La lettre ouverte que vous allez lire ci-dessous a été adressée à l’un des administrateurs d’une association astrologique qui prétend fédérer les astrologues français (je peux la nommer, il s’agit de la FDAF, puisque ni elle ni moi n’avons quoi que ce soit à cacher) à condition que ces dits « astrologue » s’engagent à renoncer à pratiquer « la prévision » telle que vous et moi l’entendons : un éclairage plus ou moins vif sur l’avenir !

Etrange exigence. Aussi pertinente que celle de fournir des outils à des ouvriers qui ne devront pas s’en servir dans leur tâche.

C’était en 2007 et j’avais eu l’impertinence de m’intéresser à la présidentielle et, subséquemment, de prévoir l’élection de Sarkozy ….comme j’avais prévu celle de Chirac en 1995, celle de Bush à deux reprises, celle de Delanoë à la mairie de Paris, le « non » au référendum européen et j’en passe (je publierai d’ailleurs certaines de ces prévisions afin que les amateurs d’anthropocosmologie puissent observer mes méthodes de travail).

Les foudres des « anti-prévisionnistes » m’étaient tombées sur la tête….alors même qu’on venait de m’offrir le secrétariat général de la dite Association ! Passons.

Mais comme je suis immunisé depuis longtemps aux « foudres » et aux sophismes de ceux qui se croient autorisés à les lancer, cela n’avait fait qu’exciter mon envie de mieux préciser ce que j’entends par « prévision » en AnthropoCosmologie, sans me laisser troubler aucunement par ce que je considérais comme des « arguties » sans réelle portée et plus destinées à se concilier la bonne volonté des médias et des milieux dits scientifiques, qu’à défendre notre discipline dans toute sa portée.

Je craignais même – mais dois-je le dire – qu’il en soit de cette position doctrinale comme il en est de la pruderie féroce de certaines chipies qui ne risquent vraiment rien du côté du harcèlement sexuel….. fussent-elles prisonnières d’une île déserte avec DSK comme seul compagnon.

On connaît, depuis ce bon Lafontaine, le couplet du « raisin trop vert, bon pour les goujats » et les multiples déclinaisons que nous inventons tous les jours pour justifier nos peurs ou nos insuffisances.

Bref. Je fus reconnaissant à mon contradicteur de me fournir l’occasion de préciser mes idées dans ce domaine si fascinant et si troublant de l’Anthropocosmologie qu’il amène les « astrologues » à se  nier eux-mêmes.

Je vous livre donc cette lettre telle qu’elle parut en 2007.

Vous remarquerez que je n’avais pas encore adopté mon néologisme « Anthropocosmologie » pour désigner l’Astrologie, bien que j’y eusse pensé depuis fort longtemps. Nul doute que de telles prise de position n’aient accéléré mon désir de franchir le pas pour me démarquer d’un univers de pensée qui n’était plus (totalement) le mien.

Dans les jours qui viennent je publierai l’ensemble de la correspondance que m’avait value cette divergence de position avec la FDAF.

 

– Lettre Ouverte à X…Y-Z… suite à ses « critiques d’une prédiction »

Quelques réflexions après la lecture de vos « critiques d’une prédiction ».

Commencer par un exemple qui ridiculise la thèse qu’on attribue à l’adversaire est de bonne guère et constitue un procédé médiocre mais éprouvé. Je ne sais qui a pondu cette perle concernant les « dissonances de Pluton à Vénus empêchant l’élection d’une femme en 2007« , mais elle m’a bien fait rire. Toutefois, après trente trois ans de fréquentation assidue de l’Astrologie j’en ai lu et entendu bien d’autres. Quelques exemples : « la Maison X est celle de la mère parce que le bébé voit le visage de sa mère quand elle se penche au dessus de son berceau ». Le père étant couché au-dessous bien entendu, il se voit attribué la Maison IV) !

Ou encore : « Brigitte Bardot ne peut pas avoir un Asc Sagittaire parce qu’elle aurait fait une carrière à l’étranger, ce qui n’est pas le cas » !

Ou encore : « Hitler n’est pas un Taureau mais un Bélier parce qu’il était agressif et belliqueux ». A un certain moment, étant inscrit à un forum fort célèbre et très bien fréquenté – aussi bien par des prévisionnistes que par des anti-prévisionnistes d’ailleurs – j’ai vu s’afficher sur mon écran toute une enfilade de messages relatifs au fait que les rapports que nous entretenions ou non avec le port du chapeau, étaient en relation directe avec la présence du Bélier ou de Mars à l’Asc !!! Le degré zéro de la réflexion astrologique.
Je ne fréquente plus de forums ou de listes et je garde mon temps libre pour de « bonnes lectures ».

Deuxième remarque générale.

Le dénigrement ou la dénaturation perfide des intentions d’un homme, ne sont pas des procédés honorables pour tenter de dévaloriser les thèses qu’il défend de bonne foi. Ainsi on peut pratiquer la « prévision » en Astrologie sans faire preuve de « superstition » et sans être un « fanatique » (il semblerait, à vous lire avec attention, que ce soit vous qui soyez assez porté sur le « fanatisme » anti-prévisionnel). On peut aussi exposer honnêtement le fruit de recherches prévisionnelles à la communauté astrologique et aux médias intéressés, sans en attendre une « publicité gratuite » dont je n’ai que faire, ma réputation professionnelle n’étant plus à promouvoir puisque j’ai des consultants – plutôt satisfaits – de Séoul à San Francisco en passant par Singapour et le Québec, la Pologne, l’Espagne, la Suisse, l’Allemagne et le Bénélux.
Attention à ne pas projeter sur l’autre une attente personnelle de reconnaissance frustrée ! Jung a très bien décrit le processus et je vous y renvoie.
Cela pourra vous servir à plus d’objectivité..
De même en ce qui concerne les « honneurs du départ de l’Elysée…ou un enterrement précipité en grandes pompes » que vous épinglez sous ma plume.  Je dois dire que vous êtes le seul de tous mes correspondants – le seul ! – qui n’ayez pas compris que je m’amusais, que c’était une galéjade.
Je crains, cher ami, que dans votre posture de Saint Just de l’anti-prévision, vous ne vous preniez trop au sérieux pour savoir ce que c’est que l’humour.
Comme l’Astrologie, l’humour échappe aux canons de la « science » telle que vous la concevez. Aristote aurait dit que c’est une perfection naturelle qu’on peut développer mais qu’on ne peut pas se donner si on ne l’a pas au départ. Ce qui semble être votre cas.

Entrons maintenant dans le vif du sujet et essayons de répondre à vos objections les plus pertinentes.

Votre « première motivation d’ordre métaphysique » est un sophisme.

Bien sûr que le « cosmos » n’est pas un espace dont une « élection ferait partie » ce qui serait une absurdité. Où m’avez-vous vu la proférer ?
Mais la conception du cosmos qui apparaît dans votre propos est– pour moi – tout aussi absurde.
Vous confondez, comme la plupart des mécanistes ou matérialistes, le « cosmos » avec son expression visible : l’univers matériel. Le cosmos n’est pas une chose, un objet, une construction, le système solaire ou une collection de galaxies. Il est l’ordre, l’intention intelligente, l’énergie créatrice qui se déploie dans l’espace et le temps, qui organise la circulation de la vie et le fonctionnement des ensembles que nous observons ; il est ce qui donne un sens à chaque moment de l’histoire individuelle et collective. Puisque vous aimez les comparaisons, le « cosmos » pour moi n’est pas une machine, un espace mais une pensée, un projet ou une volonté à votre choix.
Le « résultat d’une élection » n’est donc pas une partie du « cosmos » comme une pièce de mécano, mais la saisie d’un moment spécifique où – en ce qui concerne une élection – se rencontrent trois données : le cours de l’Histoire d’une nation, une destinée collective en un moment donné et la destinée de quelques hommes ou femmes susceptibles à un titre ou un autre d’incarner cette destinée collective à ce moment là ; le tout appréhendé par l’outil astrologique.
Le choix de l’électeur n’est nullement pipé car ce choix fait partie intégrante du projet d’ensemble qui l’enveloppait et le supposait. Le geste de l’électeur est libre comme sont libres vos facultés de pensée, de décision et d’action alors même que vous êtes embarqué sur un paquebot dont vous ne pouvez modifier l’itinéraire mais qui cependant dépend aussi de votre libre choix puisque vous avez justement validé cet itinéraire en achetant votre billet.
En d’autres termes, nous concourrons librement à ce qui nous arrive inéluctablement car les raisons par lesquelles un événement arrive, ne préjugent pas des « causes » qui sont mises en oeuvre pour aboutir au résultat prévisible : si mon chien remue la queue c’est parce que je le caresse (la cause) mais si je le caresse c’est parce que j’ai de l’affection pour lui et qu’il en a pour moi (la raison).
Dans notre culture et à ce moment de notre Histoire, un homme arrive au pouvoir en France par le suffrage universel. C’est la « cause » efficiente, l’outil concret de son arrivée au pouvoir. Point. En tant que « philosophe des sciences » vous n’oubliez pas qu’il existe plusieurs types de « causes ». Au moins quatre pour Aristote. Et la cause matérielle (celle que vous privilégiez) est parfaitement impuissante à rendre compte de la complexité des événements petits ou grands qui jalonnent notre existence. Pour affiner l’analogie, cette cause « matérielle » serait représentée par l’ensemble des bulletins dans les urnes.  La cause « efficiente » résiderait dans le choix politique des électeurs. La cause « formelle », elle, serait celle à laquelle l’Astrologie nous donne accès symboliquement : le modèle, la tendance, le plan, l’intention directrice collective auxquels cette élection  correspond et qui trouve à s’actualiser plutôt dans le thème de tel candidat(e) plutôt que dans celui de tel(le) autre. Quant à la cause « finale », la principale, celle pour laquelle, dans le plan de l’Histoire, tel homme arrive au pouvoir et pas tel autre, à tel moment et pas à tel autre, celle-là relève de la pure spéculation philosophique et dépasse le cadre antropocosmologique.

Votre seconde observation est plus subtile mais son caractère sceptique n’est pas spécifique à la prévision.

Observer un ciel de naissance et en tirer des jugements quant au caractère, à la personnalité, aux dispositions intellectuelles, affectives, relationnelles d’un individu c’est toujours « rajouter du sens » à des données purement arbitraires et symboliques (sémiotiques serait le terme adéquat à mon avis) et c’est forcément lire « un message caché dans les astres » pour reprendre vos propres termes, dignes de Mme Soleil. Comment et pourquoi cela est-il possible ne peut être abordé ici, mais si on rejette cette possibilité de « rajouter du sens » ou plutôt de « décrypter un sens » on rejette l’Astrologie comme telle car il n’y a aucune différence de nature et de méthode entre analyser un thème de manière statique et en étudier le déploiement dynamique à travers la prévision. On maîtrise ou non ces méthodes. Cela est une autre affaire.
D’ailleurs, à vous lire on se demande ce qu’est l’Astrologie pour vous et qu’est-ce-que vous pouvez avoir à dire à vos éventuels consultants. A moins que vous ne soyez une sorte de Dr Soubeyran qui, pendant vingt ans, donna des conseils médicaux aux lecteurs de Jours de France, sans avoir jamais le moindre contact avec un malade. Un médecin « virtuel » en quelque sorte qui se faisait chahuter par ses pairs dans les congrès médicaux où il osait se présenter (j’étais présent, je peux donc en témoigner).

Pour revenir au « sens », c’est la qualité de perception de celui ou celle qui opère cette « traduction » qui sont ici essentielles, car l’Astrologie n’est pas seulement une connaissance mais un ART appliqué qui se nourrit aux sources d’une culture (cosmogonique, cosmologique, mythologique, psychologique, anthropologique, philosophique, historique, voire scientifique en votre sens…) qui se doit d’être parfaitement assimilée par le praticien et sans cesse remise en question et actualisée. De même qu’il y a des artistes – au demeurant charmants – qui disent toujours la même chose toute leur vie (Rossini, Mendelssohn en sont des exemples car ils écrivaient à quarante ans comme à vingt) et qu’il y a, au contraire, des artistes dont on peut suivre le mouvement de la pensée, les phases de conquête
d’un langage magnifique qui leur permettra d’atteindre à l’universel (Bach, Mozart
Beethoven, Schumann ou Liszt en sont les archétypes) il y a des astrologues qui projetteront toute leur vie sur leur discipline, les mêmes étroitesses de vue, la même superficialité d’analyse, le même maniement infantile des symboles (vous nous en avez donné un exemple évident avec Vénus/Pluton), les mêmes préjugés, la même incapacité à
approfondir des figures où se condense le sens infini du réel.

Toujours sur la question du « sens » j’ajouterai que la science se trouve placée devant le même problème : le sens d’une expérience qui relie un ensemble de phénomènes ne se donne pas de lui-même, son intégration dans une loi puis de cette loi dans une théorie scientifique ne se fait qu’en ajoutant du sens, à partir d’une hypothèse (souvent transformée en certitude fanatique)….Ce qui fait d’ailleurs que nous révérons à certaines époques de l’humanité des théories plus ou moins fumeuses – voire destructrices pour certaines – et remises en question de fond en comble à la génération suivante : le géocentrisme, le marxisme, l’hégélianisme, le positivisme, le transformisme, le freudisme puis l’existentialisme, le structuralisme, le déconstructionisme, et j’en passe, qui ont dominé notre époque et qui se veulent tous « scientifiques », se trouvent acculés dans leurs derniers  retranchements en ce début de millénaire.
C’est qu’une hypothèse scientifique est toujours dépendante du paradigme culturel qui détermine et valide (ou enferme) l’activité de recherche et de connaissance. En Occident nous avons privilégié le paradigme rationaliste jusqu’à ne laisser subsister aucune autre forme de lecture du réel, c’est pourquoi il existe un tel hiatus entre la science officielle et l’Astrologie (entre autres). Et c’est pourquoi aussi vous déniez à l’Astrologie sa faculté de prévoir car cette activité n’entre pas dans le moule de vos a-priori « scientifiques ». Moyennant quoi vous risquez à la fois de faire de la mauvaise science et de passer à côté de la nature profonde de l’Astrologie qui échappe pour une large part à ce que avez appris et dont vous voulez absolument nous faire profiter.

Troisième critique

 

Critique que vous adressez à ceux – essentiellement votre serviteur car votre article est entièrement dirigé ad hominem – que vous vous efforcez de ranger dans la catégorie des « médiatiques » et des «auto-publicitaires » (mon Dieu si cela vous démange tellement que de vous faire entendre vous aussi des médias, envoyez-leur des articles qui puissent les convaincre avec vos arguments à vous !) : la confusion entre la preuve et l’argument, la conception naïve de la preuve et de l’expérience, etc.
Je crois que le naïf c’est vous. D’abord il n’est nullement question de convaincre ou de prouver. Il est uniquement question de s’interroger, en vrai philosophe et non en idéologue. Les ressorts de l’Astrologie sont encore beaucoup trop mystérieux pour que quiconque puisse prétendre en avoir percé le mystère. Dans mon cas, – puisque je suis le principal attaqué – en publiant ces prévisions sur la présidentielle, il n’était (et il ne sera jamais) question, tant que je n’aurai acquis aucune certitude, que d’entamer les scepticismes, d’affaiblir les résistances, de remettre à leur place les « certitudes scientifiques » qui ne sont que des préjugés obtus dirigés contre l’astrologie. J’y suis arrivé à l’université, je ne vois pas pourquoi je n’y réussirai pas dans d’autres circonstances comme celle d’une élection par exemple qui peut amener certains journalistes à se poser les bonnes
questions, à demander des réponses et à favoriser une meilleure compréhension.

Cela m’amène à m’exposer et à prendre des risques, c’est vrai. Mais j’eusse préféré que les attaques vinssent du parti des positivistes de tout poil que de celui d’une association et d’une revue, théoriquement de mon bord et auxquelles je croyais être relié par les liens de l’amitié et de la confiance. Mais il y a longtemps que je me suis aperçu que le monde des astrologues était – sauf rares exceptions – un monde venimeux où l’épigramme et la critique tiennent lieu de réflexion.
Plus sérieusement, votre argumentation se contente de décalquer la démarche de la pensée scientifique (que je connais aussi bien que vous, je vous le rappelle) et de la transposer telle qu’elle, à la pensée astrologique.
C’est une démarche erronée dans laquelle je ne peux vous suivre. Contrairement à certains de nos collègues (Mme Fuzeau-Braesch entre autres) je ne pense pas que l’Astrologie soit une science, au sens étriqué et fallacieux dans lequel le modernisme a enfermé ce concept. Et les méthodes qui s’avèrent sans doute efficaces dans le domaine de la causalité physique, s’avèrent inadaptées dans une discipline qui relève plus de l’herméneutique que de la physique. Mais, je le répète, cela est une vaste question (quelle est la nature réelle de l’Astrologie et de quelle attitude intellectuelle relève-t-elle ? ) que nous ne pouvons aborder ici.

L’Astrologie, comme les sciences humaines officielles d’ailleurs, est un art reposant sur des connaissances certaines certes, mais dont la mise en pratique requiert une attitude intellectuelle spécifique : d’abord ce que j’appellerai le « sens symbolique », puis une humilité et une ouverture intellectuelle totales permettant d’aborder son monde de représentations et son langage spécifique, une absence de préjugés, une capacité à digérer informations et expériences venues d’autres champs de réflexion (voir plus haut) qui peuvent nous donner quelques ouvertures.
C’est ce qui explique d’ailleurs que différentes écoles, utilisant différents outils peuvent dire vrai, au moins en partie et de leur point de vue, si elles observent les dispositions intellectuelles indiquées ci-dessus, car la réalité
astrologique est comme une montagne qu’on peut aborder par différentes faces. Pourvu qu’au bout du compte, le sujet observé (personnage ou événement) se trouve restitué dans sa vérité et son identité.
De même, votre remarque sur le hasard et les probabilités (que vous adorez) est nul et non avenu. L’Astrologie ne prétend pas être la seule capable de prévoir juste, et, si on arrive aux mêmes résultats qu’elle à partir d’autres méthodes, tant mieux. Cela n’invalide pas pour autant ses résultats propres. Dire qu’on préfère cuire son gratin avec une cuisinière à gaz, n’obère pas les qualités d’une cuisinière électrique, voire d’une cuisinière à charbon ou à bois. A chacun son choix entre plusieurs outils où peut s’exercer notre liberté de recherche (ou nos a-priori) et sa capacité à le justifier.
Ainsi, dire qu’il y avait « x » probabilités pour que Sarkozy ou Royal soit élu(e), n’enlève rien au fait que l’Astrologie, de son côté et par ses méthodes, ait eu le moyen de désigner lequel des deux le serait effectivement. De plus, le choix entre deux ou trois candidats n’est qu’un aspect – anecdotique – de la prévision astrologique qui s’exerce de tout autre façon en cabinet. Là où il ne s’agit plus de choisir entre deux candidats mais d’orienter le cours d’une existence, d’éclairer des décisions, de favoriser des prises de conscience, de décortiquer l’avenir de relations, en laissant la personne libre de ses choix. Je ne vois pas ce que les statistiques pourraient apporter à ce travail. Mais vous me l’indiquerez peut-être.

Venons-en maintenant à vos raisonnements spécieux concernant « l’astrologue et les sondages ».

Si on admet le parallélisme entre certains mouvements du thème (transits, directions, RS, etc, etc…) et la destinée d’un individu (appréhendé dans sa portée collective dans le cas d’une candidature à une élection nationale) il est naturel « qu’aucun astrologue n’ait prédit l’élection d’aucun petit candidat » dans la mesure où, logiquement, il ne se passait pas grand chose dans le thème des dits candidats !!! Quoi de plus naturel que les pronostiqueurs concentrent leur intérêt sur les « cracks » plutôt que sur les canassons qui marchent sur trois jambes ???

Avant de vouloir épater la galerie avec le calcul des probabilités, il vaudrait mieux utiliser le bon sens et la jugeote, vous ne croyez pas ? La sélection entre « grands » et « petits » candidats ne s’est pas faite, en ce qui me concerne, par rapport aux sondages ou au calcul des probabilités, mais en observant que le thème des seconds ressemblaient beaucoup plus à un électro-encéphalogramme plat qu’à un thème de « gagnant » potentiel.
J’aurais d’ailleurs pu établir des prévisions identiques à celles que j’ai publiées en méconnaissant totalement l’identité des possesseurs des thèmes considérés. Cela ne m’aurait gêné en aucune façon. C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsque je fais des pronostics justes pour des consultants que je n’ai jamais vus de ma vie, que je ne connais pas dont je ne sais pas ce qu’ils font dans la vie et que je ne vois même pas, puisque 90% de ma consultation se déroule au téléphone.
D’ailleurs et a contrario de vos affirmations, je vous rappelle que j’avais annoncé la première élection de Jacques Chirac dès 1993 (lettre personnelle à l’intéressé, publiée sur ce même site) et confirmé ce pronostic en début 95. En des temps où il ne recueillait que 8 à 9% des sondages et où les principaux porte-paroles de son propre camp l’incitaient à se désister au profit de Balladur en le traitant de « has been ».
Même sophisme en ce qui concerne Jacques Delors (et, subséquemment Edouard Balladur) « favori des sondages et des astres…qui ne s’est pas présenté ».
J’avais établi et écrit, plus d’un an à l’avance, que le premier ne se présenterait justement pas en 1995 « car il ne se passait plus rien dans son thème après Décembre 1994 » et que le second ne serait pas élu…car, pour lui aussi, il ne se passait plus rien de significatif dans son thème en 1995, année de l’élection. Vos remarques sur l’astrologue, prisonnier (ou utilisateur honteux) des sondages, sont donc nulles et non avenues en ce qui me concerne.

Fatum et climat astral.

Ma prévision tenait compte, à la fois, du succès populaire d’un(e) des deux principaux candidats – en précisant qu’elle ne serait pas élue – et de la probabilité majeure de l’élection de son adversaire au 2ème tour. Et je
démontrais pourquoi – de manière astrologique – le succès populaire de la seconde ne pouvait obérer les chances du succès du premier. Reprenez ma démonstration et essayez de la démonter si vous pouvez.
En ce qui concerne le 3ème larron, cette même prévision non seulement indiquait qu’il ne se trouverait pas au 2ème tour, mais elle avertissait aussi d’un échec cuisant. Pronostic que l’on comprend mieux au vu des résultats du Mouvement Démocratique aux législatives qui ont suivi. Que voulez-vous de plus ?
Et surtout que proposez-vous de mieux ?

Venons-en un peu aux méthodes.

En Astrologie « tout n’est pas égal par ailleurs », il ne suffit pas de calculer quantitativement le poids de certaines configurations ou le degré « d’activité » de certains aspects et d’en tirer mathématiquement des conclusions. Il faut aussi et d’abord juger de la carte du ciel natal de celui ou celle qui est chargé(e) de concrétiser les possibilités d’un moment, illustrées par les configurations célestes observées sur une période assez longue. Et de juger de l’orientation commune plus ou moins grande de ces deux réalités. Puis d’apprécier qualitativement l’ensemble, en fonction des buts poursuivis, du degré de pertinence des réalités symboliques observées entre les deux ordres de données. Cela demande du doigté, de l’expérience et un zeste d’inspiration sans doute, mais toutes ces qualités font partie de la panoplie de l’astrologue professionnel ou prétendu tel, comme de celles du bon médecin ou du bon psychologue ou de l’artiste vrai. Sinon il vaut mieux faire autre chose. Des statistiques par exemple, fort utiles pour les comptables et les gestionnaires sans doute.

Vous vous effrayez aussi « de la complexité des techniques astrologiques de prévision-prédiction et des centaines de paramètres » dont l’astrologue doit tenir compte dans sa synthèse, mais, mon cher ami, c’est le langage d’un homme noyé dans ses observations, non celui du praticien qui sait faire la distinction entre l’accessoire et l’essentiel, entre l’anecdotique et le significatif. La multiplication des moyens, méthodes et techniques prévisionnels (il y en a beaucoup il est vrai) relève certainement de la difficulté de cette pratique qui ne prétend jamais au succès absolu et qu’on cherche à étayer de mille façons possibles.
Mais il faut bien comprendre qu’une prévision dans l’absolu consiste d’abord à rendre compte d’aussi près que possible de l’orientation d’une expérience, d’une phase d’existence dans le parcours d’une vie, du potentiel évolutif qui se présente dans tel ou tel secteur de la vie concrète du consultant. Quand on connaît particulièrement bien l’existence de celui-ci, on peut alors lui révéler non seulement le climat qualitatif mais le contenu concret de cette expérience. C’est plus rare mais cela peut arriver.

C’est pourquoi on doit parler de « prévision » et non de « prédiction » :

  •  on prévoit la situation morale, physique, psychologique, sociale dans laquelle un sujet peut se trouver à tel moment et on peut percevoir où ces dispositions peuvent le conduire dans le champ de ses préoccupations spécifiques, à partir de son potentiel personnel représenté dans son thème natal.

  • on prédit l’expérience ou l’événement concret, précis qui vont l’affecter (agréablement ou désagréablement) à ce moment là. Mais c’est plus rare et plus difficile à case de la polysémie très riche des symboles astrologiques.

Rien de tel dans le cas d’une élection où l’événement attendu (le contenu) était connu à l’avance.
La « prévision » c’est la forme, la « prédiction » c’est la matière.
Comprenez-vous la nuance ? Non, bien sûr puisque vous ignorez l’une et l’autre.
D’autre part, et pour répondre à une autre de vos objections, une étude prévisionnelle se pratique toujours sur le long terme et certainement pas par l’observation des mouvements célestes dans la journée ou la semaine comme tendrait à le faire croire l’exemple que vous nous donnez au début de votre papier.
Pour les présidentielles de 1995 j’ai observé le thème des candidats sur une évolution de deux ans. Ce qui m’a permis d’informer certains de mes correspondants politiques qu’il ne fallait pas s’attendre à voir J. Chirac remonter dans les sondages avant Février 1995, mais à le voir triompher en Mai de la même année et qu’il fallait au contraire s’attendre à voir Delors pour la gauche, Balladur pour la droite, caracoler dans les sondages pendant toute l’année 94, sans aucune conséquence sur le succès de Chirac en 95. Ce qui s’est exactement passé.
J’arrête là ces explications qui ne vous convaincront que pour autant que vous serez décidé à sortir de votre idéologie anti-prévisionnelle et à critiquer mes prévisions sur pièce et non en théorie.
Je dis « idéologie » car votre démonstration est purement formelle, mentale, théorique. On lit le texte d’un apprenti intellectuel, satisfait de lui-même et de son savoir universitaire, mais on rechercherait en vain l’astrologue praticien, l’homme d’expérience, dans ces lignes. Une sorte de théoricien de l’Astrologie qui viendrait apprendre aux praticiens sur le terrain comment ils doivent utiliser leur discipline et qui leur affirmerait que ce qu’il ont vu il ne l’ont pas vu, que ce qu’il ont compris ils ne l’ont pas compris, que leurs résultats concrets ne sont que des illusions.
Une certaine forme de cuistrerie en somme.

Vous connaissez comme moi l’anecdote de ce philosophe antique qui, lassé d’entendre un sceptique pérorer sur l’impossibilité du mouvement, lui apporta la meilleure contradiction qui soit en se levant et en quittant la pièce….
C’est un procédé dont on pourrait user avec  vous. Non qu’il s’agît pour les cibles de vos critiques de  « quitter la pièce » rassurez-vous, mais de vous obliger à  découvrir et approfondir quelques unes de ces méthodes prévisionnelles que vous mésestimez et de voir ce qu’elles peuvent vous apporter, si tant est que vos certitudes ne vous aveuglent pas en ce domaine.
Cela évitera peut-être que vous vous retrouviez dans une pièce vide si, continuant à pérorer devant des astrologues « prévisionnistes », il prenne à ceux-ci l’envie de se retirer pour vous laisser argumenter tout seul.
Pour ma part – et j’en terminerai là – après vingt-cinq ans de consultations en cabinet, une dizaine de milliers de consultations, toutes soigneusement répertoriées dont celles de ces trois ou quatre dernières années enregistrées in vivo et conservées sur mon disque dur, je pourrais vous administrer les multiples preuves évidentes de la validité de la prévision astrologique (pour paraphraser Kepler) sur des centaines de cas précis et vérifiables que j’ai sélectionnés. Prévisions de situations ou d’événements – forme et contenu – absolument indécelables au moment de la consultation et vérifiées par les faits. Au grand étonnement du consultant et à ma grande joie, car je ne me lasse pas de me laisser surprendre et charmer par les possibilités de dame Uranie qui mérite mieux que des arguties de potache qui veut se pousser du col et montrer « ‘qu’il pense » en usant d’une scolastique rationaliste désormais dépassée….

Meilleurs souvenirs et sans rancune.

Louis SAINT MARTIN.

Une réponse à to “De l’Astrologie, de ses vertus « prévisionnelles » et de la rhétorique stérile….”

  • Gérard Marboeuf:

    Pauvre type .Faut-il que vous vous sentiez intérieurement minable pour vomir des conneries pareilles.
    M’est avis qu’un vilain Mars ou Pluton affecte votre Mercure natal ! .

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