Voici le texte intégral de la Lettre que j’avais adressée à l’archevêque d’Avignon, suite à la philippique qu’il a publiée en décembre 2008 où, sous prétexte de nous débarrasser de l’ivraie, il sacrifie aussi le bon grain.

Je vous en souhaite bonne lecture.

Réponse d’un Anthropocosmologue Catholique Romain à Mgr Jean-Pierre CATTENOZ Archevêque d’Avignon

suite à son article :

Vivez en enfants de lumière !”

Voyance, occultisme, attention danger »

du 30 décembre 2008

 

« Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, [les fidèles] ont le droit, et même parfois le devoir, de donner aux pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Eglise, et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des moeurs et la révérence due aux pasteurs,  et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes »

Catéchisme de l’Eglise Catholique, parag. 907 – reprenant le code de droit canon 212, parag.3.

Monseigneur,

Déjà, il y a quelques années, NSP le pape Jean-Paul II avait adressé quelques critiques à l’Anthropocosmologie et je m’étais permis un certain  nombre de réflexions à partir de ses paroles. Ces réflexions sont reprises ici, quoique présentées différemment dans cette lettre que je m’autorise à vous adresser après votre propre intervention sur le sujet en date du 30.12.08.

Vous me permettrez tout d’abord de sourire – quoique tristement – de cette énumération de bazar oriental : magie, spiritisme, sorcellerie, médailles protectrices, boules de cristal, envoûtements, dans laquelle vous classez arbitrairement la discipline astrologique pour la seule raison que cherchant à la qualifier et ne sachant comment le faire faute d’en comprendre la nature, vous en fustigez une ombre, une caricature. Cette méconnaissance ne vous empêche d’ailleurs pas de la déclarer « non scientifique… ».

Je pourrais néanmoins accepter ce dernier qualificatif.

A condition de savoir de quoi on parle quand on écrit le mot « science ».

La connaissance astrologique, parfaitement constituée dans son domaine, obéissant à tous les critères exigés par une raison saine ou par ce « bon sens » si bien « partagé » d’après Descartes, n’est pourtant pas de nature hypothético-déductive et  ne correspond que de très loin à ce que le rationalisme étriqué qualifie de « science » depuis Galilée. De même en ce qui concerne l’idéalisme kantien. Mais le rationalisme, l’idéalisme ou le criticisme sont-ils les seuls modes d’accès au réel et au vrai ? Je crois que non et je suis, sur ce point comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs, en accord profond avec NSP Benoît XVI, qui s’évertue à susciter la renaissance intellectuelle et spirituelle qui dégagera la pensée occidentale de l’ornière positivisme, scientiste dans laquelle elle s’est embourbée depuis trois siècles. Avec les résultats que l’on sait : relativisme, scepticisme voire négativisme en matière de religion, hédonisme et laxisme sur le plan moral  qui caractérisent notre culture contemporaine et la ramènent inexorablement à la barbarie.

Un peu de ce discernement recommandé par Saint Ignace n’est pas inutile quand on veut aborder un sujet aussi subtil et complexe que l’anthropocosmologie autrement qu’à travers les lieux communs propagés par les esprits bornés de « l’union rationaliste » et autres officines.

Ne pouvant la qualifier de « scientifique » (ce que je ne revendique absolument pas pour des raisons qu’il est impossible d’aborder dans le cadre de cette lettre mais sur lesquelles je reviendrai dans un prochain ouvrage ….si Dieu veut) vous l’inscrivez ipso facto dans le registre des « superstitions ».

Quelle injustice et surtout quelle imprudence  Monseigneur !

Car, dans ce lieu d’infamie, elle se retrouve en très bonne compagnie avec sa sœur d’infortune – la Religion catholique elle même – où les pères fondateurs de notre régime actuel – les forcenés d’une révolution furieusement agnostique, voire athée – l’avaient jetée. Régime avec lequel pourtant, l’Eglise en France se félicite – chaque jour que Dieu fait – de coopérer dans une « laïcité [faussement] apaisée ». En feignant de ne pas voir qu’à terme, cette « laïcité apaisée » nous conduit vers une nouvelle religion redoutable : le laïcisme d’Etat, mortelle pour la foi chrétienne, ciment et fondement de notre identité nationale et européenne.  Laissons cela puisque la Providence veille sur le troupeau égaré volontairement par ses bergers décervelés….

Revenons à la « science ».

« Scientifiques » la théologie, la psychologie, l’histoire, la psychanalyse, bref l’ensemble des « sciences » dites humaines ? Aucunement. Pour des raisons épistémologiques et méthodologiques que nous ne pouvons analyser ici. Mais pourtant acceptées, enseignées, estampillées par l’université, révérées par les médias (qui font si peur à nos Evêques) pour la bonne raison que ces « connaissances » très approximatives et souvent contradictoires, acceptent toutes – sauf la théologie non « moderniste »…mais qui l’enseigne encore dans nos séminaires et universités ? – le paradigme matérialiste et positiviste qui paralyse la pensée occidentale et fascine nos élites religieuses (voir Teilhard de Chardin authentique « cosmolâtre» et si piètre théologien).

Ce prétendu caractère superstitieux que vous attribuez à l’anthropocosmologie, vous autorise à diagnostiquer, croyez-vous, tous les dérèglements qui guettent immanquablement le chrétien qui s’aviserait de s’intéresser à cet art de trop près. Le souffre et l’exorcisme ne sont pas très loin ainsi que la méthode d’intimidation sans nuance, toujours la même, qui a fait tant de mal à l’Eglise au cours de son Histoire.

La condamnation de pratiques et  comportements aberrants et inexcusables que j’ai moi même sévèrement dénoncés dans de nombreux articles est sans doute nécessaire et je ne vous aurais jamais fait grief, Monseigneur, de cette mise en garde si vous aviez pris soin de ne pas « jeter le bébé avec l’eau du bain » (comme disait J. Képler, astronome et anthropocosmologue) et si vous aviez pris soin de distinguer l’anthropocosmologie  véritable de la caricature que vous nous en présentez. Car il en est de l’anthropocosmologie comme de la religion catholique : devons nous la juger en elle même et par elle même ou à travers les sottes pratiques, les excès, les comportements bornés, les dérives, les trahisons ou les apostasies auxquels l’une et l’autre ont donné lieu ?

Ainsi, très contestable m’apparaît la vision que vous nous donnez des dérives psychologiques, morales et spirituelles que sa pratique entraînerait. Aucun anthropocosmologue conséquent, bien formé intellectuellement et moralement, ayant fait l’effort de réfléchir sur sa discipline et ayant accepté de confronter sa pratique à d’autres sources d’étude, d’information et d’inspiration : les doctrines religieuses, la philosophie, la mythologie, la psychologie, la sociologie et même les disciplines dites « scientifiques dures » puis s’étant soumis à l’expérimentation quotidienne comme moi depuis trente ans, ne peut lire sans consternation que l’anthropocosmologie « [fait] perdre l’usage normal de la réflexion et de la mise en œuvre de l’esprit d’initiative » qu’elle nous « plonge dans une paralysie malsaine qui s’enracine dans la peur et dans l’angoisse » qu’elle considère l’homme comme « le jouet des astres » et qu’elle obère le plein « exercice de sa liberté ».

Là encore, Monseigneur, « jouet des astres » mis à part, ces reproches infondés ressemblent trop à ceux dont on a accablé la religion catholique et son clergé au cours des siècles pour que vous puissiez les utiliser sans quelque circonspection car le bon sens populaire dit « qu’on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu ». D’autres, moins bienveillants que moi à l’égard de l’Eglise auraient préféré utiliser la parabole de la paille et de la poutre car, de nos jours c’est une critique qu’on peut tout à fait retourner à certains pasteurs qui confondent le ministère des âmes et le conditionnement des esprits. Il n’est qu’à lire la façon dont la plupart de nos évêques conciliaires, oubliant toute componction, traitent les malheureux « tradi » coupables de se vouloir plus et mieux catholiques qu’eux, pour être édifié là-dessus.

En fait, le rôle de l’anthropocosmologie tel que je le conçois, est presque exactement inverse et consiste à nous éclairer sur nous mêmes en nous laissant libres d’agir en conséquence de cette prise de conscience de soi. J’y reviendrai.

Autre point. Définir l’anthropocosmologie comme la prise en compte de « l’influence [des astres] sur le destin des hommes » (même si cette idée absurde peut encore habiter quelques cervelles primitives) nous ramène à un médiocre procès d’intention car il y a beau temps qu’une part considérable du monde astrologique ne parle plus « d’influences » – physiques ou autres – déterminant un destin, mais de correspondances et d’homologies où se reflètent un projet associé à un héritage et servant à mieux baliser un itinéraire individuel. Cela aussi j’essaierai, dans mon futur ouvrage, de le faire comprendre aux personnes de bonne volonté qui voudront réfléchir avec moi au lieu de se satisfaire de simples « opinions » dont nous savons, depuis Socrate et Platon, qu’elles n’ont aucune portée.

Remarquons, en abordant un autre point concernant le rôle prévisionnel de l’anthropocosmologie, que condamner le besoin de « prévision », le désir d’anticiper l’avenir et de le préparer du mieux possible, revient à condamner tout ce qui dans notre société moderne s’occupe justement de prévisionnel, de prospective. Cela fait beaucoup de monde et beaucoup d’activités plus ou moins honorables. Sur le plan politique, social, militaire, économique, commercial, éducatif, médical, administratif – et même religieux – toutes sortes de personnes, de services, d’organismes nationaux et internationaux, officiels ou discrets s’occupent uniquement de « prévoir » ou de « prévenir » à grands coups d’enquêtes, d’études et de statistiques. En commençant par les « Instituts de Sondages » qui vivent grassement de leurs erreurs permanentes et l’Institut météorologique national dont les prédictions quotidiennes nous font si souvent sourire d’un œil et pleurer de l’autre.  Je ne dis rien des prévisions et anticipations de nos hommes politiques et experts économistes : c’est un sujet d’affliction permanente.

Faudra-t-il condamner toutes ces activités sous prétexte que NSJC n’a pas songé à les encourager dans leurs démarches, et devrons-nous imiter Gandhi qui, après lecture de la Baghavad-Gita, résilia l’assurance-vie qu’il avait souscrite au bénéfice de sa femme et de ses quatre enfants puisque « Dieu ne pouvait pas les laisser démunis » si lui, Gandhi, disparaissait ? Vous représentez-vous l’angoisse des dirigeants (et des employés) de nos grandes compagnies d’assurances si nous devions tous imiter Gandhi ou prendre à la lettre, sans discernement, la prédication du Sermon sur la montage et nous comporter « comme les oiseaux du ciel » ? Même les évêques je pense, préviennent l’avenir en souscrivant des assurances et prévoient le planning de leurs activités en tenant compte d’informations anticipatrices.

C’est tout à fait normal et acceptable car Dieu utilisant le plus souvent des moyens naturels et humains pour arriver à Ses fins, pourquoi le concept d‘assurance » ne pourrait-il être considéré comme celui qu’Il a inspiré aux hommes pour prévenir et se protéger ? En quoi alors « s’assurer » serait-il contraire à la foi la plus ardente ? J’ai toujours cru que celle-ci consistait uniquement à croire du plus profond de son coeur que le Christ est notre Sauveur et qu’en Lui seul se trouvent les clés de la Vie éternelle car Il est la Voie, la Vérité, la Vie ? Une foi sincère nous dispense-t-des bilans de santé ? Empêche-t-elle le marin de se munir des cartes les plus précises et d’anticiper sa navigation en tentant de prévoir les vents, les courants et les écueils qu’il pourra rencontrer ?

Si ce n’est la prévision qui puisse – en elle même – être reprochée à l’anthropocosmologie, c’est peut-être l’outil qui sert à l’effectuer ? Je n’y puis rien. Cet outil nous ne l’avons pas inventé ou choisi, il nous a été donné. Et par qui d’autre si ce n’est par Dieu pour un chrétien ?

Certains, parfaitement au courant des possibilités de l’anthropocosmologie en ce domaine mais les craignant « superstitieusement »,   répondront plutôt : par Lucifer ! C’est fou ce que notre monde corrompu a de propension à voir Lucifer là où ça l’arrange et à l’ignorer là où il nous crève les yeux. Y compris dans certains courants de l’Eglise depuis une soixantaine d’années par exemple. N’est-ce pas Paul VI qui déplorait de voir s’élever dans l’Eglise les « fumées de Satan » en évitant soigneusement, avant, pendant et après Vatican II, de nous dire qui les y avait fait pénétrer ? Passons. L’Histoire jugera  les pompiers incendiaires.

Notre outil à nous, anthropocosmologues, c’est le ciel.

C’est un outil extraordinaire qui demande une vision du monde qui a subi une éclipse et ne s’inscrit plus dans nos paradigmes et nos schémas intellectuels appauvris. Mais plus pour très longtemps comme le prouvent de nombreux travaux actuels, qui se développent aux marges de la science académique par des chercheurs de haute volée. Cet appauvrissement explique qu’on méprise l’outil astrologique alors qu’il était respecté depuis des milliers d’années par l’ensemble des civilisations et des religions et qu’il a toujours fasciné les plus grandes intelligences comme l’écrivait Balzac.

J’ajouterais que de nos jours, je suis personnellement en contact avec certains des scientifiques évoqués plus haut, fervents chercheurs en anthropocosmologie et dont les noms surprendraient si je devais les évoquer. Mais le terrorisme intellectuel dans le milieu universitaire français – qui n’est pas moindre que celui exercé par l’Eglise en France sur certains sujets – est tel qu’il les contraint au silence. Respectons le donc.

Chercher à déblayer quelque peu – puisque l’anthropocosmologie nous en donne la possibilité, sans que nous préjugions pour le moment de son mode opératoire – l’itinéraire sur lequel Dieu nous a engagés, n’est-il pas une façon de s’aider soi-même, de respecter Sa volonté et de refuser de se laisser porter comme une feuille au vent, en épousant la vocation qui est la nôtre ? N’avons-nous pas des devoirs d’état et ceux-ci n’exigent-ils pas que nous sachions qui nous sommes et comment nous diriger individuellement pour accomplir notre tâche du mieux possible ? Celle que Dieu nous a justement réservée dans Son plan d’ensemble ?

C’est là que réside et se fonde la portée véritable d’une étude antropocosmologique, qui n’a rien à voir avec les vaticinations mercantiles de nos faiseurs(ses) d’horoscopes quotidiens, hebdomadaires ou annuels. Toute profession comporte son lot de sophistes, de dévoyés ou de pitres, devrons-nous juger de l’honneur et de l’utilité d’une profession à l’image qu’en donnent ceux qui la prostituent ? Devrons-nous juger de ce qu’est l’amour en nous rapportant à Platon, Saint Augustin, Sainte Thérèse ou Pétrarque … ou à la dernière vomissure pornographique d’un art contemporain encensé par Golias ou Télérama ?

Faut-il faire le ménage chez tous ceux qui se prétendent « anthropocosmologues » en jugeant de leur formation, de leurs motivations et de leur pratique  ?

C’est possible et quelques associations s’emploient en France à essayer d’organiser la profession et à définir des critères professionnels rigoureux : formation, pratique, déontologie, contrôles. Mais elles le font avec une telle maladresse qu’elles en deviennent suspectes aux autorités instituées, par leur empressement à vouloir les séduire et plus encore par les restrictions de principe qu’elles s’imposent pour être reconnues comme interlocutrices valables, sans s’apercevoir que leurs concessions et leurs compromissions ne font que renforcer la méfiance et le mépris de ces « autorités » officielles ou médiatiques qui les mènent en  bateau. D’autre part, elles ne sont pas totalement immunisées contre le péché de sectarisme et ont une fâcheuse tendance à s’excommunier les unes les autres, si bien qu’elles finissent par renforcer le rejet auquel elles étaient censé apporter remède.

Mais ces tares (provisoires espérons le) sont-elles une spécialité du monde astrologique ? un péché auquel d’autres milieux peuvent échapper ? Certainement non ! et les Evêques en France moins que tous autres, sur lesquels flotte depuis un siècle les souffles délétères de nombreuses « hérésies » qu’on croyait dissipées depuis les temps patristiques par les différents conciles qui ont jalonné l’histoire de l’Eglise : l’arianisme par exemple  et, plus vivace, protéiforme et prospère, le « modernisme » – « égout collecteurs de toutes les hérésies » disait saint Pie X – qui nourrit les prises de position de nos Excellences et se développe jusque derrière les murs épais du Vatican (voir le dossier publié dans « L’Homme Nouveau » du 17.01.2009 très révélateur à ce sujet).

Une des plus navrantes manifestations de ce « modernisme » avoué étant le scandale de la Bible Bayard, constituée de traductions provocatrices (faisant dire par exemple à Jésus : « Plutôt crever ! »), chaudement approuvée par la commission doctrinale des évêques de France, reconnaissant que « l’appareil critique » de l’ouvrage….  « permet d’inscrire cette traduction dans la tradition vivante de la foi catholique ». Où nous apprenons, que les paroles de Jésus rapportées par l’Evangile sont des inventions postérieures de scribes inconnus, s’appliquant à faire parler Celui qu’ils se représentent par ouï-dire. C’est ainsi que p.299 de la dite « Bible » nous pouvons lire que celui auquel la tradition a donné le nom de Marc n’a fait le choix de ses textes, la place où il les dispose, les modifications qu’il leur fait subir, les liens qu’il fait entre eux , qu’à partir des besoins de ses frères et sœurs dans la foi et non par le souvenir d’un Jésus qu’il n’a jamais rencontré,  ni la connaissance d’une Palestine qu’il n’a jamais visitée (sic) ! bref un amateur de puzzles ou de BD.

Donc, à lire cette « Bible » largement répandue (que vous seul Monseigneur avait dénoncée comme n’étant pas « celle de l’Eglise »), Jésus, que je croyais fermement Fils de Dieu et Dieu Lui même, ne serait qu’un « mythe fondateur » et Matthieu, Marc, Luc et Jean qui nous ont donné les Evangiles, au fondement de notre foi et de notre Eglise….n’auraient jamais existé.

Plusieurs remarques s’imposent alors ici dont nous verrons comment elles touchent à notre sujet.

Si l’Eglise de France croit bon de passer par pertes et profits, depuis soixante ans, toute la dimension transcendante du message chrétien, sa portée « surnaturelle »

Si elle croit judicieux de renoncer à sa mission essentielle qui consiste avant tout autre considération, à nous donner les moyens du salut, à nous préparer à la vie éternelle et la remplacer par un préchi-précha progressiste ;

Si elle renonce à la mission de convertir les nations et à fermer les yeux sur celles qui massacrent les chrétiens là où l’islam est dominant : Nigéria, Algérie, Soudan, Liban, Turquie, Syrie (mes voisins sont des chrétiens de Syrie, je sais donc de quoi je parle…) Iran, Inde et j’en passe…

Si elle renonce à sa dimension proprement théocentrique pour vivre l’aventure d’un anthropocentrisme ou d’un « humanisme intégral » dans lequel l’homme se fait Dieu et n’a plus besoin de Lui;

Si, tout logiquement elle nous ressert jusqu’à plus soif son couplet sur les droits de l’homme en occultant ceux de Dieu;

Si, sur les questions de morale et de société elle préfère un discours anthropologique ou sociologique lénifiant au discours vigoureux qu’on attend d’elle, fondé sur l’Ecriture, les exigences de la foi de la bimillénaire Tradition chrétienne,  développement dans l’Histoire du message de Son Fondateur lui même;

Si elle préfère « s’ouvrir au monde » (et quel monde !) au lieu de le convertir – « s’adapter à la pensée dominante » (et quelle pensée !) au lieu de l’éclairer, la réformer, voire la combattre courageusement, comme le font les très enviés clergés catholiques italiens, espagnols, polonais ou américains;

Si elle a oublié les vigoureuses apostrophes de saint Ignace, de sainte Catherine de Sienne, de saint Jean-Marie Vianney, du cardinal Pie, de Pie X, de Chesterton (que vous citez vous même) de Newman ou de Pie XII (j’en oublie forcément, et non des moindres) pour réduire le message de l’Eglise au brouet progressiste de « l’engagement humaniste », égalitariste, droit-de-l’hommiste et l’emprisonner dans les limites d’une affligeante horizontalité;

Si elle considère désormais – « liberté religieuse » oblige – comme acceptable le discours de « Mgr » Gaillot (Céline n’aurait pas manqué de l’épingler comme un « agité du bocal » à côté de JP Sartre) qui déclare que « [l’Evangile est]  une parole parmi d’autres » « une option religieuse parmi d’autres » [tout aussi] contestables » [que les autres] ! ou – si elle tolère ses comportements d’agent provocateur des ennemis de l’Eglise, de la civilisation et de la morale chrétiennes, son activisme iconoclaste et ses frétillements narcissiques dés lors qu’il s’agit de proférer quelque perfidie devant une caméra ou un micro, bref, son numéro de parfait « idiot utile » cher au lénino-trotkysme international;

Si la commission doctrinale des évêques de France peut affirmer, concernant le conflit d’interprétation des lectures juives et chrétiennes de la Bible « que l’une ait raison n’entraîne pas que l’autre ait tort » (Aristote et Saint Thomas, au secours !)

Si ce relativisme désespérant permet à « Mgr » de Berranger d’avoir pour le communisme les yeux de Chimène et pour les communistes français la soif de collaboration qui animait Pierre Laval pour les occupants (ne pourrait-on conseiller à ce distingué évêque à particule, de relire Divini Redemtoris ?);

Si certains évêques pensent généreux et judicieux (notamment celui de Viviers, je crois) d’offrir aux musulmans des lieux de culte pour un euro symbolique (saint Pie V et Lepante où êtes-vous ?) alors qu’ils refusent continûment aux traditionalistes les églises vidées par « l’esprit conciliaire » et les laissent prier sous la pluie…quand ils ne les font pas charger par la police;

S’ils n’ont plus la force, le courage ou la volonté de rendre visible leur engagement chrétien à travers les multiples processions qui rythmaient le temps chrétien et s’ils ne retrouvent quelque vigueur que pour bénir les défilés des sans-papiers, du DAL ou des « tous-pour-l’égalité-et-contre-le racisme ! » (où se distingua feu-Mgr Lustiger), et peut-être pour la gay-pride pour laquelle certaines de nos Excellences éprouvent tant de paternelle et trouble sollicitude;

Si, en revanche  nous ne voyons jamais une mitre ou une crosse conduire une « marche pour la vie » où se fait entendre la voix des tout-petits contre « le crime abominable d’avortement légalisé» dont ils sont les innocentes victimes depuis bientôt trente ans, alors qu’aux USA ce même défilé a réuni en cette année 2009 16.000 jeunes et 50 évêques à la Messe de veillée qui précédait le défilé et 300.000 personnes, précédées par leurs évêques et leurs prêtres, au défilé lui même du 25.01.09 jusque sous les murs du Capitole de Washington;

Si, bien au contraire ! les prises de position de l’Eglise de France à travers les interventions de tel ou tel de ses représentants ont toujours consisté à condamner cruellement ceux qui priaient pacifiquement et disaient le chapelet sur le trottoir au lieu de les bénir, les soutenir et s’enchaîner avec eux aux grilles des avortoirs;

Si le Pr Israël Nisand (confirmé par Mme Veil) a pu affirmer que « l’Eglise de France était favorable à cette mesure » [la loi sur l’avortement] et s’il peut remercier « l’Eglise de France de ne pas s’être fondamentalement opposée à cette loi, même si elle a utilisé un double langage à ce moment-là »

Si les catholiques de France peuvent constater que les manifestations de protestation, de « résistance passive » et d’opposition « non violente » ne sont acceptables par les autorités ecclésiastiques de France que lorsqu’elles se réfèrent à Gandhi ou à Luther King et lorsqu’elles appuient les revendications prioritaires des « sans papiers » non-catholiques et non-chrétiens mais que ces mêmes manifestations deviennent intolérables lorsqu’il s’agit de s’opposer à la barbarie de l’IVG et d’entraver, si peu que ce soit, le fonctionnement des usines de la culture de mort ;

Si j’ai pu apprendre, étant enfant, quand le catéchisme existait encore, qu’au Moyen Âge des évêques n’hésitaient pas à exposer leur poitrine au glaive des soudards seigneuriaux pour protéger leurs ouailles,  alors qu’aujourd’hui certains de leurs héritiers réservent leur vertueuse indignation contre les seuls tradi en leur décochant courageusement des coups de pied dans les cuisses lorsque ceux-ci se mettent à genoux pour prendre la Communion;

S’il faut accepter et passer – la rage au cœur – sur l’interdiction qui fut faite au pape Jean-Paul II par le noyau actif (et subversif ?) de l’Eglise de France, d’évoquer la « culture de mort », le « baptême de la France » ou de rappeler son célèbre « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » lors de ses dernières visites ;

S’il faut de même supporter en silence l’interdiction faite aux catéchistes d’utiliser les anciens catéchismes (celui de Saint Pie X par exemple) pour instruire nos enfants laissés dans l’ignorance totale – depuis quarante ans et plus  – des fondamentaux de la foi de leurs pères : le Décalogue, le Notre Père, le Crédo et les Sacrements pour les remplacer par le credo des « droits-de-l’homme » et de « l’anti-racisme » à toutes les sauces ;

Si, dans la question cruciale de l’euthanasie, le futur Mgr Brugès (dont la carrière se développe de façon foudroyante au Vatican) a pu affirmer que « le seul argument décisif que l’on peut opposer à l’euthanasie est d’ordre religieux » et « dans une société sécularisée, il est impossible d’imposer ce point de vue »;

Si Jean Jaurès pouvait déjà s’exclamer au début du siècle, s’agissant de la séparation de l’Eglise et de l’état : « Nos adversaires […] ont-ils opposé doctrine à doctrine, idéal à idéal ? Ont-ils eu le courage de dresser contre la pensée de la Révolution l’entière pensée catholique ? Non, ils se sont dérobés, ils ont chicané sur des détails d’organisation. Ils n’ont pas affirmé nettement le principe même qui est comme l’âme de l’Eglise ; il est impossible…etc…etc…. »

Si Mgr Noyer peut se déclarer « pas du tout d’accord avec les propos de l’abbé Sulmont, qu’il juge faux et irresponsables[1], affirmant que « la doctrine catholique estime que le Coran porte des éléments très positifs… »

Etc, etc…..on pourrait rallonger la liste jusqu’à plus soif.

En résumé provisoire, si l’Eglise en France, telle qu’elle apparaît au moment où je m’adresse à vous :

– laisse aller à la dérive son message traditionnel

– laisse passivement se répandre – quand elle n’y met pas la main – les plus dangereux sophismes condamnés par le magistère et les conciles.

– soutient ceux qui la méprisent et n’ont d’autre objectif que la disparition de la foi chrétienne de la mémoire des Français et des Européens

– condamne ceux qui ne partagent pas les convictions progressistes de son aile dirigeante.

Si, en revanche,  elle ne retrouve toute sa vigueur et son alacrité qu’en trois circonstances :

1 – Sur le plan religieux : quand elle lance ses foudres et manifeste son inépuisable hostilité aux mouvements « traditionnels ». Logique : ils sont les témoins de sa propre apostasie latente ou avouée.

2 – Sur le plan politique : quand elle fustige et condamne – et avec quelle méchanceté sans nuance – les hommes politiques ou les mouvements qui placent le Décalogue, l’amour de la famille, des enfants et de la patrie en tête de leurs valeurs et comme source de la loi civile, en les traitant de « racistes » et de « fascistes »……utilisant le même vocabulaire que sa grande copine l’Eglise marxiste-léniniste, voire stalinienne.

3 – Sur le plan moral : quand elle rejette et accable de son mépris des hommes comme le Dr Dor, le Pr Lejeune, ou le Dr Villette qui s’évertuent, sous les menaces, les insultes, les quolibets – et quelquefois les coups de matraque – de remplir le rôle qu’elle a trahi : défendre la vie de la conception à la mort naturelle…..

4 – Sur le plan des moeurs : quand elle désavoue l’Anthropocosmologie  et les Anthropocosmologues qui doivent rendre grâce au ciel que les tribunaux d’Inquisition ne soient plus à l’ordre du jour. Quoique….

Quand cette Eglise, donc, se renie elle même, trahit sa propre Tradition, défigure le message de son fondateur, nous demande d’accepter ce qu’hier encore elle condamnait, comment s’étonner que certains esprits faibles ou découragés placent leur salut en d’autres étoiles que celles qu’elle a délibérément éteintes par ses propres reniements ?

D’où le foisonnement de sectes, groupes, pseudo-religions ou « spiritualités nouvelles », prônant le « karma » la « réincarnation » et autres joyeusetés entre lesquels, effectivement, nous n’avons que le choix. Puisque l’Eglise a découronné le Christ, a renoncé à instruire, à convertir pour accueillir désormais toutes sortes d’hérésies (l’hérésie conduit toujours à l’apostasie) qu’elle avait elle même dénoncées :

Comment s’étonner que certains préfèrent se fabriquer leur petite hérésie à eux dans leur petit coin et que certains esprits désemparés et fragiles érigent l’anthropocosmologie, le dieu-singe Ganesh, le mandaron, la scientologie ou le culte de l’oignon en  religion et versent dans le panthéisme ou l’idolâtrie ?

Si certains admirateurs de l’anthropocosmologie (sans doute rares) complètement dévoyés,  confondent la Lune avec le doigt qui la montre ou le « signe » avec le scripteur divin, faut-il en faire le reproche aux anthropocosmologues ou à ceux qui, chargés de les éduquer dans la foi, ont délibérément jeté aux orties l’Ecriture, le Catéchisme et la Messe depuis plus de quarante ans, se sont ralliés aux sophismes du siècle, et ont laissés leur troupeau désemparé, privé de la nourriture spirituelle qui l’aurait prémuni contre les sottises et les aberrations que vous dénoncez ?

Le pire se révélant dans un enseignement dit catholique, dont  mes trois enfants et les enfants de certains de mes amis ont fréquenté les principaux établissements «  sous contrat » de Nîmes pendant des années et sur lesquels je pourrais vous donner quelques informations très édifiantes illustrant le degré hallucinant de dégradation, voire de perversion, de la foi dans les dits établissements. Passons.

Revenons à la réflexion sur l’anthropocosmologie que nous n’avons jamais quittée car, comme vous l’avez compris j’essaie de vous répondre sur deux plans :

–         la pertinence intellectuelle de votre jugement sur l’anthropocosmologie

–         la légitimité que vous pouvez avoir à juger et condamner à partir d’une autorité morale dont on peut se demander sur quoi elle repose désormais.

Ainsi, la question épistémique étant laissée de côté puisqu’elle ne constitue pas l’objet de ma lettre ouverte et que, de toutes façons,  elle vous échappe totalement,  une question s’impose de plus en plus. La voici :

Puisque d’une part l’Eglise en France ne souhaite pas affirmer sa doctrine et la voir s’épanouir (ce qui est pourtant le but de la « nouvelle évangélisation » lancée par Jean Paul II) – puisqu’elle ne dit pas ce qu’elle pense, ne pense pas ce qu’elle dit et affirme le contraire aujourd’hui de ce qu’elle avait toujours enseigné, voire imposé,

Puisque d’autre part et surtout cette doctrine ne repose plus désormais  que sur des mythes fondateurs et non sur l’histoire très réelle et très sainte de l’Incarnation de NSJC rapportée par les apôtres qui l’ont suivi,

Qu’est-ce-qui pourrait nous engager à prier le Christ ou la Vierge Marie  plutôt que Jupiter, Thor, Amon ou Mithra ?

Car, en fait, qu’est-ce-qui distinguerait désormais le statut du catholicisme de celui de l’anthropocosmologie, toutes deux sœurs au sein de la famille « mythologie » née de  l’inconscient collectif ?

Quelle serait alors la légitimité des jugements que la religion catholique pourrait porter sur l’anthropocosmologie ?

En quoi serions nous tenus de respecter les avis d’un défenseur de mythe plutôt que d’un autre ?

Je vous laisse y réfléchir.

Je vous prie de bien vouloir noter que je n’exprime pas ma position sur le sujet mais celle qu’on ne peut manquer de prendre si on tient compte de ce désir suicidaire de l’Eglise à ruiner sa propre crédibilité qui lui vient pourtant du Christ.

En conclusion.

Il me semble que Nos Seigneurs les Evêques en France – plutôt que de condamner une saine anthropocosmologie (comme il y a une « saine laïcité » mais ce n’est pas celle de notre pays) qu’ils méconnaissent et qui continuera d’exister avec ou sans leur accord, comme le géocentrisme ou la gravitation – seraient beaucoup mieux inspirés de porter le fer contre toutes les aberrations philosophiques et morales qui transforment la civilisation chrétienne de notre pays en une vaste barbarie et dont je vous ai donné quelques exemples. Bien sûr il y faut un peu plus de lucidité  et de courage.

Pour ce qui est de l’Anthropocosmologie (néologisme que j’ai forgé pour faire oublier cette grande prostituée qu’est devenue « l’astrologie » ) il faudra bien un jour qu’un dialogue s’institue avec les autorités :

–                               scientifiques (lorsqu’elles seront revenues de leur positivisme et de leur matérialisme insupportables)

–                               religieuses, lorsqu’elles voudront bien admettre la nature spirituelle de notre art qui rend gloire à Dieu et ne trahit nullement Sa parole.

pour que notre discipline et notre profession soient reconnues pour ce qu’elles sont : un apport aussi indispensable à la culture humaine que la philosophie, la psychologie, l’art ou la médecine à condition que cette discipline et cette profession soient rigoureusement organisées et que ses représentants soient soigneusement préparés et formés, intellectuellement et moralement (voire spirituellement) comme le sont (ou devraient l’être car j’en doute pour certains d’entre eux) les représentants des professions médicales, para-médicales, psychologiques et psychiatriques, éducatrices et formatrices, et comme l’étaient nos prêtres autrefois lorsque les Séminaires et les Facultés de Théologie leur enseignaient St Thomas et les pères de l’Eglise au lieu de Freud, Marx, Lacan ou Heidegger.

Sur le fond (c’est à dire sur la nature de l’anthropocosmologie dont je rappelle que nous ne pouvons pas l’aborder ici) l’anthropocosmologie n’a rien à voir avec la lecture physique, mécaniste ou magique que vous lui prêtez. Il s’agit d’un autre regard et d’une autre démarche tout aussi pertinents que ceux de la techno-science mais à visée parfaitement autonome, comme le sont l’acoustique (qui relève de la Physique) et la musique (qui relève de l’art).

Le Mercure de l’astrophysicien ou de l’astronome et celui du philosophe-anthropocosmologue n’ont rien à voir l’un avec l’autre. L’un est un objet physique mesurable, l’autre est un signe qui appartient à une langue – l’un est indispensable cependant pour manifester l’existence immatérielle, le sens et la portée spirituelle de l’autre.

De même que ce même Mercure « messager des dieux » dans la mythologie, n’a rien à voir avec le domaine divin ou surnaturel et ne constitue en rien un objet de dévotion pour un anthropocosmologue chrétien. Il faut être de singulière mauvaise foi pour feindre de croire le contraire.

Qui pourrait penser que les caractères en plomb qui impriment les Evangiles sont divins ? ou « incarnent » le sens des Evangiles lui même ? Mais, sans les premiers, nous n’aurions pas accès aux seconds. Car nous savons, depuis Aristote, que rien n’est connu qui ne passe d’abord par les sens. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles Dieu a tenu à s’incarner en Son Fils et à partager avec les hommes, durant sa brève existence terrestre, cette dépendance à l’égard du réel sensible. C’est pourquoi aussi, Il ne condamne pas Thomas pour son incorrigible concrétude mais, au contraire, satisfait à sa curiosité.

On pourrait peut-être dire, sur le plan philosophique, que l’anthropocosmologie est une phénoménologie du ciel, ou, si on préfère une métaphysique du système solaire – si le mot métaphysique n’avait accueilli d’autres sens – et non un système basé sur un quelconque « mécanisme ».

Pour moi, le ciel est une « icône » et son interprétation par l’Anthropocosmologue est de l’ordre d’une herméneutique spécifique, consacrée par des millénaires de pratique. J’aurai à développer ce point de vue dans mon prochain ouvrage.

Le cosmos – outre son fonctionnement étudié par les astrophysiciens – est porteur d’un sens parce qu’il est avant tout objet et reflet d’une Création, symbole d’une Intelligence, d’une Volonté et d’un Plan originels. Ce sens est accessible à qui sait l’interroger avec les outils nécessaires pour le faire nous parler individuellement et collectivement. Le Ciel manifeste en permanence – sous les formes homologiques ou analogiques qui sont celles de l’anthropocosmologie et solidaires des archétypes qui ont servi à la Création elle-même – un certain nombre d’orientations et d’intentions dans lesquelles s’inscrivent schématiquement chacun de nos projets individuels, puisque chacun de nous ne pourra librement exprimer son identité et son projet personnels que dans le cadre plus vaste de ce projet d’ensemble. C’est ce projet que les anthropocosmologues s’efforcent de déchiffrer depuis que l’homme a levé les yeux vers les étoiles. Chercher à comprendre cet itinéraire individuel pour le vivre dans le respect d’une liberté véritable (être ce que l’on est, faire ce que l’on a à faire) n’est pas concurrencer Dieu, ni l’Eglise. Mais c’est au contraire chercher à se rapprocher de Lui et à obtenir Son aide, par l’observation de Ses indications dans l’accomplissement de notre parcours individuel. Et c’est l’aider, Elle, dans sa lourde tâche de Mère de Vérité – qui veille sur le troupeau mais ne peut connaître toutes les brebis. En accueillant et en acceptant ce qu’elle a d’irremplaçable que l’anthropocosmologie ne pourra jamais remplacer : la sagesse de son Magistère, le soutien de ses Prédications, le secours de ses Sacrements. Du moins quand elle remplit son rôle et reste fidèle à sa Tradition constante, ne fait pas de la Messe une simple « commémoration », du Christ et des apôtres des produits de l’imagination créatrice, des Evangiles une collection de mythes et ne remet pas en cause la Présence réelle, comme le font certains dans l’Eglise même.

Pas plus que l’héliocentrisme copernicien ne menaçait les fondements de la foi mais seulement les certitudes de quelques aristotéliciens racornis, l’Anthropocosmologie, dans son ordre propre, ne remet nullement en cause ces mêmes fondements et même, bien comprise, constitue une preuve supplémentaire de l’existence de Dieu et de Son amour prévenant pour ses créatures, les hommes.

Si le rôle d’une Eglise redevenue elle même, est donc irremplaçable tout au long de notre itinéraire individuel sur lequel elle doit nous accompagner mais qu’Elle n’a aucun moyen de connaître ès qualités.

Si, elle est le prolongement du Christ sur terre tout au long de l’Histoire – bien commun de tous les chrétiens – et dispose – seule – des clés du salut que Jésus confia à Pierre,  les lignes qui précèdent montrent que non seulement aucun anthropocosmologue catholique ne contestera ses enseignements, mais qu’il pourra, comme tout autre Catholique, dire son Credo tous les jours (et je le dis matin et soir) sans entrer en contradiction avec lui-même et en conflit avec Elle.

Le temps viendra, j’espère, ou on reconnaîtra en elle une grâce spécifique de Dieu envers les hommes, un des dons qu’Il lui a plu de lui faire, une carte marine qu’Il a tenu à déposer au faîte de chacun de leurs berceaux pour les aider à comprendre un peu la part et la place qui lui sont assignées dans le plan divin et qu’il devra prendre en compte pour exister et se réaliser. Certes ce don est un des plus mystérieux de tous et l’intelligence rationnelle peut avoir du mal à en rendre compte, mais, au fond, de quoi pouvons nous réellement rendre compte dans les limites étroites de notre entendement ?

On peut tenter une explication par l’hypothèse que ce don merveilleux découle naturellement du fait qu’ayant imprimé Sa marque sur toute la Création, rien dans l’univers n’étant étranger et séparé, mais tout, au contraire, s’épousant, se répondant et s’éclairant mutuellement dans l’unité de Sa volonté et de Ses intentions, Dieu a rendu perceptible certaines de Ses intentions au moyen de ce que nous nommons anthropocosmologie. L’Univers n’est pas une grande machine, c’est l’expression d’une grande Pensée et c’est aussi – en ce qui concerne le système solaire –  une sorte d’icône offerte à notre méditation, même si des angles de vue différents, liés à des niveaux de culture différents, peuvent se différencier à l’égard de cette icône (comme dans les toutes les autres sciences humaines, y compris en théologie où l’unanimité est loin d’être établie). Cet univers – comme le reconnaît la physique théorique contemporaine – serait alors organisé par un Logos (raison, discours et pensée)s’enracinerait notre propre pensée et nous pourrions trouver sens à nos destinées par le jeu subtil de ces correspondances, de ces homologies se dévoilerait, en se cachant, au moins une part du projet en son entier.

Par là même l’anthropocosmologie contredirait de manière frontale, dans son domaine, la doctrine absurde – rationnellement et philosophiquement – d’une évolution affranchie d’un quelconque projet intelligent et soumise aux seuls caprices du hasard et de la nécessité. Je ne peux m’étendre ici sur ce point crucial.

Comprendre le paradigme astrologique réclame les ressources non pas sur-naturelles (réservées à la foi) mais trans-naturelles ou para-cosmiques de notre esprit, ouvertures et couronnement de notre raison discursive (peut-être avec cette connaissance du troisième niveau dont parle Spinoza sans nous renseigner sur elle ?). Dispositions qu’on pourrait  classer sous le registre de « l’intuition intellectuelle », celle qui ne s’arrête pas à l’univers sensible mais le dépasse et l’enveloppe en lui donnant son sens proprement méta-physique.

L’anthropocosmologie n’a rien à voir avec un système de « prédiction » aveugle qui nous enchaînerait et nous contraindrait : elle est une discipline intellectuelle et morale qui interroge – elle ne détermine pas le chemin individuel : elle l’éclaire – elle ne remplace pas la mission de l’Eglise : elle est là pour la seconder (comme peut le faire le médecin, l’éducateur et le psychologue par exemple) elle ne « sauve » pas : elle aide à comprendre les chemins difficiles, à éclairer les problématiques individuelles et, parfois, à affermir les volontés chancelantes en indiquant une voie possible de résolution des conflits et tensions qui nous assaillent tous.

S’agissant d’une anthropocosmologie chrétienne, la carte du ciel d’un individu est à l’exercice de la foi, simplement ce qu’un dossier médical est à la jouissance de la santé : un bilan détaillé, une source d’informations et de conseils qui peut aider la santé pour l’une et la volonté pour l’autre, dans les moments d’épreuves, à se maintenir ou à se recouvrer par leurs moyens propres. Ne confondons pas les rôles respectifs : la méthode et le but, l’outil et la fin, la prise de conscience et l’action ou encore la cause formelle (l’anthropocosmologie) et la cause finale (le but de notre existence). A ce titre elle devrait figurer dans la liste des connaissances privilégiées des éducateurs, formateurs, pasteurs, responsables divers préoccupés de comprendre les hommes et de les aider à exprimer le meilleur d’eux-mêmes.

L’anthropocosmologie, comme la langue d’Esope, est neutre et elle peut le meilleur comme le pire. Tout dépend le niveau moral, intellectuel, culturel et spirituel et les intentions véritables que sert celui qui la pratique. Comme pour toute autre profession de conseil ou d’aide aux personnes.

C’est pourquoi, enseignée dans les facultés de philosophie, de théologie, de psychologie, dans les écoles de formation des éducateurs ou des travailleurs sociaux (comme dans certaines universités américaines) et dans les séminaires bien sûr , elle serait mise à l’abri de la plupart des illuminés et des charlatans de tout poil que vous dénoncez si justement dans votre philippique, jeteurs de sort, tireuses d’horoscopes ou liseurs de marc de café avec lesquels elle n’a rien à voir.

Vous viendrait-il à l’esprit, Monseigneur, de juger de la nature et de la pratique de la Messe (si fort malmenée, par ailleurs, dans nombre d’églises en France) en vous basant sur les cultes sataniques et les Messes noires pratiquées par certains abbés dévoyés au XVIIème siècle (sans parler du nôtre) ? Ce serait de la dernière injustice ne trouvez-vous pas ?

Renoncez donc, je vous en prie respectueusement, à user de cette injustice envers cette anthropocosmologie que vous ne voyez qu’à travers le prisme de préventions que vous n’avez jamais songé à interroger, pour ne pas être amené un jour à un nouvel acte de repentance, comme pour Galilée par exemple.

Je maintiens donc que l’anthropocosmologie est irremplaçable quand elle est pratiquée avec le respect, l’amour, la prudence et l’humilité qui doivent sans cesse animer l’action du praticien ou de n’importe quelle autre profession.

Et singulièrement d’un Anthropocosmologue Catholique Romain comme celui qui a l’honneur de vous écrire. Fier de l’être, indépendant de toutes les coteries, groupes de pression, chapelles multiples et variées qui défigurent l’Eglise en France, et reconnaissant à Dieu de lui avoir fait entrevoir certaines de Ses vérités les plus simples et les plus naturelles… .comme Il les avait fait entrevoir à Aristote, Plotin, Saint Thomas d’Aquin, Kepler, Newton et quelques autres de moindre envergure, parmi lesquels l’ensemble de mes collègues sérieux….sans oublier la longue série de religieux quasi anonymes qui ont perfectionné l’exercice de cette discipline tout au long de l’Histoire, comme Campanus, Regiomontanus et Placidus dont nous utilisons toujours les systèmes mathématiques de domification[2].

Oubliez pour un temps vos fulminations Monseigneur et prenez le temps d’aller revoir quelques unes des cathédrales romanes qui enchantent nos alentours. Celles d’Arles ou de Maguelone par exemple et contemplez le tympan de la porte principale de ces grands églises où la foi s’exprimait avec une vigueur non encore entamée par les ravages du rationalisme, de l’idéalisme philosophique, du scepticisme et du modernisme, qui gangrènent les cervelles contemporaines dont celles de nos pasteurs et aboutissent à l’aberration maçonnique de la cathédrale d’Evry et aux fantaisies liturgiques pittoresques et variées qui tentent d’animer nos églises désertées !

Vous y verrez l’image de NS Jésus-Christ entouré des « quatre vivants » ou « quatre veilleurs ». Il s’agit bien entendu des quatre Evangélistes mais représentés sous la forme d’un taureau, d’un lion, d’un aigle et d’un ange. Ces Evangélistes sont donc identifiés aux quatre signes fixes du zodiaque, symbolisant quatre dimensions essentielles de la nature humaine divinisée dans la personne du Christ : l’Incarnation (le Taureau) la Royauté (le Lion) la confrontation à  la Mort physique par la Crucifixion (le Scorpion) l’Espérance en la Résurrection (le verseau). Quatre étapes essentielles de toute destinée humaine et qu’il nous faut expérimenter, chacun à notre tour, selon le mode exprimé dans chacune de nos cartes du ciel individuelles.

Quel plus bel hommage l’Eglise, corps mystique du Christ, pouvait-elle rendre à la vérité de l’anthropocosmologie que de représenter par des symboles zodiacaux, en un saisissant raccourci, la mission des quatre Evangélistes ainsi que la destinée terrestre de NS et la nôtre ?

Nous avons oublié la longue coopération entre Christianisme et anthropocosmologie et nous croyons devoir moquer en elle (ou condamner comme vous le faites) une superstition désuète et contraire à la foi.

C’est une erreur. Et s’il est vrai qu’un peu d’anthropocosmologie (comme un peu de science) peut éloigner de  Dieu certains esprits faussés, beaucoup d’anthropocosmologie de qualité nous En rapproche et ne peut conduire qu’à la conversion du regard et du cœur.

Je vous prie d’agréer, Monseigneur, l’expression de mes sentiments filiaux et très sincèrement respectueux en NSJC.

Pro Deo Gratias

Nîmes le 28 Janvier 2009

en la fête de Saint Thomas d’Aquin

Louis SAINT MARTIN


[1] L’abbé Sulmont, avait écrit, dans un bulletin paroissial de 2002, que « l’islam modéré n’existe pas » et s’inquiétait de la montée démographique en puissance d’une population « infectée par la religion musulmane »…. « Le livre noir des évêques de France » – Rémi Fontaine – Renaissance Catholique, p.149

[2] Découpage de la sphère locale et calcul de la pointe des « maisons » ou « secteurs ».

5 réponses à to “Réponse d’un Anthropocosmologue Catholique Romain à Mgr Jean-Pierre CATTENOZ Archevêque d’Avignon”

  • BLASI Alain:

    SUPERBE.

  • Jérémy:

    Bonjour Monsieur,

    C’est avec plaisir que je viens de découvrir votre site.
    Je m’intéresse depuis quelques années à l’astrologie.
    Ma principale difficulté est de concilier la foi et cette discipline, ou plus largement spiritualité et astrologie. En effet la pratique astrologique, m’a fait perdre progressivement la foi.
    En effet, son étude, m’a permis d’être plus tolérant, mais m’a conduit à un relativisme inéluctable, que vous fustigez avec raison. Car c’est un relativisme contraint, qui s’impose du fait de l’expérience astrologique. Car voila le piège, de la connaissance. Tout ou presque peut s’expliquer, à travers le thème, mais la contrepartie c’est que tout se vaut.
    Dans cette perspective, comment dégager une spiritualité qui « surplombe » le thème astral ? Selon mon point de vue, une spiritualité n’est  » valide » que si elle transcende le thème astral.
    Les auteurs spirituels sont en effet influencés par leur thème. Donc sauf à adopter une vision totalement non déterministe, il m’apparait difficile de concilier astrologie, et foi.
    Pour prendre un exemple concret, Saturne représente entre autres la morale.
    Si j’ai dans mon thème un Saturne dominant et bien aspecté cela devrait me permettre d’avoir une bonne moralité, mais si à l’inverse j’ai un saturne affligé avec d’autres indices astrologiques, allant dans ce sens, ma moralité, laisse à désirer.

    Comment dans cette perspective de « coexistence de tous les possibles » dégager un principe et en quoi la moralité prime-t-elle , puisque chaque principe existe avec son contraire ?
    Merci de votre réponse.

    Jérémy T….

    • Je vous remercie vivement d’avoir bien voulu me faire partager vos réflexions à propos des rapports entre la foi et ce que vous appelez (je schématise votre pensée) le déterminisme astrologique.
      C’est une question essentielle qui constituera un chapitre important du livre de réflexions que j’espère consacrer à ma discipline et à laquelle je ne saurais répondre dans le cadre étroit de cet échange.
      De plus, je ne suis pas sûr de bien comprendre vos objections. Par exemple : pourquoi tout se vaudrait-il du fait que tout vous paraît pouvoir être expliqué par le thème natal ? De même reprenez-vous, à la fin de votre texte, cette idée de « coexistence de tous les possibles » à partir de laquelle il vous paraît impossible de dégager un principe directeur pour notre existence….

      Je ne suis pas sûr que nous ayons une même vision de l’anthropocosmologie (vous me permettez d’utiliser le néologisme que j’ai adopté pour éviter le mot « astrologie », tellement galvaudé, qui ne désigne pas ou plus ce qu’est notre discipline).
      Vous semblez accorder à l’anthropocosmologie et au thème natal, un rôle et une action qu’à mes yeux ils n’ont pas.
      Disons, en deux mots, que le thème ne nous « contraint » ou ne nous « détermine » pas mais nous « éclaire et nous interroge », à la fois sur la façon dont nous exploiterons l’héritage de nos déterminations – dont une structure psycho-affective et existentielle révélée par notre carte du ciel – héritage aussi inévitable que celui de notre capital génétique, nos origines familiales, notre milieu culturel, notre langue maternelle, etc,…..toutes choses qui nous sont données, voire imposées, sans que pour autant nous devions renoncer à revendiquer le statut d’êtres libres. Le thème natal n’ajoute pas une contrainte à toutes ces contraintes, il les éclaire toutes, il en révèle l’organisation.
      Votre perplexité vient certainement du fait que vous ne placez pas le couple déterminisme/liberté au niveau qui est le sien; ou plutôt vous ne faites pas assez la distinction, dans l’homme, de ce qui ressort de l’une et l’autre condition. Si nous étions totalement déterminés ou totalement libres, le problème, en effet, pourrait se poser dans les termes que vous adoptez et il serait bien difficile de ne pas succomber au relativisme voire à l’opportunisme que vous évoquez. Mais nous ne sommes ni totalement l’un ni totalement l’autre. D’où la nécessité qu’on nous tende un miroir…..et qu’on apprenne à s’en servir si je puis dire, pour mettre un peu de sens dans l’organisation de notre vie.

      Autre erreur : relier une dimension de la nature humaine (la moralité par exemple) à un seul symbole (saturne en l’occurrence) puis interpréter ce symbole dans l’absolu, sans tenir compte de l’ensemble du thème natal.
      Cela conduit à des erreurs regrettables. Examinez le thème de Landru (12.04.1869 – 06.00 – Paris) et vous constaterez qu’il possède un magnifique Saturne en sagittaire (dont A. Barbault nous dit qu’il tend à affirmer la personnalité dans le sens d’un effort spirituel, d’une ascèse, d’une morale, d’une connaissance philosophique….Traité Pratique d’Astrologie – Le Seuil – 1961 – p.159) au trigone de plusieurs autres symboles planétaires – dont le Soleil et Mars – et sans aucune dissonance…….Et pourtant Landru ne s’est particulièrement distingué par sa haute moralité ! L’aurait-il pu ? Là est la question bien sûr.
      Autre exemple lié à l’actualité la plus brûlante : DSK possède un Saturne (encore sagittaire) trigone à la conjonction Soleil/Uranus, mais carré Mercure/Pluton). Il est clair qu’à travers ces deux configurations extrêmes un défi lui était posé. Y a-t-il répondu comme le lui demandait saturne ? principes rigoureux et intangibles (trigone Soleil/Uranus) ou comportements pervers, esprit roublard et dissimulé, porté à trouver la faille de tout système à son propre profit ? Je vous laisse en juger. Mais quand on découvre la multitude d’affaires financières embrouillées et malodorantes dans lesquelles ce personnage a été impliqué….et où il a toujours été « blanchi » ou « mis hors cause », on ne peut manquer de se poser des questions. Et de trouver des réponses. Il est clair, à la lumière de la biographie du personnage, que le « saturne » de son thème n’a pas été vécu comme emblème de la « morale » dans l’absolu, mais d’une « morale » qui lui est propre (si on peut dire) et qu’on ne peut comprendre qu’à la lumière de la compréhension du thème en sa globalité.

      Ces exemples illustrent le piège des « bons » et « mauvais aspects » déconnectés de la vision globale du thème, contre lequel je ne cesse de mettre mes étudiant(e)s en garde.
      Je ne peux et ne veux développer ici car ces « commentaires » ne sont pas destinés à diffuser un enseignement mais simplement à échanger des points de vue.

      En résumé, je vous ferais remarquer que c’est justement parce que tous les possibles nous sont offerts que nous devons adopter ce que vous appelez une « moralité ». Cette nécessité ne s’imposerait pas si certains « possibles » s’imposaient d’eux-mêmes; ils ne seraient plus des « possibles » mais des « nécessités » et une nécessité, par elle-mm, est totalement amorale : elle existe c’est tout. S’il n’y a qu’une voie pour aller de A à Z, la nécessité de choisir ne s’impose même pas. Cette nécessité du choix ne prend tout son sens que lorsqu’il y a de multiples voies possibles et équivalentes pour aller de A à Z.
      Ce qui fait, qu’à mon avis, votre conclusion va totalement à contre-sens de la simple logique.

      On peut dire que s’agissant des affaires humaines et du sens que nous donnons à notre existence et à celle des autres, suivant les buts plus ou moins conscients que nous poursuivons, chacun peut décider soit en accord avec sa nature et ses besoins primitifs, ….ou suivant le degré de conscience morale et spirituelle qu’il aura développée. C’est à dire en ayant déterminé ce qui était souhaitable ou non au sein de tous ces possibles (c’est la sagesse) ou en suivant une Sagesse plus haute que la sienne. En l’occurrence celle du Christ puisque vous opposez le relativisme auquel vous êtes parvenu et la foi.

      Ce qui nous amène à comprendre le rôle spécifique du thème natal qui ne peut en aucune façon remplacer cette « spiritualité qui surplombe » ou le « principe » conducteur d’une existence que vous évoquez, mais simplement les éclairer et en indiquer les voies et moyens.
      La cause finale de notre existence (son origine et sa fin) n’appartient pas à l’anthropocosmologie, de même que la motivation et le but poursuivis lorsque vous entreprenez un voyage, n’appartiennent pas à l’agence de voyages qui vous l’organise, au Guide qui vous montre le chemin dans une contrée inconnue, ou aux cartes que vous pourrez utiliser pour arriver à bonne fin. Cette cause finale (pour parler comme Aristote) ressortit de motivations plus hautes qui interviennent en amont du choix de l’agence, du guide ou de l’observation des cartes.
      Ne confondons pas le but et les moyens.

      L’anthropocosmologie est un formidable moyen d’orientation, mais, en aucun cas, elle ne peut nous éviter de répondre à la question essentielle du sens que nous voudrons donner à notre existence et qui fait intervenir les dispositions essentielles que Dieu nous a données lorsqu’Il nous a créés « à Son image et pour Sa ressemblance » : l’intelligence et la volonté, éclairées par la grâce de Son Esprit.
      C’est lorsque ces choix ne sont pas faits (et ils le sont rarement) que la carte du ciel (l’ensemble des déterminations dont nous héritons) s’impose et occupe une place laissée vide, comme le coucou va se nicher dans un nid qui ne lui appartient pas. Et c’est là, peut-être, qu’interviennent tous ces possibles sans principe directeur, nous laissant désemparés.
      Mais, inversement, lorsque ces choix sont faits, on s’aperçoit qu’ils ne sont en aucune façon contradictoires avec les dispositions reflétées par la carte du ciel qui, déjà les exprimait comme potentielles, et prend alors toute sa portée de « carte marine ».
      Ce qui veut dire que nous avons la possibilité d’exploiter un potentiel (celui du thème) suivant une infinité de niveaux possibles dans une infinité de directions possibles, mais obéissant tous et toutes à la même organisation psychique et existentielle de départ, celle qui décrit notre ipséité, ce point de vue unique sur l’univers (comme le pensait Leibniz) qui distingue chacun de nous de tous les autres humains.

      En définitive, il apparaît clairement que l’anthropocosmologie n’est utile et bénéfique que pour celui qui, soucieux de lui même et de donner un sens à son existence, s’est d’abord préoccupé de trouver des principes directeurs, ce que vous appelez une « moralité » une vocation, un but dans lequel il puisse s’investir.
      Alors et alors seulement le thème lui indiquera les voies et moyens à mettre en oeuvre, les pièges à déjouer, les éléments positifs à développer etc……
      Mais ne demandez pas à la carte de géographie de décider pour vous du voyage que vous voulez entreprendre. Si vous ne l’avez pas déjà trouvé, elle ne vous indiquera rien; mais si vous avez fait cet effort, alors ses confirmations et indications vous seront très précieuses.
      C’est ainsi, je crois, que nous pouvons concilier liberté – le choix profond : la liberté n’étant autre chose qu’un accord profond avec Soi-même – et déterminisme – les conditions dans lesquelles nous sommes placées et les moyens qui nous sont donnés.
      Voilà, les réflexions que m’ont inspirées, comme au fil de la plume, votre intéressant message.
      Mais il va de soi que tout cela demande à être développé et approfondi. Cela ne peut se faire ici.
      Bien cordialement à vous.

      LSM

  • TOURT JEREMY:

    je vous remercie de votre longue réponse détaillée et très intéressante.

    Je suis encore jeune (26 ans,)et cela fait seulement 3 ans que je m’intéresse a cet outil.

    Ma faible expérience m’ a tout de même permis de dégager quelques principes qui semblent évidents, mais que je vais rappeler et sur lesquels vous serez d’accord je pense

    un aspect astrologique n’a pas de signification « par lui même », c’est a dire qu’il ne se révèle qu’a travers un « contexte »
    Ce « contexte » est bien souvent oublié des astrologues modernes, qui donnent signification a l’aspect en tant que tel.

    Pour prendre un exemple un prisonnier, ou un berger vivant reclus, ne risquent pas de trouver le  » grand amour » quand jupiter transite leur vénus »…

    Cela signifie donc que l’aspect astrologique porteur de multiples potentialités s’imprègne a l’homme en fonction du contexte de vie.

    Dans ce sens l’astrologie n’est pas déterministe

    Vous avez raison de dire que le thème doit se juger dans la globalité

    Le relativisme qui découle de la spiritualité peut s’expliquer comme cela (certains vont hurler)

    )Un acte en lui même n’a pas de valeur , et ne permet pas de jugement de qualité (bien mal), c’est toujours l’intention derrière celui ci, qui prime

    Un mensonge n’est pas « condamnable » en lui même, c’est l’intention qui se cache derrière qui est plus importante.

    Si je mens pour sauver la vie d’une personne, ce mensonge était un « devoir  »

    Pour faire le lien avec l’astrologie et spiritualité, c’est la perception qui fait l’évènement et pas l’évènement

    cela signifie , que je si je vis des aspects dissonants, je peux ne pas être affecté, si je change ma perception

    le dilemme se situe entre l’acceptation de ce qui est(principe spirituel universel, ou la transcendance.

    j’ai dans mon thème un carré entre mercure et saturne, ce qui engendre des problèmes de communication

    j’ai donc identifier la cause de la situation;

    A partir de la que faire accepter ou transcender?

    on voit que la solution la plus confortable est l’acceptation

    je pense qu’il faut faire une distinction entre le plan comportemental , évèvenementiel et physiologique

    le travail sur let thème , est plus facile sur le plan comportemental, mais a notre stade d’evolution de conscience le travail sur le plan évènementiel et physiologique

    voyez l’inconfort dans lequel me plonge l’affaire DSK et je dirais le piège de l’astrologie et de la spiritualité qui s’opposent a la condamnation

    Situons nous a divers état de conscience

    au niveau instinctif, qui est celui ordinaire de notre société cet acte est odieux, je formule une condamnation sévère

    j’élève mon niveau de conscience grâce a l’outil astrologique, je vois que DSK a un jupiter angulaire au carré d’une triple conjonction soleil mars vénus en taureau configuration assez parlante dans l ‘excès de libido qu’elle doit provoquer… je me dis que saturne n’a pas joué son role de frein trop faible par rapport a la premiere configuation

    je fais preuve de tolérance, car je pense avoir trouvé la clé du vice..

    Mais le piège est refermé.

    Car quel est le prix de cette tolérance? c’est le relativisme, l’acceptation de ce qui est;;

    j’en reviens a la première constatation, et j’oppose ainsi spiritualité astrologie et morale….

    Vous allez me dire que je me place dans une optique totalement déterministe,

    en réalité comme je l’ai déjà dit l’astrologie est a la fois non déterministe car contextualisée , mais déterministe car explicative aux actes cette fois ci, contextualisés…

    Cela ne résout pas grand chose…

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