Le 07 Mai dernier, Jane RHODE nous a quittés. Magnifique cantatrice dont certains de mes lecteurs entendront parler pour la première fois sur ce site alors qu’elle aurait pu prétendre à une carrière de « diva » au même titre que de nombreuses autres cantatrices dont les moyens vocaux n’équivalaient peut-être pas les siens.

Pourquoi ? Excellente question qui nous permet de « faire un peu d’astrologie »….ce qui, après tout, est l’objet de ce site.

J’écoutais l’autre soir les journalistes de France Musique lui rendre un hommage ému dont on percevait l’absolue sincérité (ce qui n’est pas toujours le cas des « hommages » médiatiques).

Que disaient-ils en substance ?

Jane RHODE était la gentillesse et la générosité mêmes, une femme adorable avec tous, loyable et simple mais aussi fragile, vulnérable et inquiète.

Au chapitre de la loyauté une anecdote est très significative. Wieland Wagner l’ayant entendue chanter, décide de la convoquer à Bayreuth pour l’auditionner et lui confier un grand rôle pour le prochain festival. Elle ne se rendra jamais à Bayreuth, l’invitation ne sera jamais renouvelée et elle « ratera » la carrière qu’elle pouvait espérer sur la première scène lyrique du monde, avec la Scala bien sûr. Pourquoi ?

Tout simplement parce que le jour du rendez-vous fixé par Wieland Wagner elle s’était engagée à une séance de répétition à l’opéra de Nancy et qu’il ne lui serait pas venu à l’idée de manquer à sa parole…. Je vous laisse apprécier.

Et le pire, c’est qu’elle n’en éprouvait aucune amertume.

Regardez son thème, elle est Poissons Ascendant Taureau, double régime vénusien, de charme, de gentillesse, de sociabilité (d’élégance et de sens artistique aussi, bien entendu).

Son Asc est encadré par deux symboles de féminité : Vénus, dont je viens de parler, mais aussi la Lune : simplicité, spontanéité, vivacité (elle est en Bélier).

Voilà pour la gentillesse et le côté « adorable« .

Côté « générosité » je rappelle qu’elle est Poissons (dont le pôle supérieur s’ouvre vers la compassion et l’amour universel) et que Jupiter (son maître) accompagné de Vénus (affectueuse), se trouve lui aussi à l’Ascendant dans le signe extraverti et heureux de vivre du Taureau, qui a souvent « le coeur sur la main ».

Côté « vulnérabilité » et « inquiétude » on comprend que la valorisation d’un symbole hyper affectif comme Vénus à l’Asc est une marque de grande réceptivité, extrêmement  sensible aux manifestations d’estime, d’amitié, de sympathie ou, au contraire, de rejet et d’antipathie. Bref, le contraire de l’impassibilité et de l’équanimité.

Mais c’est surtout la Lune dans le signe très réactif du Bélier, en Maison XII (celle des épreuves et de l’enfermement) maîtresse la Maison IV en Cancer où elle forme un carré à Pluton qui nous oriente  vers un sentiment de « ‘qui vive », d’auto-défense et d’angoisse permanents. Seule la connaissance de l’histoire du sujet nous permettrait de mieux comprendre les réalités qui apparaissent symboliquement là. Mais une anecdote à ce sujet est très révélatrice et, en même temps, fort amusante car on y découvre le côté « enfant » dont cette grande artiste ne s’était jamais détachée.

Un des journalistes sur France Musique nous a ainsi raconté qu’il ne fallait pas s’étonner, au beau milieu d’un repas au restaurant, d’entendre soudain Jane Rhode lancer une note aigüe, claire accompagnée de quelques vocalises, qui éclataient dans le silence de l’assistance stupéfaite et qui se terminait par un grand soupir de soulagement de l’artiste qui s’écriait alors : « Ouf ! elle est toujours là…. »

Bien sûr il s’agissait de sa voix qu’elle avait toujours peur de perdre. J’ai trouvé cette anecdote extrêmement intéressante car elle exprime bien le côté primesautier, spontané, quasi enfantin du personnage qui vit et exprime ses émotions le plus naturellement du monde, sans se soucier de l’environnement; et l’inquiétude vive mais secrète, en vigilance permanente (Maison XII) qui devait l’habiter. Une sorte de contradiction digne du Charlot de la Ruée vers l’Or où il nous fait rire aux larmes…en mourant de faim.

Côté carrière, elle ne s’est pas contentée d’être naturelle, elle-même,  elle a franchi une « ligne jaune » qui en France et en matière lyrique ne pardonne pas : elle s’est régalée à chanter l’opérette ! Notamment Offenbach qu’elle a interprété des centaines de fois car cela l’amusait follement. Aujourdhui les plus grands chanteurs des scènes internationales ne répugnent pas à pousser la chansonnette ou à chanter dans des opérettes ou comédies musicales (les étrangers surtout). Dans les années 60/70 c’était rédhibitoire : il fallait être « d’un côté » ou « de l’autre ».

Sentez-vous le degré de simplicité, d’authenticité et de liberté adolescente chez cette femme qui aurait pu prétendre devenir une sorte de nouvelle icône à la Callas ou à la  Germaine Lubin et qui a préféré faire ce qui lui plaisait ? La Lune Bélier affrontée au Pluton contestataire du thème y est sans doute pour beaucoup qui, justement parce qu’elle est en Maison XII, entend bien ne pas se laisser enfermer dans un genre ou un rôle et suivre sa propre voie..

Remarquons pour finir, qu’au moment où Jane Rhode s’éteignait Saturne gouvernant la Maison X (que certains appellent celle de « la destinée » ou du « fatum ») transitait à l’opposé de la Lune, maîtresse de la Maison IV (la fin d’une étape) en Maison XII (les épreuves et la maladie) – Neptune, maître du 12ème signe et de la Maison XII ici, venait de longuement transiter Mercure, appelé le « psychopompe » – Uranus (les accélérations et « accidents » de toutes sortes, transitait Mars (les destructions) avec lequel il était déjà en conflit à la naissance depuis la Maison XII déjà évoquée.

Quant à la fameuse conjonction Mars/Jupiter que j’ai déjà évoquée dans d’autres articles, remarquons qu’elle unissait les deux maîtres de la Maison XII (par les Poissons et le Bélier) de ce thème, la Maison VIII (celle de la mort, pour faire simple) par le Sagittaire et que survenant le 1er Mai sur le 23ème degré des Poissons, elle affectait du même coup et de manière exacte, le Soleil natal du sujet (la vie) dans la Maison XII……

Que de coïncidences, n’est-ce-pas ?

Adieu Jane Rhode et merci.

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