion de contexte et de situation) c’est d’abord la contradiction et la complicité entre  cet Ascendant Lion et le signe solaire du Capricorne.

Voilà un être fait pour rayonner, pour vivre en pleine lumière et la projeter généreusement sur les autres (ce que Jeanne fera d’ailleurs, plus par l’humilité que par l’éclat) mais qui ne pourra se réaliser qu’à travers la dure loi du Capricorne : devoir, responsabilité, abnégation, oubli de soi derrière la mission à remplir.

Après la contradiction apparente, il y a les affinités profondes.

En langage prosaïque on parlera de l' »ambition » commune aux deux signes; s’agissant de Jeanne d’Arc il ne peut s’agir que d’une exigence commune d’accomplissement par canalisation de la force du Lion vers des buts « plus-que-personnels » (pour parler comme Rudhyar); en fait, vers les devoirs les plus exigeants symbolisés par le Capricorne et pouvant aboutir à cette mystique de l’autorité au service de la laquelle Jeanne consacrera sa courte existence.

Autre affinité entre les deux signes : l’instinct de protection.

Par amour de la vie et générosité naturels, ainsi que par la puissance du cœur chez le Lion; par le sens aigu des responsabilités collectives, le souci de défendre l’institution politique et sociale avec le Capricorne. Comme je l’indique dans mes cours, l’axe Cancer/Capricorne est celui où se ressourcent toutes les fonctions qui permettent aux hommes de grandir et de se construire. Elles donnent alors naissance aux institutions qui représentent comme des extensions des deux fonctions archétypales essentielles :

  • la fonction maternelle (celle qui donne la vie, la nourrit et l’entretient) et

  • la fonction paternelle (celle qui la protège, la soutient et l’élève vers le plein accomplissement de l’adulte indépendant).

Deux fonctions, en fait, ramenées à une : la fonction parentale, généalogique, héréditaire, nourricière et éducative qui conduit au plein exercice de la citoyenneté. Nous venons tous de quelque part (une origine) et cherchons tous à réaliser quelque chose dans notre existence (une fin) qui puisse s’inscrire dans le collectif. C’est l’axe Cancer-Capricorne et celui des Maison IV/X qui représentent cette dimension de l’existence humaine dans nos thèmes de naissance.

Cette dimension essentielle se présente d’abord sous la forme d’une famille cellule de base de la société; mariage d’un homme et d’une femme ouverts au don de la vie. Puis vient l’école, le village, le « pays », la province, la nation, et toutes les institutions administratives et politiques dont l’Etat bien sûr, qui ne sont toutes (ou ne devraient être) que des décalques de cet archétype essentiel qui est celui de « famille » de « cellule conceptrice et protectrice de la vie » qui enveloppe la croissance de chaque individu.

Et, bien sûr, la fonction royale en tant que le roi est le « père » et protecteur de la nation, responsable de sa bonne administration, est une fonction éminemment Cancer/Capricorne.

Chez Jeanne ce « sens de la famille« , qu’il se présente sous sa forme la plus immédiatement perceptive (l’amour et le respect des parents) ou sous sa forme la plus élaborée (l’amour de Dieu père des hommes) en passant par son incarnation institutionnelle (le roi légitime)  est souligné de multiples façons et constitue comme le leit-motiv de toute l’organisation du thème, ou plutôt comme le thème principal d’un fugue à plusieurs voies.

Remarquez d’abord la très belle conjonction de la Lune à Jupiter dans les signe de la Balance et à la pointe de la Maison IV tout au fond du thème (ce que nous appelons le « Fond du Ciel » dans notre jargon professionnel).

Cette conjonction évoque l’heureux épanouissement de la nature et de la culture chez Jeanne.

Ou, si vous préférez, la capacité de Jeanne à adhérer naturellement et spontanément aux valeurs morales, politiques et religieuses de sa culture, de son époque; ainsi que sa loyauté, sa sincérité, sa spontanéité, sa bonne volonté, sa bonne humeur et, je dirais presque, son innocence.

Notez que cette adhésion ne se fait pas pur conformisme ou par paresse d’esprit. Voyez comme les valeurs représentées par Lune/Jupiter s’ouvrent à des hauteurs proprement métaphysiques grâce aux trigones qui poussent ces deux fonctions à se spiritualiser en s’affranchissant de toute forme d’expansion horizontale et confortable comme le faisaient la plupart de ses contemporains qui mangeaient à tous les râteliers. C’est le rôle d’Uranus en Gémeaux

Reste ensuite à obéir aux convictions venues du plus profond de la conscience de Jeanne, à son idéal le plus exigeant qui la conduira à l’accomplissement et à la mort. C’est le rôle de Pluton en Verseau.

En fait il faudrait retourner la proposition et dire que Lune et Jupiter ne sont là que pour introduire dans la vie politique et collective, les valeurs idéales (signes d’Air) portées par Uranus (refus de l’asservissement, résistance contre l’oppression, principe de la légitimité) et Pluton (l’instinct de survie, la lutte pour le droit d’exister).

Mais, avant même de fonctionner à un tel niveau, Lune/Jupiter évoquent d’abord des valeurs profondément humaines.

C’est pourquoi les personnages qui en sont représentatifs bénéficient d’une telle popularité.

Quand ils ont une âme médiocre cette configuration les dote d’un tel sens de l’opportunité (voire de l’opportunisme) d’une telle habileté à se mouvoir dans le sens du courant, qu’ils arrivent à plaire à tous en renvoyant une image flatteuse à chacun et bénéficient de la sympathie générale en retour, ce qui ne peut que satisfaire leur narcissisme naturel…et leurs intérêts : « je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis poissons, voyez mes nageoires » dit l’adage populaire pour symboliser ce type de personnage qui a toujours un pied dans chaque camp. Fussent-ils nombreux…

Mais dans une âme d’élite comme celle de Jeanne, le processus est inversé.

Il ne s’agit plus d’être miroir et de renvoyer à chacun le reflet qui le flatte, mais, bien au contraire, de se mettre au service d’une vérité, d’une réalité ou d’une autorité universelle (morale, spirituelle, culturelle, politique….) de s’en instituer le défenseur et de la diffuser en sachant adapter le discours au plus grand nombre (Lune : impact sur la masse, le peuple) et en disparaissant soi-même derrière les valeurs à défendre.

  • Dans le premier groupe vous avez les acteurs et politiciens souvent débonnaires et populaires.

Ex : Line Renaud (trigone) qui ne rate pas une occasion de nous montrer combien elle est généreuse (en paroles), chaleureuse, proche des uns, compatissante avec les autres, etc, etc, elle en dégouline de bons sentiments (à la mode autant que possible) et son nombril a fort à faire pour rester caché sous sa robe de prix – Liz Taylor (carré) – Catherine Deneuve (conjonction) ou encore, dans les personnages politiques,  François Hollande qui possède une opposition exacte entre la Lune et Jupiter, Marine Le Pen (trigone) J.M Le Pen (carré) de Villepin (trigone) Delanoë (carré) Montebourg (carré)….

Que des modèles d’humilité et de discrétion comme on le voit.

  • Dans le second, les éducateurs de l’humanité, des personnages qui – quel que soit le jugement que nous portions sur leur pensée ou leur action – se sont efforcés de conduire ou d’enseigner les autres, quelquefois à rebrousse-poil, au lieu de s’évertuer à leur plaire ou à les singer servilement : Jeanne d’Arc, Christophe Colomb, Gandhi (carré), Marx (trigone)Vaclav Havel (opposition)…et bien d’autres.

Qu’est ce qui fait que, chez Jeanne, nous ne trouvions aucune trace de ce narcissisme, de cette tendance à l’histrionisme présents chez tant de porteurs de la configuration ?

Comme toujours, le thème répond admirablement.

La conjonction Lune/Jupiter se situe en Balance (signe éminemment politique comme j’ai déjà eu l’occasion de le signaler dans d’autres articles : ouverture au collectif et aux valeurs qui en assurent le bon fonctionnement : l’écoute de l’autre, la justice, la pondération, la diplomatie, la capacité à transformer la confrontation en négociation, la reconnaissance des intérêts légitimes de chacun, etc ….). Je n’insiste pas sur le génie politique de Jeanne, nous savons qu’il est éclairé par des principes qui le transcendent infiniment.

Se situant en Balance, elle est donc placée sous la « maîtrise » de Vénus (dont le domicile, vous le savez sans doute, est la dite Balance ainsi que le Taureau).

Regardez donc Vénus. Elle est en Capricorne (je n’y reviens pas) – elle est conjointe au Soleil, symbole de noblesse, de courage et de dignité et au trigone de Saturne (la loi, la rigueur, le contrôle de soi, le devoir…..) qui est lui même maître du Capricorne où se trouve Vénus.

Et, non seulement Vénus gouverne les fonctions Lune/Jupiter par maîtrise mais elle s’y affronte par carré, les forçant à changer de niveau d’expression. Il s’agit de renoncer à toute facilité d’expression (la Balance et son goût des compromis ou des mesures chèvre-choux, son génie de la séduction) pour épouser les exigences de la rigueur, du sens du devoir, du dévouement et du service, la consécration quasi amoureuse à un idéal élevé (Dieu et le Roi), évoqués (toujours dans le contexte) par la conjonction de Vénus capricorne au Soleil capricorne, tous deux au trigone de Saturne……dans le signe du Taureau – voyez la coïncidence (!) – puisque lui même est sous la maîtrise de la dite Vénus !!!

Ce qui veut dire que Vénus et Saturne sont placés à la tête du réseau des fonctions planétaires (ce que nous appelons « chaîne planétaire« ) et commandent leurs possibilités d’expression.

Barbault écrit s’agissant des rapports harmonieux entre Vénus et Saturne : « Facteur de stabilité affective, sentiments paisibles, réservés, calmes, durables et fidèles; attachement profond« . Il aurait pu ajouter « loyauté dans l’ordre des attachements et exigence sur le plan des valeurs morales » sans se tromper.

D’autant plus que ces deux symboles habitent deux des signes les plus stables, les plus fermes, les plus « résistants » (au double sens du terme) du zodiaque : Capricorne (la loi et le devoir) et Taureau (la vie) tous deux en accord avec la portée quasi charnelle (signes de Terre) de la mission de Jeanne.

Avec de telles dispositions, comment voudriez-vous que Jeanne se comportât en idole populaire, en suffragette ou en histrion politique à la mode cinquième république ? Elle ne pouvait exprimer que les plus hautes parmi les manifestations possibles d’une association Lune/Jupiter. Celles qui peuvent se traduire par « élevons nous au dessus de nous-mêmes et montrons le chemin de l’honneur » ou encore « ayons le souci de conduire les autres vers le juste et le vrai, sans les flatter, sans tenter de les séduire mais en respectant leur dignité« .

C’est ce qu’elle a fait. Oubliant toute forme de reconnaissance personnelle pour orienter l’adhésion des cœurs et des âmes vers Dieu et ce Roi….qui le lui rendit bien mal.

Mon Dieu que cela nous change du spectacle actuel pour la « présidentielle » que  nous devrions rebaptiser la « nombrilentielle » pour ne pas dire la « pestilentielle » tant certains coups portés en coulisse sont bas et mesquins et nous éloigne du ciel pur où vole l’alouette imaginé par Anouilh.

Jeanne n’a pas manqué non plus, d’exprimer ce que cette configuration avait de plus humain et de plus soucieux des autres, en ménageant la peine de ses soldats, en partageant leurs efforts et les dangers qui les menaçaient. En adoucissant les cœurs et en tirant le meilleur, par sa seule présence, de l’âme de certains des hommes parmi les plus violents de son époque. Qu’on pense à ce qu’est devenu Gilles de Rais après la mort de Jeanne…

Et surtout en respectant les Anglais, en essayant de leur éviter des souffrances inutiles. Elle se battait pour faire régner la justice de Dieu en matière de légitimité et pour nulle autre cause : « Dieu hait-il donc les Anglais ? » lui demandera-t-on à son procès pour la piéger. Nullement. Il les aime autant que tout autre peuple, mais chez eux, selon l’équité, et non pas quand ils attentent aux libertés des autres nations, car Jeanne sait mieux que quiconque, que chaque nation – et singulièrement la France –  a sa propre mission à accomplir, mais qu’elles sont toutes tributaires d’un projet supérieur qui nous échappe. Ce qui fera dire à Vladimir Soloviev à la fin du XIXème siècle :  » Car l’idée d’une nation n’est pas ce qu’elle pense d’elle-même dans le temps, mais ce que Dieu pense sur elle dans l’éternité « 

Louis SAINT MARTIN

2 réponses à to “Entre les « faux-jetons » et les « cauchons » : Jeanne de France.”

  • Rolland:

    Primogéniture, oui. Pourquoi « mâle »? La loi salique n’a été déterrée que plusieurs siècles après Rémy . D’autre part, si je m’en tiens aux évangiles, je ne vois nulle part une impossibilité pour les femmes d’être prêtres, du moins jusqu’à ce qu’un St Paul s’en mêle, apportant une misogynie certaine qui lui fait ignorer, au mieux, tant Marthe que Marie-Madeleine.

    • Bonjour,

      S’agissant de la loi de « primogéniture mâle » dite aussi « loi salique » votre argument temporel est très très mauvais.
      Le propre d’une loi authentique est qu’elle est découverte et non inventée. La loi d’attraction universelle existait depuis la création et l’humanité l’a toujours respectée bien avant que Newton ne l’eut mise en équation. Faute de quoi elle n’aurait jamais pu s’ériger sur ses deux jambes, de même pour les lois qui régissent l’énergie électrique, elle existaient bien avant que l’homme ne les découvrît et les domestiquât au XVIIIème siècle.
      En ce qui concerne les lois humaines, il en est de même : elles s’imposent – par la nécessité, par l’usage, par l’expérience – bien avant qu’elles ne soient codifiées et reconnues comme loi. De tous temps l’humanité a fait de la prose sans le savoir et le jeune enfant qui accède au langage, lorsque son environnement intellectuel le permet, formule sa pensée en respectant des lois grammaticales qu’il serait bien en peine d’énoncer.

      Il en est de même en ce qui concerne la loi de « primogéniture mâle » : elle avait toujours été mise en oeuvre, depuis Clovis et les Francs Saliens, avant qu’elle ne fût simplement explicitée et « officiellement » reconnue au XIVème siècle, lorsque les trois fils de Philippe le Bel se succédèrent sur le trône sans héritier mâle derrière eux. Ce qui arrivait pour la première fois dans une Histoire déjà longue d’au moins neuf siècles si on démarre simplement à Clovis à la fin du Vème siècle. C’est à ce moment qu’on éprouva le besoin de codifier officiellement une loi qui avait toujours réglé la succession royale en France. Et c’est ce qui nous permit d’éviter de tomber sous la coupe du roi d’Angleterre qui, parce qu’il était marié à la fille de Philippe le Bel, s’estimait en droit de régner sur la France en lieu et place de son épouse !
      Il s’agissait d’éviter en droit royal ce qui, en droit féodal, avait provoqué une véritable catastrophe au siècle précédent, lorsque Aliénor d’Aquitaine dont le mariage avec Louis VII avait été annulé à la suite du différent entre les deux époux, jeta son dévolu sur celui qui allait devenir roi d’Angleterre et apporta à l’Angleterre, dans sa dot, la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Périgord, le Limousin qui, jusque là, étaient terres françaises. Et oui, les femmes pouvaient hériter de fiefs (en l’absence de frères) mais, en matière royale, les souverains français n’étaient pas « héritiers » de la France et de la couronne, mais simples « successeurs » à l’intérieur d’une lignée qui se configurait à la descendance de David le roi-prêtre. J’y reviendrai.
      Où nous retombons sur le sens profond de la mission de Jeanne d’Arc….
      Je vous offre une coupe de champagne si vous pouvez dénicher une seule femme ayant exercé la fonction royale en titre (c’est à dire seule, comme le fera Elisabeth d’Angleterre un peu plus tard par exemple) durant ces neuf siècles ou avant…..La loi de primogéniture mâle n’a pas été « inventée » pour permettre aux seuls hommes de régner, la loi de primogéniture mâle a été définie parce que seuls les hommes dans la conception du pouvoir royal de l’époque pouvaient être appelés à régner. Ce n’est pas l’opportunité qui a enfanté une loi de contingence ou de complaisance, c’est une situation politique de crise qui a donné l’occasion d’exciper d’une loi qui avait toujours été observée et qui était au fondement de l’Institution elle même.
      Non par caprice ou misogynie comme vous le pensez, mais parce que la fonction royale en France assimilait la personne du Roi à un prêtre (il recevait 6 onctions sacrées lors de son couronnement) et que les femmes étaient écartées de la prêtrise. Ce qui configurait le roi de France aux Rois d’Israël en commençant par le plus glorieux d’entre eux, le Roi David, dont ils se considéraient les successeurs. N’oubliez pas que les rois de France étaient les « Très Chrétiens ».

      Concernant l’accès des femmes à la prêtrise, je suis infiniment désolé de vous apporter – pour la première fois je crois depuis que nous travaillons ensemble – une contradiction.
      Ce n’est pas à vous, étudiante en astrologie depuis si longtemps, que je rappellerai que le prêtre en tant qu’homme se configure au rôle de l’Esprit fécondant, donc de polarité essentiellement masculine alors que la femme se configure à l’Âme : celle du monde, celle de l’être humain, celle de la Création….la Femme est celle qui reçoit la semence de vie, qui la garde en gestation et qui la transmet. Et c’est un rôle essentiel, que nul homme ne peut lui contester ou lui enlever….

      Il faut que les deux polarités soient respectées et symbolisées pour que nous comprenions quelque chose au rapport entre le Père et le Fils, via le Saint Esprit (qui représente l’amour qui les unit) ou encore entre le Créateur et sa Créature, entre le Christ et son Epouse, l’Eglise, dont il ne vous a pas échappé qu’elle se constitue pour moitié d’ Hommes, qui ne se sentent nullement dévalorisés d’avoir épousé le Christ.
      Renée et moi avons assisté à la messe de Pâques à l’Abbaye d’En Calcat qui se trouve à une petite trentaine de kms de chez nous et, au cours de l’office, il a été annoncé les « noces de diamant » (60 ans) d’un des frères de l’Abbaye entré au couvent à l’âge de 22 ans et aujourd’hui âgé de 82 ans.

      Plutôt que d’en vouloir à saint Paul qui nous surpasse sans doute infiniment en matière de théologie, il serait sans doute plus instructif que vous relisiez les Evangiles et observiez l’attitude constante de la Vierge tout au long du parcours de son Fils et, singulièrement, tout au long de Sa Passion. Elle incarne admirablement le rôle irremplaçable de la Femme, de l’Epouse, de la Mère, de l’initiatrice, l’instigatrice, l’inspiratrice même (voyez son rôles aux Noces de Canaa) à côté de l’élément actif qu’est Son Fils : les deux polarités sont présentes et indispensables. Sans Marie pas de Christ, pas de Fils-Prêtre, pas de victime expiatoire, donc pas de rédemption et pas de salut.
      En matière psychologique , sans « anima » pas d’inspiration, d’imagination, de fécondité et de créativité ; l’être se réduirait à un pur « animus » autant dire à une brute phallique ou peu s’en faut.
      Le « féminisme » est une excellente chose quand il s’efforce d’affirmer les valeurs proprement féminines dans la société…mais quand il se contente de devenir une sorte de « machisme » inversé il devient catastrophique. C’est ce que nous voyons se déployer sous nos yeux actuellement. Je ne doute pas que les femmes puissent brillamment équivaloir les hommes et même les surpasser par certains côtés, mais quand cela se fait au détriment des valeurs féminines qui ont déserté notre société, celle-ci devient irrespirable. Désormais ous n’avons pas affaire à des femmes reconnues et enfin mises à la place qui leur revient et y imposant les valeurs irremplaçables qui étaient les leurs, mais à des hommes à corps de femmes…..et, le plus souvent, aussi débraillées que les hommes eux mêmes (qui trouvent là une bonne occasion de ne pas se gêner).
      Comme les extrêmes s’inversent lorsque, dans notre monde fini nous voulons aller au bout d’une idéologie quelconque, le monde s’est considérablement « machisé » « virilisé » « dégradé » dé-civilisé »depuis que le féminisme s’est imposé. Plus de délicatesse, de courtoisie, de politesse (voyez dans les séries télévisuelles comment les enfants parlent à leurs parents ahuris) et encore moins de tact depuis que les femmes ont gagné le droit, en occupant la place traditionnelle des hommes, de se comporter comme eux. Ce monde est devenu irrespirable depuis que le féminisme a chassé le féminin comme polarité indispensable de l’humain.

      C’est du moins ma conviction profonde et je quitterai certainement l’Eglise catholique (comme l’ont fait bon nombre d’Anglicans par rapport à leur Eglise) si un jour, il lui prenait la fantaisie d’ordonner des femmes – comme l’a fait la protestantisme – qui à une authentique religion ce que le canada dry est au whisky – car ce serait mettre le point final au grand désordre qui est issu d’un concile assez mal compris et mal digéré en renonçant à la claire distinction symbolique des deux fonctions essentielles et indispensables sur lesquelles repose la Création.
      Pourquoi ne pas ordonner des femmes dans un temps où l’on veut marier des hommes entre eux et des femmes entre elles; dans un temps où une femme peut se faire faire un enfant par sperme anonyme interposé puis aller vivre le parfait amour avec une compagne qui deviendra la 2ème maman, (voire le « papa » !!!!) de l’enfant qu’elle aura conçu en haïssant le genre de celui qui lui a permis d’être fécondé.

      La confusion des genres (voir la théorie actuelle du « gender » dont vous avez dû entendre parler dans les couloirs de votre lycée) et des rôles est le signe même qu’une civilisation est en train de s’écrouler. Et, puisque vous exprimez votre insatisfaction à propos d’un message occasionné par le thème de Jeanne d’Arc, je crois qu’elle est celle qui nous donne (entre autres leçons de patriotisme, de foi, de haute politique, etc…) une excellente leçon sur le masculin ou le féminin : elle ne renie jamais son sexe, elle ne revendique jamais rien de spécifique pour lui; si elle s’habille en homme c’est parce qu’il est difficile de mettre un heaume et une cuirasse sur un hénin ou une robe à traîne et si elle continue en prison, c’est pour mieux éviter de se faire violer par les soldats anglais qui la gardent. Elle reconnaît la nature surnaturelle de cette Eglise dont un certain nombre de représentants la condamnent pourtant et, en toute occasion de sa vie, elle a recours au ministère de prêtres pour rester en étant de grâce. Aucune revendication féministe chez elle…qui aurait pu pourtant profiter de sa faveur auprès du roi pour obtenir quelque chose.
      Il est vrai que nous sommes au Moyen Âge et que la femme y est infiniment plus respectée et valorisée qu’elle ne le sera à partir de ce triste sire de Napoléon et des régimes bourgeois imbéciles qui vont suivre tout au long du XIXème siècle.
      J’arrête là car c’est le genre de sujet qui me rend très bavard et je craindrai de lasser votre indulgence naturelle. 🙂 😛 :-! O:-)

      Vous ne m’en voudrez pas j’espère de ne pas penser du tout, du tout, du tout comme vous sur le sujet. Ce qui ne m’empêche nullement de vous accorder le plus grand et le plus sincère respect, ainsi qu’à toutes les femmes qui représentent, à mon avis, la réussite la plus admirable de la Création.
      Laissez donc aux hommes leur rôle de tâcherons du salut…(rires…) quand vous, les femmes, répétez tous les jours l’acte créateur de Dieu Lui-même en enfantant.
      Bien amicalement à vous.

      D’accord avec la désespérante virilisation de notre société. Mais c’est à cause de ce refus d’accorder aux femmes la naturelle considération qu’aurait dû lui valoir son rôle naturel. Même dans mon métier, pourtant féminisé, j’ai dû pousser « des coups de gueule » pour faire respecter certains de mes avis. Et Emilie, très ennuyée dans son début de carrière, à cause de sa trop grande féminité (et de corps, hé ou,i 2 chefs lui ont reproché sa joliesse, 1 masculin et un féminin, et d’esprit, pas assez « tueuse). Oui, je regrette de ne pas avoir à la tête de nos nations des femmes véritablement femmes, moins soucieuses de marquer leur territoire que du bien-être de leurs administrés; sachant équilibrer un budget, sans complaisance pour les « ors de la République » qui sont plutôt les ego mal dimensionnés de nos chefs.
      Et vu le rôle éminent de la Vierge, comme vous le rappelez, il me semble qu’une prêtrise féminine, sans doute à définir, aurait eu son rôle à jouer et aurait peut-être ralenti le mépris croissant dont les femmes ont été l’objet, surtout, cela ne vous a pas échappé depuis ce…(allez, je vais vous taquiner), ce Buonaparte Napoleone, disciple de St Paul quant au rôle des femmes dans la société. Et depuis le moyen-âge nous avions déjà perdu beaucoup.
      J’ai par hasard eu l’occasion de m’intéresser à la société Irlandaise après l’évangélisation par St Patrick: vu d’ici, elle était remarquablement équilibrée, mutatis mutandis.

      Je crois que je me suis mal expliqué.
      Je distingue radicalement la société civile ou laïque de la société religieuse ou sacrée.
      Dans la première je reconnais volontiers que le rôle de plus en plus reconnu des femmes peut s’avérer bénéfique (tout dépend en définitive des qualités de la femme en question et non de son sexe). Je m’apprête mettre en ligne une petite étude sur trois thèmes comparés : celui de Margaret Thatcher, celui de Poutine et celui de…Mohamed Merah (vous verrez pourquoi je rapproche ces trois thèmes quand vous découvrirez la dite étude) et je n’y cacherai l’admiration sans réserve que je porte à la première, non pour ses choix politiques qui ne sont pas les miens, mais pour le courage dont elle su faire preuve en des circonstances politiques très difficiles, pour sa fidélité sans concession aux valeurs sur lesquelles elle avait été élue, pour sa loyauté à une morale exigeante et au souci du bien commun qui était le sien et qui dictait une action absolument étrangère à toute forme de démagogie ou de facilité.
      Je pense que tous nos hommes politiques français actuels auraient beaucoup à apprendre, moralement, de cette femme qui déteignait par rapport aux couilles molles (pardon pour l’expression triviale) qui l’entouraient à l’intérieur de son propre parti. Si vous avez l’occasion, en votre île lointaine, d’aller voir le film qui lui est consacré, vous comprendrez ce que je veux dire.
      D’ailleurs, pour mettre mes actes en accord avec mes paroles, je m’apprête à voter des deux mains pour une femme à la présidentielle et cela ne vous surprendra pas je pense.

      En revanche, s’agissant de la société religieuse ou sacrée, celles de clercs et non plus des laïques, ma vision est toute différente.
      Ici ce ne sont plus les qualités intrinsèques de la personne – femme ou homme – qui doivent primer. Si c’était le cas nous n’aurions plus de prêtres, ni hommes, ni femmes, car, étant toutes et tous pécheresses et pécheurs pourrie(e)s de défauts, aucun de nous ne pourrait assumer la tâche du prêtre dont le saint curé d’Ars disait (à peu près) : « quel pouvoir a le prêtre, plus grand que celui des anges ! sur un simple signe de sa part il oblige le Christ à descendre habiter l’hostie… » et donc à s’offrir une nouvelle foi au sacrifice non sanglant qui s’opère pendant la Messe. Si on y réfléchit bien c’est absolument inimaginable et hors de portée de quiconque, réduit à ses seules qualités.

      C’est bien autre chose qui prédomine et qui doit être absolument respecté dans ce cas : la fonction symbolique, ou, pour mieux dire encore, la fonction iconique, sacrée qui s’attache au rôle de l’homme (le prêtre) et de la femme (la consacrée) dans l’Eglise. J’ai essayé de définir comment je voyais les choses dans mon précédent courriel, je ne peux rien y ajouter de bien intéressant car nous sommes dans le domaine du mystère (c’est à dire de l’absolu qui nous dépasse). Un mystère, cela ne se raisonne pas, ne peut faire l’objet d’un « discours rationnel », d’une démonstration. Cela se contemple à distance, avec déférence, humilité et confiance, comme le conseillait Simone Weill elle même dans ses « Lettres à un religieux ».

      Peu importe que sainte Thérèse d’Avila, sainte Hildegarde, sainte Catherine de Sienne, sainte Bernadette ou sainte Thérèse de l’enfant Jésus ait dépassé spirituellement les papes de leur époque de cent coudées. Il n’en demeure pas moins que le dit pape représentait « la pierre sur laquelle le Christ avait bâti Son Eglise et qu’il avait confié à Simon-Pierre » (à un homme et non à Marie Madeleine par exemple) et c’est ce pape, en tant que premier d’entre les prêtres, a la mission et l’autorité nécessaire pour assurer le service des Sacrements au sein de l’Eglise à travers son personnel masculin, et non les éminentes saintes que je viens de citer. C’est le mystère de l’Eglise, calqué sur la mission ou le rôle que Dieu à dévolu à la femme et à l’homme au sein de Sa création. Et ce rôle et cette mission sont aussi irremplaçables et éminents l’un que l’autre.

      Justice ne sera pas rendue en intervertissant ou en subvertissant les rôles, mais en les ordonnant mieux l’un par rapport à l’autre dans une complémentarité qu’en langage religieux on doit appeler une « harmonieuse communion ». Cela n’a pas été fait pendant longtemps, je vous l’accorde bien volontiers. Mais n’essayons pas de corriger une erreur en lui substituant l’erreur symétrique. Personne n’a rien à y gagner, au contraire. Et – je le répète – si notre monde est devenu tellement irrespirable c’est justement parce que le « féminin » dans son combat contre le « masculin » est en train de remporter une victoire à la Pyrrhus.
      On peut toujours vouloir troubler l’ordre naturel – et l’homme prométhéen des temps modernes ne s’en prive pas – mais, en définitive, cet ordre torturé se rétablit toujours à notre détriment et l’arroseur finit toujours par être arrosé.

      En fait par « prêtrise », je voulais, une fois admis vos arguments sur le rôle actif de l’homme, donc sa qualification à la prêtrise, envisager la possibilité d’une fonction religieuse rappelant aux fidèles le rôle passif mais nécessaire et honorable de la femme, justement parce que, en d’autres temps c’était le spirituel qui donnait le « LA » à la société laïque. Mais comme c’est bien trop tard maintenant, c’était une discussion purement théorique.

      Ceci dit, j’ai plutôt l’impression que c’est une masculinisation dévoyée qui l’emporte dans le féminisme. Le symbole parfaitement stupide de brûler des soutien-gorge, qui m’avait déjà paru inepte, le montre bien. C’était notre rôle de femmes (amantes) et de mères que l’on détruisait. Les hommes y auront gagné violence et mollesse.

      Sur tous ces derniers points, je suis totalement d’accord avec vous.
      Il faut trouver un moyen de distinguer, au sein de l’Eglise catholique, le rôle essentiel de la Femme sans aucune confusion ni amalgame avec celui du Prêtre, pour les raisons que j’ai dites plus haut.
      Quand au « féminisme » qu ne serait que parodie et caricature de « masculinisme » ou de « machisme » vous savez désormais ce que j’en pense et qu’il ne peut que conduire cette société à des déboires encore plus désastreux que ceux que nous connaissons depuis une quarantaine d’années avec la désagrégation de la famille, la confusion des rôles, l’hyper-valorisation du rôle maternel au détriment de la fonction paternelle, voire à la « fémininisation » de cette dernière, sans parler de l’excellente excuse que cette confusion donne à certains hommes pour fuir leurs responsabilités. Et on comprend mieux comment on en est arrivé à cette aberration qui devrait faire hurler les pierres, d’envisager de marier des hommes entre eux et de leur confier des enfants à élever.
      Bien à vous.

      LSM

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